PLUS

    Dépaysement total, ski austral: Perisher Blue et Thredbo

    Perisher : le plus grand domaine skiable d’Australie

    Perisher Blue est sans conteste le plus grand domaine skiable d’Australie. La station est en fait le regroupement de plusieurs petites montagnes, soient Perisher, Blue Cow, Guthega et Smiggin Holes, qui au fil du temps se sont associées ou bien ont été rachetées afin de former un vaste domaine, tel qu’on en voit généralement en Europe. De ce vaste ensemble on dénombre 47 remontées mécaniques, plus un métro nommé le « Ski-Tube » et géré directement par la station !

    Très atypique, ce métro comporte deux lignes. La première permet aux visiteurs de stationner leur auto à quelques kilomètres de la ville de Jendabyne : ce qui évite une route de plus de 45 minutes à travers la montagne. La station centrale est située à Perisher Valley, cœur du domaine skiable. De là part l’autre ligne de métro, qui permet de rejoindre Blue Cow, deuxième secteur d’importance, au centre du domaine skiable. Cette ligne de train souterraine permet d’assurer un transport fiable, été comme hiver, quelles que soient les conditions climatiques.

    Perisher Blue est également équipé de l’unique chaise débrayable 8 places de l’hémisphère sud. Installé face au chalet principal de Perisher, sur la zone débutante, le « Village Eight Express » génère un débit de 4000 personnes par heure et ce dans un secteur de la montagne où le besoin est le plus important. En effet, la grande majorité des Australiens sont généralement novices en ski alpin.

    Du fait que le domaine skiable est un assemblage de différentes montagnes, on retrouve des pistes pentues sur chaque secteur de skis, et principalement sur les versants du Mt Perisher et du Mt Blue Cow. Un peu partout on profite d’une belle glisse à travers une végétation composée de nombreux arbres eucalyptus, hauts d’environ un mètre cinquante. Même si les défis ne sont pas nombreux, on a plaisir à passer d’une vallée à l’autre, d’un versant à l’autre. Une vraie découverte au milieu du parc national Kosciusko dans une nature très dépaysante. Il m’a fallu deux jours pour parcourir toutes les pistes et toutes les remontées mécaniques de Perisher. Et deux autres jours pour revenir sur les secteurs que j’affectionnais, pour découvrir les différents café-restaurants d’altitude. Mon objectif : trouver un « kangourou chaud » à engloutir…

    Thredbo 

    Thredbo est la deuxième plus grande station de ski de l’état du New South Wales. Installée à proximité de la ville de Jendabyne, cette station fait également partie du parc national de Kosciusko. Thredbo est réputée pour être l’un des meilleurs domaines skiables d’Australie. On y trouve 70 kilomètres de pistes, 12 remontées mécaniques dont 3 chaises débrayables, la station possède même l’appareil installé le plus haut en altitude de toute l’Australie. Pour terminer, Thredbo détient le record national de dénivelé, avec 670 mètres ! La plupart des pistes sont de niveau intermédiaire, mais on y trouve également de belles pistes classées difficiles ou très difficiles, chose plutôt rare en Australie.

    Le seul défaut que j’ai pu observer à Thredbo est que la station est la moins choyée en terme de neige naturelle pour toute la région. Ainsi, lors des mauvais hivers, ou des mauvaises semaines, la partie vraiment ouverte aux skieurs est rapidement restreinte et on se retrouve dans les pistes pour débutants. De plus, il y a très peu d’enneigement artificiel dans cette station, ce qui accentue un peu l’effet du manque de neige lorsque celui-ci se fait sentir… Anecdote sur le climat de la région : un jour, au réveil, j’ai constaté que ma voiture avait été arrosée par une pluie pas très propre… Après sondage auprès des locaux, j’ai appris qu’il s’agissait d’une pluie gorgée de sable en provenance des déserts de l’intérieur de cette île-continent! Rien d’anormale pour eux, mais une fois en montagne, cela donne une piste un peu rougeâtre, couleur « terre battue » comme j’aime lors de mes parties de tennis ! Malheureusement, pour la glisse, vous devinerez que c’est un peu antidérapant. Mais ça fait des souvenirs…

    En somme, malgré deux séjours dans cette station, je n’ai pas encore pu découvrir la fameuse Funnel qui est la plus longue piste d’Australie, ni skier à travers les pistes noires du télésiège Ramshead ! Et c’est bien dommage car la zone skiable se limite aux zones des sommets, au-dessus des bois, où l’on trouve des zones assez faciles, l’idéal pour l’apprentissage et également pour les fans des parcs à neige. Bon, même quand la neige blanche manque, mais je relativise en ne disant que tout ceci se passe à la première semaine de septembre, que je suis en ski et que donc tout va bien !

    La revanche des skieurs du dimanche

    Lors de ma tendre enfance à St-Albert-de-Warwick, j’apercevais au loin une montagne avec des lignes sinueuses qui devenaient blanches en hiver. J’étais curieux et je me demandais bien de quoi il s’agissait. « C’est une montagne de ski, et ça coûte cher d’y aller! », m’a un jour répondu ma mère, caissière à temps partiel et mère monoparentale. J’étais déçu, car j’aurais bien aimé aller y faire un tour, juste pour voir…

    C’est à l’âge de 9 ans dans le cadre d’une sortie scolaire au Mont Gleason que j’ai enfin eu la chance d’aller toucher à ces lignes blanches qui m’avaient tant fasciné. À partir de ce moment et pendant une vingtaine d’années, j’ai été ce qu’il convient d’appeler un skieur du dimanche. En raison des études, du travail et du manque de moyens, je skiais entre 1 et 5 fois par année et je crois même avoir sauté quelques hivers… l’assiduité, ce n’est pas donné!

    Comme je ne fréquentais pas si souvent les pistes, mes vêtements et mon équipement n’étaient pas toujours très bien agencés. Pour économiser sur les frais de location, j’ai acheté une horrible paire de bottes de ski bleues de marque inconnue (lire ici effacée par l’usure!) au « recyclo vesto », un genre de Village des Valeurs un peu pire. Par la suite, recherchant à la fois l’économie et la facilité, j’ai déniché une paire de mini-skis rouges, en vente finale. Comme je tournais en donnant des coups de fesses, autant vous dire que mon style était tout sauf gracieux! Mais qu’à cela ne tienne, le plaisir de la glisse était présent à chacune de mes (trop peu nombreuses) sorties.

    Un jour de l’hiver 2008, je skiais au Relais le lendemain d’une grosse tempête. Il y avait beaucoup de skieurs, tous fous de joie en raison de la belle poudreuse qui recouvrait les pistes. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je n’avais jamais connu de journée de vraie poudreuse. Assis dans le télésiège, fébrile, j’avais hâte d’être rendu en haut de la montagne et de m’élancer dans une piste. J’avais tellement entendu parler de ces journées magiques! Ça allait certainement être la plus belle sortie de ski de ma vie!

