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    Visage du ski: Johanne La Roche

    Dans quelques jours, comme bien des skieurs (et non-skieurs) du pays, vous aurez les yeux rivés aux écrans qui vous entourent: télé, ordinateur, tablette et téléphone intelligent se relaieront pour vous transmettre les plus récentes nouvelles à propos des athlètes qui représenteront le Canada aux Jeux d’hiver de Sotchi. Pour Johanne La Roche, les Jeux représentent un tout-petit-mini-détail supplémentaire: l’occasion de se dire, avec une fierté nullement déplacée: « Hey! C’est moi qui l’ai recruté, lui! » Portrait d’une petite abeille de l’ombre au visage lumineux.

    Tombée dans la potion magique quand elle était petite, Johanne a fait ses premières armes en ski alpin au Manoir Saint-Castin, au nord de Québec. Son père, Gérard, pratiquait le saut à ski, et toute la famille se rendait religieusement au Lac Beauport pour skier chaque jour de la fin de semaine. Le patronyme La Roche est sûrement familier à plus d’un lecteur; Johanne est effectivement la cousine d’Yves La Roche et plusieurs autres membres de la famille ont laissé leur marque dans le ski acrobatique. Cela n’a par contre pas poussé Johanne dans les rangs compétitifs, elle préférait les sports d’équipe pour le dépassement et s’adonnait au ski par plaisir.

    Johanne avait presque atteint l’âge de la majorité lorsqu’elle a touché pour la première fois au volet compétitif du ski acrobatique, sur insistance d’une amie de la famille. Ce n’est cependant pas sa performance en piste qui fut déterminante… dotée d’un talent certain, elle brillait lors des entrainements mais n’offrait pas le meilleur de ses capacités en pleine course. Elle était par contre plutôt attirée par l’aspect organisationnel de chacune des compétitions auxquelles elle a pris part avec un dossard numéroté. Sans tarder, elle est devenue responsable du Club SkiBec Acrobatique, qui regroupait les athlètes du Mont-Sainte-Anne et de Stoneham. C’est alors qu’elle commence à s’impliquer dans l’organisation des diverses courses et compétitions, la piqure la prend et l’abeille s’active de plus en plus!

    Déterminée à poursuivre cette carrière en parallèle avec ses études en génie civil, Johanne décide de devenir déléguée technique. Armée de l’expérience acquise au fil des années alors qu’elle trime autant du stylo que de la pelle, l’énergique jeune femme frappe à la porte de SkiCanada et réussit l’exploit de devenir la première femme déléguée technique* sur le circuit géré par la FIS. Elle est encore d’ailleurs à ce jour la seule femme à avoir ce titre dans ce monde d’homme! 

    * Le rôle d’un délégué technique sur le site d’une compétition est de représenter les règlements mais surtout de s’assurer de la bonne mise en oeuvre de la compétition, ainsi que de la qualité des sites. La FIS gère les règlements de base, le délégué veille au respect de ceux-ci, en plus d’édicter les règlements propres à chaque compétition en lien avec l’endroit et la discipline. Ce rôle nécessite une impartialité à toute épreuve, de grandes connaissances techniques autant en ce qui concerne la neige que l’organisation et le déroulement d’une compétition, la conception des sauts (oui, incluant la conduite des dameuses), sans oublier une certaine capacité à grimper des montagnes à pattes, pelle à la main…

    Plusieurs chapeaux, une seule tête

    Dès les années 1990, Johanne La Roche organise des Coupes du Monde à la station de ski Le Relais, dont l’objectif est de tester les sites en vue de l’obtention des Jeux d’hiver de 2002, que Québec perdra aux mains de Salt Lake City. Le chapeau de déléguée technique tient en équilibre à côté de celui de bénévole pour SkiBec, de même qu’un rôle au sein de l’Association Canadienne de Ski Acrobatique, ainsi que pour le CA de la Fédération Québécoise de Ski Acrobatique, qu’elle occupera jusqu’en 2008. Pour terminer le partage de chapeaux, Johanne est également, depuis une vingtaine d’années, en charge du programme de développement des officiels au Québec. Elle forme les parents et bénévoles impliqués à devenir des officiels ayant la capacité et les connaissances requises dans le but d’organiser des compétitions… l’abeille se crée une relève!

    Bien entendu, ses multiples fonctions lui donnent la chance d’être sur le terrain, mais Johanne s’attriste d’avoir vu le sport amateur et son organisation changer au fil du temps. Par exemple, la recherche de commanditaires, beaucoup plus aisée dans les années 1980 (« Un coup de fil à la Caisse et c’était réglé! »), représente près du tiers de son temps d’organisatrice maintenant. De plus, chaque club de compétition, bien que doté d’une structure de base, est constitué par les parents des athlètes… et bien souvent, Johanne se retrouve entre l’arbre et l’écorce, dépitée de voir que les adultes impliqués ont parfois l’intérêt des athlètes bien loin dans leurs priorités… Heureusement, depuis le nouveau millénaire, la tendance s’est tranquillement inversée et aujourd’hui, les parents d’une nouvelle génération sont de plus en plus conscientisés et présents pour leurs enfants et les autres athlètes. SkiBec Acrobatique a poursuivi son développement et chapeaute maintenant les quatre clubs de compétition de la région de Québec: Le Relais, Stoneham, le Mont-Sainte-Anne et Le Massif, dernier venu dans la course.

    Bien sûr, des gens comme Johanne préfèrent l’ombre. Notre abeille se sent à l’aise quand les athlètes sont heureux, que les choses roulent rondement et qu’elle est occupée. Prendre les pauses, c’est superflu! Mais mettons un peu de lumière sur la travailleuse acharnée: Johanne, c’est celle qui, au fil des années, a pu recruter quelques noms connus: Dominic Gauthier, Ann-Marie Pelchat, Christian Marcoux, Caroline Olivier, PA Rousseau, JP Auclair, les frères Marquis… pour chacun d’eux, elle a une anecdote. Pour chacun d’eux, les voir en action au petit écran, c’est aussi une occasion de voir un peu de La Roche dans l’équation!

    Dans les accomplissements les plus fous de Johanne, celle-ci se souvient d’avoir usé d’ingéniosité lors des Jeux du Canada en 2002, organisés dans les Maritimes. Cette saison, la neige se faisait plus que rare… à un point où la construction des sauts en secteur urbain était presque impensable. L’idée de Johanne: dévier les camions de déneigement municipaux, qui déverseraient leur chargement au bon endroit. Pour la finition? On ramasse la neige propre sur les pistes d’un aéroport désaffecté. Et voilà le travail! Ce n’est qu’un des innombrables tours de force réalisés par Johanne. Et gageons qu’il y en a encore bien d’autres à venir… Soyez à l’affut, si un jour vous êtes sur un site de compétition de ski acrobatique et que vous voyez une petite abeille blonde, sourire aux lèvres, pelle à la main… c’est Johanne!

    Freestyle course chief Johanne LaRoche, left, of Lac Beauport Que. and chief timer Kieran Rousseau of Corner Brook Nfld. enjoy the sun during a break at the aerial venue at the Canada Winter Games in Atholville N.B., Thursday Feb. 27, 2003. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

    Les Olympiques, passionnément, à la folie, pas du tout?

    En préparant mon mini-dossier sur les Jeux de Sotchi, j’ai eu l’occasion de discuter avec diverses personnes ayant toutes une opinion relativement approfondie à propos de l’événement sportif du moment. Je me suis donc mis à réfléchir sur ce que je voyais de bon ou de moins bon à ces Jeux. Au risque de passer pour une impie, je me livre à vous, lecteurs impitoyables.

