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    Suivez le guide au Massif du Sud

    Photos Geneviève Larivière, Alexandre Turgeon et Massif du Sud

    Comment faire découvrir la plus belle station du Québec à quelqu’un qui ne la connaît pas… Cette tâche semble facile mais pourtant, il y a tellement à montrer, tellement à expliquer  afin de la connaître sous ses meilleurs angles. Cependant, ici, il ne faudra qu’en cibler quelques-uns. Je skie le Massif du Sud depuis plus de 15 ans, de façon plus assidue depuis 10 ans maintenant et même moi, je découvre de nouveaux coins de jour en jour…  Cette station est l’emblème du skieur qui recherche le défi, les sous-bois et la neige. Mais elle est aussi un endroit familial par excellence! Voici donc mes cinq coups de coeur et conseils pour bien profiter de la station!

    1- Le matin des fameux Vendredis de la Poudreuse

    Ce jour de la semaine au Massif du Sud est maintenant un incontournable au Québec. Tellement que nous sommes souvent près de 100 skieurs à attendre l’ouverture des chaises les vendredi matin où la neige s’est accumulée pendant la semaine. Certaines mauvaises langues vous diront qu’il y a maintenant trop de gens et que les pistes se tracent trop rapidement. Eh bien non!! Il suffit de savoir comment s’y prendre. Tout d’abord, soyez au télésiège pour 8h15 (ouverture 8h30) et dirigez-vous directement vers le secteur extrême en commençant votre journée. En arrivant tôt, vous pourrez faire trois à quatre bonnes descentes en ne vous posant même pas la question ou trouver des pistes non-tracées. Par la suite, il vous faudra chercher un peu mais vous en trouverez pendant toute la journée.

    2- Vous êtes seul sur les pistes

    Ne cherchez pas les gens sur les pistes au Massif du Sud. Avec le seul télésiège quadruple qui dessert 33 pistes (dont grosso-modo 21 descentes possibles si on enlève les bouts de pistes et les traverses), vous êtes seul sur les pistes. Pas besoin de se faire un itinéraire de journée pour fuir les foules et pas besoin de prioriser certaines pistes pour éviter de les skier dans des conditions plus dégradées suite aux nombreux passages des skieurs. Pas de truc, skiez tout simplement !

    3- L’immensité et la variété de ses sous-bois

    C’est ce qui fait le plus mon bonheur de skieur au Massif du Sud, les sous-bois. Pas besoin d’être un pro pour en profiter, mais si vous êtes un expert, vous ne serez pas pris avec des débutants « dans les pattes »! Avec l’immensité du terrain offert en sous-bois, chacun y trouve son compte. Que ce soit dans la 8A, le haut de la 8 ou le bas de la 17 pour les débutants, dans la 2, 10B, 13B, 16C et la 17 pour les intermédiaires ou encore dans la 3, 4, 6, 7 et 8 pour les plus avancés, tout le monde peut skier les sous-bois de la station. Et leur largeur infinie fait en sorte que vous ne faites jamais la même descente 2 fois dans la saison! Suggestion : Il reste bien souvent de la poudreuse fraîche à skier dans la piste numéro 2 plusieurs jours après une tempête.

    4- La mythique 5 (la Surprenante)

    Elle fut longtemps et elle est encore vue comme l’un des plus beaux défis de ski au Québec. La 5 demeure une des pistes les plus enivrantes pour les skieurs et c’est encore plus le cas depuis le passage de l’ouragan Irène il y a quelques années. Les fortes pluies avaient alors fait ressortir bien des cliffs et des roches à sauter dans la piste. Les skieurs avancés tenteront de la descendre d’un seul coup alors que les intermédiaires vont simplement essayer de s’y frayer un chemin! Ma suggestion: tenez votre gauche après l’escarpement de roche du milieu et vous y trouverez toujours de la neige fraîche!

    5- L’ultime Sous-bois

    Pour moi, le plus beau spot de la station, le dernier et ultime sous-bois, celui du chalet dans lequel la bière et les boissons fortes coulent à flot… Une bonne journée au Massif du Sud se termine pas sans un tour au Sous-bois! Les gens de la région savent vous recevoir et les habitués savent y mettre le party. Suffit de suivre la vague et vous serez surpris qu’il soit déjà 18h et qu’il est déjà temps de quitter. Si vous voulez avoir les meilleures soirées de l’année au bar du Massif du Sud, je vous suggère de surveiller le site de la station et d’y venir quand les prestations des bands/chansonniers suivants seront annoncés: News from the Hills, Denis the Jack et Sébastien Plante mettent une ambiance de feu!

    Si ceci ne vous convainc pas de venir chez nous, c’est que vous ne serez jamais convaincu! Et tâchez de profiter de mes petits trucs une fois que vous serez en montagne… ou essayez de me trouver, c’est ma résidence secondaire!

    Et si l’enneigement gobait moins d’électricité?

    Afin de soutenir l’éclosion de projets novateurs pour l’industrie du ski, l’Association des stations de ski du Québec a lancé l’an dernier le concours « Les dragons du ski ». Les stations sont invitées à présenter un projet qui sera rentable, novateur, faisable, viable et durable, tout en contribuant au rayonnement touristique. Un jury décerne une bourse de 10 000 $ afin de soutenir la réalisation du projet retenu. Zone ski se penche sur deux des projets présentés lors de la seconde édition.

    Dans la colonne des dépenses liées aux opérations d’une station de ski viennent d’abord, en ordre d’importance, les frais associés à la main-d’œuvre, puis, juste en dessous, la consommation d’énergie. Dans ce contexte, toute réduction de cette consommation se traduit par de substantielles économies pour l’entreprise.

    À Bromont, c’est l’incontournable fabrication de neige qu’on a à l’œil pour optimiser le rendement énergétique. Pompes, compresseurs, ventilateurs… ces appareils énergivores engouffrent près du quart de l’électricité qui alimente les stations.

    Selon Benjamin Désourdy, directeur entretien et développement de la station, une simple équation mathématique pourrait aider les stations à réduire la consommation d’électricité liée à la fabrication de neige. Avec son équipe, il s’est attelé à trouver la formule de l’IEE, l’Indice d’efficacité énergétique. « L’IEE est un moyen de mesurer la consommation d’électricité lors de périodes de fabrication », en lien direct avec la température wetbulb. Cette températuretient compte de l’humidité de l’air.

