La FQME: joueur d’importance dans le ski hors-piste au Québec

Qu’on l’appelle randonnée alpine, ski hors-piste, backcountry, ski dans l’arrière-pays, ski de haute-route, ski de randonnée ou ski de montagne, le désir de pratiquer ce sport adapté au terrain québécois est en constante évolution et connait depuis quelques années un essor qui n’est pas près de s’essouffler. Comme chaque hiver, beaucoup de curieux s’adonneront à la découverte de cette pratique de ski mais peu d’entre eux connaissent la Fédération qui régit et encadre ce sport au Québec. ZoneSki a eu l’occasion de réaliser une entrevue avec Maxime Bolduc, directeur ski de montagne à la FQME.

L’historique de la Fédération

La Fédération québécoise de montagne et d’escalade (FQME) est née en 1969, avec l’objectif de rassembler les gens passionnés de montagne, de ski et d’alpinisme du Québec et de représenter ces adeptes devant les instances de tous les paliers gouvernementaux. La Fédération se concentre depuis toujours sur l’escalade au Québec et on leur doit entre autres l’encadrement de plus de 90 sites de grimpe extérieurs (69 en été et 21 en hiver pour l’escalade de glace). En revanche, ce n’est que depuis 2015 que la FQME encadre et développe activement le ski de montagne, bien que ce mandat figurait dans la charte de la Fédération depuis sa création. La pratique de plus en plus fréquente du backcountry au Québec a mené à un enthousiasme grandissant qui s’est décuplé au cours des dernière années et le besoin s’est fait sentir de devoir aller de l’avant avec le ski dans les bureaux de la FQME.

La structure classique de la FQME, dotée d’un conseil d’administration, d’un conseil exécutif et de commissions (sport, sites, ski, formation, clubs régionaux) permet à la Fédération d’agir sur tous les terrains qui la concernent. L’équipe permanente de direction chapeaute le tout, sans oublier les bénévoles sans lesquels il serait beaucoup plus ardu de développer les nombreux sites.

Ses actions

La Fédération opère sous plusieurs angles, qu’il s’agisse du ski de montagne ou de l’escalade:  développement de l’accessibilité du territoire, communication avec les instances concernées, demandes de droits d’accès et permis de coupe, etc. Elle s’occupe de créer des ententes avec les propriétaires terriens, les organismes et comités locaux ou encore des entreprises. Le travail accompli comporte également beaucoup de prospection, de planification, de réflexion et de recherche pour élaborer les plans d’aménagement, l’encadrement et la promotion.

Consciente que le développement des nouveaux sites passe par la communauté locale, la FQME invite la population à communiquer avec elle pour soumettre des sites potentiels. La popularité grandissante de la discipline fait qu’il est de moins en moins rare aujourd’hui que l’on contacte la FQME pour faire part d’un endroit, d’une montagne, bref d’un secret qui gagnerait à être développé. Il va de soi que l’équipe doit aller mesurer cet enthousiasme sur place afin de voir si le potentiel est bel et bien réalisable en fonction des ressources et si le site en question vaut l’investissement.

L’importance et les avantages de l’adhésion

L’adhésion annuelle à la FQME procure à ses membres plusieurs avantages pour seulement 65$. L’intérêt principal d’une adhésion constitue une assurance partagée, couvrant le skieur (en montagne hors des stations de ski) quant à la responsabilité civile partout dans le monde ainsi qu’une protection accident invalidité partout au Canada. L’adhésion n’est pas seulement une assurance: chaque inscription contribue à donner de l’importance à la Fédération et lui permet d’avoir plus de poids quant aux communications et ententes avec les ministères de même qu’à l’obtention de financement. Une bonne partie du montant de l’inscription sert également à l’aménagement et l’encadrement de sites plus sécuritaires.

On peut compter au Québec sur 17 sites accrédités par la FQME pour le ski de montagne et chaque année s’ajoute du nouveau terrain. Pour ce faire, les travaux d’aménagements sont évalués et élaborés avec des consultants et ingénieurs forestiers afin de minimiser les impacts sur l’environnement. L’accent est mis sur les bonnes pratiques afin d’établir une planification qui permet de créer des sites de ski de montagne écologiques respectant l’aménagement durable et la diversification forestière. En résumé, plus la FQME compte de membres, plus il y a de voix pour être entendu et plus il y aura de sites encadrés pour pratiquer ce sport en toute sécurité.

Entouré de neige au Mont Hereford. Photo Julien Guay

Sécurité avant tout

Clairement affichée sur le site web de la FQME, l’approche présentée est celle de l’éducation, de la responsabilisation et de l’acquisition d’expérience. L’expansion des domaines de ski de montagne et la démocratisation du sport mènent invariablement à une augmentation des risques; chose que la FQME aborde avec une approche préventive et ouverte à la communication et à l’éducation.

Owl’s Head, 29 janvier, jouer comme des enfants

Aaaaah les Cantons-de-l’Est ! On adore ses campagnes vallonnées à perte de vue, ses boisés feuillus dégarnis l’hiver laissant espace aux skieurs aguerris… et son lac gargantuesque ! Oubliez le drone pollueur sonore, le meilleur endroit pour apercevoir le Memphrémagog est au sommet du Mont Owl’s Head. Encore faut-il y aller par temps clair, à prévoir selon vos goûts ! Pssst, lorsque le ciel est nuageux, c’est pour la neige peu skiée qu’on s’y dirige.

