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    Suivez le guide à Val Saint-Côme

    Photos J. Francoeur et Station touristique Val Saint-Côme

    Val Saint-Côme est, avec le défunt mont d’Ailleboust, la station où j’ai appris à skier dès l’âge de trois ans. Au fil des ans, le domaine skiable a grandement changé et du début des années 90, alors que la station affichait un total de 17 pistes, elle en offre aujourd’hui 40 en incluant les pistes du centre national d’entraînement de ski acrobatique. Val Saint-Côme offre de quoi combler toutes les attentes des skieurs, qu’il s’agisse de carving à haute vitesse ou de sous-bois ennneigé! Suivez le guide pour découvrir mes préférences!

    1) Le versant principal en carving

    À Val Saint-Côme, le travail mécanique des pistes est habituellement impeccable et il est très rare d’y trouver de la glace. La station offre sur son versant principal un télésiège quadruple débrayable, le seul de Lanaudière qui, à pleine vitesse, vous emmène en haut du premier sommet en environ quatre minutes. Si l’achalandage est faible, concentrez-vous de ce côté, orienté sud-est, qui sera éclairé par un soleil radieux dès les premières descentes. Vous pourrez y faire d’excellents virages de carving dans la Geneviève Simard (anciennement Grand Prix), une piste relativement constante, un peu sinueuse, qui donne un bon 260m de dénivelé sans faux-plat directement sous le télésiège.

    Pour un petit « boost » d’adrénaline une fois réchauffé, dirigez-vous dans le haut de l’Avalanche. Cette partie de la piste est damée quelques fois par semaine en saison et offre une pente très abrupte. Au bas de cette piste, vous pouvez continuer sur l’Avalanche vers la gauche ou vous diriger vers la Compétition vers la droite. À cet endroit, il y avait un gros pin rouge dans le milieu de la piste et depuis que cet arbre n’y est plus, l’angle y a été amoindri, rendant la descente plus facile. L’Avalanche est moins constante que la Geneviève Simard mais beaucoup plus vallonneuse. Anciennement, certaines sections comme le haut et la dernière section du bas y étaient en bosses mais la station a gardé l’habitude de laisser intacte la section du haut au printemps maintenant, étant donné son orientation « franc sud » qui en fait un des premiers secteurs de la montagne à dégeler au printemps.

    Si lors de votre visite la première partie de l’Avalanche n’est pas damée, vous pouvez éviter ce segment en empruntant le haut de la Geneviève Simard et la piste « le Coteau ». Les autres pistes avec lesquelles vous pouvez alterner sont le Point de Mire, la Cascades, la Ruelle/Boulevard et la Gollé, avec un petit passage plus à pic dans « le Corridor ». Toutes ces pistes permettent de carver efficacement avec un angle suffisant pour bien accoter ses skis en virage.

    2) Le Mille Pieds

    En après-midi, le soleil se déplace vers l’ouest et c’est le temps de profiter du versant du « Mille Pieds », alors que la lumière baisse sur le versant principal ou que l’achalandage se fait plus intense. Ce versant, d’un dénivelé d’environ 200m, offre deux pistes principales : la Grande Allée, une piste large vallonneuse avec trois « pitch » un peu plus à pic et l’Audacieuse, une piste experte très constante. Si vous avez des skis de GS, l’angle de l’Audacieuse vous permet même de l’attaquer avec ce genre de skis ! Cependant, l’Audacieuse est souvent fermée pour des entraînements d’équipes de compétition. Si elle est ouverte, profitez-en bien! Le versant ferme normalement vers 16h et est éclairé en raison de son orientation jusqu’à la fermeture, donnant lieux à de magnifiques paysages sur la forêt Ouareau.

    3) Dans la neige: les sous-bois

    Le deuxième type de journée où vous aurez une excellente journée à Val St-Côme est lors d’une chute de neige. Les pistes à enneigement naturel, bosses et sous-bois y sont moins nombreux mais très intéressants. Il existe les classiques comme la Périlleuse, un sous-bois assez à pic mais fréquemment utilisé. La première partie était un hors-piste mais est devenu avec le temps une piste : cette partie est très étroite et à pic, skieurs débutants, vous êtes avertis ! Il est même possible d’enchaîner avec le « sous-bois » à partir de la Périlleuse, cette piste est un sous-bois de calibre intermédiaire assez large et avec arbres très espacés.

    Depuis la saison 2014-15, la station a ajouté un nouveau sous-bois à son éventail de pistes : « La Coulée » avec un petit détour possible pour éviter un cap de roche par « les Caps ». Ce sous-bois de calibre double-losange est assez à pic et offre un bon défi. Il est relativement peu skié, étant donné son entrée peu évidente près des antennes de télécommunication.

    Le secret le mieux gardé si vous voulez trouver quelques coins à tracer lors d’une chute de neige est cependant le sous-bois « Les Cèdres ». Ce sous-bois, accessible seulement par le versant du Mille-Pieds et la piste « l’Échangeur » donne sur le bas du versant principal… quand on y pense, il est accessible seulement par deux remontées, ce qui limite un peu les traces dedans lors des tempêtes!

    4) La Vasy Mollo

    Autre mention honorable : le haut de la « Vasy-mollo » qui longe la « Geneviève Simard ». Ce sous-bois offre une relativement bonne inclinaison et a souvent une bonne quantité de neige. Le bas par contre est utilisé par l’équipe de ski acrobatique et depuis qu’il est enneigé artificiellement, les bosses y sont la plupart du temps très dures. À vérifier par contre, sur les côtés de la piste d’entraînement de bosses, il est souvent possible d’y retrouver une abondance de neige fraîche peu tracée.

    5) La cafétéria et le resto-bar

    C’est peut-être cliché d’évoquer les qualités alimentaires et désaltérantes comme coup de coeur, mais c’est amplement mérité pour Val Saint-Côme. Les plats préparés à la cafétéria et la bière servie au bar Vazy-Mollo (la Val Saint-Côme, signée l’Alchimiste) se démarquent par leur originalité et leur saveur. N’apportez pas votre lunch, vous le trouverez fade en voyant passer les plateaux sortis de la cafétéria!

    Voilà, avec ce guide, vous pourrez probablement un peu plus vous y retrouver dans cette station offrant le deuxième dénivelé skiable du nord de Montréal. Bon ski!

    Suivez le guide à Vallée du Parc

    Photos C. Deschamps, G. Larivière et Courtoisie VDP

    Cette station mauricienne a hébergé les classe-neige de mon école secondaire alors que je la fréquentais. J’y ai fait mes premières armes en snowboard et j’y retourne dès que je suis de passage chez ma mère. Les infrastructures se sont modernisées, mais l’esprit de la station reste le même: c’est familial, chaleureux, simple et sans stress! Voici donc cinq coups de coeur sur Vallée du Parc, histoire de vous la faire découvrir par mes yeux et mes skis!

