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    Le ski en Écosse – la suite

    Nevis Range

    Comme je le disais dans mon premier texte, j’ai découvert les stations de ski écossaises dans le cadre de mon travail de consultant/conférencier et de mes études. Ce fut une découverte totale car cette partie de la culture de l’Écosse n’avait pas traversé l’océan jusqu’à mes oreilles. Voici donc le second et dernier texte sur le sujet, en espérant que ça vous inspirera pour le choix de votre prochaine destination de voyage!

    Nevis Range Mountain Resort

    Nevis Range est la seule station que je n’ai pas skié, ce n’est pas parce qu’il ne faisait pas beau, mais parce que… il y avait trop de vent! Ce qui m’amène à un autre constat : pourquoi si peu de télésièges ou de télécabines? D’une part, le vent de l’Atlantique Nord et les vallées des Highland créent des corridors de vent qui atteignent jusqu’à 90 km/h et d’autre part, l’absence d’arbres feraient en sorte que les télésièges et les télécabines seraient toujours arrêtés!

    En effet la télécabine qui nous amène de la vallée (à environ 100 m au-dessus du niveau de la mer) à la base du domaine skiable (à 655 m d’altitude) état immobilisée ce matin-là, pour cause de forts vents. Seul des militaires et quelques membres du personnel ont été capables de se rendre tôt le matin. Je n’ai pas su comment ils étaient redescendus… En été, la montagne est reconnue pour ses nombreux parcours de vélo de montagne.

    Glencoe Mountain Resort

    Comme vous l’avez vu précédemment, le brouillard est un élément commun des résidents du Royaume-Uni. Sur la photo (altitude 305m), le brouillard cache la base du domaine skiable à 650m et le sommet à 1108m. Tout comme à Nevis range, lorsque vous êtes au chalet au pied de la montagne, vous n’êtes pas encore près des pistes. Un télésiège double vous amène au domaine skiable et de là, des remontées terrestres desservent les différentes pistes. Je peux vous dire que skier dans le brouillard et un peu de vent est toute une expérience! Aucun repère visuel sauf le bout de vos skis. Le seul repère est le son des autres skieurs et planchistes qui sont à proximité. Comme je n’ai skié que des bouts de piste, il n’est difficile d’avoir une opinion sur la station. Par contre, je ne peux qu’imaginer skieur du sommet à la base lors que les conditions sont réunis (plus de 800m).

    Snow Factor

    Pour beaucoup de skieurs et de planchistes et moi le premier en tant que nord-américain, l’idée de skier à l’intérieur est un «concept» bizarre. Du ski ou de la planche, cela se fait à l’extérieur, point à la ligne. Mais, quand on vous offre la possibilité d’en faire à Glasgow, cela ne se refuse pas. La première impression lorsque l’on arrive près des installations, on se croirait dans ou près d’un centre commercial sur le boulevard Tascherau (Brossard) ou le boulevard Saint-Martin (Laval).  Dans ce cas-ci,  on y trouve un cinéma, des arcades de jeux, des restaurants, des allées de quilles et autres et, évidemment, la piste de ski intérieur. Une fois dans la «station» proprement dite, on retrouve tous les services d’une station de ski traditionnelle incluant, en plus, la location de vêtement de ski et des douches. Avec une température journalière maximale moyenne de +12 C, je doute que plusieurs aient des vêtements d’hiver appropriés.

    Les statistiques : 40 m de vertical, 200 m de long, système de neige fabriquée, deux pistes, quatre remontées. Snow factor est ouvert 364 jours par année de 10 h à 22 h.

    Deuxième impression, une fois sur le bord de la piste, on se croirait dans un aréna en termes de température (-4 C) et d’«atmosphère». Au pied de LA piste principale, aucune comparaison possible avec une piste extérieure. Allez, hop! L’arbalète jusqu’au sommet.

    Au sommet, sans surprise, rien pour écrire à sa mère! Une piste droite, sans obstacle majeur, quelques sauts et quelques rails. Une descente, deux descentes, trois descentes, de courtes descentes agréables sur une surface de neige fabriquée de qualité et bien damée. Dans ce contexte, il en faut pas s’étonner que la billetterie offre des forfaits à l’heure. Il faut également mentionner qu’avec un environnement contrôlé, la fabrication de la neige (des canons dans le plafond) et le damage (un PistenBully 100) sont relativement simples.

    Je me permets un encart à propos du scotch!

    Difficile d’être en Écosse et de ne pas goûter à un des nombreux scotchs disponibles. «Single malt», «blend», 5 ans, 10 15 ans, le choix est vaste! Vous trouverez dans toutes les régions des distilleries offrant des dégustations. Cela vous permettra de mieux choisir celui que vous préférez. Évidemment, tous les pubs ont leur propre sélection de scotchs qui sont les meilleurs, selon le patron, dans la région. N’hésitez pas à demander conseil au patron!

    À savoir avant de partir

    Apportez votre équipement, si possible, cela rendra votre expérience plus agréable, même si toutes stations offrent un service location d’équipement. Une suggestion, faites aiguiser vos skis avant votre départ. On se sait pas quel type de surface vous allez rencontrer.

    Vos points de chute pour ce voyage de ski seront Édimbourg ou Glasgow. Il n’y a pas de vols directs vers l’Écosse. Vous devrez transiter via Amsterdam, Londres ou Paris selon le transporteur que vous choisirez. À titre d’information, le billet (aller/retour) se vend à partir de 859 $ TTI (en date du 7 décembre pour le début février); moins cher qu’un billet, sans escale, vers Genève (Alpes) mais plus cher que vers Vancouver (Whistler Blackcomb) ou Denver (Vail).

    Compte tenu que la première station se trouve à 90 minutes au nord d’Édinbourg ou de Glasgow, la location de voiture est nécessaire. À l’aéroport vous trouverez toutes les grande bannières de compagnie de location, à vous de choisir votre voiture. Magasinez, cela vaut à peine. Je vous suggère de louer une voiture automatique car la conduite à droite vous demandera toute votre attention.

    Le concept de ski-in/ski out n’existe pas dans les stations écossaises. La majorité d’entre-elles sont situées dans les parcs nationaux. Les grandes bannières hôtelières y sont également absentes. Par contre, il y a une multitude d’établissements d’hébergement indépendants de très grande qualité et de toutes tailles. Ma préférence va aux B&B (bed and breakfast) qui sont situés dans une des municipalités environnantes (à quelques kilomètres des stations), ne serait-ce que pour rencontrer les «locaux», d’autres skieurs ou se faire indiquer les restaurants, les pubs et les endroits à visiter hors des circuits touristiques.  Pour profiter au maximum de votre expérience, choisissez de préférence un pub. La bouffe n’est pas compliquée mais elle est bonne surtout avec une bonne bière locale!

    Bon à savoir: comme chez nous, la relâche scolaire existe en Écosse, elle se situe en février et elle dure deux semaines! Deux sites sont incontournables dans la préparation de votre voyage de ski soit : http://international.visitscotland.com/fr/ et ski.visitscotland.com

    Est-ce que je vais retourner faire du ski? OUI, pas dans un cadre du travail mais pour le plaisir de skier… de manger et boire du scotch (après le ski, on s’entend)!

    L’expérience de ski est très différente qui nous est offerte par les stations qui nous sollicitent ici. De grands domaines skiables, une atmosphère sympathique, relaxe, sans stress. Trouver un équivalent dans le nord-est américain, je n’en connais pas. Peut-être Sutton pour son ambiance. En terminant, pour Lonely Planet, l’Écosse fait partie des trois premières destinations à visiter en 2014, mais le ski demeure un secret bien gardé!

    Ski hors-piste: le Mont Plante renaît

    Le Mont Plante renaît ! Oui, mais est-ce bien une renaissance ? Est-ce que la station fermée au début des années 80 était vraiment inaccessible durant toute cette période ? Pas du tout. Depuis la fin des années 80, je m’intéresse aux stations de ski du Québec. J’ai entendu parler du Mont Plante pour la première fois au milieu des années 90, même s’il était fermé à cette époque depuis 10 ans. Du temps de son opération, la station était redoutée par bien des skieurs, en raison de son inclinaison impressionnante. Des pistes mythiques y étaient présentes, telles que l’International. La station bénéficiait également d’un bon enneigement naturel, étant située dans la ceinture de neige des Laurentides.