Piste #26 Lake View
Piste #29 Kandahar

Est-ce que Owl’s Head est encore le secret le mieux gardé de l’Estrie ? C’est difficile à dire. Certains l’affirment toujours, d’autres essaient plutôt de préserver le plus possible la destination autrefois oubliée. La réponse est variable. On peut tomber sur une journée tranquille, mais les fins de semaines occupées existent également. Lors de notre passage un dimanche en pleine bordée, c’était très tranquille. Chose certaine, les nouveaux propriétaires (depuis 2018) ne cessent de faire évoluer la station afin de la rendre la plus efficace pour ses clients, et ça marche. On peut prendre le temps de s’y amuser.

La remontée Sommet, un dimanche à 14h alors que 10 cm nous tombent dessus en peu de temps.

Les remontées, toutes en opération

La volonté de la direction est claire : s’assurer d’utiliser le plus souvent et rapidement possible chacune des remontées. Les 5 télésièges quadruples offrent l’accès à des secteurs différents. Cette répartition permet de mieux gérer les fameuses pointes d’achalandage de 10h30 à midi. L’enneigement avait été prévu en fonction d’offrir des options et c’est réussi. Au total, c’est 90% du domaine skiable qui est maintenant enneigé annuellement. C’est assez incroyable quand on y pense: une armée de 300 canons à neige munie d’une nouvelle station de pompage canarde le domaine, pour notre plus grand plaisir.

Quelques canons de l’arsenal à gauche

Les sous-bois, ouverts plus rapidement

L’équipe d’entretien ne travaille pas seulement fort à la fabrication, mais également à la remise à niveau des sous-bois. On part de loin de ce côté. Une généreuse couche de neige était nécessaire à chaque année. Du nettoyage a été fait en ce sens et notre envie de les explorer est comblée. Il y en a de plus en plus d’accessible sans avoir besoin de 3 mètres de neige.

Piste #32 Ponsoon
Piste #43 Les Falaises

Grande nouveauté 2023 : Ski de fond

L’annonce en a surpris plus d’un et la réaction a été immédiate. Provenue de nulle part, une piste de 4.5km pour les fondeurs a été aménagée sur le golf et sera tracée régulièrement.

La hausse des skieurs de cardio se poursuit. Owl’s Head a très bien compris la nécessité d’encadrer la pratique du ski de fond.

Voilà une belle offre complémentaire si on veut y passer plus d’une journée… ou diversifier une grosse sortie pour ceux désirant brûler ce qu’il reste dans le réservoir.

Owl’s Head est une destination familiale, avec des défis, de la variété et des paysages. En prime, plus souvent qu’autrement, votre retour sur l’investissement monétaire d’une journée sera assurément garanti en effectuant beaucoup de descentes. Vous atteindrez fort probablement aussi la capacité physique maximale de votre corps avec une grande satisfaction. Vive les endorphines!

Piste #37 Rodeo
Piste #6 Centennial

Mont Orford, 29 janvier: Enfin la neige!!

Suite à ma première visite de la saison dimanche dernier (le 22 janvier), j’étais resté sur mon appétit, car la région des Cantons de l’Est manquait littéralement de neige. Étant un habitué, je sais que le Mont Orford pratiquement sans neige n’est pas le vrai Mont Orford que je connais avec tout son potentiel!

Une semaine plus tard, jour pour jour, je retourne à cette grosse montagne des Cantons-de-l’Est pour y skier sur 52 centimètres de nouvelle neige fraichement tombée lors des derniers jours. Orford en mode pistes damée et Orford en mode sous-bois sont deux mondes différents. La semaine dernière, je devais me contenter de skier sur les pistes régulières de la station en passant d’une verte à une bleue et si je m’aventurais dans une piste noire, je devais skier très prudemment, car les pistes abruptes étaient glacées et désagréables à skier. Il n’y avait que deux pistes accessibles à partir du sommet la semaine dernière et la remontée principale de la station, l’Hybride, était pratiquement déserte, car peu de skieurs téméraires osaient affronter la glace de la piste Trois-Ruisseaux ainsi que la piste Maxi.

Max en plein contrôle dans la partie centrale de la Contour

Max à la recherche du maximum de poudreuse encore une fois dans la Contour

Les bienfaits de la tempête

Une semaine plus tard, c’est tout le contraire qu’on vit en montagne: la remontée hybride est pleine de skieurs et planchistes, et la station a pu ouvrir des pistes populaires comme la 4 kilomètres ainsi que la Grande Coulée, ce qui permet de diluer les skieurs. La Maxi ainsi que la Trois-Ruisseaux se retrouvent en bien meilleures conditions et surtout, on assiste enfin à l’ouverture de quelques sous-bois à partir du sommet d’Orford, afin de nous permettre de nous épanouir au maximum: on va se le dire, les sous-bois de cette montagne sont des plus rock n roll au Québec! Si vous êtes à la recherche de bonnes doses d’adrénaline, je vous suggère fortement de venir y faire un tour. Les sous-bois les plus relevés sont, à mon avis, ceux de la montagne principale. À noter que le secteur des Légendes (sur le Giroux) étaient fermés lors de mon passage. Il fallait tout de même être vigilant à certains endroits abrupts et plus serrés, car quelques obstacles naturels étaient au rendez-vous malgré la cinquantaine de centimètres de nouvelle neige. Je ne suis pas le seul à apprécier les nombreux sous-bois de cette montagne, bon lot de skieurs et planchistes avait déjà pris l’assaut de ceux-ci depuis jeudi dernier. Par chance, une douzaine de nouveaux centimètres nous sont tombés dessus durant la journée.

