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    Fierté régionale: Centre de Plein-Air Lévis (Chaudière-Appalaches)

    Juché sur son perchoir, avec le fleuve en contrebas, on a l’impression de dévaler les pentes tout en plongeant en plein centre-ville de Lévis. En effet, dans cette petite station urbaine, il est fréquent de voir circuler un d’autobus de la ville de Lévis en bordure des pistes. Plus l’on se déplace vers l’est plus ces dernières deviennent abruptes; le code de dificulté passe d’ailleurs du vert au double-noir. Le tout est desservi par deux remontées de surface. En bonus, il vous est possible de trouver un peu de nature en y serpentant dans ses deux sous-bois. 

    La station est une propriété de la ville de Lévis, il s’agit donc d’un service municipal qui permet de démocratiser la pratique de ce sport tant par son accès facile que par ses tarifs avantageux. Ceci implique que la boutique de location est plutôt vaste et permet de louer un équipement à quiconque le désire. L’école de ski et de planche à neige est l’activité majeure présente sur le domaine skiable. Il s’agit également d’une station multiservice: on peut y pratiquer la glissade sur tube de même que louer une partie du chalet pour divers événements. 

    La plus grande fierté des gens de la station est sans contredit la progression soutenue enregistrée auprès dela clientèle: d’année en année, un nombre croissant d’adeptes fréquente l’une des cinq pentes du domaine de ski. Il ne faut pas négliger la grande popularité du parc à neige qui est disponible à quelques pas de la maison.

    Le plus grand défi du centre de plein-air est le fait de devoir opérer une station qui a un domaine de ski limité, combiné à un faible dénivelé tout en s’assurant de conserver l’intérêt auprès de la population locale. Lorsque les skieurs qui le fréquentent deviennent plus aguerris, ils vont assurément skier ailleurs. Le défi réside donc dans l’importance de recruter sans cesse une nouvelle clientèle, afin de voir à la pérennité de la petite station.

    Par sa configuration et sa localisation, ce site est et restera un centre d’initiation pour tous. Les prochaines années seront consacrées à conserver le dynamisme qui y a été développé et à continuer à desservir la population locale, en quête d’un peu de plein-air hivernal non loin de chez eux. 

    Fierté régionale: Tobo-Ski (Saguenay-Lac-St-Jean)

    Pour débuter cette saison, nous orienterons notre exploration des stations régionales vers l’ouest du Lac Saint-Jean. Encore une fois, vous y retrouverez des gens passionnés qui ne comptent pas les heures investies afin d’offrir le meilleur service possible qu’il soit à leurs membres. 

    Le club Tobo-Ski est situé à Saint-Félicien au sud-ouest du Lac Saint-Jean. Cette municipalité est reconnue pour son Zoo naturel, ainsi que pour son Cégep offrant des programmes techniques particuliers relatifs à l’aménagement faunique et forestier. De plus, la ville de Saint-Félicien est située à la jonction des routes 169 et 167,  ce qui en constitue un carrefour pouvant nous mener soit à   Roberval, Dolbeau-Mistassini et même Chibougamau. Donc, ce centre de ski local est très bien blotti à l’intérieur d’un cadre naturel à la rencontre des grands axes routiers.  

    Afin d’en savoir plus sur cette station située en peu en retrait de la municipalité, nous avons parlé à Carole Cantin, secrétaire administrative à la ville de Saint-Félicien. Premièrement, elle nous a signifié que l’objectif principal de la station est de desservir une clientèle locale. En effet, une plus grande partie de la clientèle provient de sa municipalité même. Par contre, étant située à un carrefour routier régional, des gens provenant des localités voisines telles : Saint-Prime, La Doré, Normandin, Roberval et même Dolbeau-Mistassini, où l’on retrouve un autre centre de ski local vont y converger. 

    Deuxièmement, selon l’aménagement de la station, Mme Cantin nous a précisé que l’on recherche à desservir principalement une clientèle familiale. Avec ses sept pistes, ses trois sous-bois, son télésiège double de marque Poma et ses 70 mètres de dénivellation, la station y est toute désignée. Mais attention, le fait que sa dénivellation se situe en-deçà des 100 mètres ne signifie pas l’absence de tout abrupt. Sachez que la piste numéro 6 est plutôt impressionnante. Il arrive même que des enfants, provenant d’autres stations et qui viennent participer à une compétition éprouvent de la crainte avant de s’y lancer. 

    Troisièmement, quand on parle de Tobo-ski, il faut parler de son club de compétition qui en est une très grande fierté.  Son club est très performant et se démarque un peu partout où elle va prendre part à des épreuves de ski en province. C’est sans compter que de nombreuses personnes vont se mobiliser en faisant du bénévolat, dans le cadre de l’organisation de ces activités. Le centre va aussi permettre de développer une saine rivalité régionale avec le club de compétition du centre de Ski Do-Mi-Ski, de Dolbeau-Mistassini. Une distance de tout au plus 40 kilomètres séparent ces deux entités. 

    Quatrièmement, il faut aussi souligner que cette petite station locale doit faire face à des défis à relever. Au cours des dernières années, une baisse de la clientèle a été dénotée. Il y fut un temps où l’on pouvait compter 700 membres, à cette époque, les deux remontées ne fournissaient pas à remonter tout le monde. Aujourd’hui, on compte environ 400 membres. De plus, les soirées de ski offertes en semaines sont plutôt tranquilles, surtout quand le froid plus rude s’installe. À tout cela s’ajoute le fait que bien peu d’étudiants du Cégep fréquentent la station; de plus, la ville de Saint-Félicien ne possède pas de réseau d’autobus et la station se situe en retrait de l’agglomération, ce qui la rend un peu plus difficile d’accès pour les gens ne disposant pas de voiture.