    Au tournant des années 2000, en consultant le blogue d’un membre du McGill Outdoor Club, j’ai aperçu des photos d’une expédition de ski à la station, le tout mentionnant que quelques pistes étaient entretenues depuis 15 ans par des bénévoles afin de pouvoir continuer de skier la montagne. Une fois mon permis de conduire en poche, j’ai visité la montagne pour la première fois durant l’automne 2002 et je suis resté bouche bée ! Les pistes, étroites, étaient entretenues à la perfection.

    C’est finalement en janvier 2004, en compagnie de Christophe Deschamps (Président et fondateur de ZoneSki) que mes skis ont foulé pour la première fois les pistes de l’ancienne station. C’est là que nous avons fait la connaissance de Mike, à l’époque le responsable officieux du club de télémark (souvent appelé « les amis du Mont Plante »), qui nous a indiqué par où monter, puisque nous n’avions pas de peaux de phoques. Il a aussi insisté sur la nécessité de rester discret sur l’existence de ces pistes de ski, surtout qu’un promoteur avait débuté un projet domiciliaire juste au pied de la montagne et qu’il appréhendait des difficultés au niveau de la cohabitation entre les futurs résidents et les skieurs.

    Devenu accro à l’ancienne station en quelques semaines, j’ai rapidement découvert les huit magnifiques pistes entretenues, incluant un sous-bois. J’ai aussi commencé à m’impliquer dans le défrichage et l’entretien des pistes et à l’automne 2004, nous avons défriché un sentier étroit permettant de monter à pied la montagne tout près du t-bar. Notre but était d’éviter que des promeneurs marchent à pied dans les pistes de ski, ce qui affectait énormément les conditions. Il faut dire que le développement résidentiel avait rendu l’accès à la montagne beaucoup plus facile qu’autrefois. Aussi, durant l’été 2004, une piste de ski de fond a été ouverte, ce qui a eu pour effet de couper les pistes de ski en deux, près de la base de la station, et d’amener encore plus de clientèle. Les fondeurs pouvaient ainsi rejoindre l’ancienne piste Césaire, qui était déjà la piste utilisée par les Amis du Mont Plante pour monter en peaux de phoques.

    Bien que le quartier résidentiel n’ait jamais été entièrement terminé, bon nombre de maisons ont été construites aux abords de la base. Plusieurs résidents étaient des accros de longue date du Mont Plante. D’autres ne connaissaient qu’à peine l’existence de la mythique station. Les relations avec le promoteur étaient assez bonnes, les amis du mont Plante se cotisaient chaque année pour payer le déneigement d’un petit stationnement près de l’ancien chalet et pour payer la location de débroussailleuses.

    Toutefois, suite à la faillite du projet immobilier, les relations se sont corsées avec les créanciers et après quelques années, le stationnement dans le développement immobilier est devenu interdit. Au même moment, des tractations avaient lieu entre la ville, des membres des Amis du Mont Plante et les créanciers, afin que la montagne soit annexée au parc régional Val-David/Val-Morin. C’est finalement devenu le cas durant l’été 2014, ce qui devrait garantir l’accessibilité de la montagne pour les années à venir ! Il ne sera toutefois plus permis de se stationner dans le quartier résidentiel au pied de la station. Il faudra se stationner à Val-David près du parc linéaire et un sentier de ski de fond (1,8km de long) permettra aux skieurs de se rendre au pied des pistes. Une tarification devrait également être en vigueur pour entrer sur le site, lequel sera patrouillé.

    Compte tenu du contexte actuel du ski alpin au Québec et de l’engouement pour le ski hors piste, la montagne va sûrement être bien garnie de skieurs et planchistes cet hiver, lorsque la neige sera au rendez-vous !

    Une virée dans les Hautes-Andes (suite et fin)

    Nous avons d’abord visité Portillo et Los Penitentes. Après avoir fait le voyage en autobus entre Los Penitentes et Mendoza, la voiture s’avère l’option la plus rentable en temps pour rejoindre Las Lenas, et ensuite pour circuler entre la station de ski et les endroits où nous logeons (d’abord Malague, ensuite Los Molles).

     Le voyage à travers la pampa est d’une beauté aride. Sur la route 40, dont un long segment reste encore à paver, les Andes ne quittent jamais nos yeux. Et en même temps que nous roulons, nous pouvons apercevoir une perturbation neigeuse envahir le ciel andin, préparant la montagne pour les prochains jours…

    Las Lenas, Argentine

    À notre arrivée à Las Lenas le 22 août au matin, nous constatons avec bonheur les centimètres de neige légère tombée la nuit précédente, qui rafraîchissent le terrain de cette station de 1230 mètres de dénivelé dont la réputation n’est plus à faire. Située davantage dans les Andes Centrales malgré son altitude élevée (3500 mètres au sommet), Las Lenas offre un des terrains les plus challengeant au monde à l’intérieur d’un domaine skiable, en plus d’un bon nombre d’itinéraires en ski de randonnée dans les parages.

    Le beau terrain de jeu de la station de ski, fait de couloirs et de champs de neige très inclinés, est seulement accessible à partir d’un seul et unique télésiège nommé Marte, et ce dernier est très rarement ouvert la journée après une importante chute de neige. De fait, ce terrain très prompt aux avalanches doit être sécurisé.

    Même si notre première journée se passe dans la partie inférieure du centre de ski – un 600 mètres de dénivelé pour skieurs débutants et intermédiaires – les options ne manquent pas. Nous skions un large champ de neige, où s’imprègnent nos traces dans 50 centimètres de poudreuse légère. Nous trouvons aussi un secteur hors-piste intéressant à droite du télésiège Vulcano; il s’agit d’un long et profond canyon dont les parois sont skiables. Après une petite traverse, nous nous élançons pour une descente sur l’une de ces parois inclinées qui, sous l’effet du vent, s’est remplie de poudreuse. Aveuglés par la neige qui nous vole au visage, nous enfonçons jusqu’à la taille dans le creux de nos virages. Une autre journée parfaite dans les Andes!

    En après-midi, un fort vent se lève, obligeant la fermeture des télésièges. Cependant, loin de nous l’idée d’arrêter; nous décidons alors d’enfiler les peaux d’ascension et de nous faire plaisir avec une autre descente. Après une bonne montée contre un vent intense, dont les rafales atteignent plus de 80 km/h, nous trouvons refuge derrière une grosse roche pour enlever les peaux et s’éclater avec une belle descente dans la poudreuse, terminant ainsi la journée au son des détonations qui proviennent du secteur Marte.

    Pour ouvrir le télésiège Marte, il doit y avoir beaucoup de neige et peu de vent. C’est donc à la fois un coup de chance et un privilège pour quiconque de pouvoir skier ce terrain dans de bonnes conditions. Et mine de rien, le seul télésiège Marte augmente le dénivelé skiable de Las Lenas de près de 700 mètres. C’est énorme!

    Étant seul aujourd’hui, ma première descente s’effectue dans le bol sous le télésiège. Après plusieurs virages, le bol se divise ensuite en deux couloirs; je choisis celui de droite où je suis – comble du bonheur – le premier à m’élancer. La surface présente une croûte windpack soyeuse qui ne défonce pas, recouverte de quelques millimètres de poudreuse fine. C’est, selon moi, la condition hivernale idéale pour descendre ce couloir de 40-45 degrés sur 400 mètres de dénivelé; ce n’est pas durci, la surface est douce et les carres répondent bien, permettant un contrôle optimal des skis. Descente sublime que je répète, cette fois, dans le couloir de gauche!

    Au sommet du Marte, on peut aussi choisir de skier la partie supérieure de la montagne qui s’élève au-delà des pistes principales. Les options sont multiples, que ce soit des couloirs ou des champs de neige parsemés de grosses roches. Trois types de conditions simultanées caractérisent mes descentes sur cette face: surface windpack soyeuse en haut, poudreuse légère d’une vingtaine de centimètres dans la partie médiane, et neige humide de printemps un peu croûtée vers le bas. Et 1200 mètres plus bas, on se retourne, impressionné, pour regarder l’ampleur de la descente!

