Étant raqué de la veille, je me suis dirigé aujourd’hui vers Alpine Meadows, la station « petite soeur » de Squaw Valley, située quelques kilomètres plus près du Lac Tahoe. Cette station fait « à peine » 500m de dénivelé selon ski tracks et compte même quelques versants dans les 250-300m. Qu’à cela ne tienne, le domaine skiable expert et extrême y est abondant! Les conditions étaient encore une fois réunies pour une journée parfaite de ski de printemps soit une météo de +15 à la base, le soleil du sud Californien et une base ramollie.
Voyant les paysages à couper le souffle des bols, diverses corniches à sauter et pistes extrêmes, le mal des quadriceps a pris le bord assez rapidement: il fallait évidemment explorer le tout. Wolverine bowl a été ma première destination (voir photo de couverture) et ici plus bas:
Keyhole, une piste ayant une entrée à plus de 50 degrés débouchant sur un couloir, accessible après une petite marche de quelques minutes sur la crête dévalé par votre humble zoneskieur:
De très belles pistes damées sillonnent la montagne dont les plus belles partent du sommet. Voici « Alpine Bowl »:
Après ces émotions fortes, pourquoi pas une petite visite sur le backside, un versant avec environ 250m de dénivelé. « South Face » est un bol large, vaste en plein soleil:
Vu du télésiège:
Ce versant compte plusieurs bols en backcountry. Voici en aperçu « Sun Bowl » et « Big Bend Bowl »:
De toutes les stations skiées autour du lac Tahoe, Alpine Meadows offre le plus beau point de vue sur le lac Tahoe à partir du sommet du télésiège « Lakeview »:
Évidemment, tant qu’à être dans le secteur, pourquoi ne pas dévaler une piste nommée très certainement par un fan de Star Trek, « Scotty’s Beam »:
Pour finir la journée et vider le peu d’énergie restant dans mes quadriceps, le secteur du télésiège « Scott » offre aussi des pistes extrêmes fort intéressantes. Ici « Scott’s Chute » :
Seldom Slides où il faut faire attention aux avalanches, la neige étant très très molle:
Autre couloir de Seldom Slides à plus de 45 degrés:
Plus bas, c’est large, la neige est abondante et molle, ça flotte:
Voyant l’heure avancer, je me suis re-dirigé en fin de journée vers le sommet et j’ai fini là où j’ai commencé cette journée dans « Wolverine Bowl » qui aura été ma dernière descente de 2017 en Californie vers 16h:
On pense souvent à la Californie comme un état chaud, urbain, désertique. J’espère que ces quelques chroniques vous auront fait découvrir l’autre côté de cet état américain soit les montagnes du Sierra Nevada.
À bientôt montagnes du Sierra Nevada!
Bon ski!
P.S. Mon voyage se poursuit dans l’Idaho à Sun Valley dans les prochains jours.
Squaw Valley est une des montagnes dont j’ai entendu parler au fil des ans par plusieurs skieurs experts. Tantôt on me parle du secteur KT-22, des pistes expertes, des chutes, des années exceptionnelles où la station reçoit beaucoup de neige, etc. Aujourd’hui était le moment tant attendu de découvrir cette station. L’altitude étant comparable à celle de Northstar, nous avions droit à une météo digne des meilleures journées de ski de printemps.
D’entrée de jeu, ici aussi, on parle d’une année record côté précipitations. Après certaines tempêtes, on a pu voir circuler des images de télésièges enfouis sous la neige notamment.
La station est constituée d’un bol principal accessible par une gondole et un téléférique de calibre intermédiaire et expert mais surtout du fameux secteur KT-22, accessible directement à la base de la montagne.
Ce télésiège donne accès à un dénivelé de 540m comptant parmi les pistes les plus à pic de la station, des chutes, des caps de roche à sauter. Voici les « fingers » de Squaw, un classique:
Évidemment, il manque un peu de neige pour les sauter tous mais nous avons quand même pu faire le premier:
Nose, une piste orientée plein sud qui était ramollie à notre arrivée:
Tamara’s, une crête avec des petits couloirs:
Le domaine skiable ne se limite évidemment pas à ce secteur. Complètement à l’opposé de la station, le secteur « Granite Chief » offre des sous-bois très intéressants, vastes entre les pins centenaires. Attention aux crevasses par contre!
Sun Bowl, accessible par le « Headwall Express », un bol très large moyennement à pic:
Vers 14h30, le soleil a commencé à ramollir les pistes du « backside » du KT-22, vu ici du téléférique:
De retour donc dans ce secteur. Ici, ce sont les plus belles descentes de la journée qui nous attendaient. Des pistes de 40-50 degrés comme « Chute 75 »:
Des couloirs extrêmes comme « Moseley’s »:
L’angle à mi-piste:
Et finalement, en skiant sur une corniche, on a accès à « West Face Alternates », une série d’entrées étroites donnant sur cette belle piste à pic:
Ah oui, on voit effectivement le Lac Tahoe du sommet mais j’avais d’autres intérêts sur cette montagne que les paysages féériques aujourd’hui! J’étais ici pour skier!
Il y a tellement de neige sur la montagne que la station a annoncé qu’elle sera en opération jusqu’au 4 juillet. L’hiver est même loin d’être fini ici en Californie, on annonce même une tempête de neige qui pourra laisser jusqu’à 5 pieds de neige (130cm) d’ici à dimanche prochain.
