On se serait cru vendredi, peut-être parce que j’ai congé demain. Mais dans tous les cas, c’était un jeudi avec une impression de vendredi; bref, un jeudredi de ski. Il reste que le fait que ce soit jeudi importe pour trois raisons principales : le Mont Adstock est fermé du lundi au mercredi, la neige s’est accumulée pendant ces trois jours, et l’achalandage est typique d’une journée de semaine.

Le jeudi en poudreuse

C’est avec fébrilité que se fait la route vers le Mont Adstock en ce jeudi matin, après plusieurs jours de précipitations neigeuses et trois jours durant lesquels la station n’est pas en opération. Difficile de savoir exactement l’épaisseur de poudreuse, puisque les sites ne sont pas à jour. Je vais y aller de mon évaluation : disons, 30 centimètres tombés au cours des 3 derniers jours, dont probablement près de 20 centimètres dans les 24 heures précédant notre visite.

Pas besoin de vous dire que la neige a une belle profondeur pour laisser nos traces. Et surtout, ici la pluie ne s’est pas pointée, donc aucune croûte : chaque virage matinal s’effectue sur une neige légèrement compactée qui n’offre presqu’aucune résistance.

Au passage des skieurs et planchistes, la neige se compacte et forme des bosses. Au fil de la journée, cela devient plus exigeant à skier, sans toutefois rien enlever au plaisir.

Ceux qui connaissent le Mont Adstock savent que c’est une montagne inclinée. Les pistes ont du pitch, et qui dit pitch dit aussi base ferme, surface durcie, plaques de glace. Aujourd’hui, rien de cela, sauf à quelques endroits habituels comme dans le haut de la Géant. Sinon, la neige compactée par le passage des skieurs adhère bien à la surface, recouvrant sa fermeté par cette blanche douceur que nous aimons tant.

Un secret bien gardé

Un secret, c’est quelque chose qu’on dit à une personne à la fois. Et c’est ainsi que les secrets ne deviennent plus des secrets. Aujourd’hui, j’ai décidé de dévoiler à un collègue de travail ce secret bien gardé, situé aux confins de la région de Chaudière-Appalaches, tout près de la frontière du Centre-du-Québec.

Après avoir pris quelques descentes pour découvrir l’endroit, Louis-Simon (sur la photo ci-dessus) n’a que des éloges pour le Mont Adstock : une superbe montagne avec un bon dénivelé et une diversité de belles pistes, le tout avec un panorama magnifique. Évidemment, les conditions de glisse exceptionnelles aident aussi à rendre la journée paradisiaque, sans mentionner l’attente inexistante au télésiège quadruple.

Une montagne remplie de surprises

Outre ce qui a déjà été mentionné plus haut, il y a deux particularités qui méritent d’être mentionnées à propose du Mont Adstock. D’abord, la configuration des pistes, qui permet de diversifier les descentes, rendant possible de combiner du damé, des bosses et du sous-bois en un tout inclus (le seul genre de tout inclus qu’on aime).

Parlant de ski entre les arbres, le réseau de sous-bois est bien développé et ceux-ci sont répartis un peu partout sur la montagne. La station compte aussi sur un secteur de randonnée alpine, que vous pouvez découvrir grâce à notre reportage dédié à ce secteur hors-piste.

Aujourd’hui nous sommes en station, et nul besoin de mentionner que les sous-bois sont superbes à skier avec toute la neige tombée.

J’ai personnellement été fasciné par l’habileté de cet homme pratiquant le ski adapté de façon autonome, s’amusant dans la poudreuse, les bosses et même les sous-bois.

L’autre particularité de la montagne est son bon niveau de défi. Ça été mentionné plus haut, il y a du pitch! Mais il y a aussi la piste Défi Adstock, qui me rappelle la Contour au Mont Orford en moins longue. Reste que tout y est : caps de roche, cassures, grosses bosses, le tout avec quelques curves au fil de la descente.

Bref, s’il y a une phrase pour résumer la journée, la voici : un jeudredi de rêve dans un secret bien gardé où il y avait de la neige molle à profusion !