¡Hola! Adstock ! – Dimanche 22 janvier

Nous avons décidé de traverser vers la rive-sud de Québec malgré la grisaille et les nuages bas… Notre choix s’est arrêté sur le Mont Adstock pour son nouveau menu mexicain par le Chef Miguel. Vous avez bien lu !

Miguel arrive de Cancun et sa spécialité est la cuisine italienne. Mais ici à Adstock, c’est la cuisine de chez-lui qu’il partage avec beaucoup de fierté dans un espagnol/québécois tout à fait charmant. Lors de notre pause vers 11h00, il vient à notre table avec quelques totopos (chips de maïs) et sa guacamole qu’il n’espère pas trop salée. C’est assez pour nous donner rendez-vous pour le lunch ! Voyage au Mexique pour les papilles assuré !

Chef Miguel

Bien sûr, il y a du beau ski à faire en cette 70e saison du Mont Adstock ! Si, Señor ! Les nouveaux canons à neige et la douzaine de perches permettent à la station de mieux enneiger les pentes, et c’est tant mieux ! Les pistes plus difficiles à ouvrir, comme la Géante, sont maintenant accessibles plus rapidement. D’ailleurs, c’est notre piste coup de cœur de la journée. Un fond juste assez ferme, recouvert d’une fine couche de granuleuse, on enchaîne les virages.

La Géante

Une fois en bas, d’invitants chalets « ski in / ski out » sont disponibles à la location.

Une légère bruine verglaçante recouvre nos vêtements et nos lunettes de ski. Les nuages sont bas, mais après le dîner, j’ai pu apercevoir le long Lac St-François au sud-ouest de la station.

L’Express et à l’horizon, le Lac St-François.

Nous n’avons pas skié le secteur hors-piste. À la vue du petit sous-bois Moniteur, notre constat : il manque sûrement de neige. Par contre, nous avons de bons souvenirs de ce secteur que nous avons skié voilà deux ans. Avec la prochaine tempête qui semble se pointer dans quelques jours, jeudi matin sera peut-être parfait pour enfiler vos peaux d’ascension!

Sous-bois Moniteur

D’ailleurs, la station devrait organiser une corvée de nettoyage l’été prochain. Les arbustes sont plutôt hauts dans certaines pistes !

La Boréale fait partie des pistes dont les arbustes sont très présents.

Le dynamisme des centres de ski en région devrait en inspirer d’autres. Le Mont Adstock fait partie de ces stations qui investissent dans le développement de nouveaux secteurs et dans leurs infrastructures. D’ailleurs, au sommet, un magnifique refuge apparaît devant nous. Et le nouveau chalet principal devrait être construit pour la saison 2023-2024, dont 80 % des sous-traitants proviennent de la MRC des Appalaches. Bravo ! Ce sera splendide !

Source : https://regiondethetford.chaudiereappalaches.com/fr/actualites/construction-du-nouveau-chalet-daccueil-au-mont-adstock/
Refuge au sommet.

Et comment était notre lunch, vous vous demandez ? Empanadas et tacos ! Era delicioso ! (C’était excellent !)

Hasta pronto Miguel !

Le Valinouët, 21 Janvier, Oasis hivernale

Bien insouciant est celui qui ignore le pouvoir du flocon de neige. Ces millions de cristaux glacés se révèlent sous diverses formes lumineuses. Qui a dit qu’une oasis devait être composée d’une plage ? C’est pourtant une des premières images qui nous vient en tête. À peine à une heure de Saguenay, il y a bien une zone fertile. Le paysage n’y est pas brisé par des perches à fabrication de neige. Le terrain est 100% vrai, sans artifice, telle une île offrant un désert blanc.

Voguer sur cette neige douce nous laisse une sensation de liberté. Plus souvent qu’autrement, le silence est brisé par nos propres virages et non ceux des autres, car l’achalandage y est très modéré.

Biaisés sont les habitués du coin. Lorsqu’on parle de durci ici, on fait référence à des conditions plus qu’acceptables à bien d’autres endroits. Glacé ? Il faut vraiment se forcer.

Sous-bois La Gauthier

Skier à travers les arbres devient de plus en plus populaire au Québec et les stations s’efforcent de créer des passages boisés.

Un de ceux très intéressant entre la piste # 15 et # 16. Il y avait énormément d’espace à cet endroit et la station a eu la très bonne idée d’y ouvrir des brèches il y a des années.

Bien que ce soit classé très difficile, l’espace n’y est pas si étroit et la pente n’est pas très inclinée, sauf à 2 passages. En gros, pour le skier on doit quand même être très bon, mais ce n’est pas hors de portée de tous.

Autres activités que le ski

On va se dire les vraies affaires, si vous ne demeurez pas au Saguenay (ou au Lac !), aller au Valinouët demeure une expédition afin de rejoindre ce havre. Peu importe d’où on part de l’extérieur de la région, l’endroit n’est pas la porte d’à côté jusqu’aux Monts-Valin. Une personne moindrement sensée ne s’y rendra pas que pour y passer une nuit. Il faut voir la destination comme une escapade de 48 à 72 heures.

Le ski de fond y est gratuit, tracé sur 8 km. L’endroit est également magnifique pour la raquette. La fameuse « Vallée des fantômes » est bien présente tout autour de la station. Il y a plusieurs sentiers accessibles directement à partir du village alpin ou encore via la remontée, voilà un 13$ bien investi. Ici on met nos raquettes pour les vraies raisons. Bien que le sentier puisse paraître bien tapé, il suffit de mettre le pied à l’extérieur de celui-ci sans le bon équipement pour enfoncer d’un 30 cm rapidement, voire 60. C’est une expérience originale, mais mieux vaut avoir ses raquettes !

Les chanceux demeurant dans la région pourraient être également tentés d’opter pour un abonnement annuel de 200$ donnant accès illimité aux glissades en tube, ski haute-route et remontée-raquettes.

Dans un monde où la confiance s’amenuise, combien de stations s’en remettent à la bienveillance de mère nature ? Dans les Monts-Valin (haute altitude à près de 1000 mètres), l’espoir est constamment renouvelé. Les jours meilleurs existent toujours. Une escapade annuelle s’impose. Notre état émotionnel s’y laisse influencer facilement par les précipitations venues du ciel, ce n’est pas un mirage.

Chalet Cochand, Sainte-Marguerite-du-lac-Masson

La station de ski Chalet Cochand était située à Sainte-Marguerite-du-lac-Masson. On ne réalise pas aujourd’hui combien cette station, et son fondateur Émile Cochand, ont influencé le développement du ski dans les Laurentides.

Émile Cochand est né en Suisse en 1890. À 6 ans, il participait et gagnait sa première course de ski. Il n’est donc pas surprenant qu’au début des années 1910, il soit devenu un champion de ski. M. Ernest Desbaillets, en voyage dans son pays natal et qui cherchait un instructeur de ski pour un hôtel de Sainte-Agathe-des-Monts, lui a offert de venir y fonder une école de ski. Après un voyage de bateau éprouvant, Émile Cochand est arrivé à Halifax en septembre 1911. Il avait avec lui l’équipement de ski pour une centaine de personnes, ainsi que 6 traîneaux et 20 luges. L’hôtel en question était le Laurentide Inn situé au lac des Sables. Son propriétaire était Lorne MacGibbon et il était très enthousiaste pour le ski. Il faut savoir qu’à l’époque en hiver, la raquette était le sport en vogue. La photo du Laurentide Inn n’est pas de ces années, mais elle donne une bonne idée de l’importance de l’hôtel et de son emplacement.

