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    Manque de main d’oeuvre: dans l’industrie du ski aussi!

    Photos Geneviève Larivière

    Si les stations de ski écrivaient au Père Noël, la première demande serait de la neige… et une absence de pluie! Cependant, même à cette date, une autre requête ferait surface pour régler un problème qui donne autant de fil à retordre qu’une pluie qui ruine toute la production de neige. Plus insidieux et aussi difficilement chiffrable qu’un centimètre de flocons au vent, il n’est pas associé à des facteurs naturels, mais bien humains: le manque de main d’oeuvre dans les stations de ski de notre province. L’envers de la médaille du faible taux de chômage qui fait la fierté de nos gouvernements est une situation bien réelle, relativement inconnue grand public.

    Généralisé dans l’industrie

    « Nous avons près d’une quarantaine de postes à combler! » s’exclamait la directrice marketing du Mont SUTTON, Nadya Baron. C’était au début du mois de novembre. Le portrait aujourd’hui est à peine plus encourageant: après avoir réussi à embaucher une dizaine de nouveaux employés et pris quelques décisions stratégiques, c’est tout de même encore près d’une vingtaine de postes vacants. Même son de cloche chez les stations des Sommets, à Ski Saint-Bruno, au Mont Sainte-Anne et Stoneham, à Gleason, à Tremblant, bref, le message est clair: il est minuit moins une et les stations de ski, qui peinent déjà à produire la neige pour satisfaire les skieurs pour la période des Fêtes, font face à une pénurie de personnel qui donne des maux de têtes à tous les directeurs.

    La situation est critique chez les plus grandes stations et même si leurs consoeurs de taille moyenne et petite semblent moins affectées par la pénurie, le défi d’embaucher demeure présent. Alors que traditionnellement, les postes étaient comblés dans les dernières semaines d’octobre, plusieurs sont encore vacants à l’approche des Fêtes. À la mi-décembre, Pierre Dussault, directeur général nouvellement en poste au Mont Grand-Fonds, indiquait que le recrutement se passait bien, mais lentement: « Présentement, on a encore deux postes à combler pour la cuisine, et autant pour les remontées mécaniques. L’embauche devrait être complétée bientôt mais c’est plus difficile du côté des remontées mécaniques… »

    Si l’embauche dans les stations plus éloignées des grands centres urbains semble plus problématique que près des villes, c’est surtout à cause de la grande offre d’emplois disponibles. Les stations de ski se voient en compétition avec d’autres employeurs du secteur de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme en général, ce qui fait que le bassin de travailleurs disponibles a le beau jeu de choisir un emploi à sa convenance.

    Pour l’Association des Stations de Ski du Québec, cette situation, bien que déjà connue, a atteint un seuil critique cette année. À lui seul, un chiffre révélé par le président-directeur général, Yves Juneau, indique le manque criant: l’organisme a dénombré 4259 postes de moniteurs niveau 1 à pourvoir. Dans un mot adressé aux stations membres de l’Association, M. Juneau se veut rassurant malgré la situation préoccupante; l’organisme travaille depuis plus d’un an de concert avec le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme pour trouver des solutions.

    Des emplois méconnus

    Lorsqu’on questionne un skieur sur les emplois générés par sa station de ski préférée, il pense immédiatement au personnel qu’il rencontre tout au long de sa journée: dans le stationnement, à la billetterie ou au service à la clientèle, à la cafétéria, aux remontées mécaniques, au bar… puis, en y pensant bien et en regardant davantage autour de lui, il verra les moniteurs, les patrouilleurs, les opérateurs de dameuse… Ces employés, évidemment nécessaires à l’opération d’une montagne, représentent environ la moitié des postes qui existent au sein d’une station de ski. Ajoutez tout le personnel de la direction, côté administratif et opérationnel, la comptabilité, la boutique, l’atelier, les cuisines, la mécanique, la maintenance… et il manque encore une chose: la neige!

    Pour Réal Lapointe, conseiller en ressources humaines et santé-sécurité pour le compte de l’ASSQ, le métier le plus méconnu de tous est celui de neigiste. « Ils travaillent de nuit, dans l’ombre, pour produire l’objet numéro un nécessaire aux plaisirs de la glisse: la neige! Ils sont là, mais personne ne les voit puisqu’ils s’activent lorsque les skieurs se reposent. Et ce n’est pas évident comme métier! C’est physique, c’est dans des conditions pas toujours agréables, et ça devrait tellement être plus valorisé! »

    Vous l’aurez deviné, sans ces valeureux magiciens du flocon, aucun canon ne produirait l’or blanc tant nécessaire à la glisse: exception faite des canons positionnés en permanence en bordure des pistes, tous les canons à neige doivent être déplacés, installés, branchés au système de pompage d’eau, orientés et activés pour maximiser la production de neige. La science a permis de perfectionner les machines mais l’humain est quand même encore au coeur de l’enneigement puisqu’il appartient à chaque équipe de déterminer l’ordre d’enneigement des pistes afin de profiter au maximum des fenêtres de froid nécessaires à la formation des flocons.

    Des emplois stimulants

    La nature saisonnière des emplois en station de ski est souvent considérée comme un défaut;  l’emploi traditionnel étant permanent dans l’esprit des travailleurs. Or, bon nombre d’employés des stations bénéficient de ce statut: ouvriers de la construction, en agriculture ou dans le domaine forestier profitent des changements de saison pour changer de métier. Le type d’emploi disponible dans les stations de ski correspond également facilement aux jeunes retraités qui cherchent à demeurer actifs, sans s’impliquer à nouveau dans un emploi à temps plein!

    Pour Suzanne Gagnon, présidente du comité de concertation emploi et milieu de vie au travail pour l’Association de villégiature de Tremblant, les différents acteurs et employeurs ont tout intérêt à s’asseoir et dialoguer afin d’offrir aux travailleurs des possibilités de développement au sein de plusieurs entreprises plutôt qu’un seul et même employeur. Par le partage d’employés et de talents, plusieurs employeurs qui n’auraient pas la possibilité d’offrir un poste à temps plein peuvent permettre à un employé de cumuler des heures en plusieurs postes. Une solution parmi tant d’autres!

    Malgré l’aspect « travail hivernal », les avantages de travailler dans une station de ski sont nombreux et les employeurs rivalisent d’originalité et de bonnes idées pour augmenter leur pouvoir d’attraction: qu’il s’agisse d’horaires flexibles, de rabais ou avantages sur les services offerts en station, de facilitation des transports ou de l’hébergement, tout est sur la table pour attirer les futurs employés… et les conserver! En plus de miser sur le développement de l’esprit d’équipe, la convivialité, l’écoute des besoins des employés est au coeur des préoccupations des dirigeants de stations de ski. Ceux-ci, bien conscients de l’importance de la satisfaction de leurs employés, jonglent également avec la satisfaction de la clientèle…

    La pénurie de main d’oeuvre dans les stations de ski provoque des conséquences faciles à détecter pour le client: un service plus lent, moins de pentes accessibles, une offre moins variée à la cafétéria, diminution des plages de cours de glisse disponibles, etc. Les conséquences sont encore plus dramatiques pour les stations: des employés surchargés, épuisés, des clients frustrés, et inévitablement, une grande perte de revenus, puisque la clientèle est la première à envoyer un message financier. Malgré tous les efforts mis dans les campagnes de recrutement, journées portes ouvertes, foires aux emplois, affichages de postes et autres tactiques pour attirer des futurs employés, les milliers de postes à combler sont le reflet d’une situation répandue dans toute l’industrie touristique.

