Je pensais avoir été prévoyante en planifiant ma sortie de ski au Mont-Orford. Avant de décider, j’ai vérifié les congés scolaires de la région immédiate (Magog, Sherbrooke)… mais j’ai oublié ceux de la rive-sud! Résultat: un vendredi aussi achalandé qu’un samedi normal! Ceci dit, il faut faire un petit travail d’auto-conviction devant la « longueur » des files, puisque celles-ci avancent relativement rapidement malgré l’apparent volume. J’ai donc pu profiter de tous les versants de la station, sous un soleil éclatant, dans un décor faisant honneur aux plus beaux jours de la montagne.

La file en apparence longue pour accéder à l’Hybride. Lorsque l’attente commence en haut du petit buton, comptez 20mn pour prendre place dans les télésièges. La file “skieur solo” avance légèrement plus rapidement.
Le dernier quart de la montagne est complètement givré/recouvert de neige. Personne ne peut proclamer qu’il est blasé de ce paysage!
Parmi les descentes classiques, la Grande Coulée. Les conditions étaient similaires dans toutes les pentes travaillées mécaniquement.

Pourquoi bouder le Mont Giroux?

Après avoir fait les descentes classiques du sommet Orford, j’ai orienté mes spatules vers Giroux. L’attente au télésiège quadruple Giroux-Nord était assez identique à celle de l’Hybride, mais une fois sur le versant, presque aucune attente à la remontée Giroux-Est! Euhm… youhou? Vous boudez votre plaisir? Pourtant, y’a de quoi s’amuser entre la Slalom et les sous-bois des Légendes! Certes, ce secteur comporte encore quelques petites surprises rocailleuses ici et là -lisez soigneusement vos lignes- mais somme toute, le plaisir d’enfiler les descentes sans attente ou presque compense amplement pour la plus « petite » taille du versant Est (305m, quand même plus que bien d’autres stations de la province!).

Le débarcadère du Giroux-Est, et l’affluence moindre sur ce versant.
Le pictogramme “Endroit à découvert” est encore pertinent, même si ces endroits se font de plus en plus rares. La vigilance est de mise dans les virages “populaires”!
Lloyd-Langlois, encore pas mal de traces à faire dans la portion à gauche après cette cassure…

L’hiver, mais pour combien de temps?

Cet hiver, les conditions glorieuses appartiennent aux skieurs qui ont la chance de pouvoir moduler leur horaire de travail. J’ai stratégiquement choisi ma journée pour aller à Orford en fonction des dernières chutes de neige, de la météo de la journée, mais surtout en comptant sur le fait que c’était la dernière journée avant la relâche… et avant un redoux possible. Tant mieux, je travaillerai pendant la pluie! Parce que oui, malheureusement, c’est ce qui s’en vient pour les prochains jours, pour le sud du Québec. Allumez un (plusieurs!) lampion et accrochez vos lunettes de ski à la corde à linge, peut-être que les versants et l’altitude d’Orford la sauveront du pire!

Les fantômes enneigés du départ de la 4KM encadrent le panorama sur le lac Memphrémagog.

Dévaler les pentes depuis 1941

Ma visite au Mont-Orford avait un double objectif: je voulais récupérer ma copie du magazine commémoratif produit par la station pour souligner ses 80 ans d’existence. Quand même pas un petit anniversaire! Tout au long de mes descentes, j’ai pensé aux anecdotes racontées dans les différents chapitres de l’ouvrage: les virages dans la Maxi parfaitement damée au petit matin, les noms des sous-bois des Légendes qui ont contribué à l’essor de nouvelles disciplines, l’unicité de la remontée Hybride installée en 2003… après la lecture de ce magazine, on (re)découvre la montagne sous un jour différent! Il reste encore quelques centaines de copies, procurez-vous la vôtre en ligne en suivant ce lien (et ça vous fera une “excuse” pour aller skier au Mont-Orford)! Définitivement un bel objet à laisser sur la table du salon et à conserver précieusement!

Alfred, toujours zen et au naturel: le calme et la douceur des descentes valent le temps d’attente!
Le magazine commémoratif. Photo Mont-Orford.