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    Gravir et skier les volcans du Chili

    Au début de l’ascension du volcan Antuco, dans un décor splendide (Photo: Alan Proboste Medina).

    Le moment frappe l’imaginaire, l’image reste gravée dans la mémoire, la sensation d’accomplissement est pleine: se tenir sur le bord du cratère fumant du volcan Villarrica après cinq heures d’ascension, se pencher pour regarder la lave, mettre ses skis et s’élancer pour une descente enivrante de 1550 mètres de dénivelé.

    De premier abord, cette expérience peut paraître inaccessible; pourtant, avec une bonne préparation physique et mentale, un bon niveau de ski, le bon équipement et une connaissance préalable du type de terrain, il est possible de mener à bien l’ascension et la descente de plusieurs volcans du sud du Chili. Voici le récit de mes excursions sur trois volcans au mois d’août 2016 avec, à la clé, quelques conseils.

    Volcan Lonquimay: pour se faire les jambes

    Le volcan Lonquimay est situé près du village de Malalcahuello, en Araucanie. (Pour plus d’information sur le volcan Lonquimay et le village de Malalcahuello, lire mon autre texte Corralco / volcan Lonquimay: épicentre de la nouvelle génération backcountry du Chili.) Comme les deux autres volcans présentés dans ce reportage, on y retrouve une station de ski à sa base, réduisant l’approche à zéro grâce à la route d’accès. Également, la présence de stations de ski peut, pour celui qui le désire, réduire le temps d’ascension en faisant une partie du dénivelé à l’aide des remontées mécaniques lorsque celles-ci sont ouvertes (ce n’est toutefois pas cette option qui sera présentée).

    Le Lonquimay est la randonnée parfaite pour s’initier à l’environnement volcanique. L’ascension n’est pas très technique, l’itinéraire est évident et la neige y est la plupart du temps de bonne qualité. Il s’agit d’une ascension de 1285 mètres de dénivelé sur une pente qui ne dépasse pas les 35 degrés d’inclinaison à l’approche du sommet.

    Durant l’ascension, on ne peut que s’émerveiller devant les Andes du sud chilien.

    Pour le Lonquimay, j’ai fait l’ascension en peaux jusqu’en haut du téléski Cumbre; par la suite, j’ai effectué la transition vers les crampons d’alpinisme et j’ai grimpé en suivant la crête qui mène au sommet. Arrivé en haut, le panorama est fabuleux: les Andes enneigées s’étendent à nos pieds alors que trônent plusieurs autres volcans.

    Pour skier, je choisis la face qui présente les meilleures conditions, considérant la direction des vents et l’ensoleillement. La face sud-est semble l’option idéale la plupart du temps. La descente, quant à elle, est mémorable grâce à la qualité de la neige dans cette région.

    Il s’agit de la deuxième fois que je monte et descends le Lonquimay, la première étant en 2014. C’est d’ailleurs lors de cette première ascension que j’ai eu la piqûre du ski volcanique et je m’étais juré que d’y revenir… M’y revoici, et cela est le prélude à deux autres ascensions tout aussi plaisantes.

    Même s’il est possible de faire cette ascension en autonomie – ce que j’ai fait pour les trois volcans présentés ici – vous pouvez toujours demander les services d’un guide directement à la station de ski Corralco ou à l’agence Isoterma Cero (www.facebook.com/isoterma.cero/), basée à Malalcahuello.

    Volcan Villarrica: l’incontournable actif

    Le volcan Villarrica est un des plus actifs du Chili – la dernière éruption de décembre 2014 nécessitant la suspension de toutes les activités récréatives – et aussi l’un des plus populaires. On peut y rencontrer jusqu’à 50 personnes par jour de beau temps et, à cet égard, son attractivité est due au fait qu’il est possible d’y observer la lave lorsqu’on se rend jusqu’au cratère. La municipalité de Pucón, au pied du volcan, héberge d’ailleurs plusieurs agences de guides pour accompagner les touristes au sommet.

    J’ai effectué cette ascension en autonomie avec une connaissance qui était au Chili à ce moment, soit Thomas Thiery. Afin d’éviter les foules et puisque nous savions que le temps allait se gâter en cours de journée, nous commençons l’ascension tôt le matin, vers 6h30. À notre arrivée dans le stationnement de la station de ski, comme il fait encore sombre à cette heure, nous pouvons nous émerveiller devant la lueur rougeâtre au sommet du volcan, effet perceptible de la lave qui illumine timidement le ciel noir.

    Nous entamons donc la montée des 1550 mètres de dénivelé pour atteindre le cratère. L’ascension est une expérience psychologique intense pour moi: après avoir fait la transition des peaux vers les crampons d’alpinisme, la montée, pourtant pas si inclinée (30 degrés tendant vers les 35 degrés à la fin), s’effectue sur une surface qu’on peut qualifier «en écailles de glace», avec un vent soutenu à 80 km/h. Il faut avoir conscience que l’un des dangers sur les volcans est de faire une chute, ce qui peut se traduire par une glissade incontrôlée sur plusieurs centaines de mètres. Peu importe où l’on est dans ces environnements, le risque zéro n’existe pas…

    Pierre au sommet du Villarrica, avec le cratère fumant à l’arrière (photo: Thomas Thiery).

    Nous nous battons donc contre le vent, qui nous frappe de plein fouet pour le reste de l’ascension, soit un bon deux heures. Il faut garder l’équilibre et, heureusement, les crampons s’enfoncent bien dans la surface durcie. Le vent soulève la neige, qui nous fouette constamment le visage. Le sommet, qui paraissait si loin, arrive plus vite que je me l’imaginais; et heureusement, puisque mon esprit remettait en question la source de ma motivation à vouloir me trouver sur une pente semi-glacée de 35 degrés, les skis sur le dos, à garder mon équilibre contre un vent furieux.