    Afin de pallier à cette problématique, l’administration a décidé d’agir en baissant le coût des billets et de toujours les conserver bas. Grâce à cette action, il a été possible de noter une remontée de la clientèle, tant au niveau des membres que des billets journaliers. C’est surtout une clientèle adulte qui a répondu à l’appel, la clientèle étudiante est demeurée stable. Malgré cette réussite, il faut rester vigilant et agir pour conserver cette affluence. Par exemple, le fait d’avoir aménagé une bonne billetterie efficace permet de réduire les temps d’attentes au minimum et éviter divers désagréments inhérents à la pratique du ski. 

    D’autres projets ont été mis en branle afin de continuer à viser cette cible. Afin de continuer à miser sur une clientèle familiale, la station, qui comptait déjà des pistes de ski de fond, a aménagé des pistes de glissades sur tubes ainsi que des sentiers de raquette. Et pour la clientèle adolescente, la station est dotée d’un petit parc à neige, ce dernier comprend aussi un saut. En finale, Mme Cantin nous affirme que si l’on voulait faire un portrait général du Club Tobo-ski, on pourrait dire que «petit train va loin». Il s’agit donc d’une petite station locale, mais qui est en mesure d’offrir un service de qualité depuis plusieurs années.

    Le dernier film de Timberline (Oregon, 2012)

    C‘est avec plaisir que nous vous présentons nos dernières aventures estivales en vidéo. Suiviez une partie de l’équipe de ZoneSki dans un secret bien gardé où la neige est au rendez-vous 365 jours par année, à moins de 6h d’avion du Québec. Bon visionnement!

    Ski au Japon: par où commencer

    Le Japon a été l’objet d’une couverture médiatique qui a fait saliver les skieurs au cours des dernières années. Bien que les plaisirs gastronomiques nippons aient pu attirer l’attention de certains, c’est surtout les images de virages effectués dans une poudreuse profonde qui ont captivé les passionnés de glisse. Ces images ne sont pas le fruit du hasard, ni le résultat d’un montage vidéo exceptionnel. Avec certaines stations recevant annuellement près de 15m de neige, le Japon se situe en tête de liste lorsqu’il est question de quantité de précipitations et de qualité des conditions de ski.

    Le Japon offre près de 600 centres de ski, répartis un peu partout sur son territoire. Il peut rapidement devenir difficile de s’y retrouver et il est impossible de cibler facilement les destinations valant le voyage jusqu’au pays du soleil levant. Voici donc quelques propositions pour les skieurs désirant visiter un pays aussi riche en histoire qu’en possibilités de ski. Pour les plus aventureux, je vous conseille de mettre la main sur le livre Snow Search Japan, qui est de loin le meilleur livre concernant cette destination, et de vous planifier un voyage taillé à la hauteur de vos aspirations.

    Niseko (Hokkaido)
    Niseko, situé sur l’île d’Hokkaido est définitivement un incontournable pour les skieurs à la recherche de poudreuse. Il n’est pas rare que les cycles de tempêtes de neige laissent quotidiennement près de 50cm de neige par jour sur ce petit village, et ce, durant plusieurs jours consécutifs. Quatre stations sont regroupées sur le massif du Mont Annupuri. Les indécis seront ravis d’apprendre qu’il est possible de skier les quatre stations à l’aide d’une seule passe de remontée. Aucun choix déchirant n’est donc à faire le matin d’une importante bordée puisqu’il est possible de profiter de tout ce que les stations ont à offrir. La popularité de la station est telle qu’il n’est pas rare qu’il y ait plus de touristes étrangers que de japonais dans les files d’attente.

    Hakuba (Nagano, Honshu)
    Située près de Nagano, cette vallée compte près de treize centres de ski. C’est sur ces mêmes montagnes que se sont déroulées la majorité des événements alpins des Jeux d’hiver de 1998. Les alpes japonaises qui entourent la vallée sont parmi les plus belles chaines de montagne du pays. Les skieurs aguerris apprécieront le défi qu’offre les montagnes plus abruptes et plus longues des stations d’Hakuba, en comparaison avec les stations situées sur Hokkaido. La localisation plus au sud de cette station fait en sorte que les températures se réchauffent plus tôt en saison. Les probabilités de pluie sont aussi plus élevées que les stations situées plus au nord. Janvier est généralement le meilleur temps de l’année pour visiter ce coin du Japon.

    Myoko (Niigata, Honshu)
    Six différentes stations se partagent les flancs du Mont Myoko. Seki Onsen, la plus petite d’entre elles remporte près d’une année sur deux la palme de la destination la plus enneigée du Japon. Offrant uniquement deux remontées mécaniques dont une chaise double et une chaise simple, le risque de se perdre sur les pentes est plutôt faible. Par contre, la quantité restreinte de terrain est largement compensée par sa qualité ainsi que le faible nombre de skieurs avec qui partager la précieuse poudreuse. De plus, la station est située au cœur d’un des centres de onsen les plus réputé du Japon. Une thérapie parfaite pour relaxer les muscles endoloris par une journée de ski où il a été trop facile d’oublier de dîner.

    Teine (Hokkaido)
    Cette station située à moins de 20 minutes du centre-ville de Sapporo est probablement la station d’Hokkaido offrant le terrain avancé le plus varié. Les chutes, sous-bois et arêtes largement enneigées ne font pas fureur auprès des skieurs japonais. C’est définitivement une très bonne nouvelle pour tous les amateurs de poudreuse qui n’aiment pas avoir l’impression d’avoir à se battre autant qu’à un boxing day pour des virages de poudreuse. Fait à noter, le terrain plus accidenté de la station fait en sorte que ses conditions sont généralement optimales  à compter de la mi-février.