Une année importante dans la vie d’Émile Cochand sera 1913, car il rencontrera Léa Berger, une jeune Suisse en vacances à Sainte-Agathe, en tombera amoureux, et le mariage aura lieu avant la fin de l’année. Elle possédait un talent qui deviendra très important dans l’histoire du Chalet Cochand, elle était une cuisinière cordon bleu. Grâce au travail d’Émile Cochand, dès l’hiver 1913-1914, Sainte-Agathe était devenu un centre renommé pour le ski. Tout allait pour le mieux quand tout bascula avec le déclenchement de la guerre en 1914 en Europe. L’hôtel fut réquisitionné par le gouvernement pour s’occuper des soldats blessés.

Le jeune couple avait un ami, Jack Kerr qui possédait une petite propriété à 2 milles de la gare de Sainte-Marguerite. Tout près de cette propriété, un M. Robinson possédait un terrain de près de 500 acres, avec un chalet, une maison de ferme et une écurie.

Devant trouver rapidement un endroit pour vivre, et Léa étant enceinte de leur premier enfant, Yvonne, ils ont loué la propriété de M. Robinson. Le couple s’est installé dans le chalet qui pouvait être chauffé au bois, mais il n’y avait ni électricité ni eau courante. Plus de 100 ans plus tard, il nous est difficile d’imaginer vivre et venir faire du ski dans de telles conditions. C’est beaucoup grâce au soutien du Club de Ski de Montréal et de ses membres que la famille a survécu à ce premier hiver. Heureusement que la savoureuse nourriture de Léa remontait le moral de tous. C’est à cette époque que celle-ci a commencé la tradition au Québec de servir aux skieurs de la fondue au fromage. Comme on le voit sur la 1re photo, l’endroit au tout début était connu sous le nom de Chalets Ste-Marguerite. La photo suivante montre des membres de ce club qui s’amusent. Sur la dernière photo, on voit des luges et Émile avec la main tendue.

La 1re photo est de vers 1915, avec Émile Cochand enseignant à ses élèves. La suivante montre des skieuses en 1920. La priorité était à l’élégance des vêtements, et non à leur côté pratique pour faire du ski. Les 2 dernières photos sont d’Émile Cochand en télémark, puis faisant un ‘cross jump’.

Suite à la naissance d’un 2e enfant, Louis, en janvier 1917, Émile a décidé qu’il était temps de devenir propriétaire, et M. Robinson était consentant à vendre. Mais petit problème, on devait être citoyen canadien pour pouvoir acheter. Même si devenir citoyen canadien était plus simple à cette époque, l’Index des immeubles indique que l’achat c’est fait seulement en septembre 1918, pour un montant de 5 500 $.

Alors que tout allait pour le mieux et que la guerre était sur sa fin, les soldats revenant d’Europe ont rapporté avec eux ce qui a été nommé « la grippe espagnole ». Il y a eu beaucoup de morts au Québec, dont des jeunes, et si toute la famille Cochand a été malade, tous ont survécu. Chalet Cochand a été fermé pendant près de 4 mois.

Étant maintenant propriétaire, Émile Cochand a exploité sa forêt, ce qui lui a donné l’argent pour rénover et agrandir son hôtel. Malheureusement, à peine terminé, l’hôtel sur la 1re photo sera détruit en novembre 1920 suite à un incendie provoqué par inadvertance par un employé. Dès la fin de 1921, celui-ci était déjà reconstruit en plus grand, comme le montre la 2e photo. Puis on ajoutera une aile gauche, et ensuite une aile droite. Avec un nouvel hôtel, une école de ski sous la gouverne d’Émile, de nombreuses activités proposées aux clients l’hiver comme l’été, et une cuisine dirigée de main de maître par Léa, il n’est pas surprenant que Chalet Cochand soit devenu immédiatement un succès.

On voit rarement une photo de 1920 montrant un père, Émile Cochand, enseignant le ski à son fils de 3 ans, Louis. La seconde photo est de quelques années plus tard. On y voit Louis et sa sœur Suzanne. Les Cochand auront 2 autres enfants, Émile Jr. et Pierre. On remarquera que les bâtons de ski ont été fabriqués très solidement et avec un renflement pour assurer un usage plus facile. Sur la dernière photo, c’est Émile Cochand toujours dans les années 1920.

L’Index des immeubles indique qu’Émile Cochand a acheté d’un Trust en octobre 1922 un terrain pour le prix de 5 000 $. Ce terrain représente probablement les 400 acres supplémentaires qui ont fait augmenter de 500 à 900 acres l’étendue de la station de ski, et ont permis l’agrandissement du domaine skiable. Il est logique de penser que c’est dans cette période de temps qu’un petit barrage a été construit sur le ruisseau qui coule au loin devant l’hôtel, créant ainsi le lac Lucerne. Le nom n’est pas surprenant, le thème de la Suisse étant très présent au Chalet Cochand.

Ces photos sont des années 1920 ou du début des années 1930, soit avant l’installation de fils neige. Il y a beaucoup de skieurs, mais comme cela demande beaucoup de temps et d’énergie pour monter une pente et peu de temps pour la descendre, la pratique du ski était une activité très sociale. Sur la 2e photo, on voit qu’il est facile pour les skieurs de traverser le lac gelé pour se rendre à la piste de ski située de l’autre côté. Sur la dernière photo, tous les skis au mur étant assez semblables, je me demande si on retrouvait toujours ses skis ?

Il est important de savoir qu’à cette époque, le ski alpin, le ski de fond et le saut à ski formaient un tout, et qu’il n’y avait pas la séparation qu’il y a aujourd’hui entre ces disciplines. Un bon skieur était souvent aussi un bon sauteur. Dès le début des années 1920, un saut à ski avait été construit. Voici une rare photo d’un petit saut, avec Émile Cochand donnant un cours. À divers endroits et moments, il y en aurait eu 6 au total qui ont été construits. Le dernier était dans la région de l’hôtel. On constate sur la 3e photo que la plate-forme d’observation a vraiment été construite en utilisant les matériaux disponibles.

Voici 3 formes de traîneau. En hiver, l’usage du traîneau tiré par des chevaux a longtemps été essentiel pour les déplacements dans les Laurentides. Le traîneau à chiens était lui surtout utilisé pour le plaisir. J’aime la dernière photo, montrant un modèle de traîneau que l’on voit rarement.

Ces photos datent du milieu des années 1930. Sur la 1re photo, on voit Louis Cochand exécutant un virage qu’on appelait ‘vorlage’, ce qui veut dire avec le poids par en avant, mais les talons toujours sur les skis. Sur la 2e photo qui a été faite au sommet de Tremblant, on retrouve Viateur Cousineau, 21 ans, et à sa droite Louis Cochand, 20 ans, juste avant la très importante course du Kandahar de 1937. Viateur terminera premier et Louis deuxième. Cependant en 1938, Louis Cochand remportera le trophée du Kandahar en un temps record. Pendant que je travaillais sur cet article, j’ai eu la chance d’acheter cette très rare épinglette en étain qui je pense date des années 1930. Celle-ci a voyagé dans le temps et dans l’espace, car le vendeur était en Californie.

Au début de 1936, Raoul Clouthier, futur fondateur de la station Sun Valley Farm, décida de commencer à faire du ski. Heureusement pour nous, il était un grand amateur de photographie, comme le montrent les photos suivantes. En février 1936, il est venu avec sa famille au Chalet Cochand, endroit parfait pour améliorer son ski. La façon la plus simple pour se rendre à cet endroit en hiver était le train, en débarquant à Sainte-Adèle à la gare de Sainte-Marguerite Station, située pas très loin de Chalet Cochand.