    Tout cela finit par prendre sens une fois au sommet, alors que je contemple le cratère fumant du Villarrica. Une fois la photo d’usage faite sur le bord du cratère, nous entamons rapidement la descente puisque le vent devenait insoutenable.

    La première partie se fait sur une surface semi-glacée (c’est skiable, avec prudence), alors que la seconde partie s’effectue sur une superbe neige molle réchauffée par le soleil. La morphologie du volcan Villarrica, particulièrement dans sa partie inférieure, en fait un terrain accidenté très plaisant à skier.

    Volcan Antuco: splendeur et solitude

    Le volcan Antuco est celui où l’on risque de rencontrer le moins de personnes; c’est aussi l’ascension la plus technique des trois présentées ici, avec un dénivelé de 1600 mètres et une inclinaison constante à 40 degrés dans la partie supérieure. Comme les deux autres volcans de mon récit, Antuco se trouve dans un parc national, mais c’est le seul où l’on m’a demandé de m’inscrire à l’entrée comme mesure de sécurité. Aussi, comparativement aux deux autres, il n’y a pas de service officiel de guides; il faut donc réaliser l’ascension en autonomie.

    En fait, le meilleur «guide» pour réaliser les itinéraires en autonomie est le livre Topo de ski andinisme de Frédéric Lena (www.belupress.com). On y retrouve les itinéraires de randonnée pour plusieurs volcans du Sud, de même que pour d’autres régions des Andes du Chili et de l’Argentine.

    Le début de l’ascension (et plus tard de la descente) de l’Antuco s’effectue en bottes sur la roche, le centre de ski étant fermé cette année par manque de neige à basse altitude. Mais après les 300 premiers mètres, je peux mettre les peaux et grimper à l’aide des crampons à skis. Il est tôt et le soleil n’a pas encore réchauffé la surface de neige durcie.

    La journée est parfaite: le ciel est dégagé et la température augmente juste assez pour me préparer une belle surface style «crémage à gâteau» pour la descente. L’attrait de l’ascension est de voir la Laguna de La Laja se dévoiler dans toute sa splendeur à mesure que je prends de l’altitude. Il s’agit d’un lac de montagne qui s’est créé lors de la dernière éruption du volcan Antuco, il y a environ 30 ans, alors que la lave coulante a eu pour effet de bloquer le rio de La Laja.

    La Laguna de la Laja dans toute sa splendeur, vue du sommet du volcan Antuco.

    Lorsque la pente atteint environ 35 degrés d’inclinaison, je fais une transition vers les crampons pour bottes de skis. Il devenait moins sécuritaire de poursuivre la montée en peaux, surtout que l’inclinaison augmentera encore pour atteindre 40 degrés.

    Pour la suite, je monte sur une crête, partiellement glacée (pas de problème avec les crampons), et dont les roches me donnent des points d’appui. Le vent se met aussi de la partie, atteignant environ un 70 km/h soutenu pour le dernier tiers de la montée; néanmoins le soleil et le ciel bleu rendent l’ascension sereine.

    Les derniers 100 mètres pour atteindre le cratère sont glacés et balayés par le vent, ce qui est normal pour les volcans dont les cônes trônent généralement à 3000 mètres d’altitude dans cette partie des Andes. Au sommet, le vent est tel qu’il devient inconcevable de chausser les skis en sécurité. Je prends donc quelques clichés du panorama avant de redescendre sur un plateau 100 mètres plus bas, moins exposé vent.

    Quelques instants avant la descente du volcan Antuco.

    Outre les 50 premiers mètres glacés avant de rejoindre la belle neige andine, la descente sur une pente constante de 40 degrés au début, diminuant à 35 degrés par la suite, est fantastique. La neige est parfaite pour ce genre de descente: une surface soyeuse compactée par le vent, qui ramollit un peu plus bas sous l’effet du soleil sans devenir lourde. À chaque virage, la gravité me tire vers le bas et la neige est tellement bonne que le contrôle des virages et de la vitesse est aisé.

    Pour tous les aspects – le soleil, la qualité de neige, le panorama, l’accomplissement personnel – l’ascension et la descente du volcan Antuco restera à jamais gravée dans ma mémoire. C’est très certainement l’un des plus beaux moments de ski de ma vie.

    Escapade courte mais intense

    Si mon escapade chilienne fut courte cette année, elle s’est avérée néanmoins à la fois intense et extrêmement satisfaisante. En seulement huit jours de ski possibles, j’ai pu faire l’ascension de trois volcans, sans compter les autres sorties en backcountry autour du volcan Lonquimay et un peu de ski en station à Corralco. Et, aspect non négligeable, j’ai pu renouer avec ce beau pays qu’est le Chili et ses sympathiques habitants.

    Dans tout le Chili, du nord au sud, il y a quelque 500 volcans qui ponctuent la cordillère des Andes. Les plus accessibles se trouvent au sud, soit dans les régions du Bio-Bio, de l’Araucanie, de Los Rios et de Los Lagos, où l’on en compte près d’une trentaine qui sont skiables. Nul besoin de préciser qu’il y a là plusieurs options pour s’occuper durant quelques étés…

    Ski mystique dans les forêts de la cordillère Las Raìces (Chili)

    La neige tombe depuis plusieurs jours, à intervalle plus ou moins régulière. Un mètre et demi s’est accumulé depuis trois jours sur la partie des Andes où je me trouve. Durant cet hiver austral 2017, la situation est exceptionnelle dans le sud du Chili: il fait plutôt froid, et la neige apparaît à une plus basse altitude que la normale, jusque dans le village de Malalcahuello, en Araucanie, qui m’abrite en cette deuxième moitié d’août.