    Les valeurs du sport

    Bien sûr, on ne peut qu’encourager et admirer un athlète, qu’il parvienne ou non à se hisser sur une marche du podium. N’est pas grand celui qui ne tombe jamais, mais celui qui sait se relever… La force de caractère qui fait l’étoffe des athlètes est bien entendu leur meilleur atout. Viennent ensuite persévérance, discipline, capacité de recul et d’analyse, gestion de risque, capacité à atteindre et conserver une forme d’équilibre… et j’en passe. Ces athlètes de haut niveau parviennent à exploiter le corps humain et à l’élever à un stade de perfection en s’infligeant toutes sortes des souffrances physiques et psychiques dans le but du dépassement de soi. Passion, enthousiasme, masochisme, folie pure ou inconscience, je crois que le dosage parfait des ingrédients nécessaires à la fabrication d’un athlète olympique n’existe pas.

    Je crois par contre qu’il existe quelque chose de plus « malsain » que les Jeux Olympiques en terme de défi personnel, tant pour le corps que l’esprit: les courses d’endurance infinies ou presque (type Ironman). Les études prouvant le côté néfaste des activités trop intenses et prolongées sont nombreuses et malgré toute l’admiration que je peux avoir pour les athlètes qui ont un corps en santé, je considère que la limite à ne pas dépasser est celle où on commence à se tuer à petit feu. Sachant que le sport génère une production d’endorphine dans le corps humain, cette drogue naturelle dont les propriétés rappellent celles de l’opium ou de la morphine, provoque aussi bien entendu son lot d’addiction et de dépendances un brin malsaines. Un athlète qui court à sa perte par sa dépendance à l’adrénaline de la performance et à l’endorphine n’est donc pas plus équilibré qu’un toxicomane, malgré toute cette culture du « sport c’est la santé ». Les Olympiques sont donc en ce sens moins intenses puisque la durée de performance d’un athlète pour la plupart des disciplines se chiffre en minutes… malgré les heures d’entrainement.

    L’Olympisme et les valeurs

    (Tiré du document sur le Mouvement Olympique)

    « Prônée à l’origine par Pierre de Coubertin, l’Olympisme est une philosophie de vie fondée sur le corps, la volonté et l’esprit qui allie le sport à la culture et à l’éducation. Cette philosophie est un élément essentiel du Mouvement olympique et de la célébration des Jeux. »

    Les trois valeurs sont l’excellence, l’amitié et le respect.

    Je suis bien sûr fondamentalement en accord avec ces valeurs. Là où j’avale de travers… c’est quand je vois une organisation olympique bafouer à peu près tout ce qui existe comme convention des droits civils et de lois environnementales en plus d’encourager un marché souterrain aux profondeurs abyssales au nom d’une quête démesurée du succès. Pour moi, ce n’est pas un signe d’excellence, ni d’amitié, ni de respect. Et quand en plus on voit que les intérêts profonds des athlètes sont carrément relégués à l’arrière-plan pour laisser place à la démonstration suprême de pouvoir et de contrôle d’un mégalomane… je grince des dents à m’en péter les plombages.

    Excès, aversion et mépris

    Non seulement ces Jeux auront-ils coûté une somme ridiculement astronomique mais ils auront aussi l’effet dévastateur d’un tsunami sur une ile sans défense, brisant des écosystèmes et des vies humaines. Qu’adviendra-t-il de toutes ces infrastructures, une fois le dernier confetti de la cérémonie de clôture des Jeux Paralympiques tombé? Que feront-ils de tous ces condos, de tous ces hôtels, de tous ces stades, de toutes ces routes, de tous ces trains? De tous ces canons, de toutes ces télécabines, de toutes ces dameuses? Et d’abord, c’est qui ça, « ils »? Les habitants de Sotchi? J’en doute. Les discours (directs ou suggestifs) de Poutine ont fait plier bien des bailleurs de fonds: je ne crois pas une seule seconde à ses idées nobles et ses ambitions de ramener le tourisme des riches Russes dans leur pays.

    Même si on oublie le côté « gaspillage et dilapidation de fonds », qui à mon sens constituerait un frein suffisant pour arrêter le cirque, le problème des lieux se pose quand même. Pourquoi ces Jeux coûtent-ils si cher? D’abord grâce à la corruption, ensuite, à cause de tous les moyens techniques déployés pour contrer le fait que les lieux géographiques hôtes se situent en climat subtropical humide. Pour accueillir des Jeux d’hiver. On a donc dépensé des millions de dollars pour s’assurer que la neige ne manquerait pas. Je n’entre même pas ici dans le débat environnemental… mais si l’organisation se préoccupait RÉELLEMENT des athlètes qui viennent donner leur meilleur, elle aurait réfléchi aux conséquences psychologiques pour un sportif de voir son épreuve annulée, sans préavis, pour cause d’incapacité à tenir l’événement.

    Imaginez un peu: vous vous entrainez corps et âme, pendant quatre, voire huit ans ou plus de votre vie. Toute votre existence est codifiée en fonction de ce but ultime. Ce que vous mangez, buvez, vos entrainements, votre travail, vos études, votre famille, bref, tout ce qui constitue votre vie est adapté pour vous placer dans les meilleures conditions et augmenter vos chances de succès. Vous travaillez d’arrache-pied, vous prouvez vos capacités dans maintes compétitions, vous vous hissez dans les classements. Vous avez un entraineur, un nutritionniste, un physiothérapeute, un psychologue sportif, une maman… tous fondent leurs espoirs en vous. Vous vous qualifiez, vous obtenez votre visa, vous poursuivez l’entrainement, vous arrivez sur place. Vous êtes dans le cirque, ça y est, pour de vrai! Votre rêve. Puis, le matin de votre épreuve: annulée. Trop de neige, pas assez de neige, brouillard, bris dans une infrastructure, attentat, que sais-je encore. Certaines choses ne peuvent pas être prévues ni contrôlées, surtout pas dans un milieu au climat chaud et humide (6°C en février!), aux portes d’une poudrière caucasienne, dans un pays où malgré les belles promesses, on peut toujours douter un peu de la sincérité lorsqu’on jure le respect des droits de l’homme.

    Si j’aime les Jeux Olympiques? Ceux de Pierre de Coubertin, oui. Le cirque médiatique et la démesure? Non. Si je vais regarder les épreuves à la télé? Probablement pas, pas juste à cause du décalage horaire mais aussi parce que je sais que je pourrai retrouver le meilleur de tout ça sur plusieurs médias internet. Est-ce que je m’intéresse aux performances des athlètes de chez nous? Bien sûr que oui. J’ai quand même un peu de fierté locale. Est-ce que je crois que les Jeux Olympiques sont un événement nécessaire? Non. Pas au prix qu’ils coûtent. Et encore moins pour ce qu’ils rapportent au pays ou à la ville hôte.

    Au pied d’Édouard: une histoire de cœur

    Travailleurs acharnés, citoyens ancrés dans leur Saguenay natal et skieurs passionnés par une majestueuse montagne: tels se présentent Doris Duchesne, sa conjointe Lynn Mercure et leur grand ami Denis Girard, copropriétaires du centre de villégiature Au pied d’Édouard, à l’Anse-Saint-Jean. L’histoire de ce trio de développeurs, qui a mis sur pied le village alpin du Mont Édouard, est parsemée de défis et de rebondissements, que la persévérance et la patience ont permis de surmonter.

    « On a vidé nos poches pour démarrer », confie Doris Duchesne, un gestionnaire de projets ayant mis sa riche expérience professionnelle dans la construction du village alpin  au Mont Édouard. Loin d’avoir le capital d’une grosse entreprise comme Intrawest et ne pouvant compter sur de grands bailleurs de fonds, les trois copropriétaires ont dû – et doivent encore – y aller de leurs propres investissements pour faire avancer leur rêve.