    Kamui Links (Hokkaido)
    Cette station familiale située près de la ville d’Asahikawa, deuxième ville en importance de l’île d’Hokkaido, n’a rien à envier aux stations pouvant se payer des campagnes publicitaires internationales. En fait, cette station offre ce que peu de station au Japon ont: un accès légal au ski hors-piste. Alors que cette forme de pratique du ski est au mieux tolérée dans la majeure partie des centres de ski, Kamui a balisé un versant complet afin de permettre aux skieurs de profiter d’une expérience de poudreuse incomparable. Assurez-vous de vous garder un peu de temps pour visiter une des nombreuses brasseries de saké d’Asahikawa. Avis aux intéressés : les échantillons sont souvent gratuits et nombreux.

    Nozawa onsen (Nagano, Honshu)
    Le centre de ski situé dans le village du même nom n’attire pas autant les touristes étrangers que certaines autres stations. Il n’en demeure pas moins que le terrain est varié et la majorité des skieurs y trouvera son compte. Certains apprécieront se promener dans le dédale de rues et ruelles situé au pied de ses pentes alors que d’autres aimeront l’authenticité typiquement japonaise du patelin. Ce charmant village de montagne offre en plus 13 onsen gratuits. La promiscuité est par contre à l’heure du jour, où entrer dans une des piscines fait plus penser à un concours où il s’agit de mettre le plus de joueurs de football dans une Mini-Austin.

    Le Japon recèle des destinations qui méritent d’être connues. Une chose est certaine, ceux qui oseront faire le voyage outremer ne seront pas déçus. Les délices japonais et la poudreuse sont les principales raisons qui risquent de pousser les plus aventureux à s’y rendre. La gentillesse des japonais et l’expérience de dépaysement total sont probablement les raisons qui m’ont poussé à y retourner.

    Un test pour notre résilience collective

    C’est ce que sera la prochaine saison de ski: un test. Notre résilience, notre capacité à occulter une mauvaise expérience passée, sera durement mise à l’épreuve. Tant du côté des stations que des skieurs et planchistes…

    Le spectre de la saison qui a commencé trop tard l’an dernier plane depuis quelques semaines déjà: pour conjurer le mauvais sort, on annonce les nouveautés plus tôt, on lance les campagnes d’abonnements, on se jette sur l’Almanach des Fermiers, on prie Saint-Bernard, on accroche un chapelet, on sacrifie une poule… (trouvez l’intrus!)

    Les skieurs seront-ils au rendez-vous?

    L’interrogation qui turlupine tout le monde ne trouvera réponse qu’au premier bilan partiel, après les Fêtes, une fois que toutes les ouvertures progressives auront été complétées. C’est un suspense dont ont se passerait tous! Mais, évidemment, on hausse les épaules, en signe de «que voulez-vous?».

    En tant que skieuse, je me croise doigts et orteils pour une meilleure saison. Même si quelques stations ont été relativement épargnées, la majorité aura bu le bouillon. Un bouillon amer, un mauvais mélange de découragement collectif, d’acharnement météorologique, de coïncidences fâcheuses et d’astres non-alignés. Personne ne voudra d’un deuxième service…

    En ce qui me concerne, ma résilience se porte bien. Je sais que tout est «temporaire», qu’il ne peut y avoir deux saisons consécutives identiques, que chaque station fait toujours au meilleur de ses capacités et de ses ressources (humaines, financières, matérielles), et qu’une grande part des conditions de ski est laissée entre les mains d’une entité incontrôlable. Je ne peux que faire confiance… car ne pas le faire serait carrément de perdre foi en l’hiver!

    Je lève mon chapeau à tous les artisans de l’industrie du ski au Québec: directeurs de stations, des opérations, préposés à la billetterie, au service à la clientèle, patrouilleurs, moniteurs, techniciens, mécaniciens, opérateurs de remontées mécaniques, de surfaceuses, aux responsables du marketing, des communications, aux gestionnaires, aux visionnaires… vous êtes un «tout humain» dont la résilience comptera plus que jamais cette année. Je vous lève ma tuque parce que sans vous, l’hiver ne serait pas aussi agréable. Et je vous lève mon casque parce que vous avez le dos solide et des nerfs d’acier.

    En fait, ma résilience a non seulement foi en l’hiver, mais elle a encore plus foi en ce «tout humain», qui travaille chaque année sans répit, sans compter les heures, les jours, les nuits, pour une industrie pleine d’aléas, pour une clientèle qu’on doit séduire chaque année, au nom du plaisir de la glisse hivernale.

    Ne perdez pas votre passion, et notre résilience collective passera le test.

    D’ici là, je souhaite à tous d’avoir un bel automne, la forme et la santé: soyez d’attaque pour l’hiver… on décroisera nos doigts et nos orteils quand on enfilera nos bottes!

    À bientôt!

    Météo : dans le secret des Dieux (ou presque)

    En juin dernier, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Brett Anderson, météorologue en chef à Accuweather. D’entrée de jeu, disons-le : je ne suis pas férue de la météo, je ne connais rien aux nuages et aux modèles météo, je sais lire un baromètre, je connais les vents dominants… et je ne suis pas une exception ! Bien que je puisse nommer des gens qui confirment ma règle, je n’ai pas de connaissances exceptionnelles et je redoutais un peu cette entrevue, de crainte de me retrouver coincée, sans questions pertinentes à poser à cet homme. J’ai heureusement eu la chance d’assister à une conférence qu’il a donnée lors du dernier congrès regroupant les stations de ski de l’est du pays, de l’Ontario aux Maritimes. Soulagement : Brett Anderson s’exprime avec un vocabulaire compréhensible et est un excellent vulgarisateur ! Voici donc le compte-rendu de mon entrevue, en français. L’entrevue est quant à elle disponible ci-bas, en version intégrale, en anglais, sans sous-titre.