    1- La Mauricie

    C’est la plus longue piste de la station, lorsqu’on y accède en descendant tout en haut du télésiège. On peut aussi la rejoindre en descendant à mi-station mais la première portion de la piste offre un regard fort appréciable sur les environs et le paysage y est totalement différent des autres pistes de la station, qui sont toutes orientées vers le chalet principal. Certes, c’est une piste verte, mais la descente est très agréable et fait office de réchauffement parfait pour attaquer les pistes plus difficiles. On aime y enfiler les virages à moyen rayon pour rejoindre la base du t-bar F sans patiner -empruntez-le dès qu’il est en fonction pour monter plus rapidement qu’en télésiège! Il vous emmènera juste à côté de la mi-station du quadruple, qui est plutôt aux deux-tiers de la montagne.

    2- Le Sous-bois Elk

    La courte piste portant le numéro 17 sur la carte est sillonnée depuis des décennies par les skieurs en quête d’un petit défi boisé. Auparavant traversée par de multiples sentiers étroits créés par les jeunes à tendance cheuvreuillesque, la piste est devenue officielle après mes incartades… mais le plaisir de filer à travers les arbres demeure toujours présent! Empruntez-le pour vous rendre vers le secteur expert, attention à la sortie vers la piste Jasper (12), une double-losange dont le dernier pitch peut en prendre certains par surprise!

    3- L’Archipel

    Cette piste étroite, située presqu’à l’extrême gauche (face à la montagne), n’est pas toujours ouverte à cause de l’enneigement puisqu’elle est laissée au naturel; elle devient donc en bosses au gré du passage des skieurs. C’est ma cachette lorsque les autres pistes plus faciles sont prises d’assaut, les skieurs ayant souvent le réflexe de rester « au centre du centre ». Passez-y dès que vous êtes réchauffés lors d’un lendemain de tempête… plaisir garanti!

    4- Le pitch des Princes Albert et Édouard

    C’est le même aspect de la montagne, exploité dans deux pistes différentes seulement séparées par un secteur boisé -non skiable. On attaque la descente à vitesse moyenne pour ensuite accélérer au gré des virages à plus grand rayon dans une piste large donnant directement sur le chalet. Attention au tout dernier tronçon, il devient rapidement gratté par le freinage des skieurs, mieux vaut ralentir un peu avant pour éviter les mauvaises surprises près de la file du télésiège!

    5- Le bar des Jeunes/Le bar 360

    Deux bars, deux clientèles! Le bar des jeunes est un local coloré qui constitue un attrait indéniable pour les jeunes de 5 à 14 ans. Il n’était pas présent lors de mon adolescence et j’avoue avoir éprouvé une pointe de jalousie quand j’y ai vu la quantité de jeux accessibles: parfait pour se réchauffer entre deux descentes ou simplement passer le temps en attendant un ami plus enthousiaste que soi! Quant au bar 360, qui est réellement un bar pour les grands enfants, ses fenêtres panoramiques donnent un point de vue sur les pistes frontant la montagne et son menu nous fait s’y attarder, que ce soit avant ou après les descentes: les plats cuisinés sur place et la bière d’une micro-brasserie locale rendent définitivement ses lettres de noblesses à l’après-ski!

    On pourrait énumérer d’autres avantages à Vallée-du-Parc: le parc à neige est fort apprécié de sa clientèle, le secteur débutant qui a été aménagé à part de la montagne principale rend l’apprentissage encore plus facile, le ski de soirée très agréable à l’abri du vent, la proximité de la station de l’autoroute 55 en fait un arrêt facile… bref, il ne tient qu’à vous de trouver les raisons pour lesquelles cette station de la Mauricie méritera votre visite, ou votre re-visite! Bon ski!

    Suivez le guide à Pin Rouge

    Photos H. Giguère, J. Poulin et J. Boissinot

    Pin Rouge, comme toutes les stations gaspésiennes, est une station qui vaut le détour. L’éloignement de l’endroit fait qu’on ne s’y arrête pas par inadvertance… mais qu’on y revient parce qu’on a été charmé! Ce fut mon cas lors de mon passage à New Richmond en 2013. Ceux qui ont visité cette station ont tous eu un coup de cœur pour celle-ci. Je sais, les saisons s’y suivent et ne se ressemblent pas. Nous sommes trois de l’équipe à y être passé en trois ans et nous avons eu, chacun d’entre nous, des conditions totalement différentes. Toutefois, nous sommes tous revenus heureux de notre périple. 

    Pin Rouge offre des pistes de tous calibres avec une vue prenante sur la Baie des Chaleurs. La station a le plus haut dénivelé de la péninsule gaspésienne avec ses 450 mètres de dénivellation. Fait à souligner, les pistes bleues offrent un degré de difficulté assez élevé. Lors de ma dernière visite, la différence entre la base et le sommet se sentait sous les spatules: les conditions étaient printanières à la base et hivernales au sommet.

    Le premier coup de cœur se fait dès l’arrivée à la station. Le décor avec ses chalets colorés en location au bas des pistes, permettant de faire du « ski in, ski out », donnent le goût d’y séjourner à un prix très raisonnable. J’ai bien l’intention d’y retourner pour y passer un séjour plus long que quelques heures!

    Les pistes damées:

    La Panorama (2). Son nom veut tout dire. Le point de vue sur le paysage est saisissant. La piste est large et lors de mon passage, le damage y était parfait et les virages à haute vitesse en carving se faisaient avec beaucoup de plaisir sur cette large piste. Je me visualise en train de la dévaler à de multiples reprises, en prenant mes virages à différents endroits d’une descente à l’autre pour trouver la combinaison optimale.

    La Pin Rouge (3), un peu semblable à la Panorama, dans le même secteur central, mais avec quelques portions plus abruptes dont L’Expo (17) une double-noire située en bas de piste de la Pin Rouge.

    L‘Express (16). La piste est agrémentée de grands arbres matures et d’un « pitch » assez important. Les pistes bleues de Pin Rouge pourraient être noires dans d’autres stations du Québec, c’est vous dire le degré de défi!

    Le secteur extrême

    Pin Rouge est réputé pour ses pentes raides et le secteur extrême attirera beaucoup de skieurs dans la station. Lorsque les accumulations de neige sont au rendez-vous, vous devez aller profiter du secteur extrême parmi les plus abruptes de la province. La présence de fardoche ajoute parfois un peu de défi à la descente. Privilégiez une visite tard en saison pour profiter davantage de ce secteur riche en défis. À essayer: La 5 (Le Mur) et la 6 (Couloir) sont les deux pistes les plus abruptes. Leur descente est assez intense et soutenue. La 5 vous rappellera sans doute la fameuse 5 du Massif du Sud. La 12 (Jongleuse) est le plus beau sous-bois de la station avec une magnifique vue durant la descente. La 11 (L’Asile) est quant à elle plus pentue et serrée pour les amateurs de ski de forêt. 

