Deux jours en ski en Suisse dans le domaine skiable de Grimentz – Zinal, Val d’Anniviers

Jour 1 – Secteur Grimentz

Après avoir été enchantés de nos descentes à St-Luc – Chandolin, nos attentes étaient élevées pour la suite de la découverte du Val d’Anniviers. Comment la station de Grimentz se mesurerait-elle en termes de tranquillité, de panoramas magnifiques et de plaisir de skier? Dès notre arrivée à Grimentz, nous sommes littéralement enchantés. Quel magnifique village! L’ensemble des bâtiments et des toutes petites rues est comme un véritable musée à ciel ouvert. Oubliez Zermatt et ses boutiques de luxe… Chaque maison, chaque rue de Grimentz a une vraie histoire à raconter.

Grimentz… on dit que c’est l’un des plus beaux villages de Suisse. Grimentz offre une balade absolument étonnante. Avec ses rues piétonnes bordées de chalets au bois noirci par le soleil, vous ne pouvez qu’être sous le charme!

Tout est d’une simplicité rafraîchissante. Pas besoin de se tracasser pour trouver une place de stationnement pour la voiture. Nous nous garons sans effort, juste en dessous du téléphérique qui relie Grimentz au secteur de Zinal. En trois minutes de marche à peine, nous atteignons les télécabines. On peut même faire un arrêt, bottes de ski aux pieds, à l’épicerie du village en chemin vers les télécabines!

On se stationne facilement tout près des remontées mécaniques, sous le téléphérique de Grimentz-Sorebois.

Les domaines skiables de Zinal et de Grimentz sont reliés par le téléphérique de 125 places de Grimentz-Sorebois, mais pour maximiser notre temps sur les pistes, nous ne l’utiliserons pas. En effet, nous prendrons une journée pour découvrir chaque secteur comme s’ils étaient complètement indépendants l’un de l’autre. Chacun des secteurs est d’une taille idéale pour être exploré en une seule journée.

Plan des pistes, avec le secteur de Zinal à gauche et le secteur de Grimentz à droite.

Au pied des remontées à Grimentz, à droit, le départ du téléphérique vers Sorebois (Zinal).

… et à gauche, le départ des télécabines vers Bendolla, point de départ et front de neige pour explorer tout le secteur skiable en haut de Grimentz.C’est ce qui fait de Grimentz le point de départ idéal pour explorer l’un ou l’autre des deux secteurs.

À bord des télécabines (12 places), elles ne mettent que 6 minutes pour gravir un dénivelé d’environ 500 mètres. Sous les télécabines, une piste est encore ouverte pour le retour à Grimentz. Nous débarquons à Bendolla et chaussons les skis pour poursuivre la montée à bord du télésiège (6 places) appelé « Col du Pouce », dont l’embarquement « par le côté » est plutôt inusité. Ce télésiège nous mène tout près d’une troisième remontée mécanique, un téléski nommé « Lona 2 » qui lui nous fait atteindre 2880 mètres d’altitude. C’est l’un des deux principaux sommets du secteur et c’est le point culminant de toutes les pistes de Grimentz.

En ce début avril, il y a encore une piste qui permet de skier jusqu’au village, mais comme le montre la photo, le véritable front de neige se situe à partir de Bendolla. On y voit le bâtiment en rouge de l’arrivée des télécabines de Grimentz et le télésiège Bendolla – Col du Pouce (avec les bulles bleues). 

Longeant  la cime d’une longue crête, le télésiège « Col de Pouce » est l’un de ceux qui offre une des plus belles vues de la station.

Le téléski « Lona 2 ». Une remontée qui semble tout droit sortie d’une autre époque, où la vie avançait un peu moins rapidement. Dans un clin d’œil à cette atmosphère, la préposée à la remontée tricote tranquillement.

La remontée mécanique « Lona 2 ».

Au sommet des remontées « Lona 2 » et « Becs de Bosson », les préposés aux remontées joignent l’utile à l’agréable.

Au loin, on distingue la station de Leukerbad, célèbre pour son ski et ses bains.

Au nord, vue sur la station de Crans-Montana.

Au centre de la photo, le téléski « Becs de Bosson» est une modeste installation qui irrigue un vaste domaine skiable. C’est là une des raisons pour lesquelles les pistes ne sont jamais surpeuplées.

Certains décident de continuer à pieds, plut haut.

Nous, on s’élance dans la piste  « Lona », qui nous ramènera à Bendolla.

La piste  « Lona ».

Un peu partout sur le domaine skiable, il y a des teintes orangées sur la neige. C’est du sable provenant du Sahara qui a été transporté jusqu’ici lors des grands vents de la semaine dernière.

Le deuxième sommet principal à Grimentz c’est le Roc d’Orzival qui frôle lui aussi les 2900 mètres d’altitude. Encore une fois, la seule façon de l’atteindre, c’est en prenant un téléski!

On se dirige tranquillement vers la remontée Orzival.

Une prise de vue capturant la totalité du téléski d’Orziva, deuxième sommet principal du secteur de Grimentz.

Au sommet du Roc d’Orzival, nous avons une vue magnifique sur presque toute la cuvette naturelle qui constitue le domaine skiable de Grimentz. Les pistes de ski découpent le paysage telles des veines complexes, invitant les âmes aventurières à laisser leur empreinte sur les pentes.

Deux pistes qui portent bien leurs noms, au sommet du Roc d’Orzival.

Juste de l’autre côté du Val d’Anniviers, tout en blanc, c’est le domaine skiable de St-Luc. Son secteur voisin de Chandolin, n’est pas visible sur la photo, mais il suffirait de basculer sur la crête à gauche pour le rejoindre.

La buvette appelée « Bob » pendant l’heure du lunch.

Même en ayant parcouru la quasi-totalité des pistes balisées, notre journée de ski à Grimentz se terminera finalement un peu plus tôt que prévu, car nous voulions absolument nous garder du temps pour nous promener et découvrir le village digne d’une conte de fées.

