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Moniteur de ski: pédagogie de la glisse

1 décembre 2015 | Reportage, par Geneviève Larivière

Lorsqu’on désire entamer un apprentissage ou même perfectionner une habileté déjà acquise, on a immédiatement le réflexe de se tourner vers « un pro ». Pour apprendre à skier ou pour améliorer notre technique de glisse, la personne toute indiquée est donc un moniteur de ski. Le Mag a déjà publié un petit palmarès des raisons pour devenir moniteur; le présent texte se concentrera cependant plutôt sur les avantages de se payer ne serait-ce qu’une seule séance avec un de ces pédagogues des neiges.

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L’initiation

Bien que la plupart des parents s’occupent eux-mêmes des premiers « pas » de leurs tout-petits en ski, la patience et la capacité à transmettre les notions est relativement limitée lorsqu’il s’agit de notre progéniture. Une petite heure en compagnie d’une personne d’autorité autre que les parents fait bien souvent une grande différence pour le jeune skieur. De plus, le moniteur est formé pour prendre en charge tous les groupes d’âge et les techniques pédagogiques passent presque systématiquement par le jeu pour les plus jeunes. Lorsqu’il s’agit d’un débutant plus âgé, le moniteur a une priorité: la confiance. D’emblée, il doit donner au futur-skieur la possibilité de croire en lui et en ses capacités. C’est bien souvent le premier frein au progrès et un bon moniteur travaillera toujours sur la confiance en soi du débutant.

Le vocabulaire

Trouver les bons mots pour décortiquer une posture ou une action est parfois ardu. Il faut verbaliser avec les termes adéquats et s’assurer que le débutant comprenne bien les mots employés. Le moniteur est bien entendu formé pour ça! Le niveau de vocabulaire est adapté en fonction de l’âge et du niveau de langage du débutant. Quand bien des gens ressentent les choses de manière intuitive lors d’un virage, le travail du moniteur est d’expliquer cette mécanique et de la transmettre au débutant!

Le petit « détail qui tue »

Chaque skieur l’a déjà expérimenté à au moins une reprise: stagner dans son niveau d’habileté. On plafonne, on a quand même un peu de plaisir mais les défis demeurent les mêmes, faute de capacité à les surmonter. En nous observant skier, un moniteur à l’oeil aiguisé saura repérer le petit défaut de posture, ou parfois identifier une pièce d’équipement inappropriée! Bien souvent, un simple petit détail qu’on corrige suffit à augmenter notre niveau technique de manière à redémarrer notre progression. L’appui insuffisant sur le ski extérieur, une botte trop molle, une posture trop à l’arrière… le moniteur le voit, et aide à le corriger!

Les différentes méthodes

Nous avons déjà publié un article sur les avantages et inconvénients des cours de groupe et individuels; attardons-nous ici aux deux différentes méthodes d’apprentissage qui sont utilisées à travers le Québec. Il y a d’abord la méthode classique, où le moniteur emmène les nouveaux skieurs sur une pente très douce et leur apprend par explications et démonstrations les rudiments de l’équilibre et des différentes manoeuvres avec les skis aux pieds. C’est probablement la méthode à laquelle vous-même avez eu droit! Généralement, au bout d’un peu plus d’une heure, les débutants sont en mesure de traverser un petit parcours d’obstacles installés ici et là dans la pente école: cônes, cerceaux, piquets et fanions créent un circuit dans lequel le jeune skieur apprend à se diriger et contrôler sa vitesse. Bien que cette technique soit utilisée depuis des décennies dans la vaste majorité des écoles de glisse, elle comporte deux gros défauts: le débutant doit être en mesure de comprendre les sensations qu’il vivra et de les associer à la bonne ou mauvaise pratique d’un mouvement, ce qui constitue en soi un obstacle pour les plus jeunes; et la peur est présente très souvent lorsque le débutant voit la piste de haut en bas pour la première fois. La première heure de cours d’un jeune se conclut bien souvent par des pieds gelés pour cause d’immobilité, et par une impatience grandissante face à la frustration de ne pas pouvoir réaliser les opérations demandées par le moniteur.

La nouvelle méthode, dont le principe est de sculpter le terrain de la pente école avec différents modules de neige pour favoriser l’apprentissage par la découverte intuitive des sensations, est inspirée d’une approche créée par une firme américaine, Snow Operating. Cette technique, appelée « Terrain Based Learning Program™ », redéfinit complètement la manière dont l’apprentissage des techniques de glisse se fait. Bien entendu, comme toute nouvelle méthode qu’on cherche à implanter, celle-ci a reçu un accueil plutôt tiède chez la plupart des moniteurs. L’un d’eux a toutefois été totalement converti après quelques séances!

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Mario Daniel

Mario Daniel, moniteur à Bromont, était d’abord très sceptique. Il explique: « En tant que moniteur, la première chose qu’on doit enseigner aux débutants, c’est à contrôler leur vitesse et à s’arrêter. En regardant les modules je ne comprenais pas comment les formes allaient permettre non seulement d’apprendre ça, mais en plus, de simplifier tout le processus d’apprentissage, de l’équilibre jusqu’aux changements de direction! » C’est donc un moniteur complètement conquis qui vante les qualités de la nouvelle méthode, qui fait graduellement son apparition dans les pentes écoles du Québec. « Auparavant, on devait expliquer la mécanique du ski avec beaucoup de mots, de descriptions et d’exemples. Mais en réalité, il n’y a rien comme d’expérimenter les sensations! Les virages s’apprennent presque tout seuls. C’est vraiment un bel outil! »

Bien sûr, les modules d’apprentissage ne rendent pas les moniteurs obsolètes. Ils sont encore bien nécessaires pour aider les skieurs à corriger leur posture, effacer leurs inquiétudes et travailler sur la confiance des apprentis. D’ailleurs, Bromont poste des moniteurs dans les différents modules de la SAM (Station d’Apprentissage Modulaire), afin d’assurer une présence pour les débutants qui voudraient se lancer par eux-mêmes dans l’apprentissage du ski. Ces moniteurs sont disponibles pour tous les skieurs, gratuitement. Un bel incitatif! Mario Daniel ne tarit pas d’éloges après sa première année d’expérience avec les modules de la SAM: « Les progrès sont vraiment plus rapides. La motivation des skieurs est boostée parce qu’ils sont conscients de la rapidité de leurs progrès! Et ça, c’est la clé pour faire revenir un skieur sur les pentes pour une deuxième visite. »

En somme, si vous désirez apprendre (ou faire apprendre) une nouvelle technique de glisse, vous aurez toujours la possibilité d’y aller par vous-même… mais ne perdez jamais de vue que les moniteurs connaissent les outils et les techniques pédagogiques pour vous faire progresser plus rapidement, de manière à éviter les frustrations et les craintes reliées à la découverte d’une nouvelle expérience. Et si vous avez peur d’avoir l’air ridicule… dites-vous que nous sommes tous passés par là un jour!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière
Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.