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    Squaw Valley (Californie), royaume de la neige!

    Jour 2 de notre périple Californie-Nevada: souvenez-vous de notre route laborieuse lors de notre arrivée : la neige a repris de plus belle! Nous nous sommes réveillés avec un 30cm à dégager de la voiture. Les précipitations neigeuses ont pris un petit répit en matinée mais tout autour de nous, on entend les grattes, pelles, souffleuses et autres outils de déneigement à l’œuvre. Notre destination du jour se trouve à moins de 30 minutes de route de notre hébergement, par beau temps… L’aller s’est déroulé sans pépins, un « chain control » était cependant en vigueur, applicable aux véhicules 2-roues motrices. En arrivant à Squaw Valley, la vue est saisissante. La neige a déjà repris à gros flocons, les bancs de neige sont immenses et le stationnement est un peu désordonné, on se gare où on peut!

    En sortant notre équipement et en regardant celui des autres skieurs, on réalise une chose : nos palettes font office de cure-dents! Avec nos skis « tout-terrain » (le mieux nanti de nous a 87mm sous les pieds), il semble évident qu’on ne fera pas long feu dans la poudreuse profonde. Oui, admettons-le : on s’est bien fait prendre! Évidemment, pas l’ombre d’un ski de poudreuse disponible en location, on devra skier assis sur nos skis pour éviter de jouer au sous-marin! Après avoir récupéré nos billets, on vérifie l’état d’ouverture de la montagne : visibilité nulle dans le « upper mountain », forts vents dans les endroits à découvert… allons donc se planquer dans les sous-bois, direction Snow King! J’avais de bons souvenirs de ce secteur boisé et pentu, visité lors de notre premier passage à la station.

    Déjà en montant dans le télésiège, on se remémore les bonnes descentes et on repère les secteurs à visiter… tout en écoutant le joyeux cri du Yahou d’Amérique du Nord*! Les adeptes de poudreuse sont ravis, et nous on appréhende un peu la première descente! Après moult tergiversations, la décision est prise : on fonce vers… le bois. L’avantage (ou l’inconvénient, c’est selon!) de ce secteur est qu’il n’y a pas véritablement de « pistes » séparées, délimitées. C’est donc un peu à l’aveuglette qu’on se dirige, d’autant plus qu’il neige toujours très fort. Le dilemme étrange du jour était « goggles ou pas goggles » : il faisait si chaud dans nos manteaux qu’après 50m de dénivelé, les lunettes étaient toutes embuées! Et puisqu’il neigeait encore à gros flocons, je vous laisse imaginer la visibilité et le confort sans les lunettes…

    Dès la première descente, les commentaires et constats fusent : « c’est pas du ski de tapette », « ayoye les jambons », « faut pas rester pogné icitte »… Vous l’aurez deviné, si on se laissait prendre à basse vitesse, le manque d’équilibre entrainait souvent une chute dont il était très laborieux de se relever –pas par douleur… mais maintenant, on sait qu’il n’y a pas que les sables qui sont mouvants! Croyez-le ou non, de toute cette journée, nous n’aurons fait que 5 descentes. Les plus en forme d’entre nous ont testé divers terrains boisés tandis que d’autres rêvaient déjà à l’après-ski!

    Ce jour-là, la station semblait fonctionner au ralenti : beaucoup de skieurs, mais peu d’attente aux lifts, et presque personne dans le Village au pied de la montagne. Vous devinerez que le Yahou d’Amérique du Nord ne fréquente que très peu les environnements non-boisés… Pour notre part, nous avons exploité ce qui s’offrait à nous, dans les limites de nos palettes : quand flotter devient forçant, mieux vaut s’arrêter avant qu’un accident ne le fasse! Ainsi, lorsque nos jambes ont déclaré forfait, tout le monde a voté pour un chocolat chaud… et même les non-diabétiques ont soigné leur hypoglycémie!

    La conclusion de cette journée est facile: pour notre prochaine visite, prévoir des skis plus larges! Squaw Valley est une station mythique, dont la réputation est associée à la variété de son terrain et surtout au niveau de difficulté des pistes: ne va pas dans une double losange qui le veut! Mon conseil est de planifier un séjour plus long qu’une seule journée dans cette montagne car le terrain change d’un jour à l’autre et la météo offre souvent de très belles surprises. Bien que cette année, la région du Lac Tahoe soit un peu moins favorisée que l’an dernier, Squaw Valley est mon coup de coeur pour la Californie…

    Vous voulez y aller?

    Squaw Valley, site officiel
    Carte des pistes
    – Hébergement au pied des pentes: The Village at Squaw
    – Tourisme: Official Lake Tahoe Visitor Bureau

    *Le Yahou d’Amérique du Nord, facilement reconnaissable à son pelage coloré et ses grandes spatules, privilégie les milieux de vie montagneux, accidentés, où la neige tombe en abondance.

    La luge du Massif: retour en enfance!

    J‘ai essayé la nouvelle piste de luge de 7,5 km au Massif de Charlevoix. Je pourrais résumer en un seul mot: OUF! Je vais quand même vous en parler un peu plus en détails, le temps de reprendre mon souffle! 

    Nous sommes transportés en chenillette du chalet jusqu’à l’entrée de la piste de luge. Le jour ou j’ai fait le trajet, le décor était magnifique. Arrivés au sommet du Mont-Liguori, les guides accompagnateurs nous expliquent les deux différentes luges qu’on peut utiliser et nous donnent une brève leçon de conduite. La journée ou j’y suis allé, le traçé était damé durci et l’utilisation d’un seul modèle était possible, la luge traditionnelle. Celle-ci est utilisée en position assise et la conduite est assez facile. Le modèle en bois rappelle nos traineaux utilisés dans ma jeunesse.

    L’autre modèle, une luge de type « Hammerhead » utilisée en position couchée , tête première, munie d’un système de direction facile à opérer offre plus de vitesse et des émotions plus intenses. Toutefois les conditions de neige durcie très rapide nous ont empêché de l’utiliser. J’étais déçu lorsque j’ai appris la chose mais à l’utilisation de la luge traditionnelle j’ai été comblé.

    L’activité de luge est réservée aux adultes et aux enfants de 10 ans et plus. Vous devez aussi remplir et signer un formulaire sur votre état de santé. Ça pourrait faire peur à certains mais je crois qu’il s’agit simplement d’une formalité en raison des assurances. À mon avis, les « ptits vieux » de 40 ans devraient s’abstenir mais les jeunes de 75 ans y trouveront bien du plaisir. 

    Une fois les formalités remplies, la description du traçé et la brève leçon donnée par les guides, je suis prêt à y aller. Rapidement, je sens que je peux diriger cette luge. La vitesse est aussi facilement contrôlable. Les plus frileux pourront y aller à leur rythme. Les départs se font un à un et les dangers de faire des « caramboluges » sont faibles.  Merci à mon guide Mathieu qui m’a appris ce nouveau terme!