Moi-même dans le bas de la Passe de l’ours
Ce qui arrive parfois lorsque nous sommes trop téméraire

Retenez ces noms: la Passe de l’Ours, la Chevreuil, la Porc-Épic, l’Orignal et l’Écureuil! Si ce sont des noms qui vous disent quelque chose, c’est que vous êtes un habitué de la station… et non, ce ne sont pas des animaux, ce sont des sous-bois double losange du Mont Orford, qui vont vous en donner pour votre argent! Laissez-moi vous dire qu’après une bonne journée sur cette grosse montagne à rendre visite à la faune locale, vous en aurez pour quelques jours à ressentir physiquement tous les caps rocheux que vous avez sauté ainsi que toutes les bosses que vous avez affrontées dans les nombreux et long sous-bois du versant Orford!

La remontée l’Hybride au sommet d’Orford en pleine tempête

Paysage féérique dans le bas de la passe de l’Ours

Si vous n’êtes jamais allé à Orford, demandez à un habitué des lieux (un local, comme on dit!) de vous faire découvrir les endroits les plus agréables à skier hormis les pistes damées, vous allez découvrir de nombreux sous-bois à couper le souffle ainsi que des décors féeriques tout en vous amusant et en faisant travailler vos cuisses.

Poudreuse à profusion dans la partie du bas de la Contour

À venir prochainement

Le 11 février prochain, la Coupe des 3 Sommets attend les plus courageux avec une version hivernale: cette course offre trois parcours pour tous les niveaux de défis, que ce soit en raquettes, en randonnée avec crampons, ou en randonnée alpine. L’objectif est de parcourir les sentiers qui sillonnent les trois sommets de la station pour découvrir le paysage hivernal autrement!

Un autre évènement spécial à ne pas manquer est la 2e édition de l’évènement (de style 24 heures) Ski ta vie qui aura lieu les 11 et le 12 mars prochain, où vous pouvez relever le défi en équipe d’y faire 60 descentes ou 16 en randonnée alpine afin de ramasser le plus de dons possibles pour des organismes bénéficiaires.

Moi-même ici dans une partie de la Super

Avec toute cette nouvelle neige reçue depuis 72 heures, la région des Cantons de l’Est et le Mont Orford vous attendent en grand nombre afin de profiter des meilleures conditions de neige disponible depuis le début de la saison! Maintenant, ça vaut vraiment la peine d’aller sur la rive sud de Montréal, car les Cantons ONT DE LA NEIGE !!

Station plein-air Val-Mauricie, 28 janvier: Découverte familiale à l’ancienne

Voici une station de ski que je n’ai jamais visitée. Suite à une invitation de ma soeur pour aller glisser en famille à la Station plein-air Val-Mauricie située à Shawinigan-Sud, je fus heureux de constater que le billet de glissade sur tubes donnait également accès aux pistes de ski (et vice-versa). Cela permet de varier les plaisirs à bon prix, ce qui me convient parfaitement! On y offre également un service de location d’équipement à prix raisonnable et des cours de ski et de planche à neige. Ma fille Rose, 8 ans, a accepté de m’y accompagner le temps de quelques descentes. Si l’achalandage était fort dans les pistes de glissades, le secteur du ski alpin était plus tranquille.

La station, d’un dénivelé de 75 m, compte 8 pistes de ski alpin et de planche à neige bien adaptées aux débutants et aux familles. Elle est ouverte les samedi et dimanche, ainsi que durant la semaine de relâche. Avec la météo douce et les conditions de neige exceptionnelles, rien n’aurait pu nous faire penser que les pistes de ski venaient tout juste d’ouvrir, la station ne disposant pas d’un système d’enneigement. Doté de trois remontées mécaniques terrestres, l’endroit nous charme par son cachet rustique quelque peu « à l’ancienne »!

Le spacieux chalet n’a rien d’ancien puisqu’il fut entièrement reconstruit suite à un incendie ayant eu lieu en 2018.

Une équipe attentionnée et un terrain varié

Pour ma fille et pour plusieurs autres jeunes skieurs, c’était la première expérience quant à l’utilisation d’un téléski. Heureusement, les employés étaient patients et bienveillants, même après qu’un petit garçon ait chuté trois fois de suite. L’équipe de patrouille, bien présente et active, disposait d’une motoneige à laquelle est attachée une remorque adaptée pour transporter les blessés ou, comme j’ai pu le voir, ramener plus rapidement au sommet un enfant qui ne se sent pas bien.