    Avec les conditions météorologiques, l’idée de s’aventurer en terrain alpin en vue de gravir des sommets est balayée du revers. Par contre, dans cette région du Chili au climat bien particulier, où se trouve notamment la station Corralco Resort de Montana, il existe un environnement de ski qu’on ne retrouve pas ou peu ailleurs au pays: les forêts d’araucarias, ces conifères au look exotique qui peuplent les montagnes enneigées de l’Araucanie.

    Malgré mon désir inassouvi de gravir les volcans du coin, mon ami chilien Chago Urrutia, guide chez Isoterma Cero, me dit que j’arrive ici à un moment épique. Depuis quelques semaines, il skie, avec ses compatriotes, plusieurs endroits où il est habituellement difficile, voire impossible de skier. Et conditions climatiques extrêmes obligent, cette année en est une d’exploration dans les forêts, de découvertes de nouvelles lignes à skier.

    Quand la nature nous force à nous retrancher, elle nous révèle parfois des trésors insoupçonnés.

    Un bon matin, alors que je rejoins Chago et deux autres camarades, Victor Astete et Pilar Fuentes, pour une autre journée de ski, ceux-ci me proposent de découvrir un endroit qu’ils qualifient de «magique»: la cordillère Las Raìces, une sous-chaîne des Andes qui, disent-ils, contient le meilleur, sinon l’unique ski en forêt du Chili.

    Nous passons en van à travers le long tunnel Las Raìces, qui fait le lien entre le village de Malalcaheullo et la ville de Lonquimay. Déjà, traverser ce tunnel long de 4,5 km, à voie unique d’une largeur de 4,2 mètres, devient une expérience en soi.

    Puis, une fois rendus à Lonquimay, nous prenons la route en direction de l’ancienne station de ski Los Arenales, fermée depuis quelques années. Nous montons la route jusqu’à ce que le van ne puisse aller plus loin, faute de déneigement adéquat. Nous mettons alors les peaux sous les skis et entamons la randonnée sur la route, jusqu’à ce que nous trouvions l’endroit parfait pour traverser dans la forêt.

    Lorsque la pente s’accentue, entamons la randonnée dans la forêt, avançant dans une poudreuse profonde. C’est à ce moment que je prends la pleine mesure de la beauté de l’environnement qui m’entoure.

    La végétation, grandement constituée d’araucarias et de coigüe (genre de bambou), est recouverte d’une épaisse couche de poudreuse sèche. Les araucarias, dont certains spécimens peuvent avoir plusieurs centaines d’années, s’élèvent sur leur tronc dénudé, laissant un espace ample pour sillonner durant la descente.

    Pour les Mapuches, nation autochtone qui peuple le sud du Chili et notamment l’Araucanie, les araucarias recèlent un pouvoir sacré, divin. Ces arbres, qui résistent au climat extrême dans cette partie des Andes, symbolisent également le salut, la chance. De fait, son fruit, le pignon, leur évite la famine et devient un aliment fondamental de la culture culinaire mapuche.

    À mesure que nous avançons, j’ai l’impression de me promener dans une forêt sacrée, de gravir un temple naturel. Les bourrasques de neige qui me frappent le visage n’entachent pas mon émerveillement. Autour de notre petit groupe, il règne un calme monastique. Personne ne parle; la contemplation impose le silence. Le sentiment de bien-être croît; d’être ici, dans la neige, au milieu d’une forêt sacrée, de s’apprêter à descendre… Il y a quelque chose de mystique dans l’expérience.

    La forêt, tantôt dégagée, tantôt plus dense, rappelle le type de terrain qu’on retrouve dans le nord-est; seulement la végétation diffère.

    Nous amorçons une première descente. L’inclinaison de la montagne est assez prononcée, de sorte qu’à chaque virage nous plongeons dans la poudreuse jusqu’à la taille. La neige est légère et peu compacte, caractéristiques rares dans le sud du Chili.

    Parfois, la végétation se resserre pour nous obliger à suivre de petits couloirs délimités par des arbustes, avant de s’ouvrir à nouveau en clairière.

    La descente s’arrête à la route où, à nouveau, nous remettons les peaux afin de répéter une deuxième, puis une troisième, puis une quatrième fois…

    Ainsi, nous oublions le temps.

    Le temps n’est plus un facteur
    La conscience prend de l’ampleur
    La nature figée nous accueille dans sa splendeur
    Nous sommes seuls, si minuscules au sein de cette grandeur.

    Au Chili se trouve cette cordillère oubliée
    Un paradis enneigé
    Où les racines donnent naissances à des arbres sacrés
    Qui nous offrent un refuge pour skier.

    C’est alors que le ski devient mystique.

    Pour plus d’informations sur le ski dans la région de l’Araucanie

    Corralco Resort de Montana: www.corralco.com / www.facebook.com/Corralco

    Isoterma Cero: www.isotermacero.cl/es / www.facebook.com/isoterma.cero

    Portail de Malalcahuello: www.malalcahuello.cl

    Portail de Lonquimay: www.mlonquimay.cl/web

    *Ce récit a été originalement publié en 2017 mais son contenu est encore d’actualité!

    Val Neigette, dernier tour de piste, 7 avril 2018

    C’est avec énormément d’émotion que j’ai visité, samedi le 7 avril dernier, la station de ski Val Neigette. Probablement pour une dernière fois, car le 8 avril était la dernière journée d’opération de cette station telle qu’on la connaît, celle-ci devant définitivement cesser ses opérations. 