    Pendant la descente, il y a un guide devant et un qui ferme la marche. Tout est bien indiqué et les courbes plus serrées sont passées un à un. La piste a des sections ou on doit marcher pour remonter. Rassurez-vous, c’est assez facile à marcher. À mi-parcours il y a un refuge chauffé où on vous sert un jus. Je n’y suis pas entré, je n’étais pas le seul dehors! Nous avions tous hâte de continuer notre descente. 

    D’ailleurs pour le temps d’une photo, j’ai triché en faisant un départ de groupe, où cinq participants sont partis du refuge le temps de faire une centaine de pieds. Jean-Luc Brassard était des nôtres et visiblement il n’en était pas à ses premières armes. Il enfilait des 360° et des cabrioles, armé de son plus large sourire. Je dois vous dire que le mien, mon sourire, était aussi très large tout au long du périple.

    Le temps de la descente nous sommes tous retombés en enfance. J’ai bien l’intention d’y amener mon épouse et mes deux filles. Vérifiez les dates d’opération mais on me dit que si des groupes de 10 et plus désirent faire de la luge, on débloque une journée entière pour les autres qui voudront y aller à plus petits groupes.

    Deux formules sont offertes :

    La formule Classique, qui inclut le transport en chenillette, du chalet du sommet à l’entrée de la piste de luge. La descente de 7,5 km, le jus mi-parcours et la remontée en télécabine jusqu’au chalet du sommet.

    La durée de l’expérience est d’environ 2 heures.

    Les tarifs : 
    Adultes @ 29,95 $
    Étudiants de 10 à 25 ans @ 24,95 $

    La formule Authentique, qui inclut une randonnée en raquette d’une durée d’une heure, du chalet du sommet à l’entrée de la piste de luge. La descente de 7,5 km , une soupe en refuge et la remontée en télécabine jusqu’au sommet.

    La durée de l’expérience est d’environ 3 heures.

    Les tarifs:
    Adultes @ 34,95 $
    Étudiants de 10 à 25 ans @ 29,95 $

    Je vous invite à visiter leur site : www.lemassif.com

    Vidéo sur la journée Train/Luge de Jacques Boissinot. Magnifique nouvelle activité au Massif de Charlevoix.

    Des remontées mécaniques « Made in Québec » !

    Les plus férus le savent, la majorité l’ignore: une petite compagnie entièrement québécoise fabricant des remontées mécaniques a su faire sa place au travers ce marché qui s’est largement mondialisé. Il n’y a qu’à penser aux plus grands constructeurs de télésiège qui sont présent au Québec: Doppelmayr-Garaventa, Leitner-Poma, Muëller, Hall Lifts… mais qui connait les Industries Samson?

    Établie depuis toujours sur la rue Saint-Laurent à Lévis, cette industrie est spécialisée dans la production de pièces de machinerie. Elle a déjà recouvert les montagnes de la Belle Province de remontées en tout genre; du début des années 1960 jusqu’à la fin des années 1980. Rare à cette époque était la station qui ne possédait pas son téléski ou son télésiège de marque Samson! 

    Quelque peu intrigués par la discrétion de cette compagnie depuis le début des années 1990 et sachant qu’elle était toujours active dans la production de pièce de machinerie, nous nous sommes rendus à leurs locaux afin de prendre de leurs nouvelles. Préalablement, nous avions pris contact avec monsieur Luc Fagnan, président de l’entreprise, un ingénieur qui a pris en charge la destinée de la compagnie en 1985.

    Arrivés sur place, nous avons constaté de visu que les Industries Samson appartiennent à la catégorie des petites entreprise: les registres nous confirment qu’au total 15 employés y travaillent. Leurs bureaux et ateliers sont présents sous forme d’une série de bâtiments qui occupent de part et d’autre les abords de la rue Saint-Laurent et donnent une impression de manufacture à l’ancienne… juste une impression? 

    Une fois dans l’immeuble, nous sommes accueillis par monsieur Fagnan qui nous a invités à passer à son bureau. Dès ce moment, il nous confirme qu’il s’agit des locaux originaux où l’entreprise est établie depuis les années 1880. Au départ, elle était connue sous la désignation de la Compagnie de Machinerie Mercier. Il faut spécifier qu’il ne s’agit pas à priori d’une industrie de construction de télésiège, mais plutôt de fabrication de pièces de machinerie. À cette époque, ils fabriquaient des pièces qui étaient destinés aux moulins à scie et aux différentes industries de la région. Ajoutons à cela la production de bandes d’acier destinées aux roues de carrioles. 

    Ce n’est qu’en 1946 que la compagnie est enregistrée sous la désignation d’Industries Samson, alors achetée par la famille du même nom. À ce moment, la production a pris de l’ampleur et la fabrication de chaudières de chauffage au mazout occupait une très grande partie de leurs activités. C’est sans compter qu’ils façonnaient des pièces de bateau pour chalutier de pêche et qu’ils pouvaient agir à titre de sous-traitant pour des chantiers maritimes. 

    De fil en aiguille, ils en sont venus au début des années 1960 à se convertir à la construction de remontées mécaniques. Les causes de cette conversion restant plutôt obscures, on peut supposer que l’augmentation de la popularité du ski alpin a pu y jouer un rôle. Et justement, ils ont pu profiter de cette manne car au cours de ces années, la production d’une remontée n’attendait pas l’autre!

    Le premier télésiège entièrement fabriqué par les Industries Samson était destiné au mont Adstock, qui en a fait l’acquisition en 1960. Par la suite, Samson a fabriqué 30 télésièges doubles, jusqu’en 1980. Ceux-ci étaient destinés aux quatre coins du Québec : Chaudière-Appalaches, Québec, Bas-Saint-Laurent, Cantons de l’Est, Abitibi-Témiscamingue, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mauricie, Laurentides, Côte-Nord, Outaouais, Charlevoix et la Gaspésie. Il ne faut pas oublier que certaines productions étaient aussi destinées hors du Québec; Ontario et Nouveau-Brunswick entre autres, sans oublier les remontées qui ont été vendues au Maine et dans l’État de New York. Cette percée aux États-Unis a permis à Samson de devenir internationaux, comme le disait en riant M. Fagnan. 

    Afin de répondre aux besoins du marché, les Industries Samson ont graduellement fabriqué des télésièges pouvant prendre plus de passagers. Leur premier télésiège triple a été livré au Mont-Sainte-Anne en 1983; celui-ci est doté d’un design qui leur est propre et qui en fait le seul télésiège au monde dont les chaises épousent cette forme. Autre fait intéressant, tous les descriptifs et les plans des remontées fabriquées chez Samson sont soigneusement consignés sous format papier dans divers cartables et chemises.