    Brett Anderson a été invité par les associations des stations de ski à s’exprimer à propos du dernier hiver qui, comme on le sait, a été plus que laborieux pour l’ensemble des stations de l’est du Canada et des États-Unis. Températures au-dessus de la moyenne, fenêtres de production de neige limitées, faibles précipitations neigeuses, pluies : tout ce cocktail a donné un vilain rhume à l’industrie du ski, qui cherche encore à comprendre comment tout ça a pu se passer. Les statistiques ont démontré que l’hiver 2011-2012 est le 3e plus chaud jamais enregistré, et le 2e plus pauvre en précipitations. Brett Anderson l’a surnommé « Perplexing winter »… c’est tout dire.

    D’abord, notre spécialiste météo nous le dit : même la meilleure boule de cristal n’aurait pu prédire avec une certitude inébranlable ce qui s’est réellement produit. Lorsque les météorologues ont émis leurs premières prévisions en octobre 2011, ils se sont basés sur une série d’outils, comme à leur habitude. Parmi leurs outils : les années analogues, utilisées en comparaison afin d’avoir une idée partielle de la future saison hivernale ; l’état des courants atlantique et pacifique, la température de la surface des eaux des océans et des Grands Lacs ; et finalement, la présence de la Niña, avec une influence faible à modérée. Ajoutons une longue série de modèles météo (Brett Anderson préfère le modèle européen) et l’expérience des scientifiques. Une fois toutes ces données colligées, la conclusion fut : nous aurons un hiver plus rude qu’à la normale, mais plus neigeux. 

    Autopsie d’une prévision ratée : voyons maintenant ce qui s’est réellement produit ! Les années analogues n’ont été d’aucune utilité : pas une seule des 5 années analogues utilisées en comparaison n’a eu un hiver comme celui que nous venons d’avoir. Les courants atlantiques quant à eux ont eu une influence supérieure à la moyenne, annulant l’effet de la Niña et empêchant les tempêtes de s’attarder sur la terre et d’y laisser des traces; et les vents de surface provenant des Grands Lacs ont été inconstants, faisant en sorte que les tempêtes étaient brèves et peu chargées en précipitations neigeuses. Rajoutons en cerise sur le gâteau que l’air humide provenant du Pacifique augmentait sérieusement l’humidité ambiante, donnant des nuits plus « chaudes », réduisant ainsi les fenêtres de possibilité de fabrication de neige…

    Aura-t-on d’autres hivers de ce genre ? Brett Anderson est d’avis que oui, mais pas de manière récurrente. Il est flagrant que nous vivons un réchauffement climatique : les températures moyennes hivernales ont grimpé de 3 degrés Celcius dans les 65 dernières années, et la tendance n’ira pas à reculons. La plupart des météorologues s’accordent pour dire que l’impact ne se sentira pas directement ici quant à l’accumulation de neige, mais se vivra plus directement par la diminution de capacité d’enneigement mécanique –un impact direct sur nos saisons de ski.  Les effets s’accentueront avec les années, mais d’après Anderson, les skieurs n’ont pas à craindre pour leur sport préféré pour les 20 prochaines années.

    À quoi peut-on s’attendre pour l’hiver prochain ? La question est sur toutes les lèvres, et ce, depuis les premiers rayons du soleil en Mars… Brett Anderson nous donne quelques indices, mais il faut absolument garder en tête qu’il est encore trop tôt pour prédire de manière fiable ! Les prédictions les plus fidèles sont toujours disponibles à partir de la fin du mois d’octobre, et plus le mois de novembre progresse, meilleures sont les informations que les météorologues nous transmettent. Pour l’instant, ce que nous pouvons dire de l’hiver prochain : l’année analogue utilisée sera l’année 2006-2007 ; les eaux de la côte ouest seront plus froides que la normale ; et nous verrons peut-être un retour de El Niño, avec une influence faible à modérée. En se fiant à ces indices, on peut imaginer un hiver plus chaud au nord, plus sec à l’ouest (Colombie-Britannique), avec des températures dans la moyenne à l’est, mais une plus forte probabilité de tempêtes dans les Maritimes.

    En conclusion : bien malin qui peut s’avancer, encore une fois ! De notre côté, nous ferons bien sûr tout dans notre pouvoir pour vous indiquer où se trouvera le meilleur ski, entre autres grâce à notre Horoscope du Skieur… mais d’ici là, qui vivra verra !

    Brett Anderson tient un blogue sur la météo canadienne et sur les changements climatiques, ses deux passions de météorologue. Vous pouvez le lire sur accuweather.com.

    Visionnez l’entrevue intégrale (en anglais) :

    Visite au Musée du ski des Laurentides

    Plusieurs savent que la région des Laurentides est surnommée « le berceau du ski au Canada ». En effet, il est difficile de nier l’importance de ce sport au sein de cette région. La pratique du ski alpin, combinée au ski de fond, aura eu une importance capitale pour le développement touristique de la région. Ainsi, voir un musée du ski s’y installer ne surprendra personne: situé en plein centre de l’action dans la ville de St-Sauveur, le Musée du ski des Laurentides commémore les éléments majeurs qui ont marqué l’évolution de cette activité dans la région, de ses premiers balbutiements jusqu’à nos jours. Afin d’en apprendre davantage sur le musée, nous avons rencontré deux employées de l’établissement: Sylvie Lebeau, coordonnatrice à l’accueil et aux communications, ainsi que Marie-Ève Auclair, conservatrice et coordonnatrice aux expositions.