    À peine sorti du débarcadère, je me lance! J’y vais!! Yahouuu!!! Yé!!! …Et BANG!!! Je pique du nez, je tombe, je me relève, je reste pris, je me bats contre la neige, je m’essouffle… si bien qu’après seulement 4 ou 5 descentes, je suis tellement découragé que je quitte la station. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de prendre mon ski en main! Quelques semaines plus tard, je me suis acheté un bon équipement  (exit les mini-skis!) et l’année suivante, je prenais des leçons de ski.

    Graduellement, j’ai pu augmenter la fréquence de mes sorties. Ce n’est pas toujours facile de trouver l’équilibre et de le garder, tant sur les pistes que dans la régularité de la pratique! Pas assez de jours de ski, et on régresse. Trop de jours de ski… le budget ne le permet pas. Vous devinez donc que ces skieurs et planchistes occasionnels dont j’ai longtemps fait partie ont des besoins spécifiques. Mais quels sont-ils réellement?

    Cette tranche de la population de skieurs est, à mon humble avis, trop souvent oubliée des décideurs, qu’il soit question de marketing ou de développement de produits et services. On s’adressera toujours en premier à une clientèle d’habitués, les fameux convertis à qui on n’a pas vraiment besoin de prêcher, puis à une clientèle de débutants, de non-initiés, qu’on cherche à appeler avec l’attrait du nouveau. Mais les skieurs occasionnels, eux? Ils sont déjà gagnés par l’envie de la glisse, ils sont déjà convaincus, mais ne se sentent aucunement «sollicités» par les différents messages que les stations de ski envoient. Et croyez-moi, ils sont bien plus nombreux qu’on ne le pense!

    Notez bien que tout ce que j’écris ici n’a rien de scientifique! Il suffit de regarder un peu autour de nous, et d’analyser… Dépendant de divers facteurs tels l’âge, les moyens financiers, le lieu de résidence et le niveau d’habileté, les besoins de chaque skieur varient -gageons que je ne vous apprends rien! Voici cependant quelques facteurs qui feront qu’un skieur occasionnel aura une bonne expérience de glisse, et aura envie de remettre ça plus souvent!

    1- Des bons prix. Tout le monde cherche des bons prix, me direz-vous… Certes. Mais les skieurs ne skiant pas assez souvent pour rentabiliser les cartes et forfaits offerts et encore moins une passe de saison, doivent payer le plein tarif, à moins d’être ultra renseignés! (Voir prochain point) S’il faut en plus ajouter le déplacement, la location d’équipement et le repas, on dépasse rapidement 100$ par jour de ski dans une station de taille moyenne située à une heure de voiture du domicile, ce qui est considérable. Les spéciaux visant les skieurs occasionnels sont rares et c’est bien dommage.

    2- Une communication adéquate. Lorsque l’on parle avec les gestionnaires de stations de ski, tous s’entendent pour nous dire (chiffres à l’appui) que 90% des ventes de billets journaliers ne se font pas au plein prix. Cartes étudiantes, Air Miles, rabais CAA, rabais du mardi soir, deux pour 1 le mercredi et que sais-je encore… Oui, bravo! Toutes ces initiatives sont effectivement à applaudir. Mais le skieur occasionnel les connait-elles? Si certains des skieurs paient le plein tarif sans s’objecter, tous seront ravis de pouvoir économiser un 10% ici et là! Les préposés aux billetteries gagneraient un client encore plus souriant, et les stations gagneraient un skieur qui reviendrait plus souvent… un skieur averti est un skieur qui convertit! Ne sous-estimez pas le pouvoir de l’effet d’entrainement…

    3- Une meilleure attitude de la part des autres:

    a) Patience et respect en piste! Pour l’avoir vécu lors de presque chacune de mes sorties, il n’y a rien de plus désagréable que de se faire frôler par un skieur ou planchiste descendant à toute vitesse. Sans compter l’impatience dans les files d’attente lorsqu’on oublie de retirer une dragonne, ou qu’on enfile un ski du mauvais côté d’un poteau délimitateur… Mesdames et messieurs, un peu de retenue, s’il-vous-plaît!

    b) Pas de snobisme! Il arrive parfois que des skieurs fréquents ou des employés adoptent une attitude condescendante à l’égard des skieurs moins bien équipés, moins bien habillés ou moins habiles. C’est très dommage car en plus de démontrer un manque de savoir-vivre, cette façon d’agir nuit au maintien de la clientèle des stations, et par le fait même à la survie de celles-ci. Comme le dit l’adage : si le chapeau vous fait, mettez-le, et par la même occasion, prière de baisser un peu le menton…

    4- Une plus grande présence du ski loisir dans les médias d’information et de divertissement. Les revues et les reportages télévisés montrant des planchistes professionnels ridant des bols très inclinés en Colombie-Britannique, une aventure en héli-ski en Norvège ou une compétition de bosses à Tremblant, tout cela nous fait rêver et c’est bien ainsi. Mais peut-être en faudrait-il aussi un peu plus qui informent et fassent la promotion des sports de glisse tels que pratiqués par la majorité de la clientèle? Question de donner encore plus le goût! (Notez bien que je n’inclus pas ici mon média internet préféré, ZoneSki.com, car je m’y retrouve totalement!)

    Allez, bon ski ! …et n’oubliez pas que la neige, ça se partage !

    Union Productions dans la cour des grands

    À une époque où les GoPro pullulent et où les derniers téléphones intelligent sont équipés de lentilles pouvant filmer en 4K, se démarquer dans le monde de la production vidéo constitue un défi majeur. Si en plus on se concentre sur une niche particulière, bien entendu je pense au monde du ski, alors là, faites jouer le thème de Mission Impossible! C’est pourtant l’objectif qu’une poignée de gamins s’est fixé il y a quelques années déjà. Et ne vous méprenez pas, le nom «gamin» n’est pas péjoratif: les p’tits gars n’ont pas encore tous quitté l’adolescence! Portrait d’une bande de mineurs qui joue dans les ligues majeures.