    Les stations de ski du Québec ont un message pour vous: vous cherchez un emploi différent? Vous désirez vous impliquer au sein de l’économie locale de votre région? Vous aimez voir le bonheur des gens durant vos heures de travail? Que vous soyez étudiant, retraité, comptable, graphiste, rédacteur, enseignant, électricien, avocat, mécanicien, gestionnaire ou cuisinier, les stations de ski du Québec ont besoin de vous. L’ASSQ répertorie certains postes à combler, et les stations le font elles aussi par le biais de leur site web et de leurs réseaux sociaux. Et si vous n’êtes pas intéressé… passez tout de même le mot autour de vous: qui sait, peut-être réussirez-vous à faire des heureux en comblant des postes! 

    À offrir en cadeau: le livre « L’équipe derrière la montagne », un recueil de photographies de Mathieu Dupuis

    Lecture complémentaire: Le travail d’opérateur de dameuse : parfait pour les mordus de machinerie!

    Lettre au Père Noël: de la sérénité, s’il vous plait!

    Cher Père Noël,

    Je sais que tu sais que je sais (!) que tu n’es pas tout à fait celui qu’on laisse croire aux tout-petits. Mais comme les prières peuvent être envoyées à toutes les divinités auxquelles on choisit de croire, je me permets de t’adresser cette missive, à quelques heures de ton passage chez nous. Ne t’en fais pas, je ne te demanderai rien qui nécessitera un chargement supplémentaire, tu n’as pas à faire de détour pour moi! Tu vas comprendre en me lisant…

    Père Noël, cette année, je t’écris pour te parler de deux petites choses qui me préoccupent. Comme tu le sais déjà, je suis une skieuse très sage. Je n’ai pas besoin de t’énumérer tout ce que je fais (ou ne fais pas) pour m’auto-proclamer sage, mais je dois t’avouer que je perds parfois un peu de cette sagesse quand je constate les tracas quotidiens qui minent le moral des skieurs et des employés des stations de ski. J’espère que tu ne m’en voudras pas de parler en mon nom, mais également au nom de tous ceux qui travaillent très fort pour nous donner l’occasion de skier. Ils sont très sages eux aussi! J’ai vérifié, tu peux me croire.

    La première chose qui me chicote, c’est que depuis plusieurs années, il est de plus en plus difficile pour les stations d’ouvrir à temps pour la période festive durant laquelle tu nous visites. Il tombe moins de neige, et même si, grâce à la magie, on réussit à en fabriquer, on la perd très souvent à cause de la pluie. Je ne sais pas exactement l’état de ta relation avec Dame Nature, mais si tu pouvais lui glisser un petit mot en notre faveur, ça ferait beaucoup d’heureux. Je sais, tu vas me parler du réchauffement climatique… tu dois d’ailleurs être un témoin privilégié malgré toi de la régression des glaciers et du changement de température. J’espère que ça ne te pose pas trop de problèmes pour tes déplacements!

    Comme tu le verras en arrivant au Québec, c’est franchement décourageant par ici! C’était si bien parti cette année… on a eu droit à des ouvertures spectaculaires, des conditions de janvier en novembre… mais on ne s’ennuyait pas des conditions d’octobre! J’espère que tu n’as quand même pas prévu nous offrir une tondeuse, ce serait légèrement vexant!

    L’autre truc qui m’agace, c’est l’humeur des skieurs. On dirait qu’il n’y a jamais rien à leur goût! Jamais assez de neige, jamais assez de pistes ouvertes, jamais assez d’employés à la cafétéria, jamais assez de remontées mécaniques en opération, jamais assez de rabais… Partout, quand je me promène sur les réseaux sociaux (que je commence à franchement délaisser, les dictionnaires et grammaires que tu as donnés aux pires rédacteurs ne servent pas!), tout ce que je lis, c’est du mécontentement. Que ça couine, que ça chiale, que ça grogne… C’est comme si tous les efforts faits par tous les employés ne comptaient pas!

    Père Noël, pour cette année, je ne veux pas de cadeaux. Même si c’est agréable d’en donner et d’en recevoir, je pense qu’on aurait tous besoin de quelque chose qui ne s’offre pas: de la sérénité. Ça nous permettrait de prendre du recul, de changer notre vision d’une situation, de voir ce qu’on peut y changer (ou non!), et de l’aborder avec positivisme.

    Oui, c’est ça, de la sérénité.

    De la sérénité, pour voir ce qu’on doit changer en nous, dans nos comportements, nos attentes et nos habitudes, afin de rendre le tout plus facile à vivre, pour tous.

    De la sérénité, pour réaliser la chance qu’on a d’avoir des milliers d’employés dévoués qui s’acharnent, heure après heure, semaine après semaine, saison après saison, pour nous donner du plaisir à glisser sur les pentes d’une montagne.

    De la sérénité, pour communiquer la gratitude qu’on ressent face à tous ces membres d’une équipe qui travaille sans répit, pendant que les skieurs dorment ou festoient, pour offrir le meilleur d’un sport d’hiver qui fait vivre des communautés entières.

    De la sérénité, pour accepter le froid mordant qui permet aux équipes de neigistes de produire l’or blanc, pour effacer les traces de pluie des jours précédents.

    De la sérénité, pour attendre avec patience notre tour au service à la clientèle, à la cafétéria, au bar, ou à la remontée mécanique, car malgré la pénurie de main d’oeuvre qui sévit dans l’industrie du ski, chaque station redouble d’effort pour offrir à ses clients l’occasion de partager le plaisir de la glisse et de l’après-ski.

    De la sérénité, pour passer par-dessus la frustration, les dents serrées et la veine du cou sortie parce qu’on n’a pas trouvé de stationnement pour magasiner à quelques heures de la fermeture des commerces.

    De la sérénité, parce que même si on n’a pas un Noël blanc partout au Québec, on a un Noël avec des gens qu’on aime, sous un toit, au chaud, avec bien plus de confort et de nourriture qu’on en a réellement besoin.

    Voilà, Père Noël. Peux-tu nous envoyer de la sérénité, s’il te plait?

    Joyeuses Fêtes tout le monde… et soyez sereins!

    Mont Sutton, au naturel, 9 décembre 2018

    Nous nous sommes décidés pour rendre visite au Mont Sutton en ce beau dimanche. La température était idéale (-7 C), il a neigé une bonne couche de poudreuse fraîche et légère cette nuit, les conditions parfaites étaient réunies pour une journée de congé bien méritée.

    Arrivé à la billetterie, on nous a informés qu’il y aurait des crics et ruisseaux apparent et de faire attention. Aussi, que les canons à neige étaient en opération dans la Dynamique, la piste en dessous du télésiège #4. Pour s’y rendre, ce n’était pas évident car la Youppe-Youppe était pleine de gros bancs de neige artificielle et que la dernière partie était fermée, donc il fallait passer par le sous-bois. Je vous assure que les techniciens du Mont Sutton tirent avantage de dame nature et génèrent autant de neige qu’ils peuvent en cet hiver hâtif, ça augure bien pour le temps des fêtes.

    En avant-midi, avec Steve et Caroline, des skieurs de Sutton, nous avons plutôt exploré la section du télésiège #7 qui n’était pas en fonction, mais toutes les pistes étaient accessibles avec le télésiège #5. Nous avons fait des traces dans l’Émotion et l’Intrépide, la portion du bas de la Bou-Bou était tout aussi agréable. J’ai cru me retrouver en plein hiver tellement les conditions étaient agréables.

