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    Red Mountain Resort (C-B): déguster du champagne en descendant!

    Si le goût de déguster du champagne vous prend et que vous avez envie de le faire avec vos spatules ou votre planche, eh bien… il faut vous rendre à la station de Red Mountain, où la qualité de la neige est digne des plus belles poudreuses champagnes des montagnes de l’ouest du continent! L’ivresse que cette dernière procure nous propulse dans un état de bien-être et de plaisir assuré tout en gardant pleinement nos facultés qui nous serviront à dévaler les pistes s’offrant à nous dans toutes les directions !

    Red Mountain Resort est la plus méridionales des stations de la Colombie-Britannique. Située à l’extrémité sud-ouest des montagnes Kootenays, la station n’est qu’à un jet de pierre de l’état de Washington. Blotti entre les montagnes et la majestueuse rivière Columbia, le domaine skiable compte pour plus de 4200 âcres sillonné par 110 pistes officielles et un dénivelé skiable de 890 mètres. La station compte maintenant trois sommets avec l’ajout d’une remontée sur Grey Mountain. Les quantités de neiges reçues dans ce coin de pays sont impressionnantes. Lors de mon séjour les 12 et 13 janvier 2016, la station bénéficiait déjà d’une base de 170 centimètres de neige bien fraîche. Et le rêve de tout skieur se concrétisera durant l’après-midi du 12 jusqu’au matin du 14 janvier avec une tempête de neige bien légère qui laissera plus de 40 centimètres au sol. J’ai pu tracer durant les deux jours tellement le terrain est vaste ! Particulièrement Granite Mountain qui est skiable sur 360 degré à partir de son sommet ! Durant mon passage à la station, j’ai eu le plaisir et le privilège de skier avec Yan Labrecque, un planchiste de la belle province qui réside dans ce coin de pays depuis maintenant 8 ans et qui m’a fait visiter la station tout en me transmettant sa passion pour le domaine skiable qu’il visite quotidiennement en hiver.

    Le sommet de Red : pour bien commencer la journée !

    Le plus petit sommet des trois culmine à 1591 mètres. L’endroit est tout destiné pour débuter la journée et offre à la fois du terrain intermédiaire avec des pistes telles que Back Trail et Sally’s Alley parfaites pour le réchauffement de la première descente. Le terrain relevé est bien présent avec les pistes Hole in The Wall, Poochie’s Trees ainsi que War Eagles Trees. Le sommet est desservi par une remontée double, la Red Chair, une belle chaise vintage ainsi qu’un téléski qui amène les amateurs de modules au parc à neige Rockstar.

    Le sommet de Granite : une montagne exceptionnelle !

    Le sommet de Granite est unique en son genre. De forme conique, il est possible de skier dans toutes les directions. Ici l’offre de glisse se fait à 360 degré ! Culminant à 2075 mètres, ce sommet offre du terrain passablement pentu, boisé et surtout magnifique ! Il y avait tellement de neige en certains endroits qu’il était difficile de tomber par terre ! Le secteur est accessible de la base par une première remontée soit la Silverloaf Chair qui nous permettra de joindre l’une des deux remontées à la mi station soit le Motherlode Chair.  La Paradise Chair dessert le secteur arrière de Granite. Le secteur desservi par la remontée Motherlode est composé uniquement de terrains experts. L’adrénaline monte en nous alors qu’on emprunte les pistes First, Second ainsi que Third Slides. Le terrain passablement raide nous amène vers une succession de sous-bois et de petites clairières regorgeant d’or blanc. Les spatules larges et planches à neiges sont les bienvenues dans toute cette épaisseur de neige. Pour une descente à la fois mémorable et excitante, il suffit d’emprunter The Powder Fields Traverse, combiné à la Han’s Run avec une finale dans The Orchards ! Tout simplement sublime !

    Que dire du superbe secteur de la remontée Paradise, permettant de skier dans les sous-bois à volonté dans un coussin de neige qui ne demande qu’à recevoir notre signature ! Le secteur nous invite à ouvrir la machine ! Je me suis délecté des pistes Maggies Farm, Jumbo Gully, Ruby Monday ainsi que Mini Bowls. Des endroits à tracer à volonté dans une forêt d’où nous n’avons plus envie de sortir !

    Lors d’une première visite sur Granite Mountain, il est préférable de bien étudier le terrain avant de s’aventurer. Le secteur du Granite Bowl est passablement abrupt et accidenté et nécessite une préparation complète. Un guide expérimenté pour cette partie de la montagne sera le bienvenu. Il ne faut surtout pas sous-estimer l’endroit !

    Enfin, au bas des pentes une piste circulaire nous permettra de rallier les deux remontées ou de changer de secteur. Pour les locaux, Granite Mountain constitue en quelque sorte l’âme de la station.

    Le sommet de Grey : maintenant desservi par une remontée

    Jadis prisés des amateurs de ski hors-piste, le sommet de Grey, le plus haut des trois, est maintenant accessible par la remontée Grey Mountain depuis 2013. Cette accessibilité permet d’ouvrir un tout nouveau terrain aux skieurs(es) et planchistes. Culminant à 2048 mètres, le sommet de Grey nous offre une variété de combinaisons dans un panorama invitant à la contemplation. Au sommet, un terrain vaste appelé les Corduroy nous permet de tracer dans une clairière jusqu’au choix de la piste désirée. Et du choix, il y en a ici! De belles pistes laissées à l’état naturel, des sous-bois, de belles pentes, il y en a pour tous les goûts ! Les pistes EZ Ryder, Toba Trees et Cory’s Run tout comme les pistes Taz et White Riot ceinturent l’ensemble du secteur de la remontée. Vous avez envie d’une ballade entre deux sous-bois ? la piste Get Up Stand Up fait faire le tour du propriétaire en contournant la montagne à la limite du domaine skiable. Le sommet de Grey est une belle valeur ajoutée à un domaine skiable déjà exceptionnel par son offre unique de glisse. Bien que l’ensemble des trois sommets offrent des pistes pour skieurs(es) et planchistes avancés ou experts, un secteur comprenant des pistes intermédiaires et débutantes est aménagé le long de la remontée Silverlode Chair.

    Hébergement et services 

    Modernité et aspect vintage décrivent bien Red Mountain Resort. La station dispose d’une offre d’hébergement variée au bas des pistes, ainsi que d’une bonne sélection de restauration, boutiques, locations d’équipement, de même que de cours de glisse. Mais une visite à Red Mountain serait incomplète sans une visite du célèbre bar de la station, le Rafters Lounge, où les après-skis endiablés sont incontournables ! C’est le lieu de rencontre parfait afin de partager ses bonnes histoires de la journée autour d’une bonne pinte de bière locale, des nachos maisons tout en écoutant la musique entrainante du DJ. Les locaux sont accueillants. On se sent rapidement chez-nous ici !

    Hébergement et services 

    Modernité et aspect vintage décrivent bien Red Mountain Resort. La station dispose d’une offre d’hébergement variée au bas des pistes, ainsi que d’une bonne sélection de restauration, boutiques, locations d’équipement, de même que de cours de glisse. Mais une visite à Red Mountain serait incomplète sans une visite du célèbre bar de la station, le Rafters Lounge, où les après-skis endiablés sont incontournables ! C’est le lieu de rencontre parfait afin de partager ses bonnes histoires de la journée autour d’une bonne pinte de bière locale, des nachos maisons tout en écoutant la musique entrainante du DJ. Les locaux sont accueillants. On se sent rapidement chez-nous ici !

    Quelques bonnes adresses :

    Hébergement : la principale offre d’hébergement de la région est surtout située au pied du domaine skiable, mais il est possible de séjourner à Rossland qui n’est qu’à environ 4 kilomètres de la station. Pour ma part, j’ai opté pour le Motel Casa Alpina situé à mi-chemin entre la montagne et la ville. L’endroit fût parfait pour mes besoins et à prix abordable. L’endroit est avant tout fréquenté par les skieurs(es) et planchistes.

    Nourriture : Au cours de ces deux jours, j’ai opté pour les produits frais de l’épicerie Ferraro situé au cœur de Rossland. Les fruits et légumes, le grand choix de noix, les fromages, plats maisons, les salades et surtout les Paninis chaud sont excellents.

    Une bonne bière : les microbrasseries ne sont jamais bien loin des domaines skiables ! Les bières organiques de la Nelson Breweries Company sont dignes de mention. La Faceplant Organic Winter Ale fût ma préférée avec ses arômes de chocolats et d’orge torréfié.

    Red Mountain s’inscrit comme une destination à ne pas manquer lorsque l’envie de poudreuse champagne dans un terrain offrant des défis sur mesure pour les plus exigeants et le cachet d’antan d’une station de ski y est préservés sont les critères recherchés pour le choix de sa destination !

    Revelstoke (C-B): skier au domaine des géants!