    L’idée est de trouver à quelle température les appareils offrent le meilleur rendement et ainsi cibler les fenêtres d’enneigement les plus efficaces au cours d’une journée. L’opérateur pourra déterminer la rentabilité de repousser la production, par rapport au coût de la main-d’oeuvre sur place. Une autre application de l’IEE serait de repérer d’éventuelles irrégularités dans le système d’enneigement : si la consommation électrique est bien au-delà de celle évaluée par l’IEE, on pourrait suspecter une fuite ou un bris et réparer rapidement. « On estime qu’on pourrait faire des économies d’énergie de 10 % en ramenant la consommation d’électricité sur la valeur de l’IEE », soutient Benjamin Désourdy.

    10 % d’économies est un chiffre qui a visiblement séduit les Dragons du ski. Le projet de recherche a permis à Bromont de mettre la main sur la bourse de 10 000 $ associée au concours lors du dernier congrès de l’ASSQ, qui s’est tenu en juin dernier. La station s’est engagée à partager ses conclusions avec l’ensemble des stations de ski.

    Des conclusions qui pourraient arriver assez rapidement, si on se fie au degré d’avancement du projet. En effet, Bromont a commencé à enregistrer ses données de consommation l’hiver dernier. Toutefois, les résultats sont imprécis, probablement à cause d’erreurs à la cueillette. C’est là que l’argent de la bourse entre en jeu. Le dossier a été mis entre les mains du département de génie de l’Université de Sherbrooke. « Durant l’été, on a développé des idées pour avoir des chiffres plus précis avec nos appareils de mesure. » La période de tests à la fabrique de neige, juste avant le début de la présente saison de ski, a été l’occasion d’évaluer ces changements. « Nous mesurons individuellement les performances des équipements afin de diminuer la marge d’erreur », avait alors affirmé Benjamin Désourdy.

    « On a accumulé 900 données l’an dernier et on devrait être en mesure de doubler cette quantité, parce qu’on espère faire autant de neige cet hiver que l’hiver dernier », calcule M. Désourdy. Dès lors, il restera aux statisticiens, aussi des spécialistes de l’Université de Sherbrooke, à se pencher sur les données et à tracer la fameuse équation mathématique.

    Les autres stations pourront alors s’en saisir et analyser leur performance. Ils connaîtront mieux l’impact de la température au moment de mettre les canons en marche.

    Et les skieurs dans tout ça? Au final, ce laboratoire à ciel ouvert pourrait permettre la prolongation de la saison de ski grâce à un enneigement plus efficace, assurer la pérennité de stations de skis par une amélioration de leur performance économique et améliorer l’efficacité énergétique – la cote verte – de l’industrie, croit Bromont.

    Une randonnée alpine pour un Tremblant différent!

    Puisqu’il faut un début à tout, c’est le 9 janvier dernier qu’a eu lieu le lancement du tout premier Festival Rando Alpine organisé au Mont Tremblant. L’an dernier, alors qu’elle soufflait ses 75 bougies, cette station riche en histoire a inauguré huit zones d’ascension sécurisées permettant d’accéder au sommet de la montagne par des chemins en forêt sillonnant le territoire de la station. Il y en a évidemment pour tous les goûts et tous les niveaux de forme physique, de la gazelle en skis au touriste en initiation complète. En développant cette autre façon de découvrir la montagne, Tremblant se positionne parmi les stations qui ont rapidement sauté sur la vague du retour aux sources, directement dans la tendance du hors-pistes.

    Ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas là d’une offre de ski hors-pistes dans un territoire différent. Tremblant a d’ailleurs bien choisi le terme « randonnée alpine » puisque les circuits à emprunter en ski pour accéder au sommet constituent simplement une alternative aux remontées mécaniques. Une fois au sommet, les randonneurs ont accès à l’ensemble du domaine skiable régulier. Un accès journalier coûte 5,99$, un abonnement saisonnier 29,99$ (plus de détails ici). Cette offre fait peut-être grincer les dents des plus puristes du hors-pistes mais le produit de Tremblant en est un d’appel, qui répond bien à la demande d’une clientèle qui cherche à se (re)mettre en forme, faire du plein-air et s’initier à la pratique du ski de randonnée. L’idée de Tremblant était également de faire un clin d’oeil aux pionniers de la station, Joe Ryan et Lowell Thomas, qui gravissaient la montagne en ski, bien avant que les remontées mécaniques n’y soient installées. L’occasion du 75e anniversaire ainsi que la mode au ski de randonnée ont donc fourni le parfait moment pour le développement des sentiers. Bien entendu, la station offre également la location de l’équipement complet ainsi que des sorties guidées, histoire de ne pas laisser les non-initiés dans le noir.

    Parlant du noir, c’est dans la demi-pénombre que nous avons entamé la Traversée nocturne. Cette randonnée en skis qui nous amènera au sommet de la montagne était organisée spécialement pour l’occasion du Festival Rando Alpine. Vers 16h00, peu avant le départ, des guides ont formé des groupes de randonneurs selon leur forme physique: les plus rapides ont l’habitude de gravir les 645 mètres de dénivelé en moins d’une heure et demie, tandis que la plupart des skieurs mettront de deux heures et demie à trois heures pour y arriver. Pour notre part, nous avons été placés dans un groupe un peu disparate, qui se fractionnera en cours de montée. Peu avant le départ, notre guide fort aimable a pris la peine de s’assurer que nous avions tout ce qu’il faut: skis, fixations et bottes adéquats, peaux d’ascension, lampes frontales, piles de rechange, vêtements plus chauds, habillement en multi-couches, eau, barres tendres et noix… le mélange du randonneur était de circonstance!

