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    Vert à la planche!

    Le vert n’a jamais été autant à la mode. On le voit partout, on l’entend partout. Chacun fait ce qu’il peut avec ses sacs de tissu, sa tasse réutilisable, ses légumes locaux et son lave-vaisselle certifié Energy Star. En attendant d’avoir les moyens de s’acheter une voiture hybride, il est aussi possible de faire un geste éco-responsable en se procurant du matériel « vert » pour pratiquer nos activités favorites. Même si l’intention de l’industrie est essentiellement de faire des profits, il n’en reste pas moins que le résultat de la vague verte est que plusieurs compagnies tentent maintenant de surfer sur celle-ci en adoptant un mode de production plus écologique. En bout de ligne, tout le monde est gagnant: les compagnies, le consommateur et la planète. 

    Du côté des principaux fabricants de planche à neige, ce sont ArborNicheJones, GNU, LibTech, Roxy et Smokin qui se démarquent particulièrement en présentant la majorité, voire même la totalité de leur collection de planches 2011-2012 version écolo. Les entreprises américaines Arbor et Niche ont pour concept de base de ne produire que du matériel éco-responsable alors que d’autres concepteurs n’ont pas ce mandat particulier mais produisent toutefois un ou plusieurs modèles verts. Plusieurs autres entreprises proposent aussi des planches, fixations et même des bottes éco-responsables. Seuls les éléments essentiels de leur production sont décrits ici. 

    La pionnière dans le domaine de la production éco-responsable de planche à neige est sans doute la compagnie Arbor. Créée en 1995, Arbor produit des planches dont le noyau est construit avec du bambou, un matériau résistant, flexible et dont la coupe traditionnelle assure le développement durable de la ressource. La croissance du bambou est étonnamment rapide, ce dernier pouvant être récolté après aussi peu que 3 ans dans certains cas. Pour rassurer les amoureux des animaux parmi nous, Arbor souligne que le type de bambou utilisé pour la fabrication de ses produits ne sert pas de nourriture aux pandas et n’est pas non plus récolté dans les zones d’habitat du panda. Bob Carlson, le co-fondateur d’Arbor, explique aussi qu’au moins 5% des profits de la compagnie vont à des organismes dont le mandat est de restaurer et de protéger l’environnement.

    Sur son site Internet, la toute jeune compagnie Niche décrit de façon détaillée la construction des divers modèles de planches qu’elle fabrique. Niche utilise des matériaux recyclés pour la base, les carres et les murs. De plus, la traditionnelle résine, à base de pétrole, utilisée dans la conception d’une planche classique est remplacée par une « Bio-résine » unique à Niche, qui est plutôt fabriquée à partir de déchets provenant de l’industrie des pâtes et papiers et de celle des biocarburants. On substitue aussi les tiges de carbone conventionnelles par des tiges de chanvre, rien de moins! Le chanvre est l’une des cultures dont la croissance est la plus rapide, en plus de ne nécessiter que peu de pesticides et pas d’herbicides.

    En 2010, lorsque le célèbre planchiste Jeremy Jones a finalement lancé sa propre marque de planche à neige, Jones Snowboards, personne ne fût surpris d’apprendre qu’il avait pris soin de rendre ses planches le plus éco-responsable possible. En effet, comme Jones est l’initiateur du projet écologiste POW (Protect Our Winter) il fallait s’y attendre. Trois des quatres planches de sa collection 2011-2012 sont certifiées par le Forest Stewardship Consille FSC. Le FSC est un organisme sans but lucratif qui vise à garantir que le bois utilisé dans la conception de produits de toute sorte provient de forêts saines, dont la santé n’est pas compromise par l’utilisation de ses ressources.

    L’usine de fabrication de planche à neige Mervin, qui produit les planches GNU, LibTech et Roxy, est quand à elle alimentée uniquement par des énergies vertes. De plus, pour les graphiques des planches, un processus de sublimation remplace la sérigraphie nécessitant une laque qui, en plus d’être hautement toxique, empêche le recyclage du matériel sur lequel il y a eu sérigraphie. Finalement, Smokin Snowboards utilise du tremble provenant d’une plantation durable dans la fabrication du noyau de leurs planches ainsi que des matériaux recyclés pour en construire les murs.

