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    5 choses à savoir sur l’essai des bottes de ski

    Photos David Lachance

    Suite à l’article que j’ai publié sur les pointures des bottes de skis, plusieurs personnes m’ont dit avoir fait l’exercice et avoir réalisé qu’ils utilisaient des bottes trop grandes. Pourquoi acheter des bottes trop grandes? Simplement par manque d’expérience et parce que nous avons d’avantage l’habitude d’acheter des chaussures… Vous rappelez-vous avoir déjà entendu votre mère vous dire : “Prends-les un peu plus grands, ça va faire plus longtemps”. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, des bottes trop grandes ont tendance à générer plus de douleurs et d’inconfort qu’autre chose. Voici donc 5 points pour vous y retrouver lors de l’essai des bottes. 

    1 – Les préliminaires.

    Avant même de penser à chausser des bottes, il faut sélectionner une chaussette adéquate.

    Les gros bas, c’est non ! Il faut prioriser les chaussettes minces et qui montent en haut des mollets. Mon choix de prédilection est fait de laine de mérino. Ce type de laine fait un boulot incroyable pour maintenir la température du corps et il possède des propriétés antibactériennes naturelles. Certaines personnes préfèrent les fibres synthétiques. Cette matière est souvent moins onéreuse et son efficacité n’est pas négligeable. C’est une question de goût. Les chaussettes doivent être sèches avant d’aller skier. N’utilisez pas les mêmes chaussettes pour vous rendre à la station que pour skier. Les chaussettes de ski ne devraient être enfilées qu’au moment de mettre vos bottes.

    Il faut aussi être honnête quant à son calibre de skieur. Le modèle expert est peut-être plus esthétique mais il peut ne pas répondre à vos besoins. À l’opposé, la botte d’entrée de gamme est beaucoup moins onéreuse mais le skieur intermédiaire n’y trouvera pas son compte.

    2 – Enfiler les bottes: la bonne méthode!

    Le type de botte « portefeuille » est le plus répandu. Lors de l’essai, évitez de pousser la langue vers l’avant. Ce mouvement empêche le pied de bien y glisser. La meilleure manière d’enfiler une botte de ski est de l’ouvrir comme un livre. Vos orteils iront toucher directement dans la pointe de la botte. Certaines personnes vont même devoir plier leurs orteils pour réussir à y insérer le pied. Pour relâcher l’excès de pression sur les doigts de pied, on doit reculer le pied afin de bien placer le talon au fond de la botte. Pour ce faire, on peut frapper le sol avec le talon de la botte. Une autre technique simple : d’abord, attachez les boucles du haut de la botte au premier crochet. Debout, placez la semelle de la botte à plat sur le sol avant d’appuyer fortement sur le devant de la botte. Le mouvement permet au pied de se déplacer vers l’arrière de la botte et libérer les orteils qui, jusque-là, étaient encore recroquevillés. Lors de ce même mouvement, la partie la plus large du pied s’alignera aussi avec la partie la plus large de la botte. Lorsque l’on utilise la bonne longueur, on devrait quand même sentir le chausson nous chatouiller le bout des orteils. Avec la bonne largeur, votre pied ne devrait pas bouger latéralement, mais, vous devez être capable de lever vos doigts de pied. Les points de pression excessifs devront être corrigés par un spécialiste.

    3 – Des bottes des skis, c’est « tight« !

    Il est certain que lorsqu’on les enfile, on s’y sent à l’étroit. La raison est simple: ce n’est pas fait pour marcher, mais bien pour skier! Lorsque le pied est bien à sa place, on devrait ressentir un contact ferme et uniforme sur l’ensemble du pied. On devrait aussi sentir que le pied est soutenu sur toute sa longueur. Les semelles d’origine fournies avec les bottes n’offrent aucun support. Il est recommandé de les remplacer par une semelle dite « trois dimensions ». Il est primordial de sélectionner une botte qui sera adaptée à votre morphologie. Le choix est vaste et l’aide d’un spécialiste est nécessaire pour s’y retrouver. Si d’emblée, le niveau de confort n’est pas satisfaisant, c’est probablement parce que le modèle que vous avez aux pieds ne vous convient pas. Les engourdissements sont un signe évident qu’il y a quelque chose qui cloche. Certains manufacturiers offrent des chaussons partiellement thermo-moulables, d’autre entièrement, pour s’adapter aux subtilités de chacun et libérér un peu d’espace. Il n’est pas toujours nécessaire de modifier la coque de la chaussure de ski pour obtenir le confort désiré. 

    4 – Bouclez les boucles.

    Dans un premier temps, serrez les boucles du haut. Ces boucles créent le lien entre l’endroit où la pression est appliquée en skiant (le devant de la botte) et la colonne de la botte (située derrière, aussi appelée « spine« ). La première boucle sert à maintenir la jambe à sa place et à empêcher le collier de la botte d’ouvrir lors de la flexion des genoux. La seconde boucle vient verrouiller le talon bien en place, au fond de la botte. À ce moment, on devrait ressentir un contact uniforme sur la cheville. Il ne devrait pas y avoir de pression excessive sur les malléoles (la partie bombée de part et d’autre de la cheville). On vient ensuite coller la sangle velcro pour qu’il y ait seulement une légère tension. Pas trop serré, ni trop lâche. Les boucles qui se retrouvent sur le dessus du pied devraient pouvoir s’attacher avec la force d’un seul doigt. Au final, vous devriez ressentir un contact uniforme et ferme. Comme une bonne poignée de main… Mais, aux pieds! 

    5 – Question de chaleur.

    Une botte chaude est, d’abord et avant tout, une botte dans laquelle votre flux sanguin est efficace. Comme mentionné un peu plus tôt, le contact entre vos pieds et la botte doit être ferme et exempt de point de pression. Le chausson vous fournira l’isolation nécessaire à la pratique du sport. Devoir écraser vos pieds et chevilles pour avoir suffisamment de support pour skier est à proscrire. Vous allez bloquer partiellement, voire complètement, votre circulation sanguine. Des bottes trop lâches auront aussi des effets négatifs. En plus d’augmenter le risque de blessure, si la neige se fraie un chemin jusque dans les coquilles, vous aurez tôt ou tard les pieds dans l’eau. Dans de telles circonstances, même les semelles chauffantes n’arriveront pas à vous réchauffer.

    Il y a beaucoup à dire sur les les chaussures de ski. Sachez que vos bottes devraient être considérées comme la pièce la plus importante de votre équipement.  Peu importe votre calibre ou votre budget. Confort, performance et chaleur dépendent directement de cet élément. Pour reprendre l’analogie de ma collègue. Geneviève Larivière : « Des bottes mal adaptée, c’est comme conduire une voiture avec la direction « lousse ». Inutile de mentionner que cette pratique n’est pas tout à fait sécuritaire. Gardez aussi en tête que c’est par cette pièce d’équipement que l’énergie transige entre le skieur et le ski. Pour une seule et unique fois, vous devez accorder plus d’importances aux conseils de votre spécialiste qu’aux propos de maman…

    Cliquez ici pour connaitre les étapes d’une séance de bootfitting. 

    Le ski en Europe: de quoi faire rêver!

    Le ski en Europe n’a pas besoin de présentations: c’est de notoriété publique qu’il est le meilleur possible à travers la chaine montagneuse des Alpes. Longue de 1 200 kilomètres et étalée à travers différents pays, ses pics enneigés fournissent des zones de ski à découvrir absolument au moins une fois dans votre vie de skieur! Voici une très courte liste de destinations qui, à mon humble avis, offrent un excellent ski pour un séjour d’une semaine. Notez que j’énumère aussi certains secteurs moins « connus », dont la publicité ne traverse pas toujours l’Atlantique jusqu’à vous! J’aborderai quatre pays: l’Autriche, la France, l’Italie et la Suisse. Je propose également quelques conseils de voyage à la toute fin du texte!

    L’Autriche

    Le pays phare du ski en Europe est bien sûr l’Autriche, qui bénéficie d’un climat froid en hiver puisqu’il s’agit de la portion la plus continentale du massif montagneux. C’est là qu’on retrouve le plus grand nombre de stations de ski de haute altitude, dont l’avantage principal est d’offir de très longues saisons qui s’étendent d’octobre à juin grâce à leurs équipements sur zone glaciaire.

     L’Autriche dispose des meilleurs équipements de ski et des infrastructures les plus modernes : remontées mécaniques, chalets d’accueil, restaurants d’altitude… Les nombreux villages des vallées alpines ont entrepris de se rapprocher et de proposer des méga-domaines skiables reliés et interconnectés entre eux! De manière générale, les billets et forfaits des uns sont toujours valables chez les autres… Ainsi, choisir une vallée en Autriche permet de skier dans un nombre important de montagnes, si bien que même avec une bonne planification, 7 jours de ski, incluant les aléas météorologiques, ne suffisent pas toujours à en faire le tour! Un autre des avantages de skier en Autriche est la grande qualité des hébergements de type hôtels, trouvables autant en  en ski-in qu’en village. L’Autriche est le pays alpin où il est le plus facile de se loger très correctement dans des établissements qui proposent des pensions complètes, disposent de spas relaxants, ainsi que de chambres à la taille et au confort nord-américain.