    La noirceur est finalement complètement tombée alors que nous quittions la piste Nansen Bas pour pénétrer dans les boisés. Le sentier à suivre jusqu’au sommet: Vertigo, 3,9km, classé « Exigeant » selon la carte (pdf). À ce moment précis, les skieurs non rompus à ce type d’exercice ont commencé à traverser les diverses étapes d’introspection propres à ce genre d’activité. Un des membres du groupe a d’ailleurs lancé « C’est Saint-Tremblant-de-Compostelle, ça! » D’abord, le déni: tout va bien, je ne suis pas trop essoufflé, déjà 1km de parcouru en 45 minutes, ça roule Raoul. Ensuite, la colère: allons donc, c’est pas possible que je trouve ça difficile? Je suis pourtant relativement en forme! Puis, les négociations intérieures: bon, si je marche encore 15 minutes, je me donne droit à une pause jus et barre tendre. L’étape de la détresse est survenue alors qu’on abordait la portion la plus à pic du sentier: comment, quoi? Seulement la mi-parcours?? Et enfin, la résignation nous a fait poursuivre jusqu’au bout: à quoi bon avoir déjà parcouru tout ce chemin, autant compléter le tracé! C’est donc en trois heures, pauses incluses, que nous avons gravi le Mont Tremblant. La finale, une descente à la frontale dans la piste Devil’s River, nous a amenés à un souper fondue au chalet de la base du versant Nord. Tout au cours du repas, Simon St-Arnaud, porte-parole du Festival Rando Alpine, a assuré l’ambiance avec ses récits ponctués d’anecdotes aventurières. Le retour au versant Sud s’est effectué par navette, ce qui tombait bien: personne n’avait envie de regrimper après le souper!

    Rassurez-vous, au cours de l’ascension, l’ambiance a toujours été légère, grandement grâce à aux guides et fermeurs de pistes. La parole sage du soir fut « Certains se démarquent par leur forme physique… les autres, par leur persévérance! » La présence des guides a été très appréciable car ils nous indiquaient la topographie à venir, les moments de pause recommandés, les sections où mettre nos cales de montée, quand les retirer, et tout un tas de conseils très utiles pour éviter de se brûler en montée, sans oublier l’aspect plus « sécuritaire » il vaudra toujours mieux de se lancer dans un environnement inconnu avec un accompagnateur!

    La conclusion est donc très positive et malgré certaines souffrances momentanées ainsi que les courbatures du lendemain, l’envie de répéter l’expérience est bien présente! D’ailleurs, l’organisateur de la Traversée nocturne, Aymeric Brisset, s’enthousiasmait de la réponse de la clientèle: alors qu’il planifiait l’événement, il s’attendait à recevoir une centaine d’inscriptions… c’est finalement plus de 160 skieurs qui ont gravi la montagne samedi soir! Il y a fort à parier que si la station songe à organiser d’autres éditions de cette activité, les skieurs-randonneurs seront au rendez-vous!

    Val-Saint-Côme ouvre un premier parc nature au Québec

    Afin de soutenir l’éclosion de projets novateurs pour l’industrie du ski, l’Association des stations de ski du Québec a lancé l’an dernier le concours « Les dragons du ski ». Les stations sont invitées à présenter un projet qui sera rentable, novateur, faisable, viable et durable, tout en contribuant au rayonnement touristique. Un jury décerne une bourse de 10 000 $ afin de soutenir la réalisation du projet retenu. Zone ski se penche sur deux des projets présentés lors de la seconde édition.

    Alors que les jeunes amateurs de style libre réclament de longs parcs à neige équipés de modules difficiles, plusieurs stations peinent à répondre à leur demande. Difficultés d’entretien, coûts d’installation, rentabilité inexistante, les parcs à neige grand format sont une perte nette au point de vue monétaire les stations. Toutefois, les stations n’offrant pas de parc à neige répondant aux goûts de ces clients exigeants voient un exode d’une partie de leur clientèle au profit d’autres centres de ski…

    Val Saint-Côme croit avoir trouvé une alternative intéressante à offrir à ces skieurs en mal de sensations fortes : un parc nature. « Il s’agit d’un parc dans un sous-bois avec des modules fabriqués à partir de matériaux naturels » ou encore prenant avantage de la structure naturelle de la montagne, explique Louis-Georges Manseau, responsable de la gestion des risques et de la sécurité à la Station touristique Val Saint-Côme. « Les rampes peuvent être faites à partir de troncs d’arbres et on peut faire de petits modules avec des billes de bois. » Les rochers deviennent des sauts, les caps, des canons.

    Les économies viennent principalement du fait que le parc nature, comme un sous-bois, n’est ni enneigé, ni entretenu mécaniquement. Sa mise en place compte sur la participation des usagers et les différents modules sont fabriqués à moindre coût grâce à l’utilisation de matériaux pris sur place.

    L’idée de parc nature de Val Saint-Côme est inspirée d’un concept californien appelé Stash, qui se répand aux États-Unis et ailleurs dans le monde depuis une dizaine d’années. Le tout premier a été dessiné par nuls autres que Jake Burton et Craig Kelly pour la station Northstar. Val Saint-Côme est la première station au Québec à implanter un parc du genre… mais sans l’aide de ces légendes!

    La station comptait sur la bourse de 10 000 $ des Dragons du ski pour boucler le financement du parc nature, un projet évalué à 15 000$, somme dont la plus grande partie est consacrée au nettoyage et au déboisement du terrain. Pour maximiser les investissements, la station souhaite rendre ce nouveau parc accessible aux villégiateurs pour la randonnée en dehors de la saison estivale. Les juges des Dragons du ski ont peut-être préféré le projet d’Indice d’efficacité énergétique de Ski Bromont, mais considérant que le parc nature était un investissement rentable, la direction de Val Saint-Côme a décidé de le réaliser sans ce soutien financier, en répartissant les travaux sur deux ans plutôt que sur une seule année. Ainsi, un prolongement du parc est à l’agenda pour l’an prochain.

    Pour les amateurs, le plaisir commence maintenant : la première section est d’ores et déjà accessible. « Nous avons choisi un emplacement où les jeunes allaient déjà l’an passé, précise M. Manseau. On l’a nettoyé durant l’été et on a gardé le bois pour faire des modules. » Complètement dépendant des bordées neige naturelle, le parc devrait recevoir ses premiers visiteurs ces jours-ci. Mais avant de s’amuser, les jeunes devront y travailler! « C’est ce qui les intéresse, jouer dans le bois! », affirme M. Manseau. Ils pourront décider de la configuration du parc et construire leurs modules, soutenus dans le développement par l’équipe de Val Saint-Côme. Tel que visible sur la carte des pistes de la station, la piste Le parc nature est située sur le versant Est et porte le numéro 21.

    La plupart des modules seront construits l’été prochain, quand le bois coupé aura suffisamment séché et que l’usage aura permis de déterminer les endroits idéaux pour installer des structures fixes. Pour le reste, le parc pourra changer chaque année, au gré de l’inspiration de ses utilisateurs, qui pourront être de tous calibres. La station continuera à offrir un parc traditionnel, avec des modules accessibles à tous.