    Devant manœuvrer dans une industrie toujours plus complexe au niveau des avancées technologiques, Samson a signé une licence avec le constructeur français de télésièges Montaz-Mautino, afin d’importer des éléments de leur technologie au Québec. Les télésièges construits après cette entente, incluant un télésiège triple et huit télésièges quadruples ont donc été construits en y intégrant des pièces et applications de Montaz-Mautino.  Ces nouveaux produits ont aussi été installés aux quatre coins de la province et ont permis une percée de Samson jusqu’à Terre-Neuve!

    Au fil des ans, bien que la morphologie des chaises ait peu changé, les pylônes ont quant à eux subi quelques modifications. Au départ, ce sont des pylônes en forme conique qui étaient manufacturés. Ce procédé permettait d’utiliser une épaisseur de feuilles de métal moindre, ce qui s’avérait plus économique en matériaux tout en étant aussi solide. Par contre, cette procédure était plus complexe lors de la confection et les fabricants en sont venus à en construire sous forme tubulaire.

    C’est en 1988 que les Industries Samson ont livré les dernières remontées. Il s’agissait d’un télésiège quadruple destiné à Marble Mountain et d’un téléski commandé par le mont Béchervaise. Par la suite, devant faire face à un marché toujours plus concurrentiel et à des avancées technologiques toujours plus poussées, au moment où les plus grandes compagnies de télésiège se regroupaient, les Industries Samson ont préféré se retirer de ce marché. De plus, depuis quelques années, l’industrie du ski préférait les télésièges débrayables dont la popularité était en forte hausse au cours des années 1990. Pour arriver à suivre la vague, Samson aurait dû réaliser de très importants investissements qui auraient probablement mené la compagnie en situation précaire. Depuis, ils sont retournés à leurs anciennes amours de l’époque où ils réparaient et réusinaient  diverses pièces de machinerie. Ils offrent un service de réparation en atelier de même qu’un service d’atelier mobile.

    Bien qu’ils se soient retirés du marché de production des remontées mécaniques, Samson a conservé certaines activités qui y sont reliées. Ils continuent de fournir un service de suivi et un plan d’entretien sur les remontées dont ils sont le constructeur. Il réusinent et fabriquent de nouvelles pièces en atelier. Les Industries peuvent également procéder au déplacement d’une remontée sur demande d’une station. Comme le mentionnait monsieur Fagnan, une remontée peut avoir une longue durée de vie, il s’agit d’assurer un entretien rigoureux et de changer les pièces qui posent problème sans hésiter. Tout se change sur un télésiège, qu’il s’agisse d’une roulette, d’une chaise, d’un moteur et même d’un pylône s’il le faut!

    En finale, on peut conclure que les Industries Samson ont laissé leur marque dans l’univers des remontées mécaniques au Québec et dans ses environs. En plus des 40 télésièges énumérés plus tôt, ils ont fabriqué 171 téléskis doubles, la plupart à tiges rigides, 15 téléskis simples dont quelques-uns débrayables. Et bien que l’on puisse penser que cette compagnie n’ait jamais touché au domaine des télésièges débrayables, il ne faut pas oublier qu’ils ont conçu un télésiège double débrayable destiné pour le mont Sainte-Anne, en 1971. Sa rapidité ne se comparait pas à ce que l’on peut connaître, aujourd’hui, mais il fallait quand même y songer treize ans avant la venue du premier télésiège quadruple débrayable au Québec. En synthèse, on peut retenir que cette petite compagnie de Lévis a su s’adapter aux besoins du marché à chaque époque, ce qui peut expliquer sa pérennité depuis les années 1880.

    Mise à jour 2020: Monsieur Luc Fagnan a pris sa retraite depuis la rédaction de ce reportage; l’entreprise est maintenant dirigée par monsieur Claude Fradette. En contrepartie, la dernière réalisation de M. Fagnan aura été de trouver un nouveau local pour les Industries Samson en 2013, suite à l’expropriation de l’entreprise par la ville de Lévis, afin de réaménager les berges du fleuve Saint-Laurent. Maintenant l’entreprise a pignon sur rue dans le parc industriel de Lévis.

    Fierté régionale: le Mont Kanasuta (Abitibi-Témiscamingue)

    Située à Arntfield, cette station est celle qui est située le plus à l’ouest dans la province de Québec, à mi-chemin entre l’ouest de l’Abitibi, le Témiscamingue et le nord-est de l’Ontario. C’est justement ces régions qu’elle va desservir; l’agglomération la plus importante située à proximité est la ville de Rouyn-Noranda, ainsi que la ville de La Sarre. 

    Nous avons discuté avec Daniel Desjardins, directeur général de la station, et dès le départ il nous a brossé un portrait général de la région où est situé le mont Kanasuta. Afin de comprendre la dynamique qui l’anime, il faut être en mesure de prendre le pouls de la région dans laquelle elle baigne. 

    La gestion d’une station en région demeure toujours un défi à tout instant: il faut savoir travailler avec des budgets serrés, devoir parfois faire face à une clientèle qui peut diminuer selon les saisons ou être en mesure de prendre des décisions importantes très rapidement face à un aléa.

    Par exemple, une petite station locale dispose souvent de revenus limités et cela peut devenir un obstacle à son exploitation. Il faut donc savoir faire preuve d’ingéniosité et de leadership afin de trouver des partenaires (comme la municipalité de Rouyn-Noranda) ou des commanditaires afin de pallier à cette problématique.

    Deuxièmement, c’est au cours des années 1980 que la station a connu les affluences les plus importantes. Depuis cet âge d’or, pour des raisons démographiques, cette affluence a sensiblement fléchi. Une baisse d’affluence est toujours synonyme de baisse de profits, il devient donc nécessaire de savoir réduire les coûts d’opération sans réduire la qualité des services ou de trouver des solutions pour aller chercher de nouvelles clientèles. À cet effet, une des deux arbalètes montant au sommet a été désinstallée. Ainsi, de nos jours, une arbalète et un télésiège quadruple Samson nous permettent d’accéder au sommet de la montagne. En ce qui a trait à la recherche de nouveaux skieurs, les différentes écoles des environs viennent profiter d’une journée en plein air au mont Kanasuta. Une excellente occasion de faire connaître cette activité et d’intégrer la pratique du sport à l’école. 

    Parmi les grands défis à relever, la station a, comme sa voisine le mont Vidéo, traveresé l’épreuve de l’incendie de son chalet en 2005, suite à du vandalisme. Cet événement n’a heureusement pas compromis la viabilité de son exploitation. Un chapiteau de toile avait même été loué en toute urgence afin de servir de chalet temporaire.