    Las Lenas nous a bien choyés pendant trois jours, mais malheureusement le voyage tire à sa fin. Nous devons tranquillement revenir sur nos pas, laisser l’auto à Mendoza et reprendre l’autobus pour le Chili…

    Valle Nevado, Chili

    De retour en terre chilienne, après une journée de déplacement en autobus teintée par de multiples péripéties typiques de l’Amérique latine, nous décidons de découvrir une des trois grosses stations situées près de Santiago. Nous choisissons de visiter Valle Nevado, surtout pour le plaisir de profiter d’une onzième journée de ski la veille de notre départ, prévu le 27 août. De notre expérience, il y a peu à raconter sur cette station prisée par les touristes et les voyagistes pour sa proximité avec Santiago.

    Contrairement à Las Lenas, il n’est pas tombé de neige ici depuis plus de deux semaines. Le soleil et le vent, tous les deux bien présents dans cette partie des Andes, ont opéré un bon travail de durcissement de la neige. Les pistes damées sont dures et le terrain entre celles-ci, quoique recouvert d’une légère couche de poudrerie, ne se présente pas sous son meilleur jour.

    Cela ne nous empêche pas de faire des virages en profitant de l’air pur des montagnes et du paysage à couper le souffle, en plus de constater l’étendue du terrain de cette station qui, par ailleurs, s’adresse davantage à un public de skieurs intermédiaires. Il reste qu’après une bonne tempête, il est facile d’imaginer Valle Nevado se transformer en un immense champ de poudreuse, ce qui, ma foi, ne doit pas être désagréable du tout.

    L’itinéraire des Hautes Andes, tel que présenté ici, n’est à convoiter que par les bonnes années de neige afin d’en profiter pleinement. L’hiver austral 2015 a été généreux pour ces destinations, ce qui n’a pas été le cas les quelques années précédentes. Lors d’une année sèche dans cette région, il vaut mieux se rabattre sur les destinations du sud du Chili (par exemple, Nevados de Chillan, Corralco et Las Araucarias), qui bénéficient d’un enneigement plus stable d’un hiver à l’autre.

    Cependant, lorsque tous les éléments sont regroupés comme en 2015, les Hautes Andes deviennent un paradis hivernal, particulièrement pour la qualité de la neige – le meilleur ski s’effectue entre 2500 et 4000 mètres – et les longues périodes de beau temps. Vous aurez alors la chance, comme nous, de skier dans les meilleures conditions que l’Amérique du Sud peut offrir!

    Du ski au pays de Nessie?

    Lorsque l’on parle de l’Écosse, on pense naturellement au scotch, au monstre du Loch Ness, aux kilts (et à la tradition…), aux moutons, aux pubs, aux châteaux et plus récemment au dernier James Bond – Skyfall. On peut faire du ski en Écosse? Oui! Même mon ami et grand connaisseur du ski Roger Laroche l’ignorait. Je dois l’admettre, moi aussi. J’ai découvert l’existence de ces stations dans le cadre de mon travail de consultant/conférencier et de mes études. J’ai pu visiter ces stations tant à l’automne (2012) qu’en hiver (2013). J’ai donc regroupé pour vous en deux articles mes divers commentaires, et vous présente ici le premier texte. Bonne découverte!

    La Ville d’Édimbourg

    Ma première découverte est la ville d’Édimbourg avec sa vieille ville et sa nouvelle ville. Il faut s’entendre que la notion de vieille et nouvelle ville n’est pas la même qu’ici. La nouvelle ville a été construite entre 1767 et 1890 et la vieille ville date de bien avant!

    Je sais qu’il est question de voyage de ski, mais en activité parallèle, prenez juste le temps pour faire à pied le «Royal Mile» qui part du Château d’Édimbourg au «Palace of Holyroodhouse» (la résidence de la Reine lors de ses passages en Écosse) et la montée au sommet «Arthur’s Seat» (aucun lien avec le Roi Arthur ou les Chevaliers de la table ronde). Cela vaut la peine de découvrir l’histoire de cette ville qui a beaucoup de liens avec la culture française. On dit que quand les Écossais avaient des problèmes avec les Anglais, ils appelaient les Français en renfort et vis-versa.

    Fait cocasse: même en Écosse le bilinguisme dans l’affichage existe – anglais et… gaélique (écossais).

    Parlons ski, maintenant!

    À ma grande surprise, j’ai découvert en Écosse l’existence de cinq stations de ski, de plusieurs facilités de ski sur surface artificielle (« dry slope ») et d’un centre de ski intérieur (« ski dome »). Pour en savoir plus sur les sites de ski en Écosse et en Angleterre. À l’exception de Snow Factor, situé à Glasgow, les cinq autres stations se trouvent au nord tant d’Edimbourg que de Glasgow, dans les «Highlands» à plus de 120 km au nord. La boucle que j’ai faite en février/mars 2013 compte 605 km. On m’a dit que j’ai été chanceux de pouvoir visiter les six endroits, en huit jours, sans être pris dans une tempête de neige, donc sans aucune route fermée.

    Premier constat, à ma sortie d’avion à Edinburgh, parti des Cantons-de-l’Est dans la neige, il fait près de 10°C, on se croirait au printemps. Comme je suis à plus de 100 km de la première station, je me dis que cela risque de changer puisqu’elles sont, en moyenne, à plus 400 m d’altitude et je suis au 55ième parallèle. Comme de fait, à mi-chemin, les sommets des montagnes sont enneigées.

    Glenshee Ski Centre

    La première station, mon premier arrêt, est la station Glenshee. Deuxième constat, pas d’arbre! Cela fait plusieurs kilomètres que je roule et que je suis au-dessus de la ligne des arbres. Elle se situe à environ 400 m d’altitude. La base de la station de Glenshee se situe à 650 m au-dessus du niveau de la mer. Bien au-dessus du sommet de la majorité des stations québécoises… et dire que l’on est seulement au pied du domaine skiable! En effet, la station offre un dénivelé skiable de plus de 400m, 40 km de pistes, 2 000 âcres skiables, le tout réparti sur cinq sommets – si bien qu’on surnomme cette station « La 3 vallées d’Écosse ». Le meilleur endroit pour apprécier la station est d’être au sommet de Carn Aosda duquel on peut voir les quatre autres sommets dont le Glas Maos à plus de cinq kilomètres (on m’a dit).

    Tant pour Glenshee que pour les autres stations écossaises, le domaine skiable des desservi par presqu’exclusivement par des remontée terrestres. Ici, pas de super quadruple débrayable haute vitesse.

    Je n’ai pas été chanceux, la région connaissait un redoux important et la dernière chute de neige importante datait de plusieurs jours. Cela s’approchait nos conditions de ski de ski de printemps, dur le matin et mou en après-midi. De très belles descentes dans toutes les pistes que j’ai faites. De belles surfaces, bien travaillées mécaniquement. On m’a dit que quelques jours après mon départ d’Écosse, ils avaient eu d’importantes chutes de neige… Par contre, les points de vue au sommet de chacune des montagnes sur la région étaient superbes.

    On y retrouve à la station tous les services auxquels les skieurs peuvent avoir besoin – boutique, cafétérias, école et location.

    The Lecht 2090

    Situé dans le Parc national de Cairngorm, The Lech est la plus petite des stations écossaises en terme de dénivellation (188 m). La route qui nous y mène culmine à plus de 775 m d’altitude. On dit même qu’à une certaine époque, la route était fermée huit mois par année.

    Elle se compare avantageusement à bien des stations familiales de l’est du Canada, avec ses deux versants, ses nombreuses remontées et une grande offre de services aux skieurs et planchistes. Elle est la seule à offrir des glissades sur tube pour les non-skieurs.

    Malgré l’absence de chute de neige récente, le ski était très agréable de même que l’ambiance du chalet très familial. Pour compléter le portrait, dites-vous que j’y ai rencontré un écossais qui initiait deux sud-africains au ski alpin!

    Ce qui m’amène à un autre constat (le troisième) : Rappelez-vous que vous êtes en Angleterre et que le brouillard fait partie de leur quotidien même en montagne. Au Canada, on ferme les stations par grand froid; les stations de ski se voient obligées de fermer à cause de la visibilité nulle. Comme vous le constatez, sur la photo, il manque le sommet de l’autre versant.

