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    Vertigo-Aventures – Un homme et son royaume

    Dans la série « Un Homme », nous vous présenterons trois entrepreneurs passionnés du ski hors-piste qui ont en grande partie façonné le paysage du ski en Haute Gaspésie. Ces trois hommes issus de différents milieux, avec des visions aussi originales qu’uniques, s’entendent sur une chose : la promotion du meilleur ski dans l’Est de l’Amérique du Nord, c’est-à-dire le ski en Gaspésie! Et leurs efforts conjugués sont responsables de l’essor et de la renommée du ski de back-country dans ce secteur de la province qui compte 24 des 40 plus hauts sommets du Québec et des quantités de neige légendaires de ce côté du continent!

    Si Ste-Flavie est la porte d’entrée de la Gaspésie, la réserve faunique de Matane offre sans contredit le coup d’envoi avec Vertigo-Aventures et le massif du Mont Blanc, situé à quelques 40 km de la côte. Favorisé par un microclimat, ce secteur inaccessible sans motoneige s’étend sur les multiples versants des monts Blanc, Craggy et Pointu. Ce secteur de la réserve recèle un vaste réseau de couloirs et de sous-bois à 100 % naturels. Et c’est là que s’étend le royaume blanc mis en valeur par François Roy et l’équipe de Vertigo-Aventures. Mais qui est cet homme élancé qu’on réussit difficilement à suivre toute une journée et qui tel un écureuil des neiges, ne semble se nourrir que de noix à première vue?

    Fier du berceau de ses ancêtres qui ont vécu au pied des Chic-Chocs, François Roy, géologue-explorateur de métier, s’y installe en 2002 pour poursuivre sa passion pour le ski et l’alpinisme, et tenter de vivre de son entreprise, fort d’une grande expérience personnelle et de multiples formations, acquises dans l’Ouest et ici. L’entreprise devient immédiatement membre d’Aventure Écotourisme Québec, gage de professionnalisme!

    Et c’est là que François Roy et l’équipe de Vertigo-Aventures vous feront découvrir ce qui est probablement le terrain le plus vaste et le plus diversifié que vous aurez l’occasion de dévaler en ski ou en planche en Gaspésie. En effet, ce n’est ni un ou deux versants qui vous attendent, mais toute une collection de sommets sillonnés de couloirs et de coulées naturelles ou encore d’immenses champs de neige sans cesse alimentés par une chute de neige constante, engendrée par le microclimat qui règne dans ce secteur.

    Comme tous ces versants sont répartis de façon à faire face aux quatre points cardinaux, on réussit toujours à trouver d’excellentes conditions de neige dans lesquelles enfiler descente après descente de 150 à 500 mètres de dénivelé. Ne vous étonnez pas de vous faire surprendre par la tombée de la nuit alors que vous êtes toujours en montagne : malgré la fatigue, difficile de s’arrêter dans de pareilles conditions.

    En ces lieux, la nature règne en roi et maître. Pour respecter l’ambiance sauvage, il va de soi qu’aucune remontée mécanique ou motoneige ne devrait utilisée pour véhiculer les skieurs et planchistes au sommet. Au Mont Blanc, on revêt ses skis ou son splitboard de peaux de phoque et ce sont vos jambes qui assurent la remontée. Moyennant une forme physique acceptable, la remontée devient agréable et sous le couvert feutré des arbres enneigés, nous permet d’admirer chaque facette du paysage ensorcelant. Autre point positif, vous ne serez jamais immobilisé, suspendu en l’air pendant des heures, par une panne mécanique.

    Et si le silence absolu est parfois ponctué de nos cris d’exubérance, à part quelques traces d’orignaux ou d’oiseaux, nous sommes seuls au cœur de ces forêts matures ensevelies sous un profond manteau neigeux. Malgré des inclinaisons qui peuvent atteindre jusqu’à 45 degrés à certains endroits, les risques d’avalanche sont grandement réduits par la prolifération d’arbres espacés qui retiennent la neige et empêchent grandement la formation de plaques de neige durcie par le vent, sans pour autant nous empêcher de nous y faufiler en relative liberté!

    Pour être franc, vous pourriez y séjourner pendant des semaines sans réussir à descendre tout ce qui est disponible. Et fait encore plus étonnant, ce terrain s’est créé naturellement sans aucune aide humaine…ok-ok quelques orignaux ont peut-être légèrement grignoté la végétation… Grâce à la diversité offerte, tous les amateurs de glisse profonde y trouveront leur compte, autant les intermédiaires que les plus avancés et audacieux.

    Pour ce qui est de la poudreuse, en raison de l’élévation du terrain (la yourte est située à 500 mètres d’altitude, AU PIED de votre terrain de jeu) et du microclimat, la neige est principalement sèche et légère, souvent de cuvée champagne et reste intacte bien après s’être croûtée ailleurs. Ici, la saison débute à la mi-janvier et se prolonge souvent jusqu’à la fin du mois d’avril, offrant encore des conditions de neige poudreuse bien après que le ski de printemps ait commencé ailleurs.

    Pour préserver le côté mystique de l’expérience, le séjour se fait dans des tentes prospecteur et une yourte, où vous pourrez passer la soirée à vous raconter les lignes superbes que vous avez déchirées pendant la journée en vous réchauffant autour d’un four à bois bien nourri. Dans la yourte, une cuisinière au propane assure la cuisson des petits plats que les invités verront à apporter. L’eau potable provient d’une source d’eau pure de montagne qui coule à quelques centaines de mètres de la yourte. Une touche de réconfort spiritueux vient souvent clore une soirée qui ne se poursuit jamais très longtemps après les ébats de la journée au grand air.

    À l’extérieur, une statuette à l’effigie du Colonel Saunders injecte un peu d’humour dans le cabinet d’aisance autrement un peu frisquet.

    Récemment, le 19 octobre 2013, Vertigo Aventures prenait un nouveau tournant en tenant la première assemblée générale pour cesser d’être une entreprise individuelle et devenir une coopérative de solidarité à but non lucratif. La Coop acceptera sous peu l’adhésion de nouveaux membres utilisateurs et le coût de la part sociale sera très raisonnable (de l’ordre de 100 $). Ce changement vise à assurer la pérennité des opérations tout en préservant l’esprit et l’ambiance du ski au mont Blanc. En plus de créer un sentiment d’appartenance au sein de ses membres, guides et utilisateurs, la formule coopérative rehaussera la capacité à trouver du financement, accroîtra le rayonnement des activités en montagne et fournira une base de main d’œuvre pour aider au développement et à l’amélioration du territoire et des infrastructures.

    Alors, si vous aimez à fond la poudreuse et les descentes hallucinantes inoubliables, remettez-vous en à François et à son équipe. Ils connaissent intimement leur territoire et sauront vous faire découvrir tout ce que la nature a de plus exhilarant à offrir!! D’ailleurs, au cours des huit dernières années, l’équipe de Vertigo a inlassablement exploré son territoire et n’a pas cessé d’y découvrir de nouvelles zones skiables majeures pour offrir à sa clientèle une variété de terrain incomparable dans l’Est de l’Amérique du Nord.

    C’est ici que commence magistralement votre aventure en Gaspésie. Serez-vous à la hauteur?

    Pascal Bérubé injecte une bouffée d’air frais

    Thursday, October 24, 2013 at the legislature in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

    En octobre dernier (17 octobre 2013), Pascal Bérubé, ministre délégué au Tourisme, faisait une annonce mémorable en terme de chiffres pour l’industrie touristique québécoise. Fier des montants avancés et de l’orientation prise par son gouvernement, le ministre exposait avec joie que l’industrie du tourisme hivernal figurait comme secteur touristique retenu parmi les facteurs clés de la croissance économique de la province. Cette annonce s’inscrivait dans le cadre de la Politique économique Priorité emploi divulguée par la première ministre Pauline Marois au début du mois d’octobre. Bien que l’information ait été relayée en surface dans la plupart des médias de massetrès peu de détails ont circulé quant à la part qui serait éventuellement accordée au ski alpin. J’ai voulu en savoir un peu plus et sonder Monsieur le ministre à propos de sa vision et de ses préoccupations.

    Regard sur le contexte alpin

    D’emblée, M. Bérubé reconnait l’importance du ski alpin comme moteur économique pour la province: « On sait que c’est une activité majeure en hiver, on a 6,2 millions de jours-ski par année et de ce chiffre, 1 million vient d’une clientèle extérieure, donc les 5,2 millions qui complètent prouvent que les Québécois skient beaucoup chez eux. Nous avons une offre variée et il y en a pour toutes les expériences: ski de soirée, stations touristiques à grand terrain, stations plus locales, en plus du hors-piste qui est en expansion. » Éclairé, monsieur le ministre! Même s’il n’est pas lui-même un skieur, il est très à l’aise de s’aventurer sur le terrain des sports de glisse.

    En date de notre entretien, il était trop tôt pour indiquer avec précision quelle proportion des 60,1M$ alloués à la « Mise en valeur du tourisme hivernal » irait directement à l’industrie du ski alpin, mais le ministre est fort conscient de la place qu’occupent les sports de glisse dans le tourisme hivernal. Ses connaissances du milieu sont attribuables à la présence de trois stations de ski sur le territoire de sa circonscription: Pascal Bérubé étant député de Matane-Matapédia, il compte dans son fief les stations Mont Castor, Mont-Comi et Val-d’Irène. Il peut également compter sur les judicieux conseils et nombreuses discussions alimentées par son chef de cabinet, Alexis Boyer-Lafontaine. Ce dernier est en effet l’ancien directeur des affaires publiques de l’ASSQ et son expertise tombe fort à propos lorsqu’il est question de l’industrie du ski alpin au Québec. 