    L’équipe de Val Saint-Côme n’aura pas à dépenser une fortune en enneigement pour un parc large ou x-large, et aucun entretien mécanique ne sera effectué. On a d’ailleurs pris soin de choisir un endroit à l’abri des rayons directs du soleil pour réduire les chances que de la glace fasse son apparition. Quant aux assurances, aucune difficulté n’a été rencontrée. Si les jeunes adoptent le parc, Val Saint-Côme aura trouvé une solution économique pour répondre aux attentes de cette clientèle exigeante. Une idée qui pourrait se répandre comme une trainée de poudre!

    Enfin, on parle ski!

    L’an dernier, j’ai tapé une petite crise à propos du fait que les médias généralistes n’accordaient pas beaucoup d’importance au ski alpin. Peut-être mes voeux ont-ils été entendus et exaucés, car cette année, force est d’admettre que le ski alpin fait partie des sujets bien exploités dans la plupart des médias (radio, télé, journaux). Comme j’ai l’habitude de faire la râleuse, voici un édito positif, histoire de vous faire mentir un peu 😉

    D’abord, un superbe cahier tout entier a été consacré au ski alpin dans LaPresse+. Le contenu a été diffusé plus graduellement sur le web et dans les versions papier, mais tout y est: nouvelles tendances, conseils, destinations… vraiment, du joli. Pour la plupart des convertis, c’était bien peu de nouveau, mais pour tout un pan du lectorat de LaPresse+, le contenu a probablement été fort intéressant.

    Ensuite, l’ouverture de saison de plusieurs stations a été davantage médiatisée que par le passé. Alors qu’on avait l’habitude de voir une seule station visitée par un média de météo, plusieurs stations de télé ont effectué des sorties pour couvrir les ouvertures, des Laurentides en passant par Québec et l’Estrie.

    Plusieurs stations sont actives dans leurs promotions auprès des médias locaux, mais l’industrie du ski étant englobée dans la vaste offre du tourisme hivernal, il est parfois difficile de parvenir à tirer son épingle du jeu en terme de visibilité médiatique, entre les balades en traineau à chien, les tours guidés en motoneige et la multitude de festivals d’hiver. Quoi qu’il en soit, Tourisme Québec avait déjà entamé de jolies promotions l’an dernier, dont plusieurs comportaient des extraits vidéo de ski alpin. On en aurait pris plus… mais cette année, je n’ai pas à râler, on voit et on entend parler de ski, youpi!

    Et enfin, le ski alpin est finalement matraqué par des publicités aux heures de grande écoute, entre autres grâce à une chaine de magasins de sport qui n’a pourtant pas la meilleure réputation pour le ski alpin: Sports Experts. Personnellement, je ne peux que me réjouir de voir les pubs télé qui roulent (le cocooning, la soirée cinéma), et je dois absolument saluer ce travail dans le message: l’hiver, c’est fait pour skier!

    Sur son site internet, Sports Experts offre de très belles capsules informatives sur l’équipement et donne même des conseils d’entrainement. Plus aucune raison de ne pas vouloir s’y mettre! Et je reviendrai toujours à mon discours sur l’importance de l’effet d’entrainement: parlez-en autour de vous, amenez des amis, de la famille… ne vous fiez pas qu’aux initiatives des autres, soyez de ceux qui en auront!

    Je profite de ce texte pour vous souhaiter à tous (oui, vous, lecteurs, que j’espère au pluriel), un très joyeux temps des Fêtes, plein de sorties en ski, de la santé et la résolution de parrainer un non-skieur d’ici la fin de la saison, qui est à peine entamée 🙂

    Visage du ski: JP Auclair

    JP Auclair

    Sans surprise, je préfère toujours réaliser un portrait à titre non-posthume… JP Auclair figurait sur ma liste, j’attendais « le bon moment ». Le bon moment pour l’approcher, un moment qui puisse bien se caser à travers toutes ses obligations et son emploi du temps. C’est donc avec la stupeur partagée par l’entière communauté de skieurs que j’ai appris l’accident qui l’a emporté au Chili. Toujours tragique, jamais prévisible. Toujours regrettable, jamais imaginable. On se prépare pour le pire, même si on espère le meilleur… JP était de ceux qui ne prennent aucune décision à la légère, aucun risque non-calculé, aucun choix sans soupeser longuement. Sage, averti, avisé, conscient, allumé, les superlatifs ne manquent pas pour illustrer la personnalité de ce pionnier du freeski. Ce portrait s’inscrit donc, bien malgré moi, dans la longue lignée des textes qui lui rendent hommage et qui retracent les faits marquants qui ont jalonné la trop courte vie de ce passionné de la glisse.

    Les débuts

    Mordu de ski dès son plus jeune âge, Jean-Philippe Auclair était bien plus attiré par les pistes enneigées que par l’école, ce qui n’a pas manqué d’inquiéter un tantinet ses parents -qui ne l’aurait pas été? Sa fougue sur les skis lui aura valu bien des remontrances de la part des patrouilleurs des différentes stations de ski où il a évolué. Après avoir débuté sur les pistes de la « butte Myrand », JP a passé son adolescence à Stoneham, pour ensuite intégrer le club de ski du Mont-Sainte-Anne. Talentueux, il fait même partie des espoirs de sélection pour l’équipe du Canada en vue des J.O. de Salt Lake City, en 2002. Avant d’avoir atteint la vingtaine, le jeune Auclair sait qu’il est définitivement plus attiré par l’aspect « freestyle » que par toutes les autres structures plus rigides et officielles; il délaisse donc les compétitions pour s’adonner pleinement à ses projets de tournage, et au développement d’un tout nouveau type de ski.

    Le pionnier discret

    Membre en règle de la New Canadian Air Force, JP Auclair a agi à titre de pionnier pour le freeski: éclatement des sentiers battus, création de nouvelles figures, et même conception du tout premier ski à double spatule (« twin tip »), le fameux Salomon Teneighty (1080). Ce type de design révolutionnera le freestyle skiing et plusieurs autres skieurs émérites l’adopteront. En 2002, JP Auclair co-fonde, en compagnie de Tanner Hall, la compagnie de ski Armada, à la tête de laquelle il se trouvait jusqu’à son décès. L’entourage de JP est unanime: qu’il soit question de photographie ou de tournage, de développement de produits alpins, de faire du ski ou de s’impliquer dans sa communauté, le qualificatif qui est sur toutes les lèvres est le même: passionné. Les éloges qui ont suivi son décès le rendent d’autant plus navrant.

