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Visage du ski: Philippe Rivest

1 décembre 2016 | Portrait, par Geneviève Larivière
Photo Geneviève Larivière

C’est bien connu, les patrouilleurs viennent de différents milieux. Ce qui les unit est l’esprit de collaboration, le don de soi et… l’amour du ski. Il n’est donc pas étonnant qu’une équipe de patrouille compte parmi ses rangs des enseignants, des mécaniciens, des policiers, des chauffeurs d’autobus, des comptables, des médecins, des photographes, informaticiens, des actuaires, des étudiants… d’une équipe qui parait à première vue hétéroclite, on dresse alors un portrait homogène: des skieurs passionnés, qui ont à coeur la sécurité, la prévention et les premiers soins, pour d’autres skieurs. Le portrait suivant est un parfait exemple de cet homogénéité hétéroclite: Philippe Rivest, fondateur de l’Institut National de Secourisme du Québec, est également avocat, skieur, patrouilleur… c’était donc tout naturel qu’il figure dans la série des Visages du ski!

Les débuts classiques

Philippe a commencé à skier vers l’âge de quatre ans. Initié par sa famille, il a souvenir d’avoir dévalé la Côte des Hirondelles, en compagnie de sa fratrie et du paternel. Les Rivest étant également adeptes du ski de fond, tout l’hiver se passe dehors à glisser ensemble. Les innombrables descentes sont ancrées dans sa mémoire et le plaisir qu’il voit dans chaque skieur lorsqu’il est en station le rassure: voilà quelque chose d’intemporel!

Pour Philippe, le ski est synonyme de chaleur et de contact humain. Étant un sport sans genre, sans âge et sans nombre prédéterminé, c’est l’activité parfaite pour réunir des générations et favoriser le dialogue… ne serait-ce que le temps d’une remontée en télésiège! L’avocat se permet même une réflexion plus large: « Paradoxalement, le ski et le froid sont les derniers refuges des contacts humains. Impossible de ne pas engager une conversation, si légère soit-elle, alors que deux êtres sont dans l’attente d’une descente, dans la quiétude de l’hiver ». Pas étonnant que Philippe tente par tous les moyens de rassembler les patrouilleurs!

La piqure de la patrouille

Philippe Rivest a commencé à patrouiller à 17 ans, alors que ses amis du CÉGEP étaient tous skieurs et membres d’une équipe de patrouille. Interpellé par l’esprit d’équipe, il a donné sa candidature… c’était le début d’une longue carrière!

Durant près de 25 ans, Philippe patrouille sous les couleurs de l’OPCS (l’Organisation de la Patrouille Canadienne de Ski). Son implication bénévole suit son parcours académique alors qu’il cumule les cours en actuariat, en relations industrielles et en droit, il s’intéresse davantage aux tâches administratives et s’éloigne un peu des pentes de ski, à son grand regret. En parallèle, le patrouilleur réfléchit et se questionne: la formation de l’OPCS est-elle adaptée au Québec? Les besoins des patrouilleurs ont-ils changé? Le monde des premiers soins évolue rapidement, comment faire pour assurer une meilleure formation aux premiers répondants de la glisse? De toutes ces questions est née une réponse: l’INSQ était fondé!

Les premières années de l’INSQ

Initialement, l’Institut n’offrait qu’une seule fin de semaine de formation, au Massif de Charlevoix (auparavant Massif de la Petite-Rivière-St-François). Une occasion en or pour Philippe Rivest de revenir au ski: terminées les tâches administratives et le bénévolat de bureau, il n’y a rien comme le grand air! Mais la popularité de l’INSQ a rapidement éloigné son fondateur des pistes de ski… Depuis sa fondation en 2008, l’organisme a pris tant d’expansion qu’il est responsable de la formation et de la certification de plus de 1000 patrouilleurs dans 30 stations de ski à travers la province! Victime du succès de son entreprise, Philippe passe à nouveau plus d’heures derrière son bureau qu’en ski…

20151002_shoot_pr-14Ce n’est cependant qu’un mince regret pour lui car une de ses plus grandes fiertés est d’avoir démocratisé l’accès au statut de patrouilleur. Il a tenu à doter l’Institut qu’il a fondé d’une structure souple qui enlève les barrières et irritants qu’il a lui-même identifiés comme des arguments répulsifs à l’envoi d’une candidature par une potentielle recrue… et si tout ça était à refaire, malgré les longues heures de travail et les courtes nuit de sommeil, il le referait sans hésiter!

L’évolution humaine en marche

Le monde des premiers soins est régi par plusieurs principes, règles et lois, au même titre que le monde du ski alpin. Philippe Rivest les connait mieux que quiconque et est aux premières loges pour constater que faire cohabiter ces deux univers en laissant tout de même place au jugement humain relève du défi! Dans les trois dernières décennies, plusieurs incidents ont mené à un resserrement des normes et lois régissant la pratique des sports en milieu alpin, l’exploitation d’une station de ski et les responsabilités d’une équipe de premiers soins spécialisée en sports de glisse. Philippe a vu une perte de vitesse dans le recrutement et l’expansion des équipes de patrouille au début des années 2000 et pointe d’ailleurs du doigt toute cette rigidité, qui rend la tâche des patrouilleurs plus lourde et moins agréable… n’oublions pas qu’il s’agit essentiellement de bénévoles! Malgré les avantages que procure l’implication (par exemple, un abonnement de saison), plusieurs patrouilleurs quittent les rangs des équipes à cause du cadre trop strict imposé et préfèrent conserver un statut de skieur-client.

Alors que les certifications de ses équipes sont en cours ici et là près des stations de ski, Philippe est tout de même optimiste: l’avènement des accros aux technologies et autres « iPatentes » a provoqué un mouvement inverse, qui se manifeste par un regain des candidatures au sein des différentes équipes de patrouille. Ce que les recrues recherchent d’une implication au sein d’une équipe: le contact humain. Preuve que l’humain a un besoin viscéral de socialiser, et collaborer… Philippe ajoute: « Au cours de la dernière année, jamais autant de candidats à la patrouille ne m’ont souligné vouloir « aider » et remettre à autrui ce qu’ils ont reçu. C’est une excellente prise de conscience, et j’ai l’impression que l’individualisme devra céder sa place à une forme de collaboration plus adaptée à l’humain! »

Cette phrase aurait fait une excellente conclusion au portrait de Philippe car elle résume la personne qu’il est: un humain ouvert sur les autres, sensible à l’évolution, aux besoins et aux contraintes, conscient de sa responsabilité individuelle au sein d’une collectivité qu’il a contribué à créer et à faire évoluer. Et au-delà de cette implication dans le monde du ski, Philippe Rivest semble doté d’une capacité à étirer le temps pour arriver à faire tout ce que sa carrière lui demande: exercer le droit au sein de son cabinet (Rivest, Tremblay, Tétreault), présider le Club L’Espoir Jeunesse, siéger au sein du conseil d’administration du C.H.O.C… si vous le croisez sur les pistes, un paquet de piquets en bambou dans les bras, vous avez de la chance!

Philippe, au nom de tous les patrouilleurs, futures recrues, blessés et rescapés, nous te levons notre casque et te disons merci!

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Geneviève Larivière
Diplômée en communications et en géographie (Université Laval), Geneviève est avant tout photographe. Sa facilité pour la rédaction de textes l'a menée directement au photojournalisme. Sur les pistes de ski, elle conjugue ses passions pour la photo et les sports de glisse, toujours en quête du cliché du jour.