    Je dois avouer que j’étais franchement intriguée avant de réaliser l’entrevue avec Olivier Désy, l’un des trois producteurs actif au sein d’Union Productions. Mes recherches m’avaient fourni quelques informations qui me portaient à croire que les jeunes en question n’avaient pas encore reçu leur D.E.S. -au régulier! Je lance donc à Olivier, en blaguant: «Oui mais… avez-vous tous l’âge de boire!?», à quoi le jeune homme me répond, après un éclat de rire: «Euh, non! Notre plus jeune rider a 16 ans!» Ce que je suis en train de vous dire, c’est qu’une équipe de jeunes âgés entre 16 et 23 ans s’apprête à sérieusement casser la baraque en tant qu’équipe de production de film de freeski, «Made In Quebec». Et ils n’en sont pas à leur première séquence…

    Celui qui m’accordait l’entrevue, Olivier, vient tout juste d’entamer son CÉGEP. Son objectif? Pas le cinéma… mais bien les HEC. En voilà un qui a les deux pieds bien au sol, même s’il affectionne les manoeuvres de big air! Mais quand même, ce que les gars de Union Productions ont vécu cette année, ce n’est pas rien: non seulement leur film Parallele a été retenu dans la sélection du IF3, catégorie «Amateur» (ce qui, en anglais, n’est que l’opposé de «Pro» en terme de budget), mais en plus, Olivier peut maintenant se vanter d’avoir été le plus jeune producteur à avoir eu un film présenté au IF3. La tête dans les nuages? Le temps de faire la fête, oui, mais «les vraies affaires», le cadet Désy s’y connait. Car son frère ainé, Raphael, est également producteur. Pour équilibrer le tout, et arbitrer les chicanes de famille («Non-non on est super sérieux!»), Maxime Trudel complète le trio derrière la caméra.

    C’est bien beau avoir des kid-kodak, mais si personne n’est prêt à faire de folies devant une caméra, on ne va pas bien loin. C’est là que nos caméramans peuvent compter sur la présence inconditionnelle de trois skieurs principaux, ainsi que de quelques autres riders en renfort. J’insiste sur le terme «inconditionnelle»: même avec un bras cassé, Aliocha Mahaut apprend des nouvelles figures et donne temps, énergie, sueur et sang pour les meilleures prises vidéo. Anthony Germain et Sébastien Chartrand ne sont pas en reste: rails, big air, scènes urbaines, tout y passe. Retenez leurs noms… vous les reverrez sûrement plus tard, probablement stylisés à l’anglaise!

    Vous êtes sûrement aussi emballés que moi à ce stade-ci. Des jeunes, qui font du beau ski, de la belle vidéo, c’est fantastique, vive la relève! Oui, vive la relève. Mais cette relève, elle n’y arriverait pas sans l’aide précieuse (et trop souvent rare) de certains visionnaires. Vous aurez deviné que la production d’un film de freeski ne se fait pas sans casser quelques… oeufs. Conscient de leurs limitations et du besoin de support, Olivier frappe à quelques portes stratégiquement choisies, dont celle de Luc «Skypowder», à Owl’s Head. Celui-ci, séduit par le potentiel et les idées des jeunes, offre soutien et encouragements fort bienvenus à l’équipe, qui a donc accès à de multiples ressources plus qu’utiles pour les tournages et la logistique qu’impliquent un film de ski. À ce soutien s’ajoute celui de plusieurs autres partenaires, un nombre incalculable d’heures de route, un budget «fuel» pour l’essence des voitures et de la génératrice, sans oublier que ça mange, des jeunes adultes! Enfin, n’allez pas croire que tous ces braves garçons abusent de la générosité de leurs parents: chaque sou investi dans cette aventure vient de leurs propres poches; tout revenu monétaire étant d’avance voué à l’acquisition de matériel et à la progression de l’équipe.

    Et maintenant, quelle est la suite logique? La gloire, les filles, le fric… Certainement pas! En tout cas, pas tout de suite! Olivier Désy et son équipe savent très bien que les meilleures années sont encore à venir, et tous envisagent des études supérieures afin de ne pas tomber dans le piège des folies non-planifiées, autant en terme de dépenses que de mauvais choix. Bien que le film Parallele se soit démarqué au IF3 par son ambiance légère, amicale et sans prétention, les producteurs ne manquent pas de sérieux et prévoient déjà les tournages dans l’ouest, les collaborations avec d’autres skieurs (et skieuses!), du meilleur matériel, et… des prières pour de la poudreuse. Car même si la «neige» récoltée dans les cours arrières d’aréna sauve la donne pour les scènes urbaines, celle qui tombe du ciel a franchement meilleur goût! 

    En tant qu’enthousiaste qui aime souligner les bons coups, je dois préciser que les images que vous verrez (ou avez vues) dans le trailer ou dans le film Parallele sont à considérer avec confiance: malgré les apparences, l’équipe d’Union Production joue toujours dans la légalité, préférant les endroits publics aux zones interdites. S’ils se sont déjà fait chasser d’un lieu de tournage, c’est parce qu’un passant a appelé la police, de peur qu’un accident ne survienne… mais aucun constat d’infraction n’a été émis! De plus, pour le secouriste qui sommeille en vous (j’en suis!), sachez que les frères Désy détiennent une formation en premiers soins… mais ne couperont jamais la caméra lors d’un pépin!

    En conclusion, Union Production est à surveiller au cours des prochaines années. Les débuts de l’équipe dans la cour des grands sont plus que prometteurs et on ne peut que leur souhaiter d’avoir les ressources à la hauteur de leurs ambitions!

    Conseils d’ami: entrainement pré-saison

    Comment abordez-vous votre saison de ski? Pour ma part, il y a quelques années, j’ai réalisé que j’étais tanné de commencer mes saisons de télémark en me sentant comme si j’avais 99 ans! Sans parler du poids de mes skis qui augmentait à chaque année (vraiment?)… Un bon jour je me suis dit: “Man, t’es pas en forme pantoute!” Alors, à chaque mois de septembre depuis 10 ans je me soumets à une routine d’exercices présaison. Je la fais dans l’esprit du télémarkeur que je suis mais cette routine est tout autant valable pour tous les skieurs et planchistes.

    Après 10 hivers ma conclusion est que je skie mieux, j’ai moins de petits bobos et je profite plus tôt en saison de descentes solides. L’âge aidant, notre corps se rebiffe à de nouveaux efforts. Si votre mode de vie est plutôt inactif, cette routine vous remettra solidement sur vos skis en quelques semaines. Si vous êtes déjà actifs, elle n’ajoutera que du piquant à vos séances d’entraînement. Quoi qu’il en soit, débutez dès maintenant! Cette routine est plutôt conventionnelle et son exécution l’est aussi. Il y beaucoup de variations possibles. Explorez!

    Vous pensez peut-être que c’est quétaine et moumoune de faire de tels exercices. Détrompez-vous! Nous sommes des centaines de skieurs à faire de l’exercice physique à l’année longue, et plus spécifiquement avant la saison active. Je vous mets au défi de trouver une seule skieuse qui regrette de le faire. Ou de trouver un seul gars qui jure que c’est la dernière fois qu’il fait des squats! 