    La France

    La France est l’autre grand pays du ski en Europe. Bien connu des francophones d’Amérique, cette destination est la favorite des skieurs québécois en Europe. L’avantage y est la langue, la gastronomie de montagne et les grands espaces des champs d’altitude.

     Pour les bons skieurs, le domaine skiable à visiter au moins une fois est L’Espace Killy ! Situé dans la partie haute de la vallée de la Tarentaise, ce domaine skiable est l’union des stations de Tignes et de Val d’Isère. A elles deux, elles comportent deux zones glacières distincts, 90 remontées mécaniques desservant 154 pistes sur un dénivelé de 1900 mètres. Il s’agit clairement du meilleur du ski de France : engagé, sportif, sur un terrain de haute montagne. (Intéressé par les remontées mécaniques? Suivez ces liens: Tignes ou Val d’Isère!)

    L’incontournable en France : le Pays du Mont-Blanc. Il s’agit du regroupement des stations de ski des villages qui entourent le massif de la plus haute montagne d’Europe. Chamonix – capitale du ski d’alpinisme – bien sûr avec les Grands Montets, qui permet de skier de 3200 mètres d’altitude au village d’Argentière, et l’excellent ski de printemps hors-pistes, autour de l’Aiguille du Midi. Si ces secteurs vous intéressent, lisez les deux excellents articles d’un autre collaborateur, Michel Gignac, qui a visité Chamonix ainsi que la Vallée Blanche.

    À quelques kilomètres de là, vous pouvez découvrir le Grand Massif qui regroupe les stations de Flaine, Samoëns et Les Carroz. Le tout est relié et interconnecté. La visite est possible dans une (très) longue journée de ski.

    Autre domaine skiable très intéressant : l’Evasion Ski ! Autour de Megève, de Saint-Gervais et des Contamines-Montjoie: cette station station isolée de la vallée dispose du meilleur enneigement régional. Il faut au minimum deux jours bien remplis pour parcourir l’ensemble des pistes des villages concernés. Le terrain est très varié entre du ski en forêt et des zones d’alpages à l’espace immense. Un ski de qualité dans la Savoie française classique et traditionnelle. (Intéressé par les remontées mécaniques des Contamines-Montjoie? Suivez ce lien!)

    L’Italie 

    L’Italie est certainement, des quatre grands pays Alpins abordés dans ce texte, la destination la plus dépaysante, exotique et la moins dispendieuse. Le meilleur du ski transalpin est dans les Dolomites, où les paysages sont les plus beaux des Alpes, vraiment hors du commun. Gros avantage également : une cuisine délicieuse et bon marché et de nombreux hôtels de pension familiale.

    Faire un voyage ski en Italie est accessible à tous niveaux : le Dolomiti SuperSki qui contient des dizaines de stations dont Cortina d’Ampezzo, Alta Badia, Val Gardena et Kronplatz. Avec un unique forfait, vous avez accès à 1200 kilomètres de pistes divisées dans 12 zones qui comportent chacune plusieurs stations de ski reliées entre elles évidemment. L’itinéraire le plus étonnant reste la « Sella Ronda » qui permet aux skieurs d’effectuer une vaste boucle autour du Piz Boé de plus de 40 kilomètres. Cette boucle est réalisable dans les deux sens ! L’idéal étant de se loger dans un hôtel de l’un des villages qui bordent l’itinéraire.

     La Suisse

    La Suisse, le plus petit pays de la région, est le cœur des Alpes. On s’y sent un peu « coupé » des autres pays: quatre langes en un pays, une monnaie différente (Franc suisse plutôt que l’Euro), cette nation n’étant pas membre de l’Union Européenne. Le meilleur du ski en Suisse est certainement à aller trouver dans la partie alémanique du pays. L’avantage est que les deux principales villes du pays sont reliées directement à Montréal. Bémol, un séjour en Suisse coûte plus cher que dans les autres pays… mais c’est vraiment une expérience à vivre!

     Zermatt et Saas Fee sont deux stations majeurs du ski suisse, situées à quelques dizaines de kilomètres l’une de l’autre. Il s’agit de deux villages montagnards très particuliers où les voitures sont interdites ! Zermatt est accessible uniquement en train. Les deux stations de ski disposent de glaciers, ce qui en garanti l’enneigement. Zermatt, au pied du célèbre Matterhorn, emblème national, est relié à Cervinia dans le Val d’Aoste italien. Dans les deux cas, le ski est très varié, passant du ski sportif de haute montagne aux longues pistes parfaitement damées jusqu’au ski à travers la forêt. Cette destination haut de gamme marie le confort à une expérience sportive unique. (Intéressé par les remontées mécaniques? Suivez ces liens: Zermatt ou Saas Fee!)

    En résumé: les points forts de chaque endroit

    Autriche: on aime les immenses domaines skiables, l’enneigement garanti, la qualité des infrastructures en station et les hébergements et restaurants tout autour. Bémol: pas de liaison directe à partir de Montréal, dépaysement linguistique. On vous parlera dans un anglais approximatif!
    France: on aime l’accueil chaleureux, les domaines skiables étendus, la gastronomie en montagne (attention, amateurs de fromages!) et surtout, la possibilité de communiquer en français!
    Italie: on aime les domaines skiables bien équipés, la gastronomie italienne, et surtout, le fait que tout y est moins cher qu’ailleurs! Bémol: la location et la conduite d’une voiture sont parfois hasardeuses, surtout en montagne. L’italien peut parfois poser problèmes… on vous répondra en anglais dès qu’on sentira que vous n’êtes pas de l’endroit.
    Suisse: on aime l’accessibilité de l’endroit (vols directs à partir de Montréal vers Zurich et Genève), ainsi que l’aspect bilingue, voire francophone, du pays. Bémol: les domaines skiables sont un peu plus petits (c’est à relativiser pour les habitués du Québec!), et le coût de séjour y est supérieur à d’autres pays européens.

    Quelques conseils pour se rendre sur place

    Zurich : Cet aéroport est idéal pour se rendre dans les stations de ski de suisse alémanique (Le Grison, Zermatt) et l’ouest de l’Autriche (le Vorarlberg). Vol direct depuis Montréal à l’année (Swiss).

    Genève : Cet aéroport donne un accès très aisé aux stations de ski françaises du département de la Haute-Savoie, c’est-à-dire Chamonix et l’ensemble du Pays du Mont-Blanc. Il est facile d’y louer une voiture (éqjuipée de bons pneus d’hier) et il y a énormément de bus direct pour les stations. Vol direct depuis Montréal (Air Canada).

    Venise : Un bon aéroport pour se rendre sur l’est des Alpes italienne (Cortina d’Ampezzo), et permet une escale variée au séjour. Attention, pas de voiture avec pneus d’hiver disponibles en location, et peu de navettes.

    Munich : L’aéroport de Munich est idéal pour se rendre dans le Tyrol autrichien. Toutes les voitures sont équipées de pneus d’hiver et il y a de nombreuses navettes vers les stations de ski. Vol direct de Montréal (Lufthansa).

    À considérer: Lyon et Nice. Pour des régions françaises différentes des Alpes : la Savoie et les Alpes du sud. Turin, pour le Val d’Aoste, région autonome et  francophone entre la Suisse et la France.

    Si vous êtes nomade à travers un voyage itinérant, généralement les Alpes sont une zone difficile à voyager en transport en commun. Louer une voiture vous offrira une liberté optimale. Attention toutefois : en Europe les pneus d’hiver ne sont pas toujours garantis (hormis en Suisse, en Allemagne et en Autriche), et il est parfois difficile de trouver une voiture dotée d’une transmission automatique.

    Chamonix-Mont-Blanc en cinq temps

    Skieur depuis l’âge de dix ans, j’ai toujours rêvé de skier dans les Alpes en regardant les films de Warren Miller. « When I’m 64 » comme disent les Beatles, j’ai décidé de concrétiser mon rêve en 2015 et je suis allé à Chamonix-Mont-Blanc. Ce texte est un résumé de mon expérience et de mes découvertes!