Le ski de printemps est souvent boudé par les skieurs, soit parce qu’ils cherchent l’image poétique du ski hivernal, ou parce qu’ils sont affectés par le syndrome du trottoir: plus de neige visible en ville, c’est certain qu’il n’y en a plus à la montagne, voyons! Et pourtant… c’est l’une des périodes les plus agréables de la saison: les températures sont clémentes, le temps d’ensoleillement plus long permet de gagner une demi-heure, voire une heure de ski en fin de journée (selon les stations), et l’ambiance est toujours à la fête! Cet article est une suggestion de sortie « tout inclus » mitonnée par l’auteure de ces lignes: je me suis dit que si je vous donnais la recette complète, incluant ski de printemps dans la magnifique Tremblant, fêtes et compétitions loufoques, découvertes, activités en famille, conseils et outils de planification, vous n’aurez plus aucune raison de rester à la maison pendant qu’il y a encore une tonne de neige à skier dans les stations!
Commencez la préparation de votre « tout inclus » en réservant votre famille ou vos amis pour une fin de semaine, deux ou trois jours (ou plus!). Surveillez le calendrier des événements de Tremblant pour faire un choix répondant à vos envies: traversée d’étang, initiation gratuite à la planche à neige et compétition amicale pour les enfants, compétition de sauts dans un parc à neige, après-ski endiablés, fin de semaine de Pâques… Il y a de tout, pour tous les goûts! J’avoue avoir un faible pour les traversées d’étang, en tant que spectatrice! (Ci-bas, les photos de la coupe Caribou de cette année.)
« Le vol du bourdon » à la coupe Caribou
Le type de gauche a traversé… en téléboard!
Attention, douche gratuite!
On y est presque!
Les spectateurs captivés, déjà dans l’esprit de Pâques!
Un plongeur « repêche » les concurrents qui ne complètent pas la traversée.
La remise des prix au P’tit Caribou
La fête se poursuit au P’tit Caribou
L’étape suivante est de réserver l’hébergement. Évidemment, ça se magasine. Personnellement, je trouve que le Holiday Inn Express est parfait pour un séjour de cette durée. Facile d’accès, stationnement intérieur (15$ la nuit, moins cher que bien d’autres), casiers à skis, jacuzzi, petit-déjeuner inclus, près du départ du Cabriolet. Vous serez aussi contents que moi de savoir que les chambres sont équipées d’un frigo et d’un micro-ondes; on en profite autant pour les lunchs des enfants que pour le carburant des adultes! Tout ça pour moi est synonyme de « pas compliqué », et ça, on aime ça! Bien sûr, l’autre avantage de séjourner au pied des pentes de Tremblant est la vaste offre alimentaire: dans un tout petit rayon on retrouve de tout… et pas besoin de chauffeur désigné!
Parlant de bouffe, si votre « tout inclus » est pour la famille et les jeunes enfants, vous aurez l’embarras du choix entre les rôtisseries connues et autres grillades et pizzérias. J’ai pour ma part deux coups de coeur alimentaires différents. D’abord, pour un repas relax entre amis, le Q.G. resto-pub, ouvert depuis décembre 2016. On y va pour les tartares et le service chaleureux! Mon deuxième coup de coeur demande qu’on passe par la douche avant d’aller s’asseoir à la table qu’on aura pris soin de réserver (idéalement la veille): Coco Pazzo. Libre à vous d’y aller avec des enfants ou des adolescents mais sachez qu’on y mange lentement! Ce restaurant italien propose une carte raffinée et se fait un point d’honneur de servir des produits provenant de fournisseurs locaux. Pâtes et gelato maison ont enjôlé nos papilles! À noter que si vous préférez manger dans le confort de votre chambre, le Coco Pazzo a aussi un comptoir pour commandes à emporter!
Le tartare de boeuf classique
On aime la déco « grange moderne »!
Osez l’entrée de betteraves 4 façons du Coco Pazzo!
Les pâtes maison du Coco Pazzo sont exquises…
Le petit-déjeuner du Holiday Inn Express est varié et très complet…
L’avantage de skier au printemps à Tremblant, c’est que les cours de groupe sont terminés et que le skieur moyen a déjà déserté la place… il y a donc moins d’attente aux remontées mécaniques! Bonus: vu l’altitude et la situation de l’endroit, vous serez toujours assurés d’avoir de la neige. La grande question sera à savoir si elle sera plutôt printanière ou encore hivernale! Nos conseils: visez le versant Soleil dès le matin, puis évadez-vous du côté du Edge en milieu ou fin de matinée; le soleil aura réchauffé les pistes et même le sous-bois Émotion sera super agréable! Lors de nos jours en ski, l’achalandage aux télésièges Lowell-Thomas, Edge et Expo était « au vert », et ce, pendant que la télécabine et le TGV étaient orange foncé! Si vous redoutez de skier à Tremblant à cause de sa taille, dites-vous que plus de la moitié du domaine skiable est de calibre intermédiaire ou débutant! En cas de doute, n’hésitez pas à aller poser des questions aux guides en montagne, postés au sommet, faciles à reconnaitre dans leurs manteaux jaunes ornés d’un point d’interrogation. Ils connaissent la montagne et ses versants par coeur et sauront vous aiguiller vers les pistes et les conditions que vous recherchez. Vous pouvez même bénéficier d’une visite guidée! Informez-vous des horaires.
Des conditions juteuses dans le Buzz.
La Windigo à son meilleur!
Tout le monde peut skier, même les T-Rex!
Le Burton El Nino: une superbe occasion pour s’initier ou parfaire ses habiletés en planche à neige… même pour les tout-petits!
Le Burton El Nino: une superbe occasion pour s’initier ou parfaire ses habiletés en planche à neige… même pour les tout-petits!
Le Burton El Nino: une superbe occasion pour s’initier ou parfaire ses habiletés en planche à neige.
Lors de votre planification, n’hésitez pas à comparer et calculer les différents forfaits de ski: les combos ski-hébergement sont à considérer selon le nombre de personnes dans votre groupe (plus vous réservez tôt, plus gros est le rabais!), sinon il existe le billet multi-jours (de 10$ à 17$ de rabais par jour), l’entrepôt du billet (encore plus avantageux selon les dates), ou alors simplement la passe printemps si vous comptez skier plus de 3 jours (199$)! N’oubliez pas de vous abonner à l’infolettre: même si vous la lisez en diagonale… ça peut vous permettre d’économiser!