    Conseils d’ami (entre skieurs on est tous amis, non?):

    Si vous ne faites pas d’exercice sur une base régulière, que votre condition physique n’est pas ce qu’elle devrait être ou que vous souffrez de maux chroniques il serait sage de parler à votre doc avant de vous lancer dans cette routine. Si tel est le cas, demandez-vous s’il est sage de skier sans même vous préparer adéquatement! N’ARRÊTEZ PAS LE SKI,  AMÉLIOREZ PLUTÔT VOTRE STYLE DE VIE!

    1. Je ne suis pas un doc, ni un entraîneur mais je partage votre passion du ski et de l’hiver. Je vous propose cette routine après l’avoir essayée longuement. Je la modifie régulièrement au gré de mes trouvailles sur internet et de mes fantaisies. Je n’ai rien inventé ici! Pas sûr des postures décrites? Visitez Youtube (la plupart des exercices ont des noms anglais).
    2. Alimentez-vous comme du monde! Votre mère vous l’a dit 1 000 fois! Quelques recherches sur Google vous montreront les bases d’une bonne alimentation. Pensez protéines, portions raisonnables et fruits & légumes. Sachez débusquer sel, sucre et gras excessifs et de mauvaise qualité.
    3. Au début, allez-y mollo avec mes suggestions d’exercice. Si ça fait mal, cessez cet exercice ou du moins allégez-le. Prenez une minute de repos entre chaque répétition. Gardez en tête la plainte principale des gens de plus de 40 ans : « J’ai mal au dos »… Agissez en conséquence!
    4. En l’absence de poids vous pouvez utiliser des briques, des bouteilles d’eau, etc., pour augmenter les charges.
    5. Les étirements ne sont pas que pour les ballerines! Étirez-vous soir et matin, tout au long de votre vie. En particulier, après un work-out étirez les groupes musculaires sollicités. Gardez à l’esprit ces trois composantes d’une bonne routine d’exercice: force, endurance et souplesse.
    6. Faites du cardio. C’est le début de toute démarche d’amélioration de votre condition physique. Indépendamment du ski, du tennis ou du golf un cœur en santé vous sera toujours fidèle!
    7. Finalement, réservez-vous 3 séances d’exercice de 45 à 60 minutes par semaine. Pas le temps? Pensez à mon ami Ben; il a tout le temps maintenant: un triple pontage coronarien l’a mis au rancart pour les 6 prochains mois… 
    8. Je ne prétends pas que cette routine vous convient. Au-delà de mes suggestions, c’est vous qui savez ce qui vous convient ou pas.

    LES JAMBES 

    LE DOS

    LE HAUT DU CORPS

    Push-ups 3 X maximum de répétitions. Un classique!

    Chest fly 3 X 10 rép. (Démo Youtube)

    Biceps curls 3 x 10 rép.  (Démo Youtube)

    Arnold press 3 x 10 rép.  (Démo Youtube)

    LES ABDOMINAUX

    Visage du ski: Michel Lévesque

    Il y en a un dans chaque famille. Il y en a un dans chaque station de ski. Un gars qui ne compte pas, qui imagine, qui offre, qui exécute, qui suggère, qui construit, un gars qui utilise sa passion comme un moteur de développement. Et le moteur de Michel Lévesque, il roule à l’huile de coude et à la graisse de neurones. Des idées et des projets, le jeune quinquagénaire de Baie-Comeau en a à revendre! Portrait d’un passionné qui n’a pas fini de donner au suivant.

    D’emblée, Michel m’énumère les membres de sa famille avec une fierté nullement masquée: son père, 80 ans, skie encore, de même que ses deux frères, sa conjointe, ses enfants… bref, le ski, c’est dans le sang des Lévesque. Petite précision sur papa Lévesque: Paul, de son prénom, figure parmi les bâtisseurs qui ont défriché ce qui est devenu le Mont Ti-Basse… c’est donc dire qu’il y a plus d’un passionné du ski dans la famille Lévesque! Disons-le tout de suite: sans cette famille, le paysage du ski sur la Côte-Nord serait bien différent!

    Celui qui s’est familiarisé avec les sports de glisse dès son plus jeune âge a fait le choix de la planche à neige comme un mouton qui se teint en noir: il y a un quart de siècle, les skieurs dominaient largement les pistes, les planchistes ne faisaient à peu près pas partie du décor. Qu’à cela ne tienne, Michel persiste et glisse sur ses planches, traversant le parcours de certifications requises pour être reconnu comme moniteur. Notre glisseur ambidextre est donc un moniteur triplement certifié par l’ACMS (Alliance Canadienne des Moniteurs de Ski): niveau 1 ski, niveau 2 planche à neige, et niveau 1 parc à neige. Mais même le plus étincelant des CV n’a aucune valeur si le détenteur n’en fait pas un bon usage… heureusement, Michel accumule les certifications, mais ne compte pas les heures!

    Questionné sur ses motivations profondes, Michel donne la réponse qui nous apparait logique: la passion, l’amour de la glisse et le plaisir de partager ses expériences sont à l’origine de toutes ses initiatives. L’enseignant en lui est comblé: voir le progrès des élèves, transmettre sa passion et être quotidiennement témoin de l’évolution de son sport et de sa station font le bonheur de Michel. Graduellement, son implication prend de l’ampleur au Mont Ti-Basse. Moniteur depuis 20 ans, il met son ingéniosité et ses énergies au service de la relève: enseignement, conception de modules, développement du parc à neige… pour enfin s’attaquer à un morceau qui fera sa fierté au cours des prochaines saisons: ouvrir des sous-bois au Mont Ti-Basse.

    Le travail de planification et de défrichage se fait en alternance avec son emploi, les leçons à l’école de glisse, la vie en famille, les voyages de ski, bref, dès qu’il a un peu de temps! Michel se fera aider d’une équipe de bénévoles volontaires et les premiers coups de scie ont suivi les rubans fluos il y a déjà plus de 3 ans, pour enfin en arriver à deux nouveaux sous-bois, officiellement inaugurés lors de la saison 2012-2013. Le «Sous-bois à Michel» offre du défi pour les plus aguerris, mais un deuxième sous-bois offre quant à lui une belle balade parmi les toutous disposés ici et là pour rajouter de la magie à l’endroit. Pour Michel Lévesque, le sentiment de mission accomplie se résume par tous les «Yahou!» «Hey wow!» «C’est donc bien l’fun ici!» qu’il peut entendre lors des descentes entre les arbres. Derrière son col, sous ses lunettes de ski, Michel sourit. 

    Le sourire de Michel ne risque pas de s’effacer au cours des prochaines années. Son implication lui a valu d’être nommé «Coup de coeur Radio-Canada» pour l’Est du Québec en février 2013. Flatté, un peu gêné, il a accepté de se prêter au jeu des entrevues mais précise à qui veut l’entendre qu’il ne travaille pas seul, et qu’il fait simplement ce qu’il aime! Discret sur ses ambitions, il fait cependant la promesse de rester impliqué et actif tant et aussi longtemps que sa santé le lui permettra. Chose certaine, les sports de glisse feront encore longtemps partie de son quotidien: surf, snowscoot, skateboard, ski et snowboard entretiennent son coeur d’adolescent! Il ne reste plus qu’à souhaiter longue vie et bonne glisse à Michel, sa famille, et toute la communauté impliquée au Mont Ti-Basse!