    CairnGorm Mountain

    Situé dans le parc national du même nom, CairnGorm est une des plus importante stations écossaises compte tenu de ses installations et de son domaine skiable. Une particularité de cette station est son funiculaire qui nous mène au sommet de la station, en plus de ses nombreuses remontées terrestres. Ce qui est le plus intéressant de cette montagne est la longueur et la variété de ses pistes.

    En tant que nord-américain, la présence de la zone d’apprentissage au sommet de la montagne est une surprise, mais cela se comprend, c’est le seul endroit possible pour cette activité. Comme dans les autres stations, les conditions de ski sont belles et les pistes bien entretenues malgré un manque de neige et un redoux. Pour ce qui en est des services – boutique, cafétérias, école et location, on les retrouve dans deux immenses chalets, un à la base et l’autre au sommet. Si vous êtes dans la région en saison ou hors-saison, il est possible de prendre le funiculaire et d’observer la région du chalet. De plus, en saison estivale, de nombreuses pistes de randonnée s’offrent à vous.

    Dans le prochain article, je vous parlerai des stations de Nevis Range, de Glencoe et de Snow Factor; je vous donnerai également quelques conseils pour mieux planifier votre déplacement!

    Le hiatus porteur d’espoir

    L’annonce de fermeture temporaire de la « petite » station de ski de Saint-Pâcome a ébranlé le milieu du ski alpin. Forcément, personne ne se réjouit de cette situation, et tout le monde ne connait que trop bien les raisons qui ont mené à la prise de cette décision. Infrastructures vétustes, manque de financement, clientèle fidèle mais peu volumineuse, normes de sécurité et standards divers à suivre… le milieu des sports de glisse est un milieu très réglementé -je pourrais en faire un papier avec ce seul sujet. Mais là n’est pas mon propos.

    Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de Saint-Pacôme avant. Je vous dresse un bref portrait: Saint-Pacôme, ce n’est pas si « petit » que ça. On ne parle pas d’une butte à glissade sur tubes sur laquelle on donne quelques cours de ski ici et là! Cette station affiche 150m de dénivelé, soit sept mètres de moins que Belle-Neige, dix de plus que Ski Montcalm et 16 de plus que Saint-Bruno! C’est la seule station de ski dans un rayon de plus de 100km. Lors de la prochaine saison, les habitants de La Pocatière et des environs devront rouler une heure pour accéder aux pistes du Centre de Plein-Air de Lévis, une heure et demie pour arriver au Massif du Sud ou à Cabano, ou étirer à 1h45 pour skier les pistes du Parc du Mont-Saint-Mathieu. Non, il n’y a rien d’autre. C’est donc dire que la fermeture de cette station, aussi « temporaire » soit-elle, prive la population d’un service unique, abordable, à proximité…

    Comme bien des stations un peu plus éloignées des centres urbains, ou de petite/moyenne taille, Saint-Pâcome en arrache depuis plusieurs années déjà. En 2009, la station avait déjà des plans  de rénovations, un scénario pour passer en mode « opération 4 saisons », des gens intéressés à procéder au développement… mais pour tout un tas de raisons, ça ne s’est de toute évidence pas fait, puisque cinq ans plus tard, un communiqué-fleuve nous apprend la triste nouvelle de ce hiatus, qui se veut porteur d’espoir.

    Cette station du Bas-Saint-Laurent n’est évidemment pas la seule à être en difficulté. Plusieurs stations de ski du Québec, souvent sous l’égide d’une gestion municipale, souffrent d’un manque de clientèle ou peinent à trouver du financement, quelle qu’en soit la provenance. Je n’énumèrerai pas la liste des stations qui ont fermé boutique au cours des 20 dernières années (vous pouvez le faire dans les commentaires si vous voulez « agrémenter » ce texte), mais la tendance n’est pas à la création de nouvelles stations, bien au contraire.

    La grande question à se poser: peut-on réellement espérer une relance viable et réaliste pour une station qui s’est vue dans l’obligation de mettre ses opérations sur pause? En bonne optimiste, je veux dire oui. Si les plans sont solides, si les moyens sont mis en oeuvre, si la population locale se mobilise, si… il y a malheureusement beaucoup de « si ». Mais ce n’est pas impossible. Cependant, bien peu de stations de ski peuvent se targuer d’avoir vécu un renouveau après avoir dû fermer leurs pistes, ne serait-ce que pour une saison! Je croise évidemment les doigts, les orteils… j’ai beaucoup de pensées pour les gestionnaires, administrateurs et organisateurs de l’endroit. Mais j’ai encore plus de pensées pour les familles de skieurs qui fréquentaient l’endroit. J’espère qu’ils ne feront pas faux bond à leur station lorsqu’elle rouvrira, j’espère qu’ils s’impliqueront, à la hauteur de leur capacité.

    S’il vous arrive un jour de passer devant une station de ski « en région », ou de taille « moyenne », que vous ne connaissez pas, et qui est en opération… faites-donc l’effort de vous y arrêter, au lieu de dire « Faudrait bien qu’on aille skier là, un jour! » Parce que si ça se trouve… vous n’en aurez pas l’occasion. Et vous regretterez, lorsque vous lirez l’annonce de la fermeture de l’endroit, de ne pas l’avoir visité plus tôt.

    Ski Corralco (Chili): Prêt pour un terremoto blanco?

    Le Terremoto blanco, ou « tremblement de terre blanc » en français, est une expression apparue en août 1995 pour décrire l’occurrence d’un phénomène naturel consistant en de fortes chutes de neige dans le sud du Chili. Depuis, des phénomènes du même type, parfois locaux, reçoivent cette qualification qui, dans l’imaginaire collectif chilien, réfère à une tempête pouvant perdurer plusieurs jours. La station de ski Corralco, située au pied du volcan Lonquimay dans la Reserva Nacional Malalcahuello, se trouve bien souvent être l’épicentre d’un tel phénomène.

    « Je regarde l’enneigement depuis longtemps dans la région de Lonquimay. Ce que je constate, c’est que cette partie des Andes reçoit le plus de neige annuellement », lance James Ackerson, directeur général de cette station de ski devenue la toute dernière à voir le jour au Chili.

    Une montagne bien ensevelie

    Lors de notre passage à la fin d’août 2014, nous avons constaté qu’effectivement la neige ne manque pas à Corralco, même dans le cadre d’un hiver difficile en Amérique du Sud. De plus, ayant suivi les prévisions météorologiques quelques semaines avant notre arrivée là-bas, nous avons été témoins d’un système qui a laissé près de deux mètres de neige au début du mois d’août. Serait-ce là un terremoto blanco? En tout cas, la tempête dura plusieurs jours, allant même jusqu’à ensevelir le nouveau téléski Cumbre, qui transporte les skieurs en haut du domaine skiable.

    Outre quelques grosses tempêtes, les précipitations neigeuses sont fréquentes en Araucanie, où se trouve Corralco. Justement, un 15 centimètres de neige fraîche tombée la nuit avant notre arrivée nous offre les conditions parfaites pour découvrir le terrain de cette station de ski présentant un dénivelé d’un peu moins de 900 mètres, et comptant sur six remontées mécaniques (deux télésièges, un téléski, deux pomas et un câble) pour desservir le domaine skiable.

    Le terrain et l’expérience de glisse

    Notre première journée de ski à Corralco, le 24 août 2014, se passe à l’intérieur des limites de la station. Arrivés au chalet de la base, nous empruntons un télésiège double qui nous fait gravir le premier 60 mètres de dénivelé; il s’agit du secteur débutant, parfait pour l’apprentissage du ski avec sa pente peu inclinée mais constante. Les choses sérieuses débutent par la suite, lorsque nous transférons dans El Volcan, l’autre télésiège double nous montant jusqu’à environ la moitié du dénivelé total. Les champs de neige s’ouvrent des deux côtés sur une inclinaison plus abrupte, tantôt modelés en demi-lunes naturelles grâce aux sillons laissés jadis par les coulées de lave. Nous nous élançons donc pour une première vraie descente, traçant la neige dans cet environnement épuré, oubliant totalement que nous sommes en plein mois d’août. À travers ce terrain de jeu s’apparentant à des dunes de neige, nous remarquons quelques couloirs damés qui plairaient sûrement aux skieurs aimant ce type de pistes.