Les pistes, bien qu’elles ne soient pas très longues, offrent une variété appréciable et ludique : secteurs dégagés, secteurs boisés, pistes pistes larges, pistes étroites, sections pentues, faux plats, des devers variés ainsi que des espaces non-damés en bordure de piste ou à leur intersection. On y retrouve des pistes faciles ainsi qu’une piste intermédiaire. Un parc à neige est aménagé en février ou lorsque les conditions le permettent dans la piste la Bambino.

Un grand parc multi-activités

La station plein-air n’est qu’une petite partie du Parc de l’Île Melville situé aux abords de la rivière Sainte-Maurice. Appartenant à la ville de Shawinigan, ce grand centre multi-activités quatre saisons au long historique est géré par un organisme à but non-lucratif du même nom.

Outre les activités citées plus haut, on y retrouve des pistes de ski de fond tracées et entretenues (15 km) et de raquette (12 km). Le reste de l’année, on y propose une piscine (hors d’usage actuellement), des sentiers pédestres, des parcours d’hébertisme aérien Arbaska, une marina, un réseau cyclable, ainsi qu’une offre d’hébergement incluant un terrain de camping avec un dépanneur, des installations prêt-à-camper, la location de chalets ainsi qu’une auberge. Mentionnons également la superbe vue sur la rivière et sur la région!


Voici la magnifique vue estivale de l’autre partie du parc que l’on retrouve en couverture du site web de l’organisme.

En conclusion

Les habitants de Shawinigan et des alentours sont choyés d’avoir accès à une aussi charmante station de ski qui nous fait un peu voyager dans le temps, et ce, en plein coeur de la ville. Et ce grand parc, dont j’avais peu entendu parler jusqu’ici, a piqué ma curiosité puisque je compte y retourner pour le ski fond et pour les activités estivales. Longue vie à la Station de plein-air Val-Mauricie ainsi qu’au Parc de l’Île Melville!

La Réserve, 28 janvier: Jour de tout

Une autre journée où la route est interminable. Les conditions routières, et la charrue-escargot, ont presque eu raison de ma patience. Cette journée aura été témoin de tout. Si quelqu’un doute de l’engagement du chroniqueur, gardez ça pour vous.

Tout comme dans le mot « neige »

Qui l’aurait cru? Il a encore neigé la nuit dernière; entre 10 et 12 centimètres. À l’ouverture de la station, le terrain est vierge. Alors, les nouvelles traces se profilent derrière chaque skieur et planchiste. À mesure que la journée évolue, et que le nombre de visiteurs augmente (c’est beaucoup dire), l’état de la neige se modifie. De neige pure et vierge, on passe en matinée à des bosses molles et de la neige tassée. Vers midi, les jambes commencent à payer le prix des bosses grossissantes et des tas qui se creusent en vallées de plus en plus profondes. Encore bien du plaisir sous les skis. Vers 13:00, les pistes les plus achalandées (le mot est fort) deviennent ce que la plupart d’entre nous considérons comme de belles surfaces sans glace. « Juste » des conditions très favorables à du bon ski. Et le soleil qui se met de la partie en mi-journée. Il vente, il neige, ça arrête, ça recommence, la neige tourbillonne, le vent coupe le souffle, le soleil sort, disparait et ressort. Éventuellement, le soleil gagne en verve et domine. Le vent lui, augmente.

Tout comme dans le mot « terrain »

La montagne est finalement complètement accessible (en fait, 36 pistes sur 37). Autant en pistes, en sous-bois qu’en hors-piste. Il était temps! Partout, la glisse se fait en douceur et en silence sous les skis et les planches. Évidemment, quelques parties de pistes durcissent un peu en après-midi. Aucun souci! Il n’y a de glace nulle part. Une rareté cette saison! Je descends des sous-bois enfin sans inquiétude. Les Sous-sous-haut et Sous-sous-bas sont superbes. Et pas mal fréquentés! Le versant Nature reçoit son lot de randonneurs alpins. Les plus braves fréquentent les Chute libre haut et Pirouette. En mi-journée, il n’y a guère de nouvelle neige qui reste au sol sur ces deux pistes exhibitionnistes. Cependant, ce n’est rien pour stopper les aventuriers. La Réserve c’est globalement du terrain pour skieurs aventureux; les autres préfèrent peut-être la station voisine à l’autre extrémité du village de St-Donat.

Tout comme dans le mot « skis »

C’est jour de démo. Ça explique ma visite, bien que j’aime énormément La Réserve. Oberson a envoyé sur place un groupe de techniciens pas piqués des vers. Parmi eux, mon mentor du jour: Mathieu. Ils ont dans leur bagage une très vaste sélection de skis et planches à neige, pour tous les goûts et niveaux d’expertise. Bien entendu, aujourd’hui n’est pas la journée type de « carving ». Par contre, les conditions molles et évolutives nous permettent de mettre à l’essai une variété de skis au gré des changements de conditions. À l’ouverture, des skis souples et très larges permettent de savourer la nouvelle neige. À mesure que la journée progresse et que l’état des pistes se modifie, et en fonction du terrain de jeu retenu, les « techs » d’Oberson me guident vers des skis qui se révèlent être les bons à chaque descente. Mon coup de coeur, peut-être à vie, se porte sur les Stockli Stormrider 88. Soyeux et puissants, ils me font sourire et serrer des dents en même temps. De la puissance en douceur, ça se peut. Profiter d’une journée démo c’est une occasion unique d’essayer autant de skis et planches que l’on souhaite. Sans avoir à payer! Quand vient le temps de renouveler une paire de skis, je sais toujours où arrêter mon choix, car je fréquente les démos plusieurs fois par saison. Le calendrier des journées démos est ici. Pour faire changement, il neigera demain à La Réserve! Ah, si je n’étais pas si enrhumé… De toute façon, le ménage peut attendre n’est-ce pas?

