PLUS

    Histoires de patrouille: le refus de traitement

    test
    PHOTO RENÉE MARCEAU

    Ce récit s’ajoute à la collection de la série « Histoires de patrouille ». Ces histoires, rédigées ou racontées par des patrouilleurs de partout au Québec, qu’ils soient retraités ou encore actifs, ont pour but d’humaniser le titre qui fait souvent frémir les skieurs et planchistes en station. Être patrouilleur, c’est bien plus que porter un uniforme, une radio et une trousse de premiers soins… c’est une histoire de dévouement, de passion pour le ski, l’entraide, l’esprit d’équipe et le don de soi. Nous espérons qu’à travers ces récits, votre perception de ceux qui sillonnent les pistes pour assurer la sécurité des skieurs changera pour le mieux!

    Patrouilleur: Pierre-Sylvain Maillet
    Stations: Ski Saint-Bruno, La Réserve, Ski Garceau
    Années d’activité: 1989-…

    Il arrive parfois que sur les lieux d’un incident, un skieur blessé refuse l’aide offerte par le patrouilleur. La responsabilité du secouriste est alors d’expliquer les conséquences du refus de traitement (risques accrus de blessure/détérioration de l’état), tout en s’assurant d’être disponible au cas où le blessé changerait d’avis. J’ai été confronté à un refus de traitement après un appel pour une planchiste blessée dans un parc à neige. Rassurez-vous, l’histoire finit bien!

    La fin de journée est une période critique pour les blessures. C’est souvent le moment où on se dit « une dernière et j’arrête »… et c’est la dernière descente qui est de trop! Nous sommes donc sur le qui-vive, une partie de l’équipe est déjà en train de remonter vers le sommet de la montagne pour se préparer au balayage de fermeture des pentes. On est à l’époque de la grande mode des parcs à neige et du « big air »: les sauts sont construits de plus en plus hauts et l’expertise en fabrication de modules et sauts est encore toute jeune, si bien que la hauteur, longueur et zone d’atterrissage des sauts ne sont pas encore optimales pour la sécurité des utilisateurs.

    L’appel entre pour un blessé dans le parc à neige: étant le plus près, je m’y rends et je trouve la victime entre deux des plus gros sauts. Elle est face contre neige, sa planche encore aux pieds. Après une évaluation du contexte, je fais fermer le saut en amont pour assurer notre sécurité, je m’approche de la demoiselle et je l’aborde. Au fil de mes questions, je comprends qu’elle est mal tombée, et que son calibre n’était pas suffisant pour maitriser le saut qu’elle a tenté d’effectuer… elle se plaint de douleurs au dos mais refuse que j’intervienne. Elle ne répond pas généreusement à mes questions et me signifie à plusieurs reprises qu’elle ne veut pas que je l’immobilise ni qu’on la transporte vers l’infirmerie. Elle n’est pas seule: son copain l’accompagne et il collabore plus qu’elle! C’est grâce à lui que j’obtiens le plus d’informations.

    Malheureusement pour la jeune fille, son état se détériore: sa douleur au dos augmente au niveau de la cage thoracique, ce qui rend sa respiration laborieuse et douloureuse. Je reviens à la charge en essayant de lui faire comprendre qu’elle ne peut pas descendre la pente seule, j’insiste sur le fait que son refus de mon aide pourrait lui provoquer davantage de lésions. Je lui offre à nouveau un transport par traineau, qu’elle refuse encore, à mon grand regret. Je suis déjà en mesure de percevoir une diminution de son énergie, je me sens impuissant et je sais que la seule solution pour sa sécurité et sa santé est de l’évacuer au plus vite… mais elle refuse obstinément. Je cherche de l’aide auprès de son copain, qui n’en mène pas vraiment plus large que moi… de mon côté, je tente de mon mieux d’informer mes coéquipiers, qui attendent au sommet avant de descendre: ce sont eux qui m’apporteront le matériel nécessaire en cas de besoin.

    Plus le temps avançait, plus il faisait noir, les patrouilleurs qui étaient en haut des pistes attendaient après moi pour fermer. Il était difficile pour moi de faire un compte-rendu, car je ne pouvais pas effectuer mon protocole d’examen sur la planchiste blessée. Ayant peu de renseignements à leur donner j’essayais de les faire patienter en attendant qu’elle accepte un transport. Le temps avançait rapidement et sa respiration devenait de plus en plus difficile… c’était plus qu’évident qu’elle devrait descendre en traîneau.

    J’ai finalement demandé le kit de planche dorsale et utilisé des phrases codées pour passer un appel qui enverrait une ambulance au pied des pentes. La jeune femme, entourée de son copain et de ses amies qui l’ont rejointe entre temps, ont servi de distraction et d’argument pour la convaincre d’accepter notre aide. Alors qu’elle constatait tout le déploiement de patrouilleurs autour d’elle, elle a recommencé à dire qu’elle ne voulait pas de soins. Ses amis et moi l’avons toutefois convaincue d’accepter nos soins et notre aide… heureusement, car on savait tous très bien que la jeune fille avait besoin d’aide médicale, bien plus qu’elle ne le pensait.

    Nous l’avons donc évacuée du parc à neige, immobilisée sur la planche dorsale. Son état avait continué à se détériorer et arrivée au pied des pentes, la planchiste était dans un état de semi-conscience avec douleurs extrêmes au dos: nous lui avons même donné de l’oxygène et le DEA était prêt, au cas où… Les ambulanciers nous ont confirmé que la décision prise de l’évacuer était la bonne: la demoiselle était très mal en point et son état nécessitait des soins urgents.

    Quelques semaines plus tard, l’équipe des patrouilleurs a reçu une carte de la mère de la jeune fille. Elle nous décrivait l’accident, comment sa fille était habillée… Nous avons tout de suite su de qui elle parlait. Elle nous a remercié grandement d’avoir pris soin de sa fille. Elle nous a appris qu’il s’en est fallu de peu pour que sa moelle épinière soit sectionnée. Elle avait deux vertèbres fracturées, cela aurait pu couper toutes sensations dans le bas du corps. Elle aurait pu être paralysée et ça aurait été sa dernière descente à vie en snowboard.

    Je me suis dit que j’avais pris une bonne décision d’avoir jugé que cette demoiselle avait vraiment besoin d’aide et d’avoir tout fait pour la convaincre de revenir sur sa décision de refuser notre aide car il aurait pu y avoir des séquelles plus sévères pour cette dernière. Grâce à la patience et aux bons soins prodigués nous avons été capable d’amener cette fille vers des soins médicaux avancés. Nous avons réussi à sauver une partie de son bonheur…

    Débuter en ski: 10 erreurs à éviter

    Photo Geneviève Larivière

    Commencer en ski n’est pas une tâche facile, surtout pour un adulte. Il y a tellement de choses à savoir et d’épreuves à surmonter. En tant qu’adultes, nous avons souvent plus peur que les enfants, et nous avons aussi des idées préconçues. Je vous dresse ici la liste de 10 erreurs de débutants qui pourraient vous faire vivre une mauvaise expérience… J’ai eu la chance d’être bien entourée à mes débuts mais j’ai quand même vécu certains de ces pièges!

    1. Commencer avec de la famille ou des amis

    Une des pires erreurs selon moi est de commencer avec de la famille ou des amis. C’est trop facile de dire « pas capable » à son proche. C’était comme ça avec mon père. Il arrivait souvent que je bloque à certains endroits sur la piste familiale. Je trouvais ça trop incliné et je ne me sentais pas capable. Par contre, lorsque j’y retournais avec le moniteur qui m’assurait que j’en étais capable, je m’essayais et je me rendais bien vite compte que c’était faisable! Maintenant, je fais cette piste du haut en bas sans m’arrêter. Comme la plupart des stations offrent le programme Iniski et Inisnow à un prix compétitif, ça ne vaut pas la peine de se passer d’un professeur.