    Malgré ces difficultés rencontrées, cela n’a pas empêché de réaliser divers projets au cours des dernières années. La construction d’un nouveau chalet était inévitable. L’aménagement de deux parcs à neige, dont un très grand faisant presque toute la dénivellation de la montagne, contribue à la vie de la station. Bien sûr, ces parcs à neige sont modifiés à chaque saison, afin de toujours offrir du nouveau aux jeunes skieurs et planchistes qui les fréquentent. Plusieurs nouveaux sous-bois ont été défrichés, dont un extrême au sommet de la montagne. Cette extension du domaine skiable a permis d’augmenter le nombre de pistes jusqu’à 20.

    Une bonne diversité de difficultés de pistes est offerte, tant pour le skieur débutant, intermédiaire ou expert. Le sommet qui est plutôt abrupt permet d’y offrir de pistes classées doubles noires. Le bas des pentes offre aussi une finale plutôt pentue. Les infrastructures et les remontées mécaniques sont bien entretenues, ce qui permet d’en garantir leur bon état de marche. Les hivers de la région sont ponctués de peu ou pas de dégels, de qui permet d’y conserver une excellente qualité de glisse et c’est sans compter la fabrication de neige en début de saison afin de constituer un bon fond neigeux.

    Combiné à une conjoncture économique prospère en Abitibi, ces éléments font en sorte que l’affluence à la station est stable, tout comme le nombre d’abonnements. Le mont Kanasuta célèbre cette année ses 50 ans d’opération et est prêt à continuer pour plusieurs autres saisons avec d’autres projets à venir.

    Fierté régionale: pente de ski Val-d’Or (Abitibi-Témiscamingue)

    La ville Val-d’Or possède une petite station locale, située au sud de la ville. Luc Lavoie, du service du Loisirs et des sports de cette municipalité, nous a brossé un portait de la petite station urbaine. D’une dénivellation de 32 mètres, comportant trois pistes faciles et relativement courtes, elle est destinée à une clientèle débutante ou pour les jeunes enfants qui veulent s’initier au ski. La population de la ville (plus de 30 000 habitants) a donc accès à une piste de ski, dans sa cour arrière! 

    Cette station offre bien sûr le service de location d’équipement à prix modique. En ce qui a trait à la disponibilité des équipements, la priorité est mise sur les enfants. L’objectif premier de ce centre est d’initier les enfants de la région à la pratique des sports de glisse.

    Dans une perspective d’offrir des services et activités à caractère familial, on y retrouve aussi une patinoire ainsi que des glissades sur tubes. Des groupes scolaires ont aussi l’opportunité de fréquenter la station, sur réservation. Les adolescents ne sont pas en reste non plus pour ceux qui désirent s’exercer sur des modules inclus dans un petit parc à neige (notre photo). 

    La pente de ski de Val-d’Or est donc idéale pour une initiation aux sports de glisse. Pour les skieurs et planchistes en quête d’un plus grand défi, il suffit de parcourir les 45km qui séparent la ville du Mont Vidéo. Le Mont Kanasuta, quant à lui, est plus à proximité de Rouyn-Noranda. Ainsi, chaque station dessert une population qui lui est spécifique, avec des besoins précis!

    Fierté régionale: le Mont Vidéo (Abitibi-Témiscamingue)

    Le mont Vidéo est situé à Barraute, un village qui est compris à l’intérieur d’un triangle formé par les agglomérations de Val-d’Or, Amos et Senneterre. La station permet donc de desservir ces localités, celles de leurs environs, ainsi qu’une partie des gens qui habitent la ville de La Sarre.

    Pendant quelques années, cette station a formé un partenariat avec l’organisme Chantiers Jeunesse. En échange de leur hébergement et de leur formation, des jeunes bénévoles sont venus y effectuer divers aménagements, dont des sentiers, un belvédère, la glissade sur tubes, ainsi que quelques pistes en sous-bois. 

    D’entrée de jeu, Kary Fiset, directrice de la station en 2011, nous a expliqué que de s’occuper d’une station en région n’était pas toujours de tout repos. Il faut faire preuve de patience, ténacité et il faut planifier avec des budgets parfois très serrés.

    Les années 1980 ont été marquées par un achalandage accru de la station, à ce moment elle opérait deux versants. Les années qui ont suivi ont été marquées par un achalandage en diminution et une rationalisation nécessaire des opérations. Par exemple, un versant secondaire comportant une arbalète a été inutilisé durant quelques années. Par la suite, en 2001, le chalet a été victime d’un incendie, la station s’est donc retrouvée dans une situation très précaire. Avec cette conjoncture, il y a eu un questionnement, à ce moment, quant à la viabilité de la maintenir en opération.

    Les gens ne se sont pas laissé abattre et un plan de développement a été mis sur pied afin de donner un second souffle au mont Vidéo. La station a misé sur une diversification des activités tant hivernales qu’estivales. Des pentes pour glissades sur tubes ont été aménagées sur l’ancien versant et l’arbalète remise en état. Le chalet a été rénové. Il y a eu la création d’un camp de vacances, ainsi que d’une auberge de jeunesse. Du gazon sera installé afin d’améliorer le coup d’œil en été autour du chalet. La remontée principale, un télésiège quadruple de marque Doppelmayr, est rigoureusement entretenue, selon les normes d’entretien du cahier de charge du Québec. 

    Ce qui aide au maintien de la station est une bonne implication de la part de la population, du personnel, des diverses instances locales ainsi que des entreprises commanditaires. Beaucoup de travail, souvent acharné, a été nécessaire pour y parvenir. Malgré tout, cette station est toujours aussi vivante même si parfois, il est nécessaire de «couper les cennes en quatre ». En 2011, le mont Vidéo a célébré ses 50 ans d’existence… de quoi donner une leçon à d’autres!

    Lorsqu’il est question du domaine skiable, la fierté est palpable: l’organisation du dynamitage et du réaménagement de deux pistes afin de mieux répondre aux besoins d’une clientèle de skieurs intermédiaires est une réussite. Il était nécessaire de très bien planifier le tout car cette décision survenait au moment où la situation financière de la station était précaire.

    De plus, à l’échelle provinciale, le mont Vidéo a un taux de fréquentation plutôt élevé, puisque 10 % de la population totale de la région desservie pratique le ski ou la planche à neige. Cette popularité est en lien avec l’organisation d’activités sociales permettant au mont Vidéo de développer ce sentiment d’appartenance et lui procurer une bonne visibilité. Il peut s’agir de divers d’événements festifs, de l’ambiance au bar, de l’aménagement d’un salon pour les motoneigistes ou d’une compétition de motoneige.