Oberson a aussi des planches à neige dans son éventail d’équipement de glisse à essayer gratuitement.

Ski et gastronomie au Massif de Charlevoix : le paradis des épicuriens

Bien skier, bien manger : la combinaison parfaite recherchée par tout skieur épicurien qui se respecte. Au Massif de Charlevoix, si le paradis est la descente vers l’eau, alors la ressuscitation se trouve au sommet du télésiège Camp-Boule. Le nouveau restaurant Camp Boule – Buvette de montagne ouvert en juillet 2022 remplace le vieux chalet, qui abritait anciennement une crêperie, par une expérience dans la lignée d’une gastronomie du terroir inspirée par la région d’où s’élève la célèbre montagne charlevoisienne.

Mais avant de parler bouffe, il faut bien faire quelques descentes pour s’ouvrir l’appétit. 😉

L’appétit vient en skiant

C’est sur une neige fraîchement tombée que mon collègue Michel Longpré et moi faisons nos premiers virages dans La Petite-Rivière, sur un épais tapis blanc qui laisse enfoncer les carres dans une surface molle aux douces sonorités duvetées. Il faut dire que la veille de notre visite le 27 janvier 2023, une tempête a laissé près d’une trentaine de centimètres d’or blanc sur la montagne, rendant les pistes damées sublimes et les sous-bois paradisiaques.

Dans le bas de La Pointue

Alors que La Petite-Rivière est un classique pour se réchauffer avec cette impression de plongeon en ligne droite vers le fleuve, l’exploration de tous les recoins du domaine skiable révèle des conditions impeccables : neige molle malléable, sous-bois aux arbres ensevelis de blancheur, pistes à bosses poudreuses.

Le haut de La Misaine

Que ce soit La Prairie, une piste damée de neige naturelle avec son esquive boisée connue sous le nom de L’Estran, ou encore le trio Le Mur – La Chaudière – La Pioché qui se jette dans La Pointue pour ravir les plus experts, le secteur Grande-Pointe révèle à chaque descente sa diversité d’environnements skiables.

Dans La Prairie, avec le boisé de L’Estran à droite.

Par la suite, direction Camp-Boule, où La Simard damée, La Dominique-Maltais boisée et La Tremblay bossue nous reçoivent dans des conditions de rêve. La texture de la neige est plus fraîche dans ce secteur, signe que nous nous élevons vers le haut du paradis skiable.

La Tremblay en belles bosses molles.

L’appétit se creuse au rythme des descentes, et l’odeur qui émane du restaurant Camp-Boule stimule encore davantage l’imaginaire gustatif qui se cache derrière les parois de cette buvette de montagne. Il est 11h30, c’est le moment de se rassasier.

Le festin du midi

Le terme de « buvette » en restauration signifie un petit restaurant ou un comptoir où l’on sert généralement des boissons et des repas légers. C’est le concept de ce nouveau lieu haut de gamme qui se trouve tout juste à la sortie du télésiège Camp-Boule, s’ajoutant à l’offre gastronomique déjà alléchante du chalet du sommet dont la cafétéria est reconnue pour son menu relevé.

Le nouveau restaurant au sommet du Camp-Boule.
Modernité et ambiance chaleureuse.

L’intérieur du restaurant Camp-Boule est très moderne, chaleureux et intime. Les multiples grandes fenêtres assurent une vue imprenable sur le fleuve et, pour les journées de printemps et d’été, une terrasse extérieure surélevée met en valeur le paysage paradisiaque du Massif de Charlevoix.

La salle à manger offre une vue impressionnante.

Nous avons apprécié le menu distinctif, inspiré du terroir et mettant en valeur les produits locaux, pensé également pour un public de skieurs qui veut bien manger mais ne pas perdre trop de « temps ski ». Dans cette optique, le service est rapide, et les plats bien dosés entre la légèreté et la consistance. Pour un skieur pressé de skier, en 30 minutes le repas est pris et la panse est bien remplie. Mais ne vous y méprenez pas : il y est aussi possible de prendre son temps, savourer une boisson et profiter longuement du paysage.

Le menu est simple mais diversifié. Un repas du jour à trois services est également offert, selon l’inspiration du chef.
Le plat principal du menu du jour: un pain de smoked meat et son jus servi sur une choucroute et patates pilées.
Le repas de raclette.

Ce nouveau restaurant vient compléter à merveille l’offre gastronomique au Massif de Charlevoix, et permet un temps d’arrêt relax avant de repartir sur les pistes. Parce qu’une fois la nourriture ingérée, la journée de ski est loin d’être terminée. Il faut maintenant digérer…

La digestion

On en ressort rassasié, mais pas alourdi puisque la nourriture est de bonne qualité. Le prix est en phase avec le type de restaurants de la catégorie dans laquelle il s’inscrit. Bien manger, c’est s’offrir un luxe; bien skier l’est tout autant. L’expérience est donc complète et notre après-midi s’inscrit dans la continuité d’une journée sans faille. Nous skions allègrement partout sur la montagne avec toute l’énergie dont nous disposons.