    Au sujet de la situation parfois précaire des stations de ski dites « régionales », M. Bérubé s’est posé en défenseur de la variété, tout en admettant que le support financier reçu par le passé avait parfois été inégalement distribué. Lorsque viendra le temps d’étudier les sommes à répartir parmi les demandes formulées par les divers organismes touristiques, un comité aviseur aura pour rôle de s’assurer de la légitimité et du réalisme des objectifs de chaque requête. De son côté, le PADAT (Programme d’appui au développement des attraits touristiques) a reçu comme directive de réduire au maximum les délais d’analyse et de rendre le tout plus accessible et moins laborieux pour les demandeurs qui déposent des requêtes auprès d’Investissement Québec.

    Et la consommation d’électricité? 

    On ne peut parler de soutien financier sans parler des dépenses auxquelles les stations de ski font face annuellement, à commencer par les frais engendrés par la consommation d’électricité. Le sujet est au coeur des préoccupations de l’industrie et Pascal Bérubé connait la chanson: « On s’en fait parler très souvent. La demande est très forte et on a un comité qui étudie les demandes car oui, il faut établir une collaboration inter-ministérielle à ce propos. C’est sûr que si on s’aventure de ce côté, le rendement sera la clé du succès. On cherchera une amélioration des produits offerts, un allongement de la saison skiable… » Se voulant rassurant, le ministre ajoute qu’à sa demande, une équipe a déjà été mandatée pour évaluer l’enjeu des tarifs d’Hydro-Québec en lien avec l’enneigement mécanique et que chaque demande formulée est documentée et donne du poids au dossier, preuve d’une oreille attentive au ministère du tourisme. L’histoire nous dira si les demandes feront écho jusque dans le pavillon de la société d’état…

    Éviter les répétitions

    Chose certaine, avec un ministre ouvert sur les réalités et les besoins concrets des stations de ski, l’espoir est permis: peut-être verra-t-on une structure d’aide réellement bâtie pour ses cibles. Certains se souviennent du faible taux de participation au programme mis en place par les libéraux en 2008, visant à favoriser la modernisation des infrastructures des stations de ski du Québec. En juin 2011, au terme du calendrier prévu pour la durée du programme, la conclusion se trouvait fort loin des chiffres anticipés puisque les conditions imposées par Investissement Québec étaient incompatibles avec les besoins réels et la situation des stations de ski. À ce moment, le portrait dressé par l’ASSQ faisait état des raisons: les prêts offerts par le programme n’étaient pas avantageux, les demandes de garanties de loin supérieures à la capacité des stations et au final, le faible nombre de projets soumis et acceptés par le programme révélait que la structure ne correspondait pas aux impératifs économiques des stations de ski. 

    Un exemple dans sa cour

    En tant que député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé suit de près le développement du Parc Régional de Val-d’Irène. Pour lui, il s’agit d’une station régionale modèle dont la progression doit servir d’exemple, tant pour les organismes ministériels que pour les autres acteurs de l’industrie du ski. Alors que plusieurs stations enregistrent des saisons « ordinaires » voire « décevantes », le choix d’investir peut paraître risqué pour un observateur frileux mais la solution semble être dans les gestes osés: combattre le froid par le froid! « On souhaite que les Québécois skient encore plus chez eux, et pour ça, il faut non seulement augmenter la qualité de notre produit mais aussi intensifier les actions promotionnelles pour mieux se faire connaitre, ici et ailleurs. »

    Bien sûr, la plupart des analystes s’arrêteront aux chiffres, et arriveront à la conclusion que le ski alpin au Québec se porte mal, et qu’il faut pleurer en se comparant à nos voisins du sud ou de l’ouest. Être à la traine, c’est une chose… se retrousser les manches en est une autre. Le peuple québécois étant réputé pour sa créativité et sa débrouillardise, si le coup de main politique (et financier) tant attendu et espéré peut enfin se concrétiser, il y a fort à parier que les analystes changeront d’air… en allant en ski!

    Fabrique à flocons: vive les canons!

    Avec l’ouverture de certaines stations de ski dans l’est du continent et les récents épisodes de gel dans plusieurs régions de la Belle Province, il n’en faut pas plus pour exciter les fanatiques parmi nous, se voyant déjà dévaler les côtes du Mont St-Sauveur. Aujourd’hui, il serait quasi impensable d’imaginer une saison de ski dans l’est de l’Amérique sans le canon à neige.  Pourtant, cette technologie relativement nouvelle était presque inexistante si on recule d’une génération. 

    Un peu d’histoire

    Le premier canon à neige a vu le jour en mars 1950,  grâce à Art Hunt, Dave Richey et Wayne Pierce. L’origine exacte de l’idée semble varier d’une source à l’autre mais chose certaine, l’idée de sauver une saison de ski était présente car le trio d’inventeurs était à l’époque partenaires d’une entreprise fabriquant des skis, dont les ventes n’étaient pas au plus fort à cause du manque de neige. Il fallut cependant attendre près de deux ans pour voir cette invention mise à profit pour les skieurs dans une application pratique.

    Le défunt centre de ski Grossinger’s Catskill Resort dans l’état de New York fut le premier endroit à utiliser cette technologie. Ce n’est toutefois que dans les années 70 que l’utilisation des canons à neige sur les pistes s’est démocratisée. Depuis, la recherche scientifique a permis d’améliorer grandement l’efficacité du principe de base de cette technologie qui nous permet de profiter d’une saison de glisse beaucoup plus longue que celle du temps de nos parents, lesquels étaient dépendants des caprices de la météo pour pratiquer leur sport favori. Certains d’entre vous se rappellent sûrement la saison record du centre de ski de Killington en 1996-1997, où on avait été en mesure de faire des virages sur la neige (avec remontées mécaniques) du 4 octobre au 22 juin. Peu de gens aurait cru cet exploit possible lors de l’invention du premier canon à neige.

    Le fonctionnement d’un canon à neige

    Le principe d’un canon à neige n’est pas sorcier : la recette consiste à mélanger de l’eau à de l’air comprimé afin d’en atomiser (réduire l’eau en particules extrêmement fines) l’eau. C’est connu, l’eau se transforme en glace à partir d’une température avoisinant 0°C. 

    Mais à partir de quelle température peut-on fabriquer de la neige?  Contrairement à la croyance populaire, l’eau pure ne gèle pas systématiquement lorsque votre thermomètre atteint 0°C. Un thermomètre domestique nous montre habituellement la température « sèche »;  l’eau a besoin d’environ -2°C au thermomètre « humide » pour se cristalliser et se transformer à l’état solide. La température d’un thermomètre « humide » prend en considération l’humidité relative contenue dans l’air ambiant et l’abaissement de température qui sera généré par l’évaporation d’eau. Bien que ce genre de condition est peu fréquent au Québec, si la température « sèche » de votre thermomètre indique 4°C  et que l’humidité relative extérieure est de 20%, la température « humide » serait de -2°C. Il serait donc théoriquement possible de fabriquer de la neige en dessus du point de congélation. Je vous entends déjà me demander : pourquoi le mont St-Sauveur ne part-il pas ses canons plus tôt?  La réponse est simple : dans toutes les transformations, il y a des pertes et le transfert d’énergie (dégagement de chaleur dans la gouttelette d’eau et absorption de chaleur par l’atmosphère) doit être assez long pour permettre la création de neige.

    Revenons à la base du principe de la neige de culture, c’est-à-dire du mélange air-eau;  on appelle à tort « neige artificielle »,  la neige créée par les canons, puisque cette dernière, résultant de ce procédé, n’a rien d’artificiel. Afin de créer une gouttelette fine, de l’air sous pression est généralement injecté à l’intérieur d’une chambre de mélange afin d’en fractionner les particules d’eau présentes en plus petites particules. Plus on injecte d’air, plus la particule devient minuscule. La quantité d’air comprimé nécessaire afin de produire de la neige est donc inversement proportionnelle à la température extérieure. Produire de la neige à des températures marginales d’enneigement (au-dessus de -7°C humide) est extrêmement coûteux et la qualité, ainsi que la quantité de neige produite,  sont grandement affectées.

    De plus, lors des débuts de saisons, un obstacle important ralentit les ardeurs des prétendants à la course pour  la première ouverture de pistes skiables dans l’est du continent : il s’agit de la température de l’eau. L’eau utilisée dans la production de neige provient habituellement d’un lac artificiel situé à proximité des pistes. La température de cette eau varie donc en fonction de la température extérieure. En début de saison, lorsque que les températures moyennes journalières sont au-dessus du point de congélation, la température de l’eau avoisine les 7-8°C. Le transfert de chaleur nécessaire pour faire baisser cette température sous le point de congélation est plus grand qu’en période d’hiver où l’eau du lac sous sa couche de glace se situe aux alentours de 2-3°C.