    À l’entrée de quelques-unes de ces pistes se trouvent quelques pancartes mettant en garde le skieur sur la nature des pistes extrêmes, poussant le message jusqu’à y mettre des têtes de mort en guise d’avertissement… à ne pas prendre à la légère si vous êtes timides des spatules ou encore à vos premières armes en ski!

    En conclusion, cette station offre une grande variété de pistes, un bon dénivelé qui met la station parmi les tops 10 au Québec doublé d’un accueil chaleureux de la part des locaux. Cette station avait été ma plus grande surprise de la saison 2013 et je compte bien y retourner. J’aimerais bien faire un doublé Pin Rouge et Val d’Irène lors de ma prochaine visite. La Gaspésie est une région accueillante et les prix y sont très raisonnables en hiver. Pour ce qui est de l’achalandage, la seule remontée mécanique accomplit facilement sa tâche et lors de nos visites, malgré la très belle température, l’attente y était nulle. Souhaitons un autre bel hiver avec beaucoup de neige pour cette très belle station.

    Suivez le guide à Val d’Irène

    Photos Tommy Thériault

    Le Parc régional de Val-d’Irène est une station qui occupe une place particulière dans mon cœur. C’est une station familiale qui offre vraiment de tout, pour tout le monde. On y retrouve de belles pistes pour la famille, d’autres où on se donne à fond dans le carving, sans oublier les pistes très pentues du versant nord, qui font le bonheur des skieurs experts ou amateurs de sensations fortes. De plus, les infrastructures ont connu un immense bond en avant durant les dernières années avec la construction d’un tout nouveau chalet, l’installation d’un télésiège quadruple avec tapis d’embarquement, l’installation d’un tapis magique pour desservir le secteur de la pente école et la construction de magnifiques chalets ski in, ski out. 

    Premier coup de cœur: le superbe versant nord

    Ce versant au naturel est un endroit à fréquenter absolument si vous êtes un amateur de pistes pentues et de sous-bois.  L’accès se fait par le sommet et le retour au versant principal s’effectue par autobus. Une carte nécessaire au retour en autobus est disponible à prix modique à la billetterie. Les pistes les plus intéressantes dans ce secteur sont la Renversante, la Penchée et la Cascade. La Penchée est une belle piste naturelle pentue très ouverte dans laquelle il est possible de descendre à bonne vitesse lorsque la neige fraîche s’y est accumulée. La Renversante pousse l’audace un peu plus loin en ajoutant des arbres et une inclinaison supplémentaire dans l’équation. La plus folle de toutes les pistes du versant demeure la Cascade qui, dans sa portion du haut est très inclinée: on y prend rapidement de la vitesse et les arbres défilent à un rythme parfois étourdissant!

    Deuxième coup de cœur: la Katimavik

    Cette piste est selon moi le plus beau sous-bois de la station. Piste très vaste, elle est située sur le versant nord et les skieurs intermédiaires ne doivent pas être intimidés par son statut de sous-bois. La portion du haut est souvent plus ventée et est plus étroite, mais après avoir passé cette petite section, le vrai plaisir commence alors que sous-bois s’élargit et les possibilités de lignes différentes sont quasi infinies. C’est également le fait que ce soit si vaste qui fait que l’on peut encore y faire des premières traces plusieurs jours après une tempête. Mon secteur préféré est celui où la forêt change de nature et devient parsemée de bouleaux; la neige y est toujours plus belle.

    Troisième coup de cœur: la Paradeuse

    C’est bien parce qu’il faut en choisir une! Cela dit, toutes les pistes damées de la station valent le détour, elles sont toujours en belles conditions car elles sont sur neige naturelle exclusivement. Mes préférées sont la Paradeuse située directement sous la chaise quadruple, l’Acrobaski et la Ouf. Celles-ci offrent toutes une belle inclinaison constante et une surface habituellement parfaite pour le carving. 

    Quatrième coup de coeur: L’Aqua-Neige

    L’événement phare de Val d’Irène est sans contredit la fameuse Aqua-Neige qui se tient à la mi-avril. La traversée légendaire du lac situé au bas de la station devant le chalet est accompagnée de différents partys et de ski de printemps complètement déjanté. Il peut faire très chaud comme il peut faire froid, c’est le moment où on profite de la poudreuse printanière ou du gros sel réchauffé. L’après-ski est super et les shows qui se tiennent en soirée viennent mettre la table pour une fin de semaine inoubliable.

    Cinquième coup de coeur: les chalets

    Un autre gros plus pour moi: les chalets qui permettent à la station d’offrir des forfaits ski et hébergement à des prix imbattables ou presque. Le confort de ces chalets est impeccable et on peut quitter avec nos skis aux pieds. Le soir venu, on peut se faire une bonne fondue ou une bonne raclette si le cœur nous en dit car tous les chalets ont une cuisine bien équipée… et de la place pour une grosse bouffe autour d’une table!

    Bref, Val d’Irène demeure une de mes stations favorites pour la qualité et l’abondance de la neige que l’on y trouve, la qualité des infrastructures et la chaleur de l’accueil des gaspésiens. C’est à mettre sur la liste de votre pèlerinage annuel!

    10 erreurs à éviter en débutant le ski ou la planche

    Photos G. Larivière et C. Deschamps

    Vous avez reçu un équipement de ski à Noël et il traine encore dans votre placard? Votre beau-frère vous invite depuis des mois à l’accompagner en ski? Vous avez tout d’un coup envie de suivre vos enfants sur les pentes? Si vous voulez vous mettre au ski ou à la planche par vous-même, l’idée est fort louable et on vous y encourage! Voici quelques petites idées sur les choses à ne pas faire, histoire de maximiser votre expérience de débutant.