    La préparation

    Une fois la décision prise, en voyageur aguerri,  je me suis documenté sur Chamonix et ses environs. Je me suis mis à la recherche d’un appartement à louer sur des sites comme RB&B ou Homelidays pour l’opportunité de voyager à moindre coûts. Puis je me suis occupé des réservations d’avion (un conseil: si possible, transigez avec une compagnie qui n’exige pas de frais supplémentaires pour le transport des skis!). Ensuite, je me suis renseigné sur le transport entre Genève, mon point d’arrivée, et Chamonix, de même que le transport local dans la Vallée de Chamonix. Heureusement, la Communauté de Communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc offre une passe de transport en commun gratuite aux locataires de la Vallée. La passe de transport en commun nous permet de nous déplacer, en train ou en autobus, entre les différentes stations de ski de la vallée de Chamonix.

    Arrivé à Genève par Swiss, nous prenons l’AlpyBus, notre transporteur qui nous amène à notre résidence à Chamonix. Nous avons choisi un appartement juste à côté de la Place du Mont-Blanc, un endroit stratégique, puisque c’est le point de départ des autobus vers toutes les directions. À noter que tout au long du voyage, j’ai énormément utilisé l’application « Chamonix », développée par la région. Très complète, un incontournable dans votre téléphone lors de votre séjour!

    Première station de ski visitée: les Grand Montets

    Pour se rendre aux Grands Montets, on se dirige vers le magnifique village d’Argentière. Lors de mon passage, il n’a pas neigé depuis quatre ou cinq semaines, donc le Québécois que je suis n’a pas été dépaysé par du ski sur surfaces durcies. Les pistes damées sont larges et très bien entretenues. Il est aussi possible de skier hors-piste sur des surfaces durcies et en bosse. J’ai particulièrement apprécié la Bochard, son dénivelé est deux fois supérieur à celui du Mont Tremblant et ce, sans faux plat…. des heures de bonheur. Les pistes aux Grands Montets sont orientées vers le nord alors le soleil se pointe derrière nous vers 11 heures et la température à la mi-mars oscillait de -5° à 5° Celsius. Un téléphérique et une télécabine nous amènent en haut de la ligne des arbres. De là, un autre téléphérique nous amène ensuite au sommet des Grands Montets. Il y a également une télécabine et cinq télésièges qui nous donnent accès à de nombreuses pistes et un immense domaine skiable hors-piste.

    Deuxième station de ski: la Flégère

    Pour se rendre à la Flégère on emprunte le bus vers Les Praz, on descend au pied du téléphérique de la Flégère. Celui-ci nous amène en haut de la ligne des arbres d’où on peut atteindre trois autres télésièges. Cette station est située de l’autre côté de la Vallée de Chamonix, elle est donc orientée franc sud. En mars, avec une température de 5° à 10° Celsius, nous avions des conditions  de ski de printemps. Chandail et crème solaire étaient au rendez-vous. Malgré tout, le gros sel était assez sec, les conditions de ski étaient excellentes. J’y ai skié des pistes telles l’Index, la Lachenal, la Pylône. De là on peut aussi prendre un téléphérique horizontal qui nous mène au Brévent, la station voisine.

    Troisième station de ski: le Brévent

    Juste à côté de la Flégère, le Brévent est le site de rendez-vous des parapentistes. On peut y voir décoller des parapentistes toute la journée. Les pistes y sont également nombreuses et le dénivelé important. On y compte cinq télésièges et deux téléphériques.  C’est aussi là que se tient la compétition annuelle de ski hors-piste le Swatch Freeride World Tour près de la chaise du Cornu.

    Quatrième station de ski: les Houches

    Les Houches (prononcez « les zouches »!) est une station semblable à nos stations de ski du Québec. Les pistes sillonnent la montagne entre les arbres. On s’y sent comme à la maison. Une télécabine, un téléphérique et une dizaine d’autres remontées mécaniques donnent accès aux pistes de chaque côté de la montagne. L’atmosphère y est plus familiale. Du sommet on y a une très belle vue sur le Mont-Blanc et au ski de printemps on peut s’y prélasser doucement. Il est à noter que dans toutes les stations il y a de magnifiques restos-terrasses où il fait bon de casser la croute sous un chaud soleil.

    Cinquième station de ski: les Balmes

    À noter que nous avons fait le choix, lors de notre voyage, de ne pas skier aux Balmes. Le nombre de stations de ski nous a forcé à sélectionner les endroits voulus et nous avons préféré retourner skier aux Grands Montets, au Brévent et à la Flégère, les stations que nous avons préférées. Cette décision a surtout été motivée par le fait que lors d’une randonnée aux Balmes l’été précédent, j’avais apprécié le magnifique paysage vallonné mais l’endroit ne m’avait pas inspiré pour le ski. Mais je n’ai pas le monopole du choix! La montagne mérite certainement d’être skiée!

    Un peu de raquette avec ça?

    Ma conjointe ne fait pas de ski. Nous nous sommes donc mis à la recherche d’activités pour elle. Nous avons découvert que les stations de ski disposent de sentiers de raquette en haut de la ligne des arbres. Il a donc été possible pour elle de faire deux à trois heures de raquette par jour et ce dans un décor à couper le souffle! Elle est prête à retourner à Chamonix n’importe quand. (Si ça peut vous aider à convaincre votre tendre moitié…)

    L’après-ski

    Chamonix est un magnifique village alpin où il fait bon vivre. Tout est à proximité: les bars, les restos, les boutiques de toutes sortes, et ce à distance de marche. Comme la température de la mi-mars était clémente, environ 20° Celsius en fin de journée dans la vallée, nous avons ajouté à notre routine une petite visite à notre terrasse préférée pour prendre une bonne bière. Assis là au milieu de la place, nous avons une vue magnifique sur les Alpes, ses couchers de soleil et un magnifique panorama en compagnie d’autres skieurs de tous les coins d’Europe. Que du bonheur! Je vous souhaite de découvrir (ou redécouvrir!) cet endroit magique.

    Chamonix en hors-piste: mythique Vallée Blanche

    Deux semaines de ski à Chamonix c’est extraordinaire! Mais on ne peut se rendre aussi loin pour skier sans descendre la Vallée Blanche. Il s’agit de la vallée qui englobe les glaciers du massif du Mont Blanc. On y accède à partir de l’Aiguille du Midi, située à 3842 mètres d’altitude.

    La Vallée Blanche est sans aucun doute la descente mythique d’Europe. C’est le seul endroit où on a accès à un domaine skiable hors-piste aussi vaste à partir d’une remontée mécanique. La Vallée représente une descente de plus de 20 kilomètres, dont 18 km sur les glaciers du Géant, du Tacul et de la Mer de Glace. Pour s’y rendre, il vaut mieux utiliser les services d’un guide: n’oubliez pas que vous êtes sur des glaciers… en mouvance! La veille du jour où nous avions prévu effectuer la descente, nous nous sommes rendus au bureau des guides, situé dans la Maison de la montagne. Il en coûte environ 80 € pour faire partie d’un groupe de 4 à 8 personnes, il faut également payer le coût de la remontée qui nous amènera à l’Aiguille du Midi, 48,50 €.

    On a donc rendez-vous le lendemain matin à 9h avec notre guide. Il nous distribue notre matériel, baudrier et mousquetons et nous voilà en route pour le téléphérique. Il faut être bien habillé pour descendre la Vallée: au départ à l’Aiguille du Midi, il fait froid, environ -15° Celsius sans compter le facteur vent -et du vent, il y en a beaucoup! On doit également avoir un sac à dos avec les sangles appropriées pour y attacher nos skis. Le sac sera bien sûr  très utile pour transporter de l’eau, une collation et y mettre nos vêtements parce qu’au fur et à mesure de la descente, la température se réchauffera. Pour partir, on descend un sentier, en cordée, afin d’atteindre le plateau de départ. Il y a plusieurs tracés pour la descendre, nous avons emprunté celui de la descente classique.

    De là, on chausse les skis et nous voilà partis pour une première descente de 1h30. Il faut se rappeler qu’en tant que Québécois, nous avons l’habitude des descentes durant 5 à 10 minutes, espacées par des remontées assises où on peut se reposer. Dans la Vallée Blanche, pas de remontée, pas d’endroit où s’assoir, on skie durant tout le temps de la descente! De plus, on est souvent à flanc de montagne, et comme la vallée est immense, on skie toujours sur le même flanc, donc notre poids est souvent sur le même ski, le ski droit. Je gagerais que les guides de Chamonix ont tous une très grosse jambe droite! Bien entendu, on fait des pauses régulièrement. Notre guide nous donne toutes sortes d’informations plus intéressantes les unes que les autres sur la Vallée, le Mont-Blanc, le réchauffement de la planète et son impact sur les divers glaciers qui alimentent la vallée.

    Il n’est pas obligatoire d’avoir un guide pour accéder à la vallée Blanche. Mais, comme je le disais précédemment, nous skions sur des glaciers, qui sont continuellement en mouvement, où il y a des crevasses, des séracs, des ponts de neige et possiblement des avalanches il est plus que recommandé de retenir les services d’un guide de la Compagnie des Guides de Chamonix.