    Heureusement les avancées technologiques des dernières années sont venues à la rescousse des fervents des sports de glisse; les chercheurs ont trouvé un moyen plutôt ingénieux pour donner un petit coup de pouce aux stations de ski. Il est maintenant possible d’ajouter un additif du nom de SnoMax (produit à base d’une bactérie, Pseudomonas syringae, naturellement présente dans certains végétaux) dans l’eau; ce produit donne la propriété de faire geler l’eau à des températures légèrement au-dessus de 0°C. Bien qu’aucune étude sérieuse démontre son coté néfaste sur l’environnement, cet additif est proscrit en France depuis quelques années.

    Les différents types de canons à neige

    Canons conventionnels  (tee gun):

    Encore très répandu sur les pentes, ce type de canon qu’on voyait partout dans les années 80 et 90 est le  moins coûteux, mais aussi le moins efficace de tous. De plus en plus portés à disparaître pour faire place à des modèles plus performants, ces canons légers et compacts sont les plus simples à transporter sur la montagne et ne requièrent que de l’eau et de l’air comprimé pour fonctionner.

    Canons ventilateurs (fan gun):

    Définitivement le type de canon le plus efficace,  mais par contre,  le plus coûteux.  Ces canons utilisent un compresseur ainsi qu’une hélice pour projeter la neige le plus longtemps possible dans les airs.  Leur utilisation est majoritairement restreinte à la base des montagnes car ils requièrent, en plus de l’eau, une alimentation électrique dédiée,  afin de faire fonctionner le moteur de l’hélice et le compresseur. 

    Canons perches:

    Ce type de canon, largement utilisé dans l’industrie, est victime du défaut de ses qualités. Sa hauteur imposante lui permet de garder en suspension pendant une longue période de temps les cristaux qu’il produit. La neige produite par ce genre de canon est donc plus sèche que celle produite par des canons conventionnels. Cependant, il peut être parfois difficile de garder  la neige dans la piste à enneiger lors de journée venteuse, la neige soufflée peut facilement terminer sa course dans les bois (au grand plaisir des skieurs de sous-bois). À cause de sa grande taille, ce type de canon est plus souvent utilisé de manière fixe,  mais il peut également être déplacé sur un traîneau.  Il ne requiert que de l’eau et de l’air comprimé pour fonctionner.  Certains types de canons perches sont également utilisés sans air comprimé, c’est-à-dire uniquement avec de l’eau; dans ce cas, leur utilisation est restreinte aux journées de froid sibérien.

    Maintenant, pour les vrais fanatiques de la neige, sachez qu’il est possible, et ce, à coût très raisonnable (moins de 20$),  de vous lancer dans la course en construisant et opérant votre propre canon à neige dans votre cour. En utilisant l’eau de l’aqueduc (je sais, ce n’est pas très écologique, mais à ma défense, sachez que je n’arrose jamais mon gazon en été), un compresseur à air et quelques pièces de plomberie de la quincaillerie du coin, vous pouvez espérer démarrer votre saison hivernale avant tout le monde,  ce qui est maintenant devenu une habitude inextinguible chez moi, au grand plaisir de mes enfants et au désarroi de ma femme et de mes voisins!

    Quelques références historiques:
    « Who Made That Artifical Snow » (NY Times)
    « Snomaking born of a bad year » (Stowe Today)
    « Skier of the Decade: Wayne Pierce, 1950’s » (SkiMag.com)

    La valeur du ski: déboulonnons quelques mythes

    «Le ski alpin, c’est un sport de riches!» C’était peut-être plus près de la vérité il y a 20 ans. C’est peut-être vrai encore aujourd’hui, si vous êtes de ceux dont les choix de consommation sont basés sur la performance, le luxe, l’esthétisme et l’image en général. Mais, outre cette couche superficielle et non-obligatoire… le ski alpin est un sport accessible et abordable. Bam. J’vous l’dis, hein?

    D’abord, il est nécessaire de séparer et d’identifier clairement les dépenses reliées à la pratique du sport. Grossièrement, les coûts peuvent être divisés comme suit: équipement (et entretien), apprentissage (ou perfectionnement), droit d’accès, alimentation, transport.

    L’équipement:
    Qu’il soit question de vélo (de montagne ou de route), de kayak (mer ou rivière), de camping, d’escalade, de chasse, de golf ou de tout autre sport nécessitant l’acquisition de matériel disons «complexe» (par opposition à une paire de chaussures de course ou de raquettes), les frais sont similaires. Si on additionne la valeur de l’équipement complet nécessaire à la pratique de ces sports, pour un adulte, pour chaque niveau de gamme (tout le monde connait le fameux good-better-best), l’investissement est le même: on peut s’en tirer à 500$ comme on peut péter le 2000$. J’oserais même dire que pour un niveau de qualité équivalent, un kayak de mer et un vélo de route coûtent beaucoup plus cher qu’une paire de skis… Concernant l’entretien, un bon ajustement sur un vélo vaut le même prix qu’un cirage + aiguisage. Si vous le faites vous-même, c’est encore moins cher…

    L’apprentissage:
    Bien que certains des sports sus-nommés ne fassent pas l’objet d’une formation accréditée, entendons-nous sur une chose: vous devrez vous faire initier. Certains de ces sports sont soumis à des règlementations, normes de sécurités et procédures que vous devez absolument connaitre, pour le bien de votre sécurité et de l’activité… Les coûts relatifs à l’initiation, à l’apprentissage ou au perfectionnement sont tout aussi variés que pour le ski alpin. On peut débuter sans cours, comme on peut décider de suivre une série de 10 leçons/sorties accompagnées… encore une fois, kif-kif. Un cours d’Iniski? En moyenne 65$. Et ça inclut la location de l’équipement. Une sortie en kayak de mer pour initiation? 60$ pour une heure. Incluant l’embarcation (et la pagaie, oui, bande de malins). Un atelier de golf? 80$ pour 45 minutes, sans les balles de pratique. Après une petite tournée Google, à vue de pif: pour une très grande quantité de cours, d’initiations, d’accréditations et autres formations, le tarif horaire est comparable et inclut de l’équipement. Bien entendu, un cours privé sera toujours plus cher qu’un cours de groupe… peu importe la discipline.

    Droits d’accès:
    On paye pour un sentier de vélo de montagne, pour l’accès à un parc national ou provincial, pour un gymnase, une pourvoirie, un terrain de golf, une paroi d’escalade, une piste de ski… qu’il s’agisse d’un tarif journalier ou d’un abonnement annuel, si on pratique le sport sur une base régulière, en famille ou en solo, les coûts sont présents. Ces coûts sont bien entendu directement proportionnels aux infrastructures et services accessibles. Je vous entends déjà vous emballer à propos de l’inégalité des coûts, retenez votre souffle, j’y reviens dans deux paragraphes…

    Transport:
    Bien peu d’entre nous peuvent se targuer d’avoir comme voisin un parc national ou une station de ski. Il faut donc s’y rendre: covoiturage, autobus, roulotte… tout le monde dépense des pétro-dollars pour pratiquer une activité physique et sportive. La consommation d’essence ne peut donc pas être reliée spécifiquement au ski alpin ou aux autres sports car elle est trop ancrée dans nos dépenses quotidiennes et dans nos choix de vie…

    L’alimentation:
    Je me répète: c’est encore une question de choix… on peut rouler en voiture sous-compacte et apporter notre lunch. On peut rouler en Hummer, et acheter les repas de toute la famille au chalet de ski. On peut rouler en hybride et se balader avec un panier de légumes bio, de l’hummus et des sandwiches au pain d’épeautre. On peut rouler en voiture allemande et adopter une diète sans lactose ni gluten. Tout est dans les choix.

    Note, à propos des droits d’accès: ceux qui ont retenu leur souffle jusqu’ici peuvent respirer (et sont franchement plus doués que moi sur l’apnée). Je vous devine:
    «AHAH!! C’est plus cher une journée de ski qu’une journée de vélo de montagne ou dans un parc national! Je le savais! C’est pour les riches!!» … C’est là la beauté de la chose: si vous comparez chaque dépense, oui, vous verrez des inégalités. Vous avez payé 2000$ pour un kayak de mer, 1000$ pour un vélo de montagne, 1000$ pour un ensemble de golf, 700$ pour une paire de skis… mais votre abonnement de saison de ski alpin vaut 500$, vous faites du vélo pour 100$ pendant l’été, du golf pour 500$, et vous faites du kayak sur un cours d’eau gratuitement… En tout et pour tout: le kayak est plus cher, pas le ski!

    Vous conviendrez donc avec moi que la notion de «sport de riche» est beaucoup plus rattachée à l’image qu’aux dépenses réelles… car on peut faire du kayak de mer avec un bateau en fibre de carbone de 18 pieds, transporté par un Lexus 4X4, en sirotant un vin d’importation privée (un Pomerol idéalement), tout en se demandant quelle destination des Antilles nous irait bien pour notre prochain séjour en kayak… de même qu’on peut avoir un kayak en composite, fixé sur un vieux CR-V, et faire des sorties dans un rayon de 100km de chez soi et siroter une bière locale -ce qui est parfaitement possible en ski alpin aussi!

    Les plus finauds d’entre vous auront remarqué que dans les exemples donnés ci-haut, je ne m’attarde qu’au volet RÉCRÉATIF d’un sport… l’idée est de comparer des pommes avec des pommes, sans mélanger l’aspect «compétition», qui existe pour la plupart des disciplines, et qui implique généralement des coûts franchement supérieurs. Là oui, on pourrait commencer à parler de «sport de riche»… mais la nuance est importante: ce n’est pas le sport qui coûte cher, c’est le niveau d’intensité et de sérieux qu’on y met!