    1) Mal s’habiller

    On ne s’habille pas pour aller en ski alpin comme pour aller attendre l’autobus ou faire de la raquette! L’habillement est la clé de votre confort et du bon déroulement de votre journée. Voici quelques pistes à suivre, de la tête aux pieds:

    • On pense à un bandana/foulard pour couvrir les oreilles ou une tuque/cagoule très mince, le tout pour aller sous le casque.
    • Le cou doit être protégé du vent à l’avant et à l’arrière! Si vous tombez, la neige peut se retrouver là… et oui, c’est froid!
    • N’oubliez jamais les lunettes de ski: ne rien voir parce qu’on pleure à cause du vent ou du froid augmente les risques et diminue votre plaisir… sans compter que les jours de neige, vous apprécierez cette protection supplémentaire!
    • Les « sous-couches »: pensez à des vêtements minces en fibres synthétiques, ou en laine de mérinos. Les fameuses combines à panneau en coton sont à proscrire, de même que les pantalons/chandails « de jogging »… et les jeans!
    • Le manteau et le pantalon de ski doivent être coupe-vent, assez isolés pour vous permettre des minutes immobiles dans une remontée mécanique sans craindre le froid, et assez souples pour ne pas vous gêner dans vos mouvements. Si vous êtes du genre frileux, ne choisissez pas forcément un manteau plus « épais » mais prenez plutôt soin de multiplier les couches de vêtements sous le manteau.
    • Les chaussettes: on néglige trop souvent leur importance! Le froid passe par les extrémités, dont les pieds, surtout dans des bottes de ski à coquille rigide. Comme pour les sous-couches, privilégiez des chaussettes synthétiques ou en laine de mérinos, évitez les chaussettes trop épaisses qui enlèveront le peu d’espace libre dans vos bottes, et prenez des chaussettes longues, qui montent au-dessus de votre mollet.
    • Gants ou mitaines?? Là est la question… mais c’est essentiellement une histoire de préférences. Les mitaines ont l’avantage de garder les doigts plus facilement au chaud, mais les gants permettent une meilleure préhension des bâtons. Solution: les « hot shots » pour les plus frileux.

    2) Ne pas se renseigner/se préparer adéquatement

    Partir sur un coup de tête pour une toute première journée de ski est malheureusement synonyme de fiasco et de dépenses inutiles. Planifiez votre journée, choisissez l’endroit où vous voulez aller, renseignez-vous sur l’heure d’ouverture, les procédures et coûts de la location d’équipement, les prix des billets… Préparez vos vêtements/votre matériel d’avance -ça vous évitera de chercher inutilement pendant une heure cette fameuse paire de gants que vous avez finalement prêté à votre frère l’an dernier! Pensez aussi au temps de déplacement requis pour vous y rendre, et aux repas de la journée. Ces petits détails feront en sorte que votre journée se déroulera de manière beaucoup plus fluide… et vous aurez minimisé votre stress et vos frustrations.

    3) Penser que ça va être facile

    Vous êtes déjà en forme, que ce soit par chance ou par habitude? Vous pratiquez déjà d’autres sports, vous jouez souvent au hockey, faites de la course à pied, du vélo ou que sais-je encore, et vous pensez que ça vous donnera une longueur d’avance? Vous avez peut-être raison… mais vous avez peut-être tort aussi. Aborder un nouveau sport avec trop de confiance peut nuire au succès de l’entreprise! Vous devrez d’abord vous familiariser avec un nouvel équipement, en plus d’apprendre de nouveaux mouvements. Vos muscles ne travailleront pas comme dans tous les autres sports que vous pratiquez déjà, et vous aurez à solliciter votre corps différemment! Certains sont des « naturels »… d’autres ont besoin d’un peu plus de pratique, et ne doivent pas se décourager! Ne vous sentez pas « nul » si vous n’y arrivez pas du premier coup… laissez l’orgueil dans la voiture, et remplissez vos poches de bonne volonté!

    4) Penser qu’on n’a pas besoin d’aide

    Dans la même lignée que le point précédent, on a parfois tendance à croire qu’on y arrivera tout seul. Encore une fois, il se peut que votre corps comprenne la mécanique du ski de manière intuitive… mais c’est un sport plutôt technique et les mots et conseils d’une tierce personne (moniteur ou ami éclairé) sont souvent bienvenus! Ne dédaignez pas cette aide qui pourrait vous sauver de précieuses minutes de frustration, ainsi que quelques douleurs dues aux chutes…

    5) Prendre des bouchées trop grosses/avoir trop d’ambition

    Vous êtes gonflé à bloc, et vous voulez passer la journée entière sur les pistes! Votre motivation et votre confiance sont au maximum… mais après 4 descentes plus ou moins pénibles, vos jambes demandent un répit et vous accumulez les erreurs et les chutes. Ne mettez pas la barre trop haut! Vous risquez de vous décevoir et de quitter avec la perception que ce sport n’est pas fait pour vous, parce que vous n’avez pas atteint votre objectif de passer une journée entière en ski. Accordez-vous des pauses, et donnez-vous le droit (voire la mission) d’écouter votre corps et vos limites! N’oubliez jamais que la première cause des incidents sur les pentes est l’inattention, souvent due à la fatigue: notre corps répond moins bien, notre jugement est un peu embué… et la journée se termine très mal. Diluez votre ambition et étirez votre plaisir sur plusieurs sorties!

    6) Partir avec des gens trop expérimentés… et peut-être impatients!

    Vos amis vous invitent depuis des années, et là, c’est le grand jour! Attention, ils ont peut-être des ambitions trop grandes pour vous (voir le point précédent!), ou alors ne sont pas conscients des étapes que vous devrez franchir avant de pouvoir les suivre. Certains seront bien placés pour vous conseiller, mais d’autres auront un effet d’entrainement un peu trop fort et vous placeront en situation dangereuse! Assurez-vous d’être capable de dire à vos accompagnateurs que vous ne pouvez pas les suivre partout, et s’ils vous attendent sans broncher et adaptent leur rythme au vôtre, profitez de votre journée en respectant vos limites! Ne négligez pas l’effet d’entraînement: il peut être positif… et négatif!

    7) Ne pas persévérer

    Comme chaque nouveau commencement, l’apprentissage d’un sport n’est pas un long fleuve tranquille! Ça viendra avec quelques courbatures, quelques craintes, un peu de sueurs froides, mais beaucoup de plaisir! La persévérance est la clé puisque le plaisir est atteint lorsqu’on arrive à garder le contrôle de ses skis tout en s’amusant dans les pistes. Pas besoin d’être un coureur élite pour apprécier le ski! Mais un certain niveau technique étant requis, la pratique et la persévérance sont essentiels pour l’atteindre.

    8) Commencer dans une trop populaire/grosse station

    Vous avez une image glamour et classique du ski alpin: les longues pentes à sillonner, les grands arbres enneigés, les rencontres dans les télésièges… attention par contre: si vous orientez votre toute première sortie vers une station de ski trop grosse ou trop populaire, vous vous frotterez aux désagréments avant de connaitre les avantages! Bien qu’un vaste domaine skiable soit idéal pour les skieurs en quête de défis, l’initiation est plus facile dans les stations d’une plus petite taille, qui drainent une moins grosse clientèle. Les infrastructures sont plus rapprochées et plus accessibles; le coût du billet ainsi que des leçons ou de la location d’équipement sont souvent moindres. Qui plus est, moins de skieurs sur les pistes signifie de meilleures conditions plus longtemps! Vous pourrez vous concentrer sur votre technique sans avoir à craindre les foules ou les pistes trop grattées.