    Après le lunch nous nous sommes joins à François et Mélanie, avec qui après avoir skié dans la section du télésiège #7, nous avons exploré la section du télésiège #1. Comme cette section est en plus faible altitude, les obstacles comme cours d’eau et certaines portions visiblement moins garnies étaient perceptibles. L’enneigement de la nuit précédente nous a quand même surpris puisque bon nombre de skieurs nous avaient prévenus que les conditions ne seraient pas optimales.

    Il y avait 41 pistes ouvertes et 5 télésièges en opération. La station sera fermée cette semaine pour préparer l’ouverture officielle de la saison samedi prochain le 15 décembre, à compter de cette date la station sera ouverte 7 jours sur 7. Si vous vous aventurez à Sutton cette semaine, il faudra songer à y aller en ski de randonnée alpine et une bonne connaissance du terrain.
    Le Mont-Sutton est un endroit féerique, les arbres sont la proie de la neige, surtout au-delà de la mi-montagne. Les conditions étaient vraiment exceptionnelles. Il faut dire que l’hiver hâtif rend un fier service aux skieurs en ce début de saison. J’ose avancer que le Mont Sutton bénéficie d’une orientation et de conditions de ski très respectables pour ce début décembre.

    Nous avons terminé notre journée par le traditionnel arrêt au Bar le Tucker où nous avons rencontré notre ami Jean-Michel Gendron et son ami Mathieu.

    Transaction historique à Val-David: Vallée Bleue change de mains!

    C’était un secret plus ou moins gardé depuis quelques années: la station préférée des familles de Val-David était à vendre de manière informelle. Propriétaires de Vallée Bleue depuis sa création en 1963, Manfred et Karen Lingat ont trouvé l’âme soeur à qui passer le flambeau et depuis la saison 2017-18, la relève est déjà en place pour permettre un transfert des connaissances et une familiarisation en douceur avec l’équipe d’employés. Les nouveaux propriétaires et gestionnaires de l’endroit sont un couple déjà bien connu de l’industrie du ski: Isabelle Emond et Luc Beaujean. Débordant de dynamisme et d’enthousiasme, les plans sont nombreux pour le duo d’acquéreurs qui souhaite orienter davantage les opérations vers une station 4 saisons.

    Une page d’histoire

    Pour les skieurs habitués de l’endroit, le changement de mains représente un nouveau chapitre dans un même livre d’histoire: la station de taille modeste demeurera une destination privilégiée pour les familles et débutants cherchant un environnement sans stress pour s’adonner aux plaisirs de la glisse en toute sécurité. Les projets de développement que le duo Emond-Beaujean a en tête sont alignés avec le désir maintenir l’endroit tel qu’il est et de préserver son identité.

    La transaction, officialisée le 15 novembre selon le communiqué, semble avoir été menée rondement. Les deux parties, déjà en contact depuis plusieurs mois, ont réglé le tout en un laps de temps relativement court, faisant de ce changement de propriétaires une passation assez unique dans le monde du ski: depuis le rachat du Mont SUTTON par un groupe d’investisseurs en 2016, 2017 a vu Tremblant changer de propriétaire (rachat de la station d’Intrawest par Alterra Mountain Company) et Owl’s Head a également fait l’objet d’un rachat par un groupe d’investisseurs plus tôt en 2018*.

    Le rachat de Vallée Bleue par un couple dans la quarantaine est donc particulier de par la nature de la transaction: la compagnie familiale, fondée en 1963 et n’ayant eu aucun autre propriétaire, devient maintenant possession d’une autre famille amoureuse de l’endroit. Pour les Lingat, il allait de soi que la vente de leur bijou devait se faire à quelqu’un qui partagerait leurs valeurs et intérêts. « Nous avons totalement confiance. Ils sauront préserver l’authenticité, le charme et l’ADN de la montagne et la feront grandir en ayant à cœur l’intérêt de la communauté, employés et clients », a confié Manfred Lingat lors de l’émission du communiqué de presse.

    Isabelle et Luc: qui sont-ils?

    Couple professionnel et dans la vie, Isabelle et Luc sont les parents d’un garçon de quatre ans, déjà à l’aise sur des spatules. Connaissant bien l’environnement de Vallée Bleue, Isabelle Emond peut se vanter d’avoir fait ses premières marques professionnelles dans la modeste station à la fin des années 1980, à l’ère où les stations de ski étaient encore bien plus nombreuses au Québec. Jouissant d’une réputation impeccable concernant les programmes de la relève, l’enseignement du ski, la gestion et la direction d’une école de glisse, d’une boutique, d’un atelier et d’un centre de location, Isabelle a acquis son expérience au fil des années à Bromont, au Mont SUTTON, mais aussi en Nouvelle-Zélande, où elle a habité près de dix ans.

    De son côté, Luc Beaujean occupait lui aussi un poste de directeur au Mont SUTTON avant de décider de se lancer dans l’aventure de l’achat de Vallée Bleue: il était responsable de toute la restauration de la station, incluant les restaurants de montagne. Son profil de gestionnaire s’est également développé grâce à son séjour dans les stations de l’ouest canadien, ainsi qu’en tant que propriétaire du Tartinizza, une restaurant fort apprécié de la faune locale à Sutton qu’il a revendu depuis.

    Vision du futur

    Pour Isabelle et Luc, pas question de balayer le passé de la station du revers de la main: l’histoire de la montagne est partie prenante de son identité et les projets de développement que les nouveaux acquéreurs ont en tête représentent une augmentation de l’offre de produits et services s’inscrivant dans une suite logique complétant l’offre actuelle. « Ayant à cœur notre clientèle actuelle, le développement d’un nouveau noyau de clients autant que de répondre aux besoins des familles des générations à venir, l’ouverture vers le futur est incontournable pour nous » précise Isabelle.

    La transaction, dont le montant n’a pas été révélé, fait partie des changements majeurs à survenir dans l’industrie du ski du Québec pour la saison 2018-19. Les annonces habituelles de nouvelles remontées mécaniques, d’ajout de pistes et de rénovation de chalets se faisant plutôt en septembre et octobre, l’annonce de cette transaction survient donc à un moment où les premiers flocons ont déjà recouvert bon nombre de pistes à travers la province… à ce sujet, Isabelle et Luc prévoient accueillir les premiers skieurs de la saison sur leurs pentes à partir du 25 novembre. C’est un rendez-vous!

    *Modification après publication de l’article pour corriger un oubli de l’auteur

    Antillanca (Chili): le joyau aux portes de la Patagonie

    Antonio Kauak - Antillanca

    Chaque virage imprime mes traces dans la neige molle alors qu’une fine poudreuse s’élève dans les airs à mon passage. La pente est large, abrupte, constante. Personne n’y est encore passé et je peux prendre toute l’amplitude nécessaire pour skier cette blancheur immaculée.

    Notre chroniqueur Pierre Pinsonnault profite de la poudreuse à Antillanca. Crédit photo Antonio Kauak.

    Je me pince pour être certain que je ne rêve pas. La date est bien le 19 août 2018 et l’endroit se nomme Antillanca, une station de ski du Chili située à près de 1000 kilomètres au sud de Santiago, dans le parc national Puyehue. Autour de moi, le paysage est irréel: les montagnes peuplées par une dense et luxuriante forêt laissent place à des environnements alpins et au volcan Casablanca, au pied duquel se trouve la station. Plus loin, les volcans Puntiagado et Osorno percent l’horizon avec leur long cône enneigé.