    La première pensée qui m’est venue à l’esprit en foulant ma première piste à Revelstoke est le film ‘’Chérie j’ai réduit les enfants’’: je suis dans le plus haut dénivelé skiable en station en Amérique du Nord, soit 1713 mètres ! On peut y faire une descente dans l’une des pistes les plus longues du continent : une ballade de 15,2 kilomètres ! Au sommet, deux immenses bowls contenant des quantités inimaginables de neige. Les pentes raides longues et sinueuses sont grandioses et la taille des arbres est impressionnante. Les accumulations annuelles dépassant les 900 centimètres. Skier à Revelstoke, c’est skier au domaine des géants !

    Située sur le Mont Mackenzie et culminant à son point le plus haut à 2466 mètres, le domaine skiable offre 65 pistes officielles répartie sur plus de 3121 âcres. La montagne est destinée à tous les types de skieurs et planchistes. L’offre de pistes intermédiaires est aussi importante que celle réservée aux skieurs avancés. La dernière venue des grosses stations de l’ouest canadien en est encore à l’aube de son histoire. La montagne regorge d’un potentiel alpin exceptionnel. Bien que la station ne compte que trois remontées et deux tapis magiques, ceux-ci sont d’une efficacité surprenante pour un aussi grand domaine skiable. La télécabine mène au trois quarts du sommet après avoir effectué une escale où les skieurs changent de cabine à la mi montagne. Quant aux remontées quadruples Stoke et Ripper, elles rallient le sommet en un instant. Ici il n’y a aucune attente. La station rivalise d’originalité avec son centre public de prévention d’avalanches où les visiteurs sont appelés à mesurer leurs habiletés de recherche en montagne après un cours dispensé par les animateurs du centre. L’imposante cafétéria à la mi-montagne s’harmonise avec les lieux par son architecture et son offre de nourriture variée et de qualité.

    La station s’est dotée de bon nombre d’infrastructures modernes d’une grande qualité. Le village au bas des pistes au style champêtre et contemporain offre plusieurs possibilités d’hébergements, de restauration ainsi que tous les services habituels en station. À la cafétéria principale à mi-station de même que partout ailleurs sur le terrain de la station de ski, les chances de croiser un employé s’exprimant en français en provenance de la belle province sont grandes. D’autre part, la station est située à proximité de la grouillante ville de Revelstoke. Un service de navette efficace et ponctuel fait le trajet quotidiennement entre cette dernière et la station.

    Le Frontside : paysages à couper le souffle !

    Le versant du Frontside donne littéralement l’impression de flotter au-dessus des nuages. Les sous-bois ainsi que les longues pistes offrent une variété d’options de glisse mémorables. Les sous-bois ‘’Iron Glaiden Glades et Tasty Glades sont incontournables de par leur beauté et la descente sportive mémorable qu’ils procurent. Les pistes Blue Rodeo, Pitch Back ainsi que Devil’s club larges, parfois damées et parfois laissées en bosses, sont toujours invitantes ! Que dire des magnifiques pistes intermédiaires Critical Path et Ninja Traverse dans lesquelles nous retrouvons nos jambes entres deux segments de sous-bois intenses ! Les débutants ne seront pas en reste avec la plus longue piste du domaine skiable soit la piste Last Spike qui offre une grande ballade de 15.2 kilomètres à partir du sommet ! Enfin, le secteur de Separate Reality ainsi que de la piste Vertigo, donne une occasion de répétition avant de s’élancer dans le North Bowl. Le secteur est bien pentu et fait travailler tous nos muscles stabilisateurs ! C’est à ne pas manquer. Quant à la piste Vertigo, elle permet de skier sur l’arrête de la montagne procure une vue saisissante de l’intérieur du North Bowl.

    Le secret est dans la …. sauce !

    Mon coup de cœur a été pour ce magnifique secteur reculé situé à la limite du domaine skiable complètement à la droite du versant Frontside. Les piste Jalapeno et Hot Sauce portent bien leur nom. Elles offrent du ski relevé voire épicé à souhaits! Le coin est pentu, bien enneigé et les deux pistes s’engouffrent dans une forêt épaisse de conifères. J’ai refait ce secteur à trois reprises durant mes deux jours de ski. Un moment spécial qui met du piquant !

    North Bowl : le moment d’une vie de skieur !

    Le skieur rêveur en moi avait attendu ce moment depuis très longtemps. Une immense cuvette où la neige est cultivée et récoltée en abondance, voire à l’infini ! L’indomptable North Bowl ne se laisse pas approcher facilement. En fait, toutes ses approches se font à partir de corridors au sommet de la crête et ces dernières sont tous de calibre extrême. Ici, chaque geste compte ! Il faut être au minimum deux skieurs(es) et planchistes afin de s’aventurer dans ce secteur. Ne rien laisser au hasard et ne surtout pas sous-estimer l’approche qui a l’air plus facile sur papier que sur le terrain. J’ai choisi l’approche par la piste Meet the Neighbours. J’ai étudié un moment la descente de chacun des skieurs(es) et planchistes passant par ce corridor et je me suis élancé à mon tour avec prudence et retenue. Le corridor traversé, je me suis retrouve au cœur du plus gros et du plus beau champ de neige jamais imaginé dans mes rêves les plus fous ! Ce moment restera gravé à jamais dans ma mémoire de skieur. La sortie du bowl fût l’un des moments les plus excitant et difficile techniquement à la fois depuis que je pratique le ski. Une solide pente de près de 45 degré d’inclinaison dans les arbres sur près de 150 mètres ! Il n’y a pas meilleure façon de sortir de sa zone de confort ! Un moment palpitant !

    L’autre Frontside.

    Blotti derrière le North Bowl et présentant un axe similaire au versant principal, « L’autre Frontside » est desservi par la remontée quadruple The Ripper. Ce secteur offre une variété de pistes intermédiaires, de sous-bois serrés et bien garnis de poudreuse qui ne demande qu’à être tracée ! Le Powder Monkey’s Glades présente un long parcours au cœur d’une bande de forêt dense. La neige s’y accumule en toute discrétion à l’abri des arbres. La piste Chopper est laissée à l’état naturel dans son dernier segment, ce qui rehausse le défi car le terrain est accidenté à cet endroit. Enfin, la piste Downtowner nous ramènera vers la face principale du Frontside rapidement en contournant le North Bowl.

    Quelques bonnes adresses :

    Revelstoke la festive compte 7200 habitants dont une importante diaspora québécoise. Ici l’ambiance est au rendez-vous à tous les soirs, particulièrement le weekend. C’est dans le centre-ville de Revelstoke que se retrouve la majorité des pubs, restaurants et bars sympathiques. L’offre d’hébergement tout autour est variée et nous permet de circuler à pied.

    Hébergement : J’ai opté pour l’auberge de jeunesse ‘’The Cube’’. Abordable, spacieux, moderne, convivial, composés de touristes âgés entre 18 et 65 ans, j’ai eu un coup de cœur pour cet endroit. Le déjeuner continental est fourni. La cuisine bien équipée nous permet de préparer un repas complet. L’endroit vaut le détour.

    Restauration : Le Village Idiot bar and grill en plein cœur du centre-ville est un véritable bar d’après ski ! Il y règne une ambiance du tonnerre et l’endroit est parfait pour déguster un gros burger avec une bière locale en visionnant un film de ski sur l’un des écrans géants. Après souper, installez-vous au bar et partagez vos meilleurs moments de ski avec les locaux et touristes du moment. Le bar dispose même d’une zone ‘’Calgary Flames fans ‘’ décorée aux couleurs des favoris du coin.

    Une bonne bière : la High Country Kölsch brassée par le Mt Begbie Brewery de Revelstoke est une blonde d’inspiration allemande accompagnant merveilleusement bien un gros burger !

    Les vins de la vallée de l’Okanagan : Ils sont à découvrir! Disponibles à la société des alcools de la Colombie Britannique.

    Revelstoke est une montagne géante où vous ne passerez pas deux fois au même endroit, dans un coin de pays à faire rêver. C’est une destination idéale afin de vivre une expérience de ski mémorable dans l’ouest canadien.

    Skis format XXL: Le Québec devient-il trop « fat »?

    Photo Groupe Tecnica

    Il ne s’agit pas de poids santé, mais bien de largeur de skis. En parcourant les multiples catalogues des fabricants, la tendance est claire. Abstraction faite des skis de haute performance (et encore), les skis deviennent plus larges et les « super size » sont mis de l’avant. L’image d’un jour de poudreuse, d’une haute montagne des Alpes ou de l’Ouest. La sensation de flotter, palettes de 110mm aux pieds, en sillonnant la neige profonde, est certainement parmi les fantasmes les plus intimes des skieurs. En station, le constat est aussi assez facile à faire, on voit des skis de plus en plus larges. Ceci étant dit, vous et moi, chers Lecteurs, vivons dans une région du globe ou les bordées sont malheureusement un peu plus modestes. Par surcroît, l’hiver 2015-2016 a été particulièrement pénible au niveau des accumulations. Froid, petites accumulations de neige, redoux, pluie et la ritournelle s’est répétée encore et encore. Résultat, c’est sur des bases fermes que l’on a passé le plus clair de notre temps. Je lance donc la question la question: est-ce que nous skions des skis trop « fat » pour les conditions du Québec ?