    Au fil des ans, étant située à seulement 12 minutes du centre-ville de Rimouski, cette station a formé de nombreux skieurs et planchiste dans la région. Malheureusement, après neuf ans dans la famille Dufour, et quatre ans sous la férule de Mathieu Dufour, Val-Neigette rencontre des problèmes financiers si importants, qu’ils l’empêcheront d’opérer en 2018-2019. M. Dufour s’est donc résigné à cesser les opérations. Il est d’ailleurs à la recherche active de potentiels acheteurs pour la station, en tout, ou en parties.

    Le damé était toujours bien préparé et faisait la renommée de la station. J’y ai skié personnellement plusieurs années, majoritairement de soir, et un peu de jour. Dans les grosses années, la station avait plusieurs centaines de membres saisonniers. Mais avec le temps, et malgré le bon vouloir de l’administration en place, l’affluence n’a cessé de décroître.

    Je me suis amusé comme un petit fou pour cette dernière journée. À mon grand bonheur, il est tombé près de 30cm de nouvelle neige dans les journées du 4-5 avril, et comme la station n’est en opération que le samedi et le dimanche, j’ai eu droit à de la poudreuse à volonté. Évidemment, quelques pistes avaient été damées pour l’occasion, question de satisfaire tous les clients. 

    Je n’avais tellement pas le goût de quitter que j’ai même aidé à la patrouille à inspecter les pentes à la fermeture de la station. Mon coup de cœur de la journée est la piste #7, qui offre une bonne inclinaison, et où je pouvais trouver des lignes fraîches à chaque descente. Voici une photo dans cette piste avec la patrouille.

    Je ne peux que souhaiter la meilleure des chances à M. Mathieu Dufour pour les décisions à venir. Souhaitons qu’un ou des acquéreurs se manifestent, et qu’ils permettent une suite à cette belle aventure que fut Val Neigette.

    En terminant, laissons-nous sur un peu d’histoire. Selon mes recherches, les fondateurs principaux de cette station sont Gérald Lévesque, décédé tout récemment, le notaire Joseph Bérubé, et l’entraîneur sportif Rémi Larose.

    Depuis plus de 55 ans, Val Neigette permetait aux amateurs de sports de glisse rimouskois de pratiquer leur sport favori. Située à seulement 10 km au sud du centre-ville, la station Val Neigette était surtout reconnue pour sa vocation de station de glisse familiale. Par contre, la qualité et la variété des pistes risque d’en surprendre plus d’un.

    D’une dénivellation 190 mètres, elle offrait 25 pentes (de facile à extrême), 2 remontées mécaniques, un système d’enneigement artificiel, un système d’éclairage sur la majorité des pentes, et un accès aux sentiers de motoneige à partir du stationnement de la station.

    Aujourd’hui mon coeur saigne, mais on se reverra un jour, ma Val Neigette!

    Faisons-donc un peu de déni!

    Ce matin, je n’avais pas besoin d’ouvrir mes rideaux pour savoir le temps qu’il faisait; le bruit des lourdes gouttes de pluie sur le puits de lumière surplombant l’escalier de la maison suffisait amplement. J’ai donc décidé de faire du déni: j’ai laissé les rideaux fermés! En ce moment, les golfeurs et cyclistes du 514-450 (et quelques 819!) jubilent, pendant que les skieurs du 418 célèbrent. Vous dire que j’aimerais être dans un autre code régional est bien entendu inutile… mais j’en appelle à tous ceux qui ont la chance d’être là où il neige, SORTEZ SKIER! Dans la chronique Skinusite de mes collègues, on vous explique bien simplement là où il pleut, et là où il neige. Si vous faites partie des privilégiés qui ont droit à une période de prolongation de l’hiver, profitez-en pour ceux qui n’ont pas l’occasion de se déplacer… les séries éliminatoires font mal!

    Le bénéfice du déni

    Et même quand la pluie sera finie… faites donc encore un peu de déni: c’est pas parce que vous êtes en train de nettoyer vos plates-bandes que le ski est fini! Sortez profiter des plus belles journées du printemps sur les pentes. Le soleil, l’ambiance, l’absence d’attente aux remontées, le plaisir de skier sans avoir froid aux extrémités (vous avez grogné là-dessus pendant les Fêtes!), tout ça, c’est à vous si vous faites du déni du printemps! Lâchez les jonquilles et allez skier!

    Chaque année à cette saison, on assiste à une hécatombe dans les stations de ski du Québec. Dès la fin de la Relâche, une dizaine de petites stations ferme, faute de skieurs. Puis, des stations de taille moyenne rejoignent les précédentes et ainsi de suite jusqu’à la mi-avril, où ne demeurent que quelques bastions, défendant de leur mieux le droit des skieurs à dévaler les pentes et à traverser les étangs.

    Exception faite des saisons où le printemps est beaucoup trop pluvieux, ou des stations à l’enneigement 100% naturel, chaque année, à la fermeture de la majorité des stations, il subsiste encore une couverture neigeuse pour permettre aux skieurs de s’amuser pendant de longues journées. Ce n’est pas par manque de neige que les opérations cessent… c’est par manque de skieurs!

    Décalage des saisons

    Depuis plusieurs années déjà, il est de plus en plus laborieux d’ouvrir les pentes au début de l’hiver. Températures trop chaudes, pluies qui s’étirent, les ouvertures à 100% du domaines skiable sont maintenant chose plus que rare avant les Fêtes. Et que dire des périodes de froid intense! Ces températures donnent des maux de tête aux équipes d’enneigement: les fenêtres de travail possible sont de plus en plus courtes, et tout le travail est bien souvent à risque de s’évaporer à la prochaine pluie. Quel gaspillage!