    Une voix me réveille de ma transe. «C’est bon, hein!», me lance Antonio Kauak dans un français parfait. Ce Chilien, qui occupe le poste de directeur de l’école de ski d’Antillanca, a passé sa vie à skier entre le Chili et les Alpes. Et aujourd’hui, il est bien heureux de m’accompagner à travers le domaine skiable de la station, de surcroît la journée suivant une tempête de plusieurs jours ayant bien rempli les montagnes.

    Antonio Kauak, directeur de l’école de ski d’Antillanca, avec en arrière-plan les volcans Puntiagado et Osorno.

    Une station «familiale» avec du défi

    De l’aveu même d’Antonio, Antillanca est une station familiale. De fait, le terrain que l’on y retrouve est d’abord et avant tout de niveaux débutant et intermédiaire. Il y a toutefois le secteur Haique, où les experts trouvent leur compte avec du terrain double-losange laissé au naturel, outre une piste damée certifiée FIS.

    Vue sur le secteur Haique.

    L’équipe de compétition, l’une des meilleures du Chili aux dires d’Antonio, confirme le caractère familial d’Antillanca. On voit de très bons jeunes skieurs démontrer leur talent en ski de course dans les pistes damées, alors que d’autres progressent visiblement bien grâce à des entraîneurs chevronnés.

    Antonio descend la piste El Coipo du secteur Haique, avec à l’arrière-plan le volcan Casablanca. 

    La station, dont le bas des pistes se trouve dans la forêt, offre un dénivelé d’environ 500 mètres. Elle compte un télésiège, quatre arbalètes et 23 pistes officielles. Au-delà du domaine skiable, il y a plusieurs options pour le backcountry, dont l’ascension du volcan Casablanca (voir mon autre texte).

    La station dispose d’un hôtel au pied des pistes ainsi que d’un superbe chalet rustique et bien entretenu. Très éloigné de la route principale, l’endroit est paisible et relaxant. La météo peut l’être un peu moins, dans cette partie du Chili où les tempêtes se succèdent à un rythme effréné. Mais cela, c’est une autre histoire…

    Chose rare au Chili, la base de la station Antillanca se trouve dans la forêt.

    Une journée de poudreuse

    L’histoire d’aujourd’hui en est une de poudreuse. Le vaste domaine skiable nous offre, à Antonio et à moi, la possibilité d’aligner les descentes dans la neige molle de l’ouverture à la fermeture de la station. Nous avons skié partout, mais en ciblant particulièrement les secteurs Don Pedro et Haique.

    Pierre laisse ses traces dans le secteur Don Pedro.

    Plus l’après-midi avance, plus nous faisons de la traverse pour découvrir chaque fois davantage de poudreuse. Les pistes El Araucano, El Lobo et La Taza ont régalé notre faim insatiable de neige intouchée.

    Antonio dans la piste El Araucano, avec vue sur le chalet-hôtel au bas des pistes. 

    C’est une de ces journées dont on voudrait qu’elle ne se termine pas, où la fatigue n’arrive jamais à éteindre ce désir pulsionnel de skier. Est-ce l’énergie des montagnes? Le mysticisme du ski dans la poudreuse? Ou tout simplement le fait d’être ici, à Antillanca, dans ce paradis à l’autre bout de monde? Qui sait…

    Pour en savoir plus sur Antillanca:

    Site Web: http://www.antillanca.cl/

    Facebook: https://www.facebook.com/antillancachile/

    La cure de Jouvence, version Tremblant

    Alors que les dernières descentes de la saison 2017-2018 n’avaient pas encore eu lieu au Québec, Tremblant entamait déjà un chantier majeur: le remplacement de la remontée triple du Lowell-Thomas. En avril dernier, les premières étapes du démantèlement de l’ancienne remontée étaient déjà effectuées, laissant les nostalgiques tristes devant la fin d’une ère et les optimistes excités à l’idée de se laisser transporter au sommet par une nouvelle remontée. Les investissements n’allaient toutefois pas s’arrêter à un télésiège quadruple: en tout, c’est plus de 17 millions de dollars qui auront été investis dans la station de ski tremblantoise, gracieuseté du nouveau propriétaire, Alterra Mountain Company. Les opérations, fort bien documentées en images sur le blogue de la station, ne sont pas une mince affaire. Le 24 octobre, les médias ont été conviés à une visite des multiples chantiers. Voici notre compte-rendu!

    Le Grand Manitou: revu et corrigé

    Si vous avez déjà fréquenté le chalet du sommet de la station, vous avez sans doute constaté quelques lacunes, exacerbées par l’achalandage grandissant -à son paroxysme les samedis. Impossible d’y trouver une table libre à l’heure de pointe, circulation plus que difficile dans l’aire de commande et paiement des repas, courants d’air désagréables à proximité des portes d’entrée, toilettes accessibles par un parcours clair-obscur, luminosité réduite même à quelques mètres des fenêtres panoramiques… Érigé en 1993, modifié en 1999, le Grand Manitou avait les défauts de ses qualités: le chalet, qui se voulait chaleureux et convivial, souffrait d’un manque d’espace. Ces ennuis seront chose du passé dès l’ouverture du 22 novembre!

    Non seulement les aires pouvant accueillir des places assises ont été agrandies sur deux étages, mais le système de ventilation (chauffage ET climatisation) a subi une mise à jour; de même que le coin restauration: plus besoin de jouer des coudes ou de louvoyer entre les plateaux pour voir les menus disponibles -menus qui seront à redécouvrir, à l’exception de l’indémodable burger-frites. En tout, c’est plus de 400 places assises qui seront ajoutées à la capacité du chalet.

    Un système de filtration et circulation de l’air créant une pression positive fait également partie des améliorations: terminé, le fichu courant d’air aux tables près des ouvertures! L’espace réservé aux boites à lunch n’a pas été sacrifié, rassurez-vous. L’hiver 2018-2019 sera l’occasion pour les skieurs de redécouvrir le coin crêpes, et le foyer qui était autrefois caché par le comptoir. À son plus fort, le chantier aura occupé au-delà de 60 travailleurs, tous corps de métiers confondus. Les délais de livraison sont tenus: les premiers banquets et réceptions sont programmés dans les prochains jours!

    Le Lowell-Thomas Express

    Sans grande surprise, le télésiège triple figurait sur la liste des infrastructures nécessitant un bon entretien à court terme. Sachez toutefois qu’à l’exception du câble, arrivé à la fin de sa vie utile, toutes les pièces et composantes de la remontée démantelée qui étaient encore utilisables ont été conservées par l’équipe des remontées mécaniques de Tremblant: ce télésiège est en presque tout point comparable (donc compatible) avec celui de la Porte du Soleil. Le reste a été envoyé au recyclage. Si vous espérez mettre la main sur une chaise du télésiège, vous devrez patienter encore quelques années!

    Le nouveau télésiège, un quadruple débrayable, aura évidemment un débit supérieur à l’ancien, portant de 1800 à 2400 le volume potentiel de skieurs déposés au sommet chaque heure. Fabriqué par Doppelmayr, les composantes proviennent à la fois de l’usine de St-Jérôme et d’Autriche. L’équipe de l’entreprise déployée sur place a donc travaillé d’arrache-pied, conjointement avec la station, pour tenir un échéancier plus que serré. Comme on connait la capacité de réaction rapide des deux acteurs (rappelez-vous la reconstruction partielle du TGV -qui porte encore mieux son nom- après l’incendie de l’automne 2014), la date de tombée pour la livraison de la nouvelle remontée ne posera pas problème.