    Petit rappel:

    Il y a une quinzaine d’années, les skis qualifiés de « all mountain » tels que le Salomon X-Scream et le Head Monster ( l’ancienne mouture, évidement) avaient des mensurations beaucoup minces qu’aujourd’hui. En effet, ces derniers mesuraient (beaucoup) moins de 80 mm au patin. La stratégie marketing de l’époque prônait la versatilité et l’option de tout faire avec une seule et unique paire de ski. Les pionniers du genre réussissaient assez bien à remplir leurs promesses.

    Ma vision des choses:

    Personnellement, mes « fat skis » ne sortent qu’en quelques rares occasions. Mon ski tout terrain a un peu moins de 90 mm de largeur au patin. Il permet d’être confortable dans une certaine quantité de neige fraîche et a un comportement acceptable sur une surface durcie. Il porte donc assez bien son titre de “tout terrain”. Ce n’est pas un ski de poudreuse,  ce n’est pas un ski de piste non plus. Dans des situations extrêmes, j’avoue que j’apprécierais davantage de portée quand les accumulations dépassent les 20 à 30 cm. À l’inverse, si on compare son comportement à un vrai ski de piste, on se rend rapidement compte que ce n’est pas optimal non plus. Le ski est beaucoup moins agile et réactif. Évidemment, lorsque les conditions sont durcies, j’ai la sensation que les carres commencent à être passablement loin l’une de l’autre. Le mouvement d’angulation devient plus exigeant. Pour arriver à tout faire, il faut mettre de l’eau dans son vin. L’évolution et le choix des matériaux pour améliorer la rigidité et la stabilité des skis sont indéniablee. La forme du ski, en plus d’avoir une fonction spécifique, en devient-elle aussi une question d’esthétique? En haute montagne, la largeur est essentiellement question de flottabilité. Les skis de piste sont, quant à eux, plus étroits mais moins versatiles. Considérant le fait que l’on se retrouve plus souvent qu’autrement sur une base ferme, est-ce que mon ski tout terrain est trop large pour être un choix judicieux? À la limite, est-il dangereux?

    Biomécaniquement, que se passe-t-il?

    N’étant pas expert dans le domaine, j’ai questionné le skieur professionnel et kinésiologue Frédérik Lépine sur sa perception du sujet.

    Q. En station, est-ce que vous remarquez plus de skieurs avec des skis “Fat” qu’auparavant ?

    R. “Oui! Il y a de plus en plus de skieurs qui optent pour ce type de skis.”

    Q. Selon vous, est-ce une question de mode ou de fonction?

    R. “Personnellement, je crois que pour certaines stations de ski au Québec, on parle définitivement d’une mode. Dans le Sud du Québec, on retrouve presque toujours des surfaces assez fermes. Il est rare de ne pas ressentir le sol. Par contre, plus au nord du Québec tel que la Gaspésie, Charlevoix, Bas St-Laurent et le Saguenay, ces skis sont nettement plus appropriés compte tenu de la qualité de la neige qu’on retrouve dans ces régions.”

    Q. Quels sont les impacts pour la mécanique humaine d’utiliser un ski large sur une surface ferme?

    R. “Les fat skis augmentent la résistance aux genoux à cause du levier qui devient amplifié. Imaginez de clouer un 2×4 au centre d’une feuille de plywood et ensuite, tenter de renverser la planche de plywood. Vous vous apercevrez de la force nécessaire . Personnellement, il faut s’assurer que la neige soit molle afin d’éviter tout stress en torsion aux genoux particulièrement.”

    Q. Est-ce que, selon vous, les skieurs du Québec utilisent des skis trop larges?

    R. “Il faut se questionner surtout de nos besoins. La vraie question devrait être: « À quel moment devrions-nous les skier? » Les fat skis sont de bons skis et pour en profiter au maximum, il faut les mettre seulement quand les conditions de neige sont favorables. Selon moi, ce type de ski peut être conservé sur plusieurs années parce que je recommande d’avoir au moins deux paires de skis si on veut skier confortablement et efficacement. “

    L’industrie dans tout ça?

    Il est pertinent de se questionner aussi sur ce qui influence l’offre des manufacturiers. Est-ce que l’élargissement des skis est une question de fonction ou est-ce une mode ? Benoit Lalande, Product Manager chez Nordica, nous répond d’emblée: “C’est les deux, des all mountain à 70mm, ça ne se fait plus. Au Québec, les journées de poudreuse sont rares. Des largeurs de 75 à 80 mm répondent aux besoins des skieurs. La série GT est adapté aux skieurs d’ici. Les largeurs y varient de 74mm à 84mm dans cette gamme. “

    Série GT de Nordica 2016-2017

    Sommes toutes, choisir un ski « fat » n’est pas totalement dénué de sens. Il faut cependant considérer que ce type de ski, aussi bon soit-il, n’est pas adapté à toutes les surfaces. Votre choix de ski doit être cohérent avec votre profil de skieur. Observez les conditions et utilisez un ski qui saura répondre à vos besoins afin de tirer le maximum de votre expérience, surtout sur les pentes du Québec. Certaines circonstance suggèrent qu’il serait préférable d’opter pour un ski ayant un profil un peu plus maigre pour ménager vos articulations. En d’autre cas, le rêve devient beaucoup plus concret.

    Je laisse le mot de la fin au président de ZoneSki.com:

    “Dis-moi que je vais skier toute ma vie dans la glace, j’arrêterais “drette-là” le ski… Si je sors mes fat trois ou quatre fois par hiver, je vais être heureux quand même!”  – Christophe Deschamps, Président, ZoneSki.com

    Je tiens à remercier Frédérik Lépine pour son temps et son implication dans cette chronique. Frédérik est Kinésiologue et entraîneur personnel chez Nautilus Plus, formateur de moniteur de ski niveau 4 de l’AMSC et moniteur de ski à Bromont, Montagne d’expériences. Il est possible de suivre les conseils de Frédérik sur Facebook et sur sa chaîne Youtube

    La pointure des bottes de ski, un défi de taille!

    Photos G. Larivière et D. Lachance

    Parmi les sujets dont on me parle le plus, le confort des bottes de ski est probablement celui qui revient le plus souvent. Probablement parce que je suis particulièrement confortable dans mes bottes… J’en suis tellement heureux que je le partage allègrement. Il n’est pas toujours évident d’arriver à se chausser convenablement dans une coquille qui, contrairement à vos souliers de tous les jours, ne s’assouplira pas avec le temps. Comment j’arrive à ce niveau de confort ? Il faut simplement réussir à conjuguer quelques variables. Cela peut paraître anodin, mais tout commence par choisir une botte à sa taille!

    Sortez vos rubans à mesurer!

    D’emblée, sortez-vous de la tête que vos bottes de ski doivent être de la même pointure que vos souliers! La référence la plus fiable demeure le bon vieux ruban à mesurer.

    Il y a un minimum de trois mesures à considérer: la longueur, la largeur et finalement le volume du pied. La hauteur des arches et la morphologie des pieds auront aussi une importance cruciale plus tard dans le processus de sélection. Les boutiques spécialisées et sérieuses dans la vente d’équipement de ski utilisent généralement un dispositif de Brannock ou une règle spécialisée pour s’assurer de l’exactitude des mesures. Dans cette industrie, le système métrique est privilégié. La longueur est la première mesure à considérer. Elle est identifiée en centimètres et est précise à la demie. La largeur, quant à elle, se quantifie en millimètres. La mesure du volume du pied se prend aussi en centimètres. Ce troisième indice devrait être à peu près égale à la longueur du pied. Si ce n’est pas le cas, il vaut mieux confier vos pieds à un spécialiste qui saura quel point choisir.  Sinon, dans la majorité des cas, il est possible de sélectionner une pointure à peu près adéquate. Comme les humains ne sont pas construit de manière symétrique, il est important de mesurer les 2 pieds. Je sais, ce n’est pas simple…

    Un peu de perspective

    Les informations que nous fournissent les manufacturiers sont relatives à des pointures dites: de référence. Chez les hommes, la pointure Mondo de référence est 26.5: l’équivalent de 26.5 cm de longueur. Chez les femmes, 25.5. Donc, lorsque qu’un manufacturier vous indique la largeur d’une botte, il s’agit de la largeur pour les pointures de référence, selon le genre. Plus la botte est longue par rapport à la pointure de référence, plus elle sera large. L’inverse est aussi vrai. Plus une botte est courte par rapport à la mesure de référence, plus elle sera étroite.