    2. Ne pas écouter son moniteur/professeur improvisé

    Ça peut sembler « enfantin », mais il est important d’écouter son moniteur. Si je ne l’avais pas fait, je serais encore dans la familiale à attendre d’avoir le courage de descendre! Si je n’avais pas suivi ses trucs pour savoir comment tourner et comment « beurrer mon beurre de peanut égal », je serais encore en chasse-neige dans la pente-école. C’est grâce à ses conseils que j’ai évolué au point où j’en suis.

    3. Vouloir aller trop vite

    Dans le même ordre d’idée, il est à la fois sage et difficile de ne pas vouloir aller trop vite. Au début, c’est normal de rester sur des pistes faciles. Il est important de bien savoir tourner et arrêter avant d’augmenter le niveau de difficulté… et pour cette partie, fiez-vous à votre moniteur, il saura à quel moment vous êtes prêt! J’ai fait cette erreur avec mon copain lors de son premier essai en ski. Après son Iniski dans la pente-école, il trouvait le tout trop facile et même ennuyant. Il se disait prêt pour plus. Je l’ai emmené dans une pente légèrement plus pentue (la pente familiale), mais c’était trop pour lui. Il a figé et est tombé en se blessant.

    4. Acheter du matériel trop tôt

    Le risque d’acheter du matériel trop tôt, c’est bien entendu le fait que vous serez pris avec du matériel inutilisé si vous réalisez que vous n’aimez pas le ski. Un bon habit de neige, un casque, des lunettes, tous ces items peuvent être réutilisés dans d’autres activités hivernales. J’utilise d’ailleurs le tout pour aller faire de la glissade ou pour des promenades hivernales en tout confort. Par contre, les skis, bottes et bâtons sont plus difficiles à réutiliser. Pour ma part, j’ai acheté tranquillement, après plusieurs sorties, des bottes, puis des bâtons et enfin des skis. J’ai d’ailleurs commencé par acheter du matériel usagé avant de passer à du neuf. C’est un investissement sage: la valeur de revente chute moins lorsqu’on achète déjà usagé!

    5. Acheter du matériel trop fort/pas de notre niveau

    Un débutant n’a pas les mêmes besoins qu’un skieur olympique. Il lui faudra des skis plus faciles à manoeuvrer. J’ai commencé avec des skis à double spatule (twin tip). C’était super facile et je me sentais en confiance. Quand mon niveau a augmenté, j’ai acheté des skis d’un calibre un peu plus fort. Si vous prenez des skis trop forts, les dangers sont nombreux: mauvais contrôle, inconfort… sans parler de la dépense! Une de mes connaissances qui débutait en ski n’a pas écouté le vendeur et s’est acheté la crème de la crème en pensant que ce serait mieux. À la première sortie avec ses nouveaux skis, il a fait une mauvaise chute et s’est blessé. C’était peut-être les meilleurs skis sur le marché, mais ce n’était pas les meilleurs skis pour lui.

    6. S’habiller trop chaudement

    Quand on ne connait pas l’effort qu’on déploiera dans une nouvelle activité hivernale, on a le réflexe de trop s’habiller, de peur de geler. Le réflexe n’est pas mauvais mais si l’habillement est mal adapté, on a vite chaud dans les descentes et on gèle dans la remontée. J’ai commencé à skier avec un manteau de ville, celui qui a de la fourrure sur le capuchon. On était au mois de mars et j’étais nerveuse. J’ai eu beaucoup trop chaud. Depuis, je me suis acheté un bon manteau qui respire et des couches supplémentaires. Je mets des caleçons longs et un gilet à manches longues. Avec ça, j’ai une autre petite veste un peu plus chaude que je porte les journées plus froides. Par-dessus le tout, j’ai mon manteau. Au printemps, j’ai de petites trappes sous les bras qui s’ouvrent pour plus de confort.

    7. Ne pas se lancer de défis/rester sur ses acquis

    Une fois les bases du ski apprises, il est important de se lancer quelques défis et de sortir de sa zone de confort un peu. Après avoir atteint un niveau de confiance respectable dans la pente familiale, je suis passée à une piste bleue. Ma première expérience n’a pas été de tout repos, mais à la longue, elle est devenue une de mes pistes favorites! J’essaie à chaque sortie de prendre au moins une piste plus difficile. Par la suite, je peux retourner dans mes vieilles pantoufles.

    8. Abandonner trop rapidement

    Tous les skieurs sont déjà tombés. Je n’y fais pas exception. Ma deuxième expérience en ski se résume d’ailleurs par le mot « tomber ». Plusieurs mois après mon premier cours en Iniski, j’ai décidé de reprendre le même cours. C’était une journée de poudreuse. Pour un avancé, de la poudreuse est un cadeau du ciel, mais pour un débutant, c’est un cadeau de grec. J’ai dû tomber plus de 20 fois. Heureusement, la poudreuse a absorbé mes chutes. À une reprise même, mes deux skis ont décidé d’aller chacun dans une direction opposée, comme s’ils avaient leur propre opinion de la direction à prendre. À chaque fois, je me suis relevée et je suis repartie. J’ai beaucoup appris de mes chutes.

    9. Penser qu’on est trop vieux pour apprendre

    Il n’y a pas d’âge pour apprendre à skier. Ce n’est pas que les enfants qui peuvent le faire! J’ai appris à skier à 16 ans. Cela m’a donné un avantage, celui d’avoir pu pratiquer d’autres sports qui m’ont appris l’équilibre. Je suis donc partie avec un net avantage sur les enfants, qui ne maitrisent pas encore tous ce principe! Il suffit simplement d’y aller à son rythme.

    10. Ne pas s’écouter

    Finalement, ce conseil va de soi, mais j’insiste: il est très important de s’écouter. Quand je suis fatiguée, j’ai davantage tendance à faire des erreurs et je tombe, ce qui augmente les chances que je me blesse. J’essaie de résister à l’envie de la phrase « une dernière descente! »: je préfère rester sur ma faim et revenir en pleine forme une autre journée!

    J’espère qu’avec ces quelques conseils vous serez en mesure de commencer du bon pied. Si vous avez d’autres interrogations en lien avec l’apprentissage du ski, voici quelques recommandations de lecture:

    – 10 raisons d’inscrire votre enfant à un cours de glisse
    – L’Iniski: quand toutes les peurs s’envolent!
    – On a testé pour vous: l’Expérience Maneige

    10 pistes de ski idéales pour le carving

    L’accroche, les carres qui s’enfoncent doucement dans la neige, le bruit sourd des spatules s’appuyant sur cette neige dentelée… Quel plaisir ! Que vous aimiez la vitesse et une conduite dynamique que procure un ski SL / GS, que vous soyez en planche ou que vous appréciiez tout simplement descendre à votre rythme sur un tapis blanc genre « velours cordé » afin de profiter d’une surface invitante et du paysage, ce palmarès est tout indiqué pour vous. Mentionnons que le niveau des pistes devient un facteur inhérent au plaisir de glisse. Pour cette liste, seules les pistes accessibles à tous ont été retenues. Les plus belles pistes damées du Québec sont celles qu’on veut dévaler dès l’arrivée, celles où on a hâte le matin, en première descente de faire virer les skis en toute confiance histoire de se réchauffer les muscles. Celles qui nous mettent un large sourire au visage !

    1. La Petite-Rivière, Massif de Charlevoix (Charlevoix)

    La Petite-Rivière du Massif de Charlevoix est une piste qui se caractérise par une largeur type boulevard, une inclinaison constante, un paysage à couper le souffle et une longueur impressionnante. Une piste sans courbe où il faut souligner aussi l’aspect « accessibilité » de par son niveau intermédiaire.  Il s’agit d’une piste où la vitesse est facilement contrôlable. Dès la levée du ruban, tous ces éléments additionnés nous permettent d’indiquer qu’elle devient une des pistes damées incontournable au Québec pour le « carving ». Une piste  signature de la station de Petite-Rivière-St-François. Un parcours fabuleux pour les amateurs de damé avec un dénivelé de plus de 700 mètres !