    Bien que les pylônes et trains de galets soient encore sagement alignés dans le stationnement du versant Nord, le montage final est déjà prévu à la minute près, incluant opération héliportée. Les gares aval et amont sont déjà en place, la prochaine étape requiert le passage d’une équipe d’électriciens pour connecter l’ensemble des composantes motorisées du télésiège. Le Lowell-Thomas Express gravira les 264 mètres de dénivelé en retranchant plusieurs minutes au chrono de son prédécesseur; les paris sont déjà ouverts afin de savoir qui aura l’honneur de s’asseoir dans la chaise inaugurale!

    Les nouveaux sous-bois sont prêts

    Certaines zones déjà bien fréquentées des chevreuils habitués de l’endroit seront désormais accessibles au grand public! En collaboration avec le Parc National du Mont-Tremblant, le défrichage et l’élagage des nouveaux sous-bois a été confié à une équipe de bûcherons experts. Le peaufinage des derniers détails a été laissé au soin de la patrouille de la montagne et les sous-bois sont maintenant fins prêts pour les premières chutes de neige. Sur le versant Nord, les skieurs pourront profiter de la Dynagriffe (accessible par l’Expo), de la Taïga, jouxtant la déjà fort prisée C.B.C., d’une ouverture dégagée sur le côté de la Boiling Kettle, et des Vallons, une piste cotée difficile (bleue) dont l’entrée se trouve à la jonction Vanier-Duncan Haut. Le Edge n’est pas en reste avec un ajout à droite de l’Action: la Réaction (oui, avec le même « pitch » du haut de l’Action!) et l’Extension font désormais partie des sous-bois du côté de l’Escapade.

    Améliorations supplémentaires

    Alterra Mountain Company semble déterminée à rehausser la qualité du produit « Tremblant ». Les visiteurs qui avaient l’habitude du chapiteau temporaire (la Boite à Lunch) voisin de la Fourchette du Diable du versant Nord pourront désormais profiter d’un bâtiment permanent. La Fourchette a droit elle aussi à une remise à neuf, de la même manière que l’aire d’alimentation du sommet: nouveaux fourneaux, menu rafraichi, décor revampé. La somme colossale investie sur les infrastructures permet également d’agrandir la flotte de canons à neige, augmentant par le fait-même la capacité d’enneigement. Fait à noter, lors de l’ouverture prévue pour le 22 novembre prochain, la station espère enneiger de haut en bas, nord et sud, comme à son habitude. Seule la piste Nansen sera potentiellement inaccessible puisqu’elle sert de chemin de service pour acheminer tous les matériaux au sommet et que les besoins en transport seront présents jusqu’à la dernière minute. Le décompte est donc lancé, il ne manque plus que les flocons au sol!

    Pour voir plus d’images sur le blogue de la station:
    – Les rénovations du Grand Manitou
    – Le remplacement du Lowell-Thomas

    Volcan Casablanca (Chili): une ascension bien récompensée

    En hiver, les volcans du Chili, avec leurs cônes enneigés, sont impressionnants lorsqu’on les regarde de la route. Ils le sont encore plus lorsqu’on se trouve sur leur sommet, sur le bord du cratère, dominant toutes les montagnes environnantes, skis aux pieds et prêt pour une longue descente.

    Vers le sud du Chili, il y a de nombreux volcans accessibles et skiables en une journée. C’est le cas du volcan Casablanca, où je me trouve en ce 20 août 2018. Il s’agit du volcan le plus «facile» parmi ceux que j’ai eu la chance de gravir au Chili: c’est une ascension assez courte (environ 3h30), peu technique (inclinaison ne dépassant pas les 30 degrés) et qui, de surcroît, offre la récompense d’un paysage majestueux avec vue, d’un côté, sur les lacs de la vallée chilienne et, de l’autre, les Andes de l’Argentine, le tout ponctué par les volcans environnants éparpillés un peu partout.

    L’itinéraire

    L’accès au volcan se fait par la station de ski Antillanca, dans le parc national Puyehue située dans la région de Los Lagos. Celui qui le veut peut d’ailleurs utiliser les remontées mécaniques pour raccourcir l’itinéraire d’environ 45 minutes. De la base de la station de ski, il s’agit en tout d’une ascension de 1150 mètres de dénivelé.

    Magui et son splitboard dans un décor de rêve.

    Il y a deux itinéraires principaux pour faire l’ascension du volcan : le premier, plus rapide et direct, débute à mi-chemin du téléski Don Pedro; le second, plus long mais très panoramique, consiste à suivre une longue crête à partir du point le plus haut de la station de ski (sommet du téléski Don Pedro). Peu importe l’itinéraire choisi, l’arrivée au cratère du volcan se fait au même endroit.

    Miguel durant l’ascension, avec la vallée chilienne à l’arrière-plan.

    L’ascension

    Vers 10h le matin, alors que je m’apprête à entreprendre l’ascension, je fais la connaissance de quatre Argentins venus ici pour la même raison que moi : monter et descendre le volcan Casablanca. Après avoir échangé quelques mots, ils m’ont invité à me joindre à eux; c’est toujours plaisant cette ambiance de camaraderie générée par une passion commune…

    Après avoir échangé un peu sur quel itinéraire choisir, nous avons opté pour le plus long, soit celui parcourant la crête. Ayant toute la journée devant nous et voulant profiter, bien relaxe, d’une vue imprenable sur les montagnes et les lacs, l’option allait de soi et le choix ne fut pas décevant.

    Miguel et Maria Fernanda durant l’ascension. À l’arrière-plan, on voit le volcan Puyehue. 

    Après avoir gagné le sommet du téléski Don Pedro, nous nous engageons sur la longue crête, qui comporte quelques petites montées et redescentes – pas besoin d’enlever les peaux – et qui se rattache au cône du Casablanca. Rendus là, nous entreprenons l’ascension du volcan comme tel alors que la pente devient plus inclinée.

    Regard sur l’objectif: le cratère du volcan Casablanca.

    Comme dans la majorité des ascensions de volcans, les crampons à skis (couteaux qu’on fixe après les fixations) sont de mises; de fait, même si le soleil fait tranquillement son œuvre sur la neige, la surface reste durcie.

    Il est possible de faire l’ascension en ski avec les peaux jusqu’au sommet; par contre, à défaut d’avoir l’équipement nécessaire, il faut assurément transférer vers les crampons d’alpiniste pour les bottes afin d’atteindre sécuritairement le sommet.

    Le cratère

    Une fois le sommet atteint, la récompense est pleine: le panorama est incroyable, irréel. Je laisse les images parler d’elles-mêmes…

    Volcans Puntiagado et Osorno vus du sommet du volcan Casablanca.
    Deux inconnus prennent une pause en regardant vers les Andes de l’Argentine. 

    Comme le volcan Casablanca n’est plus actif, son impressionnant cratère est rempli de neige. Celui qui le veut pourra même skier à l’intérieur, pour un dénivelé d’environ 200 mètres.

    Le cratère du Casablanca avec, au loin, le volcan Tronador dont le sommet principal est sur la frontière Chili-Argentine.

    La descente

    Après avoir amplement pris le temps de contempler le paysage, nous entamons la longue descente qui nous ramènera à la base de la station de ski, moyennant une petite remontée obligée d’une cinquantaine de mètres à mi-parcours.

    Notre chroniqueur Pierre Pinsonnault durant la descente du volcan Casablanca. Au bas, on voit le cratère Raihuen. Crédit photo Miguel Angel Castiarena.

    Le soleil a fait son œuvre sur la neige et la surface est maintenant en «crémage à gâteau» sur une base ferme; bref, les conditions parfaites pour ce type de descente.