En effet, si vous n’êtes de passage à Grimentz que pour la journée, gardez-vous absolument un peu de temps en fin de journée pour aller marcher les petites rues étroites du village. Sachez que des visites du village sont offertes par la Société de développement de Grimentz. Vous pourriez ainsi y découvrir l’histoire passée et présente de Grimentz, grâce à un habitant passionné qui a le plaisir de transmettre aux visiteurs ses connaissances du village et de la vallée. Nous avons terminé notre promenade au petit restaurant « À la Claire Fontaine », sur la Rue du Village, pour y savourer une crêpe sucrée!

Jour 2 – Secteur Zinal

Pour notre deuxième journée d’exploration, nous nous sommes  rendus et stationnés à Zinal. Comme partout dans le Val d’Anniviers, ayez toujours des francs suisses (CHF) ou une carte de crédit pour régler les frais de stationnement à la borne de paiement. Le stationnement est grand et quelques pas suffisent pour rejoindre les télécabines qui nous montent jusqu’au front de neige, car ici en bas c’est déjà l’été qui commence même si nous sommes au début avril. 

Stationnement à la base des télécabines, à Zinal.

Village de Zinal, tout au fond de la vallée, vu depuis les pistes.

De manière générale, le secteur de Zinal offre un domaine légèrement plus pentu et un peu moins étendu que celui de Grimentz, mais sinon, ils sont très similaires au niveau de leurs caractéristiques générales.

Seule petite déception de ma visite, la longue descente de la piste du Chamois, classée « experte » qui était fermée à cause des risques d’avalanche. C’est la seule piste qui permet de relier le sommet du secteur de Zinal avec le village de Grimentz. Je me suis donc donné pour mission d’explorer toutes les autres pistes de Zinal. Je dirais que Zinal est un peu moins adapté aux débutants que Grimentz, bien qu’il y ait quelques endroits où les débutants peuvent apprendre à faire leurs virages.  Par exemple, du haut des deux plus hautes remontées mécaniques, il n’y a malheureusement pas de terrain classé « facile », et donc cela pourrait être un peu intimidant pour les débutants.

Moi qui aime les belles pistes intermédiaires, je dois dire que j’ai trouvé de belles descentes sinueuses… ma piste préférée a été la Durand, près du téléski du même nom. Deuxième coup de coeur, l’arête qui descend de la Corne de Sorebois et qui offre de superbes vues sur la vallée. 

Dernier tronçon de la piste « Chiesso », le point le plus bas en altitude où l’on pouvait skier aujourd’hui.

Le télésiège « Chiesso », bien représentatif de l’attente quasi nulle aux remontées mécaniques, même lors d’une journée de fin de semaine.

Le secteur skiable de Zinal est entièrement au dessus de la limite des arbres.

Descente de la piste « Durand », à l’extrémité sud du secteur skiable.

Étonnant de voir ces remontées mécaniques, soi-disant terrestres, qui semblent pourtant flotter dans les airs comme par magie!

Ici, au détour d’une courbe encaissée dans un vallon, la piste « Durand », donne l’impression d’être dans un monde à part. Remarquez ce sable du Sahara qui donne des nuances de couleur orange sur la neige.

Zinal possède des infrastructures bien établies pour la pratique du parapente, avec des écoles et des guides expérimentés disponibles pour accompagner les parapentistes de tous niveaux. D’ailleurs, dès notre arrivée au sommet, on peut voir une zone spécialement réservée pour ce sport.

Les amateurs de parapente à ski se préparent sur la crête.

Zinal est la seule station du Val d’Anniviers où j’ai vu la pratique du parapente. Tout au somment, les parapentistes ont un site idéal pour les préparatifs et une pente réservée pour s’élancer dans le vide.

Dès le départ, les parapentistes captent rapidement les courants ascendants au-dessus de la vallée, et après un certain temps, ils finissent par atterrir avec une précision surprenante, les uns à la suite des autres, sur une minuscule parcelle encore enneigée, juste à côté du stationnement.

Évacuation par hélicoptère d’un skieur blessé. Par mesure de sécurité, le télésiège non loin est immobilisé pendant que l’opération prend place.

La buvette de La Marmotte en plein cœur des pistes de Zinal à 2600 mètres.

Votre billet de ski vous donne droit au transport gratuit par car postal dans tout le Val d’Anniviers.

Même si Zinal est la station la plus éloignée et retirée du Val d’Anniviers, notre journée de ski là-bas s’est terminée dans un enchantement total, à l’image des autres petits bijoux de cette vallée alpine. Dans ce coin pittoresque de la Suisse romande, où le français résonne comme une mélodie apaisante à nos oreilles, chaque station offre une expérience à taille humaine. Certes, il aura fallu braver la distance et les petites routes tortueuses pour arriver jusqu’à Zinal et découvrir ce trésor caché, mais quelle expérience unique!

Quelques observations:

  • Pour de l’hébergement, optez pour Grimentz plutôt que Zinal. Le village de Grimentz est plus central et permet d’accéder aux deux secteurs aussi rapidement l’un que l’autre.
  • Les stations du Val d’Anniviers font partie d’un regroupement de stations offrant un abonnement saisonnier connu sous le nom de « Magic Pass ». Vérifiez les prix et les options, c’est un produit qui pourrait s’avérer avantageux.
  • Bien que chacun des domaines skiables de Zinal et de Grimentz peut être aisément parcouru d’un bout à l’autre en une journée, ce sont les possibilités de hors-piste modéré entre leurs pistes balisées qui sont infinies et qui vous feront skier ici toute une semaine.
  • Le village de Zinal est le dernier niché au fond du Val d’Anniviers. Il offre la possibilité de partir en excursion à pied encore plus loin dans la vallée, jusqu’au glacier de Zinal. Par temps favorable, les aventuriers peuvent même explorer une caverne de glace cachée sous le glacier.