    Sylvie Lebeau nous raconte que l’idée de ce musée est née de la motivation d’un groupe de passionnés de ski et d’histoire, désireux de créer un projet concernant les Laurentides. À cette époque, une grande partie des efforts étaient mis du côté de la collecte de matériel ancien et de sa mise en valeur par des expositions itinérantes. Bernard Brazeau, un des co-fondateurs, a fait la tournée de nombreux sous-sols afin de dénicher tout ce qui aurait un lien avec la pratique du ski tandis qu’un appel à tous fut lancé via les médias.

    Dans la même foulée, un temple de la renommée honorant les efforts d’individus et d’organisations s’étant impliqués dans le milieu du ski laurentien fut créé. Dès le départ, cette activité permettait de collecter des artéfacts provenant de plusieurs sources, parmi lesquelles Lucile Wheeler, Jackrabbit, Émile Cochand et Arthur Gravel. À nos jours, Jean-Luc Brassard et Alexandre Bilodeau ont également déposé des objets qu’ils ont utilisés lors des Olympiques.

    Le Musée du ski des Laurentides voit officiellement le jour en 1982. Ses fondateurs s’attardent d’abord à amasser et à développer ses collections. Dès 1984, ils sont en mesure de présenter celles-ci au grand public dans le cadre d’expositions itinérantes et temporaires présentées un peu partout dans la province. En 1992, le musée fusionne avec le Musée Jackrabbit, fondé en l’honneur d’Herman Smith-Johannsen dit « Jackrabbit » par Alice Johannsen. Fille du célèbre fondeur, elle est directrice-conservatrice au Musée Redpath de l’Université McGill de laquelle elle est également diplômée en histoire. Cette fusion procure au musée un apport important d’objets documentés et bien conservés concernant le skieur centenaire; artéfacts qui constituent encore aujourd’hui la pierre angulaire des collections de l’institution.

    Dès 1998, le conseil d’administration était en quête d’un endroit fixe afin d’exposer en permanence ses collections. Diverses péripéties les ont conduits vers le local actuel en 2007. De fil en aiguille, la ville a été en mesure de leur offrir l’ancienne caserne de pompiers de la municipalité et la première exposition temporaire s’y est tenue en 2008. La première exposition permanente « L’histoire du ski dans les Laurentides ; Vivre en hiver, de l’hiver et avec l’hiver » y a ouvert ses portes le 25 mai dernier. Le mandat du musée comporte plusieurs volets: la préservation des artéfacts, la diffusion, la documentation (recherche),  la conservation de l’histoire du ski dans les Laurentides ainsi que le développement d’un service éducatif propre à répondre aux besoins de ses différents publics.

    Le profil du visiteur-type du musée est plutôt varié. Skieurs alpins, fondeurs, amateurs de musées, touristes locaux, américains, asiatiques et européens, tous y trouvent leur compte. L’entrée au musée est libre, l’objectif étant d’amener le maximum de gens à le fréquenter afin de leur permettre d’en connaître plus sur le mode de vie d’une région où les sports de glisse occupent une place importante. Il est également possible de devenir membre du musée, moyennant une contribution monétaire modeste de 20$ par année. Devenir membre du musée est une action facile et directe que tous peuvent faire pour soutenir le musée et ses activités.

    Afin d’en savoir plus sur la collection du Musée du ski des Laurentides, nous avons rencontré Marie-Ève Auclair, la conservatrice et coordonnatrice aux expositions. Dès le début de la rencontre, elle s’est empressée de nous montrer les deux réserves du musée où sont entreposés les divers artéfacts, classés par matériau. La petite réserve contient tout ce qui concerne les textiles, les métaux, les papiers, ainsi que les bâtons de ski. En d’autres mots, les vêtements, les trophées, les livres, les magazines, ainsi que les brochures y sont déposés. Ces éléments étant les plus sensibles à la détérioration, cette pièce a été choisie pour la stabilité relative de sa température. De plus, tout doit être déposé sur des supports neutres en plastique et enveloppé dans des contenants qui ne contiennent pas d’acide afin d’assurer la plus grande pérennité possible aux collections. De son côté, la grande réserve contient le bois et les huiles sur toile, c’est-à-dire la collection de skis et d’œuvres d’art ; l’humidité de cette pièce est surveillée de près et les fluctuations brusques sont amoindries autant que possible. L’objectif de toutes ces mesures est d’optimiser la conservation de tous ces artéfacts.

    Les dons d’objets au musée sont acceptés selon des critères précis. Seuls les originaux sont conservés ; de plus, les artéfacts doivent obligatoirement avoir un lien direct avec le ski (ou les sports d’hiver) et l’histoire des Laurentides. Aussi, chaque artéfact se doit d’être documenté: il faut être en mesure d’exposer quelque chose dont ont connaît le passé et la signification. Il est important de noter la différence entre un musée et un centre d’interprétation: le musée se distingue par la présence d’une collection en son sein. C’est la raison pour laquelle tout ce qui est admis et archivé fait l’objet d’une attention rigoureuse. Dans le milieu muséal, de manière générale, ce qui est présenté en salle d’exposition reflète 3 % de l’ensemble de la collection. Cette méthode de fonctionnement permet de présenter des expositions variées au fil du temps et ainsi conserver l’intérêt auprès de la population.

    Un musée, peu importe son mandat, est un lieu qui ouvre l’esprit, en nous permettant de porter un regard sur les événements qui nous ont précédés. Connaître le passé nous permet de mieux comprendre notre présent et d’avoir une idée du futur qui nous attend!

    Visionnez nos films:

    Une visite vous intéresse?

    Musée du ski des Laurentides
    30 rue Filion, Saint-Sauveur

    info@museeduski.com
    450 227.2564 poste 222

    Le musée est ouvert du mercredi au dimanche, entre 11h et 18h.
    L’entrée est libre, les contributions volontaires sont appréciées

    Ces phrases qui m’agacent…

    … surtout venant des météorologues et autres détenteurs d’une tribune populaire.