    Tecnica Mach1 LV 130

    Par exemple, la botte pour homme Tecnica Mach1 130 LV 2017 est présentée comme mesurant 98mm de largeur. Cette largeur est cohérente avec la pointure mondo 26.0 ou 26.5. Si vous optez pour un point ou deux de plus, la botte sera forcément plus large que ses 98mm affichés. Chez Tecnica, Louis Blanchard nous explique: “La variation est de 1 mm à 1.5 mm pour chaque grandeur de coque, dépendamment des modèles, 24 est donc une 96mm et une 28 est donc une 100mm” . Encore une fois, la morphologie de chacun étant différente, 2 personnes ayant les même mensurations sur papier ne prendront pas nécessairement la même pointure!

    Faire une sélection éclairée

    Vous vous en doutez certainement mais la coquille de vos bottes de skis ne grandira pas avec le temps et l’espérance de vie des poly-plastiques utilisés pour la confection des chaussures de ski modernes dépasse les 10 ans. Il est donc important de choisir le point qui s’adaptera le mieux à vos besoins. Sachez que, généralement, les fabricants utilisent les mêmes coquilles pour le point et pour sa demie. Des bottes 26.0 et 26.5 auront donc la même enveloppe de plastique. C’est uniquement au niveau de la semelle d’origine du chausson que la différence se fait remarquer. Il est d’ailleurs recommandé de remplacer les semelles d’origine par des semelles offrant un support plantaire supérieur afin de maximiser le confort. Les semelles thermo-moulée sur mesure occuperont parfois plus d’espace, parfois moins que les semelles originales. Il est dont important de les prendre en considération. Finalement, votre calibre et votre style de ski auront aussi une incidence sur votre pointure. Les adeptes de haute performance opteront souvent pour une pointure généralement plus petite que ce que la règle aura indiqué et feront travailler la coquille par des spécialistes tandis que les néophytes seront porté à sélectionner un point plus grand. La règle d’or est donc: ESSAYEZ AVANT D’ACHETER!

    Un peu moins de théorie et plus de réalité

    Ça y est? Vous croyez être en mesure de sélectionner la bonne pointure? Faisons l’exercice ensemble de prendre quelques mesures. Il vous faudra: une surface verticale lisse (un mur par exemple), une feuille de papier blanche, un crayon, un ruban à mesurer souple ainsi qu’un guide quelconque. Dans mon cas, ce sera une pièce de bois rectangulaire, un bouquin pourrait aussi bien faire le boulot.

    Pour le pied droit:

    1 – Placez la feuille contre la surface verticale. Votre guide devra être placé à l’intérieur de votre pied droit.
    2 – Appuyez le talon de votre pied droit contre la surface verticale en prenant aussi soins que l’intérieur du pied soit en contact avec votre guide.
    3 – Un fois votre pied bien positionné sur la feuille, déplacez le guide à l’extérieur du pied et marquez d’un trait  la largeur du pied.
    4 – Placer le guide au bout de vos orteils et marquez aussi cette mesure.
    5 – Retirez votre pied de la feuille et notez les mesures entre le rebord de la feuille et les marques.
    6 – Avec le ruban souple, mesurez l’arche de votre pied en partant d’un côté du talon à l’autre.
    7 – Compilez les données! Roulement de tambour… Est-ce que cette 3ème mesure est à peu près égale à la longueur de votre pied?

    Si c’est le cas, il ne vous reste qu’à essayer le modèle de vos rêves.

    En images:

    L’exercice précédent n’est pas un gage de précision mais, il permet d’avoir une bonne idée de la taille que vous devriez utiliser. Rien ne vaut l’expertise d’un professionnel! Vous être en mesure de constater que la longueur de mes bottes est bel et bien de 27.0, ce qui est cohérent à la mesure que nous avons relevé. Cependant, j’utilise une botte qui est considérée comme étant étroite. Le fabricant indique 98mm pour une longueur de 26.5. Si je me fiais uniquement à ces chiffres, ma botte serait trop étroite. Nous l’avons mentionné plus tôt, il faut mesurer les deux pieds! Mon pied gauche fait 100mm. De plus, vous le voyez sur l’image, j’utilise des chaussons Intuition Liners à faible volume. Ils sont plus minces que les chaussons d’origine et me permettent un peu plus d’espace à l’intérieur de la botte. Ajoutez à cela une légère modification à la coquille du coté droit et le tout est joué! Bon magasinage!

    La saison 2016-2017 prometteuse en station!

    Bien que la dernière saison fût mitigée quant aux conditions météorologiques, plusieurs stations ont décidé d’aller de l’avant afin de proposer une expérience rehaussée en levée de rideau de la prochaine saison. Quelles sont les principales nouveautés à l’aube de la saison 2016-2017? Fidèle à son habitude, ZoneSki rassemble les information pour vous donner un portrait global et quelques primeurs!

    Québec et Chaudière-Appalaches:

    Le Relais: la station a annoncé au cours de l’été un investissement majeur de plus de 5 millions afin de se doter d’une remontée mécanique débrayable et performante à 6 places remplaçant du même coup les trois remontées qui se trouvaient côtes à côtes, soit la remontée quadruple ainsi que les téléskis simples et doubles. Ce nouvel aménagement permettra à la station d’aménager une nouvelle piste à losange noire permettant maintenant d’offrir 32 pistes le jour et 28 pistes le soir.

    Mont Orignal:investissement de 100 000$ dans la réfection de sa remontée (70% du montant) ainsi que dans la modernisation de son système d’enneigement.

    Massif du Sud: Les avis sont partagés et le sort de la station demeure incertain à cette date. Les seules nouvelles officielles qui circulent ont pour source la Ville de Saint-Philémon et le sort de la station de ski en tant que tel semble plus ou moins clair. ZoneSki tentera d’en savoir davantage pour vous dans les prochaines semaines!

    Dans l’Est: Côte-Nord, Bas St-Laurent et Gaspésie

    Station récréotouristique Gallix: la station de de Sept-Iles pourra compter sur un tout nouveau chalet récréotouristique dès la saison 2017-18 et disposera d’un nouveau tapis d’embarquement. Il s’agit d’un investissement de 1.5 million de dollars du gouvernement du Québec. Les travaux débuteraient cet hiver.

    Val Neigette:C’est confirmé, l’unique station de la région à offrir du ski de soirée sera en opération pour la saison 2016-17.

    Station Plein Air St-Pacôme: après deux ans de pause de ses opérations, la station s’est vu octroyer une subvention ce printemps, dont la somme devrait servir à remettre la remontée mécanique en route. Les travaux ne semblent toutefois pas encore entamés.

    Parc Régional de Val d’Irène: d’après les dernières informations communiquées par les médias locaux, la MRC a annoncé un plan de restructuration financière afin de rétablir la situation. Les opérations hivernales de la station ne seraient pas en danger, la vente des abonnements est d’ailleurs déjà en cours.

    Mauricie, Centre du Québec et Cantons de l’Est:

    Vallée du Parc:la stationa réalisé quelques travaux d’élargissement et d’amélioration sur la montagne, notamment dans la piste Forillon.

    La Tuque: la station municipale procédera à des réparations sur ses remontées. La remontée ‘’T-Bar’’ verra son pont au sommet remplacé. Les bases en béton des remontées seront réparées. Enfin la station effectuera une réfection de son système électrique.

     Mont Gleason: présentera un chalet réaménagé et enrichi de 1300 pieds carrés sur deux étages qui permettra de répondre aux besoins de sa clientèle. Une expérience client renouvelée sera proposée dans les aires de restaurations ainsi que dans la zone Bar permettant aux skieur(es) et planchistes de découvrir des nouveautés aux menus et un nouveau design agrémenté d’un foyer dans la zone Bar. De plus, une terrasse en bordure de la piste Cascades et jointe au chalet permettra d’offrir un espace extérieur de choix.

    Mont Bellevue: cette petite station augmente sa capacité d’accueil des skieurs en installant une nouvelle remontée quadruple remplaçant du coup la vétuste remontée double de la station. Il s’agit d’un investissement de 1.5 million de dollars.

    Outaouais, Laurentides et Lanaudière:

    Mont Cascades: la station a annoncé sur sa page Facebook un investissement de 2 millions de dollars dont une partie servira à l’amélioration du système d’enneigement.

    Mont Avalanche: la station offrira du ski hors-piste en semaine lorsque la remontée mécanique ne sera pas en opération. (Plus de nouvelles sur le monde du hors-piste dans notre article sur les nouveautés du même thème!)

    Ski La Réserve: la station est enfin en mesure d’offrir un tout nouveau secteur de glisse soit la Zone Limite spécialement aménagée pour les skieurs(es) experts(es) seulement. Le nouveau secteur situé à la droite de la piste la Luge présentera trois nouvelles pistes : l’Enragé, L’accès Autorisé et la Silencieuse portant le total des pistes du domaine skiable à 40.

    Ski Garceau: offrira la piste La Route en version élargie dans sa partie du sommet.