    Nous nous dirigeons ensuite vers le nouveau téléski Cumbre, installé cette année. Cette remontée en surface, indispensable pour accéder à la totalité du dénivelé même lors des journées venteuses, nous transporte au plus haut point du domaine skiable, à 2 400 mètres d’altitude. Au sommet, le préposé et la patrouilleuse de service, fortement exposés au vent, se sont construit un igloo de fortune à défaut de disposer d’une cabane pour s’abriter. Ils se font néanmoins un plaisir de nous orienter vers quelques lignes à descendre à travers la montagne, ce qui nous aiguille un peu plus sur le potentiel du domaine skiable. Les descentes où nous imprimons nos traces dans la neige fraîche se succèdent; mais comme les conditions météorologiques sont encore à la tempête et que la visibilité en milieu alpin s’en trouve réduite, nous restons sages malgré la tentation d’aller explorer plus loin. Ce sera pour demain…

    Dix centimètres supplémentaires tombés à la faveur de la nuit, combinés à l’effet du vent, effacent totalement les traces de la veille. Sous un ciel bleu azur, nous entamons notre deuxième journée à Corralco en enlignant quelques descentes de poudreuse à l’intérieur des limites de la station de ski, avant de pousser plus loin notre exploration en attaquant le terrain « double losanges » situé aux confins du domaine skiable. Nous y trouvons un pur plaisir : la pente est inclinée, les descentes sont longues, la poudreuse vole à chaque virage que nous dessinons avec nos skis dans ces immenses champs de neige… Cette sensation d’amplitude est exaltée par le panorama magnifique qui s’offre à nos yeux; nous sommes en effet dans ce qu’on appelle la « région des volcans », ce dont témoignent les multiples cônes s’élevant à l’horizon.

    Au-delà des limites de la station, les possibilités de traverses à gauche comme à droite nous dirigent vers des espaces alpins où la neige est encore intouchée, moyennant quelques efforts d’ascension au début de la descente ou de marche à la fin pour revenir à une remontée mécanique.

    Après cette journée d’exploration aux alentours de la station, il nous reste un but à atteindre : le sommet du volcan Lonquimay!

    L’ascension et la descente du volcan Lonquimay

    Le lendemain est dédié à l’atteinte de ce but. Au sommet du téléski Cumbre, nous prenons quelques instants pour préparer l’ascension. Une fois les skis accrochés au sac à dos et les crampons fixés à nos bottes de ski, nous entreprenons la montée du volcan – il est aussi possible de le faire en peaux de phoques. Deux guides de montagne de Corralco, bénéficiant d’une journée libre, décident de venir avec nous. Les deux Javier nous avouent qu’ils accompagnent rarement des clients au sommet du volcan, ces derniers préférant plutôt des randonnées autour des montagnes environnantes. Ils profitent donc de l’occasion pour monter – pour l’exercice disent-ils – tout en se faisant un plaisir de partager avec nous les spots de backcountry dans les alentours.

    L’ascension dure environ deux heures à un bon rythme, sur une pente constante avoisinant les 40 degrés et glacée par endroits – d’où la nécessité des crampons –, à quoi s’ajoute une sensation d’essoufflement due au manque d’oxygène à une certaine altitude. Mais l’effort offre sa récompense : rien de tel comme la sensation de se trouver en haut d’un volcan enneigé qui domine les montagnes environnantes, sur le bord de son cratère à observer le paysage, avant d’embarquer sur ses skis et descendre 1400 mètres de dénivelé sur de la neige non tracée, jusqu’à la base de la station de ski.

    Du sommet, nous avons accès à plusieurs choix de descentes. Il s’agit de bien analyser l’enneigement, surtout en fonction du vent, pour s’assurer de ne pas s’élancer sur une surface glacée ou ventée, par exemple. Après avoir décelé une belle ligne sur l’une des faces du volcan, nous entamons notre longue descente; celle-ci débute avec une bonne inclinaison, pour ensuite s’adoucir en une pente constante d’environ 35 degrés sur plusieurs centaines de mètres. Enfin, la partie inférieure du volcan présente une pente plus douce, ce qui permet de terminer cette descente inoubliable en faisant de beaux grands virages plus relaxes dans la neige vierge.

    Le Valle Corralco Hotel & SPA

    Après la journée, il est possible de se laisser glisser jusqu’à la porte du Valle Corralco Hotel & SPA, situé à un jet de pierre de la station de ski, où piscine, séances de massage et bonne cuisine attendent les skieurs pour la soirée. Inauguré en juin 2013, tout juste pour le début de l’hiver austral, le Valle Corralco Hotel & SPA est un hébergement 5 étoiles moderne qui compte 54 chambres modernes et confortables, un bar et un restaurant, une halte-garderie et plusieurs autres services. Tout cela sans oublier les sympathiques employés de l’hôtel qui, toujours souriants, se font un plaisir d’accommoder les visiteurs. Un service de guides de montagne est également offert sur place pour des expéditions de tout type, allant de la simple randonnée en forêt jusqu’aux descentes en backcountry sur les montagnes environnantes.

    Le futur

    Signe d’une station qui veut désormais jouer dans la cour des grands, les projets pour déployer Corralco ne manquent pas sur le bureau du directeur général, James Ackerson. « À bien des égards, il s’agit de l’endroit ayant le plus de potentiel de développement actuellement », soutient le gestionnaire qui a grandi sur les pistes de Sugarbush au Vermont. Avant d’atterrir ici, son parcours au sein de l’industrie du ski l’a notamment mené à occuper des postes de gestion à Portillo et Valle Nevado.

    Pour l’hiver 2015, celui-ci souhaite démarrer une opération de Catski sur une des montagnes adjacentes au volcan Lonquimay, en vue d’offrir des descentes en milieu alpin qui se termineront en ski de sous-bois entre les araucarias. De plus, d’ici quelques années, la station devrait ajouter une remontée mécanique – peut-être même deux – afin d’agrandir encore le domaine skiable. M. Ackerson travaille aussi sur un plan directeur pour un village alpin, qui devra toutefois se déployer à l’extérieur des limites du parc national, donc à quelques centaines de mètres plus bas que la base du centre de ski; en parallèle, le projet prévoit une remontée mécanique entre le futur village et la montagne, à la fois pour faciliter le transport des skieurs et pour minimiser le trafic automobile.

    Pour faire de Corralco une destination de choix, ses gestionnaires misent sur une stratégie qui se joue sur deux plans : régional et international. « Sur le plan régional, le défi consiste à faire éclore une culture du ski parmi la population locale. Pour cela, il faut “créer” de nouveaux skieurs, et c’est pourquoi nous mettons sur pied des programmes avec les écoles publiques de la région, afin que les élèves puissent venir skier gratuitement trois fois par semaine. En parallèle, nous développons les marchés sud-américain et nord-américain en misant sur notre environnement alpin unique, notre terrain intéressant et notre enneigement exceptionnel », affirme cet Américain qui a adopté le Chili.

    Méconnue, mais plus pour longtemps

    Il ne vous reste plus qu’à attendre l’hiver austral – de juin à octobre – pour aller vous-même skier sur les pistes de ce volcan à la morphologie impressionnante. Mais n’attendez pas trop : si la station de ski reste encore assez méconnue aujourd’hui, elle risque de devenir plus populaire avec tous les développements anticipés dans les prochaines années. Pour l’instant, Corralco reste peu achalandée, ce qui fait le bonheur des skieurs lors d’une journée de poudreuse – et il y en a fréquemment! Prêt pour un terremoto blanco?

    Nouveautés dans les stations du Québec 2014-2015

    Toutes les stations de ski du Québec en sont conscientes, l’attrait de la nouveauté est un puissant outil de marketing. L’annonce de ces nouveautés se fait habituellement au moment où débute le gros des ventes de passes de saison et de cours de ski, afin d’attirer le plus de clients possible. Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes justement au début de cette période, donc des nouveautés sont annoncées presque tous les jours ces temps-ci ! C’est fort encourageant pour la saison de ski qui va débuter dans quelques semaines. Voici un sommaire des nouveautés les plus intéressantes qui ont été annoncées jusqu’à présent.