    Un rêve qui se matérialise aujourd’hui avec 200 unités résidentielles, un charmant petit hôtel (La Maison de Vébron), un Spa nordique (Édouard-les-bains) et un sympathique bistro (Les elfes du Fjord). « Ce sont nos propres intérêts que nous avons mis dans ce projet, poursuit-il, et on a dû développer petit à petit, sans sauter les étapes pour être certains de ne pas manquer notre coup. Ce projet a une valeur inestimable et, encore aujourd’hui, on y met tout notre cœur. » 

    Le coup de foudre

    C’est d’ailleurs sur un coup de cœur que débute l’histoire en 1989. Doris Duchesne et sa conjointe Lynn Mercure se rendent à l’Anse-Saint-Jean, petit village du bas Saguenay d’où proviennent les nouvelles de l’ouverture prochaine d’une station de ski. « Ç’a été un coup de foudre pour l’endroit! La montagne se présente avec du caractère et l’environnement offre une qualité de vie que nous ne trouvions pas ailleurs », relate M. Duchesne, qui s’achète un chalet au pied des pistes.

    Celui-ci découvre alors tout le potentiel du Mont Édouard, qui accueille ses premiers skieurs en décembre 1990. L’idée de créer un village alpin surgit et, en 1994, M. Duchesne acquiert des terrains au pied de la station de ski et y construit un premier bâtiment, Le Refuge, regroupant 43 unités de style condo.

    Départ difficile et relance

    En 1996, il voit plus grand et entame le développement du secteur de Vébron (à droite de la montagne); toutefois, les événements imprévisibles se succèdent – impacts du déluge au Saguenay, situation financière difficile de la station de ski, etc. – et son projet est mis en veilleuse. « On est un peu à la merci de la station de ski, dont la situation financière a été vacillante. Quand elle a la grippe, on l’attrape nous aussi », image le gestionnaire.

    En 2004, la coopérative qui gère le Mont Édouard à cette époque approche Doris Duchesne afin de donner un second souffle au développement immobilier. La SADC est également dans le coup et le projet Au pied d’Édouard est relancé. De plus, M. Duchesne peut désormais compter sur deux complices, sa conjointe Lynn Mercure et son ami Denis Girard, qui embarquent cœur et âme dans le projet.

    Au fil des ans, le trio se heurte à différentes embûches : zonage ne permettant la construction immobilière, réseau d’égouts et d’eau potable inadéquat, difficultés dans l’achat de certains terrains, retrait du fédéral après avoir accepté de financer certaines parties du projet… Bref, les trois copropriétaires ont dû faire preuve de persévérance, parfois travailler jour et nuit pour mener à terme leurs idées. D’ailleurs, la plupart des bâtiments du village alpin sont autoconstruits…

    Un produit distinctif

    C’est ainsi que depuis 2004, les réalisations s’enchaînent, lentement mais sûrement, en concordance avec le plan de développement du centre de villégiature Au pied d’Édouard. Un des piliers du projet fut la construction, en deux phases (2004 et 2006), de La Maison de Vébron : ce « petit hôtel » propose 18 chambres ainsi que des cuisines et salles à manger communes dans chacun des deux pavillons. « Les gens s’y sentent comme chez eux et c’est ce que nous souhaitons », affirme Denis Girard. Celui qui gère La Maison de Vébron souligne avec fierté l’engouement pour ce type d’hébergement et rêve déjà de réaliser la phase 3 : « Après le ski, les gens se rencontrent dans les aires communes et il y a beaucoup d’ambiance. C’est particulier, on ne retrouve pas ça ailleurs! »

    Autre pilier du développement, le Spa nordique Édouard-les-bains, achevé en 2007, constitue un élément distinctif puisque son emplacement permet même aux skieurs d’y prendre une pause durant leur descente. On y trouve plusieurs infrastructures, tels le hammam, le sauna, la maison dans les airs, la yourte et la grotte des demoiselles, de même que des services de massothérapie. « Le Spa nordique est situé directement sur la piste, on ne retrouve pas ça ailleurs! », se réjouit Doris Duchesne.

    Des gens d’exception

    Ce qu’on ne retrouve pas ailleurs… Voilà peut-être le leitmotiv qui caractérise l’ensemble du projet. Certes, il y a l’expérience qu’offrent le ski au Mont Édouard et son village alpin convivial et charmant, avec La Maison de Vébron et Édouard-les-bains. Mais au-delà du caractère amical de l’endroit, il y a les trois personnes derrière le projet Au pied d’Édouard, des vrais passionnés qui rendent votre séjour incomparable : Denis vous prépare le petit déjeuner continental à La Maison de Vébron, Lynn gère les problèmes administratifs entre deux massages qu’elle offre à Édouard-les-bains, et Doris vient lui-même réparer le foyer de votre condo. « C’est toujours les mêmes trois vieux qui s’occupent de tout! », lance avec humour M. Duchesne.

    Et à travers cette fébrilité quotidienne, ceux-ci trouvent encore du temps pour skier la montagne qu’ils aiment tant… et penser le futur d’Au pied d’Édouard. Le gestionnaire précise : « Nous avons un plan de développement qui comprend l’ajout de condos et de chalets, ainsi qu’un hôtel de 60 chambres adjacent à Édouard-les-bains. » Bref, ce que les trois visionnaires souhaitent, c’est faire du Mont Édouard une destination de choix même si cela demandera encore de la patience. « Nous voulons boucler notre vision, aller au bout de notre rêve! », conclut Doris Duchesne.

    Le Mont Apic: une histoire d’entraide

    Le centre de glisse Mont Apic, situé à St-Pierre-Baptiste dans la région Centre-du-Québec, a ouvert ses portes à l’hiver 1959-1960. Cette petite station familiale compte 14 pistes variées pour tous les niveaux de skieurs et planchistes. Offrant également des glissades sur tube et des pistes de raquette, l’endroit fait le bonheur de la population locale. Lors de ma visite, j’ai eu la chance de rencontrer des gens fiers et profondément impliqués au sein de leur station. Je n’ai pas eu besoin de poser beaucoup de questions: les passionnés parlent sans se faire prier!

    Comment faire plus avec moins?

    Normand Goulet, bénévole et acteur dans le développement de la station, n’avait que 5 ans lorsque la station a ouvert ses portes. C’est avec un plaisir évident qu’il m’a raconté des anecdotes parfois aux allures de légendes sur l’histoire du centre de ski. « Dès les premières années, il a fallu se battre », me disait-il. « J’étais jeune mais j’avais de bonnes oreilles pour entendre les conversations des adultes. Il y avait entre autre un cultivateur réticent à laisser un lot de terrain qui allait rendre la station plus fonctionnelle. Il ne comprenait pas que l’on puisse sacrifier des érables pour faire des pistes de ski. À certains endroits, au contraire, on a du planter des arbres car on voulait garder la neige dans nos pistes. Le premier chalet a été construit avec des anciennes bandes de patinoires par six hommes », poursuit-il. Personne n’était payé! Et aujourd’hui c’est encore comme ça : la plupart des gens qui s’impliquent ici sont bénévoles.

    M. Goulet se souvient que pour faire fonctionner l’ancienne remontée mécanique, un moteur leur était bien entendu indispensable. À chaque hiver, deux mécaniciens s’affairaient à démonter le moteur de la seule moissonneuse batteuse de la région afin de l’emprunter pour faire rouler le câble. La rumeur veut que cette opération ait été réalisée à l’insu du propriétaire… du moins les premières années.