    Il y a donc plusieurs aspects à considérer lors du choix d’une planche éco-responsable. Sont à examiner le mode de production, les matériaux choisis dans la conception du produit, la gestion des déchets et les subventions octroyées aux organismes soutenant le développement durable. Avec les différentes options offertes aujourd’hui, il n’en tient plus qu’à nous de nous informer et de choisir des produits laissant une empreinte minimale sur l’environnement. Espérons que ce geste, accompagné de bien d’autres, fera en sorte que l’hiver reste froid, long et bien enneigé!

    Massif Open Rossignol, 26 mars 2011

    Vivez une journée au Massif de Charlevoix, tournée lors du Massif Open Rossignol, le 26 mars 2011 ! La journée de ski passe vite… mais que dire de l’après-ski ! Images: Geneviève Larivière et Myriam Allaire

    Les coulisses d’un snowpark

    On en voit dans pratiquement tous les centres de ski mais ils représentent un très faible pourcentage du domaine skiable. Certains sont conçus de façon ingénieuse, créative et sécuritaire, d’autres sont lamentablement ratés, mal pensés et parfois même dangereux. Créer un snowpark de qualité n’est donc pas une tâche simple qu’on accomplit sans réflexion. Flairant un manque d’expertise de certaines stations, des passionnés se lancent même en affaires comme consultants et concepteurs de snowparks. Voyons un peu les côtés conception, création, entretien et sécurité qui font du snowpark un art… presque scientifique.

    Un parc à neige de qualité commence d’abord par une bonne idée, une vision globale du concepteur. Comment fait-on pour pondre un snowpark virtuellement dans sa tête? Afin d’éclaircir nos interrogations, nous avons rencontré René Caza, créateur du SnowPrk de Bromont, ainsi que du parc à neige du Mont Orford. René possède une expertise longue de plus d’une dizaine d’années et détient une vision fort particulière des parcs à neige. Son travail est méticuleux et apprécié, tant des stations que de la clientèle !

    Chaque créateur de parc à neige possède sa propre technique mais René nous dévoile une partie de la sienne. Actif même en été, le processus créationnel est long et regorge de détails. D’abord, René a recours à l’arpentage de la pente durant l’été pour se donner une idée technique de la piste et l’aider à imaginer les emplacements idéaux pour les sauts, tandis que les autres modules comme les rails peuvent plus facilement être incorporés dans la piste. Ensuite, selon le terrain qu’offre la piste, on déterminera la hauteur de chaque saut, l’angle de décollage, la longueur du plateau à survoler, la longueur ainsi que l’angle de la pente d’atterrissage, tous des critères auxquels le concepteur doit déterminer d’avance. Rien ne doit être laissé au hasard.

    Est-il nécessaire d’avoir un diplôme en physique pour concevoir un bon snowpark ? Fort utile, certes, mais non-nécessaire ! L’expérience sur le terrain est l’atout essentiel pour créer un parc à neige amusant, fluide et sécuritaire. De plus, l’ASSQ (Association des Stations de Ski du Québec) a innové en publiant le «Guide des bonnes pratiques dans l’aménagement et l’exploitation des parcs à neige». Ce guide est destiné aux stations qui exploitent un snowpark et cherche principalement à donner des recommandations à suivre lors de la création du snowpark. Il n’établit pas de lois, de normes ou de calculs scientifiques, mais définit plutôt quelles sont les bonnes pratiques à suivre pour créer et entretenir un snowpark. L’ASSQ donne également des formations pratiques en montagne. Interrogé à ce sujet, Claude Péloquin, PDG de l’ASSQ, mentionne fièrement que son association a grandement innové et fait progresser le monde des parcs à neige par la définition de la taille des sauts et modules que l’on retrouve sur un panneau près de chaque module, soit petit (P), moyen (M), grand (G) ou extra large (XL), une pratique qui se standardise tranquillement à travers la belle province.