    Autre «petite» nuance: dans tous les sports donnés en exemple, je n’ai pas parlé de sports d’équipe, seulement de sports individuels. Je n’ai pas non plus parlé des sports motorisés. Vous voulez des sports de riches?? Le camping en caravane/roulotte, le wakeboard, le motocross, le sea-doo, la motoneige… mettez un moteur à essence dans votre loisir et vos coûts décupleront*. Au minimum. (*Du verbe «décupler», signifiant «devenir dix fois supérieur à».)

    Maintenant, si je résume, pour vous donner des arguments pour convaincre votre blonde (ou votre chum): le ski alpin ne coûte pas plus cher que les autres sports de la même «catégorie». Il est même plus abordable grâce à:

    • La diversité des produits offerts par les stations de ski: abonnements de jour, semaine, soir, fin de semaine, etc.
    • La proximité desdites stations de ski: 76 stations au Québec… versus 23 Parcs du réseau de la SEPAQ, dont trois qui sont SUPER (ahem) accessibles: Pingualuit, Kuururjuak et Anticosti; 15 réserves fauniques, et trois parcs nationaux
    • Le large éventail de marques et de niveau de qualité du matériel accessible en achat ou en location (et là-dessus on ne parle même pas de la possibilité de revendre du matériel usagé ou de le transférer «au plus jeune»)
    • La possibilité de pratiquer le sport en famille, en groupe, en couple: on partage les dépenses!

    En terminant… comme je disais: tout est une question de choix. Demandez-vous combien vous investissez pour votre passion pour les modèles réduits de train, pour votre amour du septième art, pour votre incommensurable attrait pour les musées, pour votre affection particulière pour les restaurants à sushis haut de gamme, pour votre téléphone intelligent («contrat de 3 ans, pas-cher-pas-cher»), pour toutes ces chaînes câblées que vous ne regardez pas tant que ça au final, pour votre cinéma-maison dernier cri (avec 3D et lunettes), pour satisfaire l’oenophile que vous êtes (mais vous râlez contre la SAQ et ses profits)(avec raison d’ailleurs mais c’est un autre débat), pour ce traditionnel café-croissant de Première Moisson avant d’arriver au bureau tous les matins…

    Dans les produits et biens de consommation énumérés dans le paragraphe précédent, la très grande majorité des entreprises (exception faite des arts) font des profits dépassant les 100% du coût de production. La statistique est inversée pour l’industrie du ski alpin: les stations sont «rentables»… mais le prix que vous payez est franchement plus juste pour une journée de ski que pour un billet de cinéma un vendredi soir. Vous ne trouvez pas que le cinéma est un loisir de riches?

    (NDLR: Il s’en trouvera toujours pour me contredire ou m’amener d’autres arguments… l’idée de ce texte n’est pas d’en faire une étude scientifique mais de démontrer par des informations accessibles au grand public que les mythes entourant le ski alpin n’ont pas raison d’être!)

    Combien devrait-on payer pour une journée de ski?

    La question est fort épineuse, souvent posée à demi-mot, généralement déguisée en commentaire: «C’est cher!». Cher pourquoi? D’abord, qu’est-ce que c’est, «cher»? C’est un jugement de la part du consommateur, qui en veut toujours plus pour son argent. C’est légitime, là n’est pas la question. Mais «cher», c’est aussi relatif.

    Cher, c’est une vague idée qu’on a d’un prix qui dépasse ce qu’on était prêt à investir. L’essence, chère quand on la paie plus que 1,50$ le litre. Pourtant, on la trouvait déjà chère à 1,00$ le litre! Et quand on va en Europe, le même litre d’essence, après conversion avec le taux de change en vigueur, se vend plus du double d’ici! Alors là, c’est vraiment cher! Puis, quand on traverse chez nos voisins anglophones (ontariens ou étazuniens): «Oh, pas chère, l’essence, ici!» (Notez que je ne parle pas de la valeur des taxes, mais seulement du prix global payé.)

    Cher, c’est ce qu’on ne veut pas payer. On veut un prix «juste». Mais «juste», c’est relatif aussi! La justesse d’un prix, c’est ce qu’on trouve raisonnable de payer pour le produit ou le service qu’on achète. Il est là le vrai questionnement… comment sait-on si un prix est juste?

    Dans le monde du ski alpin, vous devinerez que bien des facteurs font varier la facture. Il y a bien entendu les dépenses relatives au coût d’exploitation d’une station de ski. Je ne vous apprendrai rien en affirmant qu’un gestionnaire fait face aux mêmes défis qu’une famille. Cela dit, l’objectif ultime d’une famille est (ou devrait être) l’épargne, qu’on peut remplacer par «profit» ou «rentabilité» dans un contexte commercial.

    Comment établir le prix «juste» du billet journalier? C’est simple… sans l’être. Prenons d’abord les multiples dépenses:
    – Consommation d’électricité (du télésiège au garage en passant par le chalet, les canons à neige et l’éclairage)
    – Coût du terrain, des infrastructures et des bâtiments (pour autant que ces sommes ne sont pas entièrement payées)
    – Coût des taxes et impôts fonciers
    – Coût de renouvellement minimal et entretien des matériaux et infrastructures
    – Coût des véhicules de fonction (motoneige, quad, camion, dameuse, tracteur…) et des frais associés à ces véhicules (carburant, assurances, immatriculation lorsque requis, entretien)
    – Dépenses « administratives » (télécommunications, appareils électroniques, téléphones, papeterie, marketing, promotion, etc.)
    – Coût de l’ameublement (tout ce qui n’est pas coulé dans le béton: frigos, casiers, tabourets, machines à tuner les skis, tapis, affiches de signalisation diverses…)
    – Coût d’une flotte d’équipement de ski/snowboard (et accessoires) pour location
    – Coût des permis et licences nécessaires à l’exploitation d’une boutique, d’un bar, d’une cafétéria…
    – Et pour finir… la masse salariale (les employés, quoi!) et le coût de leur formation, si approprié.

    J’en oublie, c’est certain! Mais comme vous voyez, la liste est déjà longue, et ne touche aucunement au volet « hébergement » que plusieurs stations de ski du Québec offrent en plus. Et maintenant, la liste des revenus:

    – Les droits d’accès aux infrastructures sus-nommées, pour une période donnée (journée, fin de semaine, semaine, année).

    Maintenant, pas besoin d’être comptable ou économiste pour deviner qu’il faut un nombre minimum de client, à un montant minimum, pour «rentrer dans son argent». Notez que je n’aborde pas non plus la période de temps pour laquelle on peut parler de rentabilité: 6 mois? 12 mois? 5 ans?

    Voilà donc avec quoi tout administrateur de station de ski jongle. La longue liste des dépenses, versus la courte liste des revenus. Ici, peut-être que certains d’entre vous serez, comme moi, tentés faire l’exercice: tout balancer les chiffres dans un chiffrier (entendu qu’on les ait, bien sûr), faire quelques tableaux croisés de multiplications, de divisions, de soustractions, d’additions… et bingo! On a le prix qu’un billet de ski devrait coûter, pour une journée, pour un adulte, pour la station concernée. Le prix «juste».

    Là où le bat blesse: les dépenses sont majoritairement fixes. Il y a les dépenses uniques (acquisition) et les dépenses récurrentes (entretien, renouvellement). Mais globalement, on ne peut s’en tirer en-deçà d’un certain minimum, même en amortissant le tout sur une période plus ou moins longue. Les revenus, quant à eux, sont grandement variables. Encore une fois, observation et déduction sont des capacités de base qui nous permettent à tous d’imaginer les causes de cette variation:

    • Météo (il faut de la neige, qu’elle soit naturelle ou fabriquée!)
    • Contexte économique global (récession?)
    • Situation démographique (station de ski à proximité d’une petite ou grosse municipalité?)
    • Accessibilité (plutôt 1h de route, ou 4h de route?)
    • Qualité/variété des produits/services offerts (est-ce que ça répond à la demande?)
    • Durée d’opération (plutôt novembre-mai, ou janvier-mars?)
    • Que sais-je encore?

    Un bon administrateur saura bien entendu adapter ses tarifs en fonction de tout ceci, et bien plus! Par exemple:

    • Capacité d’accueil (taille du chalet? du stationnement? nombre de remontées mécaniques? nombre de pistes? nombre d’employés disponibles?)
    • Proximité avec la «compétition»
    • … et la fameuse «réputation»

    Je sais que vous attendez ce mot depuis le début de votre lecture. Car c’est la première réponse que vous avez donnée, à voix haute ou dans votre tête, à la question que j’ai posée au tout début de mon texte: « Combien devrait-on payer pour une journée de ski? » « Bien, ça dépend où! » C’est un truisme que d’affirmer que la notion de « payer cher » est intimement liée au produit que l’on consomme; ici, le produit est synonyme d’endroit géographique.

    Maintenant… on est d’accord: un billet de ski dans tout petit centre doté d’à peine 6 pistes, d’une seule remontée et d’un microscopique chalet vaudra forcément moins cher qu’un billet donnant accès à un dénivelé de 400m sur 30 pistes… D’où l’importance de vendre un billet de ski à la bonne valeur (d’une part), et d’accepter cette valeur en tant que consommateur (d’autre part)!

