Quand je skie dans les quelques jours qui séparent la relâche québécoise de l’arrivée officielle du printemps, je dis souvent que c’est la période dorée: au sol, on a des conditions majoritairement hivernales avant la transformation de la neige, et dans l’air, c’est le plaisir de skier avec moins de couches, des gants plus légers, et de travailler son raccoon. Cette année, le raccoon tendance est en demi-teinte, mais quand on place les choses en perspective… on profite de chaque virage et des chauds rayons.

Converser à 2m de distance, pas mal plus agréable par une journée ensoleillée!
La neige se transforme, timidement, vers l’heure du diner.

À mon arrivée en milieu d’avant-midi, le soleil n’avait pas encore entrepris de transformer la surface. J’ai donc pu m’élancer dans toutes les pistes en confiance et enfiler les virages jusqu’au pied des remontées. Même si on sait, à force de connaitre la végétation et le relief, que la neige est moins abondante cette année, on ne craint pas de mauvaises surprises. Puis, vers midi, les bosses qui étaient plus désagréables sont devenues accueillantes, pour le plus grand bonheur du seul groupe scolaire présent sur place. Les pauses lunch ont été vite expédiées et les quelques privilégiés qui dévalaient les pistes comme moi s’en sont donné à coeur joie dans les modules, sauts et bosses de la montagne. Certains diront que c’était une journée sans histoire pour son manque d’émotions fortes, d’autres diront qu’elle était exceptionnelle pour les mêmes raisons… 

Apprendre à skier par ce temps, pas mal gagnant comme expérience!
Ces bosses, inhospitalières au premier abord, sont devenues très agréables avec l’apport des rayons du soleil.

Les initiatives dignes de mention

Ça faisait un petit moment déjà que je voulais aller skier dans cette station de Lanaudière car je voulais souligner le dévouement des dirigeants. Souvent à l’ombre de ses voisines plus volumineuses, Ski Montcalm est pourtant très intéressante comme destination pour toute la famille. Bien malgré moi, je dois utiliser le cliché des petits pots et des meilleurs onguents: le damage y est toujours bien exécuté, le personnel toujours ravi de nous accueillir, l’attente y est minime, et les efforts déployés pour conserver l’expérience client à son maximum méritent d’être soulignés en cette année pandémique. En photo: la station a investi et positionné deux conteneurs compartimentés, accessibles du stationnement, pour s’installer confortablement et se chausser ou collationner. Sur la terrasse, des paravents et un système de chauffage extérieur rendent les petites pauses encore plus agréables. 

51 saisons d’opération, un 50e anniversaire tronqué

L’an dernier, lors de cette lointaine période pré-pandémique où il faisait bon postillonner sur les convives en soufflant sur des bougies de fête, la station a justement souligné un anniversaire pas banal dans le monde du ski: 50 ans d’opération. Fondée par un visionnaire un peu entêté, Ski Montcalm est encore et toujours gérée et opérée par la famille Barnowski, tissée très serré. John et Joanna avaient prévu tout un calendrier de célébrations, allant des descentes nocturnes aux journées rétro, sans oublier la course des Polonais… qui n’a pas eu lieu, la fermeture des stations ayant été décrétée quelques jours avant. Heureusement, les investissements du 50e sont encore là, et parmi ceux-ci, le plus visible: un tapis magique recouvert pour agrémenter l’apprentissage des débutants dans la pente-école. (Photo d’entête de cette chronique)

Joanna et John Barnowski, lors du 50e de la station, célébré le 14 décembre 2020. La date officielle de l’anniversaire est le 28 décembre.

Il reste encore quelques semaines à la saison de ski. Si vous êtes friands des conditions hivernales, privilégiez les premières descentes du matin. Si vous préférez skier sur les flocons transformés, attendez après 10h30, surtout pour une montagne orientée nord-est. Peu importe votre style de ski préféré, sortez, allez jouer dehors, le ski n’est pas fini!