Publication partenaire

Skimo: entre la course en sentier et le ski de poudreuse

19 décembre 2016 | Chronique, par Julien Yamba
Photo David Moore

Cet hiver, ZoneSki vous propose une immersion dans le monde du «ski de montagne», autrement connu sous l’abréviation «Skimo», au travers quatre reportages visant à vous donner le goût de vous mettre à la pratique de ce sport. Le premier volet de cette immersion a pour objectif de vous aider à mieux comprendre le matériel spécifique et les caractéristiques qui le définissent.

Le skimo (abréviation de l’anglais ski mountaineering) consiste à se déplacer en montagne, sur des terrains enneigés, sans utilisation d’aménagements spécifiques (remontées mécaniques ou parcours de zone damées). L’utilisation d’équipement adapté à la descente tout comme à la montée requiert certaines spécificités que nous allons aborder dans cet article.

Un nouveau constat

Terminée l’époque ou l’on opposait les styles et les pratiquants sous prétexte qu’ils n’utilisent pas le même matériel! La tendance est, à l’inverse, au rassemblement plutôt qu’à a division, car le point commun qui relie tout ces amateurs est le lieu de pratique : la montagne.

Grâce à ce changement de mentalité d’une part, mais également à l’innovation technologique d’autre part, les marques ont amélioré leurs gammes de produits en allant tirer les forces d’un modèle dédié à une discipline pour améliorer le matériel de l’autre. Et ces innovations se retrouvent autant  pour des skis que des bottes, en passant par les fixations.

Comme en témoigne ces deux ambassadeurs du ski, Kilian Jornet multiple champion de monde de ski-alpinisme, skyrunning et vainqueur des ultra-trail les plus prestigieux et Enak Gavaggio aussi connu sous le nom de «Rancho» dans la web série qu’il réalise de puis quelques hivers, « ces innovations améliorent la pratique des experts, mais surtout le quotidien de Monsieur et Madame tout le monde », ce qui constitue grande avancée.

S’équiper adéquatement

Après la visualisation de cette vidéo, vous l’aurez compris, il est important de s’équiper en fonction de la pratique que vous recherchez. L’un des premiers argument avancés pour expliquer le manque d’engouement pour le skimo est le coût élevé pour s’équiper au complet : bottes, fixations et skis spécifiques sont ainsi requis. Le prix du matériel est élevé, c’est un fait ; mais la dépense doit être placée dans le même contexte que lors de l’achat d’un fat bike, d’un vélo de montagne, des palettes de poudreuse… et même un kit de ski de fond complet (abonnement, cire, vêtements). Enfin, si l’on rapporte ce constat à la réalité des sportifs de plein air au Québec, on a tous une (ou plusieurs) armoire dédiée aux équipements de sport, par saison et selon les envies !

Vous l’aurez compris, faire le grand saut pour le ski-alpinisme a un coût. Bien sûr, vous pouvez toujours utiliser votre matériel habituel de ski de poudreuse, mais comme nous le décrit Jeff Rivest, ancien patrouilleur au Massif et représentant des vente au Québec pour la marque Dynafit, « les amateurs de skimo sont des athlètes qui se cherchent un sport complémentaire en hiver ; ils aiment s’impliquer et performer, et donc souhaitent rivaliser avec le haut du tableau. Il n’y a ainsi pas de secret : des skis dédiés à la descente en poudreuse ne rivaliseront jamais en terme de vitesse et fatigue pour son propriétaires avec des skis profilés pour la montée ».

Sans matériel adapté, vous risquez ainsi de laisser beaucoup d’énergie et de temps lors de la montée, et par conséquent, de descente également. Lors d’un prochain article, je vous  proposerai d’ailleurs un test comparatif pour appuyer ces propos, en utilisant des skis de poudreuse et des skimos sur un même tracé chronométré.

Les limites du marché

Pour affiner votre décision, gardez en tête que l’argument de choix pour s’équiper est le poids : « tant que c’est léger, c’est bon » ! Des bottes avec un grand angle, des fixations légères et des skis très courts, autour de 161cm (longueur règlementaire pour faire des courses). Malheureusement, on n’accède pas encore à une gamme étendue de matériel, et les revendeurs dans la province se font encore rares.

Pour Arnaud Côté-Boisvert, jeune espoir québécois de la discipline (21 ans), « les marques sont encore frileuses et n’osent pas s’implanter sur le marché américain, ce qui se fait ressentir par un manque de diversité au niveau de l’offre ». Certes les poids lourds de l’équipement comme Dynafit, Salomon en encore Blizzard proposent leurs modèles « tête de gondole », mais le pratiquant confirmé qui souhaite accéder à du matériel plus spécifique ou tout simplement avoir plus de choix devra s’orienter vers l’achat de produits importés en provenance d’Europe.

Il faut bien le reconnaître, s’équiper pour pratiquer le ski-alpinisme n’est pas si simple car cela représente un enjeu important au niveau financier, mais également au niveau des points de ventes peu nombreux car le marché est encore à ses balbutiement et est loin d’avoir atteint une quelconque maturité. Cependant, les marques démontrent une véritable volonté de démocratiser les pratiques de ski hors des stations et travaillent à développer leurs différentes gammes d’équipement pour favoriser l’augmentation du nombre de pratiquants.

Je vous donne rendez-vous pour le prochain article orienté autour de l’entrainement en skimo, mais d’ici là, je vous conseille d’aller faire un tour dans votre boutique préférée pour regarder le matériel qui y est offert!

Lire le deuxième article de cette série: S’entrainer pour garder la forme… ou performer!
Lire le troisième article de cette série: Skimo: vivre une course de l’intérieur

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux !

À PROPOS DE L'AUTEUR

Julien Yamba
Lorsqu'il n'est pas derrière son ordinateur ou un appareil photo, vous risquez de trouver Julien quelques part dans les montagnes. Que ce soit en été, à courir dans les sentiers, sur les crêtes et à travers les ruisseaux, ou en hiver, à jouer dans la neige et sur les cascades de glaces, tant qu'il y a un sommet à la clef, cela fait son bonheur!