La Martine non damée, L’Écoutille bien damée, ou encore L’Archipel peu skiée, sont des coups de cœur d’un après-midi de ski qu’on voudrait éternel. Entre le fleuve au bas de la montagne où s’étend un ciel d’eau aux textures bleutées et glaciaires, et le firmament d’un bleu irréel découpé par les figures blanches des sapins enneigés, s’élève définitivement un domaine skiable parmi les plus esthétiques du continent. Et de surcroit, qui sait plaire aux nouveaux épicuriens du ski, pour qui le mantra est désormais : bien skier, bien manger.

Massif du Sud, 27 janvier, Aïeee ! Cardio, jambes !

J’avoue m’être fait convaincre d’aller au Massif du Sud en voyant leur publication Facebook la veille ! Quoi !? 42 centimètres de neige pas encore skiée ??? Qui ne voudrait pas être carrément téléporté vers cette bordée incroyable ? En ce vendredi matin, j’ai décidé de me lever à 4h30 et partir vers 5h de Saguenay pour arriver là-bas à l’ouverture. Il faut croire que la vidéo virale « Gab-Phonique – Faites sonner pour avoir plus de neige » que j’ai vu circuler dans les dernières semaines a porté fruit !

Pistes non-damées

Un avantage qui me parle beaucoup en tant que planchiste, c’est que la plupart des pistes, après une bordée, sont laissées au naturel. En plus, on peut se dire le secret: la station n’étant pas ouverte la semaine, la neige s’y accumule pour que le vendredi les locaux et les crinqués explosent littéralement toute cette poudreuse.

Le paysage féerique

En entrant dans le premier sous-bois, je suis restée là, bouche pendue et abasourdie… Figée sur place, je ne faisais que contempler autour de moi. La dernière bordée a transformé les arbres en fantômes des neiges. C’est incroyable de voir des sapins entièrement écrasés et allongés. La neige collée sur le tronc nous fait comprendre à quel point la tempête à laisser sa trace.

Cardio, jambes pour planchistes aguerris

Oui, oui, planchistes locaux, vous semblez tous passer le faux-plat du retour vers le télésiège : « Comme un pet » ; Ouf ! C’était moi la fille en planche qui bloquait le chemin et qui était d’une lenteur qui faisait peur. Probablement que vous aviez le temps de faire 2 descentes avant que je ne sois de retour au télésiège. Mes pulsations cardiaques à la hausse et les muscles avant de ma cuisse étaient en souffrance à la fin de la journée. C’est en partie dû au fait que je devais me pousser avec le pied, mais aussi parce que ma position est « Regular » donc sur le faux-plat, j’étais toujours en train de tirer les orteils vers le haut. Je vous lève mon chapeau de prendre ce chemin comme-ci de rien n’était ! J’aurais donné tout l’or du monde pour avoir des bâtons de ski.

Mon coup de cœur « La Cathédrale »

Dans les sous-bois, le plaisir, la gaieté et le bonheur sonnaient de tous les côtés. Des « Wahou, Wow, Wah » résonnaient au travers les arbres. On pouvait les entendre au loin, sans même y voir un seul humain visible ! La Cathédrale m’a complètement rendu « GAGA » avec sa pente parfaite et le ruisseau tout en bas de la partie plus pentue. Et surtout, c’est là que j’ai vu les arbres fantômes gigantesques !

La station touristique du Massif du Sud est un splendide terrain de jeux à voir absolument après une bordée de poudreuse ! Bon ski à ceux qui iront en fin de semaine, car les pistes seront encore bondées de neige.

Mont Ste-Marie, 26 janvier: Parfait (presque…)!

Il a neigé toute la nuit. Dans mon petit Airbnb à Ottawa, j’attends impatiemment que le jour se lève pour pouvoir filer vers le Mont Ste-Marie, à 1:30 de route d’ici. Quand ce moment arrive, il fait encore très sombre dehors. L’auto est recouverte de plus de 20 centimètres de neige légère. Il neige toujours. Fébrile comme un p’tit gars devant la vitrine d’un magasin de bonbons, je prends la route.

Mes efforts sont récompensés

Entre le déneigement de l’auto, la sortie du minuscule stationnement dans le fond d’une cour pas déneigée et la conduite dans la « slush » et la neige jusqu’au MSM il a fallu pas mal plus de temps que ce qu’annonçait Google Map. Je dois mener une bonne vie parce que j’arrive quand même 30 minutes avant l’ouverture de la station. Tous ces efforts se révéleront fort bien récompensés par une journée de ski fantastique. Je découvre MSM sous près d’une vingtaine de centimètres de nouvelle neige. Rien n’a été damé! On est bénis! Par endroits, des poches de neige atteignent plus d’un pied. Le domaine skiable est vaste et réparti sur deux versants: Vanier et Cheval Blanc. Le dénivelé atteint un très respectable 405 mètres (altitude de 588 mètres). Il n’y a presque personne sur la montagne et je fais des nouvelles traces jusqu’à mon départ, à 14:30. Je ne suis pas venu en vain. Cependant, je retourne au Airbnb essoufflé!