    2. Le Gros Vallon, Mont-Sainte-Anne (Québec)

    Le Gros Vallon est la piste signature du Mont-Sainte-Anne pour la mise à carre et principalement pour le grand rayon. Cette piste nous dévoile une impressionnante largeur sur toute sa longueur de 2 327 mètres, une inclinaison constante dans la première partie pour augmenter légèrement par la suite jusqu’au mur où il est possible de prendre une pause et profiter de la vue imprenable sur le fleuve. Soyez dynamique et contrôlez votre vitesse pour apprécier au maximum cette première partie !  Plusieurs enfilent le mur du Gros Vallon par la droite où la pente est moins prononcée. La dernière section, ayant moins d’inclinaison, permet de continuer la descente en skiant les petits vallons caractéristiques de cette piste vers la télécabine pour un total de 625 mètres de dénivellation. Une superbe descente qu’il est aussi possible de faire en soirée sur une surface irréprochable !

    3. Des Bouleaux, Mont Grand-Fonds (Charlevoix)

    Des Bouleaux est une longue piste damée parsemée de bouleaux très espacés. Cette piste large et longue de 2 316 mètres qui serpente le flanc Est de la montagne est l’une des plus belles de la province. Ayant une pente constante, elle nous offre une surface douce et moelleuse toujours prête à accueillir les spatules de skieurs en quête de plaisir ! Les bouleaux matures laissés dans la piste comme un large sous-bois sont une particularité digne de mention.  L’entretien des pistes au Mont Grand-Fonds est d’une qualité  impeccable et la surface invitante. Une piste unique en son genre et vraiment amusante… Wow !

    4. La Beauvallon Haut et Bas, Tremblant (Laurentides)

    Avec sa vue sur les forêts nordiques ainsi qu’une pente favorisant une glisse assez rapide, la Beauvallon est l’une de ces pistes où le plaisir de la mise à carre est indéniable sur presque toute la longueur. Par sa configuration exceptionnelle, cette piste longeant le versant Sud est toute indiquée pour profiter des avantages qu’offre une piste intermédiaire. La section du haut nous permettant un ski plus dynamique, quand à celle du bas est spécialement orientée pour un carving à plus long rayon. La satisfaction qu’un skieur en retire est synonyme de l’agréable sensation du flottement de nos spatules sur une neige damée à la perfection. Une piste très skiée par les visiteurs de la station (beaucoup de trafic en fin de semaine) offrant une vue imprenable sur le village touristique de Tremblant. La fin de la descente vers le village se termine dans La Johannsen. Tout-à-fait magnifique !

    5. La Bedford, Bromont, montagne d’expériences (Cantons-de-l’Est)

    Cette piste simple noire, sur le Versant du Village offre une très belle variation de terrain. Parallèle à la Knowlton, une autre piste signature de la station, la Bedford est une piste large avec un bon dénivelé et pas trop achalandée en avant-midi ce qui lui permet de garder cette belle surface plus longtemps. C’est une piste que vous voulez faire dès votre arrivée à la station, à l’ouverture ! Toujours bien damée, elle propose aux amateurs de glisse une expérience différente compte tenu de quelques petits vallons agrémentant la descente. C’est la piste damée à faire pour bien commencer une journée à Bromont… sensations garanties !

    6. La Gaby Pleau, Le Relais (Québec)

    Cette piste, nommée en l’honneur de Gabrielle Pleau, pionnière dans le domaine du ski au Québec, est la piste centrale du Relais du Lac-Beauport. Datant du tout début de la station en 1936, elle se présente à nous avec une bonne largeur et une inclinaison constante. Le petit vallon suivant le départ nous amène au début d’une inclinaison idéale pour le carving court ou long rayon. C’est à partir de cette section que l’on peut retrouver le départ de plusieurs compétitions de slalom durant la saison. C’est une piste attrayante qui nous permet de profiter continuellement des bonnes conditions qui font la renommée de cette station. Une surface facile à skier intégrant tous les ingrédients nécessaires pour en faire une piste damée de haut calibre mais avant tout sur laquelle le plaisir de la glisse est toujours au rendez-vous !

    7. La Grande Coulée, Mont Orford (Cantons-de-l’Est)

    La Grande Coulée est une belle piste nous offrant au départ une vue magnifique sur l’ensemble du Parc National du Mont Orford vers le nord. Sur le versant Ouest du Mont Orford, soit du côté du Mont Alfred Desrochers, cette piste où le damé est à l’honneur nous permet de combler notre appétit de mise à carre par une descente longue et diversifiée. Dès les premiers virages à l’ouverture, la succession de pentes douces et abruptes qu’on peut dévaler en contournant la falaise puis en s’engouffrant dans ladite coulée nous procure bien du plaisir! Souvent la première piste de la station ouverte de haut en bas dû à son enneigement facile, elle est également à l’abri du vent caractéristique de l’endroit!

    8. Lilly’s Leap, Owl’s Head (Cantons-de-l’Est)

    La Lilly’s Leap, la piste la plus populaire de l’endroit, sillonne la montagne en offrant un panorama spectaculaire du lac Memphrémagog. Les skieurs de calibre intermédiaire seront ravis de cette classique piste sinueuse qui les comblera par les nombreuses variations de topographie, autant pour des virages longs que courts. Comme bien d’autres pistes de ce palmarès, elle est celle qu’on doit faire dès l’arrivée, autant pour profiter des meilleures conditions que pour apprécier la lumière du matin!

    9. La Blackburn, Le Valinouët (Saguenay-Lac-St-Jean)

    Situé en plein cœur des Monts-Valin, le Valinouët est une station de glisse qui offre des conditions d’enneigement exceptionnelles. Avec 600 centimètres de neige qui tombent annuellement sur les pistes, oublions les canons à neige. C’est une surface de glisse 100% naturelle que la station propose. La Blackburn (piste 13), anciennement « la Crook », est  la piste qui accueille les compétitions. Cette piste de niveau intermédiaire présente une belle pente constante et procure un super panorama quand on est en haut. Elle est toujours bien damée sur une neige naturelle et garantit un excellent ratio de plaisir de glisse et d’accroche. Il faut le vivre pour le croire! Les conditions de glisse sont toujours impeccables : une neige damée sur une base molle, qui laisse les carres s’enfoncer légèrement. Oublions les plaques de glace ici ! Voilà donc le bonheur du carving sur neige naturelle !

    10. La Panorama, Pin Rouge (Gaspésie)

    Comme le mentionne bien son nom, cette piste offre une vue d’exception sur le parc régional Petite-Cascapédia. La Panorama (piste 2) est une piste de calibre intermédiaire avec de beaux vallons nous permettant de varier notre descente contrôlant notre vitesse par un court ou long rayon engagé. Toujours bien travaillée en début de journée, cette piste de bonne largeur pour le carving et dotée d’un système d’enneigement nous présente une pente continue avec de légères courbes. Une piste accessible, mais nous offrant de bonnes conditions pour la mise à carre.

    Les montagnes ont toutes une piste signature. Plusieurs d’entre-elles possèdent une belle piste damée excellente pour le carving. Ce palmarès aurait pu être bien différent mais à notre avis, il représente une brochette de pistes où les skieurs de tout niveau peuvent apprécier le travail des maîtres du damage. L’objectif des stations est d’être en mesure de proposer ce type de piste travaillée à la perfection et sur lesquelles plusieurs skieurs(es) savourent chaque virage, chaque courbe et chaque instant tout simplement pour un maximum de sensations… celles du plaisir de skier  !

    S’entrainer pour garder la forme… ou performer

    Second volet de ce reportage sur la pratique du ski de montagne (skimo), avec aujourd’hui pour sujet principal l’entrainement et la préparation physique.

    Un complément à la course

    Personnellement, le ski de montagne constitue mon entrainement croisé pour la course en sentier, lors de la période hivernale. C’est une occasion de continuer à s’entrainer tout en effectuant une bonne coupure avec la course.