    Chaque hiver nous gratifie maintenant d’un « vortex polaire » suivi d’un « cocktail météo », le tout permettant aux différents annonceurs de météo (notez que je n’ai pas utilisé le terme « météorologue ») de se gargariser avec les mots « facteur éolien » et « brrr qu’il fait froid! », parfois saupoudré de « il faut être courageux pour aller en ski aujourd’hui! ». NON! Il faut simplement être bien habillé! Mais je m’égare… revenons aux aléas de la température: si vous n’en pouvez plus de commencer à skier en novembre-début décembre, et que vous êtes déçu du peu d’ouvertures des pistes, pensez donc à décaler vos sorties!

    La neige arrive maintenant plus tard, et au moment où il fait le plus beau, vous vous acharnez à sortir votre vélo pour rouler sur des pistes cyclables pas encore nettoyées. Auriez-vous un léger problème d’impatience? Vous cherchez vraiment à trouver des raisons pour dire que vous n’aimez plus votre sport comme avant? Que les conditions vous compliquent la vie? C’est pourtant simple… décalez vos activités pour suivre les saisons!

    Appel aux commerces

    Je me permets ici un petit encart, que j’adresse aux boutiques et vendeurs de ski, golf, vélo: vous qui avez une petite superficie, joignez-vous à nous et faites du déni! Oui, je sais que les fabricants vous obligent à faire vos commandes « à l’envers des saisons »… mais êtes-vous vraiment obligés de sortir tout votre attirail de vélo et de fermer votre atelier d’entretien de skis pendant qu’il reste encore des journées skiables? Et à l’automne, quand il fait superbement beau et chaud, pourquoi sortir les skis sur le plancher, et râler que les ventes démarrent lentement? Faites de la résistance!

    La clientèle ne pensera pas au ski tant qu’il n’y aura pas de chutes de neige visible, et trouvera ridicule qu’il n’y aie plus de patins à roues alignées dans les magasins en septembre… et elle ne pensera pas au vélo si vous n’affichez pas vos nouveautés pendant qu’il tombe 30cm de neige! Oui, on est comme ça, les humains: la plupart du temps, quand on ne voit pas quelque chose, ça n’existe pas! Bon, vous me direz que vous ne pouvez pas lutter contre les grandes surfaces… c’est bien vrai, et je vous ai apostrophés directement, précisément parce que je sais très bien que les Costco de ce monde vendent des habits d’hiver en juillet et des maillots de bain en janvier. On ne les fera pas changer. Mais vous le pouvez! Passez-vous le mot, et affichez clairement vos couleurs: vous suivez les saisons, il n’y a rien de plus naturel!

    Voilà donc ce que je demande, bien simplement: faisons du déni! Collectivement, on arrivera à rendre le printemps rentable pour les stations de ski. Comme tous les changements, ça ne se produira pas du jour au lendemain… mais un rappel comme celui-ci ne peut pas nuire, non? Allez, j’ai confiance en vous, skieurs et planchistes: ignorez vos plates-bandes, laissez les pneus des vélos dégonflés, et profitez de la neige pendant qu’elle est là!

    Burke Mountain sous le soleil blanc, 21 mars 2018

    Sans dire que cette sortie était prévue de longue date, elle était dans nos intentions depuis que notre vaillant directeur du Guide en station a entrepris sa tournée dans les états de la Nouvelle-Angleterre. Ayant déjà skié à Burke, j’ai hérité du mandat informel de guider Jacques dans cette station au profil plutôt particulier!

    À notre arrivée vers 9h30, le chalet est presque vide. Normal, on est en semaine, après tous les congés majeurs! On se dit donc que les pistes seront en bon état. Après avoir emprunté le Sherburne Express, nous voilà assis dans le Mid-Burke Express, en direction du sommet. Le petit écriteau « Ce télésiège ne dessert pas de terrain débutant » me fait sourire doucement: je sais à quoi m’attendre!

    Nous allons quadriller la montagne d’ouest en est, en commençant par la Upper (puis Lower) Willoughby. Tel qu’anticipé, la neige mord sous les skis et le damage est parfait, le faible achalandage nous donne tout l’espace possible et nous savons que les conditions ne changeront pas au fil de la journée!

    La météo, prétendument ensoleillée, est demeurée résolument blanche: le ciel voilé nous aura donné un décor plutôt grisounet toute la journée, malgré les faibles éclaircies. Après avoir parcouru plus de la moitié de la montagne, je laisse Jacques découvrir la Deer Run pendant que je m’élance dans le sous-bois Sasquatch, suivi du Dixiland. Le fond n’est pas mince, mais les passages et virages plus fréquentés montrent des bouts de souches et de roc. Le scénario est identique du côté de la Jungle, dont la dernière « marche » avant la sortie vers le reste du domaine skiable demande plusieurs virages soigneusement calculés. Mieux valait se concentrer sur les pistes damées, qui sont une valeur sure à Burke!

    Même si les dernières chutes de neige ont permis à la station de récupérer ses sous-bois, on se doute bien que le couvert neigeux n’est pas à son maximum pour la saison. Ceci étant dit, l’hiver a ignoré l’équinoxe et on a eu droit à une neige aucunement transformée tout au long de la journée. Les pistes bénéficiant de neige fabriquée offrent une glisse très uniforme mais celles laissées au naturel n’ont rien de honteux: le East Bowl avec ses petits virages sinueux était tout aussi agréable à descendre que la Carriage Road ou le Big Dipper.

    Ce qui est dommage de Burke, c’est qu’on en fait « rapidement » le tour. Le domaine skiable expert est vaste mais les pistes de niveau inférieur se font plutôt rares et très courtes, toutes concentrées dans le secteur du chalet principal. Cette montagne est donc idéale pour les skieurs de l’Académie; ce qui constitue l’autre bémol pour les skieurs touristes: à plusieurs reprises on se fait surprendre par une fusée qui parcourt les pistes et intersections à toute vitesse, hors des tracés de slalom où d’autres groupes s’entrainent. On en devient un peu parano, personne ne veut d’une collision à haute vitesse!