Lecture complémentaire:

Ski en Suisse: St-Luc – Chandolin, Val d’Anniviers

Niché au cœur du Val d’Anniviers en Suisse romande se trouve le charmant domaine skiable de St-Luc – Chandolin. Bien loin de l’agitation des stations de ski plus commerciales telles que Zermatt ou Verbier, St-Luc – Chandolin offre une expérience alpine sereine et authentique.  Située dans un environnement de sommets majestueux dont certains atteignent 4000 mètres et plus d’altitude, cette perle cachée séduit les visiteurs dès leur arrivée avec son charme unique. Avec sa beauté naturelle préservée et son ambiance tranquille, autant au village que sur ses pentes, St-Luc – Chandolin promet une aventure hors du commun.

Des pentes douces parfaites pour les débutants aux espaces freeride qui raviront même les skieurs les plus chevronnés, cette station s’adresse à tous les niveaux. Mais au-delà de ses opportunités de ski exceptionnelles, St-Luc – Chandolin offre également une véritable évasion loin du tumulte de la vie moderne, permettant aux visiteurs de renouer avec la nature et avec eux-mêmes. Ici, pas de risque de se retrouver au milieu d’une foule de skieurs… au contraire, même sur les pistes parfaitement entretenues, vous aurez l’impression d’être seul au monde; inutile de skier hors-piste pour ressentir cette sensation.

Nous garons la voiture dans un petit stationnement à environ 350 mètres du funiculaire. Il faut marcher environ 5 à 6 minutes pour atteindre le bâtiment abritant la billetterie et le funiculaire. Il est à noter que nous aurions également pu attendre que le bus nous y emmène plutôt que de marcher. En ce jeudi d’avril, les skieurs se font rares. Avec une capacité de 80 personnes, le funiculaire tarde à se remplir, puis finalement au bout de quelques minutes, il commence son ascension.

Funiculaire qui arrive au terminal de Tignousa.

En quelques minutes à peine, le funiculaire nous transporte de 1700 mètres d’altitude à 2200 mètres, nous amenant au pied des pistes où nous chausserons nos skis pour la première fois. Cet endroit est le cœur névralgique de tout le domaine skiable. On y trouve le restaurant principal de Tignousa, un observatoire, la zone pour les débutants, ainsi que le point de départ de nombreuses randonnées.

Le bâtiment principal de Tignousa propose un restaurant libre service et un service aux tables directement au pied des pistes. Avec ses 31 lits, Tignousa est aussi le camp de base idéal pour héberger les groupes.

Tout proche de l’arrivée du Funiculaire de St-Luc, dans un site renommé pour la pureté et la stabilité de son atmosphère, se dresse l’Observatoire François-Xavier Bagnoud.

Section « Fun Zone » pour les débutants à Tignousa.

Tignousa est un excellent point de départ pour s’orienter et découvrir le domaine skiable. Nous avons la possibilité de commencer la journée dans différentes directions afin d’explorer les pistes. Nous pouvons choisir de rester dans le secteur de St-Luc ou se diriger vers celui de Chandolin.

Plan des pistes et des remontées avec l’indication du niveau de risque d’avalanche.

Nous débutons en montant jusqu’au sommet de la remontée « Col des Ombrintzes ». Culminant à près de 2800 mètres d’altitude, c’est l’un des trois plus hauts sommets de tout le domaine skiable, accessible par remontée mécanique. Il est important de noter que toute la crête, de bout en bout du domaine skiable, est accessible en hors-piste. Plusieurs montées et descentes sont possibles si on y met l’effort. Les pistes balisées ne représentent qu’une fraction minime de l’étendue du domaine skiable de St-Luc – Chandolin.

Vue de la section supérieure de la remontée « Col des Ombrintzes ». Un téléski de près de 500 mètres de dénivelé!

Au sommet de la remontée « Col des Ombrintzes », la vue est majestueuse sur tout le secteur de Chandolin, et plus au nord, de l’autre côté de la vallée du Rhône, on distingue même les piste de la station de Crans-Montana. 

Une descente particulièrement longue débute depuis le sommet de la remontée « Col des Ombrintzes ». Elle démarre par une piste étroite de type « traverse », offrant une multitude de possibilités pour s’aventurer hors-piste. En continuant sur la piste balisée, elle s’enfonce dans un bol ou un cirque avant de s’ouvrir progressivement sur une vallée plus large. Aux trois quarts de la descente, les premiers arbres commencent à se dessiner, signalant l’entrée dans une section de piste de plus en plus boisée (typique du Québec), pour finalement aboutir à la base du secteur Chandolin, près du télésiège « Le Tsapé ».

Début de la descente au sommet de la remontée du « Col des Ombrintzes », en direction du secteur Chandolin.

La piste est sinueuse et étroite, offrant à ceux qui le désirent la possibilité de prendre des raccourcis en mode hors-piste.

La piste s’ouvre dans une plus large vallée.

Descente au coeur du secteur Chandolin.

Les paysages et la végétation changent au fur et à mesure que nous descendons.

Arrivée au télésiège « Le Tsapé », à 1940 mètres, qui est la base principale du secteur Chandolin.

Le télésiège « Le Tsapé », nous ramène en plein cœur du secteur Chandolin. De ce point, nous empruntons une traverse pour continuer à nous diriger vers l’extrémité nord de tout le domaine skiable, vers la remontée « Illhorn » qui nous mènera au sommet du même nom, à 2717 mètres d’altitude.

Sommet du télésiège « Le Tsapé », secteur Chandolin.

Petite traverse du domaine skiable pour nous diriger vers le secteur de la remontée « Illhorn ».

Vue plongeante le long de la remontée « Illhorn », avec la station de Vercorin, juste de l’autre côté de la vallée.