    De nombreux athlètes de trail running (Kilian Jornet, Emelie Forsberg, Anton Krupicka, Joe Grant, Dakota Jones, Rob Krar…) adoptent ce mode de fonctionnement qui semble leur réussir. Les bienfaits sont nombreux ; le skimo est un sport sans impact pour les articulations et les jambes et qui n’offre pas de résistance. Ces particularités sont alors bénéfiques pour le corps puisqu’elles permettent de le régénérer à la suite des traumatismes subis, lors d’une saison de course par exemple. De plus, changer de sport est bon pour l’esprit puisqu’il permet de stopper la rigueur de l’entrainement hebdomadaire ainsi que la lassitude d’une saison accumulée, de changer de décor, d’intérêts et ainsi se régénérer l’esprit afin de revenir au printemps dans un état de fraicheur.

    Enfin, en tant que sport secondaire, il peut plus facilement s’associer à une activité de « détente » ou de loisir sans tomber obligatoirement dans la recherche de performance à tout prix (même si plus facile à écrire qu’à appliquer).

    Établir un programme d’entrainement

    À première vue, l’entrainement en ski de montagne est d’une évidence déconcertante : « il faut monter les montagnes et manger le plus de dénivelé possible ». Oui, mais pas seulement…

    Comme dans beaucoup d’activités physiques, il y a la phase de préparation physique, qui intervient en début (ou avant) la saison; elle consiste à effectuer un travail nécessaire avant d’entamer l’entrainement spécifique. L’objectif de cette phase est d’adapter l’organisme à certains types d’effort, à améliorer sa motricité et ses fonctions cardio-pulmonaires.

    Une fois que le corps est prêt à effectuer le travail spécifique, il est temps de chausser les skis et d’aller pratiquer en montagne. Il faut alors faire preuve d’inventivité ou de créativité pour varier les plaisirs : sortie longue, intervalles, ski de fond (travailler le pas de patin), s’exposer aux conditions météo difficiles ou encore skier de nuit à la frontale sont autant de variantes et exercices qu’il est possible d’intégrer à son plan d’entrainement.

    Enfin, il y a le volet technique lié aux spécificités du sport lui-même. Le ski de montagne présente des phases de transitions (enlever les peaux, porter les skis, remettre les skis, remettre les peaux…). Toutes ces phases sont déterminantes lors d’une course car c’est bien souvent lors de ces transitions que la différence se fait entre les athlètes. Voyez ci-dessous l’un des maitres de la discipline, Kilian Jornet, enchainer sa transition de fin de montée !

    Les lieux de pratiques

    C’est le nerf de la guerre pour le développement d’un sport: offrir des lieux de pratique sécuritaires et encadrés. Cet enjeu est, à mon sens, le point faible et la cause du maigre engouement de cette pratique au Québec.

    Il est possible de commencer à s’entrainer tôt dans la saison, dès que tapis de neige permet d’utiliser les peaux pour remonter les pentes (et redescendre en espadrilles pour ne pas risquer d’abimer ses semelles). Au Québec, les lieux les plus adaptés restent les stations de ski avant les ouvertures officielles, et poursuivre la saison tard, lorsque ces dernières ferment.

    Mais en pleine saison, toutes les stations ne sont pas encore prêtes à accueillir les randonneurs, même si ce constat est en train de changer et qu’année après année, de nouvelles stations offrent un sentier dédié à la randonnée afin d’encadrer la pratique sur leur domaine.

    Aller jouer dehors

    D’un point de vue purement plaisir ou sous la forme d’une « activité de loisir » (moins axé sur le désir de performance sportive), on ne le répétera jamais assez: l’hiver (et l’été également), allez jouer dehors!

    Tous les prétextes sont bons pour aller se ressourcer en nature, se vider l’esprit de nos longues journées assis derrière un ordinateur, quitter notre monde sédentaire et retourner à l’un des aspects fondamentaux de notre espèce: bouger.

    À l’heure où cet article est publié, les premières étapes du circuit 2017 SkiMoEast ont eu lieu avec la seconde édition du Trail de nuit Stoneham,puis La course du Festival à Tremblant.

    La fin de semaine prochaine, le tour fait étape au Massif de Charlevoix pour le Défi des montagnes, l’une des plus longue et difficile étape du circuit. Pour de plus amples renseignements sur le tour complet, n’hésitez pas à consulter le site de l’organisateur, SkiMoEast.com afin de découvrir toutes les dates.

    Lors du troisième volet de ce reportage sur le ski de montagne, je vous ferai vivre de l’intérieur une ou plutôt plusieurs courses afin de vous donner encore plus le goût de nous rejoindre sur une étape!

    Black Mountain NH, une authentique station régionale – 21 janvier 2017

    Ce matin à mon réveil, je me demandais si j’avais pris la bonne décision en couchant à North Conway afin de skier aujourd’hui Black Mountain. Les prévisions météo étaient meilleures que celles au Québec pour mon retour, mais on ne parlait pas vraiment de soleil. J’ai donc été extrêmement surpris quand en arrivant à la station le ciel était bleu.

    Souvent les stations régionales sont difficiles à trouver, car il n’y a aucune indication pour aider les touristes à s’y rendre. Ce n’est pas le cas pour cette station, il y a plusieurs indications et il est facile d’y aller en partant de North Conway. Quand je dis que c’est une authentique station, je veux dire que c’est une station où ce qui est important est le ski et la fonctionnalité des bâtiments et de l’équipement, et pas d’avoir ce qui brille le plus, mais n’apporte rien de plus aux skieurs. Si quelqu’un veut savoir comment était l’ambiance il y a 30 ans dans beaucoup de stations de ski des Laurentides, il suffit de venir skier à Black Mountain.

    La station a un dénivelé de 335 mètres et affichent 66 pistes. Si on examine le plan des pistes, on réalise rapidement que la montagne est truffée de pistes, certaines sont larges et avec de la neige artificielle, mais beaucoup sont étroites, assez difficiles et en neige naturelle.

    Je suis arrivé tôt ce matin, bien avant l’ouverture des pistes à 8 h 30. C’était très tranquille à l’ouverture et je pense que beaucoup avaient regardé la météo la veille et décidé de dormir un peu plus tard ce samedi matin.

    Voici une photo du chalet le matin, celui-ci est très fonctionnel et j’ai trouvé facilement ce que je cherchais.

    Pour se rendre au sommet de la montagne, il faut utiliser une chaise double. J’étais le premier skieur de la journée et j’ai eu un patrouilleur pour m’accompagner. Actuellement comme il manque un peu de neige, il n’y a qu’une piste ouverte au sommet. Cette piste est étroite et tourne, mais comme le travail mécanique avait été parfaitement fait, ce n’était pas difficile de la descendre. Ce qu’il y a de particulier à cette chaise, c’est qu’il est possible de débarquer de celle-ci avant le sommet. J’ai donc fait les premières traces sur des pistes parfaitement damées et avec une neige très douce. Il n’y avait presque pas de skieurs sur la montagne avant 9 h 30, on m’a dit que normalement il y a beaucoup plus de monde que cela.

    Il y a aussi une chaise triple qui se termine au même niveau que si l’on débarquait à la station intermédiaire de la chaise double. On remarque sur la photo que les skieurs utilisant cette chaise sont très bien protégés du vent par des arbres.

    Il y a finalement une remontée Poma qui donne accès à quelques pistes faciles au bas de la montagne.

    Il y avait un bon choix de pistes damées un peu partout sur la montagne, certaines étaient larges et d’autres étroites et serpentant entre les arbres. Je n’étais pas seul sur la montagne, mais j’ai souvent eu l’impression de l’être.

    Certaines pistes à neige naturelle étaient fermées, mais beaucoup étaient ouvertes. Pour bien faire, il manque une bonne tempête de neige à ces pistes. Cela n’a pas empêché plusieurs skieurs de s’amuser dans ces pistes.

    Pour les jeunes de la région, c’est une montagne idéale pour apprendre à skier tous les genres de pistes.