    Ski Montcalm: agrandissement du chalet et construction d’une zone de glissades sur tubes

    À seulement 35 minutes de Montréal via le pont A25, Ski Montcalm avait un heureux problème depuis quelques années. Le chalet était en effet devenu trop petit pour la foule abondante dévalant les pentes de la station la fin de semaine. Si l’attente aux 5 télésièges était toujours à peu près nulle, le chalet était incroyablement bondé sur l’heure du dîner, si bien que plusieurs skieurs attendaient jusqu’à 13h30 pour aller manger. L’agrandissement du chalet va donc permettre d’accueillir confortablement plus de gens sur l’heure du lunch. La station va également mettre en place un parc de glissades sur tubes, question de bonifier l’offre à sa clientèle familiale, d’autant plus que ce service est en place au Groupe de plein air Terrebonne au sud, de même qu’à la Réserve, au nord, donc c’est un investissement stratégique pour la station. L’endroit où vont être situées ces glissades n’est pas encore diffusé, mais on peut penser que ça pourrait être au pied de la station près du tapis magique ou encore sur le côté de la piste l’École où le poma pourait (hypothétiquement) être remis en fonction. C’est donc un point à suivre en début de saison !

    Mont Garceau à l’assaut des sensations fortes

    Après des années sans nouveautés concrètes dans la montagne, un vent de renouveau souffle sur la station. Deux sous-bois et une piste experte ont fait leur apparition l’an dernier et cette année, deux autres nouveaux sous-bois sont créés en plus d’un nouveau parc à neige. Selon les photos sur le site web de la station, le nouveau parc à neige serait situé entre la Grand-Duc et la Casse Gueule, à tout le moins dans la partie médiane de la montagne. On peut penser que les deux nouveaux sous-bois sont le milieu et le bas de la Cap Romain, ceux-ci étant mentionnés sur la carte des pistes de l’an dernier à titre de pistes à venir en 2014-15. Il y a certainement plusieurs raisons qui expliquent que cette grande station familiale se tourne ainsi vers du ski plus extrême. La présence de La Réserve tout près et l’arrivée de Martin Gauthier à la direction de la station y sont certainement pour quelque chose. Une chose est sûre, ces nouveautés seront très appréciés de plusieurs membres des nombreuses familles qui constituent la clientèle de la station !

    Vallée du Parc: nouvelle piste de luge

    Vallée du Parc a le vent dans les voiles, depuis quelques années. La clientèle de St-Mathieu les Cantons et du Mont Carmel se sont majoritairement tournés vers Vallée du Parc, suite à la fermeture de leur station. Après l’installation du télésiège quadruple, la construction d’un chalet tout neuf et l’ajout de plusieurs pistes et sous-bois, dont un très long parc à neige, la station suit cette année les traces du Massif de Charlevoix avec une piste de luge. La localisation de la piste n’a pas encore été dévoilée, mais on peut penser qu’elle doit longer la piste Cap Breton (parc à neige) afin de contourner le domaine skiable. C’est une belle activité familiale qui s’ajoute à celles offertes par la station !

    Le Massif: réouverture le samedi pour le télésiège Maillard Express, réouverture du chalet de la base pour la saison et Catski

    Le contexte menant à la fermeture du télésiège Maillard Express pour l’hiver 2013-14 est bien connu. Le télésiège devait même être fermé pour une période de 3 ans et la station avait été transparente en enlevant le télésiège de la carte des pistes. Toutefois, cette année, la remontée va être de nouveau en fonction les samedis durant tout l’hiver, permettant un accès beaucoup plus facile à des pistes populaires telles que la Fénomène, l’Écore ou la 42, pour ne nommer que celles-ci. Le chalet de la base de la station, fermé durant une bonne partie de la saison dernière, va aussi être disponible cette année. Un nouveau service de catski sera disponible pour donner accès sans effort au Mont à Liguori. Cette initiative va certainement trouver ses adeptes… et ses détracteurs, mais cela reste une bonne nouvelle pour l’accessibilité du terrain skiable hors piste au Québec.

    Mont Gleason: tapis d’embarquement pour le télésiège quadruple

    Le Mont Gleason est une des stations de ski les plus dynamiques du Québec. De nouvelles pistes, des agrandissements successifs du chalet, un nouveau chalet au sommet, un télésiège quadruple, etc. Tout cela s’est fait en quelques années, avec un immense soutien de la communauté qui est littéralement en amour avec sa station. Le télésiège quadruple étant toujours fort occupé, c’est un juste retour du balancier pour cette pauvre chaise qui a passé tellement d’années à attendre la présence de skieurs, installée dans un versant éloigné ne desservant qu’une ancienne piste à Stoneham, symbole d’un audacieux développement qui n’a finalement jamais vu le jour. Du côté de Gleason, elle est très loin d’être mise au chômage et elle va même être améliorée cette année avec l’installation d’un tapis d’embarquement afin de pouvoir l’accélérer  en plus de réduire les interruptions à l’embarcadère.

    Autres nouveautés et machine à rumeurs

    Certaines nouveautés sont en attente, soit de subventions ou de confirmations. Par exemple, un plan de 1,6 million de dollars a été annoncé dans les médias pour le Mont Édouard au mois d’avril dernier. Au moment d’écrire ces lignes, l’avancement de ces travaux n’était toujours pas connu. De même, la phase II de la réfection du chalet du Mont Grand-Fonds est toujours en suspens. Toutefois, la boutique a fait peau neuve durant l’été, afin de s’harmoniser aux nouvelles couleurs extérieures du chalet de la station. Du côté du Mont Sainte-Anne, il y a certaines rumeurs dans l’air, nous espérons avoir des nouvelles au cours des prochaines semaines !

    Quelques autres nouveautés en vrac dans les stations québécoises

    – Stoneham: nivellement de certaines pistes, dont le haut de la 9 et les pistes du secteur 40.

    – Mont Bellevue: acquisition d’un tapis magique

    – Ski St-Bruno: agrandissement du parc à neige

    – Investissement dans l’enneigement artificiel au Mont Blanc, au Mont Gleason à Ski Morin Heights,

    Nous allons suivre dans le forum de discussion de ZoneSki.com les autres nouveautés qui vont être annoncées dans les prochaines semaines. Espérons que 2015 sera un grand cru, au chapitre des nouveautés !

    Les forfaits familiaux, un casse-tête actuel!

    Nul besoin de s’appuyer sur les plus récents chiffres de Statistique Canada pour affirmer que les familles changent. Le taux de natalité moyen ainsi que le nombre de divorces ont grandement modifié la définition de la famille nucléaire telle qu’on nous l’expose dans les beaux livres d’histoire. Ces changements ont bien entendu eu un impact sur la consommation des biens et services, incluant les loisirs. Nombreux sont ceux parmi vous qui se sont déjà questionné en cherchant le forfait le plus avantageux pour une situation familiale donnée: la famille parfaite Papa-Maman-les-deux-beaux-enfants constitue aujourd’hui une exception qui ne confirme plus la règle! Le Mag de ZoneSki s’est donc intéressé aux adaptations que les stations de ski ont bien voulu apporter à leurs produits pour répondre aux besoins d’une clientèle moderne, exigeante, et (parfois) difficile à suivre, ainsi qu’à l’aspect légal de cette préoccupation.

    Cet article porte sur une situation familiale bien précise, qu’il vaut la peine d’exposer en guise de mise en contexte. Imaginons une famille éclatée, dont le père et la mère ont à tour de rôle la garde de leurs enfants (en garde partagée ou exclusive). Forcément, les enfants vivent à deux adresses différentes, mais pour bien des administrations, une seule adresse ne peut apparaître au dossier d’un enfant. (Oui, une tare en 2014! Certaines commissions scolaires auraient d’ailleurs intérêt à revoir ce détail.) Inévitablement, un des deux parents ne recevra pas de courrier pour ses enfants, qu’il s’agisse des bulletins scolaires ou de la carte d’assurance maladie. C’est ce simple détail administratif qui constitue un casse-tête pour bien des familles, surtout lorsque vient le moment de prouver un lieu de résidence, puisqu’on sait que ce type de preuve est presque systématiquement exigé lors de l’achat d’un abonnement familial. Et bien entendu, le portrait ne serait pas complet si l’on omettait la mention du nouveau conjoint -qui doit obligatoirement être conjoint de fait avec le parent afin de pouvoir figurer au tableau familial. Tout ce beau monde veut quand même aller en ski, en famille!