Vue de la remontée « Illhorn » (téléski) et de sa piste adjacente qui permet une des plus belles descentes sportives, sans faux plat, du sommet à la base.

Du sommet de l’Illhorn, la vue du secteur skiable  de Chandolin vers le sud, nous permet même de distinguer la piste damée du « Col des Ombrintzes ».

Sur le chemin du retour vers le secteur St-Luc, nous empruntons un petit itinéraire balisé mais non damé. 

Très apprécié d’avoir quelques chiffres sur ce panneau pour s’avoir à quoi s’attendre avant de s’y aventurer, ou non!

Arrivée l’heure du lunch, notre choix s’arrête sur le restaurant libre service de Tignousa avec ses 450 places qui nous accueille à l’intérieur ou sur sa grande terrasse offrant une vue panoramique sur tout le Val d’Anniviers.

Restaurant libre service de Tignousa.

Terrasse de Tignousa.

Une autre option aurait été la buvette « Tsigère La Cohà », ou nous aurions pu nous laisser tenter par les spécialités de polenta, la délicieuse raclette anniviarde et bien d’autres produits du Valais Suisse.

Notre prochain objectif est de monter jusqu’au sommet de la Bella Tola, à 3025 mètres d’altitude. C’est le point culminant des remontées mécaniques de la station. Pour y arriver, nous devons emprunter deux très longs téléskis, soit le « Pas de Bœuf » (plus de 2 km de longueur!) et le « Bella Tola » (plus de 1 km de longueur). La montée n’est pas de tout repos car le tracé des téléskis suit des pentes raides et les téléskis changent même de direction (des bifurcations à 45 degrés en cours de parcours).

L’embarquement du téléski « Bella Tola »

Les lignes de retour de ces longs téléskis donnent parfois lieu à d’étranges situations, comme celle-ci où les téléskis se retrouvent suspendus à plusieurs dizaines de mètres au dessus du sol. 

J’ai eu la chance de d’observer plusieurs beaux panoramas du haut des sommets de Alpes, mais celui au sommet de la Bella Tola est réellement dans une classe à part!

Dès le début de la descente du haut de la Bella Tola, le panorama grandiose nous oblige à nous arrêter et à prendre le temps d’admirer ces sommets, dont le Weisshorn culminant à 4506 mètres d’altitude. 

Pour conclure la journée, au lieu de redescendre à pied jusqu’à la voiture en empruntant le funiculaire, nous choisissons de prolonger notre descente depuis le sommet de la Bella Tola jusqu’au charmant restaurant du Prilet, situé à environ 1700 mètres d’altitude. Cette descente emblématique à l’extrémité sud de la station nous offre même une vue sur le mystique hôtel Weisshorn, perché sur son promontoire rocheux, loin de tout.

Partout sur le domaine skiable, les pistes balisées sont très bien indiquées. Ici, nous prenons la direction du Prilet.

Une pause, le long de la longue descente jusqu’au Prilet.

Ici presqu’au centre de la photo, l’emplacement de l’Hôtel Weisshorn est aussi spectaculaire que les montagnes du Val d’Anniviers. Il se trouve à flanc de montagne à 2337 mètres d’altitude, entouré de majestueux sommets de plus de 4000 mètres. Le Weisshorn n’est accessible qu’à pied et en hiver aussi avec des peaux de phoque et des raquettes.

À partir de 2100 mètres, la piste s’engouffre dans la forêt.

Arrivée et fin de la piste au Prilet.

Cette descente jusqu’au Prilet est idéale pour terminer une journée de ski car il y a possibilité de s’arrêter au restaurant pour profiter du soleil et de la terrasse. Par la suite, il suffit d’attendre l’autobus qui prend les skieurs et les ramène aux différents stationnements de la station  de St-Luc – Chandolin.

Explorer et skier St-Luc – Chandolin, c’est redécouvrir le plaisir du ski dans la quiétude, savourer le temps pour s’émerveiller devant des panoramas majestueux, mais aussi apprécier les petites merveilles qui peuvent sembler insignifiantes, comme le chant des oiseaux ou le murmure d’un ruisseau lorsque la piste se fraie un chemin à travers la forêt. Même une escapade au spa n’aurait pas réussi à me procurer autant de sérénité.

Quelques observations :

  • L’intégralité du domaine skiable est orientée vers l’est. Seules quelques sections de pistes seront à l’ombre tôt le matin.
  • Les remontées mécaniques principales, celles qui permettent d’accéder aux plus hauts sommets, sont des remontées de surface (téléskis), alors que les télésièges permettent surtout de passer du secteur de Chandolin au secteur de St-Luc et vice versa.
  • Une semaine complète à St-Luc – Chandolin, peut s’avérer un bon choix pour les mordus de « freeride », mais selon moi, la plupart des skieurs voudront profiter du transport gratuit offert par le car postal qui relie St-Luc – Chandolin au domaine de Zinal – Grimentz. Un billet de ski dans le Val d’Anniviers permet de skier toutes les stations de la vallée… aussi bien en profiter et découvrir! Vous avez même accès à la plus petite station de Vercorin.
  • Certains visiteurs opteront pour loger dans le Val d’Anniviers, alors que d’autres (surtout ceux qui ont une voiture) préfèreront loger dans la vallée du Rhône dans des villes telles que Sierre ou Sion. Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients. Il n’y a pas de mauvais choix.
  • En station, le français résonne universellement et l’accent suisse romand est reconnaissable… Une preuve indéniable que nous sommes véritablement loin des stations sur-commercialisées, malgré notre proximité avec Zermatt ou Verbier, à quelques kilomètres seulement.

Vue depuis les pentes de St-Luc, la station de Grimentz, toute proche, juste de l’autre côté de la vallée.

Elle aussi, juste de l’autre côté de la vallée, la petite station de Vercorin, accessible avec le même billet de ski.