    Skieur inconnu rencontré durant la descente du Casablanca.
    Descente avec vue sur la vallée chilienne et ses lacs.

    Nous nous élançons l’un après l’autre pour attaquer la longue partie inclinée du cône, qui nous mène ensuite vers un grand plateau à la pente douce que nous savourons en faisant des virages grand rayon, glissant entre les roches sur cette belle neige humide.

    Regard sur la descente.

    Après la petite remontée, la descente se poursuit dans la station de ski pour se terminer au chalet du bas. Je regarde mes camarades argentins, tout sourire et les yeux pétillants de bonheur pour l’ascension accomplie. J’imagine que c’est exactement à cela que je devais ressembler moi aussi… Heureux, je repars seul vers d’autres horizons chiliens, gardant un souvenir impérissable de cette journée sans faille.

    Pour en savoir plus sur la station de ski Antillanca, porte d’accès du volcan Casablanca:

    Site Web: http://www.antillanca.cl/

    Facebook: https://www.facebook.com/antillancachile/

    Cerro blanco, Pérou: descente de la plus haute dune skiable au monde

    Au sommet du Cerro blanco, la vue sur le contrefort des Andes péruviennes est saisissante. L’environnement est extrêmement aride, avec quelques cactus et broussailles ici et là, sans plus. Mes yeux balaient avec fascination les montagnes environnantes, dominées par la plus haute dune skiable au monde où je me trouve, dont l’altitude atteint 2080 mètres et le dénivelé près de 1200 mètres, soit presque 2 fois celui du Mont Sainte-Anne.

    Après plusieurs minutes de contemplation, le moment attendu se pointe: je m’élance, skis aux pieds, gardant les yeux vers le bas, prenant de la vitesse, m’amusant à faire des virages en court et grand rayon, laissant mes traces s’imprégner sur le sable fin. La descente est longue, fluide, sublime, autant pour moi que pour le planchiste péruvien Dito Chavez qui m’accompagne.

    Dito Chavez est le premier planchiste péruvien à représenter le Pérou sur le circuit mondial FIS. Photo: Rossana Rodriguez

    Il reste que la satisfaction qu’apporte la récompense est proportionnelle à l’effort consenti pour profiter de cette descente du Cerro blanco. De fait, il n’y a pas de solution facile pour s’y rendre; il s’agit d’une randonnée d’approche variant entre trois et quatre heures, selon la vitesse de marche, de surcroît dans un environnement désertique caractérisé par une chaleur persistante.

    C’est d’ailleurs pourquoi la meilleure option consiste à partir très tôt de la plus proche ville, soit Nasca, située à environ 7h d’autobus au sud de la capitale Lima.

    Départ à 4h du matin de la ville de Nasca. Photo: Pierre Pinsonnault

    C’est ainsi qu’à 4h du matin, le mercredi 16 mai 2018, Juan Carlos, Rossana Rodriguez, Dito Chavez et moi-même quittons Nasca afin de nous rendre en voiture au début du sentier qui nous mènera au Cerro blanco. Trente minutes plus tard, nous entamons la randonnée à la frontale, dans la nuit qui se fait clémente sous un ciel gorgé d’étoiles.

    Sur le chemin, Dito me raconte son histoire, qui n’est pas banale. Ayant commencé à pratiquer le sandboard – l’équivalent de la planche à neige sur le sable – durant l’adolescence, il a plongé tête première dans le sport comme exutoire de la misère qui afflige trop souvent la jeunesse péruvienne. Le sandboard, au même titre que le snowboard, bénéficie d’une structure mondiale de compétition qui prend diverses formes: slalom, boardercross, sauts, etc. De fil en aiguille, Dito s’est donc hissé au sommet de son sport pour finalement obtenir le titre de champion mondial en sandboard. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

    En parallèle, il se développe également sur la neige, s’entraînant en Europe et en Argentine. Il est aujourd’hui le seul Péruvien à faire partie du circuit mondial FIS en snowboard, et il me confie même être passé par Stoneham, au Québec, pour l’épreuve de la Coupe du monde. Son objectif ultime reste les Jeux olympiques de Beijing 2022.

    Il va sans dire que Dito est un modèle pour les jeunes péruviens. Avec sa collègue Rossana, il a démarré sa propre école de sandboard, la Dito Sand X Sports située à l’oasis de Huacachina où, en plus d’accueillir les touristes qui veulent s’initier au ski ou à la planche sur le sable, il a mis sur pied un programme d’inclusion sociale des jeunes par le sport.

    À l’assaut de la dune

    Le soleil s’est maintenant levé, et ses doux rayons matinaux caressent ma peau alors que nous nous approchons de la dune.

    Le sommet du Cerro blanco est maintenant à portée. Photo: Pierre Pinsonnault

    L’ascension ne se fait pas sur la dune, qui est assez inclinée (entre 40 et 45 degrés), mais plutôt par un sentier de randonnée qui sillonne à travers les montagnes environnantes et qui nous y amène par l’arrière. Lorsque nous atteignons finalement le sommet, la chaleur se fait plus accablante, mais l’altitude nous expose tout de même à un petit vent rafraîchissant.

    Dito et Juan Carlos au sommet du Cerro blanco. Photo: Pierre Pinsonnault
    Après trois heures et demie de marche, le sommet est atteint. Photo: Rossana Rodriguez 

    Au sommet de la dune, le sentiment d’accomplissement est vivifiant pour tous!

    De gauche à droite: notre chroniqueur Pierre Pinsonnault, Dito Chavez, Rossana Rodriguez et Juan Carlos Perez.

    La vue sur la descente est vertigineuse!

    Photo: Pierre Pinsonnault

    Avant de descendre, il faut s’adonner au rituel qui caractérise les sports de glisse sur le sable, soit d’étendre la cire d’une chandelle sur la base du ski ou de la planche, recouverte par un plastique laminé.

    Rossana étend la cire sur la base de la planche avant la descente. Photo: Pierre Pinsonnault

    Puis, au contact du sable chaud, la cire fond et s’étend sur la base, ce qui rend le ski glissant. Et les sceptiques seront confondus: ça glisse presque autant que sur la neige!

    Le début d’une longue descente sur le sable pour Pierre. Photo: Rossana Rodriguez

    On peut même se construire des sauts. Juan Carlos et Dito s’en donnent respectivement à cœur joie!

    Après avoir construit un saut, Juan Carlos se lance avec les Andes péruviennes en arrière-plan. Photo: Pierre Pinsonnault
    Dito Chavez prouve que peu importe la substance de glisse, le plaisir est le même! Photo: Rossana Rodriguez

    Après trois petits vallons à franchir au tout début, la descente se veut ensuite longue et constante.

    Les perspectives peuvent être trompeuses: il reste encore un bon 800 mètres de descente! Photo: Rossana Rodriguez

    Une fois rendu en bas, la journée n’est pas encore terminée! Il reste environ une heure et demie, voire deux heures de marche pour retourner à la voiture. Il est maintenant midi et la chaleur est à son apogée; de plus, nous ne bénéficions plus de l’effet de l’altitude sur la température. Je dois couvrir chaque partie de mon corps – le cou, les oreilles, les mains – afin de ne pas brûler. Au moins, la randonnée se fait sur un terrain plat…

    Il reste qu’un regard par-dessus l’épaule sur le chemin du retour nous fait apprécier toute l’ampleur du Cerro blanco et de la descente effectuée.