    9) Penser à la peur/angoisser

    Le premier frein qu’on applique est souvent dans notre tête: la peur d’avoir peur nous fait perdre nos moyens et notre confiance, en plus de fausser notre jugement et de provoquer des incidents parfois malheureux. N’abordez pas votre première sortie avec appréhension: laissez venir les choses avec confiance -sans tomber dans l’autre extrême (voir points 3 et 4). Également, ne laissez pas votre peur devenir un traumatisme après une chute: remettez-vous sur vos skis dès que possible pour effacer cette dernière expérience! Si vous avez du mal à relaxer, utilisez la technique classique des grandes inspirations-expirations… en plus, vous oxygénerez votre cerveau à l’air frais!

    10) Ne pas faire de budget

    Cette erreur ne semble pas avoir de lien avec une initiation au ski alpin… mais pourtant, la première opposition à la pratique de ce sport est généralement les dépenses associées à l’équipement, au billet de ski, au transport, aux cours… et pourtant, en se renseignant bien, en planifiant et en établissant un budget, on évite les erreurs et les trop grosses dépenses. Si vous vous décidez en cours d’année, établissez un budget en fonction de la location d’un équipement, et de quelques jours de ski. Établir un budget total à accorder à la pratique du ski alpin sera comme pour les autres loisirs que vous avez: vous choisirez une proportion à y accorder et les plus grosses dépenses seront à planifier, comme pour vos vacances ou les cadeaux de Noël!

    Bonus: Penser qu’on est trop vieux

    Il n’y a pas d’âge pour apprendre, ni pour commencer un nouveau sport. Songez seulement à respecter les limites de votre corps et de votre esprit, et à avoir du plaisir! On devient vieux le jour où on arrête de faire des choses en prétextant notre âge…

    Si vous évitez ces erreurs communes lors de votre initiation au ski alpin, il y a fort à parier que vous deviendrez un skieur régulier sur les pentes!

    Suivez le guide au Mont-Orignal

    Photos G. Fortin, D. Lachance et M-M Gagnon

    Le Mont-Orignal et moi, ça fait un bon moment que ça dure. En fait, c’est une des premières montagnes que j’ai skié. Étant natif de la rive-sud de Québec, visiter cet endroit a toujours fait partie de nos habitudes. C’était une des stations favorites de mon paternel, avec qui j’ai appris à aimer ce sport qui m’anime autant encore aujourd’hui. La station a évolué et bien des choses ont changé avec le temps. La montagne, qui est maintenant opérée en coopérative, demeure un incontournable dans la région de Chaudière-Appalaches.

    1) Mitch et la pépinière à champions

    Ici comme dans quelques autres montagnes, les champions en herbe ont la chance d’avoir une bonne dose de motivation. Depuis quelques années, une des leurs tente de laisser sa marque parmi l’élite mondiale: Marie-Michèle Gagnon est une fierté locale! La coureuse qui a fait sa place sur le circuit international depuis 2008, est une fille du coin, originaire de Lac-Etchemin. Ses premières traces se sont dessinées ici, sur les pentes du Mont Orignal. Grâce à de nombreuses photos et à la piste numéro 15, l’icône demeure omniprésente. Vous aurez compris que cette pente, particulièrement abrupte dans ses premiers mètres, a été nommée en l’honneur de l’athlète. La piste est, selon moi, la signature de la station. Sensations fortes garantie. Ce n’est pas tout! Mitch est aussi la muse qui a inspiré le logo de l’équipe de ski junior locale.

    2) Une expérience variée

    Inutile de mentionner que l’endroit accueille autant les skieurs que les planchistes. Tandis que certaines stations sont plutôt sévères quant aux méthodes de glisse, ici, il est possible de faire du snowscoot! Cette espèce de trottinette des neiges permet au plus audacieux de dévaler les pentes d’une manière un peu moins orthodoxe. Cette discipline gagne lentement en popularité. L’expérience ne s’arrête pas là: on trouve aussi un impressionnant réseau de plus de 40km de sentiers de raquette. Des sentiers de ski de fond sont aussi disponibles ainsi que des glissades sur chambre à air. De quoi plaire à tous les amateurs de sports d’hiver!

    3) Au sommet en un rien de temps

    Au début des années 1990, le mont Orignal a remplacé sa remontée principale par un des premiers débrayable à 6 places au monde. À cette époque, le “World Wide Web” en était aussi à ses premiers balbutiements. Imaginez la rondeur de mes yeux de jeune adolescent à la vue de cet objet qui semblait tout à fait irréel! Les amoureux du détail seront heureux d’apprendre que le 6 places est fabriqué par la compagnie autrichienne Doppelmayr. Sa longueur est de 1036 mètres et qu’il peut transporter plus de 2400 personnes à l’heure. Pas mal pour un truc qui a aujourd’hui 25 ans ! Bien que plutôt populaire en Europe, ce type de remontée n’est vraiment pas monnaie courante au Québec.

    4-  Du plaisir pour tous les calibres

    L’endroit en est un de choix pour initier grands et petits aux sports de glisse. La piste “3 – La Débutante” est desservie par une remontée mécanique de type “Poma”. Elle permet aux novices de s’initier aux sports de glisse et d’enfiler les descentes en gardant les pieds bien au sol. Les plus habiles ne resteront pas sur leur appétit. Sur les 25 pistes disponibles, plus de la moitié sont classés « difficiles ». La “15 – Marie-Michelle Gagnon” est une incontournable. Essayez aussi la “20 – St-Odilon”. La vue est à couper le souffle. Étroite et sinueuse, la neige a tendance à s’y accumuler en bord de piste. Si les accumulations sont suffisantes, la “19 – Ste-Germaine” vous demandera un petit effort de montée pour y accéder, mais la descente dans la neige naturelle en vaut le coup! Invitant, n’est-ce pas?

    5 – Un petit extra…

    J’ajoute un dernier point. Bien que je sois totalement en accord avec le propos, il n’est pas de moi. Quand on m’a confié le mandat d’écrire cet article, je n’ai pas pu m’empêcher de demander à Marie-Michèle Gagnon quel était son propre coup de coeur. Alors voilà:

    “Mon coup de coeur au Mont-Orignal est la vue du coucher de soleil du sommet de la montagne ! Que ce soit aperçu à la fin d’une journée de ski ou après la montée de montagne en raquette l’hiver ou hiking l’été !” -Marie-Michelle Gagnon

    Le Mont-Orignal, c’est cette extrusion rocheuse qui gît à travers les champs de Bellechasse, c’est cet endroit si chaleureux qui sait si bien réunir les gens. Évidemment, ça ne se limite pas à cette brève présentation. Plusieurs autres éléments seraient dignes de mention. J’y ai vécu tant de bons moments que la liste pourrait être beaucoup plus longue! La meilleure manière de forger votre propre guide et de venir tenter l’expérience… et vous m’y croiserez peut-être!

