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Auberge de Montagne des Chic-Chocs: Envoûtante et exaltante

25 janvier 2016 | Reportage, par Geneviève Larivière
Photos Geneviève Larivière

L’Auberge de Montagne des Chic-Chocs, c’est le « chalet » que tous les skieurs rêvent d’avoir. Lors de notre visite, nous y avons vécu un rêve éveillé! Nous avons enfin eu l’occasion d’aller découvrir l’endroit et de s’approprier, pour quelques précieuses journées, les secrets et la beauté du site, qui souffle cette année ses 10 chandelles d’existence. Compte-rendu d’un coup de foudre programmé au coeur des Chic-Chocs.

*Pour sauter aux sections directement, suivez les liens suivants: Le bâtiment, Les repas, Les sorties, Les petits détails, Les forfaits.*

L’accueil, effectué à Cap Chat, est le moment où tous les convives se retrouvent un peu avant le départ vers l’Auberge. Un guide prend nos présences et nous explique le déroulement des trois prochaines heures: on parcourra 55 kilomètres en autobus puis en véhicule équipé de chenillettes pour se rendre à destination, où l’ensemble du personnel nous attend pour la distribution des chambres et la visite guidée de l’Auberge. Le temps requis pour couvrir la distance entre Cap Chat et l’Auberge est en grande partie dû à la faible vitesse à laquelle les véhicules à chenillettes peuvent rouler: maximum 30km/h! On commence donc à relaxer bien avant d’arriver à l’Auberge.

La route offre un paysage d’une grande beauté. L’autobus suit le parcours qui longe la rivière Cap Chat, fort appréciée des pêcheurs sportifs pour ses fosses à saumon. Nous sommes au creux d’une vallée flanquée de montagnes de plus de 800 mètres d’altitude. Les kilomètres nous séparant de l’Auberge diminuent et nous observons avec envie les flancs et les sommets à partir desquels nous imaginons déjà des descentes de ski jouissives. Puis, au détour d’une courbe, l’Auberge apparait, surréelle, juchée sur un petit plateau, orientée franc sud.

Le bâtiment

L’entrée de l’Auberge, à la fois sobre et majestueuse, est le parfait symbole de l’esprit du bâtiment. La construction, effectuée avec des matériaux « cueillis » et transformés sur place, allie la force et la robustesse d’une nature rompue aux luttes contre les aléas de la météo avec les détails subtils et songés, d’une considération à la fois esthétique et pratique. Partout, les éléments de décoration rappellent la nature environnante: porte-manteaux en bois de cervidés, sculptures métalliques reprenant la silhouette des conifères et des montagnes environnantes sur les abat-jour des lampes, rose des vents incrustée dans plancher -orientée au degré près- et surtout, ce sublime lustre surplombant l’escalier menant du rez-de-chaussée à la salle à diner, garni de panaches d’orignaux.

Les chambres, d’une dimension fort raisonnable, offrent un confort douillet dans un décor à la fois moderne et rustique. Fait à noter: toutes les fenêtres de l’Auberge sont munies de loquets… et il est possible de les ouvrir même en plein hiver pour admirer la vue, prendre une photo rapide et une bouffée d’air frais. Qui a besoin de l’air climatisé? C’est donc empreints de cette espèce de fébrilité typique des voyages de découverte que nous défaisons nos bagages et prenons possession des lieux.

La visite guidée de l’Auberge a deux objectifs: aider les visiteurs à se familiariser avec les lieux et permettre aux guides de prendre un premier pouls quant aux besoins et envies des invités en lien avec les activités offertes -inclues dans le forfait. La salle commune du rez-de-chaussée accueillera chaque matin les participants intéressés à une séance d’étirements, le vestiaire des skieurs offre toutes les commodités requises pour se préparer avant une randonnée ou faire sécher l’équipement après la journée, la boutique permet de dépanner en cas d’oubli d’accessoires, le spa et le sauna sont prêts pour contribuer à la relaxation de nos muscles, et une massothérapeute est même disponible sur place -réservez vite, elle est en demande!

Une fois la visite guidée complétée, nous sommes laissés « à nous-même »: les guides sont disponibles pour répondre aux questions et préparer les équipements de prêt (bottes de ski haute-route, peaux d’ascension, skis et autres accessoires), et le 5 à 7 s’annonce fort intéressant au coin bar à l’étage. Une tablette iPad circule avec des photos et vidéos de l’Auberge, illustrant les activités et centres d’intérêts de l’endroit pendant les quatre saisons, de quoi donner envie d’y revenir pour du vélo de montagne et de la randonnée estivale!