    Vue sur le Cerro blanco au retour. Photo: Pierre Pinsonnault 

    La Dito Sand X Sports à l’oasis de Huacachina

    Tout skieur ou planchiste qui effectue un voyage au Pérou doit se réserver deux jours pour passer par l’oasis de Huacachina, située à seulement 10 km de la ville d’Ica, pour vivre l’expérience du ski ou de la planche sur le sable. Vous serez d’ailleurs surpris d’y rencontrer des skieurs et planchistes venus de partout au monde.

    L’oasis de Huacachina vue du haut de la dune nord, tout juste avant de descendre. Photo: Pierre Pinsonnault

    L’équipe de la Dito Sand X Sports sera là pour vous accueillir et vous faire découvrir les dunes autour de l’oasis. Si vous désirez pousser plus loin l’expérience, comme dans ce reportage, Rossana et Dito pourront vous organiser une journée au Cerro blanco.

    Pour se rendre à l’oasis de Huacachina, il faut prendre un taxi à partir du terminus d’autobus d’Ica (calculez 10 soles péruviens). L’oasis, construite autour du petit lac entouré de dunes, est constituée principalement d’hôtels, de piscines et de restaurants. Tout cela fait que l’ambiance d’après-ski est garantie dans cet environnement dépaysant et atypique pour le skieur québécois!

    Pour plus d’informations

    Facebook : https://www.facebook.com/DitoSandXsports/

    Courriel : info@dito-sandxsports.com

    Réussir son immersion chilienne: sept items à apporter avec vos skis

    Faire un voyage, même de ski, est une occasion rêvée pour une immersion dans la culture d’un autre pays, surtout lorsqu’on l’organise soi-même et qu’on fuit les «tout inclus» que proposent les voyagistes. Si c’est votre cas, voici quelques items qui vous seront utiles pour agrémenter votre voyage de ski au Chili.

    Cet article est en complément des textes Gravir et skier les volcans du Chili et Corralco / volcan Lonquimay: épicentre de la nouvelle génération backcountry du Chili.

    1. Guide de conversation latino-américain

    Vous pensez vous en sortir avec «Una cerveza, por favor»? Ou vous débrouiller puisque vous connaissez l’anglais? Eh bien, non! Les Chiliens, pour la majorité, ne parlent pas anglais et ne feront ni un ni deux pour vous accommoder linguistiquement. À vous, alors, de faire tous les efforts: «À quelle heure est le prochain autobus pour Temuco?»; «Puis-je avoir un billet pour Pucón?»; «Où se trouve le terminus d’autobus?»; «J’aimerais louer une voiture avec des chaînes pour la neige»; «À quand la prochaine tempête de neige?», etc. Voilà autant de phrases que vous devrez savoir et qui vous permettront d’arriver à votre destination finale: la montagne. En chemin, vous ferez sourire les Chiliens avec votre accent, mais ils seront heureux de constater vos efforts linguistiques et seront, dès lors, beaucoup plus prompts à vous aider.

    2. L’espagnol en 5 minutes par jour

    Vous savez que vous allez skier en Amérique latine depuis un bon moment déjà. Et vous vous dites sans cesse: «Il faut que je m’inscrive à un cours d’espagnol.» L’humain étant ce qu’il est, la procrastination repousse l’action et, à quelques semaines de votre départ, la seule phrase que vous connaissez est encore: «Una cerveza, por favor!». Rassurez-vous, le petit livreL’espagnol en 5 minutes par jour vous permettra d’apprendre les rudiments de l’espagnol et, au moins, de savoir situer vos interventions dans le temps et l’espace avec un minimum de syntaxe et de grammaticalité. À cinq minutes par jour, c’est facile d’éviter la procrastination!

    3. Un guide de voyage et la carte Chili/Argentine

    Comme vous organisez votre propre voyage, vous ne pourrez dès lors compter que sur vous-même. Quiconque est déjà parti à l’aventure sait qu’un livre du type Le Petit Futé ou Lonely Planet est essentiel à la planification. N’en faites pas l’économie, surtout si votre niveau de maîtrise de l’espagnol est faible. Outre les hôtels, les restaurants et des données sur les compagnies d’autobus (un vrai casse-tête au Chili), ces guides incluent aussi des informations sur les stations de ski, comment vous y rendre et où dormir.

    En complément, la carte du Chili/Argentine vous permettra d’éviter de vous tromper de route et, le cas échéant, de vous y retrouver même si le réseau routier est plutôt simple et efficace.

    4. La compilation de musique Viaje Andino

    La trame sonore pour accompagner votre dépaysement! Mélangeant la musique traditionnelle de l’Amérique latine à la musique électronique, les deux volumes de la compilation Viaje Andino produite par le netlabel chilien Sello Regional vous permettront de découvrir la culture musicale des Andes dans une ambiance contemporaine. La route panaméricaine traverse la vallée chilienne sur toute sa longueur, avec vue presque constante sur les Andes enneigées; les pièces que propose Viaje Andino enroberont votre environnement visuel d’une atmosphère sonore propice à la découverte!

    Disponible sur Bandcamp dans la formule «proposez un prix».

    Volume 1: https://selloregional.bandcamp.com/album/viaje-andino-1

    Volume 2: https://selloregional.bandcamp.com/album/viaje-andino-2

    5. Le Chant général de Pablo Neruda

    «J’écris pour des volcans dont les dômes de craie, répètent leur vide rond auprès de la neige pure» (extrait du Chant général de Pablo Neruda).

    Célèbre homme politique chilien, communiste pourchassé à l’époque du gouvernement de Salvador Allende (années 1970) mais aussi penseur et poète, Pablo Neruda livrera, durant ses années de fuite et d’exil, une œuvre majeure de la littérature latino-américaine. Le Chant général permet de traverser l’histoire des conquêtes espagnoles en Amérique latine, en passant par les libérateurs, jusqu’aux gouvernements plus contemporains. Le tout, bien entendu, avec une attention portée sur le Chili.

    Fortement ancrée dans la culture, les traditions, les valeurs et les paysages du Chili, l’œuvre poétique est un plaisir intellectuel et linguistique qui permettra d’agrémenter votre voyage d’une touche littéraire.

    6. Le Topo du ski andiniste de Frédéric Lena

    Nous voici rendus à la montagne, et c’est le temps de skier! Si vous désirez sortir des sentiers battus et découvrir les Andes, ses volcans et ses montagnes skiables, il est fortement recommandé d’entreprendre l’exploration avec le Topo du ski andiniste de Frédéric Lena (Belupresse, 2007; http://www.belupress.com/), qui présente 80 itinéraires de randonnées dans les Andes du Chili et de l’Argentine. Bourré de cartes, de photos, de détails sur les itinéraires et d’anecdotes de voyage, cet ouvrage constitue une source d’information dont on ne peut se passer, en plus d’être un pur plaisir à lire.

    En complément:

    Pixmap Cartografía Digital: un organisme qui offre une cartographie de qualité pour les Andes. Plusieurs régions skiables de l’Argentine et du Chili y sont cartographiées.

    www.pixmap.org et https://www.facebook.com/PIXMAPcartografiadigital/

    Servicio de estaciones DGA en Tiempo Real: la liste des stations météo (dont celles des Andes) sur toute la longueur du Chili. http://dgasatel.mop.cl/index.asp

    Meteo Chile: http://www.meteochile.gob.cl/PortalDMC-web/index.xhtml

    Snow Forecast: http://www.snow-forecast.com/

    Avanet: une application socio financée qui permet de connaître l’état de la neige et les conditions d’avalanche partout sur le globe, incluant les Andes. https://avanet.avatech.com/login

    À noter: il existe également plusieurs ressources spécifiques à l’Argentine, mais comme l’article porte sur le Chili, j’ai choisi de me concentrer sur celles disponibles pour ce pays.