     J’ai skié sans interruption de 8 h 30 à 11 h 30, avec du soleil la majorité du temps. J’aurais aimé skier un peu plus, mais je ne voulais pas avoir à conduire de nuit avec la bruine et le brouillard que l’on annonçait au Vermont et au Québec. Le midi, j’ai mangé à la station une très bonne et épaisse chaudrée de blé d’inde et poulet. Je mangerais volontiers une telle soupe le midi tous les jours que je fais du ski.

    Pour ceux qui pensent que le New Hampshire est loin, j’ai parcouru seulement 723 km en deux jours. Si la météo avait été bonne pour deux autres journées, il m’aurait été facile de skier deux autres stations en conduisant seulement une centaine de kilomètres de plus.

    Le défi des skieurs piétons

    Tout le monde se souviendra d’avoir lu cette nouvelle de décembre 2016, qui faisait état d’une amende salée donnée à un vilain délinquant qui transportait ses skis de fond en métro à l’heure de pointe. 102$ et beaucoup de battage médiatique plus tard, ledit contrevenant rebelle s’est retrouvé doté d’un ensemble de skis et bâtons neufs, gracieuseté de Fischer et Swix: #skietonmetro est devenu le mot-clic à la mode pendant quelques heures. Mathieu Simard représente, un peu malgré lui, le visage du gars plein de gros bon sens qui utilise les transports en commun, fait du sport, et se fait punir à cause d’un règlement. Le règlement en soi est plus ou moins questionnable, on comprend qu’il s’agit d’assurer la sécurité des utilisateurs, et cette interdiction de transporter des skis en métro ne vise que les heures de pointe. Ce qui mérite réflexion est la latitude dans l’application du règlement: est-ce bien pertinent de pénaliser un utilisateur qui opte pour un comportement responsable, au moment le plus opportun?

    Comme bien des gens, j’ai ressenti une légère frustration en lisant cette nouvelle. Pas outrée par le règlement, non, mais bien par le fait que l’application ait été suivie au pied de la lettre, sans égard au portrait global. Lors d’une journée de tempête, je me sens personnellement plus en sécurité dans le métro (ou sur les pistes de ski!) que dans les rues de la ville! Et je ne dois pas être la seule… Bien sûr, il y a probablement eu excès, abus et incidents pour que le règlement existe. Mais comme cette histoire tourne en rond et qu’il y a peu de chances que le tout change… portons notre regard sur un sujet connexe: l’accessibilité des stations de ski par transport en commun.

    Il y a quelques années, un membre de notre équipe a fait le pari de se rendre dans quelques stations de ski en explorant les moyens de transport collectifs. La raison du défi était simple: il ne possédait pas de voiture et a simplement utilisé son ingéniosité -et ses pieds. Conclusion: bien peu de stations de ski en opération sont réellement accessibles! En fait, jusqu’à très récemment, il n’existait aucun transport collectif qui puisse emmener des skieursde la grande région métropolitaine jusqu’au pied des pentes de ski. La pionnière à en faire l’annonce est Ski Saint-Bruno, qui a travaillé très fort pour créer un pont entre les réseaux de transport des environs et les maires des différentes villes sillonnées par les services de transport collectif.

    Bien entendu, à ce moment, vous êtes en train de vous remémorer que vous avez utilisé des services du genre « Ski-Bus » alors que vous étiez encore étudiant, sans voiture… Sachez que très peu de ces services sont encore en fonction! Le parc automobile du Québec ne cesse de croitre (environ 5 millions de véhicules de promenade sont immatriculés) et le mouvement démographique ainsi que le vieillissement de la population ont fait en sorte que la clientèle skieuse est, en grande majorité, propriétaire d’au moins une voiture par foyer. Les belles initiatives de transport organisé par autobus jusqu’aux stations existent encore mais les fréquences sont moins grandes et le coût élevé est souvent un frein, tant du côté de l’utilisateur que de l’exploitant. Ce type de système est probablement voué à disparaitre à moyen terme…

    Je reviens à Ski Saint-Bruno: d’une part, je trouve formidable qu’une station qu’on peut qualifier d’urbaine réussisse à développer un projet d’accessibilité par transport collectif; d’autre part, je trouve déplorable qu’aucune autre station à proximité d’une grande agglomération ne l’ait fait (voire tenté de le faire). Même Le Relais à Québec n’est pas accessible par bus… pour l’instant, le seul circuit d’autobus du RTC qui s’approche (#34) ne dépasse pas la rue Champéry. Même en descendant là, un skieur devrait parcourir sur le Boulevard du Lac environ 1,6km en bottes de ski, avec tout son attirail. Mont Cascades: aucun autobus à proximité (malgré le grand bassin de la région d’Ottawa). Sommet Saint-Sauveur: niet. Mont Orford: nope. En étirant un peu l’élastique, on peut dire que le Centre de Plein-Air de Lévis et le Mont Bellevue (Sherbrooke) sont desservis, ayant un arrêt d’autobus à quelques centaines de mètres de la base. Si on se tourne vers Saguenay, la société de transport de la ville dessert les Monts Fortin et Bélu. La population de l’endroit est choyée! (Appel à tous: si votre municipalité dispose d’un transport collectif qui permet d’accéder à votre station de ski préférée, svp l’indiquer dans les commentaires! Ça me fera plus que plaisir d’en apprendre!)

    Votre réflexe à ce stade-ci de la lecture (bravo, vous êtes presque à la fin!) est de me parler des services de covoiturage (Ski Covoiturage, Amigo Express). Après un bref sondage dans mon entourage et une vérification sur les sites, le problème est la demande très grande et l’offre minime, voire nulle: les sites répertorient en moyenne cinq recherches de transport pour une offre! Malgré la flexibilité des demandeurs, bien peu trouvent un chauffeur à temps. Conclusion: on est pas sorti de la ville!

    Voici quelques statistiques:

    • Le nombre de voiture par 1000 habitants sur l’Ile de Montréal est, à quelques volants près, le même que dans le Grand Nord (437 en 2014). Moyenne provinciale: 652 au même moment (chiffres tirés d’une étude économique de Desjardins).
    • Le poids démographique de la grande région montréalaise est indéniable: environ 2 millions sur l’ile, 4 millions si on compte toute la région métropolitaine, soit grossièrement près de la moitié de la population totale de la province.
    • Le nombre de stations de ski dans un rayon de 80km du centre-ville de Montréal: 8. Dans un rayon de 100km, ajoutez-en 6.

    Pour résumer, disons simplement que la région la plus densément peuplée ET comptant le plus grand nombre de stations de ski à proximité est celle qui compte le moins de véhicules par habitant.

    En parallèle, depuis environ cinq ans, l’Association des Stations de Ski du Québec (ASSQ) fait état d’une diminution de la fréquentation de sa jeune clientèle: les 12-18 ans sont en perte de vitesse et les milléniaux sont presque portés disparus. Me voyez-vous venir? Les milléniaux sont régulièrement confrontés à des choix budgétaires, tandis que les plus jeunes sont encore dépendants de leurs parents pour leurs déplacements. Mon humble conclusion est que malgré les initiatives (fort louables!) axées sur le développement et l’entretien de la clientèle par le biais des programmes d’apprentissage et de rétention, aucun moyen réel n’est mis en place afin de favoriser l’accès physique aux lieux, exception faite de Ski Saint-Bruno. Et comme la montagne ne vient pas à Mahomet… Mahomet doit (pouvoir) aller à la montagne.

    Conseil d’achat: les semelles chauffantes

    Photos Jacques Boissinot

    ZoneSki vous parle souvent de passion et de plaisir. Chaque saison de ski apporte son lot de coups de cœur. Les dernières années ont eu plusieurs rebondissements, tant pour les skis que j’ai essayés (et adoptés) que pour les pistes que j’ai dévalées, sans compter les béquilles que j’ai utilisées…  Mais voilà, mon grand coup de cœur de ces années devrait être suivi d’un grand coup de pied au bon endroit. Ça faisait des années que mon ami André, instructeur de ski au Mont-Sainte-Anne, me disait avec insistance de faire la dépense et de m’acheter des semelles chauffantes. Moi le dur, moi l’homme, des semelles chauffantes? Pffff! Non mais… J’aurais dû écouter André bien avant. Ça vous paraîtra bizarre mais depuis que j’ai ajouté des semelles chauffantes à mes bottes de ski, j’ai moins froid aux mains. Et si j’ai un conseil à donner aux amis, faites la dépense sans hésiter! C’est le plus bel achat que j’ai fait depuis que je pratique ce sport. 