    Ski adapté: Chronique d’un pilote passionné

    J’ai débuté sur les planches en très bas âge. Le ski a toujours été une passion pour moi et ma famille. Le fait d’habiter tout près d’une station a certainement aidé à préserver cette passion. Malheureusement au milieu des années 80, alors âgé de douze ans, une vilaine chute en ski dans le sable a presque mi un terme à ma carrière de skieur. À mon arrivée à l’hôpital, les médecins informent mes parents qu’il est fort possible que j’aie à subir l’amputation de la jambe gauche. Je croyais bien à cette époque que le ski était bel et bien terminé pour moi. Heureusement, suite à de nombreuses chirurgies et séances de réadaptation, une année plus tard, je retournais sur les pentes, craintif, mais toujours aussi passionné. Les années se succédèrent et le ski demeura au premier plan de mes activités hivernales.

    Le déclic

    Il y a maintenant près d’une dizaine d’années, alors que j’étais en ski, j’ai aperçu un drôle d’équipement. Ça ressemblait à un traineau à chien bizarre qui descendait les pentes! Intrigué, je regardais ces drôles de personnages dévaler les pentes dans une grâce sortie tout droit des plus grands films de danse.  Un genre de « donner au suivant » qui me touche droit au cœur. Après quelques saisons à les regarder faire, par une belle journée de 2009, je ne peux résister plus longtemps. Je leurs pose donc cette fameuse question qui changera ma vie de skieur: « Puis-je l’essayer? ». Certain! Me répondent-ils. C’est alors que j’apprends qu’ils sont justement à la recherche de nouveaux pilotes, et qu’ils se feraient un immense plaisir de m’enseigner les rudiments du pilotage du Tandemski. Je ressens alors un sentiment de bonheur, une chaleur qui m’envahit comme si je venais de découvrir le Saint-Graal du ski.

    Je débute alors ma formation dans les semaines suivantes. Non sans difficultés, je persévère et à force de pratique, deux semaines plus tard, j’ai finalement l’autorisation d’avoir un « vrai » passager dans l’appareil. Ma conjointe devient alors mon « dummy ». Grâce à elle, j’effectue de nombreuses heures de pratique jusqu’au moment où mon formateur et moi-même jugeons que je suis prêt. Quelques paperasseries plus tard, je suis enfin accrédité au niveau de l’Association Canadienne des Skieurs Handicapés (CADS/ACSH). C’est finalement au début de 2010 que je peux piloter pour mes premiers clients. Dès lors, le ski adapté devient pour moi un portail où je peux transmettre ma passion tout en distribuant du bonheur à toutes ces personnes qui sans quoi, n’auraient pas accès aux plaisirs de la glisse hivernale!

    Je découvre alors un monde de gens animés d’une détermination qui me rappelle mes propres efforts pour m’en sortir à mes douze ans. Des gens qui vivent des malheurs incommensurables mais qui sont tout de même souriants et qui rayonnent de bonheur. Des gens intelligents qui ont des histoires hors du commun et qui redéfinissent mes propres préoccupations. J’éprouve un immense plaisir à écouter leurs anecdotes, leurs hauts comme leurs bas m’aident à surmonter mes propres difficultés et embellissent mon petit monde. Tous ces gens qui hurlent de bonheur en descendant les pentes. Ces gens qui me poussent à atteindre et même surpasser mes propres limites de pilote. Tous ces gens qui me rappellent à quel point je fais une différence dans leur quotidien. Quel immense bonheur j’ai d’entendre qu’ils se sont procuré un casque, des lunettes et des vêtements chauds afin de pouvoir se qualifier eux même de skieurs. Je sais que je fais une différence et ça me fait du bien. C’est en fait une accumulation de sentiments qui se s’entrechoquent pour former une boule d’émotions difficile à retenir. D’ailleurs, tous ensemble avec mes amis pilotes, nous avons une petite phrase: « N’enlève pas tes lunettes! », derrière celles-ci, personne ne voit nos larmes qui sont tantôt de peine, tantôt de pure joie.

    Importance de l’accessibilité

    Un jour, en pleine discussion avec un client, que je prends connaissance de tout ce qui en coûte à certains pour venir me voir, de toute la logistique derrière leur arrivée à la station, je pense qu’il y a certainement une solution pour leur venir en aide et diminuer leur fardeau. En compagnie d’autres pilotes, je décide d’approcher quelques commerçants de la région trifluvienne afin d’offrir le service gratuitement. Ceux-ci sont plutôt timides au début mais nous réussissons tout de même à en convaincre quelques uns. C’est finalement l’année suivante, en 2012, que le service est offert gratuitement. Depuis ce temps, les clients n’ont plus à débourser pour avoir accès à nos services. De plus, au même moment, tous les pilotes décident d’offrir leur temps bénévolement, leur grand cœur étant encore mis à contribution. Même la station Vallée -du-Parc, où j’ai l’immense bonheur de pratiquer le ski adapté, emboite le pas en offrant gratuitement l’accès, non seulement aux clients, mais aussi à leurs accompagnateurs. Je suis aux anges, et tous les acteurs qui y participent le sont aussi.

    Je crois qu’il est rare dans la vie d’avoir la chance de transmettre sa passion et d’avoir l’impression de retirer plus que ce que ça nous demande. Lors d’une rencontre annuelle, je parlais de ma passion et de mon bénévolat à un professionnel de la santé qui, utilisant un ton un peu hautin, me dit : « Le bénévolat ce n’est pas payant! », je lui ai alors répondu « Qu’effectivement, le bénévolat ce n’est pas payant, c’est enrichissant! », je le crois profondément.

    J’ai dû depuis maintenant deux ans mettre en veilleuse ma carrière de pilote de ski adapté pour passer plus de temps avec mes enfants. Ils sont encore à l’âge de vouloir skier avec papa et j’en profite. Cependant, dès qu’ils seront suffisamment âgés et un peu plus autonomes, et qu’ils ne voudront plus toujours skier avec papa, je retournerai au ski adapté, c’est vital, j’en ai besoin.

    Je sais que plusieurs stations à travers le Québec offrent le service de ski adapté, mais à ma connaissance une seule organisation l’offre gratuitement. Je vous invite donc à contacter la station près de chez vous afin de connaitre les modalités d’offre de service de ski adapté. Merci et bonne saison à tous mes amis de Ski Adapté Mauricie, vous êtes des hommes de cœur! Bon ski adapté à tous!

