Les regroupements et initiatives s’adressant à un public entièrement féminin sont de plus en plus fréquents. Qu’il s’agisse de vélo de montagne, vélo de route, ski alpin, snowboard ou randonnée alpine, il y a fort à parier que vous avez croisé un groupe de filles de tous âges occupées à perfectionner leur discipline dans un joyeux mélange d’émotions décomplexées. C’est exactement l’objectif qu’avait le fabricant de skis Rossignol en mettant sur pied les journées We Rise, que l’on peut traduire par « élevons-nous ». 

We Rise: on s’élève entre filles!

Créées à l’automne 2019 et s’adressant à des skieuses et planchistes de tout niveau et de tout âge, les journées We Rise proposent une formule tout-inclus: billet de ski, repas, essais de skis et planches en démonstration, cliniques de perfectionnement avec monitrices chevronnées, après-ski, tirages et cadeaux sont au menu lors des événements organisés par Rossignol. Début février, l’édition « Ouest canadien » a eu lieu à Whistler-Blackcomb avec 60 participantes, puis, le 19 février dernier, c’était au tour du Massif de Charlevoix d’accueillir les 40 chanceuses inscrites à la journée. D’autres événements ont eu lieu en France et aux États-Unis, ainsi, depuis la création des journées, plusieurs centaines de femmes ont eu la chance de se rassembler et de se dépasser dans un contexte stimulant et amical.

Le déroulement de la journée

À notre arrivée en station, Josée Gravel et moi-même retrouvons les 38 autres filles toutes aussi fébriles que nous d’attaquer les pistes. Certaines ont même fait la route à partir de la grande région de Toronto! On a droit aux premières traces; le groupe s’élance après avoir reçu les consignes de sécurité de base. Les premiers virages dans le magnifique corduroy de la Desjardins nous font oublier qu’il a fallu se lever aux aurores pour arriver à temps à la station! Cette journée ne sera pas vouée à admirer la vue légendaire des lieux: il tombe une fine neige en continu, ce qui nous prive du panorama mais nous garantit des conditions moelleuses partout en montagne!

Après la première descente, des groupes sont formés afin de rassembler les participantes par niveau ou intérêt: d’une part, celles qui sont plus à l’aise sur les pistes damées et qui souhaitent améliorer leur technique en piste, puis, celles qui veulent oser les bosses et sous-bois afin de sortir de leur zone de confort, et enfin, les skieuses aguerries qui souhaitent se dépasser dans les terrains plus experts. Josée et moi serons dans le groupe des bosses et sous-bois intermédiaires, et nous casserons la « glace » dans L’Estran.

Chaque groupe est encadré par deux ou trois ambassadrices et/ou monitrices inspirantes dont le mandat est de nous guider, tant par des conseils à l’ensemble des participantes qu’en courte session individuelle. Évaluer le terrain, établir notre état d’esprit, se préparer à la descente, lire la piste, prendre des décisions, stabiliser nos virages, tout est surveillé par l’oeil de lynx de celles qui nous aident avec respect et pédagogie. Les descentes sont plutôt lentes vu la taille du groupe puisqu’on ne laisse personne derrière. 

Le temps passé dans les remontées mécaniques est d’abord occupé à en apprendre davantage sur les ambassadrices et monitrices ainsi que sur les autres participantes. Puis, au fil de la journée, on connait quelques prénoms et on finit par s’entraider mutuellement afin de consolider les apprentissages prodigués par nos accompagnatrices. 

Ce qu’elles en ont pensé

Le premier constat des participantes: que c’est agréable de skier et progresser sans pression! C’est presque unanime, toutes celles qui font du ski avec leur conjoint sentent souvent qu’elles « font attendre », et elles prennent presque systématiquement les choix faciles pour ne pas priver leur conjoint de leurs descentes, ce qui ralentit leur progression. Il appert également que malgré toute votre bonne volonté, Messieurs, vous n’êtes pas le prof idéal pour votre tendre moitié! 

Le deuxième constat: exit la crainte de tomber, ou d’avoir l’air inexpérimentée! Ces journées sont faites pour apprendre, et les conditions sont idéales puisque, comme l’a dit Louise, une des monitrices, « aujourd’hui, le plancher est mou »! Une fois passé le petit vertige de se lancer dans une piste à bosses qui peut être intimidante (L’Archipel), on revient aux bases de l’apprentissage. Ça peut paraitre étrange à dire mais il fait bon de se rappeler que les chutes font partie du processus, que le contrôle de la vitesse est à la base de tout, et que la pratique nous rend (presque) parfaites! Aucune de nous n’est coiffée à la perfection comme ces skieuses vues aux Olympiques: on a les mèches en bataille, les lunettes pleines de neige, mais au diable les notes des juges, on skie pour s’améliorer et avoir du plaisir!

Après le diner rapidement avalé, on retourne en piste et notre groupe se subdivise à nouveau. Celles qui préfèrent revenir à des descentes moins exigeantes retourneront sur les pistes damées et celles qui ont encore du jus de cuisses poursuivront leur progression dans les pistes à bosses et sous-bois à un losange. C’est aussi le moment d’essayer une des paires de skis en démonstration, histoire de se créer un besoin pour la prochaine saison! Nous avons droit à la gamme de produits développés exclusivement pour les femmes. Votre humble rédactrice a chaussé des Rossignol Rallybird 92, tandis que Josée a préféré conserver ses Blackops Blazer W neufs de l’année.

Conclure en beauté

L’après-ski a commencé sous le signe des cadeaux. Rossignol nous a gâtées puisque toutes les participantes ont reçu un col, une gourde réutilisable et une casquette, en plus de pouvoir participer au tirage, qui a permis de gagner de nombreux prix: lunettes de ski, bâtons télescopiques, sac à dos, et même deux paires de ski, courtoisie de la boutique du Massif. La table était mise pour les célébrations de fin de journée, qui reprenaient au bar du Massif à cette date précise, grâce aux allègements des restrictions en cours -il s’en est fallu de peu pour que cette journée se déroule très différemment! 

À notre départ de la station, les aurevoirs et accolades (masquées) fusent dans le chalet et dans le stationnement. Des liens ont été tissés, des amitiés sont nées, et bon nombre des participantes ont fait le voeu de remettre ça l’an prochain, même heure, même poste. La formule 2023 sera sans doute différente puisque la première édition, qui a eu lieu en mars 2020 tout juste avant le premier confinement, se déroulait sur une fin de semaine entière. C’est donc un rendez-vous l’an prochain, avec ce mantra en tête: même quand on tombe, on s’élève!