    Nouvelle-Angleterre:

    Jay Peak: l’achat des billets au pair est chose du passé. Il semble bien qu’il faudra dorénavant débourser le montant américain du coût du billet journalier.

    Magic Mountain:Investissements dans le système d’enneigement

    Sunday River: Installation d’une nouvelle remontée triple fixe qui remplacera la remontée qui a subi un important bris cet été.

    Stowe: Investissement de 80 millions de dollars, création du « Stowe Adventure center », un centre d’activité familial dont un anneau de glace pour le patin, des programmes pour enfants ainsi qu’un centre d’escalade intérieur.

    Smuggler’s Notch: la station la plus familiale du Vermont investit dans une « Fun Zone » qui offre une gamme d’activité pour les jeunes et la famille. Le Laser-Tag, les courses à obstacles, le mur d’escalade et plusieurs autres activités y sont offertes.

    Burke: l’hôtel a finalement ouvert ses portes ce 1er septembre. Le complexe moderne dispose des commodités familiales recherchées lors d’un voyage au pied des pistes.

    Suicide Six: a remplacé sa remontée numéro 1 par une nouvelle remontée quadruple offrant une remontée plus rapide et confortable pour un investissement de 1.5 million de dollars.

    Outre les nouveautés au Québec et en Nouvelle-Angleterre, ce qui a surtout retenu l’attention de la planète ski est cette importante transaction survenue au cœur de l’été permettant au groupe Vail Resorts de se porter acquéreur du groupe Whistler-Blackomb Holdings. Il sera intéressant de voir comment le plus grand domaine skiable canadien se développera au cours des prochaines années. Une discussion à ce sujet est en cours dans notre forum!

    Bien sûr, plusieurs stations n’ont toujours pas effectué les annonces de leurs nouveautés pour la saison à venir! Nous mettrons cet article à jour graduellement. L’hiver commence dans quelques semaines! D’ici là, profitons de l’automne pour visiter nos stations qui offrent plusieurs activités et nous permettent de patienter en s’amusant en attendant les premiers flocons.

    « Two pin or not to pin »? Voilà la question!

    PHOTO PASCAL ANCTIL

    Faire le saut en hors-piste semble être à la mode par les temps qui courent. Plusieurs se lancent dans l’aventure à la quête de belles lignes vierges, de nouveaux défis, de solitude ou encore pour simplement admirer les paysages hivernaux que nous offre dame nature. Peu importe la raison, pour y goûter, il vous faut un équipement adapté à vos ambitions et surtout à votre style de ski.

    Pour ma part, le ski hors-piste est une évasion de la civilisation, un lieu de recueillement et de splendeur. Il m’offre aussi une façon ludique de maintenir la forme. Mais l’ultime récompense est l’euphorie que me procure la descente, la sécrétion d’endorphine y est quasi instantanée ce qui me pousse à rire et à crier d’une façon parfois incontrôlée. En ligne de pente, je me perçois comme un skieur agressif, un bouledogue sur skis, je prends plaisir à dominer la montagne et je ne veux faire aucun compromis à cet égard en terme d’équipement. Vous vous reconnaissez peut-être en tout ou en partie dans ce style? Alors quand viendra le temps de choisir entre une fixation de haute route  »freeride » ou une fixation haute route de type « tech » (à 2 pins), les quelques lignes qui suivent ainsi que la vidéo vous seront certainement utiles.

    En fonction de mon style de ski, le choix d’un équipement robuste m’apparaît primordial. Cela fait déjà 20 ans que je fais du ski de randonnée et j’ai toujours résisté à l’idée de me fier à une fixation qui ne tient qu’à deux pins de métal fixées au bout des bottes. Mais quel concept ridicule pour le skieur agressif! Ne tenir qu’à deux petites tiges métalliques quand tu files à vive allure en sous-bois ou quand tu t’engages dans un couloir glacé relevait du non-sens pour moi. Pourquoi prendre ce risque alors que les Markers Baron ou Dukes font le travail autant en piste qu’en hors-piste? Bien sur, il y a une panoplie de fixation  »freeride » qui sont aussi performantes en piste que les fixations alpines régulières, mais il y a aussi un prix à payer en hors-piste; leur poids à la montée, le confort en mode marche diminué et les transitions un peu plus ardues. Certes, la fixation tech a définitivement l’avantage d’être plus légère, plus confortable et facile en transition, mais tient-elle vraiment la route à la descente pour un skieur sans compromis?

    Le test ultime

    L’automne dernier, j’ai décidé de faire le saut vers la fixation tech et je dois vous avouer ma très grande peur. Je ne fais aucunement confiance à ces deux petites pins pour tenir mes 190lbs rattachées à mes skis. Pour relever le défi, je choisis de faire confiance à 30 ans d’expérience et d’innovation en hors-piste, soit la fixation Look HM12 conçue par une marque de référence en hors-piste: Dynafit. La Look HM12 est en réalité une Dynafit TLT Radical FT 2.0 avec une valeur DIN de 5 à 12. Ce n’est pas la plus robuste de cette gamme si l’on compare à la Beast qui est plus lourde et offre un DIN allant jusqu’à 16 mais les 30 ans d’expérience de la Radical l’emporte sur les nouveautés comme la Beast et la Marker Kingpin, un nouveau concurrent dans le marché des robustes. Si ces pins tiennent le coup, je serai peut-être vendu et vous aussi.

    Je fais installer le tout sur des Rossignols Soul 7 chez SkiTown Brossard en compagnie du représentant Dynafit. Jusque là, le set-up est parfait. Le technicien et moi convenons de mettre le DIN à 7, pas trop agressif et étant de toute façon un bon skieur, bien centré sur ses skis, je sais que je ne ferai jamais déclencher les fixations à moins d’une bonne fouille. Je quitte avec la confiance que le travail est bien fait mais avec certaines appréhensions tout de même pour la descente. Je me dis que pour bien évaluer ces fixations, elles doivent être éprouvées dans toutes sortes de conditions… et quoi de plus difficile que les conditions variables du nord-est de l’Amérique, je vous le demande!

    Première sortie
    Excité d’essayer ce nouveau matériel, je me retrouve à Saint-Sauveur  sur des conditions damées de printemps un 19 novembre. Je mets quelques temps à me familiariser avec le système: piner, dépiner, mode touring… somme toute, une fois les manœuvres connues, les transitions se font de façon plus fluide. Dès les premiers virages, je les sens solide, pas de ballottement ni de flottement. Hum! Je me laisse tenter par des virages à plus haute vitesse en carving sur de la neige de printemps et wow! Belles sensations, je n’ai pas l’impression d’avoir des claquettes aux pieds. Un peu de court rayon en terrain abrupte, même constat. La confiance monte en moi mais je ne suis pas encore convaincu. Il me faut les essayer sur du béton armé! C’est là le vrai test, en carving sur béton à vive allure avec des skis larges qui leur en donnent pour leur argent en force de torsion. Si ces pins résistent à ce test, elles m’auront conquis.

    Deuxième sortie
    Whiteface en décembre après un cycle de chaleur et regel. Un défi de taille pour ces minuscules embranchements. Je débute la journée dans la gondole qui nous mène au sommet de Little Whiteface afin d’accéder à la piste Excelsior. La base de la montagne est au dessus de zéro avec des conditions printanières mais l’altitude fait son œuvre et les conditions au sommet sont damées carrément durci et glacé par le regel. Je me lance en carving, difficile de contrôler la vitesse dans ces conditions mais les Soul 7 mordent bien. Et tout à coup sans avertissement, un de mes talons lâche me retrouvant en mode télémark l’instant d’un virage! Je réussis à m’arrêter avec le talon libre. Ouf! Échappé belle. Mais là par contre, ce que je craignais le plus refait surface;  »la chienne me pogne » comme on dit en bon québécois! C’est que j’aurais pu me casser la gueule!

    Je renfile la talonnière, vérifie la solidité puis je tente de me convaincre que j’étais mal centré dans un de mes virages. Le temps de me ressaisir, je continue d’attaquer cette pente durcie avec tout de même une arrière pensée un peu catastrophique (les arbres sont plus gros et me font mal à les regarder, les changements de terrain sont des falaises qui n’attendent que moi, les imperfections dans la piste deviennent des trappes à souris). Ce n’est pas une bonne chose de skier avec ce genre de confiance. Bon! Ta gueule la souris pis reprends tes esprits de champion! Cette fois, je file encore à vive allure en mettant mes distractions de côté puis paf, beding, bedang! Sans que je m’en rende compte, j’avais fais le grand écart à pleine vitesse, perdu mes bâtons, puis mis plus de 20m à m’arrêter avec un ski en moins. Humilié par cette débarque et la frousse aux fesses, je termine la descente comme un chien battu et me dirige vers le kiosque de Dynafit (heureux hasard) en bas de piste. Le représentant vérifie le tout, l’installation est parfaite me dit-il, il ne reste qu’à resserrer le DIN. Il monte le DIN à 10 et me dit: «Essaye ça!» avec le sourire.  Je le regarde en répondant:  »Ouin OK! » Pas trop confiance, mais je me dois de poursuivre le test et pousser les limites de ces fixations jusqu’au bout.