Les versants

Le versant Cheval Blanc offre des pistes hallucinantes! Ainsi, Betsy (double noire) est un méga « pitch »! Avec la neige abondante et sèche sous mes pieds, j’en prends plein les jambes. Et la gueule! La Dustin Cook, classée diamant noir, est très large; les bosses molles qui s’y forment au fil de la journée rendent le ski de plus en plus technique. Du côté du versant Vanier, l’intensité de mes descentes est toute aussi forte. Les Yodel, Radar et Bellevue sont autant de pistes intermédiaires qui demandent à être redescendues fréquemment. En fait, partout sur cette montagne le tracé des pistes est celui d’une époque surannée où le plaisir du skieur était plus important que le déplacement de la machinerie d’entretien. Dit autrement, les pistes suivent ce que la montagne a de mieux à offrir au skieur/planchiste. Les Sérénade et Tornade (intermédiaires) sont deux parfaits exemples de cela. Le tracé y est sinueux et suit le contour et les vallées de la ligne de pente. Fabuleux! Mais tout n’est pas parfait; c’est ici qu’on retrouve le « presque » du titre de cette chronique. En effet, la montagne est constituée de plusieurs faux plats à travers lesquels on perd beaucoup de vitesse. Au point même de devoir « pôler » assez fréquemment. C’est ainsi que je me contente d’une seule descente dans ce qui aurait pu être mon terrain de jeu privilégié pour 4 ou 5 descentes: la Crescendo commence magnifiquement, s’enfile dans un « pitch » pentu, étroit et soutenu dans lequel des plateformes à saut ont été aménagées, et se termine par une longue enfilade moche de « pôlage »… La poudreuse y est pourtant tellement irrésistible.

Rustique

La station en entier respire le ski d’une autre époque. J’adore ce caractère rustique empreint de simplicité et de personnalité. Tiens, le chalet par exemple. Pas ancien, mais certainement pas le plus moderne non plus. Le bois domine, les boiseries ont la patine que confèrent des années de frottement par les manteaux des skieurs. Réparties sur deux étages, les différentes sections du chalet donnent une sensation de petitesse, qui n’est pas fidèle à ce qu’est véritablement le bâtiment. On n’y manque pas d’espace, sauf que la succession d’espaces et de paliers crée une sorte d’intimité feutrée. En somme, on s’y sent comme chez soi. Sur la montagne, là aussi le caractère vieillot se fait sentir et c’est très agréable. On constate ainsi que l’hiver 2023 qui n’a pas encore lâché tout son fou, n’a pas été supplanté par une injection massive de neige fabriquée. Plusieurs pistes sont encore fermées. Certes on enneige mécaniquement, mais on ne fait pas dans la démesure que l’on retrouve si souvent ailleurs. On skie dans la nature, au naturel. Avec un p’tit coup de pouce bien entendu. Et tant qu’à parler de caractéristiques peu communes, je souligne (et adore) le recours à une navette à l’ancienne pour mener les skieurs d’un versant à l’autre: un petit train constitué de wagons ouverts. Trop cool!

Ici on ne craint pas les voleurs.

Quand on a « trop » hâte

Cette visite à Mont Ste-Marie, notre première à vie, nous l’avions prévue depuis une semaine. Nous ne savions pas encore qu’il allait neiger et que nous serions accueillis par la « poudre du jour ». Quel menu! MSM est une station de ski québécoise qu’il faut visiter au moins une fois dans sa vie. Préférablement, plus d’une fois. Elle est unique et elle pousse le skieur sérieux à surmonter des défis dignes du nom. Même sans une chute de neige récente, il est clair que la station saurait me plaire. Dorénavant, le Mont Ste-Marie figure très haut dans ma liste de stations de ski préférées. Je vous invite à venir voir pourquoi. Pour reprendre une expression populaire, j’ai « trop » hâte de revenir!

Mont Sutton 26 janvier – 100% poudreuse et sous-bois

Le sud de Montréal a reçu son lot de précipitations liquides depuis le début de la saison mais cette disette de neige semble être finie. On peut dire que la vraie saison de ski est enfin commencée en Estrie! Il est tombé une vingtaine de centimètres de neige au Mont SUTTON depuis 24h de sorte que plusieurs sous-bois ont été ouverts offrant une bonne couverture naturelle… Enfin!

Les conditions de neige variaient cependant selon l’altitude: au bas de la montagne, dans le secteur 2, la neige était plus lourde, voire même humide alors qu’elle était sèche et légère dans les secteurs 4 et 7 pour le plus grand plaisir des skieurs présents aujourd’hui! Il semble y avoir eu un peu de pluie à la base alors que rien de négatif n’était à signaler au-dessus de 600m d’altitude.

En piste, c’était donc un marathon de sous-bois et pistes à bosses à volonté alors qu’on pouvait se laisser aller sans retenue jusqu’à ce que les quadriceps nous brûlent.

David en action dans le sous-bois IV-A.
David en action dans le sous-bois IV-A.