    Vous commencez à me connaitre… allons plus loin que le simple prix du billet. Car économiquement, socialement, une station de ski, c’est bien plus qu’un billet journalier. J’ai déjà fait l’apologie des stations de ski dites «régionales» ou «de moindre taille», je ne reviendrai donc pas sur ces propos. Ceci dit, en payant pour un billet de ski, voici ce qu’un skieur achète réellement:

    • Un droit d’accès aux infrastructures nécessaires à la pratique d’un sport/loisir qu’on a choisi de plein gré
    • Une occasion de bouger (dehors en plus)
    • Une activité en famille, en couple, entre amis, en solo, peu importe!
    • Un environnement où vous êtes libres de vos actions, mais qui vous encadre en offrant des services de premiers soins en cas de besoin
    • Une contribution, même minime, à l’économie locale et à l’industrie du ski alpin
    • … et plein d’autres choses!

    Donc, combien devrait-on payer pour une journée de ski?

    Des skis artisanaux: oui c’est possible!

    Vous êtes-vous déjà réveillé un matin avec une idée un peu folle en tête, tel un projet qui vous permettrait de vous stimuler intellectuellement, d’occuper vos temps libres et vous aiderait à vous  accrocher à quelque chose en attendant sagement le retour de la neige?  Pour certains d’entre nous, cette idée folle est d’acheter le Mont Alta (qui, soit dit en passant, est une excellente idée); dans mon cas ce fut de fabriquer une paire de skis alpins artisanaux…

    J’ai toujours eu plusieurs paires de skis dans mon garage, mais j’avais toujours rêvé de posséder  une « vraie » paire de skis pour la poudreuse. Par contre, l’idée de dépenser 1000$ pour une paire de skis qui me servirait à peine quelques jours par année freinait mon enthousiasme. Ainsi, un matin, un éclair de génie traversa mon esprit : pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable et m’en fabriquer une? Pour la plupart d’entre vous, cette possibilité ne vous a probablement jamais effleuré  l’esprit, vous disant sans doute que ça doit être extrêmement compliqué, même impossible à réaliser à la maison. Ce n’est peut-être pas simple, mais je vous assure que c’est loin d’être aussi sorcier que ça en a l’air! Lors de mon passage à l’université, j’ai étudié les matériaux composites, alors je trouvais que de m’atteler à la tâche de fabriquer une paire de ski allait être une belle occasion de mettre en pratique ce que j’avais appris à l’école.

    La première étape dans la fabrication d’un ski est de déterminer les dimensions et le profil recherché. Plusieurs idées saugrenues m’ont traversé la tête, mais j’ai finalement décidé de rester conservateur dans mon approche et de confectionner quelque chose de similaire à ce qu’on trouve sur le marché. J’ai donc ouvert mon DAO (logiciel de dessin assisté par ordinateur) et j’ai commencé à dessiner mon ski. Mon choix s’est arrêté sur les mensurations suivantes :

    Longueur : 196 cm
    Largeur : 95-125-105-115-95
    Cambrure : Rocker, camber, rocker

    Une fois le concept établi, on doit passer aux choses sérieuses. Pour commencer, il faut savoir qu’un ski n’est (généralement) rien d’autre qu’un assemblage de bois, fibre de verre, de polyéthylène, de carres en acier, collés les uns aux autres, grâce à de la colle époxy.  On assemble les composantes les unes par dessus les autres dans un moule et on applique une pression (ou on effectue un vide dans mon cas)  pour permettre à chacune des couches de bien adhérer entres elles.

    Le noyau de bois

    Le tremble, le frêne, l’érable, le peuplier et même le bambou (pour ne nommer que celles-là) sont des essences de bois fréquemment utilisées dans l’industrie du ski. Idéalement, pour faire notre choix, on doit prendre en considération le type de ski qu’on désire fabriquer; un ski haute performance dédié à la course aura besoin d’être robuste et plus rigide qu’un ski de touring ultra léger.

    Le peuplier, par exemple, est un bois très léger, environ 0,4 gramme par centimètre cube. Un noyau uniquement conçu en peuplier permettrait d’avoir un ski extrêmement léger, par contre, sa flexibilité et ses propriétés mécaniques (résistance) laisseraient à désirer. Ce type de bois pourrait donc convenir à la fabrication d’un ski de « touring » où on essaie de minimiser au maximum le poids du ski. L’érable, quant à lui, est beaucoup plus résistant, mais son poids se chiffre plus aux alentours de 0,6 gramme par centimètre cube. Plus rigide et plus résistante, cette essence serait plus judicieuse pour un ski de carving.

    Dans mon cas, mon noyau est constitué de frêne; pour la simple et bonne raison que j’avais des morceaux de frêne qui traînaient dans le garage. Afin de s’assurer que le noyau soit exempt de faiblesses et  d’irrégularités dans le grain, il est recommandé de laminer ensemble plusieurs languettes de bois d’environ ¾ pouce (19-20mm) avec de la bonne veille colle à bois. 

    Une fois la colle séchée, on peut aplanir notre noyau grâce à un planeur et lui donner le profil désiré. Bien que les spatules puissent être confectionnées en bois, il est recommandé de les fabriquer en plastique (généralement de l’abs). Le plastique est plus résistant à l’impact que le bois, donc avec l’emploi de celui-ci, il en résulte un ski plus durable.

    La semelle du ski

    Dans mon cas, puisque j’avais dessiné mon ski dans le DAO, j’étais en mesure de faire imprimer le design du ski grandeur nature sur une feuille de papier. Il était donc simple de tracer et ensuite découper dans une feuille de polyéthylène mes semelles de ski. Une fois découpées, j’ai collé mes semelles sur du ruban adhésif deux faces dans mon moule et j’ai collé « temporairement » mes carres d’acier avec de la « crazyglue ».

    La vraie liaison entre la semelle et les carres a lieu lors du laminage. Cette étape consiste à étendre une couche de fibre de verre sur la base du ski et à la recouvrir de résine époxy. On peut ensuite déposer le noyau de bois sur la couche de fibre de verre puis appliquer une dernière couche de fibre de verre. Après, on applique la couche finale constituée  habituellement d’un graphique imprimé sur un film de plastique; dans mon cas, j’ai choisi une couche de fibre de carbone.

    Une fois le laminage complété, on doit s’assurer d’avoir une bonne cohésion entre les couches en appliquant une certaine pression sur celles-ci. Il existe deux méthodes courantes dans la fabrication de skis, soient  la presse à ski et le moulage sous vide. Le moulage sous vide demande un moule moins robuste et est beaucoup  plus facile à mettre en œuvre pour une fabrication unique, c’est donc la technique que j’ai privilégiée. Le principe est simple: on applique une pellicule de plastique par-dessus notre laminage et on scelle tout le contour de notre moule à l’aide d’une gomme. On fait le vide à l’intérieur du plastique grâce à une pompe à vide, une pression est donc appliquée uniformément sur notre assemblage. On laisse sécher la résine durant une nuit et le ski est presque terminé.

    Une fois bien séché, on peut retirer le ski du moule. Il ne reste plus qu’à découper l’excès de bois et de fibre de verre sur le contour du ski, puis, procéder à un petit sablage, installer une paire de fixations et attendre (im)patiemment la prochaine bordée de neige! J’ai d’ailleurs testé mes propres skis en piste… un super sentiment de plaisir et d’accomplissement!

    Pour ceux qui seraient intéressés à se lancer dans la fabrication de skis artisanaux, retenez qu’il en coûte moins de 200$ pour le matériel nécessaire à la confection, et que j’y ai mis environ 50 heures. Voici quelques sites internet qui peuvent vous aider:

    – www.skibuilders.com (en anglais) qui explique en détails les diverses étapes de fabrication et indique où se procurer les divers matériaux (qui sont difficilement trouvables au Québec, malheureusement)
    – Freeman Supply, pour la fibre de verre et la résine
    – Blank Slate Skis, pour d’autres matériaux

    Visage du ski: Isabelle Émond

    Avoir une passion, ça peut nous mener loin dans notre développement personnel. Parvenir à vivre de cette passion, ça peut nous amener un épanouissement professionnel, et ça contribue au développement de ceux qui nous entourent! C’est ce que vit quotidiennement Isabelle Émond, dont le titre officiel en dit « long »: Directrice école, boutique, atelier et location pour le Mont SUTTON. Son nom vous est familier? Vous avez sûrement été touché par son énergie contagieuse! Portrait de cette petite dynamo, avec qui le courant ne peut que passer.

    À l’instar d’Obélix, Isabelle n’est pas « tombée dans la potion magique quand elle était petite ». Elle n’a en effet commencé à skier qu’à l’âge de onze ans, ce qui peut paraitre tardif comme apprentissage pour bien des skieurs. Sa famille n’étant pas très sportive, le premier contact avec les sports de glisse a eu lieu par le biais d’une « école itinérante » de ski et le coup de foudre a été immédiat. Tous les samedis matin de l’hiver, Isabelle et ses parents se levaient aux petites heures pour qu’elle puisse prendre l’autobus de Chateauski, qui organisait des excursions un peu comme l’Express-Ski le fait aujourd’hui. La toute première journée de ski d’Isabelle a eu lieu… à Jay Peak! Les années passant, Isabelle s’est découvert des talents de monitrice ainsi qu’une féroce envie de progresser dans le cursus des instructeurs de ski: à 19 ans, elle était déjà détentrice d’un niveau 3, qu’elle conserve encore à ce jour. Elle a de plus en poche un niveau 2 de la FESC.