Lecture complémentaire:

En images: Sommet Saint-Sauveur, 19 novembre

Du soleil mur à mur, une température au dessus de zéro et un microscopique achalandage. Si l'herbe est plus verte chez le voisin, la neige y est aussi plus blanche!

Sommet Saint-Sauveur – 14 novembre 2024, ouverture de la saison 2024-25 au Québec

Il aura fallu attendre environ 6 mois (177 jours pour être exact) depuis la fermeture de la saison dernière ici-même pour rechausser nos skis et dévaler de nouveau la première piste ouverte au Québec sur le coup de midi, soit la côte 70 ouest.

En tant que tel, le 14 novembre est en soi une ouverture quelque peu tardive pour le Sommet Saint-Sauveur mais malgré une météo anormalement chaude ces dernières semaines, l’automatisation de l’enneigement sur la côte 70 ouest aura permis d’optimiser toutes les fenêtres, aussi petites soient-elles pour nous offrir ce beau tapis blanc aujourd’hui.

Haut de la côte 70 ouest.

Les conditions sont de neige fabriquée durcie un peu raboteuse par endroits et la piste n’est pas ouverte pleine largeur mais comme pour toute première journée de la saison, on ne s’en plaindra pas évidemment!

Haut de la piste 70 ouest.

Le ciel était un peu voilé aujourd’hui, ce qui nous a donné une excellente visibilité. Les cris de joie ont été nombreux tout au long de l’après-midi tout comme les sourires.

Milieu de la piste 70 ouest.
Bas de la piste un peu ramolli.

La première journée de ski ici est synonyme du traditionnel t-shirt commémoratif pour les 150 premiers skieurs!

Kiosque des T-Shirts.

S’en est suivi l’autre tradition d’ouverture, soit la photo de groupe au sommet du dernier pitch de la piste:

La station sera en opération aujourd’hui jusqu’à 20h et demain de 11h à 22h. Venez vous dégourdir les jambes, ça vaut la peine!

Bonne saison 2024-2025 et bon ski!

Entre vulnérabilité et mobilisation: l’industrie du ski face aux changements climatiques

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Alors que les premiers flocons naturels apparaissent timidement dans les stations de ski favorablement situées, les canons à neige sont prêts à entrer en action afin de recouvrir les pentes, juste à temps pour les ouvertures prévues au calendrier. Les skieurs les plus impatients ont déjà préparé leur matériel, les autres attendent les « vraies » tempêtes avant de s’énerver. Le dernier hiver « El Niño » a laissé un goût amer chez plusieurs; les aléas météo font partie de la réalité avec laquelle les stations de ski -et les skieurs- doivent composer. 

Après les constats, les pistes de solutions

Le 1er novembre dernier, Ouranos rendait public un rapport fort attendu par l’industrie du ski alpin, et plus largement, par tous les acteurs du tourisme hivernal: « Diagnostic de vulnérabilité du système ski alpin face aux changements climatiques ». Ce rapport, fruit d’une étude prolongée sur plusieurs années, brosse un portrait global des différents scénarios pointant à l’horizon des prochaines décennies pour les stations de ski de la province. Après s’être penché, en 2019, sur les impacts économiques actuels des mesures d’adaptation aux changements climatiques, le consortium de chercheurs présente une projection dans les années futures pour l’industrie du ski alpin de la province. L’étude est déclinée en trois projets de recherche: portrait des indices de neige au sol, impacts économiques futurs sur l’industrie, et stratégies pour renforcer l’adaptabilité des stations de ski.

Skier à la grosse pluie au Valinouët, une expérience qu’on ne veut pas revivre de sitôt! L’autrice de ces lignes s’en souvient encore… Photo C. Deschamps

Les scientifiques, qu’on a longtemps préféré traiter de prophètes de malheur, sont maintenant sollicités de toute part pour leurs recommandations: après la prise de conscience, c’est la quête de solutions afin d’être mieux armés face aux bouleversements vécus -et à venir. En quatre décennies, les « prophéties » qu’on repoussait du revers de la main se sont imposées à grands coups et coûts, des inondations aux vents violents en passant par les épisodes de gel-dégel, le tout rendant l’exploitation des stations de ski de plus en plus laborieuse. L’heure n’est plus aux constats mais aux actions concrètes et l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ) a déjà entrepris ce vaste chantier, comme l’indique Yves Juneau, président-directeur général de l’ASSQ: « Dans un contexte de transformation et de priorisation des pratiques écoresponsables, l’ASSQ et ses stations membres sont déjà en action et convaincues que tout l’écosystème économique qui gravite autour des stations peut relever les défis liés aux changements climatiques afin de demeurer attractifs pour les mordus du ski et de la montagne, tant au Québec qu’ailleurs au Canada et à l’international ».

Le verre à moitié plein 

Outre la diminution du nombre de jours sans couvert de neige naturelle, l’augmentation des quantités moyennes de précipitations liquides est la projection qui préoccupe davantage l’industrie. Toutefois, le rapport d’Ouranos stipule également qu’il n’y aura pas moins de précipitations solides dans les mêmes horizons. En clair: oui, il y aura davantage d’épisodes pluvieux qui affecteront le couvert neigeux, mais oui, il y aura toujours autant de neige qui tombera naturellement. (Pour les fervents de chiffres, un tableau fort intéressant développe ces projections à la page 24 du rapport. Prenez soin de bien lire les pages suivantes afin d’interpréter le tableau adéquatement.)

On pourra encore admirer ces arbres chargés de neige dans nos paysages hivernaux. Photo prise par Pierre Pinsonnault au Mont Orford, février 2024.