Sur la première photo, on retrouve Émile Cochand avec des skieuses, dont à sa droite Jeanne Clouthier, épouse de Raoul Clouthier. Il est clair que c’était une très agréable journée de février. Quand je regarde les 2 premières photos, je réalise que beaucoup ne portaient pas de vêtements faits spécifiquement pour le ski, mais plutôt utilisaient des vêtements d’hiver pour faire du ski. La 3e photo est la seule que je connaisse du bar à cette époque.

On peut voir Jeanne Clouthier avec ses 2 fils, le plus vieux René qui est sur la 2e photo, et le plus jeune Robert sur la 3e photo. À regarder la photo de René, celui-ci avait déjà fait du ski avant de venir skier au Chalet Cochand.

Des années 1920 aux années 1950, la clientèle américaine était importante dans les hôtels des Laurentides. Le train était un moyen de transport très populaire et facile en partant de la Nouvelle-Angleterre. En 1924, pour faire la promotion du ski dans les Laurentides, Émile Cochand a été l’un des membres fondateurs de la Laurentian Resorts Association et il en sera le président pour les 12 premières années. Cette association a engagé des skieurs comme Herman Smith-Johannsen « Jackrabbit » pour développer et entretenir des pistes de ski de fond. La photo montre Émile Cochand et son fils Louis, au Madison Square Garden à New York, lors du premier salon des sports d’hiver, soit à l’hiver 1939-1940. Ceci explique pourquoi les 2 documents suivants sont en anglais, et qu’on y indique la route à suivre pour se rendre des États-Unis au Chalet Cochand.

Lors d’un voyage à Sun Valley, Idaho, Louis Cochand a été impressionné par un nouveau type de remontée. Il a fait des croquis, et à son retour au Québec, il a fourni des plans à une compagnie de Montréal pour qu’on lui fabrique cette remontée. C’était une arbalète de type ‘J’, qui a été installée en 1938 ou 1939 sur la montagne de l’autre côté du Lac Lucerne. On peut voir cette arbalète sur les photos suivantes, ainsi que le chalet alpin au sommet. On avait peint une scène typique de la Suisse sur la partie supérieure du devant du chalet. Certains soirs, les skieurs pouvaient venir y déguster une fondue au fromage. Faire une descente aux flambeaux pour revenir à l’hôtel devait être très amusant pour certains, car on déconseillait de boire autre chose que de l’alcool, en disant que l’eau et le fromage chaud n’étaient pas compatibles.

Ces photos permettent de comprendre la configuration de la station de ski. Sur la 1re photo, on peut voir le lac gelé, la pente école devant l’hôtel, l’hôtel, et la pente en arrière de celui-ci. La 2e photo est un gros plan de la pente en arrière de l’hôtel. La dernière photo montre au loin les pistes de ski de l’autre côté du lac.

La famille Cochand a toujours voulu rendre le séjour des clients le plus agréable possible. Quoi de mieux pour attirer leur attention à leur arrivée que ces 2 totems très colorés, comme on le voit sur la 2e photo. Dans la seconde moitié des années 1940, lors d’un voyage dans l’Ouest canadien, Émile Cochand avait acheté ces 2 totems et les avait installés bien en vue. La musique suisse de Fritz et Marili qu’on avait écoutée au bar était disponible en disque long jeu.

La soirée mascarade a toujours été très populaire, les clients pouvant laisser libre cours à leur imagination. Pour mettre en valeur la qualité de la nourriture au Chalet Cochand, certains soirs, on proposait un très beau buffet. De toutes les époques, au printemps, la visite à la cabane à sucre était un incontournable.

On construisait un château de glace, et il ne faut pas se surprendre de retrouver à la station des chiens saint-bernard, que l’on associe traditionnellement aux Alpes suisses. Sur la photo suivante, on voit Gretel et son légendaire tonnelet d’alcool, ainsi que Toni et Charles, deux des enfants de Louis Cochand. Certains clients arrivaient à la station en avion privé. Louis Cochand pouvait offrir aux clients fortunés d’aller les chercher en avion. Il avait été pilote d’avion durant la Seconde Guerre mondiale, recevant la Croix du Service distingué dans l’Aviation (D.F.C.).

Pierre Cochand, fils d’Émile, était connu pour les nombreuses courses de ski qu’il a gagnées, et pour ses talents en saut à ski. On connaissait moins ses talents artistiques. C’est lui qui dans les années 1940 a associé l’image d’un lapin avec la station Chalet Cochand. Voici 2 dépliants qu’il a faits, et une épinglette en sterling sur le même thème. Mais pour moi, sa contribution la plus mémorable au monde du ski est celle qui est aujourd’hui la plus inconnue. Il a inventé un brancard qui facilitait le travail des secouristes et était plus confortable pour le skieur blessé. J’ai trouvé cet article de journal datant de février 1947. Sur la photo utilisée pour l’article, on voit très bien Émile Jr. Cochand qui tient le devant du brancard. On peut facilement reconnaître l’ancêtre des brancards d’aujourd’hui. J’ai parlé à un skieur du début des années 1940, et il m’a confirmé qu’à cette époque, l’équipement pour évacuer un blessé n’était ni simple d’utilisation pour les secouristes, ni confortable pour le blessé.

Vers la fin des années 1940, Émile Cochand décida qu’il était temps de passer le flambeau à 2 de ses fils. Selon l’Index des immeubles, c’est en décembre 1949 que Louis Cochand acheta l’hôtel, les chalets et 300 acres de terrain. Quant à Émile Jr., il acheta la station de ski de l’autre côté du lac, ainsi que 600 acres de terrain.

Au Chalet Cochand, on accordait une très grande importance à l’enseignement du ski. Quand les clients arrivaient pour une semaine de ski, on les séparait en groupe, et chaque groupe avait son instructeur pour la semaine. Voici une épinglette et une affiche de l’école de ski. Le Club de Ski de Sainte-Marguerite (ST. M. S. C. en anglais) a été basé au Chalet Cochand.

C’est en 1952 que Louis Cochand a fait une importante contribution au développement du ski alpin. On a inauguré ce qu’on appelait les ‘Midget Meets’. Pendant une fin de semaine, tous les jeunes skieurs de 12 ans et moins pouvaient prendre part à des compétitions, quel que soit leur niveau d’habileté en ski. Sur la 1re photo, on constate que ces journées étaient très festives. La maison que l’on voit à l’arrière sur la photo était celle d’Émile Cochand. La station de ski a organisé ces compétitions amicales jusqu’en 1963. La 2e photo montre de jeunes skieurs avec la mascotte de la station, un ours. Le billet de ski date des années 1950 et la photo m’a été envoyée par Paul Giddings. Son prix de 3 $ fait sourire aujourd’hui.

Le progrès implique des changements, qui ne sont pas nécessairement positifs pour tous. Pour stimuler le développement de la région, l’autoroute des Laurentides a été construite, jusqu’à Saint-Jérôme en 1959, à Sainte-Adèle en 1964, et finalement à Sainte-Agathe en 1974. Rapidement, les skieurs ont commencé à venir dans les Laurentides en automobile, au lieu d’en train, et seulement pour la journée. De plus, dans les années 1960 en Nouvelle-Angleterre, de nombreuses stations de ski ont été inaugurées. Venir skier dans les Laurentides n’était plus une nécessité. L’impact sur plusieurs hôtels des Laurentides fût significatif. Pour que Chalet Cochand demeure une destination de choix, Louis Cochand et son épouse Morna Maclean ont décidé de faire un investissement important en achetant en Suisse en 1958 une chaise double, et en déboisant de nouvelles pistes. Un ingénieur viendra de Suisse pour son installation pas très loin de l’hôtel. Selon un document de l’époque, lors de l’inauguration de cette remontée en décembre 1959, cette chaise double était la première dans l’est du Canada.