    Par un hasard pas-si-providentiel, j’ai entendu des centaines de bulletins météo au cours de la saison de ski 11/12. Télé, radio, web, plusieurs chaines, des monsieurs trop sérieux, des bons présentateurs de tous genres, des madames un peu nounounes… Malheureusement pour tous ces Mr/Miss Météo, qu’ils fussent proférés par de réels météorologues (les vrais, qui ont appris cette science) ou des teneurs-de-micro-et-liseurs-de-télésouffleur, bon nombre des bulletins météo qui ont parcouru le colimaçon de mon oreille en a profité pour hérisser le poil de ma susceptibilité hivernale.

    Franchement, est-ce qu’un météorologue ou animateur DOIT afficher sa préférence pour l’été, lorsqu’il présente une météo d’hiver!? Pour moi, cela relève du non-sens. Au-delà du rôle de journaliste, qui dans le cas présent est de retransmettre les faits (parfois après analyse), le rôle social du météorologue m’apparait plutôt celui de rester neutre… On vit dans un pays de l’hémisphère nord, on clame à tout va qu’il faut assumer notre nordicité, l’industrie des sports d’hiver (toute discipline confondue) se tord de douleur; et on l’achève à coups de mots assassins!?

    Voici 15 phrases qui auraient dû être dites autrement… ou sur un ton différent.

    Septembre :

    1) Pour cette nuit, risque gel au sol, on s’ennuie déjà de l’été!
    (Oui, mais pas pour les mêmes raisons que toi…)

    Octobre :

    2) Aujourd’hui, averses de pluie mêlée de flocons de neige, les températures resteront stables à 1 degré donc on a peut-être des chances de s’en tirer!
    (Non, c’est le cycle des saisons. L’hiver suit l’automne. C’est comme la Lune, les marées, le 29 février… c’est cyclique. Habitue-toi. Ou change de continent.)

    Novembre :
    3) On aura un beau weekend très doux, avec des températures nettement au-dessus des normales saisonnières, mais on ne s’en plaindra pas!
    (Ce n’est qu’un sursis… ta déprime de Novembre, tu l’auras en Janvier…)

    4) Quelques flocons ici et là mais le mercure restera autour de zéro et il n’y aura aucune accumulation significative… pas besoin de courir pour vos pneus d’hiver!
    (Profitez-en donc pour faire du vélo…)

    Décembre :

    5) Toujours pas de neige à l’horizon! La pluie des dernières heures a fait fondre les quelques centimètres accumulés et le weekend sera ensoleillé, c’est le temps d’en profiter et de prendre l’air avant l’arrivée des températures moins clémentes!
    (Y’a qu’à t’habiller plus…)

    6) Hé oui, ça devait arriver, on aura bel et bien une tempête de Noël! Mais rassurez-vous, rien de trop énorme, ce sera juste parfait pour avoir un Noël blanc!
    (« Ça devait arriver »… tu as relu ton cours sur les cycles?)

    7) On attend plusieurs centimètres dans les prochaines heures, attention sur les routes, si vous n’avez pas vraiment besoin de sortir, restez chez vous, c’est l’hiver pour vrai!
    (Détectai-je une pointe de déception et de frayeur à peine masquée dans ce commentaire?)

    Janvier :
    8) La grosse bordée qu’on attendait n’aura pas été si grosse que ça, finalement! Heureusement, car en plus un redoux surviendra dans les prochains jours, avec des températures frôlant le zéro. On est loin des -40 habituels de janvier!
    (Détectai-je une pointe de soulagement et de contentement à peine masqué dans ce commentaire?)

    9) Oh làlà! Ce sera un weekend très froid, on a été gâtés jusqu’à maintenant, c’était plutôt doux…
    (Gâtés?! Euh…)

    10) Deux tempêtes coup sur coup! Le premier système n’aura pas fait trop de dommages mais l’avertissement de tempête hivernale tient toujours pour la nuit prochaine, on attend plus de 15 centimètres, jusqu’à 30 dans certains endroits…
    (Tiens, qu’est-ce que je disais à propos de la déprime de Janvier…)

    Février :

    11) Dieu merci, il y a une des marmottes qui n’a pas vu son ombre! L’hiver va donc être bientôt fini!
    (Oui quand on connait l’efficacité de ces prévisions, y’a de quoi s’y fier…)

    12) La tempête qu’on prévoyait en début de semaine est en train de dévier vers les provinces maritimes alors on va s’en sortir sans trop de pépins, l’est du Québec devrait être le plus touché avec une dizaine de centimètres mais ici (Montréal, ND moi) on ne verra que quelques traces.
    (C’est comme le Yéti? On en entend parler, on l’attend, et finalement on ne voit que des traces? L’hiver serait donc un monstre mythologique?)

    13) Et bien voilà, juste à temps pour la relâche, on aura des bonnes chutes de neige à travers la province. La région métropolitaine n’y échappera pas, il va falloir s’armer de patience sur les routes!
    (Oui, pour fuir les abrutis qui conduisent encore comme en été…)

    Mars :

    14) La relâche se passe sous le signe du beau temps! Aucun nuage prévu pour la fin de semaine, donc on a un petit répit côté précipitations! Un peu partout au Québec, les températures sont un peu au-dessus des moyennes habituelles, ça sent le printemps!
    (ça sent surtout l’hiver passé en un clin d’œil, oui…)

    15) Toute la semaine, des températures très douces, un peu de pluie d’ici la fin de la semaine. On se situe en moyenne de 5 à 10 degrés au-dessus des normales saisonnières; le temps des sucres bat son plein et on peut sortir les vélos!
    (Le temps des nids-de-poule aussi, et moi je ne veux pas ranger mes skis…)

    Notez bien que je ne nomme ni ne pointe personne du doigt… mais vous pourrez très bien, tous autant que vous êtes, penser à au moins une personne que vous aurez entendue tenir des propos négatifs à propos de l’hiver. Et après, on s’étonne qu’il faille dépenser des milliers de dollars pour convaincre le public de dépenser des sous pour profiter de la neige.