    Le ski sur le sable au Pérou : un peu de technique et d’histoire

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    Afin d’aider les néophytes à se familiariser avec la sensation de glisse sur le sable, l’équipe de la SandSnow School prend en charge les skieurs et planchistes dès leur arrivée sur le site de l’Oasis de Huacachina. Lors de ma première journée, Alejandro Veliz m’accompagne et m’explique la technique, la méthode de cirage et me parle aussi de l’histoire du ski et de la planche sur le sable au Pérou.

    Des bases de ski adaptées

    D’abord, il faut savoir que les skis sont adaptés pour assurer la glisse sur le sable. La base traditionnelle du ski est recouverte d’un matériau composite appelé «formica». Il s’agit d’un plastique laminé apposé sur la base du ski, qui est ensuite poli avec du papier sablé pour former une surface lisse. Puis, avant chaque descente, il faut appliquer partout sur la base du ski de la cire non fondue provenant d’un bout de chandelle, qui s’étend ensuite uniformément au contact du sable chaud. Le ski devient alors très glissant, à peu près comme sur la neige après un bon cirage.

    Une technique un peu différente

    La technique de descente diffère légèrement de celle sur la neige. La plus grosse différence se situe au niveau de la mise à carre, qu’il faut éviter sur le sable sous peine de ralentir; le défi consiste alors à laisser les skis le plus à plat possible, même dans les virages, pour conserver sa vitesse. J’avoue que c’est l’aspect qui m’a donné le plus de fil à retordre, puisque c’est difficile de modifier cette partie de la technique.

    La notion de vitesse est également un peu plus difficile à gérer. Dès qu’on arrive en bas de la dune, la vitesse se perd très rapidement. C’est pourquoi les dunes skiables ont une inclinaison très prononcée, entre 35 et 45 degrés, afin de permettre au skieur de conserver sa vitesse tout en effectuant des virages. Autre aspect qui diffère: on doit mettre son poids un peu plus sur les talons pour garder sa vitesse tout au long de la descente et question aussi d’anticiper le plat au bas de la dune.

    Un peu d’histoire

    Le sandbording traditionnel (planche sur sable), qui consiste à descendre une dune en ligne droite, à plat ventre sur une planche, existe depuis très longtemps au Pérou. La légende veut que cette pratique remonte aussi loin que la culture mochica (une culture pré-Inca ayant évolué de l’an 100 av. J.-C. à 800 apr. J.-C.), alors que les individus utilisaient des planches pour descendre les dunes lorsqu’ils se déplaçaient à travers le désert. Cet usage utilitaire s’est par la suite transformé en loisir, et fut popularisé à l’échelle nationale à partir des années 1980 avec comme lieu de pratique principal l’Oasis de Huacachina.

    En 2007, Martin Guerra – fondateur et codirecteur de la SandSnow School – entreprend de promouvoir et de professionnaliser, dans son pays natal, une pratique qui gagne en popularité, soit la fusion entre le sandboarding traditionnel et la planche à neige pratiquée sur le sable. Par la même occasion, il entame le développement de ce «nouveau» sport à différents endroits sur la côte du Pérou, en majeure partie désertique et présentant plusieurs possibilités de glisse grâce à de hautes dunes, certaines ayant même un dénivelé de 1200 mètres comme le Cerro Blanco près de Nazca et le Toro Mata près d’Acari. Aujourd’hui, plusieurs compétitions de planche sur le sable se tiennent au Pérou, et l’équipe de la SandSnow School et ses partenaires offrent même des cours d’initiation aux enfants.

    L’histoire du ski «professionnel» sur le sable au Pérou est plus récente, bien qu’on le pratique depuis les années 1950 en Europe et en Océanie, et même au Québec sur les dunes de Tadoussac. C’est en 2014 qu’un skieur suisse, Laurent Bernhard, s’allie à Martin Guerra pour implanter le volet «ski» au sein de l’organisation SandSnow School. Cette dernière est la seule école professionnelle de ski et planche sur le sable en Amérique, et au-delà de l’accueil des touristes skieurs et planchistes, Martin, Laurent et leur équipe travaillent à développer une culture pour ce sport au Pérou.

    Pour en savoir plus, consultez le site Internet de SandSnow School ou la page Facebook

    Skier autrement au Pérou

    En ce 29 décembre 2015, il fait un 35 degrés Celsius cuisant mais sec. Je me trouve au beau milieu du désert d’Ica au Pérou, au sommet d’une dune, les skis aux pieds, prêt à descendre. Je regarde le paysage qui se dévoile à mes yeux; bien que celui-ci soit composé de formes rappelant l’environnement montagneux, le sable remplace la neige et la chaleur substitue le froid. L’inversion est totale, le dépaysement aussi. Il y a quelque chose d’un peu irréel dans ce que je m’apprête à faire.

    Alejandro Veliz, un sandboarder qui travaille pour l’organisation SandSnow School, m’encourage à me lancer : « Allez! Vas-y mon chum! » Outre sa langue natale qu’est l’espagnol, ce Péruvien parle bien l’anglais et balbutie quelques mots français grâce aux nombreux skieurs et planchistes qui, comme moi, passent par l’Oasis de Huacachina pour vivre l’expérience du ski ou de la planche sur le sable durant un voyage au Pérou.

    Je m’élance donc sur la pente raide de la dune. Mes virages s’enlignent à merveille sur une surface soyeuse: la base compacte est recouverte de quelques millimètres de sable fin et léger, voire même poudreux. La sensation de glisse est très similaire à celle du ski sur une piste fraîchement damée, sans glace, recouverte d’un peu de neige. Malgré le fait que je sente une petite résistance qu’on ne retrouve pas sur la neige, je suis en mesure de bien descendre, de faire du grand ou du court rayon et de prendre de la vitesse.

    L’expérience Huacachina

    Quelques heures auparavant, je me trouvais dans l’autobus qui me transporte de Lima, la capitale du Pérou, jusqu’à la ville d’Ica. Sur le chemin, deux paysages s’offrent aux yeux: d’un côté le désert, aride, et ses dunes; de l’autre, la côte qui se noie dans l’océan Pacifique.

    Du terminus d’autobus d’Ica, en plein milieu du typique chaos urbain péruvien, il faut prendre un taxi qui nous amène à l’Oasis de Huacachina, situé à seulement 10 km de la ville. Cet endroit, construit autour du petit lac entouré de dunes, est constitué principalement d’hôtels et de restaurants. C’est un arrêt reposant pour le touriste qui découvre le Pérou, tout comme pour le Péruvien qui désire se la couler douce pour une fin de semaine.