    Le bénévole, livre d’histoire parlant, poursuit: « À partir des années 1970, afin d’être compétitifs et garder les skieurs à la station, on a fait l’acquisition de dameuses que d’autres stations ne voulaient plus. On avait de bons mécaniciens qui étaient prêts à mettre le temps nécessaire pour les remonter à neuf! Un coup, comme les tractions s’usaient vite, on a même fabriqué des chenilles pour un dixième du prix que ça valait! Et c’est moi qui damais les pistes! »

    M. Goulet me raconte ensuite par quelles astuces et gentilles entourloupes ils avaient réussi à obtenir l’ancien téléski du Mont Arthabaska à bon prix et à le déménager. Les yeux brillants, il m’a longuement parlé des hauts et des bas de la station. Ce n’est pas pour rien qu’on le taquine en le surnommant l’encyclopédie du Mont Apic! Au fil de la discussion, il m’a nommé plusieurs bâtisseurs, familles, ou anciens présidents qui se sont impliqués afin que la station demeure ouverte à chaque hiver. La plupart d’entre eux ont d’ailleurs une piste qui porte leur nom, à commencer par… la Goulet!

    La tradition de débrouillardise se poursuit

    Lors de mon passage, la directrice générale de la station, Marie-Josée Côté, était en pleine séance de formation en vue d’obtenir son certificat niveau 1 de l’AMSC… Cela prouve que dans les petites stations de ski, tout le monde doit savoir tout faire ou presque! C’est d’ailleurs à titre de placier à l’entrée du téléski du secteur débutant que je vis à l’oeuvre Richard Taschereau, co-directeur de l’école de glisse. Un peu plus tôt dans la journée, celui-ci me donnait des chiffres reflétant l’état actuel de la station : 13 patrouilleurs, 10 moniteurs, 125 inscriptions par année aux cours de groupe, une poignée d’employés et des dizaines de bénévoles qui s’impliquent de diverses façons. J’ai également eu droit à l’historique du domaine skiable, qui n’a bien sûr pas toujours eu ses 14 pistes!

    Alors que j’étais dans le chalet, je vois arriver un homme marchant d’un pas rapide. Au passage, il informe la préposée de la billetterie qu’il s’en va à son local pour réparer une pièce du téléski du secteur expert qui venait de tomber en panne. Environ 2 heures plus tard, la remontée était repartie! Après m’être informé, j’ai su qu’il s’agissait d’un de ces entrepreneurs impliqués et toujours prêts à donner un coup de main.

    Une situation financière fragile

    Tout comme les autres stations régionales, le Mont Apic doit compter sur des subventions et des commandites afin de boucler son budget annuel. Pendant que les hivers varient, les coûts d’opération, eux, ne cessent de croître. Malgré une assez bonne saison, un grand soutien de la population régionale et une gestion serrée, le centre de glisse a tout de même enregistré une perte réelle d’opération de l’ordre de 22 000 $ sur un budget de quelque 185 000 $ en 2012-2013 (détails ici).

    Cette année, afin de garder la relève active et motivée, l’équipe de direction s’est inspiré du Mont St-Bruno en mettant en place un projet impliquant directement la clientèle adolescente dans l’élaboration du parc à neige. C’est maintenant eux qui le conçoivent et s’en occupent. Après tout, la fierté, il faut la cultiver!

    Les stations de ski régionales ont-elles un avenir? Je n’ai pas de boule de cristal, mais ce que j’ai vu au Mont Apic me convainc qu’avec de l’entraide, de l’implication et de la détermination, tout est possible. Longue vie à cette belle gang de passionnés!

    Prévisions météo: l’humain l’emportera!

    Choisir une destination de ski peut s’avérer un véritable cauchemar lorsqu’on se fie trop aux prévisions météo. Il y a des jours où les astres s’alignent, faisant en sorte que les organismes météorologiques s’entendent sur les tendances; d’autres où les vents et les courants d’air chaud et froid viennent casser très facilement les moments de gloire des météorologues les plus avertis! La veille d’une tempête, il n’est pas rare de voir des sites Internet spécialisés tels MétéoMédia ou Environnement Canada afficher des tendances complètement opposées. Comment les prévisions sont-elles faites? Pourquoi ont-elles l’air si imprécises? Pour tenter de démystifier le tout, nous avons eu l’occasion de parler avec Éric Chatigny, fondateur du site Internet Météo Laurentides.

    Passionné de météo depuis l’âge de cinq ans, Éric s’alimente de phénomènes qu’il cherche à comprendre. Après avoir étudié la météorologie à l’université, il a finalement décidé d’enseigner l’anglais, mais sa passion ne l’a jamais quitté et il partage son savoir à chaque jour sur son site Internet, en plus d’être observateur privé volontaire pour Environnement Canada. Quand on lui parle du réchauffement climatique, Éric nous répond qu’il y a dix ans, on voyait bien arriver certains phénomènes en lien avec les théories. Les dernières années nous ont envoyé un message clair: on ne se demande plus si le réchauffement climatique est réel. Cependant, il est important de mentionner que même si la température se réchauffe, et malgré les chutes de neige qui s’amoindrissent, nous continuerons à avoir de gros hivers. Ceux-ci seront par contre davantage contrastés: certains plus neigeux et d’autres enregistreront moins de précipitations. 

    La manière d’effectuer les prévisions climatologiques a évolué suite aux constats relatifs aux changements climatiques. En effet, les occurrences habituelles sont de moins en moins efficaces puisque le réchauffement a un impact direct sur le présent de la météo. Ainsi, on doit travailler de plus en plus avec des phénomènes tels El Niño et La Niña. Ces deux processus météorologiques viennent bousculer la donne habituelle et tout évolue maintenant de manière plus violente et plus contrastée. Autrefois, les prévisions saisonnières étaient plus faciles et courantes… Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui.

    L’automatisation des prévisions

    De nos jours, la majorité des sites Internet spécialisés affichent des prévisions produites de manière automatisée. Il y a moins d’interventions humaines comme le faisaient les météorologues comme par le passé. Dans les années 90, il y avait trois bureaux d’Environnement Canada au Québec. Le nouveau millénaire a poussé la société d’état à n’en conserver qu’un seul. À l’époque, les météorologues travaillaient les prévisions manuellement sous forme de carte. Ce travail est maintenant accompli par des modèles générés par ordinateur. La technologie n’a cependant pas rendu les prévisions plus fiables en les automatisant, puisque plusieurs zones affectées par des micro-climats ont été mises de côté, les ordinateurs délaissant entre autres les milieux montagneux.

    Il existe plusieurs modèles météo. Ces modèles sont à la source des prévisions que nous connaissons. Environnement Canada a investi beaucoup d’argent afin de développer ses propres modèles, forçant un peu les entreprises d’ici à l’utiliser. Bien que ce modèle soit produit chez nous, il offre une précision de 10km. Les modèles américains accessibles de Burlington (Vermont) peuvent aller jusqu’à une précision de 4km, les rendant beaucoup plus performants sur des terrains montagneux. Ils sont cependant considérés encore comme étant expérimentaux. D’autres modèles existent aussi à travers le globe; entre autres le modèle européen, qui est souvent plus précis que les modèles canadien et américain pour les prévisions à plus long terme. 

    Chez nous, MétéoMédia utilise les modèles d’Environnement Canada mais la différence entre les deux sites vient très souvent des heures de publications des prévisions et des délais de traitement. Les deux sites ont aussi une vocation très différente car Environnement Canada a un but scientifique alors que MétéoMédia est une entreprise lucrative qui va chercher à adapter les prévisions pour les afficher à des golfeurs, skieurs, pour la qualité de l’air, la météo pour l’école et plus encore…

    L’humain se démarque

    Avec Météo Laurentides, Éric Chatigny souhaite offrir des prévisions faites par un humain pour la région des Laurentides. Cette région étant pleine de micro-climats, il n’est pas rare de voir pleuvoir à St-Jérôme et neiger à Ste-Agathe. Les grandes sources météo vont faire une seule prévision pour toutes les Laurentides… mais la réalité ne sera pas bien dépeinte. Ainsi, Éric a découpé les Laurentides en 3 secteurs qui ont chacun leurs particularités en terme de prévisions. Il souhaite aussi mettre en garde le public sur le temps violent. Vous retrouverez sur son site une carte que nous utilisons très souvent sur ZoneSki qui affiche les quantités de neige prévues lors d’une grosse tempête sur le Québec en entier. 

