Pas de billets ici…

Arrivés dès 8 h 15, Pat Gervais et moi sommes le quatrième véhicule à stationner du côté du sommet Faustin. Le réveil à 5 h 30, avec départ à 6 h 30, vaut bien les premières places juste à côté de la billetterie. Le soleil est encore derrière la montagne, mais on le devine : ce bleu azur bien ancré dans le ciel ne ment pas. Il y a bien quelques nuages écartés qui tentent de faire le paon, mais nous savons que ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne soient vaincus par Hélios. En tout cas, nous enfilons nos bottes et nous nous présentons devant la billetterie. Pis, on attend… Après 15 minutes à patienter dans l’ombre de la montagne, force est de réaliser que nous n’avons pas lu l’avis collé dans la vitre du guichet : « Guichet fermé pour la journée. Pour les billets se présenter au versant Mont-Blanc ». Petit tour d’auto. Billets en poche, nous commençons notre journée. Ah oui, la billetterie est ouverte à 10 h 00 quand nous y repassons…

Bon, enfin des billets.
Il y a bien quelques nuages…
Les longues ombres du matin se raccourcissent depuis un mois. C’est bon signe!
Les bosses sont praticables, mais le fond demeure proche.

Il fait beau et bon

Les conditions sont très bonnes. La température avoisine les -10 degrés à l’ouverture et monte en mi-journée. Confortable, malgré un petit nord-ouest bien senti dans la remontée. Évidemment, l’achalandage durcit les surfaces, et quelques plaques glacées apparaissent en cours de journée. Rien de grave. Il faut seulement ajuster son angulation. Ou accepter de déraper. C’est selon. Mon compagnon (oui, nous avons porté nos masques en auto!) fait sa première sortie de ski de la saison. Sur des skis neufs, en plus. Il rayonne! Il carve solidement et il sourit largement. C’est en effet une neige parfaite pour s’anguler le bassin et laisser skis et carres faire le travail. Il y a d’ailleurs des skieurs de tous horizons et calibres sur la montagne. Nous sommes nombreux, mais ça ne cause aucun souci. Au pire du trafic, nous avons attendu une dizaine de minutes en file avant de poser nos fesses sur le siège de la remontée. Une file bien ordonnée et contrôlée par les employés qui ne lésinent pas sur le port du masque, en particulier celui des clients qui oublient… Donc, rien pour appeler sa cousine.

Pat creuse dans la neige dure.
Une employée veille au grain… sanitaire, même au sommet. Pas de rassemblement au débarcadère svp.
Oui, beaucoup de monde, mais cela est de courte durée. Les skieurs se dirigent vers les autres remontées.

Se remettre sur pied

J’ai entamé ma saison tardivement, au début décembre. C’est contraire à ma tradition personnelle. J’ai une bonne raison : je n’étais pas prêt plus tôt. En fait, ma jambe droite ne l’était pas. C’est que le 1er mars 2020, je me suis bien planté à Fernie. Disons que j’ai arrêté ma saison avant vous (qui n’avez guère skié plus longtemps que moi!). Il aura fallu beaucoup de détermination et de réhabilitation afin que je puisse remonter sur mes planches. Tout ça pour dire que même les plus sérieuses blessures en ski ne marquent pas la fin de votre « carrière » de skieur. Au contraire, entre les mains des bons thérapeutes, il est possible de retrouver le chemin des pentes de ski. Il faudra évidemment accepter quelques limitations au début. Ainsi, je fais aujourd’hui ma première longue sortie en télémark. Oui ce soir, j’ai mal à la jambe, mais la douleur est proportionnelle à la satisfaction. Dans tout ce flot de skieurs et planchistes qui m’entourent, combien se sont “pété” la cruche comme moi? Si c’est votre cas et que vous lisez ces lignes, vous comprenez de quoi je parle. Il semble en effet que les blessures de ski suffisamment sérieuses pour mettre un terme à la pratique du sport de façon permanente sont rares. Évidemment, il faut pouvoir surmonter ses craintes et ne pas rejouer la vidéo mentale de l’accident à chaque sortie. Merci à tous ceux que je croise sur les pistes et qui ont leur propre histoire de retour sur leurs skis. Vous m’inspirez, même si c’est en secret.

Ouais, double fracture ouverte: tibia et péroné. Une sale affaire!
Un clou tibial en titane sur toute la longueur de la jambe avec un peu de quincaillerie font bien le travail.
Celle-là, je l’ai bien observée pour essayer de comprendre comment j’ai pu accrocher un “edge” le 1er mars dernier… Elle ne m’a pas donné d’indice.
Ces larges pistes pentues me laissent encore un peu craintif. Par chance, il n’y a pas de “biscuits de la mort” sur les pistes aujourd’hui!
En bonne compagnie, j’oublie plus facilement le long et tortueux chemin parcouru depuis 11 mois. “C’est quelle jambe encore qui te fait mal?”