Pour terminer la planification de votre tout-inclus, il ne faut pas oublier les activités pour les non-skieurs ou même tout votre groupe, en cas de météo moins collaborative. Si vous avez des artistes parmi vos compères, le Studio Créatif (peinture sur céramique) et le T-Bar (personnalisation de t-shirts) sont très recommandables. Les plus jeunes quant à eux vous demanderont peut-être avec une légère insistance d’aller quérir un souvenir du séjour à Univers Toutou. Pour ma part, j’ai franchement aimé mon incursion dans une des salles de Mission Liberté, un jeu d’évasion. C’est cérébral, il faut être persévérant, ça demande un travail d’équipe, c’est un divertissement qui occupe pendant une heure (ou moins, si vous êtes trop fort pour la ligue, auquel cas votre prochaine partie pourrait être gratuite!) et il y a de tous les niveaux de difficulté pour tous les âges. À notre sortie, un groupe d’une quinzaine de jeunes filles (début vingtaine) attendait pour la salle des pirates… Tous les « tableaux » sont des créations originales et faites au Québec; disponibles en français et en anglais. Pensez à réserver pour vous garantir une place -vous pouvez le faire le matin même sans problème.
Mission Liberté, sur la place Saint-Bernard.
L’endroit où les participants reçoivent les consignes pour leur mission.
Une des missions à Mission Liberté: le Bateau Pirate. Elle sera renouvelée bientôt!
Un aperçu de la mission « Explosion ».
Un aperçu de la mission « Explosion ».
Voilà, vous avez ma recette de « tout-inclus en ski »! J’ai en prime travaillé sur mon bronzage raccoon et pris l’air tout en me reposant… car je dois l’admettre, avec l’âge (riez, riez!), j’apprécie de plus en plus le plaisir des petits séjours hors de la maison: pas de corvées, pas de stress… c’est ça aussi des petites vacances!
Mon voyage dans l’ouest américain s’arrêtait aujourd’hui à Northstar, CA, au meilleur de ma connaissance, une station visitée pour la première fois par ZoneSki. Cette station située près du lac Tahoe offre un dénivelé skiable d’environ 700m et se divise en trois versant principaux. Ici aussi, la station parle d’une année record avec des chutes de neige d’environ 650po (16,5m). Le chalet du sommet y est littéralement enseveli sous la neige!
Ici, toute la famille y trouve son compte: on est dans une station où les pistes damées sont larges et relativement constantes sur le versant principal. Ici « The Plunge »:
En fait, presque tout le versant principal offre des pistes de calibre intermédiaire de ce type. On y voit beaucoup de familles.
L’altitude de la station y est beaucoup plus basse que dans celles visitées lors des derniers jours. On parle à la base de 1900m et 2600m au sommet, de sorte que les conditions étaient de ski de printemps avec un soleil radieux, une température de +15 et une base ramollie, pour le plus grand plaisir de votre humble ZoneSkieur qui a pu skier sans manteau toute la journée. Le ski de printemps permet évidemment de sortir ses meilleurs costumes:
Cette station offre deux versants plus à pic, soit le « backside » et « Lookout Mountain » de sorte que mêmes les skieurs en recherche d’émotions fortes y trouveront leur compte. Les pistes de ces deux versants sont constantes sans faux-plat, très agréable à skier. Du côté du backside, on y trouve des sous-bois vastes et clairsemés comme « Monument Glade » où suite aux 650po de neige, aucun endroit à découvert n’a été rencontré:
Des pistes à bosses plus techniques qui vous brûleront les quadriceps comme ici ici, « The Rapids »:
Des pistes de carving larges et ramollies aujourd’hui qui permettaient des pointes à plus de 80 km/h même avec des fat skis comme « Iron Horse » avec ici, Jonathan en action:
Le secteur le plus intéressant cependant était à mes yeux « Lookout Mountain ». Les pistes les plus à pic s’y trouvent et elles sont constantes. Trois superbes pistes damées vous y attendent: Prosser, Martis et Washoe.
Ici, Prosser avec un bon angle moyen:
Marthis:
Un très long sous-bois, « Sugar Pine Glade »:
Mention très honorable à la piste « Boca », une piste qui aurait été classée double-diamant dans plusieurs stations du Québec:
L’après-ski ici y est plutôt familial. On met à la disposition des clients une grande terrasse avec sofas extérieure que j’ai très bien appréciée avec une bière locale:
Le tout dans un village piétonnier très joli avec plusieurs boutiques et restaurants:
Bien content d’avoir visité cette belle station de Tahoe county!
Toujours sur les flancs du lac Tahoe, ma destination était aujourd’hui Heavenly, Californie. La température a été froide cette nuit en altitude sur la montagne donc à mon arrivée, tout était gelé dur. Le mercure dépassait à peine 5 degrés donc ce fut une journée où il fallait chercher toutes les pistes exposées le plus au soleil, avec orientation sud / sud-ouest.
Clarifions d’entrée de jeu un point, ici aussi, il s’agit d’une saison record: la station est ensevelie sous une base naturelle de 5m+ de neige donc le problème aujourd’hui n’est définitivement pas les endroits à découvert!
Nous avons donc commencé par tout le côté est de la montagne, exposé depuis le lever du soleil. Voici notre première descente dans Milky Way Bowl:
Un beau bol avec un angle assez à pic où la neige est déjà ramollie. C’était très agréable!