    Naturellement, les gens de la région ont développé l’habitude de profiter de la nature qui y est présente en abondance. Il y a peu de redoux dans cette région, ce qui permet d’obtenir des conditions de glisse excellentes et sans glace, même si parfois la neige naturelle se fait rare. Dans ce cas, la neige fabriquée est utilisée pour pallier à ce manque lorsqu’il survient. 

    Parmi les derniers projets, un véritable village alpin a été aménagé au pied de pentes offrant une diversité de chalets pour de groupes ou des familles de différentes tailles. Grâce à cela, on donc venir de plus loin, pour plus longtemps!

    Bromont: remontées historiques multiples!

    Ce n’est pas d’hier que Bromont fait courir les foules. Dès ses premières années d’existence, la station démontre une très grande popularité. Le succès de la station est la combinaison de divers facteurs tels sa proximité de l’autoroute des Cantons de l’Est, sa distance raisonnable de plusieurs centres urbains, la possibilité d’y skier une bonne diversité de pistes, la présence de défis, un dénivelé intéressant de 385 mètres, ainsi que l’offre d’un vaste domaine skiable à découvrir. Or, malgré ce gigantisme, il ne faut pas oublier que la station s’est grandement transformée au fil des ans. Afin de nous souvenir à quel point Bromont a pu se métamorphoser, nous vous proposons de remonter dans le temps en vous présentant les plus anciennes remontées mécaniques qui ont déjà pu nous conduire au sommet de pentes. 

    Télésiège double de la Coupe du Monde

    Ce télésiège a été fabriqué par les Industries Samson et il était connu sous la désignation de télésiège numéro 2. C’est le plus ancien des télésièges du mont Brome, c’est ce dernier qui nous permettait de remonter au sommet dès 1964. Il a été désinstallé en 1992 et depuis, des canons à neige style perche HKD ont été fixés sur les anciennes bases en béton. Le télésiège avait une longueur de 870 mètres et permettait de grimper une dénivellation de 325 mètres.

    Son sommet culminait tout juste entre le sommet de la piste Waterloo et le tunnel de la Coupe du Monde. Ce dernier avait été aménagé afin de rejoindre les pistes Knowlton et Bedford en passant sous le haut de la piste Coupe du Monde, suite à l’aménagement du télésiège numéro 3.

    Vers la fin de sa carrière, il servait presqu’exclusivement en été pour desservir les luges qui partaient de la mi-montagne. À cet endroit, on y retrouvait deux petits pylônes tronqués que l’on utilisait, au cours de la saison chaude, pour faire baisser la ligne de télésiège à ce débarcadère. En hiver, il pouvait servir en cas de très forte affluence et permettait néanmoins d’accéder aux pistes principales sans se rendre au sommet. Malheur aux skieurs débutants qui l’empruntaient, il ne permettait pas de se rendre à la piste facile Brome, ces skieurs devaient se rabattre sur la Cowansville.

    Télésiège double du mont Soleil

    Il s’agit d’un aller-retour pour ce télésiège double de marque Samson. D’une longueur de 600 mètres, il permettait de grimper les 125 mètres de dénivellation du sommet du mont Soleil. Il a été déplacé, par la suite, dans la piste Sherbrooke, pour répondre à un besoin criant de desservir un domaine skiable qui y prenait de l’expansion rapidement. Entre-temps, une arbalète à tiges rigides avait été installée à sa place sur le mont Soleil.

    En 1998, ce télésiège double est retourné à son endroit d’origine afin de mieux répondre aux besoins d’une clientèle débutante qui fréquentait ce secteur. Il faut noter l’arbalète arrêtait souvent pour cause de chute de skieurs en cours de route. Il faut prendre en note que le retour de ce télésiège double a grandement accéléré la cadence de remontée au sommet du mont Soleil. Il a été remplacé depuis par un télésiège quadruple.

    Arbalète du sommet du mont Soleil

    Au moment du départ du télésiège double du mont Soleil pour le mont Brome, cette arbalète à tiges rigides de marque Samsom desservait le sommet de ce versant jusqu’au retour du télésiège double à son endroit initial. L’arbalète partageait alors son abri de moteur avec sa voisine, l’arbalète qui desservait le bas du mont Soleil.

    Vu du bas des pentes, celle-ci était située du côté gauche et elle était connue sous la désignation de remontée numéro 5. Elle avait une longueur de 600 mètres et grimpait les 125 mètres de dénivellation du petit versant. Par contre, elle accusait un temps de remontée plutôt long. 

    On pouvait en descendre à la mi-montagne où l’on retrouvait les pistes pour débutants; les gens qui n’étaient pas habitués à utiliser de genre de remontée tombaient régulièrement sur sa première moitié. De plus, pour monter au sommet, un bon abrupt attendait ceux qui désiraient s’y rendre. Cette pente pouvait faire paniquer certains et causer d’autres chutes en amont. Une fois parvenu au sommet, on en profitait pour déguster à petites bouchées une des trois pistes du secteur si longuement convoité.

    Arbalète de la mi-Mont-Soleil

    Cette arbalète à tige rigide de marque Samson, connue sous la désignation de remontée numéro 6, était la jumelle de sa voisine de droite -en beaucoup plus court avec une longueur de 270 mètres. Elle permettait de grimper les 55 premiers mètres de dénivellation de ce secteur. Elle était  beaucoup moins souvent en opération, servant surtout quand il y avait des cours de ski. Par contre, on pouvait se réjouir de la voir fonctionner, car cela nous annonçait que les skieurs moins expérimentés allaient s’en servir pour skier les pistes faciles du bas, tandis que le numéro 5 allait plutôt servir à ceux qui désiraient skier les pistes intermédiaires du sommet.  Ceci avait pour effet de mieux répartir les types de skieurs par remontée.

    Arbalète de la piste Valcourt

    Cette arbalète à enrouleur relativement courte de marque Mueller avait été installée pour rejoindre le sommet, non loin d’où arrive aujourd’hui le télésiège quadruple numéro 3. Il faut dire qu’au moment de sa création, Bromont ne possédait pas encore le sommet du mont Brome, ce qui pouvait expliquer pourquoi le télésiège double numéro 2 arrêtait un peu avant le sommet. 

    Une fois cette procédure réglée, l’arbalète a été en fonction de 1968 à 1971, jusqu’à l’installation du télésiège double numéro 3 qui allait desservir le sommet à son tour. L’arbalète s’étirait sur une longueur de 270 mètres et permettait de grimper une dénivellation de 100 mètres. Afin de mieux la situer de nos jours, elle empruntait le tracé de l’actuelle piste Washington jusqu’à sa première courbe. À cette époque, cette piste se nommait Valcourt. Comme vous pourrez le constater, cela constituait une première incursion sur le versant du Lac, 30 ans avant sa création officielle. De 1971 à 2000, cette remontée avait laissé un tracé rectiligne à droite de la Cowansville, tracé que bien des gens aimaient skier en version hors-piste.