    On a terminé la journée en milieu d’après-midi, voyant que le ciel ne s’éclaircirait pas davantage: le dénivelé étant quand même non négligeable, nos jambes n’étaient pas tristes de déclarer la fin de la partie! Ce fut tout de même une belle occasion pour moi de renouer avec cette station vermontoise!

    Loon Mountain, NH Soleil, beauté et calme – 20 mars 2018

    Loon Mountain est une station très populaire, et il y a souvent beaucoup de skieurs. Mais aujourd’hui, malgré le soleil, des pistes parfaitement damées, et une température très agréable, il y avait peu de skieurs et aucune attente aux chaises, et très peu d’attente à la télécabine. Avec 3 des chaises qui sont débrayables, en 5 heures de ski, j’ai fait beaucoup de descentes. Le fait qu’il n’y ait pas vraiment de plats aide aussi à faire plus de ski.

    La station a un dénivelé de 635 mètres, 61 pistes, et 3 sommets, soit le North Peak, le Loon Peak et le South Peak. Comme je connais la montagne, je pouvais facilement skier un peu partout. Il y a cependant de nombreuses indications pour aider les skieurs qui sont moins familiers avec le plan des pistes. Sur certaines photos, on peut voir de très beaux paysages des différents sommets. De plus, comme il y a beaucoup de longues et parfois assez larges pistes, j’avais souvent l’impression d’être presque seul sur la montagne.

    Les pistes étaient en excellentes conditions avec aucune glace ou endroit avec un manque de neige. Suite au passage du temps et des skieurs, il y a eu quelques endroits avec de la neige durcie, mais pas assez pour affecter les skieurs. On retrouve un très bon choix de pistes de tous les niveaux de difficulté. C’est rare qu’un 20 mars, nous puissions faire du ski d’hiver aussi beau.

    Le premier groupe de photos montre des pistes situées sur le North Peak. On peut aussi voir le chalet situé au bas de la chaise de ce sommet, mais il était fermé aujourd’hui. La dernière photo montre le haut du sommet Loon, où arrive la télécabine.

    Le deuxième groupe de photos montre des pistes situées sur le sommet Loon. Tout près d’où arrive la télécabine, il y a un restaurant offrant une très belle vue de la région. Dans le bas de ce sommet, il y a un très grand nombre de pistes bleues. Une de mes favorites est la piste qui est sous la télécabine.

    Un peu en retrait, il y a le sommet South Peak. Je ne connais pas son dénivelé exact, mais je dirais qu’il est de l’ordre de grandeur de 425 mètres. Pour s’y rendre et en revenir, il faut utiliser une chaise horizontale. La caractéristique des pistes de ce sommet est qu’elles sont larges. Il n’y a pas de pistes vertes, seulement des pistes bleues ou noires. On peut y faire du très beau ski.

    J’aurais aimé skier une autre heure, mais je ne voulais pas revenir au Québec trop tard. Je vous souhaite d’avoir la chance un jour de skier cette très belle station.

    Transporter son matériel en hors-piste: 5 aspects à surveiller pour choisir son sac à dos

    Envie de tenter l’aventure du hors-piste? On vous y encourage! En revanche, pas question de se lancer tête baissée dans la poudreuse. L’activité a beau être grisante — neige profonde et intacte, panoramas impressionnants, sous-bois sauvages… — elle nécessite un certain équipement pour être sécuritaire. Il vous faudra d’abord une pelle, une sonde, un DVA… et un sac à dos pour transporter tout ça! Pour trouver le parfait modèle pour vos sorties hors-piste, voici 5 aspects à tenir en compte!

    1. Taille

    La première chose à se demander est quelle sera la durée de votre expédition. Cette information, ainsi que votre destination, influenceront directement la quantité de matériel qu’il vous faudra transporter et, du même coup, la taille de votre sac. Pour ceux qui aiment skier léger, ne partent que quelques heures ou qui sont assez chanceux pour essayer l’héliski, un petit sac de 10-20 L (litres) conviendra parfaitement. Pour les excursions d’une journée un peu plus intense, un sac de 20 L à 35 L sera plus approprié. Cette taille vous permettra de transporter votre matériel de base, ainsi qu’une tasse isotherme, quelques collations et des vêtements de rechange.  Si vous avez l’intention de faire un séjour de hors-piste un peu plus intensif, n’hésitez pas choisir plus grand : 35 L à 55 L, ou même 60 L à 70 L si vous devez transporter votre tente et nécessaire de cuisine.

    2. Format

    Le format du sac, ou plutôt la disposition de ses sangles extérieures dictera la manière dont vous transporterez vos skis ou votre planche. Les amateurs de snowboard peuvent choisir un sac leur permettant d’installer la planche à l’horizontale ou à la verticale. Les skieurs, eux, disposent d’une option supplémentaire où les sangles situées sur les côtés du sac permettent d’installer les skis en A. Mieux vaut choisir un sac polyvalent permettant plusieurs options, mais tout est une question de préférence.  Essayez différentes options et voyez ce qui vous convient le mieux!

    3. Ajustement

    En dessinant de nouvelles traces dans la neige immaculée, la dernière chose dont vous avez envie de vous soucier, c’est de votre sac à dos. Il est donc primordial que celui-ci soit confortable. Est-ce que la longueur du sac gêne vos mouvements? Est-ce que les sangles de poitrine et la ceinture sont confortables? Y a-t-il des zones de frottement? Un bon sac est doté d’une structure rigide et résistante afin de soutenir le matériel que vous y rangerez. D’ailleurs, gardez en tête que l’ajustement sera différent une fois le sac rempli. N’hésitez surtout pas à l’essayer avec tout votre matériel pour avoir une idée plus précise. Idéalement, le sac devrait être porté près du corps afin que vous ne soyez pas déséquilibré par le poids.