    Outre la conception, il y a la facette de l’entretien qu’on ne peut négliger: c’est le travail des park rangers, des passionnés du parc à neige qui y œuvrent généralement contre salaire. Les park rangerspeuvent apporter des idées lors de la conception de modules mais leur mandat est principalement de faire l’entretien des modules et faire de la prévention. Ils feront des descentes dans le snowpark tôt le matin et tout au long de la journée pour s’assurer de la sécurité de chaque obstacle, apporter des correctifs lorsque nécessaire, ainsi que s’assurer que le port du casque obligatoire est respecté.

    Les park rangers effectuent l’entretien mineur ainsi que les tâches et retouches qui ne peuvent être faites à la machine, tandis que l’entretien principal du parc passera bien sûr par la machinerie de damage de la station -une tâche fort complexe pour la plupart des conducteurs ! Pendant l’étape de création du snowpark, il faut s’assurer de bien comprendre les besoins du concepteur du parc pour pousser des quantités industrielles de neige aux bons endroits et créer des sauts et modules qui répondent à la vision du concepteur, tout en essayant de minimiser les coûts d’opération. Sachant que les coûts de fabrication de neige et de machinerie peuvent facilement excéder les 200 000$ par année uniquement pour le parc à neige (toute station confondue), on a intérêt à bien planifier et exécuter correctement les opérations du premier coup.  De plus, lors de l’entretien journalier, il faut bien maîtriser sa machinerie pour damer le terrain avec soin sans détruire les angles d’attaque des sauts et modules sculptés avec précision.

    Et la sécurité ? Plusieurs stations ont maintenant des snowparks à accès restreint qui nécessitent une park pass pour y accéder; cette passe est obligatoire lorsque les parcs possèdent des modules de taille XL. Les utilisateurs doivent donc signer une décharge et payer les frais nécessaires pour se procurer cet abonnement, disponible en sus de l’abonnement de saison. L’objectif principal de cette passe est de restreindre l’accès au parc à un public non-averti, qui pourraient ignorer le code de conduite approprié dans ce type de piste ou croire à tort qu’il s’agit d’une piste comme une autre. En contrôlant et limitant l’accès au snowpark, celui-ci devient automatiquement plus sécuritaire et les bonnes conditions se préservent plus longtemps avec un achalandage moindre.

    Bien sûr, la station retire également des avantages à instaurer la park pass. On pense à une rentrée d’argent additionnelle que l’on peut réinvestir dans le parc en entretien, en nouveaux modules ou ailleurs en station. Les park pass électroniques qui fonctionnent avec la technologie RFID permettent aussi d’accumuler des données pour fin de statistiques, chaque passage à l’entrée du parc à neige étant enregistré. Pour François Senécal, directeur de l’exploitation à SkiBromont, le plus gros avantage est sans contredit le contrôle que la guérite offre: il n’y a pas meilleure sécurité que la prévention ! Lapark pass permet donc d’encadrer les modules de taille extra-large en plus de diminuer le taux d’accidents dans le parc en conscientisant les utilisateurs à propos des risques associés à constamment s’envoyer en l’air (!). D’après les chiffres de l’ASSQ, on remarque effectivement une baisse significative du taux d’accidents dans les snowparks où l’implantation de la park pass a été faite.

    Alors pourquoi créer des snowparks avec des modules XL si c’est coûteux et potentiellement dangereux ? François Senécal est formel: c’est une question de notoriété ! Les beaux snowparksattirent une clientèle jeune et assoiffée d’adrénaline qui viendra profiter de la montagne avec d’autres amis et parents, ce qui augmentera en bout de ligne l’achalandage de la station. Cette clientèle spécifique est une partie de la relève future des centres de ski. Avec la démographie vieillissante du Québec, il est important d’assurer la pérennité des centres de ski en captivant et surtout en conservant cette clientèle jeune et fringante qui développera la piqûre de la glisse à sa façon et se payera des billets de ski ou des passes de saison dans les années futures avec leurs amis et familles.  On peut alors s’interroger si l’avenir et la survie des stations de ski au Québec sont liés en partie à la création et l’entretien desnowparks de qualité qui donnent le goût aux jeunes de revenir jour après jour…

    Big air à Québec: technique colossale !