    Croisière ferroviaire: s’abandonner aux paysages qui défilent

    En vacances, c’est le moment de faire le vide et de profiter de chaque instant. C’est aussi le moment de faire des rencontres marquantes, mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est d’être sur la route, et d’admirer la diversité des paysages qui décorent noter planète. Et pour dévorer des yeux cette diversité, rien de tel que traverser le Canada d’est en ouest. Du Bouclier canadien aux grandes plaines (d’où on peut mieux que nulle part ailleurs admirer l’horizon), jusqu’à l’arrivée aux confins de ces majestueuses Rocheuses, la traversée n’est qu’une succession de moments forts où l’on a le souffle coupé et où l’on se sent infiniment petit.

    L’idéal pour profiter de ce voyage est sans contredit le train. À partir de la ville de Québec, le périple ne vous prendra que 4 jours, 4 merveilleuses journées qui passeront à 100 milles à l’heure. Au premier instant on oublie le rythme de notre quotidien et on s’abandonne à celui du train. Une expérience entière où l’on se sent réellement bercé jour et nuit.

    Dès l’entrée de la gare, on se laisse déjà guider par les rails et par le sourire du personnel nous souhaitant la bienvenue. Confortablement assise, je lâche enfin prise et je regarde simplement le décor se transformer tranquillement heure par heure jusqu’à Toronto, où je ferai la découverte de ma nouvelle demeure pour les trois jours à venir. C’est dans cette mignonne petite cabine si bien conçue que j’ai la chance de décrocher de mon quotidien et de vivre avec mon amoureux ce que je pourrais qualifier de «voyage de noces»!

    À bord, il règne une ambiance si paisible, chacun prend du temps pour soi ou pour faire de nouvelles connaissances. C’est d’ailleurs aux heures de repas, dans le wagon chaleureusement aménagé en salle à manger, que l’on vous jumellera à table à d’autres passagers (jusque-là probablement encore inconnus), ce qui vous permettra de faire de merveilleuses rencontres. Comme celle de Juan, un Argentin venu au Canada et se rendant à Calgary pour y travailler. Ou encore, cette mère et son fils profitant de ce voyage pour entretenir leurs liens. Et c’est sur les notes de James et sa guitare que nous finissions nos journées.

    Déjà Winnipeg et un arrêt s’impose, question de reprendre un peu notre équilibre. De retour à bord, je retrouve cette atmosphère détendue. C’est en gravissant un petit escalier qu’on peut passer du bon temps dans le superbe dôme vitré, lieu de prédilection pour voir ces Rocheuses nous submerger. Et c’est ainsi que, jour après jour, on se laisse hypnotiser par le décor qui se déploie sous nos yeux. Un conseil, n’hésitez surtout pas à faire l’aller-retour, car l’aller ne vous suffira pas!

    Une fois descendue du train, c’est à Jasper que mon aventure repart vers une nouvelle direction et un autre sens.

    À mes muscles, prêts, partez…! On va maintenant à la chasse aux montagnes de skis pour finir notre saison en beauté. À bord de notre nouvelle demeure mobile, un VR, bien sûr, dans le but d’aller où bon nous semble et de suivre la température nous menant à des journées de ski mémorables.

    C’est en longeant la route du parc national de Jasper, la tête vers le ciel, que nous arrivons au pied de la montagne de Marmot Basin, d’où nous débuterons notre nouveau périple à 3000 pieds d’altitude. Devant ces bowls enneigés, aucun doute, c’est là que je vais! Sans me demander pourquoi il n’y a personne… J’ai soudain compris qu’en plein brouillard, sur une surface immaculée de blanc sans trace d’un arbre à l’horizon, on y perd assurément le Nord! Mais à peine arrivée au bas de la pente, l’envie d’y retourner m’envahit. C’est comme si la montagne m’appartenait. 

    Notre première journée déjà terminée, on roule maintenant vers Banff. Le spectacle qui m’attend restera gravé à jamais dans ma mémoire. C’est de loin la plus belle route que j’aie traversée: des pics enneigés qui touchent les nuages, des glaciers nous faisant face, des eaux immaculées, des rencontres de wapiti, de mouflons d’Amérique, de cerfs de Virginie… Quelles merveilles! Je ne peux m’empêcher de faire 100 arrêts pour immortaliser chacune de ces images.

    Je ne voulais plus quitter cet endroit. Nous déciderons donc d’y passer une nuit, seuls avec la nature! Au soleil levant, nous reprendrons notre route vers Banff. Arrivée à Lake Louise (photo d’entête de l’article), c’est vers 11h, lorsque les nuages se sont dissipés, que j’ai eu le coup de foudre pour cette montagne. Entouré des majestueuses Rocheuses, le terrain de jeux s’étend sur 3 versants, 139 pistes, plus les bowls. Il y en a pour tous les niveaux.

    Épuisés d’avoir tout donné, nous profiterons de la prochaine journée pour explorer en randonnée sur le lac Louise et jusqu’à l’arrière-pays. Nous découvrirons que quelques-uns profitent de cet endroit pour faire du back country en escaladant les montagnes et tracer ce tapis de neige immaculée. 

    Nous explorerons ainsi toutes les montagnes sur notre passage ainsi que quelques magnifiques sites comme le Johnston Canyon, les Hot Springs, la forêt des cèdres géants… pour terminer à Revelstoke. Il y a de ces moments inattendus dont la vie nous fait cadeau. Cette journée fut parfaite. Durant la nuit, plus de 3 pieds de neige ont recouvert le haut de la montagne, la seule partie ouverte pour la dernière journée de la saison. Comment vous exprimer la frénésie perceptible dans l’air? Des cris de joie vibraient de partout, une neige légère faisant flotter nos âmes de skieurs rebelles. 

    C’est la tête encore dans les nuages que je fais le retour en avion avec un sentiment… le Canada, c’est mon pays, et j’en suis fière!

    Mes conseils

    Surveillez régulièrement les aubaines sur le site www.viarail.ca. Vous pourriez faire jusqu’à 75% d’économie.

    Pour un confort et la liberté de vous déplacer où bon vous semble, c’est www.canadream.com

    Je tiens à féliciter Parc Canada pour son merveilleux travail pour préserver les milieux naturels équilibrés entre l’homme et la nature. Ce sont ces efforts qui permettent de nous rappeler que nous partageons notre planète avec d’autres espèces.