    Je remonte et décide d’attaquer la Essex, une piste noire remplie de bosses glacées. Tiens toi! Tu veux tester ma petite souris de m*rde, et bien on va tester pour de vrai! Les bosses sont dures, mon corps en prend un coup et les pins résistent… impressionnant. Puis de retour sur le damé durci glacé en carving, je leur donne toute la pression possible et ils résistent encore. Oh là! La confiance revient, je suis prêt pour le reste; les bosse molles, les sauts, la poudreuse, la croûte, le damé durci sans glace, les sous-bois etc.

    La renaissance
    C’est exactement ce que j’ai fais tout au long de la saison pour éprouver ces fixations et confronter mes peurs, soit skier toutes les conditions que l’on retrouve au Québec. Depuis l’ajustement du DIN à 10, plus jamais les fixations n’ont déclenché sans raison. Je skie maintenant en pleine confiance avec ces Look HM12 et j’ai retrouvé ma personnalité de bouledogue à la descente sans aucune arrière pensée. Ces fixations peuvent tout faire ou presque, soyez sans crainte elles vous supporteront jusqu’au nirvana du ski! Je dis bien  »ou presque  » car si vous êtes du genre à skier davantage en station et à faire un peu de sidecountry ou encore sauter des falaises de 20 pieds et plus alors là j’aurai peut-être certaines réserves.

    Le montage vidéo qui suit représente assez bien ma saison de ski 2016 avec ces fixations et les conditions variables que l’on peut retrouver dans le nord-est de l’Amérique. Si vous n’êtes pas convaincu que les fixations tech feront le travail après ce vidéo, vous êtes probablement destiné à garder les poids lourds dans les pieds!

    Coup d’oeil sur les lentilles photochromiques

    Photos D. Lachance, C. Dumas et F. Lanctôt

    L’utilisation des lunettes de ski modernes ne date pas d’hier! Le fameux masque au châssis de caoutchouc et lentille en composé plastique est un produit qui a énormément évolué au cours de la dernière décennie et encore beaucoup de technologies sont applicables à cette pièce d’équipement. Il faut être créatif pour faire évoluer un produit qui, à première vue, peut sembler peu complexe. Au delà de l’esthétisme, on retrouve des champs de vision de plus en plus larges, l’analyse spectrale de la lumière, des formes variées, des lentilles interchangeables et des brevets de toute de sortes sont appliqués pour créer le meilleur produit sur le marché. Depuis quelques années, les lentilles photochromiques marquent une nouvelle approche.

    Qu’on se le dise, il n’y a rien de parfait. Si vous skiez généralement le jour, vous utilisez probablement une lentille qui laisse peu passer la lumière, qui se compare à vos verres solaires. En soirée, seul Corey Hart y voyait quelque chose, les lentilles beaucoup moins foncées sont donc priorisées. C’est un fait, la lentille coupe une partie de la lumière. Dans un environnement peu lumineux, utiliser une lentille de jour rend la vision difficile et la pratique d’un sport de glisse hasardeuse. On ne peut malheureusement pas séparer les amateurs en catégories jour et catégorie soir. Alors que faire ? Acheter plusieurs lunettes ? Choisir un modèle à lentille interchangeable ? Un tout-en-un pourrait être une option intéressante. C’est ce que propose la lentille photochromique!

    Définition et fonctionnement

    Il s’agit d’une lentille qui a la faculté de se teinter en fonction de la quantité de rayons ultraviolets à laquelle elle est exposée. La lentille redevient claire lorsque l’exposition au UV diminue.

    D’une marque à l’autre, la nomenclature peut varier: il peut être question de catégories ou encore de S0 à S3. L’ultime référence est le VLT. Il s’agit d’une mesure utilisée pour quantifier et définir l’opacité des lentilles, l’acronyme signifiant « Visual Light Transmission ». Indiqué en pourcentage, un indice VLT élevé indique que la lentille laisse passer beaucoup de lumière. Évidemment, un pourcentage plus bas indique le contraire. Plusieurs fabricants se sont attardé à la technologie photochromique: Zeal, Uvex, Nike, Julbo, POC et Bollé pour ne nommer que ceux-ci. Les teintes, les variations de VLT, les délais de variation de VLT et la polarisation sont également des facteurs qui varient d’un modèle à l’autre.

    Illustration du VLT extrait du catalogue de Zeal Optics 2016-2017.

    Ceci étant dit, les lentilles de jour, souvent appelé S3, ont des coefficients VLT variant de 5 à 20%. Les lentilles de soir, quant à elles, S0 et S1, sont de 50 à 90%, jusqu’à près de 100% pour les lentilles dites claires. Entre les deux, on retrouve toutes les autres lentilles pour les conditions intermédiaires. Ce sont les S2. Les lentilles photochromiques peuvent couvrir de vastes plages. Voici quelques exemples:

    Jacques Boissinot essaie La Julbo Titan avec la lentille Zebra Light. Photo: F. Lanctôt
    • Lentille Automatic+ de Zeal : 18% à 33%
    • Lentille Zebra Light de Julbo: 16% à 80%
    • Lentille Modulator de Bollé : 26% à 66%
    • Retina NXT de POC: 10 à 50%

    La suite des choses:

    Quelques produits photochromiques seront disponibles cette saison. Vous pouvez compter sur l’équipe de ZoneSki.com pour s’y attarder et vous donner l’heure juste! Les lentilles photochromiques n’ont pas encore vraiment la cote dans le marché. Les plus grands fabricants de lunettes de ski n’ont accordé que peu d’attention à cette technologie. Ceci dit, l’option est bel et bien disponible chez certain manufacturiers. Est-ce que les modèles à lentille interchangeables vont perdre du terrain face aux lentilles photochromiques? Est ce que les habitudes des adeptes de glisse vont s’orienter vers cette technologie? L’avenir nous le dira. En attendant, n’hésitez pas à nous partager votre opinion sur ce sujet!

    Avril à un fil

    Chaque année, c’est la même ritournelle. La température augmente un peu, les circulaires de pneus d’été sortent, les boutiques remplacent les skis par les vélos… et le ski se meurt. Les rues sont sales, les accotements sont des appels aux crevaisons, les bordées-surprises de neige sont encore au menu, mais le ski se meurt. On se gèle les mains à sortir le BBQ, le terrain est couvert de feuilles mortes, on est encore loin du travail dans les plate-bandes et de l’ouverture de la piscine… mais le ski se meurt.

    Toi, le skieur qui a déjà rangé tes skis, je t’interpelle: pourquoi!? Même les fans finis de damé durci en ont pour leur argent ces temps-ci!

    Toi, le skieur qui refuse les invitations à la glisse depuis deux semaines, dis-moi, de quoi as-tu peur? Certainement pas des foules, il n’y a personne au tourniquet. Ton casque bluetooth pourra jouer ta musique sans interruption sociale.

    Crains-tu les mauvaises conditions? D’abord, qu’est-ce que c’est, des mauvaises conditions? Des pistes fermées à cause du manque de neige? Des plaques de glace ici et là, ou des endroits dégarnis? Effectivement, si pour toi le ski ça ne se fait que sur un grand tapis blanc immaculé… tu ne dois pas en faire souvent.

    Les stations de ski ne sont pas stupides: si les conditions ne sont pas belles, elles l’affichent. Si les pistes ne sont pas praticables, l’équipe de patrouille en place se charge de les fermer, pour ensuite les ouvrir graduellement si les conditions le permettent. Aucun skieur n’est tenu d’aller skier là où c’est désagréable ou dangereux. Mais quand ça dégèle… c’est plus que du bonbon.

    Le ski de printemps, on en a fait l’éloge à plusieurs reprises, sur toutes les tribunes possibles: c’est le meilleur du ski, après un gros powder day bien sale rempli de face shots. J’entends les climato-sceptiques me rappeler qu’en ce moment, ce n’est pas exactement le printemps… Justement, profitez-en, on a de l’hiver en prolongation, après l’avoir cherché de décembre à février!

    J’ai déjà parlé d’un télésiège comme d’un autobus: « c’est un moyen de transport collectif, qui nous amène d’un point A à un point B. On le prend en attendant notre tour, on remplit les sièges libres et on partage l’espace (message ici aux skieurs égoïstes…), bref, on bénéficie tous d’un transport pour lequel on a chacun un petit peu payé. » Je maintiens mon idée.