    Du sirop d’érable aux kiwis

    Pour Isabelle, la « ligne » était tracée… avec plein de virages! Elle savait cependant très tôt qu’elle ferait carrière dans le monde du ski. Après avoir fait ses premières armes à Vallée Bleue et à Ski Bromont sous la supervision de Christian Charette, la skieuse est allée découvrir la Nouvelle-Zélande à 24 ans, poursuivant sa quête de l’hiver. Entre 1999 et 2004, Isabelle faisait la navette automne et printemps afin de continuer à occuper son poste de directrice adjointe de l’école de glisse durant notre hiver à Ski Bromont! Puis, à la fin de la saison, elle reprenait l’avion pour se replonger dans l’hiver néozélandais. Imaginez un peu… cinq ans d’hiver permanent. Faut aimer les flocons!

    Durant ses deux premières années en Nouvelle-Zélande, elle a enseigné le ski, pour ensuite passer de l’autre côté du comptoir et devenir gérante d’un magasin de sports alpins, qui comptait également un centre de location et un atelier. Au bout de trois ans à ce poste, la bougeotte la reprend, et l’occasion fait le larron: Salomon l’embauche en tant que représentante. L’ascension se poursuit, et au moment où Isabelle prend la décision de rentrer au Québec en août 2008, elle était directrice des produits alpins chez Atomic-Conformable-Montana (Brandex).

    Le retour à la maison

    Celle qui a appris l’anglais avec le plus bel accent kiwi a murement réfléchi son retour au Québec. Au moment où le Mont SUTTON était à la recherche d’une tête qui pourrait redonner un souffle à l’école de glisse, Isabelle était bien établie en Nouvelle-Zélande. Les entretiens d’embauche se sont donc faits par Skype, avec 16 heures de décalage horaire. Isabelle devait se lever aux petites heures de la nuit, enfiler une chemise par-dessus son pyjama, et répondre aux questions de gestion tout en se faisant cuisiner outre-mer! Forte de son expérience acquise jusque là, elle se souvient toutefois que les meilleures bases qu’elle ait acquises viennent de son apprentissage avec Christian Charette: rigueur, méthodologie, techniques de suivi, organisation, planification, ressources humaines… sans cet enseignement, Isabelle admet qu’elle n’aurait probablement pas osé relever le défi!

    Et parlons-en, du défi… En poste depuis tout juste cinq ans, Isabelle a abattu plus de boulot qu’il semble humainement possible: reprendre le contrôle d’une école de glisse (qui était en sous-traitance jusqu’à ce moment), travailler à uniformiser l’offre de services, de même que la cohésion entre les départements conjointement avec la direction de la station afin de faciliter le recrutement et l’embauche, le tout dans l’objectif de créer une véritable « équipe » avec un sentiment d’appartenance. Le roulement, ce n’est pas toujours bon pour l’esprit d’équipe! Aujourd’hui, l’école de glisse du Mont SUTTON compte 130 moniteurs, et Isabelle projette augmenter ce nombre de 15 d’ici deux ans. Mais le défi n’allait pas se limiter à l’école de glisse… car la direction de la station avait une idée en tête pour exploiter les talents et l’expérience d’Isabelle: qui de mieux placé qu’elle pour reprendre la direction de la nouvelle boutique, de l’atelier et de la location? La jolie boutique concept Rossignol ainsi que le nouvel atelier et centre de location que vous aurez l’occasion de visiter cet hiver sont donc les fruits du travail acharné d’Isabelle Émond et de toute une équipe coordonnée avec brio.

    Sa vision

    Lorsqu’on la questionne sur les plus grandes difficultés qu’elle a rencontrées, Isabelle répond avec humour « Finir la peinture à temps! », puis se reprend: « Il n’y a pas de grands défis car il y a toujours une solution à tout. Mais d’avoir à gérer les fluctuations de la météo qui provoquent des périodes de grand achalandage suivi de grands creux, c’est probablement le plus difficile. Ça amène aussi des réflexions concernant la gestion et la coordination de la centaine d’employés car on se doit d’offrir un service excellent pendant quatre mois très intenses… » Service excellent? La preuve a été faite… deux fois plutôt qu’une. D’abord en juin 2011, après moins de trois ans à son poste, Isabelle reçoit le prix d’excellence de l’ASSQ pour le développement des nouveaux skieurs. Et en juin dernier, elle récolte le prix d’excellence « Gestionnaire de la relève ». Modeste, Isabelle accepte les prix avec une surprise aucunement fausse… et utilise les reconnaissances publiques comme tremplin pour se projeter encore plus loin.

    Ce qu’elle aime le plus de son travail? La diversité des tâches, la possibilité de s’accomplir dans un environnement stimulant, et la super équipe qui l’entoure. Sa priorité, une bonne communication entre les gestionnaires et les moniteurs, est palpable au quotidien. En tant que directrice à plusieurs chapeaux, elle tient à transmettre l’importance d’une vision diversifiée, d’une adaptation et d’une écoute de la clientèle. Son seul regret est de voir un recul global de l’industrie du ski face à d’autres loisirs comme les parcs aquatiques et les parcs d’attraction: le vieillissement des infrastructures causé par le manque de ressources et les dépenses relatives aux mises à jour et au renouvellement des équipements des stations de ski doit absolument être enrayé pour garder le ski alpin en santé. Message aux décideurs: invitez Mme Émond à votre table, elle en a long à dire!

    L’hiver 2013-2014 sera particulier pour Isabelle, qui devra gérer une différente forme de relève… un nouvel objectif s’ajoute à sa liste, puisque la quête de l’équilibre travail-famille fera partie des enjeux des prochaines années! C’est une « mauvaise » nouvelle pour ses collègues, qui auront à tenir le fort en l’absence de leur directrice… mais c’est une bonne nouvelle pour nous tous: un futur skieur (ou une future skieuse) verra le jour en mars prochain! Vive la relève!

    Le jour où j’ai appris à skier: merci Iniski!

    Photo Jacques Boissinot

    À l’âge de 16 ans, j’ai décidé d’apprendre le ski alpin. Mon père, passionné depuis son enfance, n’a été que trop heureux de pouvoir enfin partager cette passion avec moi. Nous avons donc profité d’une journée où j’ai pu l’accompagner alors qu’il travaillait à prendre des photos d’une Coupe du monde de ski au Mont-Sainte-Anne, mon père m’a même offert ma première leçon à l’école de glisse: un Iniski. 

    Le programme Iniski est une initiative du Conseil canadien du ski. Il a pour but d’initier des gens de tous âges au ski ou à la planche à neige en leur offrant des cours tout inclus à des prix plus qu’abordables. Offert un peu partout au Canada, il a été développé pour créer une relève. Iniski et Inisurf (planche à neige) s’adressent autant aux débutants qu’aux personnes qui n’ont pas pratiqué ce sport depuis plusieurs années. La plupart des forfaits incluent le billet de remontée, une leçon de groupe, ainsi que la location d’équipement. Au Québec, il en coûte en moyenne 50 $ à 60 $ selon les stations pour un iniski. Le site SkiCanada.org répertorie les stations participantes partout au Canada.

    Mon expérience

    Le jour prévu, nous sommes arrivés sur place à 8 h. Je portais mon manteau de ville, une vieille paire de pantalons de neige, une tuque, un large foulard et de vieilles mitaines usées. Mon père m’avait prêté son ancien casque ainsi qu’une vieille paire de lunettes de skis. J’ai dû fouiller longtemps pour compléter mon ensemble un peu disparate! Nous nous sommes présentés au comptoir de l’école de glisse pour réserver un cours. Le coût de l’iniski incluait l’accès aux pentes-écoles, un cours de deux heures avec un professeur expérimenté, ainsi que la location de tout l’équipement nécessaire. On m’a prêté des bottes, des skis et des bâtons, que je me suis empressée d’enfiler. Si je n’avais pas déjà eu un casque et des lunettes, l’école de glisse aurait complété mon ensemble! À 8 h 30, j’étais toute équipée et dehors, prête à entamer mon cours qui ne commençait qu’à 10h. Qui ça, impatiente? Nerveuse un peu, aussi…

    Après une longue attente, mon instructeur vient à ma rencontre. C’était un vieux routier qui avait de toute évidence enseigné les bases à bien d’autres skieurs avant moi. Nous nous sommes rendus à la pente-école et avons monté le tapis magique. J’ai alors senti pour la première fois la sensation extraordinaire de glisser sur la neige. Après deux ou trois descentes de la piste qui peut à peine être qualifiée de pente, nous sommes passés au niveau supérieur : la piste débutante. Le défi augmentait! En 2006, le tapis magique n’était pas encore installé pour la piste plus avancée, nous devions emprunter un Poma lift. Il m’a fallu quelques remontées avant de comprendre qu’il ne fallait pas s’assoir, mais rester bien droite, debout sur les skis. Inutile de dire que mon derrière se souviendra de ces chutes… 

    at the World Junior Alpine Championship Tuesday, March 7, 2006 at Mont-Sainte-Anne in Beaupre Que.. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

    L’instructeur m’a alors appris la technique du chasse-neige, ainsi que comment bien effectuer un virage. Il m’a également expliqué l’équilibre en ski. Je n’étais pas une grande sportive et de toute ma vie, je m’étais bien peu intéressée aux sports en général, et surtout pas aux sports d’équipe enseignés en éducation physique! Cependant, j’ai la chance de pratiquer l’équitation depuis mon enfance. À ma surprise, mes antécédents m’ont donné un léger avantage pour mes premières sorties en ski : je possédais un excellent équilibre gauche/droit. Le moniteur n’a donc pas eu à m’expliquer longtemps comment changer mon équilibre pour mieux effectuer mes virages. Il m’a alors retiré mes bâtons et m’a fait prendre une perche pour m’aider à mieux sentir le changement d’équilibre dans les virages. Vers la fin du cours, mon père est venu voir mes progrès. Il est resté à l’écart et en a profité pour prendre des photos. À ce moment, un sourire était imprimé sur mon visage, fière de mon accomplissement. Après mon cours, on m’a offert de garder mon équipement et de continuer à skier, mais j’en avais eu assez… Mes pieds et mes jambes peu entrainées avaient assez donné!

