Difficile de ne pas tomber dans les plus grands clichés lorsqu’on skie en haletant, la bouche ouverte, en reprenant notre souffle entre deux YAHOO! Les comparaisons alimentaires, substantielles et sous-ceinturières se font nombreuses au pays de la poudreuse. Le plus grand drame du skieur survient lorsque la lourdeur de ses jambes l’empêche de profiter pleinement de la légèreté de la neige!

Il s’agit de ma toute première visite hivernale au Mont Miller. J’ai déjà visité Murdochville en été mais je ne pouvais alors qu’imaginer (en me fiant aux récits épiques dont tout le monde me gratifiait) le plaisir d’y skier. C’était enfin le moment pour moi d’y goûter!

Au moment d’écrire ces lignes, juste avant la tombée de la nuit, la montagne est invisible à quiconque en est éloigné de plus de 400 mètres. L’effet lac saupoudre généreusement les environs d’une neige si légère qu’il n’y a qu’à souffler dessus pour la faire tomber d’un sapin ou pour déneiger la voiture. De mémoire, je dois remonter à mes dernières incursions dans l’ouest américain ou à la saison mémorable de 2007-2008 pour retrouver cette qualité de neige et le plaisir de dévaler des pistes sans se soucier de tomber sur une plaque durcie ou une bosse sournoise.

Plus tôt dans la journée, le flocon était moins dense et la montagne était visible dans toute sa splendeur. Les descentes se faisaient au gré des bosses et des pentes. On a parcouru environ les deux tiers de la montagne. Étant accompagnés de Miss Jujube en ski, on a évité les secteurs qui demandaient une remontée à pieds ou les faux plats, histoire d’épargner ses jambes: mieux valait lui permettre de développer son habileté dans la poudreuse que de la crever à patiner d’un endroit à l’autre!

Si je me fie au tracé de ma montre GPS, nos spatules ont flotté allègrement du nord au sud de la montagne. Ma piste préférée fut la Commotion (non, Miss Jujube n’y était pas!), un sous-bois relativement court mais bien à pic, qui rappelle la #6 du Massif du Sud. Je n’ai pas eu le courage de faire la grimpe pour atteindre le 2ème sommet, mes jambons ont commencé à demander grâce après une énième incursion dans le champ ouvert au pied du secteur surplombé par le sous-bois Coriace. Ah, l’insoutenable lourdeur des cuisses!

Ce n’est que partie remise pour la découverte du reste de la montagne. La neige tombe à plein ciel et les conditions ne peuvent que s’améliorer au cours des prochains jours… ah, petit détail: le vortex polaire n’est pas encore arrivé par ici. Que faites-vous ailleurs qu’à Murdochville?! Bonne année tout le monde 🙂