Loin de rester les bras ballants devant les signaux d’alarme qui résonnent de plus en plus fort, l’industrie du ski se mobilise à l’échelle des moyens disponibles pour s’adapter et prévenir les futures sautes d’humeur du climat. Depuis plusieurs années déjà, bon nombre de stations ont investi pour moderniser leurs systèmes d’enneigement et rendre leurs infrastructures plus résistantes. La clé du succès ne repose toutefois pas uniquement sur l’enneigement mécanique; chaque geste compte pour préserver la santé environnementale et la vitalité économique des entreprises. Dans les dernières années, nous avons vu plusieurs stations miser sur le développement d’activités quatre saisons, ce qui a non seulement un impact positif sur la rétention des employés mais aussi sur le rayonnement régional de chaque entreprise. Chaque station met en oeuvre les stratégies qui sont à sa portée.

Les efforts notables de l’industrie

S’attaquer à changer les comportements, actions, décisions et perceptions n’est pas une mince tâche, ni pour les citoyens, ni pour les entreprises. L’ASSQ fait figure de leader par sa réactivité et sa façon d’aborder les stratégies d’adaptation, ce qui donne confiance à ses membres, les stations de ski, dans la réalisation des différents projets. L’Association remet depuis près de quinze ans déjà un prix d’excellence qui récompense les efforts en développement durable. Parmi les récipiendaires, certaines stations obtiennent également des certifications de haut niveau, notamment Tremblant et Bromont, montagne d’expériences. Ces reconnaissances démontrent que les montagnes ne prennent pas les choses à la légère et souhaitent participer activement à assurer la pérennité des sports de glisse au Québec.

Bromont, montagne d’expériences, est à l’avant-plan des études d’Ouranos à cause de sa situation géographique, de ses besoins en enneigement et de ses investissements dans les nouvelles technologies. Photo Éric Boyczun, avril 2024.

Plus récemment, en marge de la publication du rapport d’Ouranos, l’ASSQ a produit un nouvel outil, le « Guide des bonnes pratiques pour le contrôle de l’érosion et du drainage en terrain montagneux ». Ce type d’accompagnement était nécessaire dans un contexte d’adaptation aux changements climatiques car les pluies diluviennes de plus en plus fréquentes ont des effets majeurs sur les terrains aménagés en montagne tels que les pistes de ski, les sentiers de vélo et les sentiers de randonnée. Cet outil supplémentaire s’ajoute à l’ensemble de l’expertise disponible de même qu’aux nouvelles technologies en matière de fabrication de neige, d’entretien des pistes et d’aménagement des milieux naturels en terrain montagneux. 

Et le skieur, dans tout ça?

Le skieur a aussi son bout de chemin à faire. Ajuster ses attentes, ses comportements et ses décisions en fonction des réalités climatiques et météo qui s’offrent à lui. S’informer aux bonnes sources, développer sa curiosité et améliorer sa compréhension des différents rouages qui se mettent en branle afin de lui offrir une descente remplie de virages satisfaisants, tant sur une neige poudreuse intacte que sur un corduroy impeccable. Parce qu’on n’en n’est plus aux prophéties, mais aux actions concrètes. Attendre que la situation se résorbe d’elle-même n’est pas une avenue. Comme le suggère le proverbe: puisque la montagne ne vient pas à Mahomet, Mahomet doit aller à la montagne…

Lectures complémentaires:

De nos archives:

Lumière sur l’enneigement mécanique

La fameuse question saisonnière « Quand surviendra la première neige? » apparait un peu moins fréquemment sur les réseaux sociaux, où l’on publie davantage des images des essais des canons à neige, qui provoquent tout de même de vives réactions. De l’enthousiasme à l’incompréhension en passant par les critiques, on voit de tout et il semble que le métier de neigiste soit encore plutôt méconnu!

La fabrication de neige, en bref

Nous avons déjà publié un article expliquant l’origine et le fonctionnement des canons à neige (lisez l’excellent texte de mon collègue Marc-Antoine en suivant ce lien). En résumé, peu importe le modèle de canon à neige, celui-ci demande de l’eau, de l’air, et des conditions gagnantes pour permettre la cristallisation des flocons dans l’air ambiant. À noter qu’il est erroné d’employer le terme « neige artificielle » pour parler de la neige de culture… car on skie bel et bien sur des gouttes d’eau cristallisées en flocons, qu’ils soient issus du ciel ou d’un canon!

L’enneigement est en cours dans une piste de la Station Touristique Stoneham. Photo d’archives de décembre 2023, par Nicolas Dussault

Au Québec, sur les 75 stations de ski de la province, une soixantaine sont équipées de quelques unités jusqu’à quelques centaines de canons à neige pour préparer la saison de glisse. La fabrication de la neige ne permet pas que d’étirer la saison en provoquant un début hâtif mais assure également une répartition du couvert neigeux dans certains secteurs plus difficiles à recouvrir à cause de leur relief: on pense aux endroits traversés par des ruisseaux, à des secteurs rocheux ou encore à des pentes trop abruptes pour être praticables naturellement en début de saison.

Des équipes dévouées

Les neigistes -employés des stations attitrés à la fabrication de la neige- travaillent très souvent dans l’ombre, au sens propre comme au figuré: les meilleures fenêtres d’enneigement sont évidemment par temps froid, généralement la nuit. Certaines stations qui ont des équipes suffisamment nombreuses peuvent continuer la production de jour, lorsque les conditions le permettent. Les opérateurs de dameuse doivent travailler de concert avec les neigistes afin de « respecter le produit »: il faut attendre un certain délai avant d’entreprendre d’étaler un amoncellement de neige pour permettre à l’humidité et à l’eau résiduelles de s’échapper. Un travail mécanique trop hâtif provoque une neige durcie désagréable sous les spatules.