Ce plan de la station date d’après 1960 et il montre qu’il y avait plusieurs pistes et remontées, mais aussi de nombreux restaurants. Le dénivelé de la station était de l’ordre de 120 mètres. Durant l’installation de la chaise double, on a construit le chalet Swiss Hill, au sommet de la piste du même nom, en arrière de l’hôtel. C’était maintenant ici que l’on venait pour manger de la fondue au fromage. Par la suite, on pouvait regarder les instructeurs de ski tenant des flambeaux descendre en formation la piste de ski.

Cette annonce de l’école de ski date d’environ 1963. On y parle d’équipement pour fabriquer de la neige, soit au tout début de l’utilisation de ce type d’équipement au Québec. On remarquera que le prix il y a 60 ans d’une heure de leçon privé était de 8 $, soit de 10 à 20 fois moins qu’aujourd’hui. Le directeur de l’école de ski était Eugène Chedel, époux de Josette, fille de Louis Cochand. Celui-ci a été très impliqué dans le domaine du ski. Preuve que le ski coule dans les veines des membres de la famille Cochand, Christina, fille d’Eugène et 4e génération de la famille Cochand, a fait de la compétition de ski pendant plusieurs années, et par la suite, a été entraîneuse d’équipes de compétition. Je me demande s’il y a un lien avec le fait qu’elle aimait la fondue au fromage même très jeune ?

Le premier écusson était utilisé par Eugène Chedel, directeur de l’école de ski. Le 2e écusson montre la chaise qui venait d’être installée.

Malgré tous ses efforts, et en offrant un bon nombre d’activités autant en hiver qu’en été, Louis Cochand ne réussira pas à garder rentable l’hôtel. Il faut ajouter que la météo n’a pas été bonne durant plusieurs hivers au début des années 1960. Les banques ont fait vendre en juillet 1966 à l’enchère les actifs qu’il détenait dans la station de ski. C’est une compagnie de Chicago qui a acheté, avec l’idée d’exploiter l’hôtel durant l’Expo 67. Émile Jr. Cochand a alors pris la décision de vendre ses actifs dans la station de ski à la même compagnie. Dès avril 1968, Yvan Coutu achètera certains actifs de la station, dont l’hôtel. Il en fera une base de plein air sous le nom d’Auberge Yvan Coutu. Éventuellement, l’hôtel sera à nouveau vendu et deviendra le Manoir du lac Lucerne. La dernière saison de ski sera à l’hiver 1986-1987. L’hôtel fermera ses portes définitivement à l’automne 1987, et il sera par la suite démoli. Aujourd’hui, les 900 acres de la station sont divisés en de nombreuses propriétés privées. Le souvenir le plus visible qui reste de la station de ski Chalet Cochand est le lac Lucerne.

Cet article aurait été impossible sans la collaboration de Toni Cochand, de Louis Jr. Cochand et de Christina Chedel. L’album de photos d’Émile Cochand a été la source de plusieurs des photos. Pour ce qui est de décrire et de faire le lien entre les photos, les archives de Charles (Chas) M. Cochand ont joué un rôle très important. Celui-ci a fait beaucoup de recherches sur l’histoire du Chalet Cochand et de la famille Cochand. J’ai aussi eu des photos de Leah Peterson, petite-fille d’Émile Jr. Cochand. Pour vérifier des faits et des dates, j’ai consacré plusieurs heures à lire des articles dans les journaux d’époque en utilisant la section numérique de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec. C’est grâce à Robert Miron que j’ai pu consulter l’Index des immeubles pour s’assurer de la justesse de plusieurs dates. Finalement, s’il m’a été possible d’inclure dans cet article des photos faites par Raoul Clouthier dans les années 1930, c’est grâce à la collaboration d’Histoire et Archives Laurentides et de Pierre Clouthier, son petit-fils. Cet article remplace mon article de 2019 sur cette station de ski.

Cet article fait partie de la section sur les stations de ski du Québec qui sont aujourd’hui fermées. Comme la grande difficulté d’un tel travail est de trouver des photos et de l’information sur ces stations, si vous détenez des perles concernant une station oubliée ou fermée et que vous souhaitez les partager avec l’auteur, vous êtes invité à communiquer avec lui par courriel afin de lui permettre d’ajouter de l’information à un dossier existant, ou d’inclure une autre station à cette section à l’adresse suivante: stations.fermees.qc@gmail.com

Val Saint-Côme 15 janvier – Après la tempête

La meilleure publicité pour les stations de ski demeure, de loin, une chute de neige là où est leur clientèle, essentiellement en ville. La semaine dernière, alors que les scénarios semblaient être pessimistes pour la région de Montréal, c’est finalement une bonne chute de neige qui a frappé la métropole et ainsi que les régions plus au nord. Le résultat a donc été très positif pour les stations de ski qui ont eu cette fin de semaine parmi les journées les plus achalandées de l’hiver, la météo clémente digne bien plus du mois de février et même mars aidant grandement à l’agrément avec un mercure autour de -5 sans aucun vent et sous un soleil radieux.

Val Saint-Côme aujourd’hui offrait 32 pistes ouvertes dont la vaste majorité des sous-bois, grâce à cette base naturelle qui permettait relativement d’y aller sans crainte sauf dans les pistes les plus fréquentées. On pouvait y emprunter quelques lignes plus agressives et sauter quelques caps de roche comme dans les sous-bois 342, Caps et Coulée.

Éric sautant le cap de roche du sous-bois 342.
Un cap de roche dans le sous-bois les Caps. Notez la zone d’atterrissage bien molle.

Ici aussi, quand vous voyez ce panneau annonçant des conditions minimales, c’est souvent le signe que les meilleures conditions dans les pistes à enneigement naturel y sont!

Les sous-bois les moins accessibles demeurent toujours les secrets les mieux gardés. Le sous-bois les Cèdres en est un justement! La couverture y était excellente.

Du côté des pistes damées, la nuit dernière à -15 a permis de compacter la neige nouvelle, de sorte que le terrain était recouvert d’une base de neige nouvelle damée, mélangée avec la neige fabriquée du dessous, une surface qui permettait aux skis de bien mordre en virage en y allant en accotant pleinement. Les conditions étaient cependant meilleures le matin, vu le flot de skieurs et la présence de petits amoncellements de neige en après-midi. Rien de dramatique évidemment, comme vous pouvez voir votre humble zoneskieur en action avec des skis court rayon:

Le haut de la Geneviève Simard.
Milieu de la Geneviève Simard.

Évidemment, l’orientation de la montagne aide à garder la vaste majorité des pistes ensoleillées jusque tard en après-midi. Malgré l’achalandage de modéré à élevé, il était possible d’enchaîner les descentes en utilisant les télésièges triples et celui du Mille Pieds, beaucoup moins achalandés.

Piste Cascades vers 15h toujours en très bon état.

La station semble avoir fini ou à peu près fini son plan d’enneigement. Les dameuses étaient en opération d’ailleurs une bonne partie de l’après-midi dans les pistes Cascades (bas), Point de mire et même du côté de la Nicolas Fontaine pour préparer les sauts à ski. L’ouverture de plusieurs pistes damées est donc à prévoir dans un avenir très rapproché.

Bas de la Cascades.

Fait surprenant encore une fois, le haut de l’Avalanche, renommé « le Pitch » ne semble pas avoir été enneigé encore une fois cette année. La ligne de canons à neige semble même avoir été enlevée carrément. Espérons que la station ne lui réserve pas le même sort que la défunte Pins Rouges…

La station sera l’hôte d’une épreuve de la coupe du monde de ski acrobatique les 27 et 28 janvier et les épreuves seront présentées en soirée. L’accès au site est même gratuit.