Plus bas, voici Mott Canyon où le côté droit du télésiège, était en parfaite condition, neige ramollie. Nous avons passé un bon moment dans ce secteur à descendre les diverses lignes et couloirs:
Pinenuts:
« Southern Comfort »:
Ligne un peu plus étroite que j’ai emprunté:
« On Hold » où l’on pouvait skier à travers les pins géants:
Au fur et à mesure que le soleil s’éloignait vers l’ouest, nous avons migré vers d’autres secteurs de la station plus élevés en altitude. N.B. Il existe plusieurs sous-bois sur cette montagne mais en raison de la base de 5m de neige, on se retrouve à skier entre les cimes d’arbres seulement:
On se croirait dans le sous-bois « Pinnacles » grimpé au sommet des arbres, parfois même coincés:
Après quelques pas par contre, tout était très beau et dégagé:
Même constat dans « Ski Ways Glade »:
Du côté des pistes damées, la base a fini par ramollir en après-midi sur le haut de la montagne. La montagne regorge de pistes larges et constantes comme ici « Ellie’s »:
Sans oublier la superbe vue sur le lac Tahoe et les montagnes du Haut-Sierra:
Après le Nouveau-Mexique, pourquoi ne pas skier encore au sud à une latitude au niveau de Los Angeles? Mon voyage se poursuivait les 31 mars et 1er avril dans la merveilleuse station de Mammoth, Californie! Fort d’une base naturelle de 170-330po (430-830cm) grâce à un hiver record, mes attentes étaient quand même élevées.
Premier point à clarifier, ici, de la neige, il y en a à profusion. Même en bas de la montagne, les bancs de neige sont de 2-3m et plus (Jonathan fait 6pi 5)!
Ma première journée, je suis cependant resté sur ma faim: faible neige mais gros brouillard à couper au couteau et tout le terrain alpin est resté fermé. Les conditions étaient relativement correcte mais la base à faible altitude ayant re-gelé, on skiait sur 7-10cm de neige nouvelle et base de béton armé.
Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas un poisson d’avril mais le samedi 1er avril, le soleil de la Californie nous a permis de pleinement découvrir cette station et surtout son terrain alpin.
L’achalandage est modéré pour un samedi pour les deux remontées donnant accès à la corniche du sommet mais ici, les points de vue sont à couper le souffle. Voici la chaise 23:
Les entrées de bols sont relativement faciles, contrairement à ce que j’ai vu à Whistler Blackcomb, ce qui nous donne accès à ce vaste terrain alpin. La neige dans les bols est sèche, ce qui est parfait! Ici, « Dropout chutes »:
Wipeout chutes:
Certaines corniches sont plus à pic que d’autres mais la neige n’est pas croûtée donc tout est faisable sans aucun problème! Ici, « Hangman’s Hollow » où il fallait sauter un peu:
Les plus belles descentes ont été dans le secteur « Monument Flats » et « Philippe’s »: des bols avec plus de dénivelé parce qu’on arrive au bas de la montagne.
Au fait, faites attention aux « tree wells » mais aussi aux « pancartes wells »:
La montagne est littéralement ensevelie sous la neige. Parfois, on voit des arbres de 3-4m où seule la cime sort… Voyez même le chalet McCoy Station enseveli:
Pour finir notre journée, on a pris l’une des dernières gondoles mais le terrain plus bas était toujours ouvert. Le même secteur skié hier sur béton armé avait ramolli. Voici les « Sunshine Glades »:
Pour ceux qui seraient tentés de visiter cette belle station de la Californie, sachez qu’elle sera ouverte jusqu’au 4 juillet! Je vous parie qu’il y restera une bonne base naturelle au sommet!
Telluride, cette ville mythique de prospecteurs d’or située à 2660m d’altitude, a été ma deuxième destination. À la base, pour se rendre ici de Taos, les routes du Colorado et du Nouveau-Mexique sont carrément féériques. On a même traversé le Rio Grande, ce fleuve présent dans un grand nombre de films western avec un ravin de 300-400m!
La ville est située à 2600m d’altitude et on a méticuleusement préservé l’architecture du 19e siècle, ce qui nous plonge un peu dans un scénario de film du far west. Il paraît même que « Hateful Eight » de Quentin Tarantino a été tourné ici, on voit pourquoi!
Évidemment, pour les amateurs, on est au « Colorado 420 » donc pourquoi ne pas en profiter alors que c’est parfaitement légal? 10 brownies pour 25$, tout un deal tant qu’à moi!
Nous avions prévu une journée pour conduire de Taos à Telluride., ce qui nous a laissé quelques heures pour visiter. À entendre les résidents, les conditions sur la montagne ne sont pas du tout à leur meilleur, la station n’ayant pas reçu de chute de neige mesurable au cours du dernier mois en plus d’avoir eu des températures anormalement élevées qui ont fait fondre beaucoup de neige.
La première journée s’est donc passée sur des skis GS dans les quelques pistes damées. Heureusement, une dépression accompagnée de neige est prévue sur la station pendant la journée et la nuit. On prévoyait alors 6po de neige avec des pointes localement de 12po. Les meilleures descentes de la journée ont été vers 15h alors que la station était sous une chute intense de neige depuis quelques heures… Les bosses de béton armé se sont transformées progressivement. À 15h, il devait y avoir déjà une quinzaine de centimètres d’une neige légère mais le fond était toujours omniprésent. Ça a par contre l’air très beau, j’en conviens bien!
Ici, la piste « Mammoth » vers 15h:
Et le sous-bois « Satisfaction » lors de ma dernière descente à 15h30:
La neige devant tomber toute la nuit, disons que je me croisais les doigts pour qu’une accumulation substantielle nous attende le lendemain matin. Nous avons simplement gagné la lotto neige! Le matin suivant, c’était 19-20po de neige qui nous attendait sur la montagne!!! 20po, c’est près de 50-55cm! La veille nous avait laissé sur notre faim avec seulement environ 10% du domaine skiable praticable. Ce matin du 24 mars est donc le temps de tracer et d’exploiter le plein potentiel de la station!