La préparation des surfaces est très importante pour garantir une glisse agréable sur neige fabriquée. Photo d’archives de décembre 2023, par Nicolas Dussault

Dans un article de blogue très complet, Le Massif de Charlevoix donne quelques chiffres: il faut 45 jours entiers, à raison de deux équipes de cinq neigistes, pour arriver à enneiger toutes les pistes propices à la fabrication de la neige. Dans les Cantons-de-l’Est, à Bromont, montagne d’expériences, c’est une équipe de 12 neigistes de jour et 12 de nuit qui s’alternent sur des quarts de travail de 12 heures. (Apprenez-en davantage sur les préparatifs pré-saison dans ce super article sur le blogue de la station.)

Faire feu de tout… flocon

La période de la mi-octobre à la mi-novembre est à la fois cruciale et incertaine pour enclencher la production de neige et les équipes sont sur le qui-vive dès les premières fenêtres de froid. Bien sûr, pour générer de la curiosité, de la hâte et de l’engouement, les gestionnaires des réseaux sociaux publient de jolies images d’arbres encore habillés des couleurs d’automne, avec des canons à neige en fonction pour leur période de test. Ces tests sont primordiaux au bon fonctionnement des systèmes d’enneigement puisqu’ils permettent de détecter et réparer tout éventuel dommage ou fuite d’air ou d’eau, les deux ingrédients nécessaires à la fabrication de la neige. Effectuer les tests avant l’arrivée des périodes de production est donc tout à fait logique et normal.

Cette année particulièrement, plusieurs réactions plutôt négatives ont été vues sur les pages des stations ayant publié des photos des tests de canons à neige, allant des critiques sur la consommation d’énergie et d’eau jusqu’au choix d’effectuer ces tests alors que les températures étaient très douces, clairement non-propices à la fabrication de neige. D’abord, n’oublions pas que dès que la production commence, les employés travaillent dans le froid, à la noirceur… tous ces gens sont fort heureux de pouvoir profiter de températures plus clémentes pour réaliser les étapes de préparation à l’enneigement!

Un employé du Sommet Saint-Sauveur vérifie le fonctionnement d’un canon à neige. Photo G. Larivière

De plus, le bon fonctionnement de tous les systèmes garantit son efficacité énergétique, c’est donc aussi par souci d’économie que chaque composante des systèmes est soigneusement inspectée et testée. Evelyne Déry, de Bromont, montagne d’expériences, explique: « La vérification et les tests des tuyaux d’eau, des valves, des pompes et des compresseurs se fait au printemps, à la fin de la saison de ski. C’est le moment où on note tout ce qui doit être réparé. Nous effectuons ensuite les réparations durant l’été et nous faisons de nouveaux tests à l’automne sur l’ensemble du système d’enneigement. Nous avons, à Bromont, une équipe à la fabrication de neige qui travaille toute l’année et qui s’assure d’effectuer tous les entretiens des équipements dédiés en respectant les calendriers des manufacturiers. » 

Les cimes des arbres sont recouvertes d’une fine couche de neige après une séance d’enneigement réussie à Bromont, montagne d’expériences. Photo G. Larivière

On voit de plus en plus les stations poursuivre l’enneigement jusqu’à tard en février; ces décisions ont un impact sur la dépense énergétique et les stations font face à un choix difficile: préserver et garantir un couvert neigeux suffisant et sécuritaire, ou réduire les dépenses, donc réduire l’offre de domaine skiable. C’est évidemment le genre de décision qui change grandement l’expérience ski en piste!

Contrôle et respect des ressources

Concernant l’utilisation de l’eau, il ne faut surtout pas s’imaginer que les stations pigent dans le réseau d’aqueduc municipal pour recouvrir les pistes de neige…  Josée Cusson, directrice communications et marketing pour l’Association des stations de ski du Québec, explique simplement le processus: « L’eau utilisée est de l’eau d’emprunt; c’est-à-dire que les stations prélèvent de l’eau à la fin de l’automne et au début de l’hiver pour la transformer en flocon, à partir de différentes sources selon leur emplacement: rivière, lac, bassin de rétention, etc. Au printemps, lors de la fonte des neiges, l’eau ruisselle au bas de la montagne et retourne vers un cours d’eau et son bassin versant. »

Le bassin d’eau qu’on peut parfois apercevoir au pied de la station de Vallée-du-Parc. Photo G. Larivière

Il est important de noter que les prélèvements d’eau au Québec sont réglementés par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Mme Cusson ajoute que la responsabilité de la saine gestion des ressources d’eau incombe aux stations: « Depuis 2010, les stations de ski doivent déclarer annuellement leur volume de prélèvement d’eau à leur bureau régional en environnement. » 

La pensée ZoneSki

Au Québec, nous avons la chance de bénéficier d’une énergie dite verte, puisque renouvelable, par le biais de l’hydroélectricité. Cette énergie, disponible à peu de frais pour la clientèle résidentielle, a toutefois une facture beaucoup plus élevée pour les entreprises qui enregistrent de grandes demandes. Dans le cas qui nous occupe, la demande vient également de la pression de la clientèle, que les stations de ski chercheront toujours à satisfaire. Est-ce que l’atteinte de la satisfaction de cette clientèle ne passerait pas aussi par une bonne éducation sur les enjeux et coûts réels liés à la fabrication de la neige? Nous le croyons, et espérons de tout coeur que nos lecteurs en ont appris davantage grâce aux articles que nous produisons.