    Voyons les pistes comme des boutiques dans un centre commercial. L’analogie n’est pas parfaite, les boutiques n’étant pas tributaires de la météo pour la livraison et la vente de leur marchandise… mais ironiquement, les skieurs ont le comportement inverse: quand c’est la vente de fin de saison, le consommateur moyen se précipite dans les boutiques pour profiter des soldes… où sont les skieurs quand les stations bradent leur billet journalier et se décarcassent en promotions pour inciter les skieurs à venir? Quand les boutiques ne sont plus populaires… le centre commercial ferme. Et ceux qui continuaient à le fréquenter se pètent le nez sur une porte barrée.

    Je pourrais vous faire une liste de répliques à balancer aux skieurs-déserteurs… mais non, je n’ai pas envie de m’acharner sur les absents, qui ont tort de toute façon. Je me contente de lever mon chapeau à ceux qui sont encore sur les pistes, à travers le Québec, à profiter d’un ski relax, sous un soleil qui tape plus fort qu’en janvier, avec des journées plus longues. Et je lève mon deuxième chapeau à toutes les stations qui se dépassent en créativité et en travail malgré le souffle qui leur manque depuis janvier. Comme chaque année, bon-hiver-mauvais-hiver, le skis en avril ne tient qu’à un fil. Faisons en sorte qu’il ne casse pas prématurément… bon ski à tous!

    C’est pas parce que votre piscine de banlieue a « calé » qu’il n’y a plus de neige en montagne. Vous cherchez une station de ski encore ouverte? Il y en a une vingtaine en opération en fin de semaine. Notre tableau des conditions peut vous donner un aperçu… mais certaines stations mettent leur Facebook pas mal plus à jour! Renseignez-vous, et sortez en ski!

    7 cobayes essaient le snowscoot!

    Photos G. Larivière, V. Lépine et F. Surprenant

    Nous avons eu l’occasion de vivre une initiation bien spéciale: une partie de l’équipe de ZoneSki a pu essayer le snowscoot! Cet appareil de glisse, parfois connu sous le nom de trottinette des neiges ou véloneige, est un espèce d’hybride entre le BMX et le snowboard. On s’y tient debout comme sur les pédales d’un vélo, on dérape sur le côté comme en planche à neige, mais on garde la ligne de pente comme en ski. Voici un court film, quelques photos, et un résumé de ce qu’on en a pensé!

    Julien Beauchamp, 35 ans, planchiste
    Lorsque Geneviève nous a invité à faire l’essai de la trottinette des neiges, je n’ai pas hésité une seconde. Je savais que j’aimerais cette journée, car j’en avais déjà fait il y a de cela plusieurs années. Mes souvenirs refaisaient surface et j’étais excité comme un jeune enfant à la veille de Noël. Vu mon expérience en vélo de montagne et en snowboard, je pensais que ce serais facile d’apprivoiser la bête. Le tout est tout de même assez simple, mais demande plus de coordination que je ne le croyais. Par contre, je ne pensais jamais avoir autant de plaisir sur une piste école! J’ai pu faire un mini circuit de slalom, essayer des techniques qui ne fonctionnent pas du tout et tomber en rigolant aux éclats. Cette partie était plutôt amusante, mais étant un peu casse-cou, j’avais hâte d’aller dans les pistes pour pouvoir essayer de sauter avec la trottinette. Du sommet, on s’est dirigés vers la piste plus facile… Je me suis élancé tout confiant, mais j’ai rapidement réalisé que la pente-école et la piste débutante, ce n’est pas du tout la même chose! Pour une fois, j’ai ressenti ce que vit un débutant à sa première descente. Toutes les techniques et l’assurance acquise durant la pratique s’envolent tout d’un coup. Je trouve le maniement plutôt difficile finalement, mais rien ne m’arrêtera pour tenter un saut! L’atterrissage est plutôt difficile et peut élégant. Par contre lorsque l’on manie bien l’engin il y a moyen d’avoir beaucoup de plaisir!

    Frédéric Surprenant, 21 ans, skieur
    Enfin, j’ai essayé le snowscoot! Une fois en position sur l’engin, je m’imaginais sur un BMX. Le moniteur a donné ces trucs pour que nous puissions descendre la pente école avec un certain contrôle. J’ai eu de la facilité à apprendre la technique grâce à ses bons conseils! Après quelques descentes dans la pente école, nous étions prêts à monter en chaise sur la vraie montagne. La piste familiale était parfaite pour pratiquer la technique. L’ensemble de l’équipe Zone.Ski présente lors de cette journée adore les sous-bois, nous nous sommes donc jetés dans le sous-bois « La Forêt Enchantée ». On n’était pas parfait mais j’ai eu beaucoup de plaisir à le dévaler. Après le dîner, j’ai été le seul à reprendre le snowscoot! J’ai adoré mon expérience du matin… J’ai décidé de suivre le groupe dans le sous-bois #5. Les virages commençaient à être de plus en plus difficiles en raison de la fatigue accumulée, ce qui explique peut-être pourquoi tout le monde avait repris ses skis ou sa planche! J’ai adoré ma journée sur le snowscoot. Les conditions de ski étaient parfaites pour se pratiquer. J’ai déjà hâte d’en refaire… 

    Alexandre Coulombe, 29 ans, skieur
    L’expérience vélo-neige était toute nouvelle pour moi. Je suis très à l’aise sur mes skis, mais c’était tout le contraire lorsque je me suis embarqué sur cet engin! Disons que c’est un petit coup dans l’orgueil d’avoir peur sur… la pente école. Je ne voulais surtout pas entrer en collision avec un enfant. Cependant, je dois dire que c’est très motivant de sortie de sa zone de confort quelques fois et d’essayer ce genre de truc en groupe. Le plaisir est assuré! Toutefois, après quelques essais sur la pente école, je n’ai pas encore maîtrisé la technique de base, qui consiste à faire déparer l’arrière du vélo avec une extension du corps, pour ensuite plier les genoux pour bien faire appuyer le vélo dans le virage. Je me retrouvais souvent dans ces 2 mêmes positions : soit je ne dérapais pas assez et je prenais trop de vitesse, soit je dérapais trop et je tombais sur le côté. Lors de notre descente dans une piste complète, j’étais souvent sur la défensive dans les parties de la piste plus abruptes. Ce fut une belle expérience et le sport est très intéressant, sauf que j’aurais besoin de plus de pratique pour m’amuser de façon plus convaincante sur la montagne!

    Véronique Lépine, 35 ans, planchiste
    L’essai du snowscoot m’enchantait déjà dès le début mais j’ai été surprise de constater que son apprentissage se faisait assez facilement. Ce qui rendait plus fluide les mouvements c’était de s’imaginer entrain de conduire un vélo de montagne. La sensation est assez similaire, surtout lorsqu’on arrive dans une pente plus abrupte et que l’on voit par-dessus le guidon. Le fait d’avoir les pieds libres (non-attachés) rend la descente moins stressante car comme en trottinette, on peut vite mettre le pied à côté, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les chutes ne cognent pas si fort si on tient les poignées en tombant. Si vous cherchez un petit amusement, je vous conseille fortement l’essai de ces engins, ils sont de plus en plus accessibles en station!

    Clémentine, 8 ans, skieuse
    C’était cool! Le moniteur était vraiment gentil et patient avec nous. Il y avait beaucoup de monde dans la pente école mais j’ai réussi à les éviter. J’aimerais en refaire avec un de mes amis!

    Constance, 10 ans, planchiste
    J’ai trouvé ça le fun, le moniteur était gentil, il faisait beau, journée parfaite! Au début, j’avais peur de tomber, et je n’aimais pas le fait de ne pas être bonne tout de suite. Mais avec un peu de pratique dans la pente école, j’ai réussi à comprendre comment ça marchait et j’ai réussi ma descente de toute la montagne!! J’aimerais aussi en refaire.

    Guillaume La Brie, 37 ans, planchiste
    À première vue, le vélo-neige peut sembler un sport de casse-cou. Par contre, il faut vraiment l’essayer pour se faire une idée juste, car une fois dans la piste, il ne m’a pas semblé plus dangereux que les autres sports de glisse. Je l’ai perçu comme un mélange de planche à neige, monoski et vélo. Il est assez facile à manœuvrer d’instinct. Toutefois, pour vraiment bien l’apprécier, la technique demeure essentielle. Le cours qui est offert avec la location est donc fortement recommandé. Selon moi, le défaut de ce sport, mais cela est probablement lié à mon habileté pas encore développée, j’ai trouvé qu’il nous fallait beaucoup de place pour effectuer des virages.

    Comme vous le voyez, tout le monde a apprécié l’essai! Nous avons été très choyés de pouvoir vivre cette expérience à Ski La Réserve, le moniteur Damien Novakovski est un spécialiste en la matière! Que vous soyez skieur, planchiste, télémarkeur, jeune ou vieux, le snowscoot est une belle activité à essayer et qui sait, peut-être que lors de votre initiation, vous développerez la piqure? Si vous cherchez un endroit où l’essayer, pensez à Ski La RéserveSki Saint-BrunoMont SUTTON… et bien d’autres endroits!