    Le Snowboard Jamboree 2011 a encore une fois été un franc succès, tant à Stoneham qu’en Basse-Ville de Québec. L’épreuve reine de l’évènement est sans contredit celle du Big Air qui se tient à l’Ilot-Fleuri en plein centre-ville et qui attire année après année des milliers de spectateurs.  Depuis maintenant 3 ans, les résidents de Québec voient apparaître une structure imposante entre les deux bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency. Cependant, on en sait bien peu sur cette structure et sur tout le travail nécessaire pour atteindre le produit final.  Le Mag s’est donc intéressé aux données techniques et à tout ce qui est nécessaire pour donner à l’événement son coup d’oeil spectaculaire !   

    Qui fait quoi ?
    Monter cette structure est un défi technique de taille.  Pour mener à bien le projet, Gestev, l’entreprise en charge du Snowboard Jamboree, fait appel à la firme EST pour les propositions et les plans de la structure. Cette firme est spécialisée dans la réalisation de différentes structures évènementielles telles que scènes, tour de télé, passerelles pour les spectateurs, etc.  C’est également avec cette firme que Gestev fait affaire pour réaliser le parcours du Red Bull Crashed Ice. Pour assurer le côté réglementaire de la compétition, la FIS (Fédération Internationale de Ski) fournit un profil de saut à respecter, donc les différentes propositions doivent tenir compte de cet aspect.  Une fois les plans prêts, la construction peut débuter.  La structure de 2011 avait 40 mètres de haut et 120 mètres de longueur. La largeur est de 7 mètres au départ du saut, de 15 mètres à l’aire d’atterissage et de 30 mètres à l’arrivée.

    Quand ?
    Le montage de l’échafaudage commence à la fin novembre car la strucuture doit évidemment reposer directement sur le sol; il ne doit donc y vaoir absolument aucune neige au sol.  Le montage de la structure métallique est effectué par EST.  Ue fois cette étape réalisée, EST procède à la fabrication du plancher en contre-plaqué.  Le montage étant terminé, les travaux sont mis en veilleuse durant environ 2 à 3 semaines, ce qui coincide avec le temps des Fêtes.  En janvier, Gestev procède à l’installation de lattes de bois sur le plancher.  Les lattes sont placées de façon horizontale à la grandeur de la structure. Le rôle de ces lattes est de permettre à la neige de mieux adhérer à la structure.  Après cela, les employés procèdent à l’installation des filets de sécurité et de coussins, qui permettront aux coureurs de demeurer dans le parcours en cas de chute.  Ce sont également les employés de Gestev qui s’occupent d’étendre à la main la neige sur la rampe.

    
Combien ?
    Du côté matériel, c’est 14 400 pieds carrés de contre-plaqué qui sont utilisés sur toute la structure –soit environ l’équivalent de 450 feuilles de 4 par 8 pieds ! 205 mètres carrés de montants métalliques et 200 poutrelles en aluminium sont nécessaires au montage de la structure. Pour assurer la sécurité de celle-ci, on doit installer 390 mètres carrés de coussins de sécurité et 300 mètres carrés de filets de sécurité. Pour la neige, Gestev loue les canons et les compresseurs nécessaires; l’eau provient… des bornes fontaines ! Les canons ont soufflé les 14 000 pieds cubes de neige qui ont été nécessaires pour arriver à tenir la compétition. Durée de la fabrication de la neige  ? Une dizaine de jours. Après la fabrication, une grue est amenée sur le site pour diposer la neige tout au long de la rampe. Ensuite, la neige sera étendue à la main, le tout en trois jours.  Le travail final de la neige, à la veille des compétitions, est effectuée par une dameuse.