Par chance, je monte dans la chaise le matin avec un habitué de la place qui me dirige vers des secteurs de la montagne moins achalandés, exactement là où on embarquait soit le « Coonskin Lift ». Les premières traces ce matin dans la « North Chute » sont gracieuseté de votre humble zoneskieur et de son acolyte Jonathan:
Cette neige est merveilleuse: juste assez dense et épaisse pour ne pas toucher la croûte et aussi juste assez légère pour pleinement en profiter! Plus bas sur North Chute, nos deux traces:
En vidéo, c’est encore mieux:
Partout sur cette montagne, c’est le jour et la nuit. La veille, on voyait du gazon, aujourd’hui, c’est tout blanc. Neige aux genoux tout partout, même quand on est en transit. Ici dans Smuggler, une piste intermédiaire, ça flotte:
Le secteur du « Prospect Bowl » est fermé pour cause de contrôle d’avalanche, qu’à cela ne tienne, direction chaise « Apex », recommandée par ce même habitué de la station, où plusieurs sous-bois et pistes extrêmes nous attendent. Ici, Apex Glade, un superbe sous-bois où il était encore possible de tracer à souhait:
La piste « Apex » descendue par votre humble zoneskieur:
Plus les descentes s’enchaînaient, plus le secteur était tracé, étant donné le terrain ouvert relativement limité pour les « chercheurs de poudre ». Évidemment, en bon skieur de l’est, les arbres serrés ne me font évidemment pas peur! Ici, dans le bois à côté de « Sully’s » vers 11h:
On apprend alors dans la file d’attente du télésiège « Apex » que « Prospect Bowl » ouvrira finalement vers 13h. Direction un des nombreux restaurants présents sur la station. Ici, on a choisi de préserver un ranch qui était présent sur la montagne. Il y a même un Saloon où on y sert de l’excellent Whisky et du Bourbon. Voici le « Gorrondo Ranch » où l’on sert de l’excellent boeuf brisket, des sandwich « pulled pork » et d’excellents burgers, des mets typiquement far west:
Le clou de la journée: « Prospect bowl » qui ouvre à 13h. Ici une vue globale du secteur:
Il y a même une file d’attente, je suis là environ 10 minutes après son ouverture. Ici, il y a deux télésièges, le « Gold Hill Express » et le « Prospect Express ». Le terrain est plus intéressant (surtout plus constant) du côté du Gold Hill donc c’est évidemment là que j’ai commencé mon après-midi. On peut tracer à souhait dans « Little Rose »:
Dans ce secteur, il y a des pistes doubles-losanges+. Voici Dynamo et son couloir à 45-50 degrés skié avec le plus grand plaisir:
Les bois sur les côtés de Dynamo sont tout aussi exquis! On trace encore à 14h dans « Buzz Glade »:
Vers 15h, il était temps de faire notre dernière descente. On s’est alors dirigé vers le télésiège « Prospect Express » et le secteur où il faut marcher un peu. Tels des pèlerins sur leur chemin de Compostelle, nous voici gravissant pas à pas notre chemin vers « La Rosa »:
Pour avoir ce superbe résultat comme dernière descente:
Une vue d’ensemble du bol « La Rosa »:
Mes jambes à ce stade-ci de la journée sont simplement mortes… On remonte le Gold Hill, direction base de la montagne. Le secteur « Revelation » est malheureusement resté fermé toute la journée. Parions que samedi matin, ceux qui ont été les premiers à skier ceci se sont régalés:
Nostalgique, voici la piste avec panorama féérique, la « See Forever » vers la base:
Nostalgique? Les jambes mortes? Peu importe, le sous-bois « Captain Jack’s » est sur mon chemin! Bonus, on trace encore vers 15h45! Arrêt obligatoire à tous les 3-4 virages mais bon, c’est difficile de refuser ceci:
Bref, cette tempête de neige m’a permis de découvrir pleinement cette superbe station qu’est Telluride, Colorado. Le jour et la nuit entre le 23 et le 24 mars! Les habitants locaux parlaient même d’une journée top-5 de la saison tellement les conditions y étaient superbes. Ça s’appelle simplement gagner à la « lotto-poudreuse »!
Aujourd’hui est la première journée de mon voyage baptisé « Alpha roadtrip » où je vais skier 18 jours dans 11 stations de l’ouest américain étalé sur 26 jours de voyage en auto essentiellement grâce à la passe Mountain Collective. Vous trouverez plusieurs articles dans les prochains jours en ligne à propos de ce voyage où ZoneSki visitera pour la première fois plusieurs stations.
Pour arriver à Taos, on est passé par 8 états du midwest essentiellement le long de l’autoroute 70. À voir les températures au Kansas de type canicule avec des pointes à 35 degrés, on commençait à douter de trouver de la neige à cette latitude!
N.B. Ici, les limites de vitesse sont beaucoup plus élevées qu’au Québec donc aucune crainte de se faire coller un ticket, même à 140km/h!
Même si le Kansas est très plat comme état (le dénivelé le plus haut vs le plus bas diffère de 300m), on a droit à des paysages remarquables comme ici, ce coucher de soleil sur la US 40 près de La Junta.
Il nous a fallu 2 jours pour parcourir les 3400km nous séparant de Montréal à Taos. Je dois dire que c’est un record dans mon cas de conduire 2000km dans une journée. Si vous êtes plusieurs conducteurs, c’est faisable mais seul, prévoyez 3 jours au minimum.