    Télésiège double du sommet

    L’installation de ce télésiège de marque Samson permettait de voir grand et allait devenir le télésiège principal du mont Brome, jusqu’à l’installation à sa droite du télésiège quadruple débrayable Poma en 1986. D’une longueur de 1070 mètres, avec 20 pylônes, il permettait de grimper les 385 mètres du mont Brome d’un seul trait. Ce qui lui était caractéristique était sa hauteur relativement basse: assis dedans, on pouvait le dessous des skis des gens qui utilisaient le télésiège quadruple débrayable. Contrairement aux télésièges 1 et 2, le moteur du double 3 était situé en amont car il était très facile de relier celui-ci à la ligne de transmission d’énergie qui passait à proximité.

    En 1992, il a été quelque peu modifié puisque suite au démantèlement du télésiège numéro 2, il allait devenir le télésiège de service en été pour les luges. Un débarcadère a été aménagé au milieu de son parcours et les pylônes tronqués venant du télésiège numéro 2 y ont été installés pour baisser la ligne. Pour l’occasion, il a été nécessaire de rallonger certains pylônes et changer certaines roulettes. De plus, des supports  à vélo ont été installés sur ses dossiers au profit des activités de vélo de montagne qui prenaient de l’expansion à cette station. En 2003, il a pris sa retraite et a fait place au télésiège quadruple numéro 3. Par contre, ce télésiège a été aménagé légèrement plus court afin de créer de l’espace pour l’installation du télésiège quadruple débrayable du versant du Lac.

    Télésiège double de la Sherbrooke

    De marque Samson et connu sous la désignation de télésiège numéro 1, on le surnommait aussi télésiège caché ou télésiège des experts, il fallait être attentif pour le trouver la première fois. Seules les pistes Montréal et Sherbrooke y conduisaient directement. Venant de la Cowansville, il fallait emprunter l’ancienne petite piste Richmond ou en arrivant de la Waterloo, la Saint-Paul ou la Coupe du Monde, il fallait emprunter une petite traverse toute discrète. Il fut le dernier télésiège double installé sur le mont Brome. Il l’a quitté en 1998, pour aller servir sur le mont Soleil.

    Sa fonction première était de desservir directement les pistes nommées plus haut sans être obligé de passer par le sommet ni la base. Il était très apprécié les jours de grande affluence car il n’y avait aucune attente, peu importe le moment de la journée. Il était plus court que les autres télésièges (530 mètres) et permettait tout de même de grimper une importante dénivellation de 280 mètres. Sa base se situait à la rencontre de pistes Sherbrooke et Montréal, son sommet sur le dessus de la petite butte que l’on grimpe pour débuter la piste Sherbrooke le plus haut possible. En fait, cette butte est son ancien débarcadère et ce dernier par sa longueur importante ne nous laissait aucune marge la première fois qu’on le dévalait.

    Fil-neige du bas de la Saint-Hyacinthe

    Connue sous la désignation de remontée numéro 7, ce petit fil-neige d’une longueur de 70 mètres et d’une dénivellation de tout au plus 15 mètres desservait une aire d’initiation à la pratique du ski tout au bas de la piste Saint-Hyacinthe. Ce qui était plutôt caractéristique de cette remontée était le fait que les poignées de montée étaient situées sur le câble du dessous et les poignées descendantes accrochées au câble  du dessus. Dans ce cas, les poulies à chaque extrémité étaient presque situées en oblique, ceci amenait la situation que les poignées descendantes nous passaient au-dessus de la tête. Or, habituellement sur ce genre de remontée, les câbles sont positionnés de façon latérale et les poulies de retour à chaque extrémité placées à l’horizontale.

    En synthèse, vous serez en mesure de constater qu’aucune des remontées d’origine qui ont été présentées ici ne sont encore en opération de nos jours. Il est donc possible de toutes les qualifier de remontées fantômes. Il faut noter que la station a procédé à de nombreux investissements et plusieurs mises à niveau afin de moderniser sans cesse son domaine skiable et ce, au grand plaisir des skieurs. La station de ski Bromont mise sur son dynamisme pour se démarquer dans l’industrie du ski. Objectif atteint!

    Devons-nous redéfinir l’hiver?

    Lorsque les premiers scientifiques ont parlé du réchauffement climatique, il y a déjà plus de 50 ans, ils ont été victimes de ce que j’appelle «le syndrome Jeanne D’Arc». Puisque c’est d’avoir tort que d’avoir raison trop tôt, les scientifiques, penauds, ont remballé leurs théories et les chiffres qui les appuyaient. Bon débarras, prophètes de malheur!

    Les années 1980 ont changé la face de l’environnementalisme: on réalise les conséquences affreuses de la déforestation, on découvre des trous dans la couche d’ozone, on pointe du doigt les pluies acides, les gaz à effet de serre… puis le réchauffement de la planète revient au coeur des débats. Cette fois, impossible de le nier: les glaciers fondent et reculent, la calotte polaire s’effrite, la température moyenne des eaux mondiales augmente de quelques fractions de degrés… voilà, il est bien là, le réchauffement.

    Evidemment, quand on se tape un -40°C bien senti, avec les parois nasales qui collent ensemble quand on respire dehors, il y aura toujours un abruti ou deux (avec quelques négationnistes, tiens-tiens) pour narguer la communauté scientifique mondiale: «Ben, il est où, votre réchauffement climatique!?» Idiot. On n’a pas dit que les -40°C n’existeraient plus… mais qu’ils seraient de plus en plus rares.

    Souvenez-vous des MéGA bordées de neige d’il y a 20 ou 30 ans: de quoi fermer les écoles, pelleter pendant 3 jours, avoir des bancs de neige plus hauts que le balcon du 2e, skier à partir du toit, faire des igloos dans la cour arrière sans peine (avec complexe immobilier sur 3 étages, sisi!), avez-vous vu ça récemment?

    Certains d’entre vous, statistiques à l’appui, me parleront des chutes de neige des 20 dernières années. Oui, bravo, les chutes de neige… mais à la manière d’une station de ski qui se voile la face, vous omettez les chutes de pluie qui font fondre le tout, entre deux tempêtes de flocons… pour qu’au final, il ne reste pas grand chose au sol, un peu comme cette année.