Lecture complémentaire

Appel à tous: archives de ski recherchées

Si vous avez déjà passé un peu de temps sur notre site, vous avez sûrement déjà trouvé les articles forts complets de notre historien maison, Jacques Poulin, qui dédie sa retraite à la recherche et rédaction de textes sur les stations de ski fermées (et parfois oubliées!) de la province. (Vous trouverez l’ensemble de ses textes dans cette série.) Aujourd’hui, nous faisons un appel à tous, à vous, à votre mémoire collective: certaines stations donnent du fil à retordre à notre cher Jacques, qui a épuisé toutes ses ressources pour les cinq stations suivantes:

Mont Saint-Castin, tiré de la BAnQ
  • Mont Saint-Castin (Québec)
  • La Crapaudière (Chaudière-Appalaches)
  • La Grande Coulée (Chaudière-Appalaches)
  • Mont Labelle (Laurentides)
  • Club du Lac Carling (Laurentides)

Notre historien est également collectionneur d’épinglettes, voici une partie de sa collection:

Après avoir épluché la BAnQ et tout ce que l’internet possède, les résultats sont maigres et ne permettent pas de réaliser des articles aussi complets que ceux déjà publiés dans notre série. Nous sommes à la recherche d’informations, de personnes contact, de photos d’archives inédites, bref, tout ce qui est susceptible d’aider à la production d’un texte pour les cinq stations mentionnées, ou toute autre station pour laquelle aucun article n’a encore été publié. Si vous êtes cette personne, ou que vous connaissez quelqu’un pouvant contribuer à l’oeuvre, veuillez contacter notre historien maison à l’adresse courriel stations.fermees.qc@gmail.com. Un grand merci d’avance à tous!

Photo d’entête: La Crapaudière en 2007. Photo Geneviève Larivière

En images: Il neige sur plusieurs sommets!

Si les algorithmes des réseaux sociaux ne vous ont pas encore choisi, vous avez peut-être manqué les photos qui circulent depuis 24h et qui montrent les sommets enneigés de certaines stations de ski de la province. Nous en avons rassemblé quelques-unes pour vous! À commencer par l’image d’entête de cet article, qui provient de Tremblant et qui montre la superbe rencontre entre l’automne et les premiers flocons.

Pas très loin de Tremblant, dans Lanaudière, Ski Garceau est en train de recevoir quelques flocons au moment d’écrire ces lignes:

Dans les Cantons-de-l’Est, le Mont SUTTON et Owl’s Head ont tous les deux reçu une bonne couche de neige dans les dernières nuits. Voici le sommet (Altitude 840) du Mont SUTTON, le 14 octobre:

Suivez ce lien pour voir la publication complète de la station.

Owl’s Head a aussi une jolie vue vers la Lilly’s Leap et le lac Memphrémagog (suivez ce lien pour les webcams, tout en bas de la page):

Capture d’écran de la webcam, 2024-10-16

À l’est de Québec, le Mont Sainte-Anne et le Massif de Charlevoix ont vu leurs sommets saupoudrés de blanc également:

Capture d’écran de la webcam du Versant Nord du MSA, 2024-10-16
Capture d’écran de la webcam du sommet du Massif de Charlevoix, 2024-10-16

Le Mont Grand-Fonds a également une superbe vision ce matin, en plus de nous permettre d’admirer la nouvelle gare d’arrivée du télésiège en installation, le Lynx Express:

Capture d’écran de la webcam du MGF, 2024-10-16

Le Bas St-Laurent et la Gaspésie ne sont pas en reste, comme le montre le Mont Comi:

Le Mont Miller à Murdochville a disparu dans un nuage (on distingue les pentes en arrière-plan):

Photo fournie par notre espion de Murdochville, 2024-10-16

Si vous êtes comme nous, vous avez mis sur votre liste d’apporter vos skis à l’atelier pour une petite mise au point, et les manteaux d’hiver ne sont plus très loin de la porte!

En images: l’installation des nouvelles remontées mécaniques se poursuit dans 5 stations de ski

Tout d’abord, voici des images de l’avancement du chantier du télésiège du Mont Grand-Fonds dans Charlevoix (incluant photo de couverture, toutes les images datent du 6 octobre 2024):

Photo Jacques Boissinot
Photo Jacques Boissinot
Photo Jacques Boissinot

Le Mont Rigaud (Montérégie) a fait une mise à jour sur sa page Facebook, dont voici quelques images. Vous pouvez voir la publication complète ici.

Photo tirée de la publication Facebook de la station
Photo tirée de la publication Facebook de la station

Sommets Morin Heights (Laurentides) a également effectué une publication dans laquelle Martin Giroux nous fait faire une petite visite guidée de la nouvelle remontée Élévation:

Le Mont Fortin est en train d’installer son tapis magique, et le Mont Lac Vert a également débuté le chantier pour le même type d’installations. Voici une photo de notre chroniqueuse Julie Tremblay au Mont Fortin, et un reel du Mont Lac Vert:

En bref: Québec s’apprêterait à investir au Mont Sainte-Anne

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La nouvelle, initialement publiée par l’hebdo Le Charlevoisien, a été reprise un peu partout depuis hier. Selon l’article du Charlevoisien, une entente sera bientôt conclue entre le gouvernement du Québec et les exploitants du Mont Sainte-Anne, Resorts of the Canadian Rockies (RCR). Les détails de cette entente devraient être annoncés d’ici la fin du mois d’octobre.

Cette nouvelle est positive pour la région, qui ne devait pas vraiment savoir sur quel pied danser en terme d’intervention ministérielle depuis le départ de Pierre Fitzgibbon. L’arrivée de la ministre Christine Fréchette semble avoir donné un nouvel élan aux discussions entre les deux parties. L’entente ne serait toutefois pas entièrement finalisée, d’où le peu d’informations disponibles à l’heure actuelle…

Nous devrons donc patienter après les premiers gels au sol pour connaitre les détails de cette entente, qui est attendue de pied ferme par les skieurs de la région. Rappelons qu’au printemps dernier, le regroupement des Amis du Mont Sainte-Anne avait demandé l’intervention du gouvernement afin d’exproprier les exploitants actuels de la montagne mais que cette demande avait été rejetée. L’idée d’investir des fonds publics dans la montagne est toutefois critiquée par les observateurs et l’opposition officielle puisque les fonds ne manquent pas chez RCR, qui semble plutôt attendre les investissements en deniers publics afin d’apporter les améliorations et modernisations nécessaires à la revitalisation de la station de Beaupré.

(Lisez l’article du Charlevoisien ici.)

Image d’entête par Dany Martel