Un problème de taille le soir ici: ne cherchez pas de restaurant ouvert après 20h de l’autoroute 70 jusqu’à Arroyo Hondo, NM tout est fermé! Une chance qu’il nous restait quelques croissants. Disons que ce matin, j’ai eu besoin d’un repas un peu plus soutenant, or à la station même, j’ai pu manger un délicieux Burrito, repas des plus traditionnels du Nouveau-Mexique, pour 8$ qui m’a tenu toute la journée:
Taos est la station la plus élevée du Nouveau-Mexique avec son sommet, le Kachima Peak culminant à plus de 3800m d’altitude. Oui, même dans un état où les vallées sont désertiques, il est possible de trouver de la neige! La vallée est à 1700m d’altitude (ville où je séjourne, Arroyo Hondo) alors qu’en 20 minutes d’auto dans ce genre de paysages:
Nous rejoignons la base de la station à 2800m, ce qui laisse grosso modo un dénivelé de 1000m, non le plus grand mais ce qui frappe lorsqu’on arrive ici, c’est l’angle moyen de la montagne: c’est très à pic et un skieur expert y trouve son compte très rapidement.
La température à la base de la montagne tout au long de la journée a été d’environ 15 degrés alors qu’il faisait sous le point de congélation au sommet sous un soleil radieux. Ici, on parle de 300 jours par année d’ensoleillement, rien de moins, ce qui donne des paysages féériques dès qu’on prend le télésiège du sommet avec en panoramique le Kachima Peak:
Les conditions sont cependant aux dires de la station anormalement chaudes pour ce temps ci de l’année. Pourtant, malgré tout, la neige est sèche au sommet et je ne peux rêver de meilleures conditions de ski de printemps à partir de la mi-montagne! Que ce soit des pistes larges damées idéales pour du carving à très haute vitesse avec mes Soul 7:
Des sous-bois comme Castor et Pollux avec un angle de 45-50 degrés qui ne manquent certainement pas de neige avec une base naturelle de 80 pouces:
Des petits couloirs extrêmes accessibles à mi-montagne comme ici, le « West Basin Ridge »:
Journée qui peut évidemment se terminer sur une des nombreuses terrasses des différents restaurants de la montagne avec en prime, un fumoir géant ou un restaurant bavarois! Le soleil est très très chaud ici, étant donné la localisation très au sud de la station.
Bref, comme première impression: c’est super ici. Une montagne faite presque sur mesure pour un skieur expert! C’est environ 75% de la montagne qui est plus qu’intéressant à mes yeux.
Bref, en cette première journée à Taos, j’ai eu l’hiver en haut avec de la neige sèche, le printemps à mi-montagne et l’été à Arroyo Hondo où on s’est évidemment pris une bonne bière locale par une température de 24 degrés en shorts et T-shirt!
Poudreuse épique, achalandage épique: voilà la formule qui consacre la journée du 15 mars 2017 au Mont Sutton. Pour ces deux éléments, elle passera à l’histoire!
La tempête: vous l’avez vue, entendue, vécue… La neige qui a submergé le Québec les 14 et 15 mars fut d’une ampleur rare. Sur les montagnes de l’Estrie, la tempête a laissé plus de 70 centimètres le 15 mars au matin, et la neige a perduré toute la journée. C’est pas compliqué: on n’en a jusqu’à la taille, dans le stationnement et dans les pistes.
L’achalandage: moi qui croyait m’en sortir puisque nous sommes en pleine semaine. Eh bien, non! Mauvais calcul. Jamais je n’ai vu un achalandage à ce point épique dans une station de ski. Fermetures d’école, skinusite, grippe alpine: toutes les raisons semblent bonnes pour profiter du pactole neigeux. Et bien entendu, cet achalandage se matérialise d’abord au télésiège II.
Oui, vous avez bien vu: c’est bel et bien la file du télésiège à 9h!
J’avais quand même prévu le coup et je suis arrivé à la station très tôt. Je ne suis d’ailleurs pas seul: mon collègue Patrick Teasdale, de ZoneSki, m’accoste à 7:45 à la billetterie.
Sutton aussi a prévu le coup… enfin, en partie. La billetterie est ouverte très tôt, question de servir les clients à mesure qu’ils arrivent, avec l’effet de désengorger la vente de billets. Par contre, seulement deux télésièges sont en opération à l’ouverture, soit le II et le IV. Et là, laissez-moi vous dire que ça engorge!
Heureusement, Patrick et moi sommes sortis tôt pour aller nous installer dans la file du télésiège II, ce qui fait que nous avons la chance d’être dans les premières chaises et de profiter de nombre innombrable de faceshots lors de nos premières descentes.
La poudreuse: j’ai rarement, mais très rarement eu la chance de skier dans autant de neige au Québec. Ça ne m’est arrivé que quelques fois – je les compte sur les doigts d’une main – durant mes 35 années de ski. La neige aujourd’hui est légère et n’offre aucune résistance; durant mes premières descentes dans les sous-bois du secteur IV, j’enfonce jusqu’à la taille et l’or blanc me vole au visage, dans la bouche même, et m’aveugle dans un nuage poudreux. «Comme dans l’Ouest» sont d’ailleurs les mots que les gens utilisent pour décrire les conditions, en ajoutant parfois à la blague: «Sutton, BC».
Patrick dans le sous-bois V:
À notre deuxième descente dans le secteur du télésiège IV, nous nous heurtons à la dure réalité de la journée: l’achalandage monstre. Ce qui nous pousse à nous exiler vers le secteur du I et du Io, moins pentus et moins skiés, mais tout aussi enneigé:
Comme le télésiège I n’est pas encore ouvert, nous retournons au II où il y a beaucoup moins de monde. Tous les gens sont au IV. Personnellement, et Patrick est de mon avis, vaut mieux skier qu’attendre et, bien que moins pentu, les secteurs du I et du II sont le fun à descendre. Et les faceshots y sont aussi bons qu’ailleurs!