    De mémoire, la seule saison que j’aie vécu qui soit digne de porter le nom d’hiver (au sens original du terme) est la mémorable 2007-2008. Vous me l’accorderez: précipitations record, températures exceptionnelles, des powder-day presque toutes les semaines. En ce qui me concerne, c’était quasi-quotidien: je patrouillais à temps plein au Massif du Sud! Oui, j’ai passé l’hiver au bon endroit, au bon moment…

    Maintenant, force est de constater que l’hiver au sens propre semble de plus en plus illusoire… Doit-on le redéfinir? L’actualiser? Puisque la tendance est au politiquement correct, voyons un peu ce qui pourrait convenir. Notez que la définition doit être propre au Québec! Cependant, éliminons d’office la définition de l’hiver pour les snowbirds(«période de l’année où ils se gèlent le cul au Québec pendant qu’on est en Floride»)… Les plus zélés d’entre vous colleront aux dates du calendrier et à la position de l’astre solaire par rapport à la Terre, les plus poètes parleront de blanc manteau, les plus râleurs de «m… blanche»… amusez-vous!

    Pour ma part, je propose: «Période de l’année se situant vaguement après la chute des feuilles des arbres et avant l’éclosion des moustiques, où les températures sont plus basses que durant le reste de l’année, amenant des précipitations parfois solides dont l’accumulation au sol est aléatoire.» Articles reliés: «Ski de roche», «Fabrication de neige» et «Patinoire intérieure».

    Malgré mon cynisme, je reste persuadée que l’exercice intellectuel le plus laborieux n’est pas de définir cette saison… mais bien d’arriver à en profiter. Tout le monde dehors, allez prendre l’air, et faites fi de la météo: c’est pas parce qu’il pleut en ville que c’est pareil partout!!

    Fabricant de neige, marchand d’hiver!

    Le début de saison que nous vivons cette année prouve plus que jamais la nécessité pour les stations d’investir dans un système d’enneigement performant, et d’apprendre à utiliser chaque fenêtre de froid qui se présente! Pour certains, il s’agit d’un énorme casse-tête, tandis que pour d’autres, la fabrication de la neige est devenu un emploi à temps plein!

    Sno Innovation: le fabriquant et l’exportant

    L’intérêt d’interviewer Michel Couture vice-président de Sno Innovation était d’obtenir l’avis d’une entreprise spécialisée dans la production de neige. Ses fonctions ne se limitent pas à couvrir uniquement les pistes du Mont Saint-Bruno, mais de plus en plus à répondre à des besoins en enneigement hors de la station.  

    Cette entreprise est née peu après le grand verglas de 1998, au moment où Serge Couture de ski mont Saint-Bruno  avait dû acheter une herseuse à disques afin de casser toute cette glace qui recouvrait les pistes. L’objectif était et reste aujourd’hui de faire profiter à tous de l’expertise développée à cette station en matière de fabrication et d’entretien de la neige dans un contexte où le climat du sud du Québec n’y est pas toujours favorable. De plus, les activités de l’entreprise permettent de rentabiliser un équipement qui sert sur une période temporelle relativement courte (fin novembre à fin janvier).

    Les contrats extérieurs sont graduellement devenus l’activité principale de Sno Innovation. Les municipalités du Québec ont besoin de cette fabrication de neige pour couvrir une pente de glissade ou pour divers événements comme des carnavals hivernaux. Par exemple, la fête des neiges de Montréal ou la fête d’hiver d’Ottawa sont des contrats typiques. Fabriquer cette neige en milieu urbain, quand la neige s’y fait absente, permet de donner un coup de pouce à l’industrie globale du ski en rappelant aux gens qu’il y a de la neige en montagne et à leur remonter quand le paysage hivernal se fait plutôt gris. Ce moyen agissant comme motivateur afin de profiter de l’hiver a en quelque sorte conduit au slogan de l’entreprise: « Partenaire de vos hivers ». 

    Les services de Sno Innovation ne se limitent pas uniquement à la fabrication de la neige; la compagnie s’assure de l’entretien et du suivi afin que cette neige reste belle. Ce service est offert jusqu’au mois de mars. Le service 24 heures et aussi offert, afin de répondre à des besoins urgents en enneigement au besoin comme une compétition de ski de fond, par exemple la Loppet de la Gatineau ou une compétition de motoneige. Il est même possible de faire couvrir le terrain d’une résidence privée, pour quelqu’un qui est en manque de neige. De la neige fabriquée peut aussi être requise pour des expériences scientifiques sur des terres agricoles à une période où la neige naturelle est absente. 

    Pour la réalisation de tous ses contrats, Sno Innovation fournit son propre équipement autonome amovible. Tout est transporté par camion: canons à neige, compresseur, génératrice et équipement d’entretien. Seule l’eau n’est pas transportée due à son volume, celle-ci est pompée d’un cours d’eau ou d’une borne-fontaine.  

    Malgré toute cette diversification de contextes où la neige fabriquée et utilisée hors du domaine skiable, voir à la qualité de la surface de glisse offerte sur le domaine du mont Saint-Bruno reste une priorité. En effet, la station demeure la première raison d’existence de Sno Innovation, celle-ci se devant de rendre accessible le plus rapidement un maximum de pistes et s’assurer que la qualité de la neige soit impeccable.

    Station Récréotouristique Gallix: la station nordique

    Malgré la réputation de la région, cette station ne saurait opérer sans la précieuse aide de ses canons! La production de neige étant relativement dispendieuse et les moyens financiers limités, la période d’enneigement va débuter vers la fin du mois de novembre et s’étendre sur une période de 5 à 7 semaines au maximum dans le cas d’un début de saison peu neigeux. Pour Jean-François Thibeault, directeur des opérations de la station, l’objectif principal de l’enneigement de constituer un fond sur lequel va se fixer la neige naturelle au cours de la saison.

    Par le passé, à la suite de deux saisons successives moins neigeuses, la station a été amenée à augmenter la superficie devant être recouverte de neige fabriquée. La moitié du domaine skiable de Gallix est donc enneigé mécaniquement. La station dispose en tout de 9 canons, 5 avec ventilateur intégré, dont un à haute pression et 4 canons sur perche. Ils sont tous amovibles. L’eau est puisée à même le lac Caché situé non loin de la base du versant familial.

    Lors de la production, une vérification est réalisée toutes les demi-heures, afin de s’assurer de la bonne marche de la production. Par la suite, il est très important de procéder au saignement l’ensemble des conduites, ceci contribuant à éviter le bris par le gel et assurant le bon fonctionnement de l’ensemble du matériel. Ce vide d’eau est réalisé par gravité en aval des conduites.

