Ce petit pays du bord de la Méditerranée a tout pour être le paradis. Mer et montagne au même au lieu, ski et plage le même jour. Oui, oui tout ça existe! Allez donc faire un tour à Beyrouth, venez donc grimper les routes sinueuses du Mont Liban. Ici, en 60 kilomètres à l’intérieur des terres, on passe du niveau de la mer à 3089 mètres, le sommet du Qurnat as Sawda, point culminant du pays. Les plages, c’est facile à trouver, il suffit de suivre le littoral. Pour le ski, le Liban vous propose 5 montagnes équipées, dont Faraya-Mzaar, la plus grande d’entre elles, située à environ 50 kilomètres de la capitale.

Ici, le ski a commencé en 1960, lorsqu’un groupe de skieurs passionnés ont installé le premier remonte-pente importé de Suisse, sur la zone dite du « Refuge ». En 1965, l’Hôtel Faraya-Mzaar a ouvert ses portes, ainsi qu’un petit village de condos ce qui a réellement permis un développement touristique. Hélas la guerre civile qui ensanglanta le pays freina brutalement le développement du pays, et la station n’y fît pas exception. Cependant, depuis 1993, les choses ont de nouveau pu aller de l’avant. C’est le système « D » comme débrouille qui est appliqué à la station. Tout le matériel (dameuses, remontées-mécaniques, skis…) est acheté d’occasion, principalement de France.

Aujourd’hui Faraya-Mzaar propose 42 pistes, qui représentent une longueur totale de 80 kilomètres, desservies par une quinzaine de remontées mécaniques. On y skie entre 1850 et 2465 mètres d’altitude et du sommet du dôme du Mzaar, on distingue la ville de Beyrouth et bien sûr la mer Méditerranée.

Les chutes de neige peuvent être vraiment importantes entre janvier et février. Dans ces situations, tout ferme! En l’absence d’une « culture hiver » dans le pays, tout devient vite très compliqué car les routes sont  impraticables, aucun véhicule n’étant doté de pneus d’hiver, et les télésièges ont besoin de temps pour être opérationnels: déblayement, contrôle de sécurité, etc. De plus, la station sait qu’il n’est pas utile d’ouvrir si les clients depuis Beyrouth ne viennent pas… Par contre, 48 heures après une tempête, tout est parfait ! Et oui, comme souvent au Moyen Orient, il faut prendre son temps. Tout est possible, tout arrive, mais à son rythme.

Et il y’a du bon ski à faire ici, surtout à partir des 3 sommets de la montagne. A Faraya-Mzaar, pas de sous-bois, pas d’interdiction de rien. On peut descendre par où l’on veut et le domaine est très vaste, très étendu. C’est du vrai ski à travers les grands espaces, en toute liberté du skieur. Et c’est ça qui est plaisant à skier ici, où j’ai eu plaisir à faire 5 jours de ski, en faisant des aller/retour sur Beyrouth afin de profiter en après-ski de la grande ville. Tout le secteur autour du Dôme de Mzaar à l’extrémité sud du domaine est une merveille, avec des vallons et de nombreuses combes. Tout ceci sans danger, dès que la visibilité est là. L’enneigement était correct, mais pas de neige poudreuse. Le vent est fort sur les hauteurs, ce qui fait que la neige est vite soufflée, et on trouve toujours un passage avec des accumulations.

La clientèle est quasi-exclusivement composée de personnes vivant à Beyrouth, ou bien de la large diaspora libanaise qui revient pour le temps des fêtes. Compte tenu des difficultés politiques régionales, il n’y a pas vraiment de tourisme hivernal venant de l’extérieur du pays. L’affluence est vraiment importante durant les fins de semaines et lors de la relâche de Noël.

De par les tarifs pratiqués, environ 40$ CAN la journée, le ski ici est vraiment élitiste. Je n’avais jamais vu autant de voiture de type Hummer que sur le parking de Faraya! On croise donc une certaine jetset libanaise, francophone très souvent, toujours francophile, ouverte à l’occident et contente de croiser un monoskieur de Paris… Puis à force de voir passer un monoskieur qui faisait des photos, j’ai eu le droit à des rencontres amicales fort sympathique. Un patrouilleur qui m’a entrainé derrière lui, et les lifties qui m’ont offert le café à de nombreuses reprises. Sans compter que tous les gens croisés ont toujours une connaissance à Paris, ou un souvenir par-ci, et par là… Vraiment sur les pistes, j’ai trouvé l’ambiance bien conviviale!

En somme, le Liban, Beyrouth, pensez-y bien…  je ne vous cause même pas de la qualité des mezzés, ni d’autres douceurs de bouche dans ce pays d’orient. Il n’est peut-être pas sage d’y songer au moment de la publication de cet article, mais vraiment, en temps plus sereins, c’est tout un plaisir!