    Visage du ski: Ève Christian


    Cet article de la série des Visages du ski est une belle ironie: moi qui ai longuement disserté sur les mauvaise habitudes (et attitudes) des météorologues et autres présentateurs médiatisés du temps qu’il fait et fera, me voilà à dresser le portrait d’une passionnée de la météo dont le métier est justement de s’adresser à un vaste auditoire pour les informer des phénomènes météorologiques et de leur impact sur notre quotidien. Heureusement, Ève Christian fait partie de ces perfectionnistes qui ont à coeur les faits précis, l’exactitude et la rigueur. Portrait d’une météorologue skieuse, dont les prévisions hivernales sont toujours empreintes d’un désir de skinusite!

    La voix de la météo

    Si vous prêtez l’oreille à la radio de Radio-Canada, région montréalaise en semaine, vous avez assurément déjà entendu un bulletin météo ou une chronique à saveur scientifique prononcée par la voix d’Ève Christian. Chroniqueuse scientifique et météorologue prévisionniste d’Environnement Canada, elle délivre ses bulletins météo et tient un blogue touchant à toutes les sphères des sciences en vulgarisant chaque sujet avec justesse et passion. Celle qui fait partie du paysage radiophonique depuis 1988 a encore la même verve et la même curiosité qu’à ses débuts.

    Fascinée par l’astronomie, voulant en faire carrière, encouragée par son père -un fervent de l’éducation supérieure- Ève Christian a complété un baccalauréat en physique (Université de Montréal) mais quelques mois plus tard, elle a réalisé que malgré tout l’intérêt qu’elle avait pour le contenu de ses cours, elle avait du mal à y trouver une application réelle et concrète. Attirée par les sciences du climat et ne voulant pas chercher des étoiles toute sa vie, elle évalue ses options et la voie de la météorologie se pave devant elle: un certificat de McGill ainsi qu’une certification comme prévisionniste d’Environnement Canada en poche, elle est embauchée au Centre météorologique canadien, où elle fait… presque tout, sauf de la météo appliquée. Les astres s’alignent et une rencontre avec Alcide Ouellet se révèle décisive; Ève entre à Radio-Canada par la grande porte et présente un premier bulletin météo à pied levé dans l’émission de Joël Le Bigot à CBF Bonjour, en 1988. À l’instar des comètes qui filent, Ève brille dans le firmament de Radio-Canada depuis ce temps…

    Les quatre saisons d’Ève

    D’emblée, la pétillante skieuse indique qu’elle aime toutes les saisons. Très active, elle a été initiée au ski alpin tout juste avant ses 20 ans, gracieuseté de son amoureux. Étant originaire du Mont Saint-Hilaire, le ski de fond était l’activité familiale de la jeunesse d’Ève mais la conversion vers le ski alpin s’est faite en douceur, dans les montagnes des Laurentides. La passion alpine a été transmise à la génération suivante puisque les deux enfants d’Ève, maintenant grands, enseignent à Ski Saint-Bruno, en compagnie de leur père. Fervente du Mont Sutton, la météorologue enfile les virages comme les prévisions météo et slalome entre les idées préconçues: oui, le réchauffement climatique est bien réel (« ouvrez-vous les yeux, nom d’un chien! »), et non, elle ne parlera pas du facteur éolien s’il fait -5°C avec un vent léger…

    Ses yeux brillent alors qu’elle évoque les divers phénomènes et aléas météorologiques; en cette année El Niño riche en rebondissements, la voilà qui se lance dans une explication fort imagée -force gestes et mimiques- sur le courant-jet et l’effet de lac qui expliquent le sandwich vide de neige dans lequel la grande région des Cantons de l’Est se trouve depuis quelques mois: pas de doute, nous sommes en présence d’une passionnée qui n’a pas la langue dans sa poche, et qui confond les sceptiques avec une aisance déconcertante. Tout sourire, elle précise: « Mon travail n’est pas de ne pas parler des mauvaises choses… c’est de dire les choses telles qu’elles sont: si vous allez en ski par -25°C avec du vent, sachez que vous aurez besoin d’un cache-nez… mais je ne prends personne par la main, ni pour qu’ils sortent, pas plus que pour qu’ils restent chez eux! »

    D’ailleurs, réglons l’histoire une bonne fois pour toutes: le facteur de refroidissement éolien n’est pas une invention des snowbirds aigris de l’hiver ou des nordicophobes. Le phénomène est bien réel… mais presque impossible à appliquer en ski alpin, à moins que vous ne pratiquiez ce sport dans un camp de nudistes! En effet, la température ressentie s’exprime lorsque vous n’avez aucune protection sur votre peau. Ainsi, si vous entendez Ève Christian dire que le refroidissement éolien sera de -34, croyez-la sur parole… si vous êtes mal habillés!

    Le ski et la météo au Québec

    Spontanément, que faites-vous si vous rencontrez un spécialiste de la santé? Vous lui parlez de vos petits bobos, sur le ton de la confidence, en espérant une piste de solution ou de l’empathie. Les météorologues, médecins du small talk et psychologues de la planification du BBQ et du ski, écoutent aussi vos doléances… avec la même impuissance que les infirmiers de ce monde! C’est un peu le quotidien d’Ève, qui jouit toutefois d’un léger anonymat, procuré par le fait que son visage n’est pas tous les jours à la télévision -on la reconnait davantage pour sa voix, qui a le même timbre enjoué au téléphone qu’à la radio ou en personne. Dès qu’elle est « démasquée », on lui demande s’il fera beau dans deux semaines pour un mariage, quel jour sera le meilleur pour aller en vélo, si l’hiver sera moins froid que le précédent… Inlassablement, Ève répond de son plus beau sourire « Vous savez, je ne fais jamais de prévisions au-delà de 36 heures… » On voit bien là l’amour de l’exactitude… et le refus de donner de faux espoirs!

    En tant que skieuse, Ève sait mieux que quiconque l’importance qu’a la météo sur les stations de ski: capacité d’enneigement, travail des pistes, ouverture des remontées mécaniques exposées aux vents, choix vestimentaires, planifications des sorties pour avoir le meilleur des conditions… tous ces facteurs (oui, incluons l’éolien!) régissent les décisions des stations de ski ainsi que des skieurs quant aux jours passés sur les pistes. Avouant ressentir une certaine pression pour produire des chroniques positives, Ève ne se laisse toutefois pas déstabiliser et livre ses bulletins météo comme ses descentes en ski: sûre d’elle, en contrôle, avec prévoyance et humour. C’est d’ailleurs cette belle chimie qui en fait une météorologue fort appréciée de ses collègues et auditeurs -c’est un plaisir de l’entendre au 15-18, l’émission du retour à ICI Radio-Canada tous les jours de la semaine. On a aussi le bonheur d’écouter ses prévisions et ses réparties qu’elle lance à ses collègues le samedi matin, à Samedi et rien d’autre.

    Descentes multiples

    Excellente vulgarisatrice, Ève Christian livre des chroniques scientifiques à plusieurs émissions de Radio-Canada à travers le pays, en plus d’entretenir un blogue mis à jour hebdomadairement dans lequel elle aborde des sujets aussi variés que le terrain qu’elle skie. Jamais en panne d’inspiration et toujours inspirante, elle ose parfois des congés « skinusite » pour profiter des meilleures conditions de ski… si j’étais vous, je serais à l’affut sur son fil Twitter ou son compte Facebook pour essayer de coordonner vos sorties en ski avec les siennes!

    Entre deux descentes, les confidences de télésiège se poursuivent: ce n’est pas demain la veille que vous entendrez Ève présenter son bulletin météo avec un ton pessimiste ou négatif. Elle s’avoue d’ailleurs déçue lorsqu’elle est témoin des manifestations « anti-hiver »… ou anti-été! Notre météorologue se considère chanceuse de vivre dans un pays où elle peut expérimenter les quatre saisons, même si parfois celles-ci se croisent bizarrement! Selon elle, la clé demeure dans l’adaptation: on reconnait bien la scientifique qui fait l’apologie de la capacité de l’être humain à réagir aux divers changements. Bien entendu, les stations de ski devront miser davantage sur la fabrication de neige… mais Ève est convaincue qu’un changement devra également survenir dans les habitudes de consommation des skieurs. Un petit message ici, à saveur « Carpe Diem »… saisir le jour, surtout lorsqu’il est neigeux!

    Cette petite rencontre avec Ève Christian m’a un peu réconciliée avec les météorologues. J’ai eu la chance de discuter avec une scientifique à l’esprit vif et ouvert, qui partage plusieurs de mes opinions quant à la fâcheuse habitude de créer des nouvelles et d’exagérer le tout vers un sensationnalisme inutile… L’hiver n’a pas besoin de publicité négative, il a seulement besoin qu’on le prenne comme il est, en s’informant le plus justement possible! À ce propos, sur mon radar, je vois qu’on peut faire confiance à Ève Christian quant aux systèmes favorables à la skinusite à venir!

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