    Des pépins ?
    La météo peut jouer un rôle dans la réalisation de tous ces travaux: redoux, froid intense, précipitations trop abondantes… Mais Gestev se prévoyant un peu plus de temps que nécessaire, la météo ne dérange pas trop l’avancement de ceux-ci en général.  Par contre, si le temps est mauvais environ une semaine avant l’évènement, cela peut leur compliquer passablement la tâche passablement car l’installation du site se fait un peu à la « dernière minute », avec beaucoup de matériel loué, par exemple les écrans sur le site et les tentes des représentants sur le site.

    Au total, pour monter le site tel qu’il était lors de la dernière compétition de Big Air, c’est 100 jours de travail à 10 employés soit aux alentours de 4000 heures qui ont été effectués. Rajoutons les 4 jours de transport et d’étalement de neige, également faits par toute l’équipe… Un travail de colosse, vous dites ?
    Selon Patrice Drouin de Gestev, ce qui fait un succès du Big Air est tout d’abord l’utilisation qu’ils ont réussi à faire du terrain naturel de la ville de Québec soit la différence de relief entre la Haute-Ville et la Basse-Ville.  Le site de l’Ilôt-Fleuri avec les deux bretelles d’autoroute hornées de graffiti viennent également conférer un aspect visuel très intéressant, faisant de la tenue du Big Air l’évènement de la FIS le plus urbain de la saison !

    Take me to Timberline (Oregon)!

    Après avoir passé une semaine en été sur le volcan du Mont Hood, nous avons décidé de retourner à Timberline afin de voir ce que la station avait à offrir en hiver. Nul doute que nous allions avoir un choc étant donné la transformation du domaine skiable… bizarrement, nous étions nostalgiques de l’été, sentiment assez étrange lorsque l’on parle d’un centre de ski !

    En effet, le domaine skiable descend en altitude pour vous donner une montagne où l’on skie beaucoup plus dans les arbres que sur les glaciers. Le plus haut télésiège de la montagne (Palmer) est fermé pour l’hiver, celui d’en dessous est ouvert lorsque la météo le permet (Magic Mile), ce qui n’arrive pas très souvent avec les forts vents et la visibilité réduite qu’offre la météo au sommet du volcan. Une visite au sommet en hiver vous demande un équipement de pointe de positionnent en continu, que vous partiez escalader un rocher aussi bien qu’y skier en hors piste. Il faut dire que la météo est réputée pour changer rapidement et devenir très extrême avec ses vents et sa neige.

    Revenons donc à notre expérience de ski elle même :

    La montagne s’étend sur 41 pistes et 10 remontés mécaniques (dont le SnowCat qui remplace le télésiège quadruple Palmer fermé pour l’hiver). Vous pouvez aussi skier sur le volcan de soir, Timberline éclaire un tiers de son domaine skiable pour allonger sa journée. Le cumul de neige lors de notre visite début janvier en était déjà à 320 pouces de neige, soit une accumulation plus importante qu’au Utah, que l’on vante sans arrêt pour sa qualité et quantité de neige. Avec une moyenne de neige de 500 pouces par année, Timberline est une des places les plus neigeuse en Amérique du nord !

    Les sous-bois sont nombreux sur la montagne et les pistes expertes sont très abruptes, mais aussi très courtes. Le terrain enneigé naturellement est rarement de mauvaise qualité car l’achalandage y est souvent moins important que ce que l’on connait au Québec. Le ski y est donc très beau et l’absence de neige artificielle y est pour beaucoup !

    Le station se démarque essentiellement pour son caractère familial avec la majorité du terrain, classé débutant et intermédiaire. La présence du grand Lodge au sommet offre du ski directement au pied des pentes, mais en quantité très limitée ! Beaucoup de visiteurs préfèreront rester à Government Camp pour une question économique et pour son sympathique village de l’ouest.

    Après une bonne bordée, vous pouvez monter au sommet du Palmer avec le SnowCat pour des descentes en dehors de la limite des arbres sous un soleil radieux. L’expérience y est unique sur le volcan car le terrain est si vaste en largeur qu’il est difficile à tracer en intégralité dans la même journée !