    Il y a quelques mois, JP a été déclaré « Aventurier de l’année » du National Geographic par un vote populaire tenu en ligne. Il a succédé à Felix Baumgartner, qui a été découvert par le public avec son projet de Red Bull Stratos. Lorsque le National Geographic a annoncé à JP Auclair qu’il avait remporté le titre, il a déclaré s’être senti comme un imposteur, alors qu’il était assis plusieurs heures par jour devant son ordinateur. Dans un article reprenant les faits marquants de sa carrière, la prestigieuse société NG vante son approche des sports en général et le définit comme un aventurier pour l’ensemble de son oeuvre, tant du côté artistique que du côté sportif. Les exploits de JP ont d’ailleurs fait l’objet de plusieurs films; nombreux sont les skieurs qui carburent aux séquences mémorables tournées aux quatre coins du globe, tant en nature reculée qu’en pleine ville. L’un des segments les plus admirables, le « street segment » de All. I. Can. (Sherpas Cinema), servira probablement d’inspiration à quelques générations de freeskieurs.

    L’homme qu’il restera

    Aux yeux de tous, JP Auclair a une image riche et plus que flatteuse: l’homme, l’ami, le nouveau père, l’humaniste, le skieur passionné, le créateur, l’artiste. Ceux qui ont eu la chance de le côtoyer se souviendront toujours du plaisir qui l’animait lorsqu’il parlait de ses différents projets. Parmi l’un deux, la fondation Alpine Initiavites, qu’il a mise sur pied et dont l’objectif est de créer des projets de coopération internationale en lien avec les différentes communautés et entreprises de l’industrie du ski. Né du désir de s’impliquer davantage pour « donner au suivant », cet organisme à but non-lucratif a vu une branche pousser dernièrement, le Auclair Fund, dont le but plus simple est d’aider la famille directe de JP à traverser les moments plus difficiles; le nouveau venu Auclair, Léo, aura un an en mai prochain. Rien ne ramènera jamais le disparu à la vie, et le seul prix de consolation qui soit est celui de savoir que JP a contribué, à sa manière, à rendre le monde du ski meilleur.

    Merci, JP.

    Les Portes du Soleil: le géant de Haute-Savoie

    Sélectionner une destination pour un voyage inaugural dans les Alpes françaises n’est pas forcément une tâche facile pour un skieur américain. On cherche tous des choses qui sont hors du commun chez nous: des montagnes dramatiques avec des dénivelés étourdissants, des espaces grandioses où on peut skier une semaine entière sans devoir descendre la même pente deux fois, des villages charmants que l’on peut visiter un après l’autre sans déchausser tout en mangeant des repas somptueux. Cependant, puisqu’il y a pas mal de stations qui offrent ces attributs, on se rend compte vite que parfois la seule chose plus ardue que de ne pas avoir assez de choix est d’en avoir trop.

    Afin de réduire les options, j’ai ajouté un autre critère qui est très désirable pour quelqu’un qui ne veut pas passer des heures dans les transports après un vol transatlantique pendant la nuit: l’accessibilité. J’ai donc fini par choisir les Portes du Soleil, le domaine franco-suisse situé seulement à une heure de route de l’aéroport de Genève. Même avec un retard la veille en décollant de Newark, j’étais assis à 10h30 le lendemain dans la télécabine Chavannes Express. On n’est donc pas obligé de gaspiller la première journée du séjour en transit. Bien sûr, à cause du décalage horaire, on risque un peu la fatigue, mais au diable le jet lag – le but de ce voyage est de skier! 

    830 mètres verticaux plus tard, le panorama du sommet de Chamoissière donne le premier aperçu de l’immense étendue des Portes du Soleil. Même les gens qui ont visité les fameuses stations de l’ouest de notre continent seront bouleversés par l’échelle: un circuit énorme qu’on peut entreprendre dans les deux sens: 425 kilomètres de pistes (le deuxième plus grand domaine du ski du monde après Les 3 Vallées). Bien que j’aie parcouru des douzaines de kilomètres chaque jour, au bout d’une semaine c’était évident que je n’ai skié qu’une petite partie du domaine. 

    Ceci dit, les Portes du Soleil ne se démarquent pas seulement par la grandeur et la hauteur, mais également par la variété impressionnante du terrain. Il y a vraiment tout – à basse altitude, toutes sortes de pentes larges, ondoyantes, bien damées, et bordées d’arbres qui se prêtent bien aux journées orageuses ainsi que des champs gigantesques au-dessus de la limite des arbres, des prés vastes avec des inclinations douces où des skieurs de niveau moyen peuvent tranquillement pratiquer leur technique dans la poudreuse, des couloirs étroits et des ravins raides, etc.

    Quoique les pistes balisées en général ne soient pas très abruptes, il suffit de regarder autour de soi pour identifier de nombreux défis hors-piste. Si on a envie du ski ensoleillé, on se dirige vers les versants suisses qui sont exposés au sud, tandis que la plupart des pentes françaises donnent plutôt sur le nord, ce qui préserve mieux la neige évidemment.

    De plus, comme trois des douze stations ne sont pas reliées au grand domaine par les remontées, mais plutôt par des trajets brefs en bus, on a l’occasion de s’échapper facilement des foules pendant les périodes chargées. J’ai passé une journée sur une de ces montagnes satellites, Mont Chéry, qui se trouve d’ailleurs au centre du village Les Gets. Avec à peine une cinquantaine d’autres skieurs, c’était comme une station privée: des pentes vides, de très bonnes conditions sur le versant orienté nord par rapport au circuit principal, et une vue imprenable sur le Mont Blanc.

    Et voilà ma motivation principale pour faire un séjour de ski dans un domaine géant comme les Portes du Soleil: l’extraordinaire quantité de neige vierge ou au pire légèrement tracée. On pourrait prétendre que ceci est le résultat de trois éléments: du hors-piste apparemment inépuisable, un bon enneigement record, et (une différence perceptible par rapport aux centres de ski nord-américains) une grande majorité de visiteurs qui ne quitte pas le damé. Même plusieurs jours après la dernière tempête, on arrive à trouver de la neige fraîche avec très peu d’exploration. Du coup, on n’a jamais l’impression de participer dans une cavalcade pour la poudreuse. Bien entendu, l’inverse –  que les pistes balisées sont normalement plus peuplées que chez nous – est aussi vrai, mais pour les mordus du hors-piste, le jeu en vaut la chandelle.