    Pour Éric, la clé est de ne pas hésiter à consulter plusieurs sources et d’en faire des déductions avec notre expérience, mais surtout, de ne pas tout prendre à la lettre! Après tout, il n’y a pas plus inexacte comme science que la météo. L’hiver ne sera que meilleur si on passe plus de temps dehors qu’à lire des modèles et des radars! En terminant, voici quelques astuces:

    –Le site de Météo Laurentides offre des prévisions très détaillés pour les chutes de neige des stations de ski des Laurentides
    –Lorsque vous vous rendez en montagne, demandez au service à la clientèle de votre station ce qu’ils utilisent comme source météo. Très souvent, ils connaissent l’outil le plus précis pour leur région et leur station de ski
    –Quand vous écoutez la radio et que l’animateur vous propose d’aller dans le Sud plutôt que de sortir à -20°C, changez de poste!
    –Méfiez-vous du facteur éolien. Rappelez vous qu’un sport de descente apporte son lot de facteur de refroidissement, peu importe le facteur annoncé…
    –Le site d’AccuWeather propose une section sur le Canada qui peut être une source intéressante. Néanmoins, le site très détaillé peut être plus difficile à comprendre pour tout le monde.
    –Si vous voulez être au fait au jour le jour sur chaque tempête, vous pouvez consulter le forum de meteocentre.com de l’UQAM qui rassemble beaucoup de passionnés de météo tout comme ZoneSki rassemble beaucoup passionnés de ski.

    Un bon élan pour les vacances

    Depuis le début des accumulations de neige, personne dans la population de skieurs ne peut râler: il y en a, et il y en a partout! Heureusement, même les régions qui sont habituellement moins favorisées à cette période de l’année ont eu droit à de bonnes chutes de neige. Merci Dame Nature, La Niña, Saint-Bernard, et autres divinités/idoles qui s’en sont mêlé, vous faites le bonheur des skieurs et planchistes! Cette manne d’or blanc est définitivement très appréciée de nous tous.

    Mais vous me connaissez, je trouverai toujours le petit bobo: après avoir tapé sur les météotorhinolaringologues (ceux qui font la météo le nez pincé et en parlant de la gorge), et après avoir incité les skieurs à parrainer un non-skieur pour augmenter le plaisir, il y a un autre aspect auquel je veux m’attaquer… la vision tunnel.

    En secourisme, la vision tunnel est une réaction normale provoquée par l’adrénaline qui circule dans le sang du secouriste: on ne voit que le bobo le plus flagrant sur la victime, et on oublie d’évaluer le reste. Un bon secouriste combattra cette vision tunnel pour poursuivre son examen secondaire afin de déceler d’autres blessures/troubles potentiels. En clair: la vision tunnel, c’est comme les oeillères, ça nous empêche d’avoir une vision globale d’une situation et on manque d’information, ce qui fausse notre jugement.

    Revenons à nos moutons: vous êtes un skieur et vous habitez en zone urbaine. Il tombe un mélange de grésil, de pluie verglaçante, de neige mouillante… ou il pleut carrément. Chez vous. Et votre vision tunnel vous porte à croire que c’est comme ça partout, qu’il pleut du sud au nord, d’est en ouest. Un jour, je vous ferai un petit cours de climatologie 101, sur les effets de l’altitude sur la température, et par ricochet, sur la forme des précipitations… mais retenez ceci: S’IL PLEUT EN VILLE, LES CHANCES SONT PLUS QUE FORTES QU’IL NEIGE À LA MONTAGNE!

    Combattez votre vision tunnel. Informez-vous: à l’ère des Internets et des nouvelles technologies, les sources d’information sont quasi-infinies et il existe plus d’applications pour connaitre la météo que de noms pour décrire la couleur « blanc » chez les fabricants de peinture! En quelques clics, par notre carte interactive des conditions de ski, par AccuWeather, par Environnement Canada, par le téléphone à la station de ski, par SMS à votre ami qui habite tout près de la montagne… les moyens sont aussi variés qu’efficaces pour avoir l’heure juste!

    Voilà donc votre devoir pour le temps des fêtes: ignorez les pessimistes qui pâlissent à l’expression « facteur éolien », habillez-vous comme il faut, ayez le réflexe de vous informer, et oubliez la pluie en ville! Je vous promets que votre entêtement sera payant… à vous la poudreuse et les belles conditions!

    Je vous souhaite une belle période de réjouissances, soignez bien vos skinusites, allez jouer dehors, soyez prudents sur les routes… et n’oubliez pas que la croix blanche des patrouilleurs n’est pas un signe ostentatoire ;)

    Bon ski, bonne glisse!

    Ski Chic-Chocs – Un homme et ses mines

    Quand on songe aux efforts déployés par la SEPAQ pour protéger le milieu naturel du Parc National de la Gaspésie et sa précieuse population de caribous, il est difficile de croire qu’une mine de cuivre puisse avoir autrefois été exploitée au cœur de la Réserve faunique des Chic-Chocs et pourtant, c’est bien le cas. Après la découverte des mines en 1964, la Compagnie des mines Madeleine fut fondée en 1968 et y exploita un gisement de cuivre jusqu’à sa fermeture et son démantèlement au début des années 1980. Aujourd’hui, la faune et la flore ont repris possession de ce vaste domaine et le seul bâtiment restant est l’ancienne résidence des dirigeants qui a été convertie en refuge pour les amateurs de glisse et les randonneurs. Bienvenue aux mines Madeleine!

    Dans ce secteur des monts McGerrigle, on retrouve quelques-uns des plus hauts sommets de la Gaspésie, dont le petit mont Ste-Anne (1 165 m), le mont de la Table (1 180 m), le mont Jacques-Cartier (1 265 m) et le mont Xalibu. Caractérisé par de longs couloirs abrupts et de vastes cuves ou champs de neige, le secteur des mines Madeleine reçoit en moyenne près de 730 cm de neige par année et ce n’est pas sans raison que l’on ne doit jamais s’aventurer ici sans formation et équipement de sécurité pour avalanches (pelle, sonde et émetteur-récepteur), ni sans être accompagné d’autres skieurs avec le même profil ou d’un guide professionnel : ce coin de la Gaspésie est reconnu pour la longueur de sa saison de glisse qui peut commencer aussi tôt qu’en novembre et se poursuivre jusqu’en juin, ainsi que pour ses risques d’avalanches!

    Ce qui n’a pas empêché Stéphane Gagnon d’en faire son terrain de jeu privilégié avec l’accord de son partenaire, la SEPAQ. Mais qui est Stéphane Gagnon? Ce natif du Québec a commencé à exercer le métier de guide de ski aux Monts Groulx, avant de poursuivre ses activités dans le Grand Nord et l’île de Baffin pendant une vingtaine d’années. Et même s’il a fait ses classes de sécurité en montagne dans l’Ouest du continent, Stéphane est un ardent défenseur du slogan « Ski The East ».

    Fort de cette expérience, il revient s’établir au Québec, à Sainte-Anne-des-Monts, en 2000 avec sa famille pour aider à l’implantation du Centre d’avalanche de la Haute Gaspésie avec son associé, Dominique Boucher. Le Centre est notamment connu pour ses activités de sensibilisation et son bulletin d’avalanche. Publié aux trois jours, du mois de janvier à la fin du mois d’avril, le bulletin détaille les conditions d’avalanche en vigueur dans les divers secteurs montagneux (Alpin, Limite forestière et Sous la limite forestière) et offre une aide précieuse à ceux qui s’aventurent en ski ou en splitboard dans l’arrière pays.