Finalement, les télésièges I, V et VII ouvrent vers 11h. Tout comme les sous-bois du versant sud, où nous nous dirigeons après le dîner. Là encore, nous sommes choyés! Patrick en extase dans l’Extase:
Évidemment, plus la journée avance et moins il reste de poudreuse à faire voler. En après-midi, le domaine skiable se trouve de façon générale assez tapé et en grosses bosses molles.
La neige continue de tomber assez intensément toute la journée, de sorte qu’à la fermeture le rapport des conditions de glisse du Mont Sutton annonçe 115 cm de neige au sommet depuis les dernières 24 heures. Demain risque d’être une autre journée mémorable: y serez-vous?
L’an dernier, les cobayes collectifs ont testé le snowscoot. Cette année, un petit groupe de 7 skieurs volontaires a osé libérer ses talons et essayer le télémark! Voici, en images et en mots, le résumé de leur expérience.
Catherine Gibeau, 45 ans, niveau: avancé À l’approche de cette journée d’initiation au télémark, j’avais plein d’interrogations. Serais-je capable de garder mon équilibre? Vais-je tomber? Est-ce que je vais être en mesure de suivre le groupe? Ces interrogations ce sont vite estompées avec l’approche « step by step » des moniteurs Michel et Luc qui nous ont mis en confiance dès la première descente. La génuflexion sur le plat, pas de problème! La génuflexion sur une diagonale, aucun souci. Mais la génuflexion en enchaînant des virages, là j’étais mêlée. Parfois, c’est le mauvais genou qui plie mais aucun souci encore une fois car on peut toujours revenir à la bonne vieille technique du ski alpin. Oui oui, il suffit de garder l’esprit ouvert, les talons libres c’est la liberté de choisir son style! Lorsqu’en confiance, c’est la souplesse du virage télémark qui se dessine et pour les passages plus compliqués, on se mets en mode ski alpin et le tour est joué.
Jean-Philippe Desrochers, 45 ans, niveau: expert en voie d’extinction Je suis du genre à foncer tout droit vers le bas en ski alpin, le genre agressif, le couteau entre les dents, qui se faufile entre les arbres pour dénicher la poudreuse vierge. Aujourd’hui, j’ai mis mon agressivité de côté pour apprivoiser cette technique tout en souplesse qui m’a donné le goût de danser sur la neige. Et danser sur la neige, c’est exactement ce que Michel et Luc nous ont permis d’accomplir en seulement deux heures de glisse! Ils nous ont transmis l’esprit du télé; la liberté de choisir comment tu joues avec la montagne, la liberté de flotter sur la neige et de danser sur les pistes. Je ne m’imaginais pas que de danser avec des planches serait aussi facile en si peu de temps!
Alexandre C. Marcoux, 30 ans, niveau: expert Ah le télémark, ce mélange de ski de fond et de ski alpin réservé aux amateurs de plein air et de nourriture biologique… Oui, j’avais, avec plus d’humour que de sérieux, certains préjugés envers cette discipline qui m’apparaissait plus contemplative qu’agressive. C’était peut-être par peur que mes jambes ne supportent pas toutes ces flexions. Dans tous les cas, ces préjugés ont duré trop longtemps! Il n’y avait rien de mieux que de l’expérimenter pour défaire tous ces mythes dans ma tête.
Cette expérimentation fut fort positive puisque nous avons eu la chance d’être bien encadrés, le tout dans un esprit libre. Oui, la liberté du talon, la liberté de descendre de la façon « ski traditionnel » ou d’y ajouter un peu de piquant. Dans cette leçon de télémark, je peux vous dire que le partage de connaissance et de passion était palpable. C’était facile d’oser les défis demandés par nos deux moniteurs. C’est encore plus évident lorsqu’on partage une expérience comme celle-ci, sous une neige abondante et sur une base soyeuse.
En résumé, ce fut une expérimentation plus qu’agréable. Je n’arrive pas encore à expliquer la sensation que cette liberté du talon a su créer chez moi, même en en discutant avec ceux qui me connaissent et qui font du ski. Je prends les mots de personnes plus expérimentées: « c’est comme si l’on voyait la montagne différemment ». J’ai renoué avec des sensations similaires à mes journées de ski d’enfance ou à ces journées de poudreuse profonde, et cela même sur un terrain qui normalement m’aurait ennuyé. Je ne le dirai pas trop fort, mais je ne crois pas que ça soit la dernière fois que je me libère le talon…
Frédéric Surprenant, 22 ans, niveau: avancé Le télémark était un sport qui m’attirait depuis plusieurs années. C’est rare que nous ayons la chance d’essayer cette façon de glisser, donc lorsque l’occasion s’est présentée, j’ai embarqué dans l’aventure immédiatement. J’ai toujours été impressionné de voir des gens dévaler une pente en télémark. Un sport qui semble demander beaucoup d’agilité et une excellente condition physique. Un peu intimidant au départ mais une fois l’équipement à mes pieds j’ai trouvé rapidement ma confiance.
J’ai trouvé les bottes de télémark beaucoup plus confortables que des bottes de ski conventionnelles. Les deux moniteurs avaient une bonne méthode d’enseignement pour descendre la pente école tout en gardant le contrôle. À chaque descente, nous avons incorporé des nouvelles techniques pour progresser du ski alpin au télémark. J’ai fait trois descentes sur la grosse montagne et c’était remarquable! La sensation d’avoir le talon libre était vraiment plaisante. L’ensemble de l’équipe ZoneSki a même fait quelques virages dans un sous-bois et dans une piste à bosses. Lorsque j’ai rendu mon matériel, j’avais le gros sourire pour le très bel avant-midi sur les pentes du Mont Sutton en télémark! J’adore ! Je suis déjà à la recherche d’un équipement sur les sites de petites annonces…
David Lachance, 36 ans, niveau: expert J’avais l’impression que le télémark était franchement difficile à pratiquer. Avant de l’essayer, ma seule expérience avec les talons libres se limitait au ski de fond classique. Inutile de mentionner que tourner avec ce type de skis demande une dextérité particulière. Je m’attendais aussi à un sport physiquement exigeant pour les jambes. Étant un skieur alpin qui utilise des bottes plus rigides que la moyenne des ours, le fait d’avoir le talon détaché ne coïncidait simplement pas avec la manière dont j’avais skié les 30 dernières années.