    4. Accès et répartition

    Tout le monde s’accordera pour dire qu’il est particulièrement désagréable de fouiller à l’aveuglette dans son sac à la recherche d’un objet tout au fond. Cela est d’autant plus vrai dans l’éventualité d’une avalanche: pas de temps à perdre à chercher le DVA ou la pelle! Les sacs destinés au ski hors-piste sont souvent conçus avec un compartiment séparé et facilement accessible où ranger le matériel d’avalanche. En outre, votre sac devrait idéalement avoir au moins deux entrées vers le compartiment principal pour faciliter l’accès une fois les skis installés.

    5. Éléments techniques

    Fixations pour piolets d’escalade, porte-casque, sangles de compression… La plupart des sacs à dos destinés au ski hors-piste sont dotés d’une foule d’éléments techniques dont l’utilité varie selon votre usage. Si vous comptez vous aventurer loin dans l’arrière-pays pour une longue période, vous équiper d’un système d’hydratation peut être particulièrement utile. Certains sacs sont d’ailleurs isolés de manière stratégique pour empêcher l’eau de geler. Ces dernières années, les systèmes d’airbag ont grandement gagné en popularité dans l’univers du hors-piste. En cas d’avalanche, ceux-ci se gonflent afin de vous garder le plus près possible de la surface de la neige. Les airbags sont lourds, coûteux et volumineux. Pourtant, s’ils ne garantissent pas complètement votre survie en cas d’accident, ils améliorent grandement vos chances de vous en sortir indemne.  Finalement, certains sacs à dos de hors-piste sont compatibles avec un système Avalung®, un outil en forme de tube qui permet d’extraire de l’air frais depuis le manteau neigeux. Un autre élément technique permettant d’augmenter vos chances de survie en cas d’avalanche.

    Avec tous ces détails à prendre en considération, trouver le parfait sac à dos pour le ski hors-piste n’est pas la tâche la plus aisée. L’important, c’est de penser confort, efficacité et surtout sécurité. On ne le répétera jamais assez : amusez-vous, mais soyez prudent! Bon magasinage!

    Campton Mountain, NH Station très peu connue – 18 mars 2018

    En partant ce matin pour le New Hampshire, je savais que les stationnements des stations importantes seraient bondés à mon arrivée. J’avais donc décidé de skier une station dont j’avais appris l’existence seulement l’automne dernier. C’est au New Hampshire la station avec une chaise dont le billet de ski est le moins cher, soit US 20 $. Autre avantage pour moi, la station ouvre seulement à 11 h, et il était facile pour moi d’y être avant l’ouverture.

    La station a un dénivelé de 95 mètres, avec 3 pistes principales. Elle opère exclusivement sur neige naturelle et 2 pistes sont éclairées pour le ski de soirée. La chaise double est une chaise Städeli 1969 fabriquée en Suisse, dont on fait religieusement l’entretient. Il y a aussi un petit fil-neige pour la pente pour débutants.

    Cette petite station de ski est un des avantages d’être propriétaire d’une maison de Waterville Estates. La station est ouverte au public, mais la très grande majorité des skieurs sont locaux, et composés de parents avec leurs jeunes enfants. Le chalet, et son bar rustique Tail Spin, sont un endroit où les gens viennent pour se rencontrer et pour manger, et pas seulement pour faire du ski. Ce midi, j’ai mangé le spécial du jour, soit un bouilli de ‘ corned beef ’, et il était très bon.

    Les pistes sont entretenues avec une dameuse Bombardier 2000. Comme la station n’ouvre qu’à 11 h, on travaille les pistes le matin.

    Photos montrant la chaise double et la piste principale de la station. Il y avait assez de neige pour skier cette piste, mais on devait quand même regarder où l’on skiait.

    La couverture de neige de la piste 1 était impeccable. C’est une piste parfaite pour les jeunes qui apprennent à skier.

    Le bas de la piste 1 est aussi la piste école et il y a un petit fil-neige qui donne accès à ce secteur.

    La piste 3 est composée d’un pitch d’accès avec un bon angle, puis d’une section étroite, mais facile et damée. Aujourd’hui, la difficulté était qu’il n’y avait pas beaucoup de neige dans le haut du pitch et la prudence était de mise.

    J’ai passé un très agréable 2 h 30 à faire du ski avec aucune ou une attente minime. Ce n’est pas une station qui va attirer les skieurs de l’extérieur, mais pour les familles avec de jeunes enfants, c’est vraiment un bel endroit. C’est aussi un endroit où l’on mange très bien. Pour se rendre, il faut utiliser les informations fournies par la station, car sur la carte de Google, il manque de nombreuses routes essentielles pour se rendre facilement à la station.

    Mont Orford aussi a eu sa dose (71cm en 7jours) – 16 mars 2018

    Suite à deux journées incroyables de ski à Jay peak et Sugarloaf, nous avons décidé de prendre ça un peu plus relaxe et nous rendre non loin du chalet soit au mont Orford. Après avoir aussi touché son lot de précipitation (71 cm lors des 7 derniers jours) cette magnifique montagne est toujours à son mieux lorsqu’elle vient de recevoir une bonne tempête surtout pour bien couvrir ses nombreux magnifiques sous-bois accidentés.