    Après environ 1h30 de descente, on arrive au refuge du Requin qui nous servira de halte-repas. On peut y manger sa collation ou encore en acheter une sur place. Cette pause d’environ 45 minutes est la bienvenue, mes jambes sont bien heureuses de se reposer! Après cette pause, c’est la descente finale vers le bas de la Vallée. Durant 1h15 environ nous descendons un long tracé pas très pentu. Avis aux planchistes, il peut être désagréable de se pousser avec son pied sur des kilomètres pour se rendre au fond de la vallée!

    Un bon skieur intermédiaire peut entreprendre de descendre la Vallée Blanche. Le niveau de ski requis n’est pas très élevé. Il faut cependant avoir de bonnes jambes puisque rendu en bas, s’il n’y a pas assez de neige pour vous rendre jusqu’à Chamonix, vous devrez prendre le train du Montenvers. Pour se rendre à la gare, il faut grimper un escalier de 480 marches avec les skis au dos et les bottines aux pieds! Ça c’est tout un défi après une journée de travail!

    Lors de ma descente les conditions de neige étaient favorables. La surface durcie m’a permis de skier comme à l’habitude. Si la vallée avait été recouverte d’un épais manteau de neige, moi qui ne suis pas un skieur de poudreuse, j’aurais certainement trouvé la descente beaucoup plus difficile et fatigante. Les conditions de neige, notre condition physique de même que notre niveau d’habileté sont à considérer avant d’entreprendre la descente. Cette descente de rêve restera certainement un de mes plus beaux souvenirs de skieur à vie!

    L’éveil des sens à la manière d’Expérience Mont-Alta

    C’est sens dessus-dessous que l’aventure d’Expérience Mont-Alta a commencé. On se souviendra des innombrables embûches et efforts vains qui ont caractérisé les dernières saisons d’opérations de la station de Val-David, dans sa version « avec » remontée mécanique. Suite à l’incendie qui a détruit la cabane d’opérateur ainsi que la boutique en janvier 2014, les pentes de la belle valdavidoise ont bien failli demeurer interdites d’accès, n’eut été d’un entêté passionné qui croyait que la montagne avait encore à offrir! La saison 2015-2016 a donc été la première saison d’activités hors-piste du Mont-Alta, dont le bilan est positif… et le futur semble aller dans le même sens!

    Depuis décembre 2015, les pentes du Mont-Alta sont accessibles aux skieurs qui veulent pratiquer le hors-piste, moyennant l’achat d’un laisser-passer saisonnier au coût minime. L’an dernier, 191 laisser-passer de ce type ont été vendus et ce, malgré l’hiver plus ou moins favorable que nous avons connu. À trois reprises dans l’année, des événements spéciaux ont permis aux visiteurs de sillonner la montagne à l’aide d’un laisser-passer journalier, dont les ventes ont totalisé plus de 150 « billets ». Conclusion? Les skieurs l’aiment sans bon sang, cette montagne!

    Les règles d’accès sont simples: à l’achat du laisser-passer saisonnier, le skieur hors-piste obtient une vignette de stationnement et un guide de bonnes pratiques du visiteur. Il a beau jeu de s’y rendre autant de fois qu’il le veut, dès que la neige le permet, et ce, du lever au coucher du soleil. La sécurité étant la responsabilité de chaque visiteur, quelques règles de base s’appliquent lors des visites mais aucun incident n’a été rapporté pour les mois d’hiver de 2015-2016. Vive le gros bon sens!

    L’élan pour 2016-2017

    Devant le succès de la saison dernière, le directeur général d’Expérience Mont-Alta, Jason Hodkin, est maintenant rempli d’espoir et d’énergie. À plusieurs moments il a douté, au fil des mois, de la faisabilité de son projet. Difficile de le blâmer, avec les difficultés administratives, les lourdes tâches de nettoyage, de défrichage et d’assainissement des lieux, sans compter les aléas de la météo qui ont ponctué ses travaux! C’est donc avec soulagement et fierté qu’il s’apprête à lancer la deuxième saison de hors-piste au Mont-Alta. Les projets sont nombreux!

    Jason Hodkin. Photo Gracieuseté TC Media – René-Pierre Beaudry

    Au cours de l’été 2016, les skieurs nostalgiques ont eu l’occasion d’acheter des chaises du défunt télésiège double du Mont-Alta. La somme amassée grâce à cette vente a directement été investie dans le développement d’un sentier d’ascension, l’entretien des pentes et l’amélioration générale des lieux… les skieurs qui fréquenteront le Mont-Alta la saison prochaine seront aux premières loges pour constater les changements! En tout, c’est plus de 75 000$ qui ont été investis en nettoyage, entretien et menus travaux sur l’ensemble du territoire skiable. Ceux qui ont visité la station dans les dernières années pourront témoigner des efforts colossaux mis en place!

    Des alliés stratégiques

    Étant « un p’tit nouveau » dans le monde du ski, Jason Hodkin a eu la bonne idée de bien s’entourer et il sait qu’il peut compter sur plusieurs alliés déjà bien établis, dont Claude Lévesque de la Boutique Roc N Ride de Val-David, Philippe-André Turp-Blair d’Alpagas Aventures, et bien entendu, les membres passionnés de l’équipe ZoneSki. Parmi ceux-ci, les plus mordus du hors-piste donnent temps, sueur et énergie à se dévouer pour une montagne qui leur est chère et Jason témoigne quotidiennement sa reconnaissance… pour lui, l’alliance entre Expérience Mont-Alta et ZoneSki est pleine de sens!

    Lorsqu’on lui parle de ses accomplissements, Mr. Hodkin refuse modestement de prendre tout le crédit. Sans les bénévoles, assure-t-il, rien de tout ça n’existerait! C’est effectivement beaucoup pour un seul homme, mais la réalisation du projet tient d’abord à son sens de la persistance: lui seul a gardé la tête froide et attaqué les problèmes un à un lorsqu’ils se présentaient. En coordonnant les activités des bénévoles de même que les diverses journées de corvée, événements spéciaux et vente des laisser-passer, le directeur général a réussi alors que bien des sceptiques ne donnaient pas cher pour ses nerfs!

    La palme de l’implication revient toutefois à Michel Bisaillon, l’homme derrière le rachat des terrains du Mont Alta. Grand philanthrope, amant de la nature et ancien skieur de la station, il ne pouvait se résoudre à voir la montagne privée de skieurs, ni l’inverse. Son soutien financier a permis à la jeune entreprise d’Expérience Mont-Alta de faire face aux plus grosses dépenses et ce, bien avant l’ouverture officielle en hors-piste. Jason Hodkin s’estime choyé de pouvoir bénéficier de l’aide de Mr Bisaillon, qui a lui-même travaillé plusieurs heures à la réfection du débarcadère du sommet afin de le transformer en un invitant belvédère. L’homme derrière les investissements désirait auparavant demeurer discret sur son nom, mais devant le succès de l’entreprise et le bonheur témoigné par les skieurs, le plaisir de s’y impliquer prend tout son sens!

    Depuis déjà quelques semaines, les laisser-passer saisonniers pour la saison 2016-2017 sont en vente sur le site d’Expérience Mont-Alta. Jason Hodkin et son équipe invitent les skieurs hors-piste à découvrir ou redécouvrir le Mont-Alta dans tous ses sens: par en haut, par en bas, par le toucher, par la vue, par l’ouïe… tout le monde a le goût de la neige! L’entreprise souhaite également éveiller les sens des skieurs moins familiers avec le hors-piste: parmi les nouveautés développées en collaboration entre ZoneSki et le Mont-Alta, citons notamment un cours de météo orienté sur le hors-piste pour mieux chasser la neige fraiche, des cours d’initiation au ski hors-piste, des cours de secourisme en milieu hors-piste… Expérience Mont-Alta indique clairement sa voie: devenir une école de ski hors-piste à proximité des skieurs! Quant à Jason Hodkin, il attaque la pré-saison de pied ferme, avec un sourire en coin: on lui a déjà dit que son projet n’avait aucun sens… il lui en a donné un.

    Importance des bottes de ski: Une expérience probante!

    J’ai décidé d’écrire cet article sur mes nouvelles bottes de ski alpin afin de partager mon expérience de l’hiver dernier. Même si par logique je sais que les bottes de ski sont le très important lien entre le corps et les skis, comme beaucoup d’autres skieurs, j’ai toujours attaché plus d’importance à mes skis et à ma technique. Alors que j’achetais régulièrement des skis étant en perpétuelle recherche de meilleurs skis, je ne changeais de bottes que lorsque celles-ci étaient en fin de vie. J’ai réalisé l’hiver dernier que mes priorités devaient changer! Voici donc tout le processus de ma décision et de l’ajustement de mes nouvelles bottes, tel que je l’ai vécu. Mon objectif est simplement de partager avec vous mon expérience personnelle… et de contribuer à vous faire réaliser l’importance que les bottes ont dans tout l’équipement de ski alpin! (À noter que ma photo a été prise quelques jours avant que je n’achète mon casque de ski… une autre pièce très importante!)