Enfiler l’équipement m’a permis d’atténuer un peu mes craintes. Les bottes de télémark sont très confortables. De plus, j’ai l’impression d’avoir une botte aux pieds qui offre une certaine résistance en flexion. Une sensation beaucoup plus près de la chaussure de ski alpin que celle de ski de fond. Enfiler les skis a ajouté à mon sentiment de confiance. Certes, le talon est libre, mais la limite de la fixation est assez facilement atteignable. Pas si simple d’aller se coller le genou par terre en télémark!
En début de leçon, on nous enseigne à utiliser les skis exactement comme on le fait en alpin. Cette magnifique porte de sortie permet de faire grimper, encore une fois, le niveau de confiance. Les enseignants sont de vieux routiers. Ils savent bien transmettre les rudiments de base. Il ne faut que les appliquer et faire preuve d’un peu de patience. L’approche étant d’avantage basée sur la position du squelette que sur la résistance musculaire, l’apprentissage en est grandement facilité. La technique est aussi plus près des concepts qui sont enseignés en ski alpin.
Il neige à plein ciel et la neige s’accumule sur les pistes. Les premiers efforts, à basse vitesse, sont laborieux. Dès que l’on augmente le rythme, ça va beaucoup mieux et je commence à apprécier ce style. Facile de constater que la position doit être parfaitement centrée, car le moindre déséquilibre vers l’avant est sans pardon. Le télémark est définitivement un sport de sensation!
C’est sans trop d’anicroches que je passe à travers les deux heures de cours. Je suis heureux de constater que contrairement à ce que je pouvais croire, ce n’est pas si difficile. La fluidité que cette manière de skier peut apporter est sans égal. J’apprécie aussi beaucoup l’aspect gracieux des plus habiles. Nous avons emprunté des pistes avec quelques petits amoncellements et j’ai beaucoup aimé le rythme qu’imposent ces petites bosses en télémark. J’ai bien apprécié l’expérience et je me promets de l’essayer à nouveau prochainement!
Sarah-Anne Vidal, 31 ans, niveau: avancé Depuis que je suis adolescente et que j’ai vu le père d’une amie faire du télémark, j’ai envie d’essayer ce sport. Je n’ai jamais osé faire le saut, je craignais que mes jambes protestent et ne tiennent pas le coup. Je n’avais pas envie de passer ma journée au sol à me relever, comme lorsque j’ai débuté le ski il y a plusieurs années! Je croyais également que le télémark s’adressait à des gens exceptionnellement en forme, des crinqués aux quads disproportionnés…
En acceptant de devenir cobaye, j’appréhendais les chutes à répétition, les pertes de contrôle, bref, je craignais de vivre une expérience assez traumatisante pour ne pas avoir envie de récidiver. Mais quand on me met au défi, je fonce! Une fois sur place, les moniteurs ont pris le temps de nous rassurer en nous faisant expérimenter divers exercices de stabilité et de familiarisation avec l’équipement.
J’ai été agréablement surprise de la rigidité et du contrôle qu’offrent les fixations et les bottes. Je m’attendais à avoir un contrôle semblable à celui du ski de fond, assez faible, ce qui aurait été passablement désastreux. Après quelques descentes dans la zone familiale où les moniteurs ont corrigé notre technique et nous ont donné quelques conseils personnalisés, nous sommes montés au sommet et le vrai plaisir a commencé! Quand on prend un peu de vitesse, l’équilibre devient plus facile, les virages prennent un peu d’aplomb et la magie opère. J’ai adoré l’expérience, la patience des moniteurs et le groupe de fous avec qui j’ai vécu mon initiation. Maintenant que j’ai (un peu trop) aimé ma première expérience, il ne reste plus qu’à me lancer à la recherche d’un équipement, peaufiner ma technique et réduire les moments où je triche en optant pour la rassurante position alpine au lieu de persévérer en télémark!
Alexandre Coulombe, 30 ans, niveau: expert Avant cet essai, je croyais que le télémark était un sport impossible à faire ou à apprendre si on n’est pas très en forme. Je dois dire que je me suis royalement trompé! Évidemment, lorsqu’on le pratique de manière intense, le télémark nous brûle assurément les cuisses! Cependant, en suivant les conseils des moniteurs, je me suis aperçu qu’il y a moyen de bien développer notre technique sans trop se fatiguer, ce qui rend le sport encore plus agréable.
J’ai grandement aimé mon expérience. L’apprentissage de la technique de base s’est bien déroulé, ce qui fait que j’ai apprécié ce nouveau sport très rapidement. Le talon libre est un atout indéniable. On peut appliquer la technique typique du télémark avec la flexion du genou intérieur tout en retournant en mode ski alpin, en gardant les talons collés sur les skis. Cependant, il faut faire attention pour ne pas rester dans sa zone de confort en étant trop souvent en mode « ski alpin ». Nos deux moniteurs étaient extrêmement gentils et compétents. Ils nous ont montré la technique de base avec des exercices simples et facile à comprendre. Mais par-dessus tout, ils se sont assurés que nous ayons du plaisir en apprenant! Je vais assurément refaire du télémark dans un futur rapproché, principalement pour la grande versatilité que nous offre ce sport!
ZoneSki tient à remercier le personnel de l’école de glisse et la boutique de location du Mont SUTTON, Isabelle Émond, ainsi que les moniteurs Luc Delisle et Michel Camirand. Pour plus d’informations à propos des cours de télémark, visitez le site web de la station!