    À la fin d’une journée de ski, un retour au village Gouvernement Camp est possible par des chemins hors piste, sous un coucher de soleil à couper le souffle et une vue sur le Mt. Hood Skibowl. La dernière descente se déroulera dans le calme, hors des grandes foules et dans un cadre exceptionnel.

    Timberline: un peu d’histoire !
    L’histoire de cette station est captivante. En effet, depuis la construction du grand Lodge inauguré par le président Franklin Rossevelt en 1936, Timberline se démarque comme destination principale de l’état de l’Oregon pour les sports d’hiver. Le premier moyen de parvenir au sommet des pentes est une remontée portative de style fil à neige, puis en 1939, on installa le premier télésiège sur le Mont Hood (le Magic Mile) qui fut le plus long au monde et le quatrième aux US.

    Le 3 février 1951, pour faciliter l’accessibilité aux skieurs, on installa un autobus aérien appelé le SkyWay. Concept fort joli en photo et réalisé avec de vrais autobus routiers suspendus, néanmoins le projet s’avéra un désastre financier. Ayant comme gros défaut de fonctionner difficilement à cause de la glace, le SkyWay fut fermé en 1956 puis démonté en 1961. Il s’agissait du plus long autobus par câble au monde (FILM À VOIR !) avec ses 3 miles de distance. L’ouverture de la nouvelle route pour monter à Timberline Lodge permis aux autobus d’être plus rentable sur terre que par les airs.

    C’est en 1956 que le ski d’été commença officiellement mais c’est seulement en 1978 qu’on construisit le télésiège Palmer fixe à deux places qui permit à la station d’ouvrir 12 mois par année. En 1996, le Palmer fut remplacé par un télésiège quadruple débrayable. La construction, qui a du duré moins de 6 mois, fut très complexe à cause de la météo. Le nouveau lift (1996) ayant des pylônes à 3 pieds permet maintenant au Palmer de pouvoir affronter des vents de 160km/h et de supporter une charge de neige de plus de 200 pouces …

    Timberline, par son logo métallique intriguant vous fera vivre des expériences hors du commun. Après tout, skier sur un volcan en activité est déjà quelque chose de très excitant. Enfin, comme ils le disent si bien, Take me to Timberline… pour ma part, n’importe quand, surtout en été !

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    Les infos utiles:

    – Timberline Lodge
    – Carte des pistes
    – Collins Lake Resort
    – Photos historiques du Mt Hood
    – Article Wikipedia Timberline ski area
    – Un site complet sur l’histoire de Timberline

    Mt Hood Ski Bowl (Oregon): ski de soirée unique !

    En voyage, il n’est pas rare de voir des panneaux publicitaires qui piquent notre curiosité, pour diverses raisons. Dès que nous (Geneviève, Christophe et moi) avons quitté la région métropolitaine de Portland (Oregon), nous avons aperçu une publicité de la station Hood Ski Bowl, mentionnant qu’elle était la plus vaste station de ski de soirée en Amérique du Nord. Pour des québécois habitant à une heure de Ski Bromont, la tentation de l’essayer en vue d’une comparaison était très forte !

    En terme d’accessibilité, les deux stations ont un point en commun, elles sont à environ 1h de route d’une métropole et c’est la station d’importance la plus proche de celle-ci. Avec un dénivelé de 457 mètres, 65 pistes, 4 télésièges doubles et quelques remontées terrestres datant d’une autre époque, la station ne peut pas vraiment concurrencer l’immensité de la station Hood Meadows située à quelques kilomètres plus loin ni à l’engouement historique et quasi-légendaire de Timberline Lodge, également tout près. Néanmoins, la station nous a beaucoup étonné par sa diversité et par son domaine de ski de soirée qui nous a littéralement fait craquer !