    L’industrie des semelles chauffantes, des bas chauffants et des gants/mitaines chauffants est en plein essor. Nous sommes un pays nordique et geler des extrémités en s’amusant sur les pistes n’est pas agréable, bien que fort commun. Ma boutique préférée dans la région de Québec, Performance Bégin à St-Augustin-de-Desmaures, offre une panoplie de produits et de marques. Mon conseiller et ami, Sylvain, a reçu une nouvelle visite de ma part afin de mettre à jour ce texte.

    Therm-ic (celles que je possède) est de retour en affaires. Sidas, reconnu pour ses chaussons de compétition et ses semelles moulées à la forme du pied a repris la marque. Sidas a aussi mis en marché une gamme complète de produits à son effigie. La boutique Performance Bégin offre des semelles/batteries chauffantes Therm-ic et Hotronic. Les deux sont très bons et la qualité s’équivaut d’une marque à l’autre. 

    Chez Therm-ic, sept modèles existent mais la plupart des détaillants en proposent quatre, dont deux pour lesquels il est possible de contrôler l’intensité de la chaleur avec une télécommande. Les semelles de conception Sidas qui équipent les Therm-ic sont très performantes, remplaçant les semelles originales de vos bottes. Il est aussi possible d’installer des pastilles chauffantes sur des semelles moulées à votre pied ou des orthèses spécialisées.  Notez que certaines boutiques spécialisées peuvent avoir fait le choix de ne conserver qu’une seule des deux marques, Sidas étant équivalente à Therm-ic.

    Chez Hotronic, la marque offre aussi deux puissances, les Pack S3 et S4. Dans le passé, on disait beaucoup de bien des batteries, mais les semelles offertes étaient moins performantes. Hotronic a réglé le problème en offrant cette année des semelles très performantes avec ses réputées batteries.  Le conseiller, Sylvain, dit beaucoup de bien des deux marques. Il possède des Hotronic et elles lui fournissent toute la chaleur requise.  Pour ma part, j’ai les Therm-ic 950 d’il y a quatre ans et je n’ai jamais eu de problème à passer une journée de ski au chaud. Un conseil, si vous magasinez et hésitez entre deux marques, posez la question à votre conseiller sur le nombre de retours pour chacune d’elles! Chez Performance Bégin, on me mentionnait n’avoir eu aucun retour de batteries Hotronic, ce qui procurerait un avantage à cette marque pour le rapport qualité/prix.

    Pour les deux marques ci-haut, la chaleur fournie devrais suffire amplement à passer la journée bien au chaud dans vos bottes. L’installation se fait en coupant le chausson de votre botte à l’arrière. Il est conseillé de laisser la boutique où vous faites l’achat se charger de l’installation, d’ailleurs, la pose est offerte gratuitement à l’achat des semelles et batteries à la boutique que j’ai visitée.

    Détail des prix:
    Therm-ic SuperMax : 180$ à piles Ni-MH
    Therm-ic IC950 : 240$ piles lithium
    Therm-ic IC1200 : 320$ piles lithium
    Semelles Therm-ic : 70$

    Hotronic S3 powerpack :  220$
    Hotronic S4 powerpack : 240$
    Semelles Hotronic : 70$

    Les bas chauffants

    Plusieurs marques ont fait apparition depuis quelques années et celles-ci sont de plus en plus populaires. Le grand avantage des ces bas, la possibilité de les porter dans toutes vos bottes et la répartition plus égale de la chaleur. Mon frère s’est procuré une paire de semelles Lenz et à sa première sorties, il était emballé par le produit. L’intensité de chaleur du bas Lenz peut être réglée avec le téléphone portable. Thermic offre aussi un modèle de bas tout comme des gants chauffants. L’année dernière, j’avais des retenues sur l’efficacité des filaments servants au chauffage et de la durabilité de la chaussette au lavage. Cette année, y semblerait que le produit s’est grandement amélioré et les retours sont très rares.

    On met environ300$ pour les bas chauffants, tant chez Therm-ic que chez Lenz. Les boutiques de plein air offrent des semelles chauffantes à prix modique avec batterie sous la semelle. Attention cependant, l’épaisseur de la semelle change beaucoup l’ajustement de vos bottes de ski et la chaleur fournie est souvent moindre! Et comme Sylvain me signalait, si vous voulez gagner des points (comprendre: air-lousse) avec votre amie ou conjointe, faites-lui cadeau de semelles chauffantes. Dans mon cas, c’est à moi que j’ai fait plaisir! C’est le meilleur investissement de ma carrière de skieur.

    Je vous invite à magasiner rapidement. Le froid s’en vient et les stocks vont rapidement baisser. Depuis la première publication, je me suis procuré des gants chauffants de marque Therm-ic. Fini le froid, bienvenu le plaisir sur les pistes. Bon ski au chaud, et bonne saison!

    Cet article a été originalement publié le 18 novembre 2012 mais le sujet étant encore et toujours d’actualité, l’auteur a effectué une mise à jour des informations afin de continuer à répondre aux questions des lecteurs!

    Voyage à Whistler-Blackcomb: aide à la planification

    Whistler-Blackcomb est le plus grand domaine skiable en Amérique du Nord et ce n’est pas pour rien : officiellement, la montagne affirme avoir 200 pistes. Vous me direz que Tremblant affirme en avoir 95, je vais vous répondre que les 8 200 âcres représentent douze fois le domaine skiable du royaume des Laurentides; la voici, la vraie donnée à retenir! Pour bien profiter de votre séjour, voici un petit guide en quatre articles qui commence de chez vous au Québec!

    La météo, bête noire de Whistler-Blackcomb.

    La station est située sur deux versants de la Chaine Côtière se faisant face (Whistler et Blackcomb), séparés au creux par la Fitzsimmon’s Creek. Le sommet de Blackcomb étant à environ 2 300m, la station souffre malheureusement de sa « faible » altitude comparé aux montagnes du côté des Rocheuses comme Lake Louise, où les sommets culminent à plus de 3 000m. La résultante est souvent une météo en yo-yo avec des épisodes de pluie présents surtout au mois de janvier, surnommés « Pineapple Express », mais qui se limitent heureusement plus souvent qu’autrement à une altitude de 1800m, soit le niveau du « Roundhouse », le chalet alpin de Whistler.

    Plusieurs personnes vont vous dire qu’il est plus prudent de réserver dernière minute, ce que je confirme, même si j’ai été chanceux dans mes voyages à Whistler au fil des ans. Il peut aussi vous arriver d’agréables surprises comme dans mon cas en janvier 2016 : une semaine avant mon voyage, il pleuvait et une semaine après, il faisait +10 degrés, même en haut de la montagne. Parlant de chance, c’est souvent un « quitte ou double » : la proximité avec l’océan Pacifique amène énormément d’humidité donc ma semaine de ski s’est soldée par une accumulation de 140cm de neige sur sept jours, rien de moins!

    Comment éviter de se ruiner, les préparatifs du voyage.

    Il existe évidemment plusieurs options pour votre séjour. L’une d’elles est l’option « tout inclus » comme par exemple avec Voyages Gendron ou si vous vous y prenez bien d’avance (mois d’octobre et novembre), vous pourrez économiser un montant d’environ 30% sur le prix en saison. Le prix vous reviendra pour une semaine à environ 2000-2500$. Il existe par contre des solutions de type « à la carte » où vous pourrez passer une semaine entre amis pour beaucoup moins cher. Voici quelques suggestions!

    Milles Aéroplan, billets d’avion, etc.