    Arrivé sur le tard à la station suite à une grâce matinée et de nombreuses courbatures ici et là, Orford nous recevait avec son domaine skiable ouvert au grand complet. Dire qu’il y a peine deux semaines, les sous-bois des quatre versants étaient pratiquement tous fermés et sur de la roche. Notre dernière visite remontait au 8 février et les conditions étaient à leurs meilleures à ce moment là et aujourd’hui pour notre retour, Orford était pratiquement au même niveau.

    Nous étions censés skier en mode plus relaxe, mais avec toute cette neige dans les sous-bois, il était difficile de ne pas les attaquer comme nous aimons si bien le faire. Hélas ce soir, je suis encore plus magané et j’ai mal à mon corps de mi-quarantaine.

    Nous nous sommes rendu à presque dix descentes sur le mont Orford ainsi que sur les deux versants du mont Giroux, ce n’était que du sous-bois et des restants de pistes damées pour nous rendre aux remontées mécaniques. C’était de la belle neige fraiche avec des bosses et des bosses et toujours la possibilité de faire de petite ligne de poudreuse en bordure des bois. Si nous pouvions avoir la chance de skier l’hiver au complet dans de telles conditions dans le sud du Québec, cela serait tout simplement incroyable et nous aurions pas besoins de faire des 3-4-5 heures de route pour courir après la poudreuse hivernale dans les régions plus au nord.

    Aujourd’hui, le mont Orford du haut de ses 850 mètres nous offrait 44 pistes et sous-bois avec comme je mentionnais plus haut, 71 centimètres de nouvelle neige dans les 7 derniers jours. La température était de -6 degrés avec un ciel nuageux et quelques averses de neige. Plus la journée avançait et plus le vent était fort! Il y avait de bonnes rafales surtout au sommet du mont Giroux. Quelques pistes dont la Magnum (versant Giroux Nord) et la Maxi (Versant Orford) étaient très ventées et glacées, car la neige fut balayée par les vents. Dans les sous-bois, il fallait être vigilant dans les endroits inclinés, car certains obstacles naturels étaient à découvert et glacés par endroits.

    En conclusion, le mont Orford était de retour à 100% en mode hivernale, et ce à notre plus grand plaisir! L’hiver n’avait pas dit son dernier mot et vous devez en profiter, car celle-ci achève. Nous n’avons pas été gâtés depuis la mi-février et selon les sites de météo, il reste un peu plus d’une semaine de conditions de ski d’hiver car par la suite, le printemps s’installera pour de bon dans le sud du Québec. Alors plus d’excuse et re-sorter vos skis!

    Massif du sud, Un jeudi grand cru, 15 mars 2018

    Photo Jacques Boissinot

    Le Massif du sud se compare à un vignoble situé dans un réputé terroir viticole. Et jeudi, les amateurs de grands crus ont dégusté jusqu’à plus soif sa cuvée spéciale «Tempête de mars». Contrairement au vin, ce n’est pas à petites gorgées que les skieurs ont avalé la neige, mais à grandes lampées.

    Depuis mardi, il est tombé quelque 80 centimètres sur le Massif qui, disons-le, offre déjà un produit d’appellation d’origine contrôlée. Avec autant de neige, dévaler les sous-bois parmi les plus beaux du Québec équivalait à sortir de la cave une bouteille d’un millésime exceptionnel.

    Craignant la foule, les premiers maniaques dans la file d’attente du télésiège sont arrivés plus d’une demi-heure avant l’ouverture pour profiter des «first tracks». La neige profonde était garantie puisque la station n’était pas en activité mercredi en raison des fermetures de routes. Finalement, le peu d’achalandage, malgré les conditions d’exception, a permis de tracer jusqu’en après-midi. Aucune file de la journée.

    Mais parfois trop, c’est comme pas assez, ai-je constaté. Avec autant de neige, qui tombait toujours au moment de mon départ, il fallait attaquer des pentes suffisamment abruptes pour éviter d’être freiné par l’or blanc, qui atteignait par moment la mi-cuisse. Heureusement, les sous-bois du Massif sont réputés pour leur verticale.

    L’avantage d’une journée comme celle de jeudi est qu’il est possible de pousser la machine à fond et s’offrir quelques folies. Comme la vie fait parfois bien les choses, j’ai justement croisé quelques fous. Les amis de Zone.ski, Jacques et Alexandre, m’ont présenté deux des trois frères Maheu, bien connus à la station, dont Frédérik, responsable du marketing.

    Entre deux sauts vertigineux (pas moi, mais eux) et trois descentes vitesse grand V, les frérots et leurs copains participaient au tournage maison d’une vidéo promotionnelle pour le Massif du sud. Quelques descentes en gang rappellent à quel point le ski est un plaisir qui se partage.

    Et tant qu’à poursuivre dans la folie, mon ami Jacques Boissinot, photographe de métier, m’a mis en «vedette» pour ce reportage. Un peu vaniteux, j’ai accepté (la tache orange). Le fait de les revoir me convainc que j’ai vraiment vécu cette journée. Je me pince encore, croyez-moi.

    Parce que de mon propre avis, comme celui de plusieurs rencontrés, le 15 mars au Massif du sud restera comme l’une des plus belles journées de poudreuse au Québec cette semaine, peut-être la plus enneigée de la station en 2018.

    On le répète, mais chaque bordée importante arrive comme un baume sur une saison en dents de scie. Alexandre me racontait que le Massif a vécu des moments météo difficiles depuis la fin janvier. La neige fraîche garantie encore plusieurs journées de glisse de qualité à venir.

    Et comme le ski sans l’après-ski ce n’est pas du ski, nous nous sommes dirigés au bar du chalet pour y déguster une bière. «Le vin, c’est bon pour faire des métaphores», me dis-je. Dehors, les flocons s’accumulaient toujours. À la neige, au ski, Cheers!

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