    Et si on commençait par l’accueillir avec positivisme, cette saison!? Avec un ton pareil, pas surprenant que Mère Nature nous boude…

    Owl’s Head: pour en voir de toutes les couleurs!

    La station de ski Owl’s Head est réputée pour faire la promotion de la tête de chouette, de sa vue imprenable sur le lac Memphrémagog, de ses abrupts soutenus et de son achalandage modéré; sans bien sûr oublier que la station offre des possibilités de remontées des plus colorées avec ses télésièges les plus anciens. 

    En effet, jusqu’à une époque pas si lointaine, on identifiait les télésièges par leur couleur. Or, depuis le remplacement de certains télésièges, cette habitude tend à se perdre.  Notre objectif sera justement de faire un clin d’œil à cette époque en vous présentant chacun de ces remontées. Un merci tout spécial à Paul Giddings et David Maurer, dont la collaboration a augmenté le contenu textuel et imagé de ce reportage!

    Les télésièges vintage

    Pour débuter voici le télésiège double bleu, de marque Poma. Il a été installé en remplacement de l’ancien T-Bar qui permettait d’accéder à ce secteur de la station. Il survole la piste Shady Lady et est principalement utilisé par le club de compétition. Il permet aussi de skier un secteur intermédiaire sans être obligé de monter jusqu’au sommet. En effet, avec sa longueur de  670 mètres et sa dénivellation de 190 mètres il est localisé sur le flanc ouest de la station. Il est plutôt rapide et comporte des tapis de sièges récents. 

    Voici la petite double rouge, de marque Samson, anciennement nommée Baby Chair. Elle est l’une des plus anciennes de la station, on peut l’apercevoir sur le plan des pentes de 1971. Elle a longtemps été la remontée pour les skieurs débutants. En effet, elle est plutôt courte avec une longueur de 335 mètres et une faible dénivellation de 50 mètres. Les skieurs l’apprécient pour sa vitesse modérée et sa faible hauteur. Par contre, le débarcadère plutôt pentu et obligeant un virage à gauche plutôt serré déplait à plusieurs. Parmi ses traits distinctifs, le bruit de son moteur particulier et l’allure frêle de ses pylônes. Depuis l’installation d’un petit télésiège quadruple de marque Borvig dans la piste voisine, la petite rouge ne sert plus et elle a été démontée au cours de l’été 2019.

    Un petit télésiège quadruple usagé de marque Borvig a été installé en 2003 en remplacement du Baby Chair. Son installation a amené un élargissement  plutôt important de la piste Cindy’s Sleep. Parmi ses trais distinctifs, sa vitesse très très réduite, probablement l’un des télésièges les plus lents. Heureusement car il dessert le secteur pour débutants de la station.  Son débarcadère très doux plait grandement aux novices. Par contre, des tapis de sièges seraient requis, ses barres de bois rouges sont plutôt inconfortables lors de la remontée.  Sa longueur est de 375 mètres et sa dénivellation de 50 mètres.

    Le télésiège double Panorama survole la piste du même nom. Il était nommé à l’époque la Chaise Rouge à cause de la couleur de ses barres de bois. De marque Muller, il s’agit du plus ancien télésiège de la station, datant de 1966. Il a été déplacé à cet endroit en 1987, il était auparavant à la place du télésiège quadruple débrayable du sommet. De nos jours, il sert seulement lors de journée de très grande affluence, afin de desservir plus efficacement le parc à neige. Il s’agit du seul télésiège à treillis métallique. Sa longueur est de 800 mètres tandis que sa dénivellation est de 140 mètres. Cet appareil sera démonté durant l’été 2020. 

    De marque Heron, le télésiège double vert permet de de desservir le côté est de la station, partant du secteur débutant et se rendant au sommet, il est le plus long de tous. De sa base à son sommet on parcourt 1200 mètres et on grimpe 360 mètres de dénivellation. Il permet de survoler la spectaculaire piste Colorado. Même s’il n’est pas des plus rapides, il est plutôt confortable, son siège est recouvert d’une couche de styromousse. Par contre, il n’est qu’utilisé lors jours de très grande affluence durant la relâche scolaire ou lors d’un bris au télésiège quadruple débrayable du sommet. Depuis 1987, il n’a été utilisé que lors jours de très grande affluence durant la relâche scolaire ou lors d’un bris au télésiège quadruple débrayable du sommet. Cet appareil a été démonté durant l’été 2019. 

    Voici le télésiège quadruple débrayable du Lac, acheté usagé de la station américaine Breckenridge (Colorado). Datant de 1981, il s’agit du plus ancien télésiège quadruple débrayable de marque Doppelmayr. Il a été installé à Owl’s Head en 2000, en remplacement de l’ancienne chaise orange. Sa longueur est de 1070 mètres et sa dénivellation de 240 mètres. Il dessert un secteur intermédiaire au bas de la montagne.  Ce télésiège a été démonté durant l’été 2020 et a été remplacé par un télésiège fixe quatre places. 

    Les télésièges fantômes 

    Le télésiège orange, de marque Poma, jadis situé à l’extrême droite de la piste Upward Trail. Il a été en fonction de 1975 à 1999 et il a été remplacé par le télésiège quadruple débrayable le Lac. Par sa couleur,  il était visible de très très loin. Il était relativement rapide mais pas des plus confortables car nous étions assis directement sur une planche de contre-plaqué. Il avait une longueur de 1070 mètres et une dénivellation de 240 mètres. Rendu au sommet, il fallait être un bon skieur pour en descendre car une rampe plutôt longue et abrupte nous attendait. Aujourd’hui il ne reste que quelques bases en béton sur lesquelles des canons à neige ont été installés.