    Ma progression

    Mon deuxième iniski a eu lieu la saison suivante. Comme je n’ai commencé le ski qu’à la fin de la saison, je n’avais pas eu d’autres occasions de revenir avant le mois de décembre 2006. J’étais impatiente de revivre mon expérience! Cette fois-ci, le prix de l’iniski comprenait un billet de remontée donnant accès à la montagne en entier. Ma monitrice était alors une jeune femme dans la vingtaine. Nous avons commencé sur la pente débutante, puis nous sommes rapidement montées au sommet. J’avais choisi une journée magnifique; il neigeait à plein ciel et les pentes étaient recouvertes de belle poudreuse. Pour un débutant, il est difficile de skier dans ces conditions. Je tombais régulièrement, mais la belle neige absorbait tout choc et je ne faisais que rire de mes chutes. La partie la plus difficile était de se relever mais la monitrice m’a appris plusieurs techniques qui m’ont été très utiles depuis. 

    Cette fois-ci, j’ai continué à skier après mon cours. J’ai effectué plusieurs descentes avec mon père et je lui ai demandé d’autres sorties pendant l’hiver. Pour Noël, il m’a offert un habit de neige plus adapté, des mitaines neuves, des lunettes de ski et un casque, essentiel à ma sécurité. J’ai continué les cours de ski et je peux maintenant skier sur toutes les pistes de niveau intermédiaire sans problème! Je suis contente d’avoir commencé avec des iniskis, puisque j’ai ainsi appris toute la base du ski. Mon père aurait très bien pu me donner des cours… mais je crois qu’il est trop facile de répliquer à quelqu’un que l’on connait bien! Je ne regrette pas d’avoir commencé après mon enfance. Je trouve que j’ai évolué plus vite que je ne l’aurais fait enfant. Je continuerai les cours cet hiver et j’espère apprivoiser les pistes noires! Bonne saison!

    Coopérative: une option pour les stations de ski?

    Alors qu’une poignée de skieurs passionnés s’organisent pour assurer l’avenir du Mont Alta, plusieurs se demandent si le modèle coopératif prôné dans ce dossier est viable pour assurer la pérennité d’un centre de glisse. Pourtant, ce ne serait pas la première fois qu’une coopérative permet de sauver une station de ski d’une faillite ou d’une fermeture. Regard sur un modèle d’affaires qui pourrait être appelé à prendre de plus en plus de place dans l’industrie du ski québécoise.

    Qu’est-ce qu’une coopérative?

    Définissons d’abord ce qu’est une coopérative : il s’agit « d’un regroupement de personnes qui s’unissent pour répondre elles-mêmes à leurs besoins au meilleur coût possible, au moyen d’une entreprise collective où le pouvoir s’exerce par les membres » (source : www.desjardins.com). Certains y voient un modèle d’affaires basé sur l’idéal démocratique, prônant des valeurs comme l’égalité des personnes, la solidarité et l’autonomie, alors que d’autres y voient une barrière aux profits et à l’enrichissement individuel.

    De fait, la rentabilité d’une coopérative n’est pas une fin, mais un moyen permettant d’atteindre son véritable objectif, soit de toujours mieux servir les intérêts de ses membres. Dans le cas d’une coop visant la relance d’un centre de ski, il suffit d’avoir les fonds nécessaires pour, d’une part, acheter la propriété et, d’autre part, opérer la station afin que ses membres – et toute autre personne le désirant – puissent jouir des infrastructures de la montagne pour pratiquer leur sport de prédilection.

    À la différence des entreprises qui adhèrent au modèle capitaliste, les coopératives ne sont pas seulement tournées vers le profit; le capital est utilisé pour rentabiliser les activités et l’excédent, s’il y en a, est réinvesti dans l’offre de produits ou de services selon la volonté de ses membres. Au final, le modèle coopératif vise à enrichir les produits ou services offerts et non les membres.

    Un modèle viable dans l’industrie du ski?

    Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (NDLR : qui a été aboli par le gouvernement péquiste après l’élection de septembre 2012 et dont le mandat a été scindé entre plusieurs ministères) a démontré, dans une étude publiée en 2008, que les coopératives sont deux fois plus durables dans le temps que les entreprises adhérant au modèle capitaliste et qu’elles sont aussi plus aptes à affronter les crises.

    Mais le modèle coopératif est-il viable dans une industrie reconnue difficile pour les investisseurs? Selon Sylvain Audet, qui dirige sa propre firme spécialisée en récréotourisme au Québec, il faut deux conditions pour espérer réussir la mise sur pied d’une coopérative (ou d’un OBNL) et la rendre viable dans le contexte actuel : d’une part, la mobilisation du milieu (usagers, entreprises, municipalités), qui peut fortement contribuer à l’achat du terrain et des infrastructures, et d’autre part, une mise de fonds importante pour assurer le fonctionnement  (c.-à-d. un fonds de roulement de départ) de la station. « Dans le contexte financier d’aujourd’hui, une coopérative sera viable à partir du moment où elle n’a pas de dettes et pourvu qu’elle puisse mettre de l’argent sur la table dès le départ pour assurer une partie des coûts d’opération. À partir de là, les banques seront plus enclines à offrir une marge de crédit pour permettre à la coop d’assurer le fonctionnement de la station de ski », explique M. Audet, qui cite l’exemple récent de la coopérative de solidarité formée pour sauver le Mont Orignal.

    Outre cette dernière, il existe actuellement trois autres coops qui opèrent des centres de ski au Québec : la coopérative de solidarité du Mont Lac Vert, la coopérative de travail du Mont Victor-Tremblay (Le Valinouët) et la coopérative de solidarité récréotouristique du Mont Adstock.

    Le cas québécois du Mont Orignal

    L’exemple récent du Mont Orignal, dans la région de Chaudière-Appalaches, montre que ce modèle peut s’appliquer avec succès dans l’industrie du ski. « Nous terminons notre première année avec un bilan fort positif, ce qui nous permet d’assurer les opérations de la montagne tout en pensant investir un peu dans la station », confirme la directrice générale de la station, Micheline Cloutier, qui annonçait la bonne nouvelle à ses membres lors de l’assemblée générale annuelle tenue au mois d’octobre 2013. Formée en juillet 2012, la coopérative de solidarité du Mont Orignal avait tout un défi à relever pour sauver cette station de ski chère aux résidents de la municipalité de Lac-Etchemin et des environs.

    Photo Sylvie Bretsy

    Il importait d’abord d’acquérir le terrain et les infrastructures au coût de 2 M$, montant demandé par l’ancien propriétaire de la station, Michel Biron. Pour rassembler l’argent, des démarches ont été effectuées auprès d’investisseurs potentiels de la région. Au total, 60 investisseurs ont acheté des parts privilégiées au montant de 12 500 $ chacune (plusieurs se sont procuré deux parts, contribuant ainsi à hauteur de 25 000 $), à quoi s’est ajouté un apport financier offert de différentes façons par plusieurs acteurs socioéconomiques de la région. Par exemple, la municipalité de Lac-Etchemin a acheté le chalet au coût de 400 000 $ afin d’en faire une bâtisse multifonctionnelle. Ces démarches ont permis à la coopérative de créer un fonds de 2,2 M $ pour acquérir les infrastructures, laissant même un léger surplus.

    Ensuite, il fallait évidemment assurer les opérations courantes (fabrication de neige artificielle, entretien et fonctionnement des remontées mécaniques, damage des pistes, cafétéria, etc.) pour la première année, dont le coût se situe à quelque 1,2 M$ annuellement. Si la majeure partie provient de la vente des abonnements saisonniers et des billets journaliers, de la location d’équipements et des revenus du restaurant et du bar, la coop du Mont Orignal a aussi pu compter, pour une mise de fonds initiale, sur des contributions de citoyens désirant participer à l’avenir de la station. Ces contributions, non récurrentes, permettent à ceux-ci d’acquérir le statut de « membres de soutien » moyennant une cotisation de base de 500 $ (50 parts sociales à 10 $ chacune).