    La situation globale

    Réglons le cas du nouveau conjoint: une preuve de résidence à la même adresse que le parent suffira la plupart du temps. C’est pour les enfants que ça se corse! Dans la majorité des stations de ski, en cas d’adresses différentes entre le parent et la progéniture, on utilisera le gros bon sens. Luc Saint-Jacques, de Owl’s Head, commente: « Notre réglementation et notre façon d’inscrire les noms et adresses sont restés traditionnels, mais on n’a jamais refusé une famille sous prétexte que les enfants ne sont pas sous le même toit. Souvent, les enfants portent les deux noms de famille, alors ça aide! » Même son de cloche au Mont Orford: « On est super accommodants, on a déjà de la difficulté à encourager le sport, je vois mal comment on pourrait refuser des gens qui veulent skier en famille! C’est sûr que si on a des doutes de collusion on pose davantage de questions, mais on aime être de bonne foi », conclut Luc Chapdelaine.

    Certaines stations sont un brin plus pointues dans leurs politiques, sans toutefois aller jusqu’aux tests d’ADN (ouf!). Le Mont SUTTON, Ski Saint-Bruno, le Mont-Sainte-Anne et Stoneham, le Massif du Sud, le Mont-Saint-Sauveur et le Massif de Charlevoix demanderont tous d’abord une preuve de résidence commune, mais en cas de différence, un bulletin scolaire ou un certificat de naissance servira à prouver le lien parental. Beaucoup de ces stations ont aussi développé des abonnements pour famille monoparentale, cassant du coup l’image de la famille classique « 2-adultes-2-enfants ». Andréanne Raby, du Massif du Sud, suggère également de préparer un formulaire du même type que celui utilisé pour les voyages hors du pays: le parent qui voyage doit obtenir l’assentiment de l’autre parent pour voyager avec les enfants. Cette procédure est légale et grandement répandue au sein des familles éclatées/reconstituées.

    Chez Ski Bromont, le service à la clientèle est très strict, principalement dû au très gros volume d’abonnements annuels vendus à chaque saison. Francine Gouin précise: « Souvent, si le forfait familial classique ne convient pas à la famille pour une raison quelconque, on essaie de les diriger vers d’autres produits, qui sont généralement plus flexibles et qui répondent mieux aux besoins des gens. » Par le passé, à plus d’une reprise, les conflits familiaux ont même débordé de l’autre côté du comptoir du service à la clientèle, forçant Ski Bromont à prendre des décisions: « Il faut tracer une ligne et s’y tenir, sinon c’est toute la qualité du service qui diminue! On a déjà fait face à des parents en colère de ne pas pouvoir utiliser un abonnement acheté par l’autre parent, ou qui nous demandaient carrément de ne pas vendre un abonnement à un enfant parce qu’eux-même en avaient acheté aussi, ou refusaient d’en payer une partie. Ce type d’abus et de situation n’a pas sa place hors des familles et nous avons dû faire le choix d’être stricts. » Bien que Ski Bromont ne soit pas dénué d’écoute et conscient des réalités familiales actuelles, la station a pris la décision de développer davantage de produits d’abonnements afin de continuer à répondre aux besoins de la clientèle plutôt que de s’embêter avec des formalités administratives. Au final, les stations de ski se sont « adaptées » aux diverses situations familiales mais la leçon à retenir est d’arriver plus préparé que moins: preuves de domicile, bulletins scolaires, certificats de naissance et lettre assermentée devraient être prêts dans votre sac afin de vous éviter un volte-face au comptoir du service à la clientèle.

    L’aspect légal

    Si vous vous retrouvez dans une situation où on vous refuse un abonnement de type familial si vous ne répondez pas aux critères, il pourrait être fort judicieux de passer un bref coup de fil à votre avocat car celui-ci sera en mesure de vous conseiller adéquatement. Me Marie-Laurence Morin, avocate en droit familial spécialisée en médiation, insiste sur le concept de « famille »: « Étonnamment, en droit civil québécois, il n’y a pas de définition officielle du terme « famille ». Le Code Civil dédie pourtant tout un livre au « droit de la famille », mais les droits et obligations qu’il contient sont essentiellement attribués selon les liens conjugaux (mariage, union de fait, conjoints) et parentaux (filiation). Il y aurait lieu d’en déduire qu’une famille serait un regroupement de personnes ayant l’un de ces liens avec une personne donnée, mais les législateurs et magistraux semblent frileux à l’idée de se prononcer sur la question. » 

    En discutant des exigences des stations de ski en terme de preuves, Me Morin ajoute: « Il faut comprendre que l’achat d’une passe de saison est une transaction commerciale et qu’en l’absence de balises légales claires et surtout obligatoires, nous devons nous en remettre à la définition donnée par le contractant (la station de ski) dans son entente de service. Plus cette définition est large, plus il vous sera possible d’argumenter avec lui dans le but d’avoir accès à la promotion. Vous comprendrez donc pourquoi chaque station a sa définition plus ou moins restreinte du concept de famille et pourquoi certaines réalités ne sont pas prises en compte, volontairement ou non. »

    Est-ce permis d’exclure certaines formes familiales? Me Morin poursuit: « Chaque commerçant demeure libre de choisir les conditions d’application de ses promotions pourvu qu’elles n’aillent pas à l’encontre de la législation et ne soient pas discriminatoires. Ainsi, le fait de n’accorder le droit à l’achat d’une passe familiale qu’aux familles constituées de parents mariés (statut matrimonial) ou de sexes opposés (orientation sexuelle) irait à l’encontre de la Chartes des droits et libertés de la personne. » Mais est-il possible d’exiger que les deux adultes aient un lien de filiation avec les enfants? Ou que le parent ait la garde légale de ceux-ci? Qu’en est-il des stations qui exigent une autorisation écrite de l’autre parent? « Malheureusement, toute exclusion n’est pas nécessairement discriminatoire. Ce sera alors à vous de négocier avec le service à la clientèle et leur exposer de façon raisonnée pourquoi leurs critères d’attribution créent des situations d’injustice et vont à l’encontre du « gros bon sens civique ». De nos jours, l’opinion publique peut avoir un poids assez persuasif! » conclut l’avocate. Nous voilà donc bien avertis…

    Pour référence:

    art.15 de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne 

    art.10 de la Charte des droits et libertés de la personne québécoise

    Le ski en station: le défi énergétique

    Il y eu l’âge de pierre, l’âge de bronze, l’époque médiévale et plus récemment l’industrialisation. Les historiens de demain nommeront peut-être les années dans lesquelles nous vivons l’ère énergétique. L’exploitation, le prix, l’utilisation et l’impact écologique des différentes sources d’énergie constitue l’un des principaux enjeux mondiaux actuels touchant le développement humain.

    Le ski en station tel que pratiqué depuis une trentaine d’années nécessite beaucoup d’énergie. Souvent pointée du doigt par les écologistes, on accuse cette activité d’être peu respectueuse de la faune et de la flore, de polluer l’air avec la machinerie lourde, de gaspiller de l’eau pour fabriquer de la neige et d’utiliser beaucoup d’électricité pour les remontées mécaniques ainsi que pour le ski de soirée.

    Tout comme les écologistes, les administrateurs ont eux aussi intérêt à voir la consommation d’énergie des stations de ski diminuer vu son coût élevé. Heureusement, le génie humain est au service du ski. Des gens s’affairent à rendre notre sport favori plus écologique et plus rentable sur le plan énergétique et économique. Le ski vert, c’est déjà commencé!