    Le télésiège double noir de marque Riblet desservait la piste la Chouette et a été remplacé en 2003 par le télésiège quadruple débrayable noir provenant de Blue Mountain Resort. Son dossier arrondi était très confortable et compensait le fait que nous étions assis directement sur une planche de contre-plaqué. Vers la fin de sa carrière il avait été repeint en vert foncé mais continuait à porter le nom de la chaise noire. C’était une remontée prévue pour débutants et cela tombait bien, car il n’était pas très rapide et sa rampe de descente ne terrorisait pas ceux qui apprenaient les rudiments du ski.  Fait à noter il, il s’agissait du seul télésiège à posséder sa gare motrice au sommet.  Il avait une longueur de 870 mètres et une dénivellation de 140 mètres.

    Comme vous pouvez le constater, lorsqu’il est question de remontées mécaniques au mont Owl’s Head, on en voit de toutes les couleurs, formes et marques.  C’est ce qui contribue en bonne partie au cachet particulier de cette station généralement bien paisible où l’on est surpris de faire la file pour prendre un télésiège. 

    Mt. Rose (Nevada), la rose des vents

    Deux jours après notre arrivée au Lac Tahoe, la neige se «calme enfin». Je sais, dit de cette manière, moi-même j’ai l’impression de pécher un peu par râlerie ironique… mais quand la neige bloque les routes et rend les déplacements difficiles, elle peut bien tomber cette poudreuse, personne ne peut en profiter!

    Bref, ce matin, au bord du lac Tahoe, il fait beau. En consultant les rapports d’état des routes, je constate par contre que certains cols et routes montagneuses sont encore fermés ou à passage limité… espérons que la route qui nous mène au Mt Rose sera praticable! Il s’agit de la route 431, «Mt Rose Highway»; elle est d’ailleurs la seule route (au Nevada) de cette altitude qui soit ouverte 365 jours par année, sauf lors de tempêtes vraiment magistrales. Aujourd’hui, pas de soucis, la montée se fait sans pépins et nous voilà au pied de la station. Fait à noter, sur les 15 derniers km  avant d’arriver, plusieurs traces de ski étaient visibles… back country, vous dites?

    En arrivant à la station, force est de constater que les vents sont vigoureux… la montagne est orientée face à l’ouverture de la grande plaine du Nevada. Il ne fait pas particulièrement froid mais la visibilité s’annonce laborieuse. Hier c’était la poudreuse, aujourd’hui la poudrerie!

    En montant dans le télésiège 6 places, notre accompagnatrice Kayla Anderson attire notre attention sur une section particulièrement à pic, juste à gauche de la ligne du télésiège. «The Chutes»… avec des pentes avoisinant les 45° à certains endroits! Je suis tentée d’y aller, mais certains membres de l’équipe s’y opposent. On verra plus tard… Arrivés au sommet, Kayla nous décrit brièvement les pistes et le niveau de difficulté des différents secteurs. Pour se réchauffer, on choisit une piste large, de niveau intermédiaire… n’oublions pas que nos jambes ont été sur-sollicitées la veille, à Squaw Valley!

    Rapidement, les muscles «dérouillent» et on change de niveau dans les pistes, en se retrouvant bien évidemment dans les secteurs plus boisés: le double avantage de la réduction du vent et de la meilleure visibilité rend notre ski beaucoup plus agréable! La station culmine à près de 3000m d’altitude, il n’est donc pas surprenant de vivre de grands contrastes de vents et de température, selon l’endroit où l’on se trouve…

    La toponymie de l’endroit peut porter à confusion: les pistes de la station du Mt Rose sont en réalité sur Slide Mountain; le véritable Mt Rose est quant à lui juste en face, de l’autre côté de la route 431. C’est donc en skiant sur les pistes de Slide Mountain que l’ont peut apercevoir le Mt Rose!

    Après environ 5 descentes, Kayla nous invite à visiter la toute nouvelle construction de la station: le Winters Creek Lodge, tout juste inauguré l’été précédent. Orienté face au Nevada, la vue est plutôt prenante! D’ailleurs, la station mise beaucoup sur sa proximité avec Reno (et son aéroport) pour attirer les skieurs. La taille de la montagne et la superficie du domaine skiable en font une station où tous peuvent y trouver leur compte. Malheureusement pour mes envies d’adrénaline, lorsque nous avons voulu retourner sur le versant principal, on annonçait la fermeture imminente du télésiège sixtuple à cause des trop forts vents… obligation de prendre la navette (gratuite) pour le retour au chalet de la base. Autre bémol: la fermeture du sus-mentionné télésiège rendait inaccessible le secteur The Chutes! Zut alors. 

    N’empêche, on a bien découvert le reste du domaine accessible, avec grosses lames de neige et quelques «face shots» en prime. Une autre journée bien remplie! C’est donc sans hésiter que je recommande cette station comme «pause» entre deux journées plus éprouvantes! Il est aussi amusant de constater que lors d’un voyage de ski autour du lac Tahoe, on skie autant en Californie qu’au Nevada, ce qui n’est pas sans contraster avec l’image mentale classique que l’on peut avoir de cet état… Remarquez, Kayla nous racontait que lors d’un mariage célébré au Winters Creek Lodge, la mariée a lancé son bouquet pour le tirer au pistolet. Bienvenue au Nevada!

    Vous voulez y aller?

    Mt. Rose, site officiel
    – Carte des pistes
    – Tourisme: Official Lake Tahoe Visitor Bureau

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