Bon ski!

Le Relais un vendredi 13, En mode hiver, enfin !

La météo n’a pas beaucoup collaboré depuis le début de l’hiver et enfin la neige tombée ces derniers jours va permettre aux stations de ski à passer en mode hiver au Québec. Toutefois, le mot tempête était fort. C’est une belle chute de neige sans trop de vent qui a frappé la province, laissant un peu plus de 20 centimètres au sol par endroits. Les conditions se sont améliorées, rendant la surface très agréable et silencieuse à skier.

La station du Lac-Beauport, en banlieue de Québec, va enfin pouvoir ouvrir graduellement ses pistes pour passer bientôt à 100%. Le Relais, comme toutes les stations de la région a fait cracher ses canons à neige avec intensité. En journée vendredi, on a ajouté deux sous-bois, passant de 22 à 24 pistes sur les 33 normalement offertes en hiver. La station a aussi une piste réservée aux randonnées alpines qui elle aussi est ouverte depuis quelque temps. La piste signature de la station, La Gaby-Pleau se faisait niveler par la machinerie et celle-ci s’est ajoutée à la liste des pistes ouvertes ce samedi.

Lors de mon passage, on pouvait entendre les cris de joie et lire le bonheur sur le visage des clients. Les écoles étaient fermées au grand plaisir des étudiants qui n’ont eu aucune misère à se rendre à la station, contrairement à l’impossibilité de se rendre à l’école. En quelques minutes, les pistes vierges à l’ouverture étaient tracées de bord en bord. Toutefois, l’abondance de neige a permis de passer une très belle journée.

Le week-end prochain, le Relais sera l’hôte de deux Coupes du Monde de saut acrobatique, ayant réussi à enneiger le secteur du centre Yves-Laroche à temps. Cette compétition d’envergure est accessible gratuitement et le stationnement du secteur ouest vous y mène sans effort. Les meilleurs sauteurs acrobatiques y seront et nul doute que le jeune Miha Fontaine, fils de Nicolas Fontaine, multiple champion de a Coupe du Monde et membre du Québec Air Force, se fera un plaisir d’y participer.

Un peu d’histoire

Dans les années 70, le Relais était à l’avant-plan pour le ski acrobatique qu’on appelait à l’époque le «HOT-DOG ». Dans les années 80, les frères Laroche, des skieurs locaux habitant à Lac-Beauport, faisaient la pluie et le beau temps sur le nouveau circuit de la Coupe du Monde. Dans les années 90, ce fut au tour de Jean-Luc Brassard et de Philippe Laroche, le plus jeune de la famille, de remporter les honneurs au Relais. Depuis, Le Relais a ouvert un centre d’entraînement avec rampe et piscine pour que les athlètes puissent s’y entraîner l’été. Le centre Acrobat-X a été nommé en l’honneur du multiple-champion du monde Yves Laroche qui avait souffert d’un grave accident de parapente lui faisant frôler la mort.

Depuis, Le centre Yves-Laroche a permis aux meilleurs Canadiens tel Mickael Kingsbury, Philippe et Vincent Marquis, Jennifer Heil et bien d’autres de s’illustrer. Je vous suggère fortement de mettre la compétition du week-end prochain, 21 et 22 janvier 2023, à votre agenda.

D’ici là, souhaitons beaucoup de neige aux stations afin d’offrir davantage de pistes aux usagers. C’est le temps d’aller profiter de cette belle neige sur les pistes.

Ski Mont Rigaud, 13 janvier: Le jour de la cuisse

Parfois, les tempêtes de neige tant attendues se révèlent être dans la lignée du loup blanc: tout le monde en parle, mais personne ne le verra. C’est un peu ce qui arrive aujourd’hui. Bien qu’il ait neigé depuis la nuit dernière, au réveil les accumulations ne sont pas à la hauteur de ce que l’on espérait. Mais ça c’est sans compter les précipitations qui s’accumulent tout au long de ce vendredi chanceux, ce 13 janvier. Car la glisse se révèle fantastique, bien que pas tout à fait légendaire.

Le jour de la cuisse

Des deux cuisses, en fait. Car de telles conditions n’ont pas été fréquentes cette saison et elles requièrent du travail de la part des quadriceps. Dès l’ouverture, c’est plus d’une quinzaine de centimètres de nouvelle neige que je foule sous mes pieds. Étant le premier client arrivé, je m’en promets. Cependant, j’espérais davantage de neige. La première descente révèle un mélange de neige étrange; des bâtonnets, du grésil, des flocons comme ceux que je découpais dans du papier dans mon enfance (les dendrites), des prismes, des colonnes, des aiguilles. La totale, mais d’une consistance et d’une densité inattendues. Le travail requis afin de trouver la bonne vitesse, et surtout la bonne position en vaut la chandelle. J’ouvre la bouche, je sors la langue et j’avale la vie à pleins virages! Désolé l’ami écureuil qui me regarde les yeux exorbités. J’ai trop de plaisir pour ne pas crier. Ta pinotte attendra quelques secondes. Tant qu’à rester là éberlué à me regarder ainsi, va donc dire merci au patron d’avoir laissé la dameuse dans le garage aujourd’hui!

Qui est là?

Jusqu’à environ 11 heures, nous ne sommes qu’une poignée de skieurs et planchistes à honorer les pistes vierges de Mont Rigaud. En fait, malgré un achalandage légèrement en hausse au cours de l’après-midi, nous traçons des nouvelles courbes parfaitement visibles et distinctes toute la journée. Des « first tracks » à l’infini, le rêve! Mais qui s’en prévaut? Tout un échantillonnage de skieurs motivés allant du novice de 2 ans (sans blague) à la retraitée qui sirote son café à l’intérieur avant de ressortir sur les pistes (Bonjour, Francine!). Cette journée spéciale de poudreuse m’étonne par l’envoûtement qu’elle exerce sur une variété de visiteurs tout aussi improbable qu’hétéroclite. Mont Rigaud est une « petite » station de ski au rayonnement somme toute local qui réussit à charmer du monde d’horizons, de tranches d’âge et de calibres différents. Cela témoigne de sa distinction et de son charme. C’est pour moi une journée de pure joie entre ski et rencontres chaleureuses. Ainsi, Jean Coursol, qu’on aperçoit en entête, m’a tenu compagnie en matinée. Et bien d’autres.

Du nouveau

Se réinventer n’est pas donné à toutes les entreprises. Mont Rigaud a su au fil des ans se démarquer et maintenir sa réputation. Dans un entretien d’une vingtaine de minutes avec Filip Musial, le directeur marketing, j’en ai appris beaucoup sur la vision et le développement de la station. Ainsi, cette saison la station a inauguré un deuxième sentier d’ascension situé au pied des parois d’escalade. Il s’agit d’un parcours plus technique qui met de l’avant les habiletés de ceux qui choisiront de l’emprunter. Pour les autres, le sentier habituel demeure plus accessible et très « relaxe ». Cependant, la grosse nouvelle est certainement l’acquisition d’une deuxième remontée mécanique qui devrait être en opération l’hiver prochain. Il s’agit d’un investissement majeur qui permettra à la station de mieux servir sa clientèle déjà nombreuse. C’est surtout les fins de semaine que les bouchons se font sentir à l’embarquement. La nouvelle remontée permettra de doubler le nombre de visiteurs en remontée, et d’en accueillir de nouveaux. La station étudie minutieusement l’emplacement de la nouvelle installation afin de réduire au minimum les impacts environnementaux. On souhaite aussi couper le moins d’arbres possible. Ainsi donc, la « petite » station qui souhaite demeurer à l’échelle humaine en fait beaucoup afin de nous séduire et nous faire plaisir. Mission accomplie!

