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Avalanches: prise de conscience sur les mythes et réalités

29 décembre 2016 | Chronique, par Lucile Drouineau
Photos Avalanche Québec

Une avalanche peut-elle dévaler une pente à une vitesse de 394 km/h ? Les avalanches se produisent-elles seulement dans les hautes chaînes de montagnes ? Le terrain avalancheux est-il toujours un terrain dénué d’arbres ? Les risques d’avalanches sont-ils moins importants en ski hors-piste à proximité des stations que dans l’arrière-pays ? Avalanche Québec nous aide à démêler le vrai du faux sur la réalité des avalanches en montagne avec une dizaine de mythes et réalités. Lisez attentivement, vous ne serez pas les premiers surpris!

Les avalanches se produisent seulement dans les hautes chaînes de montagnes comme les Rocheuses, l’Himalaya, les Alpes, les Andes.

  • inclinaison terrain avalancheuxMythe!
    Les avalanches sont fréquentes au Québec et peuvent être fatales. Depuis 1825, ce sont 39 avalanches mortelles qui ont été recensées au Québec qui ont fait plusieurs dizaines de victimes. Sans remonter à Mathusalem, depuis 1999, les avalanches au Québec ont fait 13 morts dont trois dans le secteur prisé des Chic-Chocs. Comble de la surprise, la majorité des accidents se sont produits sur des pentes courtes au dénivelé inférieur à 70 m, pendant ou immédiatement après une forte chute de neige (tempête, blizzard). Au Québec comme ailleurs, il est impératif de bien préparer ses sorties, ainsi que d’être bien équipé et bien informé.

Une neige instable et un terrain incliné sont les deux seuls éléments nécessaires pour qu’une avalanche survienne.

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    Photo Avalanche Québec

    Mythe!
    Trois conditions sont nécessaires pour qu’une avalanche se produise. La neige instable et le terrain incliné sont les premières, mais il intervient toujours un élément déclencheur qui va provoquer l’avalanche. En dehors des facteurs naturels ou des animaux, il est facile pour les skieurs, les motoneigistes ou les planchistes de devenir l’élément déclencheur.

Un terrain avalancheux est toujours un terrain dénudé d’arbres.

  • Mythe!
    Sachez que 28% des accidents d’avalanche au Canada sont survenus dans une zone boisée. Même si les arbres (surtout au sol) peuvent stabiliser le manteau neigeux ou diminuer les surfaces de décrochages, ils n’empêchent en rien le déclenchement d’avalanches destructrices. Les branches cassées et les arbres couchés peuvent être les signes d’anciennes coulées de neige.

   

Les pentes suffisamment inclinées pour skier sont les pentes les plus à risque d’avalanche.

  • Réalité
    Pour notre plus grand plaisir, nous skions des pentes inclinées entre 25° et 55°. Dépassé cette inclinaison, les avalanches sont fréquentes et de petite taille, elles ne laissent donc pas le temps à la neige de s’accumuler. En deçà de 25°, l’inclinaison est insuffisante sauf peut-être pour des avalanches de neige mouillée surtout au printemps. Dans l’intermédiaire, la neige forme des plaques propices au déclenchement de grosses avalanches.

Des signes de neige instable peuvent être vus, entendus et/ou ressentis.

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    Photo Avalanche Québec

    Réalité
    Une bonne lecture de terrain peut nous permettre de reconnaître des signes évidents de neiges instable ou de zones à risque:  activités d’avalanche, «whoumpfs», fissures ou encore des chutes de corniche.

Whoumf: détachement de la plaque et affaissement dans le sens de la pente

En majorité, les avalanches mortelles sont déclenchées par la victime elle-même ou un membre de son groupe.