    Il y a trois ans j’ai acquis une nouvelle paire de bottes de ski, passant de bottes avec un indice de flex de 120 à des bottes avec un indice de 110, et qui étaient confortables (comprenez: un peu grandes). En mars 2016, le destin m’a forcé à reconnaître que mes bottes, qui me satisfaisaient avec de belles conditions, n’étaient pas à la hauteur dans des conditions plus difficiles. Comme c’était possiblement la dernière fois de ma vie que j’achetais des bottes de ski, j’ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté et je suis allé tôt un matin de semaine chez Daniel Lachance Ski Service dans le vieux village de Mont-Tremblant. Ce magasin est reconnu pour le service professionnel qu’il offre, et j’avais particulièrement entendu parler de son expertise dans l’ajustement des bottes de ski alpin. C’est Richard Bellemare, qui a débuté en 1978 comme ajusteur de bottes, qui s’est occupé de moi.

    Les étapes pour choisir les bottes de ski

    S’il est possible de faire des ajustements aux bottes, il y a tout de même des limites à ce qui est possible. Ceci est vrai même si on achète des bottes avec un chausson thermo-moulable. Il est donc important au départ de choisir des bottes qui ont des caractéristiques compatibles avec la forme de nos pieds et de ne pas négliger le fait qu’il est normal que nos pieds ne soient pas exactement similaires. 

    Étape 1: Mesure de la longueur des pieds

    Étape 2: Mesure de la largeur des pieds

    Cette étape est tout aussi importante que la première, car il peut y avoir beaucoup de différence de largeur d’un modèle de bottes à un autre.

    Étape 3: Prise de l’empreinte de l’arche des pieds

    Cette étape donne une référence importante à propos de l’arche des pieds du skieur, autant pour la taille des semelles encore non moulées que l’on utilisera, que pour la différence de profondeur de l’arche qu’il peut y avoir entre les deux pieds. Souvent cela donne une bonne idée du type de bottes à choisir.

    Étape 4 : Vérification de l’alignement des chevilles

    Ce ne sont pas tous les skieurs qui ont la chance d’avoir les chevilles bien alignées. Si ce n’est pas le cas, il faut ajuster les bottes en conséquence, en particulier les semelles, sinon le skieur peut perdre en performance lors de la mise à carre, en plus de provoquer à long terme des tensions inutiles dans les articulations, pouvant aller jusqu’au maux de dos!

    Étape 5 : Mesure de la dorsiflexion des chevilles

    Un manque de flexibilité au niveau des chevilles peut influencer le choix ou nécessiter un ajustement des bottes. C’est une mesure que l’on fait surtout si le skieur se plaint de douleurs aux tibias ou encore que ses talons lèvent dans ses bottes. La dorsiflexion consiste en un mouvement de redressement du pied, orteils vers le ciel, de façon à rapprocher le pied du tibia.

    Étape 6 : Choix des bottes

    Le choix des bottes de ski se fera en fonction des résultats des étapes 1 à 5, mais aussi en fonction du genre de ski pratiqué, du gabarit et dans une certaine mesure des goûts du skieur. J’ai essayé quelques modèles suggérés par Richard avant de trouver le modèle parfait pour moi. Je n’avais aucune préférence de marques ou de modèles et ce sont les  bottes Rossignol Alltrack Pro 130 WTR pointure 27.5 qui ont été le choix final.

    J’aimerais faire 2 clarifications. Mon collègue David Lachance a d’ailleurs écrit un excellent article qui rejoint mon propos (cliquez ici pour le lire), mais voici tout de même en résumé:

    – Il y a beaucoup de subjectivité dans la détermination du flex des bottes. Si l’indice est utile pour comparer la rigidité des bottes d’une même marque, il est moins fiable pour comparer le flex de bottes de marques différentes. Il est possible que le flex de 120 d’une marque donnée soit assez comparable au flex de 130 de bottes d’une autre marque.
    – Il n’y a pas une grosse différence entre disons des bottes 27.0 et 27.5. Le .5 indique simplement que la fausse semelle est un peu plus mince que dans les bottes .0.

    Étape 7: Vérification de la taille des bottes

    Avant de crier victoire, il faut vérifier que la longueur des bottes est idéale. Pour cela on mesure à l’aide d’un bâton l’espace qu’il y en entre le talon et l’arrière de la botte, avec les orteils qui touchent le devant de la botte, mais sans exercer de pression. Les constats possibles sont:

    – Si la tige avec le gros diamètre passe, la botte est soit trop grande, soit une botte de location, soit une botte pour un skieur très occasionnel, ou soit une botte pour un enfant qui grandit.
    – Si la tige avec le diamètre moyen passe exactement, la botte a la longueur parfaite pour le skieur récréatif.
    – Si la tige avec le petit diamètre passe exactement, la botte est trop petite pour la majorité des skieurs récréatifs, mais est parfaite pour ceux qui veulent skier très agressivement ou pour les skieurs qui font de la compétition.

    Une fois les bottes choisies, il est important de les porter pendant 10 à 15 minutes pour s’assurer qu’il n’y a pas de points de pression qui pourraient causer de la douleur. Au besoin, plusieurs petits ajustements sont possibles pour les éliminer.

    8. L’ajout de semelles moulées

    Pour beaucoup de skieurs, les semelles qui viennent avec les bottes les satisfont, ce qui était auparavant mon cas. Mais pour les skieurs qui recherchent un meilleur contact entre leurs pieds et les semelles, il y a les semelles moulées. Tenant compte de mon poids, j’ai choisi le modèle plus rigide. Les skieurs qui ont des semelles moulées ne veulent plus s’en passer, car la différence en ski est réelle. Je peux maintenant en témoigner!

    Une fois les semelles moulées aux pieds, il faut en ajuster la longueur et la largeur, puis faire un ponçage final. Pour une deuxième fois, j’ai gardé les bottes dans mes pieds un certain temps et comme tout était parfait, il ne me restait plus qu’à essayer mes nouvelles bottes sur les pistes de ski.

    Le verdict final

    Le 4 avril 2016, avec des conditions hivernales, je suis allé skier à Tremblant. Les bottes étaient très confortables, mais j’ai rapidement réalisé que quelque chose n’allait pas. Mes bottes précédentes n’étant pas assez performantes, elles m’avaient fait prendre de mauvaises habitudes. J’ai eu besoin d’une bonne heure et demie de ski pour corriger des problèmes dans ma technique et cela m’a fait retrouver le plaisir de skier à un niveau dont j’avais oublié l’existence! J’ai skié plus de 5 heures sans ressentir la fatigue et sans jamais avoir mal aux pieds, ce qui est exceptionnel avec des bottes neuves.

    J’espère que le récit de cette histoire vraie va vous inciter à accorder plus d’importance au choix de vos prochaines bottes de ski, et ainsi vous permettre de skier au maximum de vos capacités. Je veux remercier Richard dont la collaboration a été essentielle pour que je puisse écrire cet article. Plusieurs boutiques en station offrent un service d’ajustement des bottes personnalisées, ce que je recommande à tout skieur au moins une fois dans sa vie!

    Kicking Horse (C-B): sur le toit des rocheuses!

    Entourée des parcs nationaux de Yoho, Banff, Kootenay, Mont Revelstoke, Jasper et Glacier, la station de Kicking Horse, située au cœur des Rocheuses, offre au sommet la vue de paysages exceptionnels ; sans doute parmi les plus beaux de ce coin de pays. Le domaine skiable nous offre 120 pistes officielles réparties sur plus de 2800 âcres. Le point le plus élevé soit le sommet de Blue Heaven culmine à 2 450 mètres d’altitudes. Le sommet de Eagle’s Eye est rallié rapidement en empruntant le « Golden Express Gondola », principale remontée de la station. La remontée ne prend que 12 minutes et nous permet de faire le tour du proprio du coup d’œil ! Le dénivelé skiable de 1260 mètres est praticable en une seule descente. Ici, ça descend de haut en bas intégralement !

    La station offre plus de 60% de son domaine skiable aux skieurs(es) et planchistes avancés ou experts. Le terrain est bien pentu et plusieurs pistes sont laissées à l’état naturel. Toutefois ce sont surtout les quatre bowls qui composent les façades au sommet qui représentent la plus importante partie du domaine skiable. Le passage par un bowl sera incontournable lors de la remontée. La montagne est unique en son genre. Les bowls veulent vous rencontrer !