Cette neige sèche était quand même un peu compacte donc aucun danger d’accrocher quoi que ce soit. Ce n’est pas compliqué, on allait de bosse en bosse et ça faisait simplement pouf! C’était même des conditions idéales pour découvrir le Mont SUTTON pour certains tout en permettant d’améliorer sa technique de neige folle et de ski de bosses!

Rémi à sa première visite au mont Sutton en action dans le sous-bois IV-B.

Du côté du secteur 7, les pistes extrêmes « triple-diamants » comme la Bou-Bou (haut) étaient ouvertes avec de très bonnes conditions mais quand même avec certains passages plus techniques.

Passage plus technique vers le haut du sous-bois Bou-Bou.

Tout le secteur 7 ne semble pas avoir été enneigé mécaniquement, de sorte que les conditions étaient optimales et anormalement très peu glacées.

Exil (haut) bien couverte.
Maxime dans le haut de l’Émotion.

Sortez vos skis larges pour en profiter pleinement, on est enfin rendu là en Estrie!

Bon ski!

Val St-Côme, 23 janvier: La grosse

La grosse station, oui. La montagne domine le paysage avec ses 300 mètres de dénivelé et son sommet principal qui culmine à 600 mètres. Ses 37 pistes (presque toutes ouvertes en date d’aujourd’hui) en mettent plein la vue. Et plein les émotions. Et re-plein les jambes. Je n’en suis qu’à ma deuxième visite à vie et je me demande encore pourquoi je ne suis pas venu plus souvent à VSC. Les 2 heures 40 de route ce matin y sont peut-être pour quelque chose… Malgré cela, ma visite est digne de mention.

Des pistes de fort calibre

Chaque station qualifie ses pistes en fonction du terrain qu’elle possède. Ainsi, les pistes bleues de Val St-Côme sont certainement des noires dans beaucoup d’autres stations. Me vient en tête une piste verte pas banale: L’Autoroute. Elle en a la largeur et le profil; on peut y filer rapidement juste au pied de l’imposant cap rocheux du deuxième sommet de la station, le versant 1000 pieds. C’est sur ce versant que je descends les sous-bois Les Caps et La Coulée. Le fond n’est pas très épais mais on y passe sans dommage pour les skis. Sensations fortes garanties! Cependant, rien n’est parfait. Ces deux sous-bois débouchent sur la piste 343. Plate comme tout. Autant au sens figuré qu’au sens propre. Si vous n’êtes pas obligé de descendre les trois pistes de niveau débutant du versant 1000 pieds, n’y allez pas; il faut « pôler » sur une bonne longueur. Dommage car elles ont chacune un tracé magnifique, serpentant parmi d’énormes conifères lourdement chargés de neige. À 11:30 je suis le premier à m’y aventurer (ce mot est trop gros pour ces pistes). Dans le milieu de la piste un renard se fige dans son sautillement lorsqu’il me voit. Il me regarde comme si j’étais venu du ciel, mon avion abimé. Les visiteurs sont rares dans son domaine… Je sors d’ici aussi vite que je peux afin de retourner sur la Grande Allée avant que les plaques durcies deviennent trop nombreuses.

Que cela ne vous retienne pas. En avant-midi, les pistes sont en très bon état et leur inclinaison est très respectable. Après le lunch, les surfaces sont devenues très dures. Par ailleurs, c’est le versant principal qui retient mon attention avec son secteur réservé au ski acrobatique. Du bas, regarder ces pistes à bosses et l’installation de saut est vraiment impressionnant. La Coupe du monde de ski acrobatique se déroulera ici les 27 et 28 janvier prochains. L’accès est gratuit. Partout sur les deux versants de la station on trouve du terrain sérieux. De la remontée mécanique, je vois des traces de skis et de planches à neige qui semblent sorties de nulle part et qui disparaissent dans des « pitchs » improbables et furtifs…

St-Côme, le village

Le village d’où la station tire son nom est tout près. Il a un caractère rustique, traditionnel, qui lui donne beaucoup de charme. En ce matin de janvier, je ressens la fierté et le sentiment d’appartenance des villageois à travers les énormes blocs de glace sculptés qui ornent les devantures de maison et les commerces sur la rue principale. On se prépare au Festival St-Côme en glace, du 4 au 5 février. Partout, les grands conifères recouverts de neige nous rappellent que nous sommes en terrain montagneux et que l’hiver y tient ses quartiers (enfin!). Les maisons anciennes et la vieille église me donnent l’impression que je verrai Séraphin Poudrier surgir entre deux énormes « pick-ups ». Dans ce village, la vie semble se dérouler paisiblement et à un rythme qui est de nature à favoriser la longévité des Cômières et des Cômiers.

À la revoyure!

Sur la route, un panneau nous annonce qu’on quitte le village. C’est écrit noir sur blanc: À la revoyure! Je reviendrai assurément. D’abord attiré par cette station impressionnante, et malgré la distance qui me sépare d’elle, et ensuite par le charme du village à proprement parler. À chaque nouvelle bordée de neige, VSC ne peut que devenir plus folle et plus belle. Si je me sens le courage de « pôler » sur des pistes langoureuses et invitant à la solitude, je tenterai d’apprivoiser le renard. N’a-t-il pas dit au Petit Prince que l’essentiel est invisible pour les yeux et qu’on ne voit bien qu’avec le coeur? Et du coeur, VSC n’en manque pas?