  • Réalité
    Les skieurs, planchistes, randonneurs et motoneigistes sont des déclencheurs d’avalanche lorsqu’ils s’engagent dans des zones à risque. Il existe deux types de déclencheurs d’avalanche: naturels et humains. On trouve du côtés des causes naturelles la neige soufflée par les vents, par surcharge liées aux chutes de neige ou encore à cause du réchauffement des températures. Du côté des facteurs humains, les skieurs, raquetteurs, motoneigistes ou encore la machinerie de montagne figurent au palmarès. On pense aussi aux explosifs utilisés pour le déclenchement préventif des avalanches.

Lors d’un accident d’avalanche, il faut aller chercher les secours le plus rapidement possible (et quitter la scène de l’accident même si on est seul).

  • Mythe!
    Contre-intuitif n’est-ce-pas ? Mais la triste vérité c’est qu’après 120 minutes enfoui sous une avalanche, les chances de survie de la victime ne sont que de 20%. Et il est bien évident que notre sport préféré ne se pratique pas toujours dans les zones les plus favorables aux déplacements rapides. Alors définitivement, c’est le sauvetage autonome qui garantit les meilleures chances de survies. En effet, si les chances sont de 91% entre 0 et 18 minutes d’ensevelissement, elles tombent à 34% entre 18 et 35 minutes. On évalue les chance de l’enseveli à seulement 7% une fois les 140 minutes dépassées. Il est donc crucial de pouvoir compter sur nous-même et nos compagnons en montagne pour des secours immédiats.

Les risques d’avalanche sont moins importants en ski hors-piste à proximité d’un domaine skiable que dans l’arrière-pays.

  • Mythe!
    Tous les professionnels de la sécurité en montagne vous le diront: il n’y a que deux endroits pour skier: à l’intérieur du réseau des pistes balisées du domaine skiable et à l’extérieur des limites de la station de ski (hors-piste, out-of-bounds, sidecountry, arrière-pays, backcountry, appelez-le comme bon vous semble). Sans contredit, les mêmes risques sont présents et la même préparation est requise.

Un skieur peut skier plus vite qu’une avalanche.

  • Mythe!
    Si ce constat peut être vrai dans le monde idéal des vidéos de skieurs professionnels dans les sommets alpins, il en va autrement pour le commun des mortels. En moyenne une avalanche a une profondeur de neige d’un mètre et une largeur de 46 mètres pour une chute de 122 mètres à une vitesse moyenne de 80 km/h. Bref, en course-poursuite nos chances sont minces. On peut  donc se diriger en pente vers les côtés de la coulée. Si toutefois on est pris, on va tenter de « nager » pour rester à la surface et lever un bras en l’air lorsque la neige ralentira afin de faciliter les recherches. Avec l’autre main, on tente de créer une poche d’air sur la bouche pour respirer sous la neige puisque celle-ci se durcit.

Sachez que de nombreuses ressources existent pour vous informer, autant sur papier qu’en ligne. Avec la collaboration d’Avalanche CanadaAvalanche Québec met directement sur son site de nombreux liens pour amener les adeptes à prendre connaissance de l’étendue des défis que constituent les sorties en montagne. L’organisation met notamment un cours en ligne gratuit à disposition. Dans leur section «bibliothèque» vous trouverez également des documents qui laceront aussi quelques bases à votre culture montagnarde.

Notez toutefois que peu importe la longueur des lectures que vous effectuerez, rien ne vaut un cours concret sur le terrain! Apprendre à manipuler l’équipement et à reconnaitre les environnements ne se fera pas que par les livres… alors songez à un petit investissement, tant pour votre sécurité que celle de vos coéquipiers d’aventure!

Cet article a été rédigé à partir des travaux de Avalanche Québec, par Julie LeBlanc et Dominic Boucher, prévisionnistes en avalanche. Il a été initialement publié le 23 décembre 2015 mais est toujours d’actualité!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Lucile Drouineau
Étudiante en marketing à l'Université Laval, Lucile est une mordue des sports de nature. Engagée par ses passions, elle partage un portrait du ski dans tous ses états à la découverte des montagnes du Québec.