Mont Edouard, 13 janvier, la skinusite de l’Anse!

Le vendredi 13 n’évoque pas tout le temps du malheur ou de la malchance ! Voilà qu’au début de la semaine, j’ai parlé avec mes collègues de mon idée de prendre une de mes journées de vacances pour aller m’amuser dans la tempête qui était prévue ce vendredi. La tendance stipule que je devais réfléchir avant de sortir ce vendredi, car depuis quelques années, je suis quand même « badlucké » dans mes tonnes de blessures physiques que je me suis faite en chutant de plusieurs façons. Alors, vais-je vraiment dépenser ma journée de vacances ou non ?!? Là, était la réelle question ! Ai-je attrapé une « skinusite » ?

L’apparence trompeuse

En me levant ce matin, je me suis précipitée vers la fenêtre pour voir l’accumulation de neige comme un enfant qui attendrait le père Noël la veille de Noël ! La déception s’est lue toute suite sur mon visage quand j’ai constaté qu’il en avait vraiment très peu tombé… J’espérerais qu’à la montagne, ce soit différent. Plus j’approchais, plus visiblement les apparences avaient encore été trompeuses en ville ! La neige s’est accumulée toute la journée et n’a même pas cessé quelques secondes de tomber. 15 à 20 cm sont tombés en ce vendredi et ils en attendent encore une vingtaine de centimètres pour samedi. Les conditions sont excellentes.

La descente du mur !

À chaque visite au Mont Édouard, je me donne comme objectif d’essayer de trouver une piste ou une petite place cachée où je ne suis jamais allée dans la montagne. En regardant la carte de mon tracé GPS, je constate qu’il y a cette piste que je n’ai pas encore descendue et à ma connaissance, où je n’ai encore jamais mis les pieds (ma planche plus précisément) ! Celle-ci est surnommée « Le mur ». Hummmm… Pourquoi pas ! J’étais loin de me douter dans quoi je m’embarquais. Quand je suis arrivée en haut du mur, j’ai constaté que 2 autres planchistes contournaient le dit mur, j’ai réalisé que j’allais sûrement le descendre sur les fesses. Ricanez fort, mais je vous jure que ce n’est pas dans ma palette de finir quelque chose en queue de poisson ! Si vous aimez les défis, vous serez servis par ce mur !

Coup de cœur de la journée

La dernière fois que j’y suis allée, ma piste préférée n’était pas prête pour son ouverture. Quand j’ai lu que les 43 pentes étaient ouvertes, je me suis précipitée pour aller voir les conditions de glisse dans celle qui fait battre mon cœur. Son nom est « La Falaise » ! Qu’est-ce qu’elle a de particulier ? C’est une piste qui contient toujours une section non-damée. Je suis une mordue de la poudreuse et la plupart du temps après une bordée de neige, c’est ma place pour m’amuser quand je ne suis pas dans les sous-bois du secteur Nord-Est.

Comme je l’aime

Le Mont Édouard est une montagne que vous devez visiter un de ces quatre. Le « pitch » du sommet donne droit à de beaux défis. Mais je vous le garantis, quand vous attraperez une journée de neige comme aujourd’hui, vous pourrez voir une autre facette que ce domaine skiable peut vous offrir. Après une bordée, le Mont Édouard vous charmera autant par ses pentes damées que ses pentes à bosses et ses sous-bois larges, car tout devient littéralement moelleux comme je l’aime !

Demain sera une autre belle journée de neige, profitez-en pleinement !

Le Mont Rigaud se dotera d’un deuxième télésiège pour 2024-25

Des conditions de glisse impeccables avec vue panoramique sur la Vallée de l'Outaouais.

Le 10 janvier dernier, la station montérégienne a annoncé avoir fait l’acquisition d’une remontée mécanique, dont l’installation s’étalera sur deux ans. Dans la publication Facebook du Mont Rigaud, on peut lire: « Cette remontée est actuellement en fonction au Versant des Épinettes [À Bromont, NDLR]. Ce télésiège est une remontée quadruple de marque Poma et est muni d’un tapis d’embarquement de marque Chairkit, tout comme notre remontée actuelle. » 

En effet, la remontée du versant des Épinettes tourne pour la dernière année à Bromont, Montagne d’expériences (BME), qui a indiqué ses plans de remplacement en mars 2022 (lisez le communiqué ici) pour y installer un télésiège débrayable, prévu pour entrer en fonction en 2023-24. Les composantes de la remontée Poma était donc « disponibles » et le Mont Rigaud y a vu une bonne opportunité: « Dans le contexte de forte croissance des prix, Mont Rigaud considère cette acquisition comme une importante opportunité d’affaires et une occasion unique de mettre la main sur un équipement très bien entretenu et en excellente condition. » (Extrait de la publication Facebook)

Du côté de BME, on se réjouit que le télésiège, installé pour l’ouverture du versant des Épinettes à la saison 2011-2012, connaisse une suite à sa carrière: « C’est une heureuse nouvelle que Mont Rigaud l’ait achetée et que l’installation puisse servir une autre montagne du Québec » affirme Evelyne Déry, Conseillère marketing et communications pour la station.

Cette remontée mécanique aura étrangement parcouru beaucoup de kilomètres, sans faire de sur-place! Avant d’être installées sur le versant des Épinettes, les pièces composant l’actuel télésiège quadruple provenaient de deux remontées identiques autrefois en fonction à la défunte station de Montjoye de North Hatley (lisez-en davantage ici).

Un des télésièges de Montjoye en opération à la fin des années 2000. Photo F. Massicotte

Bien entendu, chaque démantèlement et réaménagement doit se faire selon les règles de l’art: à chaque stade du processus, plusieurs intervenants seront impliqués afin de respecter l’ensemble des normes et règles relatives à l’installation et à l’opération d’une remontée mécanique. Bon nombre d’experts seront donc sollicités dès ce printemps: le fabricant Poma, des firmes d’ingénierie ainsi que la RBQ auront un rôle à jouer à plusieurs étapes avant que les skieurs ne puissent enfin faire leur première remontée dans ce télésiège à Rigaud. La station précise: « Le démantèlement de la remontée à Bromont débutera dès le printemps 2023 pour ensuite être transportée au Mont Rigaud. C’est un projet exhaustif impliquant beaucoup de travaux tels que l’ingénierie, la préparation du terrain, les fondations, le montage des structures et de ses composantes pour terminer avec les inspections afin de répondre aux normes de sécurité et de conformités actuelles. »

Cet investissement se chiffre à plus de 2M$. Ce montant s’ajoute à ceux dépensés dans les dix dernières années puisque le Mont Rigaud a grandement investi dans ses infrastructures en ajoutant entre autres un deuxième tapis convoyeur, un tapis d’embarquement pour le télésiège, et en a également profité pour moderniser ses infrastructures d’enneigement mécanique.

Glisse et technologie: la RFID expliquée

Les skieurs qui fréquentent les grandes stations du Québec (et un peu partout dans le monde) ont déjà l’habitude de ces billets électroniques sous forme de carte qu’on glisse dans une poche de manteau, qui permettent d’accéder aux remontées mécaniques sans contact. Les installations de portillons, guérites et barrières RFID sont de plus en plus courantes dans la province: en date de la saison 2022-23, plus d’une vingtaine de stations de ski du Québec en sont équipées. Cette technologie constitue un investissement considérable et l’accueil réservé au RFID était mitigé dans les dernières années, tant du côté des exploitants des stations de ski que de la clientèle. Voici donc un petit tour d’horizon pour mieux comprendre le fonctionnement de cette technologie: mieux vaut l’apprivoiser dès maintenant!