    *Cet article a été initialement publié en mars 2017 mais son contenu est toujours d’actualité!

    Corralco / volcan Lonquimay: épicentre de la nouvelle génération backcountry du Chili

    Assis au sommet du volcan Lonquimay, sur le bord du cratère rempli de neige, je regarde l’horizon. Derrière moi, la vallée verdoyante se perd dans les nuages; à gauche, à droite, devant: j’admire les Andes enneigées du sud chilien avec ses iconiques volcans, notamment le Tolhuaca, la Sierra Nevada, le Llaima et, au loin, le Villarrica, qui trônent sur les montagnes environnantes. Les options d’ascension et de descente sont innombrables.

    Je jette un regard sur mon amie Andrea Olivares Grez, qui contemple avec moi le paysage. Elle me raconte l’histoire de son grand-père, Jorge Grez. Celui-ci fut un des pionniers andistes à skier les hautes Andes dans la région de Farellones dans les années 1930 et l’un des membres fondateurs du premier club de ski chilien; puis il participa au développement du ski à Portillo dans les années 1940. (NDLR: Le ski dans les Andes débuta avant, mais c’était surtout des Européens qui s’y rendaient.)

    Le citant comme inspiration, Andrea est portée, comme d’autres skieurs de sa génération, par la découverte des Andes et par le plaisir de «gagner» ses virages pour accéder à des endroits intouchés. Originaire de Santiago de Chile, elle s’est récemment établie à Malalcahuello, le petit village près de la station de ski Corralco qui s’élève sur environ 850 mètres de dénivelé au pied du volcan Lonquimay.

    Travaillant à Corralco comme monitrice, elle me confie avoir choisi l’endroit pour les possibilités infinies d’explorer en ski cette région du sud chilien. Et je dois lui donner raison: outre le Lonquimay et les autres volcans environnants, il y a, dans les montagnes qui s’étalent à perte de vue, des options pour s’occuper durant des semaines.

    Andrea Olivares Grez, monitrice à Corralco Resort de Montana et adepte de backcountry, m’a fait découvrir plusieurs secteurs autour de la station de ski.

    Corralco Resort de Montaña

    Un premier point de départ pour l’exploration dans cette région est la station de ski Corralco, qui se trouve au pied du volcan Lonquimay (pour plus d’information, voir l’article Corralco : prêt pour un terremoto blanco). La randonnée classique est évidemment l’ascension du volcan, que l’on peut faire soit à partir de la base de la station de ski (dénivelé de 1300 mètres jusqu’au sommet), soit à partir du haut du téléski Cumbre (dénivelé d’environ 450 mètres jusqu’au sommet). Le volcan s’élève à 2865 mètres d’altitude et la pente atteint un 35 degrés d’inclinaison à l’approche du sommet.

    La descente est superbe. Je m’élance sur l’immense champ blanc que constitue la face sud-est du volcan. Aucune trace devant moi: la surface est intouchée; j’effectue de grands virages sur une neige molle légèrement humide, parfaite pour ce type de descente. Plus bas, je skie dans les coulées de lave, formant de longues demi-lunes où s’accumule la neige. Et 1300 mètres plus bas, je me retourne pour contempler la descente; monter et skier un volcan est une expérience unique.

    Outre le volcan Lonquimay, plusieurs autres options s’offrent sur les montagnes autour de la station de ski Corralco, que ce soit en sous-bois à travers les araucarias – ces conifères emblématiques de la région de l’Araucanie – ou en environnement alpin. Parmi les options intéressantes se trouve le Cerro Cautin (une crête juste à côté de la station de ski) et, à l’arrière de celui-ci, un vaste secteur qui se nomme la Valle Pehuenche – lieu jadis secret des Mapuches, une tribu autochtone du sud du Chili.

    J’ai exploré la Valle Pehuenche avec Andrea. On y trouve plusieurs descentes allant de niveau intermédiaire à expert, s’étalant sur un dénivelé d’environ 600 mètres et se terminant pour la plupart avec des virages entre les araucarias. J’ai vraiment adoré cet endroit pour me réfugier lors des journées venteuses, où la neige reste de belle qualité.

    Le village de Malalcahuello

    Près de Corralco, le village de Malalcahuello est un excellent endroit pour mettre pied-à-terre et profiter de cette région où le climat humide favorise un enneigement abondant et fréquent, bon an mal an. C’est le point de départ pour se lancer dans l’exploration des Andes du sud chilien et, particulièrement, de ses volcans; c’est aussi une excellente façon de s’exiler des luxueux et très chers resorts touristiques près de Santiago, afin de vivre une immersion dans la culture chilienne.

    Signe du développement d’une culture backcountry dans ce coin de pays, plusieurs auberges et magasins d’équipement de ski voient le jour depuis quelques années. Aussi, l’agence Isoterma Cero (www.facebook.com/isoterma.cero/) guide les skieurs dans la découverte des environs de Malalcahuello et propose des tours sur les volcans ou de petites randonnées en ski dans les forêts d’araucarias, avec descentes à la clé.

    Et la tempête fit…

    À ma quatrième journée dans la région, une brève mais intense tempête (comme c’est la norme dans le coin) m’oblige à prendre une demi-journée de congé de ski. En effet, après un avant-midi à skier la station Corralco dans une relative visibilité, j’ai abdiqué à la suite d’un texto d’Andrea m’invitant à un petit party dans les termes suivi d’un BBQ avec ses amis. Lorsque c’est la tempête à la montagne, vaut mieux profiter de ce que le Chili a d’autre à offrir.

    Après une bonne heure à relaxer aux termes de Canon del blanco (http://www.canondelblanco.cl/) sous la pluie, nous passons au vin et aux grillades. Pendant que nous mangeons et buvons en nous racontant nos meilleures aventures de ski, les centimètres s’accumulent dans les hauteurs à la faveur de la nuit.

    Au réveil, les résidus de la tempête laissent tranquillement place au ciel bleu et au soleil. Comme il ne me reste qu’une demi-journée à passer à Corralco, je décide donc de profiter de la poudreuse en station. Avec ses 850 mètres de dénivelé, son large terrain de jeu, ses accumulations neigeuses fréquentes et son faible achalandage, Corralco a de quoi satisfaire n’importe quel skieur avide de poudreuse. Et de fait, Andrea et moi laissons à chaque descente nos traces sur les immenses champs blancs et dans les demi-lunes modelées naturellement par les coulées de lave, remplis de neige poudreuse.

    Quitter le paradis…

    En m’éloignant sur la route, je jette un dernier regard sur le volcan et les montagnes environnantes. Pas étonnant qu’Andrea et une poignée d’autres skieurs chiliens aient choisi cette région pour se développer dans le backcountry. L’endroit est un paradis enneigé, les options sont infinies, on peut y skier entre les arbres – chose rare au Chili – et, aspect d’autant plus intéressant, cette région reste peu fréquentée par les touristes. Bref, c’est le terreau rêvé pour la nouvelle génération de skieurs backcountry du Chili… et pour les aventuriers qui, comme moi, prennent la peine de s’y arrêter.

    Pour plus d’information:

    Corralco Resort de Montaña:
    www.corralco.com / https://www.facebook.com/Corralco/?fref=ts

    Portail de Malalcahuello:
    http://malalcahuellochile.com/

    À lire aussi: Réussir son immersion chilienne, sept items à apporter avec vos skis.

    *Cet article a été initialement publié en mars 2017 mais son contenu est toujours d’actualité!

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