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Les repas

C’est, après le ski, le moment le plus agréable de la journée. L’ambiance ultra conviviale que certains redoutaient (les appréhensions fondent en quelques secondes) rend les repas encore plus savoureux. La capacité maximale de l’Auberge étant de 36 invités, la grande salle à diner se remplit au gré des conversations et des petits groupes qui se forment tout naturellement. Fait exceptionnel, le personnel de l’Auberge (incluant les cuisiniers!) mange avec les clients, partageant les conversations. Cette proximité renforce instantanément le sentiment d’attachement ressenti envers les lieux: on se sent chez soi, et non pas comme un touriste qui attend d’être servi. Et, comme chez soi, on se sert dans le frigo du bar! Le lien de confiance s’établit dès le début du séjour: de bonne foi, on inscrit notre consommation sur la fiche correspondant à notre chambre. La même façon de procéder s’applique d’ailleurs à la boutique en cas d’achat. Besoin de glace? Un des membres du personnel nous indique où la trouver dans les cuisines… et on y retourne au besoin.

La qualité de la nourriture et des repas préparés est surprenante et exceptionnelle. Aucun menu à la carte: tous les visiteurs mangent le même repas (exception faite de ceux qui auraient manifesté des besoins ou restrictions alimentaires), dont le menu est inscrit à l’ardoise de la grande salle à diner un peu avant chaque repas. Les déjeuners et diners sont servis façon buffet, le souper est quant à lui servi avec un peu plus de décorum: les entrées et desserts sont dressés juste avant la sortie des cuisines, le plat principal est quant à lui présenté dans un grand plat de service, dans lequel chaque convive se sert à sa guise.

Chaque repas est préparé en fonction des arrivages chez les différents fournisseurs de l’Auberge, garantissant fraicheur et originalité. Le chef de l’Auberge, Alain Laflamme, sélectionne avec grand soin les produits qui seront apprêtés et servis: légumes de saison, poissons, viandes et gibier sont généralement issus de producteurs locaux. Le chef vise une empreinte écologique minimale, privilégiant les productions régionales et biologiques. Lors de notre séjour, nous avons eu droit à du canard, du lapin et du bison aux soupers. Les accompagnements et desserts, tous aussi savoureux, font généralement l’objet d’un « j’en reprendrais bien un peu! » après chaque service. Les invités qui désirent accompagner leur repas d’un verre (ou plus!) de vin peuvent choisir parmi trois vins sélectionnés par le chef, dont la formation de sommelier lui permet des suggestions d’accords mets et vins.

 

Les sorties: guidées ou en autonomie

Lors de la visite de l’Auberge, les guides ont pris en note mentalement les souhaits de sorties des invités. La présentation des activités quotidiennes se fait lors du repas du soir, entre le plat principal et le dessert. Quotidiennement, il est possible de choisir entre une sortie guidée, ou une sortie en autonomie. Ainsi, si certains visiteurs préfèrent se balader calmement dans les sentiers environnant l’Auberge, ils peuvent le faire à leur guise, tout en respectant deux conditions de sécurité: s’inscrire au registre des sorties, sur une feuille dans le vestiaire, et toujours sortir en emportant une radio et un DVA (détecteur de victime d’avalanche). Les sorties guidées sont planifiées en fonction du calibre des skieurs et des conditions climatiques. Puisque l’objectif incontournable est de trouver la meilleure neige, les guides se fient aux aspects des versants, aux vents ainsi qu’à leur expérience pour emmener les skieurs dans les secteurs les plus intéressants. Nous avons effectué des sorties guidées dans deux secteurs différents, dont nous avons relaté le déroulement sur notre forum: lisez nos compte-rendus sur le Mont 780, ainsi que sur le Frère du Nicol Albert.

L’Auberge ne propose pas que du ski hors-piste comme activité (encadrée ou autonome). Dans le matériel disponible en « libre service » on retrouve des raquettes, des ski Hok (cette technique de glisse fait également l’objet d’un article dans le Mag), et même des crazy-carpets! Les visiteurs qui voudraient aussi simplement flâner dans la salle commune, somnoler au bord de l’énorme foyer vitré ou utiliser le spa et le sauna peuvent le faire presque à toute heure du jour ou de la nuit… À l’Auberge, on est tenus à un seul horaire: celui des repas! Vous voulez veiller autour du feu entre amis? C’est possible… mais avec les journées passées au grand air, on vous défie de dépasser 22h00 avant de tomber de sommeil!

Les « détails importants »

Hormis la qualité des repas et le confort de l’Auberge, plusieurs petits détails font en sorte que le séjour se déroule sans anicroche. Parmi ces petites attentions, voici celles qui, à notre humble avis, sortent du lot.