    Article paru dans le Magazine Découvertes – volume 11 – www.decouvertesmag.com

    L’Eldorado du ski… plus près qu’on le pense!

    N’avez-vous jamais rêvé de skier partout ? Pas juste les montagnes de votre cour ou juste celles de votre région, mais d’aller vraiment partout ? De découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles stations de ski ? De tracer de la belle poudreuse fraiche plus longtemps que le temps de 2 descentes ? De passer une journée sans voir l’ombre d’une plaque de glace, ni d’une file d’attente ?

    C’est le type de scénario que nos rêves les plus fous nous présentent lorsque notre quotidien de skieur se déroule dans une station à proximité d’un grand centre urbain, ou encore victime de son succès. La qualité en ski dépend avant tout de la météo, mais également d’un facteur encore plus destructeur pour les pistes, et j’ai nommé: l’achalandage.

    Soyons honnêtes: l’an dernier, lorsque nous avons décidé de parcourir le Québec en entier*, nous ne pensions pas avoir autant de plaisir dans notre aventure. Certes, il ne faut pas avoir peur de conduire longtemps… Aucune civilisation à plus d’une centaine de kilomètres à la ronde, pas de réseau cellulaire, des petites affiches rouges « Téléphone d’urgence – 20km », juste nous et un seul et unique poste de radio à portée d’antenne, qui nous rappelle que les orignaux du coin n’ont pas besoin des téléphones rouges, eux !

    Bien entendu, les kilomètres à parcourir sont la clé du succès dans ce genre d’entreprise… je ne me tromperai pas en vous disant que plus vous passez de temps sur la route, plus vous découvrez des endroits qui vont vous offrir un produit hors du commun! Ce fut le cas entre autres lors de notre voyage au mont Chalco en mars 2013. 237 km à travers la Réserve faunique Ashuapmushuan, à partir de St-Félicien au Lac-Saint-Jean, pour skier 80m de dénivelé. Je vous avoue que rendu là-bas, chaque mètre prend son sens et son importance! Mais avec une attente nulle aux remontées, moins de 50 skieurs dans la station et des pistes encore superbes à 14h30, il ne nous en fallait pas plus pour adopter la station tout de go!

    Cette journée-là, nous avons confirmé cette folle théorie qui stipule que la taille d’un objet n’est pas garante du plaisir qu’il procure… dans les p’tits pots, les meilleurs onguents! Ainsi, la hauteur d’une montagne n’a en fait rien à voir avec le plaisir qu’on peut avoir à la dévaler. Plusieurs d’entre vous serez étonnés d’apprendre que le versant sud du mont Chalco (oui! il y a un versant sud…) offre un ski à l’ancienne, avec des pistes aussi sinueuses qu’accidentées! Comme quoi parfois, un 80m de dénivelé stimulant vaut mieux qu’un 200m trop fréquenté…

    Au cours du même périple, nous nous sommes arrêtés à ToBoSki. Cette petite station en retrait de St-Félicien appartient à la même catégorie que le mont Chalco: 70m de dénivelé, du défi, des pistes abruptes, et un sous-bois à ne pas sous-estimer. La gare de départ du télésiège semble dans un trou, en contre-bas du chalet de ski, comme si la météorite qui a creusé le Lac St-Jean en avait profité pour fabriquer le centre de ski il y a quelques millions d’années. Certes, on n’y descend pas longtemps… mais on socialise beaucoup dans les remontées, surtout quand les gens de la place se demandent quelle mouche nous a piqués pour qu’on soit venus jusqu’ici… la curiosité ! 

    Toujours lors du même voyage, nous étions de passage à La Tuque et nous en avons profité pour visiter la station de ski. La capacité du stationnement déjà presque plein avec 15 voitures nous a donné un indice sur les habitudes de fréquentation de cette station unique: à Ski La Tuque, on peut se garer dans les rues avoisinantes! Et même mieux… les voisins peuvent parcourir les quelques mètres qui séparent leur cour de la montagne à pied! Moins long qu’une navette entre un P4 et un chalet… D’ailleurs, le sentiment de descendre une piste de ski avec vue sur des maisons et une usine à ses pieds donne un effet assez spécial. Il y a de quoi s’amuser avec les 11 pistes de la station, dont certaines sont laissées vierges après une tempête. On s’adapte ici aux gouts des gens plus facilement. D’ailleurs, les heures d’ouverture de la station suivent souvent les heures d’école, de quoi vous décourager d’avoir une skinusite! Sans compter le fait que la polyvalente se trouve à un jet de pierre de la montagne… et que la salle des profs donne sur la ligne de télésiège!

    Le ski en région est donc un signe de dépaysement autant par sa philosophie que par sa culture. La vocation y est souvent plus d’ordre communautaire et municipal et les gens sont très attachés à leur montagne. Les entreprises du coin commanditent les bâtiments, d’une simple table à pique-nique jusqu’au pylône de remontée mécanique. Les skieurs réguliers parlent de leur place avec une grande fierté et sont toujours présents pour vous la faire découvrir dans ses moindres recoins. Personne n’est là pour faire de l’argent, mais plutôt pour faire sortir les gens de chez eux, en famille ou entre amis. Tous s’y retrouvent saison après saison afin de garder la station en vie et d’écrire quelques pages d’histoire.

    En conclusion, je serai franc. Ce texte a un objectif clair: vous faire sortir de vos habitudes… Lors de vos prochaines vacances, que vous soyez entre amis, en amoureux ou en famille, planifiez-vous un petit circuit de 3 ou 4 montagnes à quelques centaines de kilomètres de chez vous. De Chibougamau à Gaspé ou de Val-d’Or à Baie-Comeau, chaque endroit vous fera vivre une aventure très spéciale au coeur de nos régions pas-si-éloignées-qu’elles-en-ont-l’air. L’arrêt dans le temps y est inévitable, la frustration deviendra un plaisir. Vous aurez le bonheur de goûter au ski sans artifice, celui que l’on a tendance à oublier.

    Le « petit » nouveau du Mont Sainte-Anne

    Jusqu’à tout récemment, lorsque l’on portait attention aux discussions entre les skieurs habitués du Mont Sainte-Anne, il était souvent question de souhaits pour le développement  de nouvelles remontées rapides. Plusieurs ont spéculé sur divers projets permettant de desservir plus efficacement les pistes que l’on surnomme celles du secteur « expert ». À notre grande surprise, un télésiège quadruple a été annoncé au début de l’été 2013, faisant tourner tous les regards vers la station de la côte de Beaupré. 