    Environ cinq ans plus tard, en 2006, Stéphane quitte le Centre d’avalanche de la Haute Gaspésie pour fonder Ski Chic-Chocs, une entreprise de guides de ski et de planche à neige qui offre autant des forfaits mécanisés (remontées en Cat-Ski), que des forfaits en peaux de phoque et des randonnées alpines en raquette où l’on vous transporte par Cat-Ski jusqu’au site de glisse pour la journée. Amorçant aujourd’hui sa 8e saison, Ski Chic-Chocs a accueilli des milliers d’amateurs de glisse sauvage au fil des années, ainsi que plusieurs compagnies de films de ski, comme les Meatheads qui n’en sont pas à leur première visite!

    Avec des dénivelés de 250 à 550 mètres, une abondance de neige et la multitude de secteurs de ski, les mines Madeleine constituent un terrain de jeu de prédilection où l’on est presque toujours certain de trouver de bonnes conditions. Mais c’est là que les guides prennent toute leur importance. Avant de sortir sur le terrain, l’équipe de Ski Chic-Chocs s’assure d’abord que les participants sont munis d’une pelle, d’une sonde et d’un émetteur-récepteur, puis leur offre une séance d’information et des démonstrations pour apprendre quoi faire en cas d’avalanche. Sachant que la fenêtre de temps optimale pour retrouver un skieur enseveli par une avalanche n’est que de 10 à 15 minutes (les risques d’asphyxie se décuplant ensuite), il importe que tous soient familiers avec le processus de recherche d’une victime, de là les exercices de recherche avec l’émetteur-récepteur avant la sortie.

    D’ailleurs, en plus des forfaits mécanisés et en peaux de phoque, Ski Chic-Chocs offre toute une brochette de formations qui s’ajoutent aux classiques cours d’avalanches CSA 1 et 2, notamment une nouveauté avec des camps de ski en terrain plus agressif, des ateliers d’initiation en terrain plus escarpé, des séances d’initiation à l’encordement sur glacier pour apprendre à sécuriser ses déplacements en montagne, ainsi que des formations en continu pour les forces de l’ordre et autres professionnels oeuvrant en milieu montagneux à risque d’avalanche, car les dangers ne surgissent pas seulement pendant les descentes. 

    Grand nombre de personnes connaissent les mines Madeleine pour ses longs couloirs inclinés enchâssés entre des parois rocheuses où la neige ne termine rarement de fondre avant la fin du mois de juin, mais durant l’hiver c’est tout un autre monde en ces lieux. Un monde que Ski Chic-Chocs apprend à apprivoiser depuis des années, un monde que l’équipe de Stéphane a hâte de vous faire découvrir. Un monde où la nature peut se déchaîner comme vous envoûter par sa splendeur sereine.

    Mais surtout, un monde qui vous permet de vivre l’expérience du ski sauvage en milieu alpin, c’est-à-dire au-dessus de la limite des arbres et ce, sans pour autant quitter la cour arrière du Québec. Et si par bonheur vous avez la chance de vous y retrouver un beau matin cristallin sous un ciel bleu après une bonne chute de neige champagne, vous vivrez des descentes délirantes dans de vastes cuves où les mots du jour sont poudreuse profonde!

    Les médias généralistes sont-ils dans le déni?

    En effectuant ma routine quotidienne (pour ne pas dire horaire) de lecture de l’actualité, je visite différents médias, en plus d’écouter la radio. Je me tiens informée, d’abord par intérêt, mais aussi un peu par conscience sociale. Le savoir, c’est le pouvoir… je me compte chanceuse de vivre dans un pays où on a accès une information riche, variée, de qualité. Je n’ouvre pas le débat sur le contenu (polémistes, ce sera pour une autre fois, dans un autre blogue!), je dresse simplement un bref portrait de ma consommation d’actualité. En résumé: je me tiens informée, par plusieurs moyens, autant dans les médias plus généralistes que dans les médias de niche. Et je ne peux m’empêcher de ressentir une profonde injustice lorsque je tombe sur des dossiers spéciaux « Ski dans l’ouest » publiés dans un grand quotidien québécois.

    Pourquoi ce sentiment d’injustice?

    Exception faite d’un cahier spécial « Vacances des Fêtes » dont j’ai vaguement souvenir (hiver 2011-2012?), de quelques articles ici et là du genre « Le ski au Québec va mal » et « La météo joue des mauvais tours aux skieurs », les médias généralistes (radio, télé, presse écrite) font globalement bien peu mention du ski alpin. Par contre, vas-y qu’on te met la dernière défaite crève-coeur du Canadien en Une!

    Si je suis dans l’erreur, quelqu’un peut-il avoir la bonté de me remettre à ma place? Peut-être que je souffre d’un grave problème de mémoire, ou d’une capacité encore inconnue à ce jour de faire de la lecture sélective par omission inconsciente du mot « ski » dans les nouvelles? Si vous avez de quoi me contredire, j’en serais fort aise… Mais je ne crois malheureusement pas me tromper.

    Je me permets ici un aparté: je ne vise pas les médias hebdomadaires et plus régionaux. Ceux-ci sont encore heureusement bien actifs dans leurs communautés respectives et lorsqu’une station de ski peut faire la nouvelle, ils répondent généralement « présent ». J’en ai eu plusieurs fois la preuve, autant en Mauricie qu’en Beauce ou dans les Laurentides. Par contre, la nouvelle ne va jamais plus loin que le territoire couvert par le journal! Dieu merci, en ce qui me concerne, j’ai l’info grâce « aux internets »… mais je dois parfois aller longtemps à la pêche! Imaginez alors l’accessibilité de la nouvelle quand le consommateur moyen (passif) prend ce qui lui passe sous la main! Si seulement les plus grands médias reprenaient ne serait-ce que le MÊME NOMBRE d’articles déjà publiés dans les hebdos régionaux, la visibilité du ski alpin serait à des années lumières de ce qu’elle est en ce moment.

    Je reviens à mon sentiment d’injustice du début.

    Je trouve DÉJÀ qu’on parle trop peu des stations de ski et des sports de glisse au Québec, et voilà-t’y-pas que je tombe sur un dossier « Le ski dans l’ouest ». J’ai pris trois grandes respirations… et j’ai ouvert mon logiciel de traitement de texte. Je n’ai rien contre l’ouest. J’y ai fait de beaux voyages. Trois grandes respirations. Oui, c’est à faire au moins une fois dans sa vie. Trois grandes respirations… au diable le yoga, je m’emporte!

    Vous* êtes dans le déni, ou quoi?! Le Québec n’est pas assez bon pour attirer votre attention? Vous ne croyez pas les stations de ski québécoises dignes d’intérêt, ni pour vous, ni pour votre auditoire/lectorat? Vous pensez qu’il y a, parmi votre public cible, plus de gens qui voyagent en ski dans l’ouest qu’au Québec? Vous êtes convaincus que l’industrie du ski alpin n’a pas besoin de représentation dans les médias? Vous êtes d’avis que ce n’est pas votre boulot, que les stations de ski n’ont qu’à acheter des pages de publicité pour se faire voir? Pire, vous vous imaginez qu’elles en ont les moyens? Ou mieux, qu’elles n’ont pas besoin de vous??

    *Vous: pronom personnel, 2e personne du pluriel. Désignant ici « les médias généralistes ».

    À vous tous, journalistes, chroniqueurs, pigistes, recherchistes, rédacteurs, chefs de pupitre, et autres producteurs de contenu d’actualité: vous cherchez VRAIMENT des idées? Vous cherchez des sujets orientés vers le plaisir, les bons côtés de l’hiver et les bienfaits de l’activité physique, en plus d’être compatibles avec des enjeux d’actualité tels que l’environnement, les finances, la sécurité, le développement économique, le tourisme, les technologies? Pas besoin de chercher bien loin! Ouvrez un peu les yeux et les oreilles. Ôtez les oeillères « L’hiver c’est froid », mettez de côté les météorologues et leur facteur éolien, ignorez Occupation Trouble et autres Meat Loaf Story (d’ailleurs, de quoi parliez-vous avant que ça existe!?), et allez donc un peu voir du côté des stations de ski alpin du Québec! Je vous fais la promesse solennelle que vous trouverez AU MOINS UNE BONNE HISTOIRE à publier, pour chacune des stations de ski de votre Belle Province.