    Ce qui fait la réputation de la qualité de la neige à la station est le fait qu’elle jouit d’un microclimat favorisant les précipitations de neige le long de la rivière Sainte-Marguerite. Cette disposition permettant les premières neiges hâtives, fait en sorte qu’il neige souvent lors de la production de neige et le mélange de ces deux neiges permet d’obtenir une texture de glisse des plus intéressantes. Sans compter que la station est relativement éloignée du golfe du Saint-Laurent, ce qui lui permet de ne pas souffrir de son effet réchauffant, au début et à la fin de la saison. De plus, l’air ambiant est plus sec qu’au sud du Québec, ce qui permet d’obtenir une neige fabriquée plus sèche et de meilleure qualité. Malgré ce climat nordique favorisant les conditions de glisse, la neige fabriquée reste un incontournable afin de garantir l’ouverture de la station.

    Vallée-du-Parc, dans le creux de la Mauricie

    Pour cette station familale à proximité de Shawinigan, le défi de l’enneigement est bel et bien présent: la majorité de la station est orientée sud-est et malgré sa position au creux d’une vallée, l’enneigement naturel y est relativement lent. Depuis plusieurs années déjà, Vallée-du-Parc ne compte plus uniquement sur Dame Nature pour recouvrir ses pentes:  20 des 22 pistes de la station reçoivent de la neige fabriquée mécaniquement.

    Annie Brousseau, directrice adjointe de la station, indique que grâce à l’augmentation de la capacité d’enneigement, les canons de Vallée-du-Parc produisent annuellement suffisemment de neige pour recouvrir les pistes d’environ 45cm de neige. En effet, au cours des dernières années, plus de 420 000$ ont été investis afin de moderniser le système d’enneigement et pousser le niveau de production de neige à un niveau supérieur. Ces investissements font partie de la somme colossale investie par les nouveaux propriétaires afin de redonner un souffle à la station -objectif atteint!

    Pour Vallée-du-Parc, l’enneigement mécanique des 20 pistes représente une dépense annuelle avoisinant les 45 000$, selon les saisons. Mme Brousseau ajoute que la principale motivation à l’enneigement est d’étirer la saison de ski: il va de soi que l’enneigement permet de devancer l’ouverture et de prolonger la saison… et les skieurs sont au rendez-vous!

    Diamond Peak (Nevada), dans l’écrin du lac Tahoe

    Lorsque nous avons réservé notre 2e voyage en Californie, notre pensée fut qu’on achetait une valeur sûre : le lac Tahoe et ses environs montagneux ont toujours la cote (sans jeu de mots!) et cette année, plus l’hiver avançait, plus les montagnes recevaient des accumulations de neige record… mais on n’aurait pas cru se retrouver dans la neige à ce point! Ce texte est donc le premier de trois récits racontant notre périple dans autant de stations au nord du lac Tahoe : Diamond Peak (NV), Squaw Valley (CA) et Mt. Rose (NV).

    La route s’est faite sans histoire jusqu’à North Auburn (nord-est de Sacramento), où nous avons commencé à douter de la possibilité de se rendre jusqu’à Tahoe Vista par l’autoroute 80, qui contourne le lac Tahoe par le nord. Les milles s’étirent, et puis, stupeur : les annonces sur les panneaux lumineux se multiplient. Chaînes obligatoires à partir de tel endroit, route fermée à partir de tel endroit… aïe aïe aïe, nous sommes encore à 1h30 de route de notre hébergement! Il est déjà tard et nous ne voulons pas prendre le risque de passer notre première nuit en Californie dans une voiture déjà trop pleine de ses occupants et des bagages de ceux-ci! Demi-tour, donc, pour contourner le lac Tahoe par le sud (et le Nevada). Inutile de rejoindre Sacramento pour retrouver la route 50, on coupe dans les terres… merci GPS! Les détails de la route pour arriver à notre hébergement incluent donc deux contrôles routiers (chaînes obligatoires OU véhicule 4X4), de très longues heures, une vitesse moyenne de 33km/h, des milles de trafic lent (voire complètement arrêté) et quelques boissons au sucre atomique… Mais nous voilà enfin à Tahoe Vista, où l’accueil de la réceptionniste nocturne en dit long : « Oh Geez! I’m glad you guys could make it!! »

    Oui, méchante tempête, et on a roulé en plein dedans. L’effet pervers: une route laborieuse. L’effet cool: POWDER!!! Considérant nos heures de sommeil et la taille du territoire enneigé, nous avons préféré ne pas galoper pour être aux first tracks… sage décision car la neige n’a pas du tout manqué! À notre réveil, les statistiques de Diamond Peak faisaient état de plus de 15 pouces (40cm) de neige fraîche tombés dans les 24 dernières heures… and counting.

    Arrivés en piste sur les coups de 10h00, nos spatules ont fait des premières traces presque jusqu’à 14h00, merci aux multiples sous-bois et aux 655 âcres de terrain skiable. Le meilleur «spot»? Solitude Canyon. Avec The Glades… vous reconnaitrez bien là l’amatrice de sous-bois que je suis! Par contre, comme réchauffement, le Golden Eagle Bowl est idéal: bonne inclinaison, arbres dispersé, et vue sur le lac Tahoe… de quoi en oublier de regarder où on va! En effet, de toutes les stations du nord du lac Tahoe que j’ai visitées, Diamond Peak est sans contredit celle qui offre le plus beau point de vue sur le lac, dont la couleur de l’eau varie en fonction de l’humeur de la météo, passant du bleu marine au turquoise clair -hallucinant!!

    J’avoue avoir vraiment apprécié ma découverte de Diamond Peak: si on se fie aux chiffres (655 âcres skiables, 30 pistes -sans compter les sous-bois et les bols), on ne sait jamais véritablement à quoi s’attendre avant de débarquer sur place… Bien que cette station soit l’une des plus «petites» du coin, ses 560m de dénivelé n’ont pas à rougir à côté voisins: de beaux défis attendent les skieurs au détour des sous-bois! … Et vous ai-je parlé du coup d’oeil sur le lac? C’en est presque un facteur déconcentrant…

    Notre journée s’est conclue sur une note très particulière: grâce à la présence d’esprit de la relationniste de la station, nous avons été mis au courant d’une activité bien particulière: le «Last tracks». À l’instar des skieurs qui se lèvent aux aurores pour profiter des premières traces (poudreuse ou corduroy), Diamond Peak offre un sympathique forfait vin-bouffe-coucher de soleil-ski… De quoi réunir tous les plaisirs! Nous avons donc savouré plusieurs vins californiens, des amuse-gueules de grande qualité, un coucher de soleil sur le lac (dont je n’ai plus besoin de vanter les mérites esthétiques) et le plaisir de descendre dans une piste fraichement retravaillée, juste pour nous! Qui a parlé de l’ivresse des montagnes?

    En conclusion, de par sa taille «intermédiaire», Diamond Peak est une fort agréable stations pour les gens qui veulent prendre une pause entre deux «monstres» (ou deux journées à Squaw Valley). De beaux défis, du terrain pour tous les calibres… et une vue à couper le souffle!

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