Le principe de la RFID

Commençons par la base: les quatre lettres sont l’acronyme de Radio Frequency IDentification. Cette technologie est omniprésente dans nos vies, qu’il s’agisse de notre carte à puce de transport en commun, du paiement par puce avec carte de crédit, d’une carte d’accès au travail ou dans un stationnement, d’une clé de chambre d’hôtel ou encore plus récemment, de tous les systèmes de paiements sécurisés intégrés aux téléphones intelligents, tels que Google Pay ou le Wallet de Apple.

Les portillons RFID installés pour la saison 2021-22 au Mont SUTTON. Photo courtoisie Mont SUTTON

Les lecteurs RFID aux portillons des stations utilisent des fréquences similaires à nos cartes de crédit, mais émettent un signal plus fort, ayant ainsi une plus grande portée: c’est ce qui évite d’avoir à sortir systématiquement la carte du manteau à chaque passage. C’est aussi ce qui explique pourquoi il faut absolument éviter de mettre le billet de ski dans la même poche que le téléphone, une carte de crédit ou d’autres cartes RFID, puisque ces objets peuvent créer de l’interférence et fausser la lecture de la guérite. Attention toutefois, il est faux de dire que les cartes de crédit et les billets de ski partagent exactement la même configuration: leur encryption est complètement différente, il n’y a donc aucun danger de fuite de données personnelles par le passage dans une guérite. (À ce sujet, visitez la section des questions fréquentes sur le site du Mont SUTTON: vous y trouverez plusieurs réponses pointues!)

Le fonctionnement de la RFID est plutôt simple: la carte en tant que tel n’émet pas de signal, contrairement au lecteur du portillon dont le rôle est de lire ce qui a été programmé sur la carte et de débloquer le tourniquet, si le contenu de la carte est considéré valide. Cette opération se produit de façon instantanée et ce à toute température: les fréquences ne sont pas affectées par le froid! C’est donc un avantage notable en comparaison avec les systèmes de vérification à pistolet, qui demandent une communication constante avec le WiFi et vident rapidement leurs piles, surtout par temps très froid.

Même en pleine tempête, les portillons RFID du Mont Lac Vert fonctionnent sans problème. Photo Julie Tremblay

La portée des fréquences, bien que plus grande que pour une carte de crédit, a tout de même ses limites: si vous êtes trop loin des guérites, la carte ne sera pas détectée et le portillon ne s’ouvrira pas. Rapprochez-vous pour permettre au lecteur de bien lire le contenu de la carte: les portillons s’ouvriront dès que la lecture sera faite. À noter que dans le cas où le passage vous est refusé par la guérite (généralement signifié par une couleur rouge), il faut éviter de faire une deuxième lecture de votre carte: dans bien des cas, le système est bâti pour éviter les double-passes sur les portillons. Bien que de refaire une lecture soit le premier réflexe pour la plupart d’entre nous, passer sa carte encore et encore ne changera en rien le résultat faux-négatif qui a été lu en premier. Il est donc nécessaire de demander à un employé de passer sa carte administrateur pour vous débloquer la guérite. Autre petit conseil: vérifiez soigneusement de quel côté placer la carte RFID dans vos poches! Ça vous évitera de faire des contorsions inutiles ou de sortir la carte lors du passage aux portillons. Il n’y a pas de règle officielle, et même si la majorité des fabricants semble opter pour le côté gauche, les guérites peuvent être configurées différemment à la demande de la station de ski.

La position du lecteur RFID est bien visible, sur la gauche, au Mont SUTTON. Photo Félix LeBlanc

Les portillons sont connectés à la base de données du serveur associé au système RFID choisi par la station de ski. Les connexions sont sécurisées et assurées par du câblage installé hors-saison afin de minimiser les risques de pannes et de perte de signal que le WiFi vit parfois. La seule cause qui expliquerait une coupure du service serait une panne de courant -dans ce cas, les remontées mécaniques ne fonctionnent pas non plus.

Voyez une vidéo explicative préparée par le Mont Orford concernant l’implantation et le fonctionnement de la technologie nouvellement installée à la station:

Les avantages pour la clientèle

Alors que les réservations étaient obligatoires pendant les périodes de restrictions imposées durant les moments forts de la pandémie, bien des skieurs ont été confrontés à cette technologie pour la toute première fois. À ce moment, toutes les stations de la province, tant par le biais de leur propre boutique en ligne que par celle de Maneige.ski (l’Association des stations de ski du Québec) exigeaient de la clientèle que celle-ci réserve sa (ou ses) journée de ski. Ce fut le moment où plusieurs skieurs ont découvert l’existence de cartes rechargeables en ligne, ce qui permet entre autres d’éviter les files d’attente à la billetterie et de passer directement aux remontées mécaniques. C’est donc le premier avantage pour la clientèle: moins de temps perdu en file!

Le deuxième avantage est de diminuer grandement les risques de pertes/bris de billet: terminé le moment où l’attache plastique se casse, où le papier déchire après une chute, où on doit skier avec un trop gros manteau alors que la journée s’est réchauffée mais qu’on ne peut pas changer le billet de place… il n’y a qu’à garder bien précieusement le billet en poche.

L’investissement dans la technologie RFID au Massif du Sud date de l’automne 2022. Photo Dany Martel

Selon l’étendue des services offerts en station et connectés au système RFID, l’expérience client sera également bonifiée en permettant de stocker toutes les informations sur la carte à puce: à titre d’exemple, certains fournisseurs permettent à une seule carte de faire l’achat de votre billet de ski, location d’équipement, paiement au restaurant, accéder à votre hôtel, bref, tout ce que vous pourriez penser faire lors d’un séjour dans une station de ski et ce, sur un seul et même compte. (Les croisiéristes parmi vous connaissent sans doute déjà ce principe!) Très pratique pour des parents en vacances qui veulent laisser leurs enfants skier et manger sur toute la station de façon autonome. Il va de soi que ces systèmes sont beaucoup plus coûteux et sont plus réalistes pour des stations avec un très fort achalandage: vous les verrez peut-être lors de vos voyages hors du Québec.

Les avantages pour les stations

La raison principale de ces investissements est évidente avant même que la question ne soit posée aux stations: le problème persistant de manque de personnel est criant dans l’industrie du ski et certains emplois sont moins attractifs que d’autres… On a tous déjà eu une pensée pour les employés qui vérifient les billets dans les files d’attente à l’embarquement: ceux-ci peuvent parfois rester des heures au froid, à vérifier les billets de ski de chaque visiteur au télésiège. Cette tâche peut dorénavant être effectuée de manière automatisés et permet aux gestionnaires d’affecter les employés à des rôles plus critiques dans la station. Evelyne Déry, Conseillère marketing et communications, Bromont Montagne d’expériences, explique: « Avec la pénurie de main-d’œuvre, il devient essentiel d’optimiser nos méthodes de travail et le RFID fait partie des solutions : il permet le contrôle automatisé tout en facilitant la route du client sur le site. »

Un employé est toujours en charge de superviser le bon déroulement de l’embarquement, ici à Vallée-du-Parc. Photo Pierre Pinsonnault

Même son de cloche du côté du Mont Orford: « Notre principale motivation est d’un point de vue d’efficacité ! Autant pour la clientèle qui, lors de l’année 2, pourra directement recharger sa carte d’abonnement ou son billet journalier en ligne et passer directement aux pistes de ski sans avoir à venir au service à la clientèle ! […] Évidemment, d’un point de vue de main d’oeuvre aussi cela nous aide beaucoup dans un contexte de pénurie. » – Valérie Collette, Directrice Marketing et communications, Mont Orford.