    C’est à l’Oasis que sont situés les bureaux de la SandSnow School, où m’accueillent Alejandro et sa collègue Rossana Rodriguez. Ceux-ci m’y attendent afin de me fournir les skis et les bottes; puis, à 15h, une fois les ajustements effectués, Alejandro et moi nous dirigeons vers une des dunes qui s’élèvent où la rue de l’Oasis se termine. Nous montons un peu à pied, question d’essayer la sensation de glisse sur le sable.

    Après m’avoir prodigué ses conseils, Alejandro me laisse tester le sable. La sensation est un peu différente comparativement à la glisse sur la neige, mais je m’y habitue très vite. En fait, n’importe quel skieur, peu importe son habileté, sera capable d’adapter sa technique.

    Après deux petites descentes «test», nous embarquons dans un buggy qui nous transporte à plusieurs kilomètres, vers les hautes dunes de cette partie du désert. Il est environ 16h, et le soleil se couche vers 18h30. Nous avons le temps d’enchaîner plusieurs descentes sur différentes dunes, dont le dénivelé se situe autour de 150 mètres, avant d’assister à un superbe coucher de soleil.

    À la sueur

    Comme j’aime bien aussi «gagner» mes virages, je me lève vers 6h le lendemain matin. Mon idée est de skier quelques fois une dune d’environ 200 mètres de dénivelé qui surplombe l’Oasis. Celle-là n’est pas accessible en buggy, puisque son sommet prend la forme d’une longue et mince crête. Je passe donc aux locaux de SandSnow School pour reprendre les skis, que je place sur mon sac à dos, et par le fait même saluer Alejandro et Rossana qui attendent un groupe de planchistes pour 7h. C’est que les journées de ski se déroulent en deux temps, soit entre 7h et 10h et entre 15h et 18h. Entre cela, il fait trop chaud.

    Je prends donc d’assaut la dune avant que le soleil ne se fasse trop insistant. L’ascension me donne le temps de contempler le paysage, d’apprécier l’endroit et de profiter de ce moment où tout semble s’être arrêté. Rien ne bouge ici, pas un son ne vient briser le silence. L’horizon composé de courbes montagneuses brunes, qui s’étendent à perte de vue, représente quelque chose de déroutant pour l’esprit. Et on en vient à s’émerveiller de cet environnement qui n’est pas a priori naturel pour le skieur.

    Du haut de la dune, j’ai une vue sur l’Oasis, certes, mais aussi à l’opposé sur ce que les gens du coin appellent «la terre promise»: une route bordée d’habitations de fortune, qui s’enfonce à perte de vue dans le désert.

    Prenant mon temps, je m’applique au rituel d’étendre la cire de chandelle sur la base du ski avant la descente. Je pose ensuite les skis sur le sable, insère les bottes dans les fixations et m’élance pour la descente. Les conditions du champ de sable sont parfaites. À chaque virage, le son des skis qui glissent délicatement ne cesse de me fasciner, alors que mes traces s’imprègnent sur le sable. Je recommence l’ascension et la descente une seconde fois. Si la substance est différente, le plaisir de skier, lui, ne s’est pas perdu.

    Voici une courte vidéo pour vivre un peu plus la sensation de glisse sur sable, au chaud!

    Suivez le guide à Belle Neige

    Photos G. Larivière et C. Deschamps

    Les basses Laurentides, c’est là que j’ai appris à skier et c’est là que j’ai découvert ma passion pour ce sport. À cause de ça, c’est dans ces montagnes – petites et familiales pour la plupart – que je me sens le plus chez moi. Plus jeune, j’ai rapidement adopté Belle Neige comme une de mes favorites. C’est une station familiale avant tout, et idéale pour emmener son conjoint et ses petits sans les perdre ni accidentellement prendre une piste trop difficile. J’y retourne encore volontiers avec des amis de niveau débutant-intermédiaire. Voici donc les 5 coups de cœur que le mini-moi de 13 ans a découvert et que le grand moi adulte continue d’apprécier!

    1. La familiarité

    Ce qui m’a le frappé le plus dès ma première ascension vers le sommet de Belle Neige, c’est l’ambiance chaleureuse qui règne dans le chalet et sur la montagne. La clientèle étant principalement des familles, on n’y retrouve pas l’effet que j’appelle « terminal d’aéroport » où on se méfie des gens autour de nous. Le simple fait que les pistes soient sur un versant Est bien boisé (sans boulevards excessifs) donne un ton rustique et tranquille à la station, et si on laisse nos jeunes se promener par eux-mêmes, on ne risque pas de les perdre : il n’y a qu’un sommet et une seule base.

    2. L’achalandage

    Il semble que beaucoup de gens de Montréal s’arrêtent dans la vallée de Saint-Sauveur sans regarder beaucoup plus loin. Toutes les fois où je suis allé à Belle Neige, l’attente n’a jamais dépassé les 10 minutes au télésiège quadruple, même durant la relâche scolaire, et il y a de l’espace pour circuler sur les 20 pistes de la station sans se bousculer. Lors des journées de grand achalandage, un télésiège double et une arbalète fonctionnent pour répartir la demande. (Truc : ils ont généralement moins d’attente.)

    3. La variété

    En bonne station familiale qui se respecte, Belle Neige dispose bien sûr d’une zone d’apprentissage bien développée et d’un bon lot de pistes pour débutants et intermédiaires. Ce qui est intéressant, c’est qu’on peut assez facilement faire une progression de niveaux jusqu’à un sous-bois double-noir (l’Orignal), en passant par de bonnes pistes droites et pentues pour le carving (la Zermatt)!

    4. Le Sentier des toutous

    Pour initier les petits au ski en sous-bois, le Sentier des toutous est un classique de la station et probablement la plus belle piste du genre de la province. C’est un sous-bois bien éclairci, damé à la motoneige et peu pentu, parsemé de toutous accrochés aux arbres. C’est super amusant de le descendre avec les petits et leur apprendre à passer entre les arbres dès les débuts, mais je vous confie qu’il m’arrive aussi d’y aller tout seul…

    5. L’Orignal

    Si le Sentier des toutous est trop… blasant, il y a l’Orignal : un sous bois plus abrupt avec un bon défi pour les skieurs intermédiaires-avancés. Il est assez technique pour prendre plus de temps à descendre que le Sentier des toutous, surtout si vous êtes en train de descendre alors que votre conjoint(e) est dans les Toutous avec le petit. Vous arriverez peut-être en bas en même temps!

    Bref… Dépassez Saint-Sauveur sur l’autoroute 15 et allez explorer la route 117 à partir de Val-David, c’est la face cachée des Laurentides! Commencez par une journée à Belle-Neige; en famille, vous ne le regretterez pas, il y en a pour tout le monde. Par la suite, vous pourrez continuer vers le nord, il y a plein de belles petites stations familiales et pittoresques.

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