    Mais pour avoir votre histoire… il faut répondre aux invitations qu’on vous lance. Habillez-vous comme il faut, sortez de votre zone de confort. Arrêtez de croire que le Québec-né-pour-un-petit-pain ne fait rien de vraiment énorme, qu’on se contente de survivre et qu’on n’a rien de bon pour épater la galerie. Si le gazon est plus vert dans la cour du voisin… la neige est plus blanche sur notre terrain.

    Le Chic-Chac – Un homme et son auberge

    Qui d’entre nous n’a pas déjà rêvé de posséder sa propre station de glisse pour y aménager des pistes hors de l’ordinaire et ensuite y inviter tous ses amis? Et pourquoi pas une auberge aussi pour les y accueillir après une longue journée sur les pentes? Et bien, c’est exactement ce que Guillaume Molaison a réalisé en compagnie de sa conjointe Éloïse Bourdon à Murdochville et au mont York!

    Pour ceux qui ne connaissent pas Murdochville, c’est une ancienne ville minière bâtie dans une vallée formée par quatre montagnes : les monts Miller (une station de ski ouverte), Porphyre, Copper et Needle. Située à environ une heure de Gaspé en s’enfonçant dans les terres, la vallée de Murdochville est campée à 550 mètres d’altitude et se trouve à la limite Est de la réserve faunique des Chic-Chocs, donc pas surprenant d’y trouver des sommets d’entre 875 mètres (Miller) et 950 mètres (Needle). Inutile de vous dire que les vents sont souvent costauds ici, le plus grand parc d’éoliennes au Canada en faisant amplement foi.

    Et qui dit vent, dit neige. De la neige vous dites? Nieve en espagnol – posez la question aux quelques 600 âmes qui habitent toujours ici et on vous en dira long… Avez-vous déjà vécu une tempête de neige de 100 à 120 cm? Une tempête qui dure 3 jours et vous laisse 30 à 40 nouveaux centimètres à TOUS les matins? À Murdochville, c’est chose courante et on peut compter en voir de pareilles trois à cinq fois par hiver, la chute annuelle moyenne oscillant autour de 600 cm!

    Arrivé à Murdochville en 2008 pour être guide de rafting avec Griffon Aventures, Guillaume s’aperçoit rapidement qu’il existe un besoin criant d’hébergement touristique abordable pour desservir la région des Chics-Chocs. Il fait l’acquisition d’une énorme bâtisse qui était à l’origine divisée en quatre logements, abat les divisions et ouvre sur-le-champ l’Auberge Chic-Chac qui viendra s’inscrire dans sa démarche visant à transmettre sa passion pour le plein air aux jeunes, passion que lui avait auparavant transmise son père, grand adepte de plein air.

    Au début, Guillaume ne visait qu’à offrir de l’hébergement, mais s’implique néanmoins dans l’organisation de la station locale, le mont Miller. Ayant une vision différente de celle de l’administration, il se retire et passe au plan B….

    Dès la deuxième année, ce natif de Gaspé enclenche le plan B,  s’équipe de quelques motoneiges pour amener ses clients skieurs et planchistes faire des descentes sur le mont Porphyre au nord de la ville et décide alors de commencer à y aménager des pistes de ski. C’est ainsi que naît la Coop d’accès Chic-Chocs. Avec son complice et ingénieur en foresterie Bruno Béliveau, la Coop obtient des subventions lui permettant de continuer à tailler des pistes sur un versant complet du mont Porphyre pendant près de trois ans.

    Pendant ce temps, les visiteurs commencent à affluer à l’auberge et grâce aux motoneiges, découvrent toutes les possibilités qu’offre la vallée de Murdochville. La réputation du Chic-Chac continue à se développer de bouche en oreille et chaque année le nombre de visiteurs s’accroît.

    En 2010, à sa troisième année d’exploitation, le Chic-Chac acquiert le vieux presbytère pour accroître son nombre de chambres, y installer un bureau et disposer d’un atelier. 2010 marque aussi le début des travaux sur une nouvelle montagne située à 5 km de Murdochville, le mont York, et l’achat de plusieurs nouvelles motoneiges pour mieux vous y conduire. À l’abri des vents directs intenses, mais profitant du chargement de neige attribuable aux vents, cette montagne orientée vers l’est offre souvent des conditions de neige incroyables qui permettent de profiter à fond du terrain très escarpé et de son dénivelé qui atteint 375 mètres à son plus haut point.

    Ici c’est le paradis de l’inclinaison et des virages profonds! Un endroit où l’on ouvre la machine pour descendre à tombeau ouvert, hurlant de plaisir dans de nombreux couloirs remplis de poudreuse, de corniches et de saillies de terrain à sauter.

    En 2011, c’est l’arrivée du 1er Cat Ski ou si vous préférez un BR-250 muni d’une cabine arrière logeant 12 passagers. Maintenant, on se rend au mont York en tout confort, assis bien au chaud, à l’abri des vents locaux, le tout avec une petite musique de fond. Le nec plus ultra quoi! Le second BR arrivera l’année suivante pour doubler la capacité de glisseurs sur le terrain.

    Et pendant tout ce temps, Guillaume poursuit son développement du mont York, une nouvelle piste n’attendant pas l’autre, cherchant toujours des moyens de bonifier l’offre sur le terrain. En 2012, c’est le coup de génie : pourquoi ne pas bâtir des plateformes un peu partout dans les pistes et ainsi permettre aux skieurs de les utiliser comme tremplins pour des figures aériennes? Les premières plateformes remportent un succès fou tout au long de l’hiver et l’été suivant, en 2013, l’équipe du Chac se dépasse en bâtissant près d’une douzaine de nouvelles plateformes dans une nouvelle piste des plus à pic, créant une sorte d’escalier géant communément appelé « pillow line » à l’Ouest. Ayant eu la chance de les visiter cet été, je peux vous assurer que les plus téméraires y trouveront du terrain comme nulle part ailleurs à l’Est de l’Amérique du Nord.

    Et si tous ces petits plats neigeux ne suffisent pas à vous convaincre de venir visiter le Chic-Chac et Murdochville, peut-être que le chef du Chac le pourra. En poste depuis deux ans, Simon Dubois, chef et ardent planchiste, déploie toute sa maîtrise culinaire dans ce patelin tranquille et ses créations sont accueillies avec entrain par tous. C’est la petite touche finale à l’expérience Chic-Chac, l’endroit où vous pouvez festoyer en groupe, faire du cat-ski, partir explorer l’arrière-pays local en peaux de phoque ou en raquettes et même jouer une partie de billard ou de quilles sans avoir besoin de votre voiture!

    Un détour qui en vaut largement le coup!

    La valeur du ski: les tarifs sous la loupe

    Dans mon précédent billet, je comparais le ski alpin aux autres sports de même «catégorie»: individuels, nécessitant un équipement relativement complexe et élaboré, en volet récréatif. L’objectif était de démontrer que la pratique du ski alpin n’était pas plus coûteuse que les autres sports et activités de la même catégorie, voire souvent même moins cher et plus accessible. Le billet suivant passera un peu plus de temps sur les coûts et bénéfices relatifs aux sports de glisse en milieu alpin, en comparaison avec le golf, et aussi avec le hockey, rival de toujours, même si le hockey est un sport d’équipe.