    Il est possible d’opter pour une offre d’hébergement aux pieds des pentes. La station a développé un véritable petit village sur place dont les hôtels, restaurants, pubs et boutiques offrent un cachet typiquement de l’ouest tout en offrant la modernité recherchée. L’harmonie entre la montagne et le village est franchement réussie.

    Histoire de bowls !

    Voici trois faits à propos de la station de Kicking Horse : vous passerez obligatoirement par un bowl, vous skierez au-dessus des nuages et surtout, vous aurez la sensation d’amorcer votre descente en direct du toit des Rocheuses ! La morphologie étonnante de la montagne nous permet d’explorer quatre cuves bien distinctes séparées par trois arrêtes composées principalement de pistes expertes ou avancées afin d’effectuer une approche au cœur des bowls.

    Le Crystal Bowl (accès par la Golden Express Gondola) est souvent le premier choix lors d’une première visite. Les approches sont nombreuses, variant de facile à expert selon le calibre des skieurs et planchistes. Pour ma part, j’opte pour les pistes Think Twice ainsi que Northern Lights et Cloud 9, ces deux dernières étant des intermédiaires. L’endroit comporte autant de segments laissés à l’enneigement naturel que de belles pistes damées permettant aux skieurs et planchistes de tous les calibres de visiter l’endroit en vivant une expérience de glisse adaptée au niveau de chacun. À la sortie du Bowl, la remontée quadruple Stairway to Heaven nous ramène sur le versant Blue Heaven. L’endroit est vertigineux ! La crête séparant Les Bowls Crystal et Feuz me sort de ma zone de confort. Le passage sur la crête est desservi par la piste Redemption Ridge Traverse qui ne laisse que peu de marge de manœuvre et se perd dans la forêt à la fin de son parcours. Le passage me mène dans des approches bien enneigées, et passablement inclinées mais combien excitantes ! Mes passages dans les pistes Redemption, Hallelujah, Nirvana, Amen, Valhalla ainsi que les pistes My Blue Heaven et Sliver Lining resteront des moments mémorables.

    Le Bowl Over offre une série d’approches encore plus prononcées que celle du Crystal Bowl. Tel un amphithéâtre, il est possible de choisir son entrée sur tous les angles de celui-ci et de circuler au fond de la cuvette dans plusieurs directions. La Milly Goat Traverse permet de s’avancer vers le centre ou l’autre côté du Bowl. Pour ma part, je choisis les approches Flying Dutchman ainsi que Sluiceway. J’étudie ma ligne de descente judicieusement et je m’élance ! Une expérience intense ! Le coin est à pic à souhait, les arbres sont de bonne taille et la neige est au rendez-vous ! J’en redemande ! Il y est facile de tracer jusqu’à la fin de la journée tellement l’endroit est vaste.

    Le Super Bowl est situé à l’extrémité gauche du domaine skiable, accessible moyennant une traversée d’une douzaine de minutes débutant par la combinaison du passage au-dessus de l’Over Bowl en empruntant la piste Milly Goat suivi d’une randonnée à pied nous faisant passer derrière le sommet de Terminator Peak. La vue sur les montagnes voisines à cet endroit est tout simplement féérique. La sensation d’être sur le toit des Rocheuses prend tout son sens ici! Puis, la récompense se dresse devant moi. L’endroit est moins skié qu’ailleurs en montagne. Les approches sont variées. La poudreuse champagne est abondante. Je m’élance en optant pour la combinaison des pistes Punter et Double Digits. La cuvette est vaste, les skieurs(es) et planchistes m’apparaissent miniatures dans cette vallée enneigée ! Un moment d’anthologie dans la vie d’un skieur !

    Le Feuz Bowl est situé à la droite du domaine skiable et n’est accessible que par la remontée quadruple ‘’Stairway to Heaven’’. Les approches sont de loin les plus difficiles de par le terrain de niveau difficiles voire extrême et le manque de visibilité général, incluant les obstacles… Bien que j’aie pris le temps d’étudier le terrain durant les deux jours, étant seul et ayant vu une skieuse culbuter dans une approche au sommet de l’escalier Stairway to Heaven nous menant sur l’arrête centrale du Bowl le ‘’Whitewall’’, je me suis abstenu de m’élancer cette fois-ci. Je m’y reprendrai en groupe, ce qui est beaucoup plus sécuritaire. L’endroit n’est pas à prendre à la légère! Ce n’est que partie remise.

    Ailleurs sur la montagne

    À la sortie des bowls à la mi-montagne il est possible d’emprunter plusieurs pistes qui nous amènent à la base de toutes les façons ! Les coups de cœur sont nombreux ! La piste Liberty une imposante descente dans un mur de bosses molles constitue une véritable descente sportive. Chaque virage dans la piste Terminator entraîne une coulée de neige devant moi tellement cette dernière est enneigée. Les pistes Blow Down ainsi que Show Off nous amènent au cœur de la station. Les pistes Bubbly, Kicking Horse ainsi que Race Place invitent à une glisse rapide.  Enfin, je me suis bien amusé dans la piste ‘’Got your Goat’’ laissé totalement en friche.

    La station dispose d’une zone d’apprentissage offrant beaucoup de terrain au bas des pistes. Ici le terrain amènera à la plus grande vigilance, car les risques d’avalanches sont présents en plusieurs endroits. L’observation des règles en haute montagne est de mise. Enfin la station dispose d’un parc à neige situé à la base de la station.

    Si l’appel des bowls, de skier sur le toit des Rocheuses et dans des quantités de neige champagne appréciables vous attirent, la station de Kicking Horse se dressera comme un incontournable pour les amoureux de la glisse en terrain bien pentu; la variété et les émotions fortes seront au rendez-vous !

    Castle Mountain (Alberta): aucun compromis, que du plaisir!

    Nous habitons une immense province, mais un pays encore plus gigantesque. Il neige toujours quelque part au Canada. Ironiquement, c’est souvent les saisons où il n’y a pas de neige au Québec que la neige est le plus abondante dans l’ouest. C’était exactement le cas ce mois de décembre passé. Que faire avec un congé des Fêtes sans même un flocon de neige au sol lorsqu’on est un skieur? Réponse: aller dans l’ouest canadien! Tempête après tempête, des centaines de centimètres de nouvelle neige se sont accumulés sur ces stations. À la mi-décembre 2015, la majorité des grandes stations en Alberta et en Colombie-Britannique étaient ouvertes à 100%. Alors, la décision était facile à prendre! Après un achat rapide sur Expedia pour les billets d’avion, j’ai pris la direction l’aéroport Trudeau vers Calgary.

    Dans un rayon de trois heures de route autour de Calgary, il y a plusieurs stations de qualité à skier. On pense à la beauté du parc National de Banff et ses stations Sunshine Village et Lake Louise. Un peu plus loin on peut visiter les chutes et bols extrêmes de Kicking Horse ou les pistes damées à perfection de Panorama. Par contre, ce texte n’est pas pour vanter les stations que vous connaissez probablement déjà assez bien. Je veux partager avec vous un secret: Castle Mountain! Mais attention, si vous n’aimez pas les longues pistes et sous-bois raides où si vous avez besoin d’un café costaud une fois dans le chalet, Castle n’est peut-être pas pour vous!

    Pour visiter Castle, il faut vraiment être convaincu. Au lieu d’emprunter la route panoramique transcanadienne ouest en sortant de l’aéroport, il faut prendre la route 2 sud. À un certain moment vous vous demanderez ‘’où sont les montagnes!?’’ en parcourant la route. Celle-ci se situe dans les Prairies et, non dans les Rocheuses. Alors, il faut être patient. Mais sachez qu’il y a une belle récompense à la fin de cette route qui peut sembler interminable!

    Après environ 2 heures et demie (départ de Calgary), vous arriverez à Pincher Creek. Vous le saurez par ses nombreux moulins à vent. C’est ici que j’ai dormi pour mon séjour à Castle. Comme logement, j’ai choisi le Super 8: pour 50 $/nuit via hotels.com, j’avais la chambre, un jacuzzi et le déjeuner classique du Super 8 (céréales, pains, saucisses, oeuf… et gaufres!), que demander de plus! Plusieurs commodités sont accessibles à pied à partir de l’hôtel: épiceries, pizzeria, un Tim Hortons et un Boston Pizza. Peut-être que la comparaison n’est pas juste, mais il serait impossible de trouver un hôtel avec les services mentionnés à Banff ou Whistler pour un prix similaire… Le Super 8 est à seulement une demie-heure de Castle Mountain.