    Pour débuter, la station n’ouvre en début de semaine que pour le ski de soirée, soit à 15h. Nous avons donc dû faire vite pour profiter des Outback, soit la partie la plus extrême de la station, complètement à droite. Nous y avons découvert un domaine avec peu de végétation dans la portion supérieure et où se mêlent sous-bois, bols, pistes étroites et sinueuses. Toutes ces belles possibilités convergent vers un flanc de montagne d’une inclinaison vertigineuse et ne laissant place qu’à très peu d’erreur. Par la suite, un amusant parcours près d’un ruisseau nous ramène vers la base avec seulement une légère marche de moins d’une minute.

    Après avoir skié quelques pistes de ce côté et avoir admiré le coucher de soleil, nous avons pu nous concentrer sur notre premier objectif : la découverte de ce fameux domaine nocturne ! Les 4 télésièges sont ouverts pour le ski de soirée, desservant chacun un domaine skiable fort différent. Le télésiège Cascade complètement à l’est dessert principalement du terrain expert et de compétition, avec une inclinaison d’une trentaine de degrés, mais avec un petit dénivelé d’environ 130 mètres. Le télésiège Multorpor offre de longues pistes damées plus étroites et sinueuses sur environ 225 mètres de dénivelé et permet de lier le côté est de la station avec le côté ouest. Le bas du côté ouest comprend de très larges pistes intermédiaires et débutantes sur un dénivelé comparable au Multorpor, alors que le télésiège du haut dessert en particulier un très joli bol partiellement boisé et d’une inclinaison montant jusqu’à 45 degrés par endroits ! Le bol étant entièrement éclairé, sous-bois inclus, nous avons commencé à douter de la suprématie de Ski Bromont en terme d’étendue de ski de soirée.

    C’est dans le Upper Canyon que nous nous sommes le plus attardés, grâce aux belles conditions de damage à 45 degrés (la station utilise un treuil pour damer la Pizzazz complètement en haut) et en raison des pistes à bosses incluses dans le bol et sur ses côtés. À ce titre, la piste Calamity fut un coup de cœur pour l’auteur, avec de belles bosses dans une cuvette d’une inclinaison très rare au Québec et inexistante en ski de soirée ! La vue depuis ce versant est également très agréable avec le versant sud-ouest du Mont Hood et Timberline Lodge juste en face.

    On remarque rapidement que la station existe depuis très longtemps, avec ses vieilles chaises doubles, mais surtout avec son refuge historique à mi-montagne et avec ses remontées de type rope tow de première génération, soit une grosse corde sans point pour se tenir et où tous les usagers tombent les uns après les autres en raison de la grande vitesse de ces remontées. Il faut dire que le ski a débuté sur le Mont Hood en 1927 (avant l’invention des remontées mécaniques) avec l’ouverture  de Summit Ski Area, une toute petite station toujours en opération aujourd’hui et qui se situe juste à côté du stationnement du côté Est de Hood Ski Bowl.

    La différence importante à noter concernant le ski de soirée québécois est l’illumination des pistes. En Oregon, ce sont des lumières très puissantes qui éclairent les pistes mais elles sont beaucoup moins nombreuses qu’ici, donc à quelques endroits, il fait noir dans les pistes ouvertes et pour éclairer tout le bol du haut de la montagne, il n’y a qu’une demi-douzaine de lumières ! Une autre différence importance versus le ski au Québec est le fait que les télésièges ne disposent pas de barres de sécurité, ce qui semble impensable au Québec.

    En conclusion, relativement à notre quête originale, il est très difficile d’obtenir une assurance absolue à savoir quelle station a le plus grand domaine de ski de soirée, en raison de la grande superficie skiable du bol, mais si Ski Bromont est un peu plus vaste pour le ski de soirée, Hood Ski Bowl n’a certainement pas à pâlir. Nous avons aussi conclu que nous ferions du ski de soirée beaucoup plus souvent si nous avions un tel terrain de jeu illuminé à proximité de Montréal !

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    Les infos utiles:

    – Mt. Hood Skibowl
    – Carte des pistes
    – Collins Lake Resort

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