    Car oui, plusieurs sont tentés de comparer le ski alpin avec le hockey, puisque «c’est un sport d’hiver*». Je me suis d’ailleurs prêtée au jeu, m’attirant d’emblée les jugements de certains de mes répondants. L’un d’eux, spontanément, me lance «Ouain mais… le hockey c’est pas mal moins frais-chié que le ski!» Euh… bon. Que dire…

    D’abord, réglons le cas des frais-chié en partant: y’en a partout! Je connais des frais-chiés en kayak, en moto, en piscine, en golf, en jardinage, en hockey, en informatique, en parachute, en ski de fond, en vélo de montagne, en planche à neige, en basketball, en photo, en [discipline de votre choix]… Et en ce qui me concerne, un frais-chié, ça ne l’est pas pour sa discipline, ça l’est pour son attitude condescendante généralement reliée à la valeur de l’équipement qu’il utilise (sans même avoir une meilleure performance!). Pour le reste, c’est un bipède qui fait essentiellement les mêmes choses que moi, mais en se pensant supérieur. What’s the big deal? Les frais-chier, c’est aucunement signe du coût général d’une activité. Au pire, c’est un emmerdement social, au mieux, on l’ignore. Cas réglé.

    *Sport d’hiver: sachant que maintenant, le hockey se pratique dans un aréna, sur une glace refroidie et contrôlée, au couvert et à l’abri des tempêtes, de septembre à avril, on est loin de la définition originale d’un sport d’hiver… mais bon, bien sûr, il y a toujours les petites glaces extérieures, municipales, entretenues de peine et de misère par les taxes et les ouvriers de la voirie, à la merci de la pluie, avec un éclairage déficient, où on ne jouera jamais de manière aussi structurée que dans une ligue organisée, affiliée à un aréna. Disponible de la mi-janvier à la relâche, quand la météo le permet. Les stations de ski font mieux que ça, majoritairement grâce à l’enneigement et à l’altitude…

    Revenons à nos moutons qu’on veut comparer: voici quelques statistiques, par sport. Je reviendrai sur le ski alpin avec d’autres statistiques un peu plus loin.

    Le golf:
    Coût moyen d’un équipement «moyen de gamme», pour un adulte: 1000$.
    Durée de vie: environ 5 ans, pour une utilisation régulière (non-intensive et extrême)
    Coût moyen d’une entrée adulte dans un terrain de golf le samedi matin (9 et 18 trous confondus): 95$.
    Durée de jeu moyenne: 4 heures
    Saison: mai à octobre (6 mois)

    Le hockey:
    Coût moyen d’un équipement «moyen de gamme», pour un adulte (joueur): 400$
    Durée de vie: environ 3 ans, pour une utilisation régulière (non-intensive et extrême)
    Coût moyen d’un match (à raison de 1 match par semaine, pour 8 mois): 10$
    Durée de jeu moyenne: 2 heures
    Saison: septembre à avril (8 mois)

    Le ski alpin:
    Coût moyen d’un équipement «moyen de gamme», pour un adulte: 800$ (planche à neige: un peu moins cher!)
    Durée de vie: environ 5 ans, pour une utilisation régulière (non-intensive et extrême)
    Coût moyen d’un billet journalier adulte, pour un samedi: 36$*
    Durée d’une journée moyenne: 8 heures
    Saison: décembre à avril (5 mois)

    *Ce chiffre sera expliqué plus bas.

    En résumé, même si le hockey coûte à première vue un peu moins cher que le ski alpin, la longévité de l’équipement de même que la durée de chaque séance font que les coûts ne sont pas inférieurs mais plutôt similaires en bout de ligne.

    Voici un tableau récapitulatif concernant seulement les droits d’accès ou d’entrée, pour lequel les coûts sont calculés à raison de une sortie:

    À propos du coût moyen quotidien pour le ski alpin: ce montant est la moyenne du tarif journalier adulte, plein prix, en vigueur pour un samedi dans les 77 stations de ski du Québec, basé sur les tarifs les plus à jour, disponibles en ligne ou par téléphone, en date de novembre 2013. Les prix peuvent changer ou être mis à jour par les stations et fausser mon calcul de quelques centimes. Ainsi, UN VISITEUR DERNIÈRE MINUTE NON PRÉPARÉ paie en moyenne 36$, taxes incluses, pour une journée de ski au Québec. Oui, vous avez bien lu. Si on additionne le prix d’une journée plein tarif adulte dans toutes les stations de ski du Québec, et qu’on divise par leur nombre total (77), ça donne très exactement 36,47$ (variations possibles basées sur les changements de tarifs).

    Sur 77 stations, il y en a 40 dont le coût du billet journalier est égal ou inférieur à ce montant. Des 37 restantes, une dizaine offre le billet à moins de 40$. Une dernière statistique: Seulement 10 des 77 stations vendent leur accès journalier à plus de 50$.

    Vous devinerez que ces 10 stations sont les plus « populaires » et les plus « grosses »… les voici, par ordre de valeur du billet (plus de 50$!)

    Cette liste n’est une surprise pour personne. Cela dit… quelqu’un qui planifie un tant soit peu ne paiera à peu près jamais le plein prix à la billetterie! Vous êtes abonné dans une autre station de ski? Vous êtes étudiant? Vous avez une carte Air Miles? Vous avez acheté votre billet sur internet avant votre visite? Je peux continuer encore… la liste des rabais offerts à la billetterie et les moyens d’économiser est très longue.

    Maintenant, que faire pour payer encore moins cher? Sortez des sentiers battus! Découvrez d’autres destinations! Faites fi des « faibles dénivelés »… vous aurez toujours de bonnes surprises. Et vous pouvez vous attendre à:

    • Un stationnement accessible: pas besoin de marcher 3km en bottes de ski ou de prendre une navette qu’on attend trop longtemps
    • Pas ou peu d’attente aux divers services: billetterie, remontées, cafétéria, bar, toilettes…
    • Des conditions qui restent belles plus longtemps
    • Des découvertes et des rencontres qui agrémentent la journée
    • La satisfaction d’avoir participé, même à un petit niveau, à une économie locale
    • La conscience d’avoir donné, même à un petit niveau, du soutien à l’industrie du ski et à la relève
    • Et tout ce que vous voudrez y trouver vous-même!

    Je termine cette série sur la valeur du ski en revenant sur certains points « clé »:
    – Lorsque vous comparez le coût du ski alpin avec celui d’un autre sport, assurez-vous de comparer avec la même catégorie. Inutile de comparer le ski à la raquette ou au jogging.
    – Ce n’est pas le sport qui coûte cher, c’est le niveau d’intensité et de sérieux qu’on y met. Un volet compétitif sera toujours plus coûteux qu’un volet récréatif.
    – Évitez d’inclure les coûts « inhérents » à la pratique du sport dans votre calcul: alimentation et transport figurent dans toutes vos activités.
    – Tout est une question de choix: vos loisirs font partie de vos choix de consommation, au même titre que l’achat d’une voiture (luxueuse ou pas), d’une soirée au cinéma, d’un voyage tout-inclus dans le sud, ou d’une énième paire de chaussures à talons hauts.

    Je me permets également de décliner ici les arguments que j’utilise moi-même pour expliquer les raisons qui font que je préfère le ski alpin à d’autres sports: je préfère les sports individuels, mais qu’on peut pratiquer en groupe ou en solo, sans égard à notre âge, notre sexe, notre religion ou notre niveau technique. En tant que parent, vous pouvez skier avec votre progéniture, plutôt que de vous geler les fesses sur un banc d’aréna à siroter un café tiédasse en entendant un coach malmener ses ouailles… De plus, je préfère les sports qui me mettent en contact avec la nature, et qui me donnent du défi (à un niveau modéré) et une possibilité de progresser et de découvrir de nouvelles choses.

    Sur ce… bonne glisse et bonne saison tout le monde! :)

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