    Maintenant, passons aux choses importantes – la montagne et son domaine skiable. Lors de mon séjour dans l’ouest canadien, j’ai skié Castle, Fernie, Panorama, Kicking Horse, Revelstoke et Lake Louise. Du point de vue du skieur expert, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que le domaine skiable de Castle est le plus extrême parmi toutes ces stations! Quand la neige est au rendez-vous (c’était le cas pour moi pendant ma visite), Castle Mountain est LA place! Les pistes sont longues et abruptes; c’est un terrain de jeu énorme, desservi seulement par deux télésièges, un triple et un double. Il y a toutes les sortes de pistes imaginables. Sous-bois, bols, chutes, etc. Le dénivelé de plus de 850 mètres est constant et abrupt. Avant ma visite à Castle, je n’ai jamais skié une station avec autant de sous-bois et de chutes avec un dénivelé si constant. Cela est encore vrai après avoir visité les stations mentionnées plus haut!

    J’ai été chanceux d’avoir la journée parfaite pour vivre l’expérience de Castle. Lors d’une de mes journées de ski, dix-neuf centimètres de nouvelle neige sont tombés dans les 24 dernières heures. Avec autant de terrain et si peu de remontées, on pouvait facilement faire des descentes dans la neige fraîche toute la journée – et ce, même pendant la période des Fêtes! Faites une descente dans la poudreuse dans la Drifter et la Showdown – vous pensez que vous rêvez! Les sous-bois Northern Exposure et North Star sont également fantastiques! Les arbres sont espacés à la perfection et la pente devient de plus en plus abrupte en descendant. C’est le bonheur total! De plus, le versant sud de la montagne contient également  le secteur des chutes. C’est irréel!

    Si le domaine skiable n’est pas assez pour vous, Castle Mountain offre également du Cat Ski. J’ai été vraiment chanceux de vivre cette expérience aussi pendant mon voyage à Castle. Je suis arrivé au bon moment. C’était la journée d’ouverture du Powder Stage Coach; ce qui signifie que toute la neige qui était tombée depuis le début de saison (on se rappelle de la chute de neige record en début de saison dans l’ouest) n’avait pas encore été skiée! La neige était profonde! Le Cat Ski à Castle est un peu différent des autres opérateurs de Cat Ski de l’Ouest canadien. On demeure près de la station; on fait du ‘’sidecountry’’. Par contre, cela ne veut dire pas qu’on fait des compromis en ce qui concerne le terrain de jeu! On monte le mont Haig sur la remontée Huckleberry pour ensuite prendre le Cat. Le Cat nous amène ensuite au sommet de Haig Ridge où nous descendons un des nombreux bols, chutes ou sous-bois dans la neige poudreuse! Il y a deux Cats en opération à partir du sommet du télésiège Huckleberry donc on n’attend jamais bien longtemps pour monter et on peut aller à son propre rythme. De plus, chaque descente nous ramène à la base; c’est idéal s’il faut prendre une pause… vous devinerez que je n’en ai pas pris! Le lunch est fourni et on peut le manger dans le Cat: il n’y a pas de temps perdu! Chaque descente offre un mélange de gros bols ouverts, de chutes et de sous-bois dans le décor des rocheuses canadiennes. On ne peut pas demander mieux!

    En conclusion, si vous recherchez une destination de ski abordable dans l’ouest, mais que vous ne voulez pas faire de compromis sur le terrain, essayez Castle Mountain! Pour compléter le voyage, vous pouvez aussi visiter le parc national Waterton Lakes. De plus, si vous voulez ajouter une autre destination de ski à votre séjour, n’oubliez pas que Fernie est à seulement une heure et demie de Castle Mountain. Il y a de nombreuses possibilités. Mais shhhhhh!!! Ne partagez pas ce secret avec trop de skieurs… C’est trop plaisant ne pas avoir à attendre aux remontées!

    Fernie (C-B) : quand skier les bowls devient la norme!

    L’ouest canadien regorge de stations mythiques où choisir sa ligne de descente devient une expérience mémorable. L’une de ces stations se trouve sur une route panoramique traversant le sud de la spectaculaire barrière des Rocheuses. Tel un mur, une station dont les cuves sont plus grandes que nature se dresse le long de la « Crownest Highway »:  Bienvenue à la station de ski de Fernie !

    Située à l’extrémité du sud-est des montagnes Kootenays, la station de Fernie culmine à 2134 mètres d’altitudes et comporte un dénivelé skiable de 1082 mètres répartie sur 5 bowls, un sommet alpin et surtout de 142 pistes réparties sur plus de 2500 âcres de plaisir ! Chacun des bowls représente un secteur distinct de la montagne. Au départ du sommet, chaque descente me force à donner le meilleur de moi-même ! Le terrain est pentu et la neige abondante. Les cuvettes au sommet représentent une importante partie du domaine skiable.

    En visite à la station les 10 et 11 janvier 2016, j’ai découvert le domaine skiable en explorant chacun des secteurs méthodiquement, question d’être en piste le plus possible et de minimiser les promenades en remontée mécanique: on veut du temps de ski, pas de télésiège! Le domaine est suffisamment étendu pour qu’un séjour d’une semaine ici soit un bon choix!

    Première journée :  les Bowls Sibéria, Timber, Currie ainsi que le Polar Peak

    Bien installé dans la file d’attente depuis cinq minutes, je prends enfin le départ dans la quatrième chaise de la remontée quadruple express du Timber Bowl. Le terrain qui s’offre à mes yeux est spectaculaire. J’ai hâte d’être au sommet ! Ma première descente est réservée à la magnifique piste Falling Star : une longue piste intermédiaire au cœur d’une forêt de conifères bien dense. La neige est au rendez-vous. En ce début de janvier, la station compte déjà sur une base de 176 centimètres de neige ! Et pas n’importe quelle neige: elle est bien légère ! Les pistes Morning Glory, Siberia Ridge et Mars donnent une expérience de glisse dans des sous-bois où le dénivelé nous permet de tester nos habiletés à souhait.

    Le secteur de Timber Bowl procure une séance de glisse intense. À la sortie de la remontée quadruple White Pass, il sera difficile de résister à la tentation d’explorer le Bowl qui se profile sous nos pieds. La piste Quite Right permet de vivre l’expérience totale de cette cuvette bien remplie de neige. À la droite du Bowl, le sous-bois Pillow Talk vaut le détour tout comme la piste Puff qui porte bien son nom ! Ici comme dans plusieurs autres montagnes, le nom des pistes représente souvent un sous-secteur plutôt qu’une piste définie, ce qui permet de skier à peu près partout dans les endroits balisés.

    Au sommet de la remontée quadruple White Pass, il est également possible de rallier de Curry Bowl et la remontée du Polar Peak Chair. Cette dernière m’a donné davantage de papillons dans l’estomac de par sa hauteur et les vents qui me berçaient à la remontée que la descente elle-même au cœur d’une arrête des plus spectaculaires des stations de l’ouest canadien. La descente à partir du haut du Polar Peak est à la fois un moment unique et exaltant. La pente est intense et pour la rejoindre, il faudra skier sur la crête dont la route sinueuse est bien définie.

    La visibilité sera nulle tout au long de mon séjour à cet endroit de la montagne: mon champ de vision sera limité à environ 15 mètres! Le terrain est passablement pentu. Les pistes intermédiaires ne le seront que par la couleur sur les affiches… Ici c’est du sérieux ! Le moment d’émotions fortes est à son paroxysme lorsque je m’élance dans le couloir Polar Coaster. L’objectif est réussi ! Me revoilà au sommet du Curry Bowl où le terrain ne laisser aucun répit avec les pistes 123’s, Curries Glades et Big Dipper qui traceront le chemin vers l’action. Les amateurs de sensations fortes ne seront pas en restes avec les pistes Concussion, Tom’s Run ainsi que Cornice Chute. Le dénivelé prononcé en impressionnera plus d’un !

    Deuxième journée : Le Lizard Bowl et le Cedar Bowl

    Aujourd’hui, J’explorerai les secteurs de Lizard et Cedar. Lizard Bowl regroupe la majorité des longues pistes intermédiaires damées et ce à même la cuvette au sommet, ce qui permet aux skieurs intermédiaires de s’amuser pleinement dans cet immense hémicycle blanc ! Le haut du Bowl est accessible par la remontée quadruple du Great Bear Express. À la droite de la remontée se profile un terrain au cœur de la forêt où les pentes raides font bon ménage avec les immenses champs de bosses. Nous voilà au cœur du secteur desservi par la remontée triple Boomerang. La combinaison des pistes Deep Space et de Boomerang Ridge nous plonge dans une descente des plus excitantes. Le coin constitue un secret bien gardé ! Mon coup de cœur ira au bowl le plus éloigné, le plus enneigé et le plus profond de tous : le Cedar Bowl. Accessibles par les remontées du Great Bear Express au sommet et la remontée du Boomerang un peu plus bas, ce dernier constitue une véritable réserve de neige. La variété d’approche permet de ne jamais passer deux fois au même endroit. Mes préférences ont été les pistes Cedar Ridge et King Fir où je me suis faufilé entre les arbres afin de tracer la neige qui y est abondante. La sortie du bowl se fait à l’aide du Téléski Haul Back.