    Puisque c’est la France, il faut tôt ou tard parler de la cuisine et avec 90 (!) restaurants offrant des plats français et savoyards – préparés souvent avec des produits du terroir, y compris beaucoup de reblochon, naturellement – et là les Portes du Soleil ne déçoivent pas. Même les restos plus modestes offrent typiquement un niveau de cuisine qui n’est disponible chez nous qu’aux quelques stations haut de gamme. Pour des gens qui ont l’habitude de déjeuner sur le pouce avec le fast-food dans une cafeteria quelconque, c’est un vrai plaisir de pouvoir se détendre un peu, de pratiquer la gourmandise en pleine montagne, et tant pis pour le portefeuille!

    En ce qui concerne le logement près des remontées, on a des tas d’options attirantes et variées. À mi-montagne il y a Avoriaz, conçue pendant les années 60 spécialement pour accéder facilement à l’immensité des Portes du Soleil incluant toutes les stations suisses. En plus, grâce à sa position en haut du domaine à la périphérie de l’ouest des Alpes, Avoriaz reçoit plus de neige naturelle (8 mètres en moyenne annuellement) que n’importe quelle autre station en France.

    Bien entendu, il y a un prix pour le bel emplacement et ça c’est l’ambiance. Quoiqu’Avoriaz ne fasse pas HLM alpin comme les Arcs ou les Ménuires, l’agglomération n’est pas exactement chargée d’ambiance hivernale que l’on attend dans les Alpes non plus. Personnellement, je préfère sacrifier un peu de commodité pour un endroit traditionnel avec une atmosphère plus chaleureuse, donc j’ai décidé de me baser dans deux villages mignons nichés au pied des montagnes.

    Les trois premiers jours du séjour, mon QG était Les Gets, une belle station à l’extrémité sud-ouest du domaine qui est particulièrement bien adaptée aux familles avec beaucoup de terrain intermédiaire, pleins d’activités pour les enfants, et un joli centre-ville détendu avec pas mal de restaurants, hôtels, et bars. Les trois derniers  jours, j’étais basé à Morzine, littéralement à deux pas de la télécabine principale. Pour ceux qui ont envie de découvrir tout ce que les Portes du Soleil offrent au niveau de terrain, Morzine est un point de départ plus pratique que Les Gets et de ce que j’ai vu, c’est sans question le village le plus animé dans les Portes du Soleil.

    Typique pour les Alpes, Les Gets et Morzine fournissent un grand choix d’options en plus du ski: la luge nocturne (fortement recommandé et plus difficile que l’on avait prévu!), des tours en raquette ou en Segway, le patinage, des visites de fromageries, le musée de la Musique Mécanique (très intéressant), et à la fin de mars un grand festival de musique en plein air, “Rock The Pistes,” pour n’en citer que quelques-unes.

    Liens Utiles

    Portes du Soleil

    Hôtel Alpina (Les Gets)

    Hôtel Équipe (Morzine)

    Le pari de Nakiska

    En mai dernier, la station albertaine Nakiska a mis en vente son abonnement de saison à un prix ahurissant: 199$ pour le « Early Bird », ce qui représente un rabais de 620$ par rapport au prix régulier de 819$. Ahurissant, je vous le dis. Cette promotion avait fait l’objet d’un très grand nombre de partage sur les réseaux sociaux, mais n’a eu que bien peu d’écho dans l’industrie du ski du Québec.

    Avant d’aller plus loin dans les histoires de prix, parlons de Nakiska. C’est une station située à environ une heure de route à l’ouest de Calgary, juste au sud de Canmore. La montagne offre un dénivelé total de 735 mètres (pour référence: le Massif de Charlevoix, lorsque la piste du même nom est ouverte de haut en bas, offre 770 mètres), comporte 71 pistes de niveau principalement débutant et intermédiaire, mais avec quand même près d’une quarantaine de pistes de niveau expert. La station fabrique de la neige sur la très grande majorité de son domaine skiable car elle ne reçoit que 250cm de neige annuellement. En comparaison, les voisines Big 3 (Lake Louise, Sunshine Village et Norquay) reçoivent plus de 9 mètres. L’altitude est bien entendu le principal facteur; Nakiska culmine à 2 260 mètres, soit 500 de moins que Sunshine Village par exemple. Pour boucler le portrait, on peut faire un parallèle avec un Bromont, un Saint-Sauveur ou un Stoneham pour la proximité avec les centres urbains et le type de ski qu’on y pratique.

    Dans un article du Calgary Herald, daté du 27 mai 2014, le point de vue de la station est exprimé, ainsi que les paroles d’un sceptique. L’article cite Matt Mosteller (ventes et marketing pour RCR, qui possède Nakiska), qui relate que la décision de la station de couper le prix de l’abonnement est de faire sa part pour augmenter le nombre de skieurs actifs sur les pistes. Personne ne peut être contre ça! L’idée peut cependant rappeler un peu les diverses promotions de Bromont mais la comparaison demeure faible car Bromont mise davantage sur l’aspect social et sur la variété presque infinie de produits d’abonnements; Nakiska offre à peu de choses près le même éventail d’abonnements qu’on retrouve partout ailleurs.

    Les sceptiques ont tout de suite vu l’opportunité pour les habitués, qui se sont effectivement rués sur l’abonnement: à ce prix, la réflexion n’a pas duré longtemps. La station a bien entendu enregistré des ventes record et les mauvaises langues prétendent que ce tarif alléchant n’aura aucunement servi à ramener davantage de skieurs sur les pistes… Je me permets d’avoir une opinion différente, puisque j’ai la chance de connaitre une planchiste « occasionnelle » qui a acquis l’abonnement, avec la ferme intention de s’y mettre plus sérieusement. Ce n’est qu’une personne, me direz-vous, mais soyons optimistes: je pense que la tactique Nakiska aura payé davantage qu’on le pense. Je me répète souvent à propos de l’effet d’entrainement, mais ce prix aura sans doute servi à convaincre plus d’un skieur dont l’entourage est déjà converti!