    L’exemple de Lanzerheide, Suisse

    En Europe, l’électricité coûte très cher et l’eau est plus rare qu’en Amérique du Nord. La station de ski Lenzerheide, située près de Davos en Suisse, a fait de l’économie d’énergie son cheval de bataille. Soucieuse de répondre à la demande des skieurs les plus exigeants, un système informatisé très moderne y a été mis en place afin d’être en mesure d’offrir des pistes parfaitement enneigées et entretenues en utilisant le moins de neige fabriquée possible. Pour ce faire, une modélisation précise de l’ensemble des pistes de la station a été réalisée grâce à une technologie de pointe utilisant des scanner 3D, des GPS et des appareils photo haute définition.

    Ensuite, les dameuses sont munies de GPS reliés au système informatique de la station permettant de fournir en temps réel la hauteur de neige des différentes sections des pistes afin d’optimiser le travail d’entretien. S’il n’y a pas assez de neige à un endroit et trop à un autre, inutile de partir les canons, il n’y a qu’à déplacer le précieux or blanc.

    On y a aussi installé un système entièrement automatisé qui permet de ralentir l’une de ses principale remontée mécanique lorsque l’achalandage est bas. Cela est rendu possible grâce à l’utilisation de la technologie RFID (similaire à celle que l’on retrouve dans les stations du groupe MSSI et au Massif) dont le point d’entrée a été judicieusement placé avant l’aire d’attente des skieurs. La remontée est programmée pour répondre à l’achalandage sans qu’aucune intervention humaine ne soit nécessaire.

    Faire passer la vitesse de la remontée de 5 à 4 mètres par secondes lors des moments plus tranquilles permet une réduction de la consommation d’électricité d’environ 20%. Ce système permet à la station d’économiser 10 000 francs suisses par année ainsi que quelques tonnes de rejets de CO2.

    L’utilisation des énergies renouvelables

    Solaire

    Plutôt que d’utiliser de l’électricité en grande partie produite par des centrales thermiques et nucléaires, la station Tenna en Suisse a inauguré en décembre 2011 le premier téléski totalement solaire au monde. Puisque la remontée produit plus d’électricité que ce qu’elle consomme, les surplus sont vendus afin de financer l’acquisition des panneaux solaires. D’autres stations, telles Schmittenhöhebahn en Autriche, ont opté pour l’utilisation de panneaux solaires sur ses édifices. En 2012, 6000 mètres carrés d’installations photovoltaïques y ont été apposés afin de couvrir 10% de ses besoins énergétiques.

    Éolienne

    Bien que l’esthétique des éoliennes ne soit pas toujours appréciée dans les campagnes, celles-ci sont de plus en plus utilisées à travers le monde afin de produire de l’électricité verte. Le sommet des montagnes, lorsque suffisamment accessibles et venteux, constitue un emplacement de choix pour leur installation.

    En 2007, Jiminy Peak Ski Resort (Massachusetts, États-Unis) a construit une éolienne de 77 mètres et 1500 kW à son sommet. Celle-ci permet d’alimenter une partie de son parc de 350 canons à neige ainsi que l’éclairage en soirée. La moitié de l’électricité produite est injectée dans le réseau local ce qui permet à la station d’engranger des revenus supplémentaires et de rentabiliser son investissement. Depuis, d’autres stations nord-américaines dont Berkshire East (Massachusetts), Burke (Vermont) et Grouse Mountain (Colombie-Britannique) ont emboîté le pas.

    En Europe, la station Salzstiegl (Autriche) possède une installation similaire qui est suffisante pour alimenter ses 5 remonte-pentes, l’hôtel et les chalets de ski.

    Véhicules électriques

    Puisque le marché de la voiture électrique est en pleine expansion partout au monde, il est permis de penser qu’un jour l’ensemble des véhicules utilisées en montagne tels les motoneiges et les dameuses seront électriques. Certaines stations européennes ont déjà fait l’acquisition de ce type de véhicule; sans oublier le village entier de Zermatt (Suisse), qui n’accepte que des voitures électriques sur son territoire (sauf exception d’urgences). En attendant, les constructeurs de moteurs travaillent à rendre ceux-ci de plus en plus économiques en essence et par le fait même moins polluants.

    Et au Québec?

    Notre hiver particulièrement rigoureux est en soi une grande source de dépenses énergétiques, ne serait-ce qu’en raison du chauffage. Bien que l’eau soit abondante et que l’électricité provienne de sources renouvelables, l’environnement y prend une place de plus en plus importante lorsqu’il est question d’investissements dans les stations de ski.

    Visage du ski: Félix Rioux

    C’est avec une grande générosité, malgré les journées de 12h à 14h qui font son quotidien ces temps-ci, que Félix Rioux a accepté de se prêter au jeu de l’entrevue. Rencontré aux bureaux de l’iF3 à Montréal, le président et cofondateur du seul festival de films de freeski au monde bouillonne d’idées et de projets sous le couvert de son air calme et posé. Portrait d’un photographe qui ne manque pas d’ouverture!

    Touche-à-tout

    Skieur depuis son plus jeune âge, il a eu la chance de visiter plusieurs stations du Québec grâce au club de ski dont il a été membre au secondaire. Vite conquis par le style de glisse, il s’intéresse également au skateboard et au rollerblade. Au cours de la discussion avec Félix, je réalise une chose: le jeune quarantenaire a littéralement touché à tout au fil de sa carrière, qui est loin d’être terminée. Après avoir fondé sa première entreprise à l’âge de 19 ans, il sait déjà qu’il a l’esprit entrepreneur et qu’il sera son propre patron. À travers ses études en cinéma, ses contrats de photo, l’organisation de compétitions de skateboard et de rollerblade, la gestion de groupes de musique et le travail pour une station de radio en passant par la mise sur pied d’une boutique, bien peu de choses lui échappent!

    C’est en 1999 que Félix Rioux a vécu le déclic qui le mènera vers la création de l’International Freeski Film Festival, qui verra le jour en 2007. Alors dans un hiatus sans ski qui dure depuis déjà cinq ans, il voit JF Cusson et Jonny Moseley réaliser les prouesses qui les ont fait connaitre lors des X Games à Telluride (Colorado). « C’est ça, l’avenir du ski! » Étant déjà bien implanté dans le milieu de la photo d’action et des sports de glisse, Félix oriente désormais ses efforts et ses actions dans le but ultime de créer ce qu’il voudra voir devenir le « Cannes des festivals de films de ski ».

    Le freeski et le Québec

    Félix Rioux considère le Québec comme une mine d’or lorsqu’il est question des athlètes de freeski. « Les montagnes sont petites, ça fait des jeunes créatifs qui se dépassent pour inventer des nouvelles figures et des nouveaux moyens de les exécuter! » Force est d’admettre que nombreux sont ceux qui ont atteint une renommée internationale, avec la fameuse « anglicisation » des initiales ou du nom…

    À travers sa quête de films de freeski, Félix voit passer des amateurs très prometteurs et une de ses priorités sera toujours d’encourager au maximum la relève et la créativité. Il déplore d’ailleurs le manque de soutien de l’industrie du ski plus « grand public », qu’il considère un brin rétrograde. Heureusement, à grands coups d’acharnement, le président de l’iF3 peut enfin compter sur le support de quelques stations de ski du Québec, à commencer par Owl’s Head, qui a été la première à plonger dans l’aventure.

    Une autre des priorités pour Félix est de rester proche de sa clientèle cible, afin d’éviter le fameux fossé générationnel qui sépare trop souvent les jeunes adultes bourrés de potentiel des « vieux » adultes, qui se considèrent généralement « rendus ailleurs ». À titre de preuve, la moyenne d’âge des employés et contractuels que l’iF3 engage annuellement: début vingtaine.

    Les idéaux

    L’idéal de Félix Rioux tendra toujours vers la démocratisation du sport et l’ouverture des frontières. Une station de ski idéale? À l’écoute de sa clientèle, ouverte aux changements, qui réagit en fonction des besoins actuels de ses skieurs sans rester enfoncée dans les habitudes du passé, et qui stimule l’apprentissage, l’autonomie et le dépassement. Des partenaires idéaux? Ceux qui amènent des nouvelles idées, qui communiquent, qui poussent vers l’excellence, et qui éclatent les standards et les idées reçues. Pas de doute, voilà un photographe qui ne manque pas de vision!

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