    La station compte sur un secteur débutant et familial au bas de Lizard Bowl. Les zones du parc à neige ainsi qu’une piste de ski cross s’y retrouvent. La remontée Elk Quad dessert ce coin en terminant sa course à la mi- station.

    Infrastructures à la montagne :

    Le village au pied de la station est agencé au style des habitations que nous retrouvons dans les Rocheuses. Bâtiment en bois en harmonie avec la montagne. L’offre d’hébergement est importante et variée tout comme l’offre de restauration, ainsi que les services de locations d’équipement, de boutique ou de cours de glisse.

    Quelques bonnes adresses à Fernie :

    Pour ma part, j’ai opté pour un séjour au cœur de Fernie afin de pouvoir mieux connaître l’endroit et ses habitants.

    Hébergement : Le choix est très vaste à Fernie tant à la ville qu’au pied de la montagne. J’ai décidé de séjourner au Snow Valley Motel dont la propriétaire, Véronique Roy, est installée dans la région depuis plusieurs années. L’endroit correspondait parfaitement à mes besoins : chambre avec cuisinette, spa, à proximité de tout et accueil chaleureux des employés, le tout à un prix intéressant.

    Un bon resto : le Brick House dont la façade en brique rouge nous remémore l’époque de la ruée vers l’ouest ! Le steak et les bières locales y sont excellents et l’ambiance décontractée est appréciée après une grosse journée de ski.

    Une bonne bière : la Fernie Brewing Co, une microbrasserie à l’entrée de la ville brasse des bières qui valent le détour. La Caboose, une bière rouge ou la First Trax une bière ambrée sont mes coups de cœurs.

    Épicerie : Deux épiceries offrent une grande variété de nourritures dont des salades ou plats maison à emporter ce qui est une bonne alternative lorsque l’on veut passer une soirée tranquille à notre lieu d’hébergement.

    Whitewater (C-B): à la conquête de la poudreuse!

    Attention, skier dans la poudreuse profonde peut créer une dépendance. Évitez d’inhaler lorsque vous recevrez de la poudreuse dans votre… visage! Bienvenue à Whitewater, station qui fait la fierté des skieurs et planchistes de la ville de Nelson! Véritable petit paradis blanc au cœur des montagnes de Selkirk où les accumulations de neige annuelles tournent autour de 1200 centimètres, dont une base atteignant déjà 222 centimètres à la mi-janvier, la station constitue un secret bien gardé pour les visiteurs lointains, mais constitue définitivement un lieu de prédilection pour les locaux.

    Ne vous fiez pas au dénivelé skiable de 623 mètres qui est plus modestes que ses consœurs du coin ! La station est située à une altitude de plus de 1640 mètres à la base, ce qui en fait une candidate parfaite pour les grosses tempêtes de neige ! D’ailleurs, en cette journée du 14 janvier 2016, je serai accueilli par une nouvelle couverture de neige de 40 centimètres laissée la veille ! La neige de qualité champagne offre une condition de glisse exceptionnelle. Ici, les fat skis sont légion. Il n’est pas rare de rencontrer des skieurs de plus de de 60 ans chaussés sur ce type de ski. Dans ces conditions, il est facile de se retrouver avec de la neige même en dessous du manteau et dans les pantalons… Mais quel heureux problème!

    Whitewater c’est 81 pistes officielles réparties sur un domaine skiable de 1184 âcres se divisant en trois versants. Son dénivelé se compare à celui du Mont Sainte-Anne dans la Belle province. Le terrain est passablement varié et tous les types de skieurs et planchistes y trouveront largement leur compte. Le chalet ainsi que les remontées doubles et triples nous plongent dans une autre époque grâce à leur cachet vintage. La route nous amenant à la station est spectaculaire: une montée de 600 mètres sur près de 10 kilomètres en montagne!

    Silver King Side : faire connaissance avec le domaine skiable.

    Desservie par un authentique télésiège double, le secteur contient la grande majorité du terrain débutant et intermédiaire. Les sous-bois sont amusants, les pistes sillonnent en alternance entre forêts et clairières. Vous vous laisserez prendre par la vue magnifique de la vallée en bas et du versant Summit juste en face. La combinaison des pistes Silver King Skiway et de Quartz Skiway permettent de découvrir l’ensemble des lieux, c’est une belle ballade pour amorcer ou terminer la journée en beauté! La piste Huckkleberry Trail donne un aperçu de ce qui sera au menu aujourd’hui : de la neige à volonté ! Les pistes Tramline ainsi que Concentrator Trees constituent un joli parcours au cœur des conifères. Le parc à neige se retrouve dans la piste Jackpot.

    Le Summit Side : un véritable gisement à ciel ouvert de neige !

    Il y a tellement de neige sur ce versant qu’il ne faut surtout pas y perdre un ski, car il faudra attendre à l’été pour le retrouver! De plus, il est facile de se faire engloutir… par une marée de fine poudreuse champagne! J’ai eu l’impression de rêver éveillé lorsque je me suis retrouvé sur le versant de Summit. Ses crêtes pentues, l’abondance de neige ainsi que ses tracées étroits en font un endroit superbe pour pratiquer notre sport préféré ! Le terrain offre une glisse davantage axée pour skieurs et planchistes experts.  Les pistes Motherload et Joker mènent au cœur d’un champ de neige ! Le risque d’avalanche est à surveiller dans ce secteur, surtout au lendemain de cette tempête de neige. Le son des canons a raisonné ponctuellement en nous rappelant qu’il faut être prudent en montagne. Le Quick Silver Glades est un sous-bois serré et bien pentu. Et que dire de la combinaison Glory Basin et Dynamite ! Descendre par la crête au cœur d’un sous-bois bien pentu pour arriver dans une clairière digne d’une réserve stratégique de neige, le tout se termine dans une piste bien serrée… J’en ai encore des frissons ! Une véritable dose d’adrénaline ! Les 26 pistes du versant sauront rassasier les plus exigeants par leur défi dans un décor où la délicieuse odeur des conifères est enveloppante.

    Le Glory Ridge Side : quand Yogi et Boubou sont dans les parages !

    Déjà habitué de bien respecter les diverses consignes de prudence, us et coutumes et autres codes de conduite, les risques du terrain ou encore d’avalanches, je ne m’étais pas vraiment arrêté au risque de faire face à un ours ! Avec mon savoureux morceau de Jerky de bœuf dans le manteau, disons que j’aurais pu constituer un hors d’œuvre de choix ! Et oui, un ours noir bien éveillé arpentait le secteur à la recherche d’une grignotine ! Bien que je n’aie pas croisé Yogi en personne, les affiches indiquant sa présence étaient bien visibles dans certains coins de la montagne… on prend des notes!

    Le versant de Glory Ridge offre une belle combinaison de pistes intermédiaires, difficiles et expertes. Le secteur semble être l’endroit le moins fréquenté de la montagne, et pourtant, les sous-bois de ce côté-ci sont exceptionnels. Il faut dire que Glory Ridge Summit est le versant le plus éloigné du chalet principal. Il est cependant desservi par un petit chalet au bas de la remontée triple. Le Backside Bowl offre un terrain expert intense. Immédiatement à la sortie de la remontée à la droite se retrouve une série de pistes qui permettent de découvrir de beaux sous-bois dont la descente est soutenue. Les pistes Single Malt, Bound For Glory, Jack Leg, Back Burner et Det Cord sont incontournables. La piste Fuse sous la remontée au sommet n’est pas un long fleuve tranquille: accidentée et inégale, la descente représente un jeu d’adresse amusant. Une visite dans Jack Leg Slides pour terminer la descente en beauté s’avère une option intéressante. Enfin, une bonne partie du secteur extrême du versant se retrouve sous la piste Back Side Ski Way où le terrain est passablement pentu dans des sous-bois bien serrés.

    Après ski !

    Le chalet principal et son cachet champêtre offrent l’ensemble des commodités attendues en station. Un service de cafétéria ainsi que le Freshtrack Cafe et Freshies Coffee Bar offrent une restauration originale et de qualité. L’endroit vedette pour savourer une burger gourmet et une bonne bière locale est le Coal Oil Johny’s Pub. À même le chalet principal, son charme rustique et son ambiance festive est le lieu de rencontre de prédilection après une grosse journée de poudreuse !

    La station Whitewater vaut le détour. L’abondance et la qualité de la neige dans un terrain aussi invitant m’amènera à considérer un arrêt à Whitewater dans tous mes prochains voyages de ski dans l’ouest canadien. Ici, tous les ingrédients sont réunis afin de passer une expérience des plus mémorables!

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