  • Prévention et premiers soins. Tous les matins à 8h00 tapantes, un guide est en poste pour aider les clients à prévenir les ampoules: trousse de premiers soins évoluée ouverte, on s’applique à installer des secondes peaux sur les points de friction ou ampoules déjà existantes. Cette « Clinique Ampoules » est très populaire au lendemain de la première sortie!
  • Les grosses pantoufles à bottes de ski. Le scénario classique: vous vous préparez pour une sortie en ski, vous êtes presque habillés jusqu’aux mitaines, les bottes de ski enfilées… et vous réalisez que vous avez oublié vos lunettes de soleil dans votre chambre. Puisqu’il est déconseillé de marcher à l’intérieur de l’Auberge en bottes de ski, la solution « logique » serait de les retirer… mais ces énormes chaussons en feutre, munis d’une semelle antidérapante, s’enfilent en bottes de ski et permettent la visite à la chambre ou aux toilettes sans avoir à se déchausser.
  • La séance d’étirements matinale: la massothérapeute, Sylvie, s’inspire des techniques de yoga et d’étirements sportifs pour assouplir et réchauffer le corps des skieurs encore un peu endormis. Cette séance quotidienne de 30 minutes est parfaite pour se secouer, éliminer les tensions et se préparer à la journée avant le petit-déjeuner. Les tapis de yoga sont rangés dans un meuble et sur une table, quelques suggestions d’étirements à effectuer après une sortie de ski. C’est une bonne idée d’y retourner en fin de journée…
  • L’absence de télévision et de wi-fi. L’Auberge a été conçu pour être autonome sur le plan énergétique, et les télécommunications se font par un lien satellite. Sans surprise, les appareils énergivores sont donc limités et aucune onde ne « pollue » le bâtiment. Pas de cellulaire, pas d’internet, pas de télé… parfait pour décrocher, se plonger dans un bon livre ou simplement admirer le paysage du creux d’un des fauteuils orientés vers les montagnes!
  • Les guides, professionnels et disponibles. Chaque ascension et descente est soigneusement planifiée en fonction des conditions du terrain et du niveau de forme physique des participants. Les guides séparent les groupes et effectuent les recommandations d’usage pour que chaque visiteur puisse tirer le maximum de son séjour tout en respectant ses limites personnelles. On se sent en confiance et bien encadré. Tous les guides employés à l’Auberge détiennent de multiples formations: cours de sécurité en terrain avalancheux et premiers soins en milieux hostiles sont une base requise, mais plusieurs ont en plus accumulé une solide expérience de guide ou d’instructeur dans différents domaines touchant le plein air et le tourisme d’aventure. Les récits des anecdotes qui ponctuent leurs vies ont de quoi faire pâlir d’envie le nomade qui sommeille en chacun de nous!

 

 

 

Une note sur les forfaits

Via le site de la SÉPAQ, les détails des forfaits sont indiqués pour des séjours hivernaux de 2 à 7 nuitées. En décortiquant les tarifs, on se rend compte d’une chose: même si le montant à débourser semble élevé à l’achat, il est en réalité très raisonnable si on considère l’ensemble des services offerts. À titre d’exemple, un séjour de deux nuitées coûte 538$ par personne, en occupation double. Ce forfait inclut: deux nuits dans une auberge 4 étoiles, tous les repas et collations, le transport aller-retour de Cap Chat jusqu’à l’Auberge, le prêt d’équipement de plein air et de sécurité (radios, DVA, sacs à dos, gourdes, skis de haute-route, raquettes, etc.), et bien entendu, les services des guides. Les seules dépenses supplémentaires à prévoir sont en cas d’achat au bar, à la boutique ou d’un massage. Si on avait à additionner les factures séparées des repas, des nuitées, de l’équipement et des guides dans un centre de villégiature où tout est disponible à la carte, la facture serait presque du double! La cerise sur le sundae: les premières traces en ski sont garanties. L’immensité du domaine skiable accessible et le faible volume de visiteurs font en sorte que chaque descente se fait sur une neige dépourvue de traces, exception faite de celles des animaux du coin!

Au-delà du ski et de la qualité des services offerts à l’Auberge, un souvenir indélébile est gravé dans notre mémoire lors de notre départ: celui d’une expérience humaine enrichissante et inattendue. Les liens tissés entre tous les visiteurs et le personnel pendant les quelques jours passés à l’Auberge ouvrent l’esprit à une dimension totalement différente des autres séjours en formule « tout inclus ». Tous les employés de l’Auberge nous traitent comme des amis, et non pas comme des clients payants. Instinctivement, l’entraide s’installe et les convives se sentent au même niveau que les membres du personnel. Après tout, on partage tous la même « vie », le temps d’une trop courte visite!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière
Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.