    Pourrait-on voir ce type de promotion au Québec? Je jongle avec cette interrogation depuis que j’ai lu l’article du Calgary Herald cet été. Je me questionne car d’une part, la démographie me semble proportionnellement « comparable »: Calgary est à l’Alberta ce que Montréal est au Québec, Edmonton et la Ville de Québec sont toutes deux moins populeuses que les métropoles bien qu’elles soient capitales provinciales. Bien entendu, l’état économique de l’Alberta ne se compare pas à celui du Québec, et la proximité avec des stations de ski de haut calibre n’est pas non plus comparable. Ceci dit, Calgary est un cas de figure fort intéressant à étudier à cause de son haut niveau de croissance, ainsi que de la forte proportion de population issue de l’immigration. Je me questionne aussi sur les moyens de marketing et communication mis en place pour effectuer la promotion de l’abonnement en mai dernier: j’ai vu le partage sur les réseaux sociaux, la réponse m’a paru virale mais qu’en est-il réellement sur le terrain? Comment l’information a-t-elle été véhiculée? De quelle ampleur était la campagne?

    L’Alberta compte 29 stations de ski en opération sur son territoire. Oui, « que » 29… dont quatre directement dans les Rocheuses: la proximité avec la Colombie-Britannique fausse l’image qu’on a de l’Alberta. (Pour les curieux, visitez Go Ski Alberta, le site de l’équivalent de l’ASSQ. Jetez un oeil à la répartition géographique des stations de ski…)  Au Québec, environ 75 stations de ski se partagent la pointe de tarte de la population de skieurs. Est-ce que l’offre « trop grande » fait en sorte qu’il est impossible de voir un prix réduit de la même manière qu’à Nakiska?

    L’an dernier, j’ai rédigé une série de trois textes sur la vraie valeur d’un billet de ski au Québec. Le véritable questionnement qui se pose quand on réfléchit au prix de l’oiseau du matin à Nakiska, au-delà du concept de l’économie d’échelle, c’est plutôt de savoir quelle est la valeur réelle d’un billet de ski en Alberta. Et pour répondre à cette question, j’aimerais d’abord en savoir davantage sur l’implication des différents paliers gouvernementaux, et connaitre l’apport du financement privé dans l’exploitation d’une station de ski. Le prix de l’énergie fait bien sûr partie des enjeux; le gouvernement provincial albertain aborde-t-il l’industrie du tourisme hivernal de la même manière que le nôtre? Chose certaine, le pari de Nakiska est porteur de bonnes intentions et me laisse croire qu’on peut oser faire les choses différemment, pour obtenir des résultats différents.

    Bien choisir son manteau de ski

    Photo Geneviève Larivière

    Votre manteau de ski commence à être défraîchi? Il est encore dans la mode fluo? Vous ne pouvez skier par temps plus froid, car il n’est plus assez chaud? Il est venu le temps d’investir dans un nouveau manteau! Le début de saison est le temps idéal pour repartir en neuf. Aidée d’une conseillère chez Avalanche, un fabricant de vêtements de ski québécois, je vous propose donc un guide pour choisir votre prochain manteau avec les principaux éléments à regarder dans l’achat de cet essentiel du ski.

    Élément: chaleur

    Le premier élément à considérer dans le choix d’un bon manteau de ski est la chaleur que le vêtement procure. Nul besoin de dire que puisque le ski et la planche à neige sont pratiqués dans des températures froides et au grand vent, il est important de bien se protéger! D’ailleurs, les besoins diffèrent selon le type de ski pratiqué. Selon la conseillère Véronique Dufour, « la personne qui fait du freestyle n’aura pas les mêmes besoins en terme de chaleur que le skieur du dimanche. » Bien entendu, les adeptes du freestyle qui dépensent une foule d’énergie dans les parcs à neige ont besoin d’un peu moins de chaleur et de plus d’aération, tandis que le skieur du dimanche aimera un peu plus de chaleur. De même, la tolérance au froid diffère selon le poids de la personne et sa préférence personnelle. « En moyenne, les gens préfèrent le 150 grammes d’isolation », explique Mme Dufour. Pour ce qui est des pantalons, ils sont souvent moins isolés, car nous perdons moins de chaleur par les jambes. Le degré d’isolation varie donc entre 60 et 70 grammes. Selon Mme Dufour, les besoins diffèrent peu selon les régions du Québec.

    Cependant, pour quelqu’un qui aime voyager dans l’Ouest canadien ou américain, les besoins différeront légèrement. Souvent, il y fait un peu plus chaud, ou plus humide. Mme Dufour recommande donc les 3 en 1, ce qui permet d’ajuster le niveau de chaleur et qui crée en même temps un manteau 4 saisons pour le Québec. Le rêve, pour les plus frileux d’entre nous, est le manteau que Rossignol a mis en marché il y a quelques années : un manteau chauffant. Malheureusement, dû au fait que c’était peu connu, il a été discontinué en 2011.

    Élément: confort et liberté de mouvement

    Le confort du manteau et la liberté de mouvement sont deux autres points essentiels à considérer. L’ajustement est primordial, puisqu’un manteau trop petit offrira moins de chaleur et de confort; un manteau trop grand laissera passer l’air et la neige par en dessous puisque la petite jupette à neige ne fera pas son travail adéquatement. Pour vérifier si le manteau est bien ajusté, il faut vérifier les épaules et le mouvement. Il ne faut pas que vous sentiez que ça tire de nulle part. Il est aussi important de vérifier la grandeur de la manche. « Quand je fais essayer un manteau, je demande à mes clients d’étirer les bras en avant. Il ne faut pas qu’il y ait de plis dans le dos », explique Mme Dufour. Elle recommande d’ailleurs de demander l’aide d’un professionnel dans l’ajustement, considérant que c’est un point essentiel au confort du manteau.

    Un autre point à regarder est l’aération. Le manteau devrait posséder de petites trappes (généralement sous les bras) qui peuvent se refermer pour les journées plus froides et s’ouvrir pour les journées plus chaudes du printemps.