Bien que la motivation principale soit l’économie de personnel, la façon dont le système est implanté en station a pour objectif de rendre tout le parcours client plus fluide, en diminuant les attentes dans les différents goulots d’étranglement (billetterie, remontées mécaniques). La facilité de paiement avec les transactions en ligne et l’installation de bornes libre-service à des endroits stratégiques permettra aussi aux skieurs de recharger leur carte ou de s’en procurer une nouvelle sans avoir à passer par la billetterie. C’est aussi l’idéal comme système pour les stations dotées de plusieurs versants ou points d’entrée: ne passez pas go, allez directement à votre versant préféré!

Les bornes automatisées de Bromont, Montagne d’expériences. Photo Patrick Teasdale

Un autre avantage qui justifie l’investissement pour les stations est la capacité à récolter des données sur les habitudes et comportements des skieurs, ce qui, en bout de ligne, permet d’améliorer les services offerts. À titre d’exemple, avec les réservations obligatoires, les stations sont davantage en mesure de prévoir l’affectation du personnel, l’approvisionnement alimentaire, le travail en piste, les cours de glisse, etc. Une fois la saison terminée, toutes les données enregistrées aux guérites sont colligées et permettent aux gestionnaires de mieux connaitre leur clientèle en fonction des fréquences de passage aux remontées, l’utilisation des différents services (location, boutique, cours de glisse), et d’ajuster le tir pour les saisons subséquentes, au besoin. Certains spécialistes marketing indiquent également utiliser les informations afin de développer des offres et promotions personnalisées pour la clientèle, ce qui rend la station encore plus attractive.

Malgré l’installation d’infrastructures physiques supplémentaires, la technologie RFID représente une amélioration environnementale tangible pour les stations. Moins de billets autocollants à impression unique, moins de papier plastifié dans les déchets (pour ceux qui s’y rendaient… combien en avons-nous vu voler au vent près des billetteries extérieures!), et moins d’attaches en plastique ou en métal par terre (avouez que ça ne vous manque pas de vous battre avec un triangle emmêlé dans 12 autres triangles!).

Les types de cartes

Si lors de votre première visite dans une station dotée de la RFID vous avez été surpris de devoir payer pour votre carte, c’est que celle-ci est rechargeable: ne la jetez pas! Son numéro unique indiqué à l’arrière permet de procéder à l’achat de vos futurs billets en passant par la boutique en ligne de la station. Conservez-la bien précieusement pour votre prochaine visite.

La carte RFID de la station saguenéenne du Mont Édouard. Photo Julie Tremblay

Bien qu’il existe des cartes « jetables » conçues pour un usage unique, celles-ci ne sont pas aussi résistantes que leur contrepartie rechargeable: étant souvent faites en petit carton mince, elles sont plus susceptibles d’être froissées ou endommagées par l’humidité, ce qui ferait que certains portillons pourraient éprouver de la difficulté à lire le contenu encrypté sur la puce. Solution: débourser les quelques dollars à l’achat pour éviter les tracas! 

On se demande souvent pourquoi ne serait-il pas possible d’avoir une seule carte utilisable dans toutes les stations de ski équipées de lecteurs RFID. Cette idée fait rêver bien des skieurs nomades mais malheureusement, les rêveurs risquent de voir leurs espoirs déçus pour plusieurs raisons. D’abord, une carte RFID unique impliquerait que toutes les stations, de propriétaires et d’administrations différentes, partagent un seul et même système central de gestion des billets. Même si pour une équipe de programmeurs aguerris cela semble être un défi réalisable, un autre problème se pose: les différentes caractéristiques de la technologie mise en place (âge de l’équipement, différence de fréquence ou de sensibilité des capteurs, étendue des services accessibles et connectés d’un lieu à l’autre) rendent l’interconnexion des différents systèmes physiquement impossible. Quand on sait que certaines stations de la province peinent encore à avoir une bonne couverture de réseau cellulaire et un service internet solide, il y a loin de la coupe aux lèvres!

Mont-Sainte-Anne, 9 janvier. Enfin ! Enfin !

Le bonheur était palpable auprès de la fidèle clientèle du Mont-Sainte-Anne, au lendemain de sa réouverture. Je vous fais grâce de la saga qui a empêché la station d’accueillir ses clients dans le temps des Fêtes… Au lendemain de cette ouverture, nous étions tous fébriles de skier une des plus belles stations de ski du Québec.

La neige

Le Mont-Sainte-Anne n’a pas eu plus de neige que les autres stations québécoises et elle non plus ne peut donner accès à toutes ses pistes. Nous sommes en mode « début de saison » comme partout ailleurs. Toutes les pistes du versant nord étaient très belles avec une surface moelleuse en début de matinée. Seulement une piste était fermée, le sous-bois Vital-Roy. Comme ailleurs, Dame Nature devra fournir une bonne quantité de neige aux stations afin d’offrir des ouvertures complètes. Ici, ce sont 29 des 71 pistes qui étaient ouvertes, soit partiellement ou entièrement. À noter que la Gros-Vallon affiche ouverte, mais à mi-montagne, on doit prendre Le Corridor qui nous amène vers l’Express.

L’accès

Pour se rendre au sommet, on doit emprunter les télésièges Express du Sud (les bulles) et la Tortue, qui porte bien son nom. Vous aurez accès au territoire skiable facilement à partir du sommet. L’attente était nulle. Sur le versant nord, le télésiège L’Express du Nord vous remonte rapidement au sommet. Aujourd’hui, l’attente était minime. Bien sûr, dépendant de l’achalandage, tout peut changer et la station n’est pas à l’abri de sa popularité. Rencontrés dans le télésiège du nord, un couple de visiteurs ontariens arrivés la veille était très content de l’ouverture à la dernière minute, leur permettant leur pèlerinage annuel depuis plus de 30 ans. Ils avaient toutefois prévu d’apporter des skis de fond au cas où la station était encore fermée. Souhaitons qu’ils soient imités par d’autres afin d’encourager les commerces locaux qui ont souffert de la situation ces dernières semaines.

Quelques ajustements et améliorations

En début de saison, le Mont-Sainte-Anne ne fait pas exception et comme les autres stations du Québec, il devra apporter quelques ajustements à son offre. L’enneigement fonctionne à plein régime dans le secteur de La Beaupré, ce qui devrait améliorer l’accès aux pistes. Depuis hier lors de la réouverture, le tapis magique Mille-pattes ne fonctionne pas. Les débutants doivent marcher pour remonter s’ils veulent utiliser L’Oie-Blanche, une piste parfaite pour l’apprentissage. J’ai cherché sur le site afin d’avoir des détails ou simplement voir une mention de la fermeture du tapis magique mais je n’ai pas réussi à trouver. Encore plus difficile de savoir quand la remontée sera de retour en fonction…

Se réchauffer

Difficile de savoir quel chalet est ouvert pour la restauration. Le versant nord est le plus achalandé. Le chalet à sa base de ce versant n’offre qu’un refuge pour se réchauffer. Impossible d’y acheter un café ou un chocolat chaud alors que par le passé, il y avait un service de restauration. Espérons qu’ils ouvriront un point de service d’ici peu, si ce n’est que pour une boisson chaude ou simplement de l’eau.

Vivement la neige, partout!

Maintenant que c’est dit, regardons le positif. La station est ouverte et les conditions de glisse sont égales ou meilleures que les stations voisines. Enfin, nous avons l’accès à cette belle station située à environ 30 minutes de la Vieille Capitale. J’étais heureux d’y retrouver ses pistes. Maintenant, amenez-en de la neige Dame Nature.