    Le secteur sud-ouest: un bref historique

    Tout a débuté par la création d’un long sentier qui longe le sommet, légèrement à son aval. En partant de la télécabine, on peut donc se rendre, sans trop d’efforts, jusqu’à la piste la Crête. Dans un second temps, un téléski simple débrayable a été aménagé tout spécialement pour ce lieu. Ce dernier était réputé pour être rapide, mais destiné aux experts avec sa forte pente, ses ponts et ses deux virages.  Il suivait le tracé de l’actuelle piste Canyon et on pouvait y accéder via la base par le téléski double la Connexion. Ce fut suivi du premier grand chantier dans ce secteur, lors de la construction du télésiège triple en 1983, par les Industries Samson. Celui-ci amena la création d’un nouvelle piste, la Saint-Laurent, en plus de permettre aux skieurs d’accéder plus directement aux pistes les plus éloignées du centre de la station sans être obligé d’utiliser le sentier vers le sommet. En 1989, un second grand chantier allait amener le développement d’une nouvelle piste, la Sept-Chutes, grâce au déménagement et au raccourcissement du télésiège double de la Gondoleuse, la Sainte-Paix. Ce télésiège a remplacé le téléski débrayable, qui causait des maux de têtes aux skieurs non-avertis; son retrait a également dégagé le tracé, créant l’actuelle piste Le Canyon. 

    La planification

    Depuis deux saisons, le terrain était préparé en vue d’un grand changement. Premièrement, lors de l’été 2012, le télésiège double la Sainte-Paix fut démonté, libérant l’accès à la future ligne de montée. Deuxièmement, suite à la grande annonce, le télésiège triple le Trip, à la suite de 30 années de service, est à son tour entièrement démonté. Ceci libère donc l’espace pour aménager la gare aval du futur télésiège quadruple débrayable.

    Une fois ces deux étapes préparatoires réalisées, le grand projet pouvait maintenant aller de l’avant. Amélie Leclerc, coordonnatrice aux communications pour le Mont-Sainte-Anne, nous a expliqué que l’objectif premier de cette nouvelle remontée à l’efficacité supérieure est de desservir un terrain plus vaste que celui qui était couvert par le Trip. La zone qui sera couverte se délimite, à l’ouest, par la piste la Crête, avec en son centre les pistes du secteur expert et se rendant à l’est jusqu’à la Gros Vallon (haut) et tout ce qui s’y déverse. Par ce tracé en diagonale, ceci permet de combiner les zones de dessertes des deux anciennes remontées qui y étaient présentes.

    Concernant l’accès à la Crête et à l’Espoir, la distance à parcourir en provenant du sommet de la télécabine demeurera bien entendu inchangée, mais la promenade sera grandement facilitée par deux nouveaux aménagements, comme l’explique Mme Leclerc: en plus du sentier d’origine, le tracé du sommet sera modifié afin de pouvoir glisser sur une pente ascendante, jusqu’à son extrémité. À l’origine, le chemin du sommet, ayant son point le plus élevé au niveau du débarcadère du téléski la Corde-Raide, n’avait pas été prévu pour servir de site de transition entre les diverses zones. Il y a donc une butte qui constituait jusqu’à nos jours un obstacle à franchir.  Ainsi, le débarcadère du nouveau télésiège sera rehaussé par rapport à celui de la Sainte-Paix, et l’élévation du sommet sera aplanie,  le tout permettant une circulation plus fluide vers les pistes les plus à l’ouest.

    Un investissement attendu depuis longtemps

    Ce qui ajoute un aspect grandiose à ce projet est le fait qu’il s’agit du premier chantier majeur en terme d’investissement relié aux remontées mécaniques au Mont-Sainte-Anne depuis 1989, année de l’inauguration de la télécabine huit passagers. Celle-ci a bien entendu été rénovée depuis mais la création d’une nouvelle remontée se faisait attendre; aux dires des skieurs fidèles de l’endroit. L’annonce de la création d’un nouveau télésiège rassure donc les habitués de la station, qui voyaient le parc de remontées vieillir et s’interrogeait un tantinet quant au démantèlement des plus anciens télésièges. Pourquoi ne pas avoir simplement déplacé l’actuel Triple? Mme Leclerc nous informe que bien que celui-ci était encore en parfait état de marche et très fiable; son déplacement vers l’ouest aurait malheureusement créé des coûts supérieurs au démantèlement et à la construction d’un nouveau venu, sans compter que sa durée de vie aurait été bien entendu moins longue que celle d’un télésiège récent.

    Quelques détails techniques

    Aux yeux de certains observateurs, la question de l’efficacité du nouveau télésiège demeure en ce qui a trait au flot des skieurs qui convergeront vers cette vaste zone. Mme Leclerc se fait rassurante: les calculs ont été réalisés et l’augmentation de capacité de chargement des sièges et de même que la vitesse du télésiège diminueront assurément le temps de remontée, offrant donc un débit supérieur.

    L’appareil est confectionné au Québec, à l’usine Doppelmayr de Saint-Jérôme, dans la région des Laurentides. Il sera muni de gares Uni G Vision classique, ainsi que de sièges de dernière génération (sans bulles). Il aura une longueur de 2442 mètres pour gravir une dénivellation de 530 mètres. La base sera localisée à une altitude de 270 mètres, à la gauche de la base de l’ancien Trip. Le sommet, s’élevant à 800 mètres d’altitude, se trouvera entre le débarcadère et la station motrice de l’ancienne Sainte-Paix. La vitesse de montée sera de 5 mètres/seconde, ce qui est la vitesses standard maximale pour ce type de télésiège. La durée de montée prévue est de 6 minutes. En guise de comparaison, le temps de montée du Trip était de 12 minutes, la Sainte-Paix de 9 minutes, l’ancien téléski de la pistes Canyon 7 minutes et la télécabine l’Étoile-Filante gravit la montagne en 9 minutes. 

    En conclusion, cette nouvelle acquisition apportera tout un vent de fraîcheur à l’ambiance qui règne au Mont-Sainte-Anne. Le rajeunissement du parc de remontées et des pistes mieux desservies raviveront sans doute l’engouement pour cette montagne, que certains sceptiques regardaient d’un oeil un peu morose. Souhaitons que ce chantier soit le prélude à d’autres investissements au cours des prochaines années!

    Nouveautés 2014 dans les stations du Québec: un virage hors-piste?

    Les hivers se suivent et ne se ressemblent pas, mais depuis quelques années, les investissements dans les stations de ski du Québec sont moins visibles dans les pistes. Il faut toutefois saluer trois nouveautés majeures dans les stations québécoises, soient la construction d’un nouveau télésiège quadruple débrayable au Mont Sainte-Anne, pour remplacer le Trip et la Sainte-paix; un chalet tout neuf à Val d’Irène doublé d’un secteur de ski hors-piste; et un nouveau secteur hors-piste pour Owl’s Head, selon des sources bien informées. 