    Montréal-Vancouver est probablement l’une des destinations où le rapport points/distance revient le moins cher. Il en coûte 25 000 points et environ 175$ de frais pour le billet d’avion, ce qui représente une bonne prime, compte tenu de la distance à parcourir de 5 000km. Au moment de choisir votre vol, pensez au petit bonus d’une journée que vous pouvez faire en prenant le vol de retour de nuit vers Montréal : il existe un vol qui part de Vancouver vers 23h et qui arrive à Montréal le lendemain matin vers 7h30. C’est une excellente façon de faire un voyage 7 jours de ski et 7 nuits. Assurez-vous cependant de ne pas travailler la journée de votre retour, sinon vous risquez de ne pas être trop productif!

    Où résider pendant votre séjour?

    Whistler est divisé en deux centres urbains associés à trois bases : Whistler Village (base principale et Blackcomb base 2) et Whistler Creekside. Le principal avantage de résider dans Whistler Village était anciennement d’être plus près de Blackcomb et d’avoir le choix de skier les deux montagnes sans perdre une heure le matin, le temps de partir de Creekside, faire un détour par la base de Blackcomb et de finalement accéder au terrain skiable de cette montagne. Ce désavantage a grandement été réduit suite à la construction de la télécabine « Peak to Peak », qui réduit ce temps de moitié tant le matin que le soir. Un très bon site pour trouver des condominiums au meilleur prix est www.alluradirect.com. J’ai personnellement aussi déjà acheté du « timeshare » sur ebay pour des prix à tout casser du genre 6 jours dans un condo Creekside pour 600$ dans le passé. Ces « super-deals » sont maintenant plus rares, étant donné la popularité de la station, surtout suivant les Olympiques de 2010.

    Se louer une voiture ou prendre l’autobus?

    Whistler est une ville extrêmement chère. Le IGA « marketplace » est probablement l’épicerie la plus chère que j’ai jamais vue! Si vous êtes quelques personnes à faire le voyage, un petit conseil : louez-vous une voiture et faites votre épicerie à Squamish (40 minutes de route) au supermarché « Save on Food » où vous ne trouverez pas des tomates à 15$ le kilo mais bel et bien des prix normaux auxquels on est habitués au Québec. Sur une semaine, à quatre personnes, c’est facilement 400$ d’épicerie de moins!

    Un transport en autobus peut aussi coûter très cher: on parle d’environ 75$ aller simple donc 150$ aller-retour plus taxes par personne (http://www.whistler.com/getting-here/road/shuttle/). À deux personnes, une minivan vous reviendra moins cher pour la semaine que ça! Un petit conseil, magasinez vos tarifs avec un site comme carrental.com où vous trouverez les meilleurs prix des commerçants.

    Les billets de ski

    Le prix du billet journalier à Whistler est d’environ 150$ taxes incluses. Vous pouvez cependant économiser grâce à la carte « Edge », disponible en ligne pour tous les résidents canadiens où le client pré-paye des blocs de 3, 5 ou 10 jours. De cette façon le prix peut même descendre jusqu’à 72$ soit presque la moitié moins cher. Il y a moyen de lier votre carte de crédit à votre carte Edge pour une option donnant accès directement aux remontées le matin pour les journées extra à 99$. Whistler offre généralement des rabais sur les cartes Edge en vente pré-saison et début janvier, après le temps des fêtes, où l’on retrouve souvent les mêmes prix que lors de la pré-vente.

    Fait à noter, avec l’acquisition de Whistler par Vail resorts, le prix de la passe de saison 2017-18 sera probablement revu fortement à la baisse donc pour tous les skieurs désirant passer plus de 10 jours, il sera important de vérifier ces prix avant d’acheter une carte Edge. La station honore également la passe Mountain Collective mais cette situation pourrait changer éventuellement; le meilleur conseil que je peux vous donner est de vous renseigner et de magasiner!

    Whistler-Blackcomb: découvrir le versant Whistler

    En montagne, la météo change rapidement et sera à Whistler-Blackcomb le principal facteur qui vous fera exploiter le domaine skiable différemment d’une journée à l’autre. Toujours dans une optique de « fat skis en lendemain de tempête », des conditions idéales pour quiconque voyage avec ses skis, voici un petit guide intéressant sur Whistler.

    D’entrée de jeu, clarifions un point : pour le skieur extrême, les pistes les plus difficiles des deux montagnes se situent selon moi sur Whistler : le Couloir et le Cirque. Ne vous trompez pas, les entrées sont extrêmes et parfois un peu dangereuses, comme lors de mon voyage où il fallait y sauter une roche dans une entrée étroite et très à pic! Le moment pour skier ces pistes est certainement un lendemain de tempête si les entrées sont praticables évidemment! J’ai fait ces pistes une fois en 2016 mais les conditions n’y étaient pas optimales malheureusement.

    Par contre, si vous voulez tester vos réflexes davantage avant d’affronter les pistes extrêmes, un beau petit bol de difficulté moindre du côté de Whistler de niveau simple losange intéressant à skier est Bagel Bowl (Whistler Peak) ou du côté de Harmony : Sun Bowl. Ce dernier est par contre orienté plein sud donc si la température dépasse le point de congélation, on y rencontre des conditions parfois un peu croûtées. La vue à cet endroit est cependant spectaculaire par jour de beau temps.

    Un bol double-losange « d’entrée de gamme » moyennement difficile à skier est généralement West Cirque, accessible par le sommet de Whistler. Si vous voulez tester vos réflexes dans un environnement expert mais non dangereux, allez faire un tour de ce côté-là. Notez bien par contre que l’entrée de ce bol peut être difficile, surtout les journées de forte affluence, à cause de son inclinaison de 45 degrés. Petit conseil: skiez la semaine! Aucune attente, on ne croise presque personne une fois en haut de la montagne, bref, que des avantages!

    Une fois l’émotion forte du haut de West Cirque passée, amusez-vous dans « Doom & Gloom » , où de belles lignes ouvertes vous attendent à la limite des arbres dans des petits couloirs ressemblant au Ridge de Jay Peak mais beaucoup plus longs. Vous y retrouverez un terrain skiable de type sous-bois plus familier pour le skieur de l’est, de calibre « simple losange ».

    Pour les amateurs de sous-bois, comme je le disais dans mon guide sur Blackcomb, les endroits les plus intéressants se retrouvent souvent entre les pistes. La zone « Big Red » regorge de ces lignes à tracer un peu partout entre les pistes. Pour du terrain peu skié et qui est traçable même plus tard en journée, la zone « Peak to Creek » à l’extrême sud de la station est une expansion future mais certaines pistes sont skiables bien que plus difficilement accessibles seulement par le sommet. C’est un paradis du skieur de bosses et sous-bois. Calculez par contre un bon 30-45 minutes pour votre descente dans ce secteur parce que vos jambes ne tiendront probablement pas le coup! Noms de pistes à retenir dans ce secteur : Dusty’s Descent, Big Timber et surtout, la forêt de pruches entre ces pistes!

    Un autre secteur alpin très intéressant à skier : la zone Harmony avec les « Harmony Horsehoes ». Voulez-vous tester vos capacités de sauter des entrées de bols? Regardez en montant dans le télésiège les pistes où les corniches n’y sont pas trop hautes. On s’entend, vous aurez à sauter un minimum de 1,50m pour entrer dans un bol mais une journée où il y a de la neige fraîche, ça fait « pouf »! Après les Horseshoes, tant qu’à être dans cette zone, visitez les pistes en arrière du Harmony Ridge où vous trouverez des sous-bois comme « Harvey’s ». Vous pouvez passer tant qu’à moi une journée dans ce secteur sans jamais vous y ennuyer!

    Whistler, une station même pour les débutants!

    La zone Emerald, un centre de ski en soi dans ce géant, est conçue spécialement pour les débutants. Ma mère nous ayant accompagné lors de mon voyage de 2016, n’est pas du tout de mon calibre mais elle y a quand même trouvé son compte dans la zone Emerald, du côté de Whistler. Ce secteur, conjugué aux zones adjacentes, compte de nombreuses pistes sinueuses qui partent même du sommet comme Pikka’s Traverse, qui fait le tour de la montagne sur une vingtaine de kilomètres. Le skieur débutant fera très probablement beaucoup moins de dénivelé dans sa journée mais y trouvera un terrain de « touring » où les paysages y sont à couper le souffle sans avoir à affronter du terrain expert. Essayez par contre de viser des journées sans grosse chute de neige, c’est plus facile pour les jambes!