    Élément: durabilité

    Dans l’achat d’un bon manteau de ski, il ne faut pas oublier de vérifier la durabilité dans le grain du tissu. Sachant qu’il est un peu dommage d’investir dans un manteau qui ne durera pas plus d’une saison, on misera sur des fibres durables et solides. Bien entretenu, Mme Dufour affirme avoir vu un manteau qui avait 15 ans encore en bon état. Voilà pourquoi il est important de bien l’entretenir après l’achat! Contrairement à la croyance populaire, laver souvent un manteau de ski est une bonne chose. La conseillère précise même « on devrait laver au moins à quelques reprises dans l’hiver », ce qui aide à réactiver l’isolation dans le manteau et à enlever toute trace de graisse et de sueur laissée par la peau dans le manteau. Il est très important de ne pas le laver à sec, puisque les produits chimiques viennent au contraire briser le manteau. Il vaut mieux choisir un bon nettoyant à lessive spécialisé : Mme Dufour recommande le produit Granger qui est vendu dans les boutiques Avalanche. Elle déconseille les produits plus commerciaux comme Tide, ceux-ci laissent une pellicule qui empêche le manteau de respirer.

    Élément: look

    Finalement, le dernier et non le moindre, un critère important dans le choix d’un manteau est son look. En investissant dans un bon manteau, il est important de le trouver beau. Bien que cela semble aller de soi pour la plupart d’entre vous, certains feront l’erreur de payer cher pour un manteau d’une grande qualité, mais qu’ils ne porteront à peu près jamais… Pour ceux qui aiment rester à la mode, les couleurs cette saison sont : les couleurs pâles et les teintes pastel; les couleurs plus flash comme le rouge, le bleu et le jaune; de même que les couleurs naturelles comme le beige, le kaki et l’ocre.

    Pour un manteau que l’on trouvera beau longtemps et qui restera à la mode, le noir est un incontournable indémodable. Le rouge et le bleu royal sont aussi des valeurs sures qui seront longtemps vues sur les pentes de ski du Québec. Afin de maximiser l’investissement lors de l’achat, Mme Dufour suggère aux débutants de choisir un manteau qui soit uni et sobre, doté des composantes d’un manteau de ski comme les trappes d’aération et la jupette pare-neige, mais qui pourra passer partout, de la pente de ski à la ville. Bon magasinage!

    La luge alpine au Québec

    Une fois de plus, l’hiver est à nos portes. Du côté luge, ce sera déjà la quatrième saison au Québec. Voici donc, en quelques lignes, un bref historique de cette nouvelle venue dans les activités de glisse hivernales.

    En 2012, le Massif de Charlevoix devient la première station à offrir l’activité au grand public,  avec une piste de 7.5 kilomètres. Ce fut un grand succès et, malgré une augmentation annuelle des places disponibles sur réservation seulement, il faut s’y prendre généralement des semaines d’avance pour assurer sa place. Deux ans après le Massif, le Domaine du Radar, situé à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Sainte-Marie-de-Beauce, inaugure sa propre piste de 2.4 kilomètres. Signe de sa popularité croissante, la capacité du véhicule de remontée a été récemment  doublée. Finalement, pour l’hiver 2015, la station de ski mauricienne Vallée-du-Parc inaugurera une nouvelle piste de 2.2 kilomètres, accessible également sur réservation obligatoire.

    Pour pouvoir se faire une meilleure idée de ce qui s’offre aux futurs lugeurs, voici des informations plus détaillées ainsi que quelques conseils personnels et ce, une station à la fois.

    Le Massif de Charlevoix

    • Arrivez 30 minutes d’avance et familiarisez-vous avec votre luge, fournie par le Massif.
    • Vous aurez à effectuer 15 minutes de transport assuré par la station, en dameuse, l’arrière de celle-ci est chauffé mais pas la remorque.
    • À vos marques, partez! Aucune limite de vitesse pour les quatre prochains kilomètres. Les sorties de piste sont souvent inévitables mais les remparts de neige et les filets (appelés filets à poissons par les moniteurs) remettent rapidement les acrobates sur le droit chemin.
    • Après ces quatre premiers kilomètres, une petite marche de dix minutes vous permet d’accéder à un relais chauffé pour une petite pause.
    • Vous poursuivrez avec un kilomètre et demi très rapide, du genre montagnes russes, suivi d’un virage à 180 degrés, que les mêmes moniteurs appellent en cachette « virage de la mort »: 2 rangées de filets,  que j’ai moi-même testé, pour ceux qui arrivent « un peu » vite.
    • Puis, vous effectuerez une brève marche par le pont des soupirs car la dernière section est devant nous. C’est la plus rapide avec un bon ‘’S’’ et encore plus de montagnes russes. Plusieurs vont dépasser les 50 km/h.
    • Pour terminer, rassemblement aux pieds des télécabines, avec des visages souriants, souvent même ébahis. Mais aussi déçus… oui c’est déjà fini.
    • En guise de consolation, il y a peut-être eu des annulations de dernière minute…

    Le Domaine du Radar

    • Aucune restauration sur place mais un refuge chauffé.
    • La remontée s’effectue en autobus scolaire également chauffé.
    • Les lugeurs partent un à la fois sur une piste d’environ trois mètres de large, ce qui rend les dépassements un peu plus difficiles mais qui ajoute du piquant à la descente.
    • La piste, située sur une ancienne route militaire, est de configuration facile mais la proximité des bords, jumelée à une vitesse pouvant aussi atteindre les 50 km/h, rend la descente très enivrante.
    • Plusieurs soirées de descentes aux flambeaux sont prévues.
    • Les luges, semblables à celles du Massif, sont fournies.
    • L’ouverture d’une seconde piste un peu plus corsée aura probablement lieu plus tard cet hiver. À suivre…

    Vallée-du-Parc

    • Une attente pour le grand départ bien au chaud dans le grand chalet.
    • Agrippez votre luge et c’est le télésiège qui vous transporte jusqu’au sommet
    • Les consignes d’usage et une descente avec moniteurs, ponctuée de brefs arrêts.
    • Une piste de quatre mètres de large avec des bouts droits, des virages, des sections rapides, des sections plus lentes, et assurément beaucoup de plaisir.
    • Une petite marche de cinq minutes, une autre remontée suivi d’une descente encore plus grisante car vous êtes beaucoup plus à l’aise sur votre engin.
    • Comme toute bonne chose a une fin… il faut rapporter les luges au chalet et profiter d’un bon breuvage chaud pour se remémorer, entre amis, les dernières aventures.

    J’espère que ces informations contribueront à vous faire passer un bon moment. Les sites internet de ces trois stations sont également une bonne source de renseignements. Notez que les stations utilisent toutes le même type de luge, très approprié pour le public en général. Pour finir, voici une série de vidéos, histoire de vous donner encore plus envie!

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