    Le développement du ski hors-piste a définitivement la cote dans la province avec le développement d’options de ski d’aventure en Gaspésie, entre autres à la Vallée-Taconique et avec le Chic-Chac. Ces projets ont fait sonner des cloches dans certaines stations plus près de nous. Ainsi, le Mont Édouard, Le Massif de Charlevoix et le Parc du Mont Saint-Mathieu ont récemment ouvert ce type de secteur, sans oublier le catski du Massif du Sud et de la Réserve ni l’agrandissement du secteur à l’ancienne de Sutton, de même que le nouveau secteur hors-piste du parc de la Jacques Cartier! Tout cela sans compter le développement de plusieurs sous-bois dans les autres stations de la province… Est-ce une tendance à long terme? L’avenir nous le dira, mais la quête des premières traces dans la poudreuse est bien en vogue au Québec, donc il y a fort à parier que cette tendance ne faiblira pas de sitôt.

    Quelques autres nouveautés intéressantes dans les stations québécoises:

    – Réfection complète de l’extérieur du chalet du Mont Grand-Fonds, ce projet étant la phase 1 de la modernisation entière du chalet

    – Le Mont Blanc nous annonce le réaménagement complet de la cafétéria du chalet, ainsi que l’achat de nouveaux canons à neige de type HKD SV 15

    – Plusieurs nouvelles nous viennent du Parc du Mont Saint-Mathieu: construction d’un pont skiable au croisement d’une piste débutante et du parc à neige, nouvelle piste familiale, réaménagement du Snowpark Premier Tech, améliorations importantes au secteur hors-piste et du système d’enneigement, de même que la création d’une billetterie en ligne

    – Adoucissement du mur de la Stade de Slalom au Mont Sutton avec une nouvelle technologie moins dommageable pour l’environnement, soit une excavatrice araignée qui peut travailler dans une pente jusqu’à 70 degrés d’inclinaison, avec un poids deux fois moindre qu’une excavatrice traditionnelle

    – Val St-Côme inaugure un nouveau sous-bois sur le versant Mille Pieds; ainsi qu’un parcours de ski cross permanent, accessible en bordure de la Grande Allée. La station a également effectué quelques travaux dans les pistes le Côteau et l’Avalanche afin d’en faciliter l’enneigement et de les rendre accessibles le plus tôt possible en saison.

    En nouvelle-Angleterre, quelques nouveautés vont aussi agrémenter l’hiver 2013-2014:

    – Un chalet tout neuf sera construit au State Side de Jay Peak, en plus d’un hôtel. La chaise Bonaventure qui devait être retirée au profit d’un télésiège sextuple débrayable va finalement être de retour en 2013-14, mais son tracé partira un petit peu plus haut dans la montagne, en raison du développement de la nouvelle base.

    – Sugarloaf: poursuite de l’agrandissement de Burnt Mountain

    – Nouveau sous-bois expert à Whiteface, une première nouvelle piste en cinq  ans !

    – Investissement de 1M$ à Okemo pour augmenter la capacité d’enneigement artificiel

    – Nouveau versant à Pats Peak au New Hampshire, soit le Cascade basin avec un télésiège triple et 4 premières pistes pour cet hiver.

     Et maintenant… dans la machine à rumeurs:

    – Des négociations sont présentement en cours relativement à la réouverture du Mont Alta pour la saison 2013-14? C’est à suivre sur ZoneSki.com au cours des prochains jours, pour un portrait détaillé de la situation de la sympathique station de ski d’aventure des Laurentides.

    – Un nouveau télésiège à Tremblant dans le secteur de l’Algonquin?

    – Un nouveau télésiège quadruple à Ski Bromont?

    Bien sûr, au moment d’écrire ces lignes, les annonces sont rares. Le mois de septembre étant généralement riche en communications, nous sommes en attente de plus d’informations. Plusieurs nouveautés dans les stations sont gardées secrètes à ce temps-ci de l’année pour être dévoilées au bon moment, donc gardons l’oeil ouvert, d’autres surprises nous arriveront certainement au cours des prochaines semaines et des prochains mois!

    Un télésiège, c’est comme…

    Un télésiège, c’est comme un autobus. Sans chercher bien loin, la comparaison d’un télésiège avec autobus est facile: c’est un moyen de transport collectif, qui nous amène d’un point A à un point B. On le prend en attendant notre tour, on remplit les sièges libres et on partage l’espace (message ici aux skieurs égoïstes…), bref, on bénéficie tous d’un transport pour lequel on a chacun un petit peu payé.

    Un télésiège, c’est comme un autobus, ça coûte des sous à opérer. On paye un chauffeur d’autobus, on paye un opérateur de remontée mécanique. On paye pour l’entretien, la réparation, la mise à niveau, la rénovation… ai-je besoin d’aller plus loin?

    Un télésiège, c’est comme un autobus: si personne ne l’utilise… on ferme. Les circuits non-utilisés d’une ligne d’autobus sont supprimés, au gré de la demande des utilisateurs. En deçà d’un certain taux d’utilisation, la ligne n’est pas rentable. On réduit les fréquences, on retire des arrêts, voire on annule carrément des tracés. Personne ici n’a besoin d’un cours d’économie sur l’offre et la demande…

    Quand j’entends des skieurs, en fin de saison, s’exclamer: «Ah c’est génial y’a personne! On a la montagne à nous tout seul!», j’ai un sourire en coin… car 7 jours plus tard, ces mêmes skieurs s’adressent, mécontents, à leur station de ski préférée «MAIS! Pourquoi vous fermez!? Il reste encore plein de neige!!». L’offre: oui, il y a plein de neige. La demande: plus personne ne vient skier. Constat: en deçà d’un certain nombre de skieurs, il n’est pas rentable d’opérer la station.

    Cette année, le Mont Orford a annoncé une belle initiative: tant qu’il y aurait des skieurs à la montagne, celle-ci ouvrirait! Bien entendu, les petits caractères indiquent que la station se réserve le droit de décider si elle opère ou non… mais le message n’en était pas moins clair: vous voulez du ski? Alors venez! Mais si vous ne venez pas… ne pleurez pas parce qu’on ferme. Et que ceux qui se scandalisent d’une telle décision se renseignent un peu sur les coûts d’opération quotidiens d’un télésiège quadruple… si vous étiez le seul abonné de votre réseau de transport en commun, vous marcheriez avec vos pieds.

    Loin de moi l’idée de relancer le débat et de chercher le pourquoi du comment qui expliquerait la cause de l’abandon du ski par la majorité des skieurs dès que le beau temps pointe son nez… cela dit, les fermetures des stations c’est comme le cycle des saisons, c’est inévitable.

    Le télésiège, c’est comme un autobus: si personne ne l’utilise… on ferme.

    À tous, gardez le sourire… on aura encore de l’hiver pour quelques décennies… et si vous voulez que votre montagne préférée ouvre plus longtemps… visitez-la plus souvent ;)

    Bon été!

    ×