    Pour les débutants qui en sont à leurs premiers virages, il est possible de skier la « Olympic Zone » de Whistler, un peu plus bas et « Magic chair » à la base de Blackcomb.

    Du côté de Blackcomb, le terrain débutant est quand même beaucoup plus limité aux pistes le long des limites du terrain skiable où des pistes sinueuses en traversent beaucoup d’autres vers le bas de la montagne. Si vous êtes débutant, votre meilleur secteur skiable est définitivement du côté de Whistler. La règle de base demeure la prudence, ne l’oubliez jamais, d’où le fait d’apprivoiser ce nouveau type de terrain skiable si vous en êtes à une première fois dans l’ouest!

    Whistler-Blackcomb: petit guide sous neige et soleil

    Qui dit jour de tempête dit: domaine skiable limité et conditions de visibilité faible voire nulle en domaine alpin. Peu importe, même si vous devez vous attendre à voir plusieurs remontées mécaniques fermer au fur et à mesure que le vent se lève, une bonne idée est de quand même monter le plus haut possible si ce terrain est accessible avant que la tempête n’augmente trop en force pour profiter des zones comme Crystal qui est généralement ouvert même par journée de vent sur Blackcomb.

    La station y a installé en 2015 un télésiège débrayable pour remplacer un vieux triple fixe donnant accès même à un plus grand dénivelé. Ce secteur comprend plusieurs sous-bois parmi les plus intéressants des deux montagnes : Arthur’s Choice, Outer Limits et même le combo « Rider’s Revenge » et « In the Spirit » dans la même descente. Parions que vos quadriceps en souffriront à mi-chemin! Ce secteur comprend aussi plusieurs pistes de bosses et des secteurs hors-piste très intéressants, surtout en descendant du côté du chalet Glacier Creek. Dites-vous que les forêts de pruches, l’arbre le plus fréquent de la région, vous donne un monde d’opportunités hors-piste! C’est pratiquement partout skiable entre les pistes et c’est souvent là que vous y rencontrerez les plus belles conditions.

    Du côté de Whistler, un jour de tempête, le haut est plus souvent qu’autrement fermé aussi. Les zones les plus intéressantes sont le secteur Big Red et surtout Garbanzo avec des pistes comme celle en-dessous de la chaise, Seppo’s, les sous-bois comme « Unsanctionned » où vous y retrouverez le fameux « piège à Eugène », du nom d’un skieur québécois ayant dû être sorti par les pieds par votre humble zoneskieur et son fils Jonathan, où il est tombé tête première dans un ruisseau profond (il se reconnaîtra en lisant ceci)! Allez aussi faire le combo « Club 21 » et « Side Order » où il m’est arrivé de tracer dans plus de 40cm de neige vers 14h lors d’une chute de neige colossale.

    Lors d’une journée de tempête, le problème n’est généralement pas le terrain skiable mais les forts vents, ou les précipitations. J’ai skié cette année dans des conditions de tempête où à la base du Garbanzo, il y tombait une pluie abondante mêlée de neige mouillée alors qu’au haut du Garbanzo, il faisait nettement en-dessous de zéro. Ce genre de journée sera alors une sorte de « iron man » d’endurance, jusqu’à ce que l’eau finisse par transpercer vos vêtements! (Vive le Gore-Tex!)

    l faut simplement trouver le moyen d’exploiter la montagne différemment mais comme je le disais, avec 8 200 âcres, même avec une fermeture partielle du domaine skiable, on finit toujours par y trouver son compte.

    Les rares journées de beau temps sans chute de neige

    De tous mes voyages à Whistler-Blackcomb, il ne m’est arrivé que rarement d’avoir des journées de beau temps. Lors de mon dernier voyage, en janvier 2016, sur sept jours de ski, j’ai eu deux journées de beau temps. La visibilité y étant enfin bonne, c’est la journée pour sortir vos appareils photos parce que les paysages y sont à couper le souffle. Allez au sommet de Whistler contempler la vue sur « Black Tusk », une montagne avec un pic pointu de roche visible du sommet.

    Seul bémol, par température ensoleillée, il est possible, bien que rarement, d’avoir des poussées d’air froid sur les montagnes et un mercure autour de -20 degrés. J’apporte toujours un manteau un peu plus chaud si une telle température est prévue mais dites-vous que la montagne est déserte par temps froid donc encore plus idéale pour tester vos skis de vitesse!

    Ces journées de beau temps sont le rêve de tout skieur de course : sortez vos skis de GS et même de descente, c’est le temps de vous faire une « Dave Murray Downhill », la piste homologuée descente olympique! Les vitesses de pointe que vous pourrez atteindre dans cette descente de 1 300m de dénivelé, à un très bon angle, sont d’un tout autre registre en terme d’émotions mais autant sinon plus d’adrénaline que de skier des bols!

    La station dame généralement deux fois par semaine « Lower Franz », la descente olympique féminine et la plus longue piste damée continue des deux stations : « Peak to Creek ». Ne vous trompez pas, si Peak to Creek est damée une journée de beau temps, vous devez faire cette longue descente sinueuse. Même un skieur bien entraîné n’est pas capable de descendre ce genre de pistes sans s’y arrêter au moins une fois : on parle quand même du dénivelé total de Whistler : 1 650m! Après deux descentes, lorsque vous n’aurez plus de jambes, il vous reste la piste d’entraînement : Ptarmigan ou les autres pistes damées moins difficiles dans le secteur Emerald.

    Du côté de Blackcomb, les pistes à mi-montagne sont probablement les plus belles pistes de calibre « non-olympique » que vous pourrez skier en terrain damé. Elles ont un dénivelé d’environ 600m dans le secteur Solar Coaster et Excelerator. Les vitesses qu’on peut y atteindre vous permettront de tester vos limites parce qu’à Blackcomb, la neige est essentiellement naturelle, un peu croûtée par le froid mais jamais glacée : il y a de la prise partout dans ces pistes, un pur régal pour des skis de GS. Mentions aux pistes Springboard, Ross’ Gold, Cruiser, Honeycomb et Zig Zag où je me suis amusé à tester les 21m de rayon de mes skis, en exploitant toute la largeur de la piste!

    Le secteur « 7th Heaven » aussi peut être intéressant, surtout pour le paysage sur Blackcomb. Les pistes suivantes sont damées à l’occasion et on peut y carver à souhait : Cloud Nine, Panorama et Hugh’s Heaven. Ce secteur par contre peut être très achalandé, surtout les journées de fin de semaine. Pour le skieur amateur d’équipement de course, je conseille toujours d’aller à Whistler-Blackcomb avec une deuxième paire de skis adaptée aux conditions damées. Vous ne le regretterez pas!

    Le regret de quitter après une semaine

    Avec les 8 200 âcres de domaine skiable, ces deux stations offrent du terrain skiable pour tous les calibres, de débutant à skieur extrême. J’ai déjà entendu Érik Guay affirmer que s’il devait choisir une station dans toutes celles qu’il a skié, il choisirait Whistler-Blackcomb. Je peux comprendre ce choix : une semaine, ce n’est pas assez pour skier cet immense domaine skiable. Certes, on peut skier quelques fois les pistes les plus intéressantes mais il y aura toujours un nouveau sous-bois, une nouvelle piste, un nouveau hors-piste à y découvrir, même lors de cette cinquième visite à la station dans mon cas.

    Loin d’être ma dernière visite à Whistler Blackcomb, je vous invite à visiter cette magnifique station, la plus grosse d’Amérique du Nord et l’une des plus grosses au monde. En espérant que ce guide en quatre chapitres ait pu vous aider à vous y retrouver!

    ×