    Quiconque désire devenir membre de soutien de la coopérative de solidarité du Mont Orignal peut d’ailleurs acheter des parts sociales en tout temps. De plus, les employés de la station peuvent devenir des « membres travailleurs », moyennant un déboursé de base de 50 $ (5 parts sociales à 10 $ chacun). « La contribution de nos employés leur permet de participer aux assemblées, de suivre l’évolution des dossiers et de prendre part aux décisions », précise Mme Cloutier, qui regarde l’avenir de la station de ski avec optimisme.

    Le cas de Mad River Glen au Vermont

    Au Vermont, le cas de Mad River Glen fait école. Fondée en 1995, la coopérative de Mad River Glen caresse une mission de préservation de l’expérience de ski ayant fait la réputation de la montagne depuis son ouverture en 1948. S’il est devenu possible, aujourd’hui, d’investir dans l’amélioration des infrastructures de la montagne, comme le reconditionnement du télésiège simple, le remplacement du Sunnyside Double ou la rénovation du Stark’s Nest, les premières années furent difficiles et nombreux étaient ceux qui prédisaient la fermeture de cette station de ski iconique.

    À l’époque, celle-ci était en vente au coût de 2 M$. « Quand nous avons mis sur pied la coopérative, Mad River Glen éprouvait de grosses difficultés, se rappelle Eric Friedman, directeur marketing. Les infrastructures étaient en mauvais états et les skieurs avaient fui la montagne. La plupart de ceux qui ont investi dans les débuts de la coop pensaient qu’ils jetaient littéralement leur argent dans les toilettes! » 

    Heureusement qu’il s’en trouve toujours des passionnés pour soutenir une montagne qu’ils portent dans leur cœur. « En trois ans, nous avons vendu assez de parts sociales pour payer la totalité du prêt hypothécaire qui, soulignons-le, nous a été offert sans intérêt. Donc, depuis les 15 dernières années, on peut dire qu’opérer Mad River Glen est rentable et nous avons pu investir dans la montagne », affirme M. Friedman en ajoutant : « Au début, la structure de la coopérative nous a apporté de nombreux défis. Nous devions constamment prouver nos capacités de gestion aux membres, dont certains voulaient s’ingérer jusque dans la décision de damer telle piste plutôt qu’une autre! »

    Soulignons qu’en septembre 2013, la coopérative de Mad River Glen comptait 1900 membres qui détiennent un total d’environ 2 200 parts sociales acquises au coût de 2 000 $ chacune. De plus, chaque membre doit payer 200 $ annuellement (le annual advance purchase requirement), un montant qui peut par la suite être déduit sur à peu près n’importe quel produit ou service offert à la montagne (abonnement de saison, école de ski, nourriture, etc.).

    Pour assurer ses opérations annuelles, Mad River Glen compte également sur la vente des abonnements de saison (40 % des skieurs de la montagne en détiennent un) et des Mad Cards (3 billets journaliers au coût total de 144 $). « Bon an mal an, nous avons déjà en poche les deux tiers de nos coûts d’opération avant le début de la saison. Durant les hivers neigeux, nous réussissons à amasser assez de capital pour réinvestir dans la station de ski », précise Eric Friedman.

    N’ayant plus aucune dette depuis 1998, la station peut se targuer d’avoir les reins solides, ce qui l’aide à passer au travers d’hivers difficiles comme celui qu’elle a connu en 2012-2013. En effet, ne comptant que sur l’enneigement naturel (sauf pour les deux canons à neige qui peuvent recouvrir la pente-école), Mad River Glen n’a pu ouvrir son domaine skiable sur une base régulière avant la mi-février. « Notre modèle d’affaires est très particulier, explique M. Friedman. À la différence des major resorts, nous n’avons pas à nous assurer de rentabiliser des hôtels, restaurants et autres infrastructures connexes à la montagne. Quand la neige n’est pas au rendez-vous et que les skieurs ne viennent pas, il devient beaucoup plus facile de réduire nos coûts au minimum et nous ne subissons pratiquement aucune perte. Et puis, nos skieurs aiment tellement skier Mad River Glen qu’ils finissent toujours par revenir en grand nombre lorsqu’une tempête se pointe à l’horizon! » 

    Mont Alta : le Mad River Glen des Laurentides?

    Si l’on exclut le dénivelé et la grosseur de la montagne, de même que le contexte financier des années 2010 qui est bien différent, le cas du Mont Alta dans les Laurentides rencontre plusieurs similarités avec Mad River Glen : skieurs passionnés qui se lancent dans l’aventure coopérative, type d’expérience offerte, enneigement naturel, volonté de conservation de l’authenticité de l’endroit et modèle basé sur l’opération du centre de ski et non sur le bling-bling qui l’entoure. Ainsi, d’ici peu, une nouvelle coopérative de ski verra le jour pour sauver le Mont Alta. Il s’agit là d’un autre cas qui pourrait bien prouver que l’avenir de l’industrie du ski au Québec passe aussi par le modèle coopératif.

    Dépaysement total, ski austral: Charlotte Pass

    Station pionnière en Australie

    Il s’agit de mon second séjour dans la région, et j’ai souhaité particulièrement visiter la station de Charlotte Pass, une montagne isolée au bout d’une route de col où l’on skie depuis 1938 ! Charlotte Pass est connue pour son isolement, son caractère très familial, et sa clientèle passionnée de montagne. Concrètement, pour se rendre à Charlotte Pass, il faut se garer à Perisher Valley, avoir réservé une place à l’avance, et effectuer un voyage en véhicule type dameuse.

    Toute cette organisation est explicable par le fait qu’il n’y a pas de route ouverte l’hiver, car le parc national est laissé en mode hivernage, et rien n’est déneigé à partir de la mi-mai ! Ainsi « Dame nature » recouvre d’un manteau blanc de neige toute la vallée. La station, qui organise des navettes à différentes heures de la journée, reste ainsi un « club privé » loin des foules de skieurs que l’on retrouve dans les stations plus populaires.

    Pour exemple :  le nombre maximal de passager, en fonction des types de véhicules, est entre 15 et 19 personnes. Autant vous dire, qu’avec en moyenne un ou deux transport par heures, il y’a peu de monde à skier les pentes de Charlotte Pass, et ce, même les fins de semaines.

    En arrivant au stationnement, j’ai découvert que la majorité des visiteurs passent au moins une nuit sur place, soit à l’hôtel Kosciusko, soit dans les différents condos que gère le centre de ski. Ainsi, bon nombre de personnes voyagent bien chargées. Il est bien sûr possible de faire l’aller/retour la même journée. En tout, il y a un peu plus de 8 kilomètres à parcourir entre Perisher Valley -fin de la route l’hiver, et parking obligatoire pour tous- et Charlotte Pass. Le trajet en véhicule de neige, un peu cahoteux dans un paysage blanc et laissé 100% naturel, dure environ 30 minutes. Une fois rendu à destination, le directeur de la station nous accueille, de manière très amicale, pour une présentation rapide de la station ; puis place au SKI!

    Pour mon choix de déplacements, j’avais réservé la navette de 8h45, ce qui m’a permis de découvrir le domaine skiable peu de temps après son ouverture matinale. Charlotte Pass est équipée de 4 remontées mécaniques, qui permettent de skier sur une vingtaine de pistes assez simple, d’un dénivelé maximal de 210 mètres. Peu de défis mais un paysage magnifique aux pieds du sommet continental de l’Australie et une végétation très dépaysante. Ici, la clientèle est majoritairement familiale, avec des personnes souhaitant apprendre à glisser.

    Pour les skieurs souhaitant s’aventurer dans les grands espaces, Charlotte Pass est le point de départ vers le Mont Kosciusko. Cela nécessite simplement d’être autonome et si possible de connaitre un peu la région -ou bien sûr d’être guidé. À vue de pif, en terme de ski de randonnée, la région doit être vraiment agréable et splendide. Ceci n’est pas mon cas : je parcours l’ensemble des pistes, avec un faible pour la zone accessible depuis le téléski débrayable Poma Guthries, l’un des uniques appareils de ce type en service en Océanie.

    L’autre secteur agréable se trouve à partir du télésiège Kosciusko, offrant plusieurs descentes qui ramènent toutes vers le village. Le « plus » du domaine skiable, expliqué lors du briefing d’arrivée: on y trouve un petit « café des pistes », caché au niveau de la gare intermédiaire du télésiège. Un stop « capuccino » de 10h s’impose ! Au menu: soleil, terrasse, petite chaleur, blagues avec les patrouilleurs à propos de mon monoski qui fut la petite attraction du jour. Franchement, l’esprit petit club de Charlotte Pass ne laisse pas indifférent.

    Au niveau neige : j’ai eu la chance d’arriver pendant une semaine de grand soleil et de redoux, avec un pic à 15°C. Résultat, une neige printanière, mais en quantité largement suffisante. Dans ces conditions, dès 11 heures, les pistes se transforment et on voit apparaitre de nombreux petits tas de neige. Avec ma planche large, je passe sans problème et en vitesse. J’ai même fait quelques descentes, trop courtes à mon gout, dans les sous-bois composés d’arbres épineux de petites tailles. C’était à ravir.

    En visite de découverte, le temps passe vite! Après un lunch confortable à l’hôtel Kosciusko, où l’on retrouve des traces de la longue histoire du centre de ski, c’est avec la satisfaction d’une bonne journée de faite que je prends la dameuse du retour. Ma visite à Charlotte Pass se résume à un beau dimanche de ski de printemps, fait à la fin août!

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