PLUS

    Ski freestyle: mais où sont les filles?

    Le ski freestyle, cette discipline associée à la liberté de skier, est très populaire auprès des garçons, mais qu’en est-il des filles? Je suis l’heureux papa de deux magnifiques jeunes filles qui aiment le ski freestyle et les parcs à neige. Cependant, au fil des ans, elles ont beaucoup de difficulté à rester accrochées à cette discipline. Comme nous faisons plusieurs sorties avec elles l’hiver, je me suis également aperçu qu’en comparaison avec les garçons, les filles sont bien peu présentes dans les parcs à neige. D’où mon questionnement: pourquoi n’y a-t-il pas plus de filles dans les parcs à neige?

    Mes filles, c’est d’abord l’ainée, qui a 14 ans, puis sa cadette, âgée de 10 ans. Elles ont débuté le ski en très bas âge et sont maintenant des skieuses aguerries. Elles sont suivies dans la famille par leur petit frère, âgé de 9 ans. L’ainée, bien qu’elle y skie encore, ne s’engage presque plus sur les modules dans les parcs à neige. Elle s’y présente plutôt pour encourager sa sœur et/ou son frère, ou encore pour accompagner quelques amis ados qui rident les parcs en permanence. À noter ici le genre masculin.

    Sa sœur cadette par contre aime encore beaucoup s’y aventurer. Elle aime tenter sa chance sur les différents modules, affectionnant particulièrement les box et les sauts, les rails étant encore un peu trop intimidants pour elle. Au cours des dernières années, la cadette et son frangin ont eu la chance de participer à de nombreuses compétitions amateures dans plus d’une trentaine de stations de ski différentes. Ils ont également participé à quelques circuits plus compétitifs. À chaque fois, j’ai fait le même constat, où sont les filles?

    Dans sa catégorie, l’héritier peut compter sur plusieurs adversaires, alors qu’elle, elle est souvent la seule représentante des filles de moins de 11 ans. Dans les faits, elle est pratiquement toujours la seule en ski, qu’importe le groupe d’âge de la catégorie féminine. Quelques fois même, elle est jumelée avec des filles plus âgées qu’elle, ski et planche à neige confondu. À l’œil, le ratio atteint facilement une (1) fille pour 35 à 40 garçons. Aussi, plus la catégorie d’âge est jeune, moins la gent féminine est représentée.

    C’est donc suite à ces nombreuses visites dans les parcs à neige du Québec que j’ai entrepris ma petite enquête. J’ai d’abord contacté les quelques rares filles que je croisais ici et là. Questionnées aux abords des pistes et remontées mécaniques, je constate qu’elles adorent rider les parcs, et qu’elles se foutent complètement d’être une fille dans un territoire majoritairement masculin. Pour elle, l’important, c’est de s’amuser. Cependant, lorsque je les invite à me contacter par écrit, la version change un peu. « À ma première année dans les parcs, j’attendais que personne ne soit devant un module avant de l’essayer » affirme Anouk.

    La grande majorité des filles qui m’ont écrit parlent de la pression d’être une fille. Le commentaire « c’est très intimidant de commencer le Slopestyle en étant une fille, car tous les yeux sont rivés sur nous dû au peu de filles pratiquant ce sport. » revient, à quelques mots près, presque systématiquement.

    Certaines me mentionnent également que « les filles trouvent l’idée de tomber gênante et/ou dangereuse, elles sont souvent affectées par les commentaires des garçons, donc, elles abandonnent par peur d’être ridiculisées.». De ce fait, je dirais que ces réponses sont effectivement en lien avec les commentaires entendus de la part de mes propres filles. « Mais papa, si je tombe, tout le monde va rire de moi! » me disent-elles. Et si j’ose questionner, « Pourquoi le monde rirait de toi? » elles me répondent : « Bin papa! J’suis une fille! ». Cette réponse m’étonne à chaque fois puisque nous enseignons et répétons à nos filles que ce sport n’a pas de sexe, et nous croyons que c’est ce qui en fait la beauté.

    Je sais, par défaut les sports sont généralement catégorisés, les garçons contre les garçons, et les filles contre les filles. Cela dit, selon moi, tous peuvent pratiquer n’importe quel sport. Je comprends donc encore moins l’idée qu’ont les filles d’avoir peur d’être ridiculisées. J’ai donc demandé à plusieurs garçons de m’éclairer.

    Il semble, selon plusieurs jeunes hommes, que cette pensée féminine préconçue soit fausse. Un d’entre eux, Vincent, m’a d’ailleurs écrit « J’admire les filles qui viennent dans le parc pour s’initier, ou se pratiquer au freestyle, puisqu’elles font preuve de courage et de beaucoup de volonté. En plus, elles partagent la même passion que nous. Beaucoup d’entre elles n’osent même pas entrer dans le parc puisqu’elles pensent que nous (les garçons) allons les juger.»  Et il enchaîne plus tard : « Rare sont les gars qui jugent une fille qui entre dans le parc. Je peux vous affirmer que les commentaires sont normalement plutôt positifs.».

    Serait-ce alors la question de la fameuse image féminine projetée?  Selon une des filles avec qui j’ai eu le privilège de correspondre, ce serait « à cause de l’image du rôle modèle féminin qui est présenté aux jeunes filles » et cette image serait, selon un des garçons interviewés, « conditionnée sur les jeunes filles par l’entremise des parents, de la télé, des journaux et des magazines, et elle serait rarement axée sur les sports extrêmes comme le freeski ou le ski freestyle. ». Je dois dire ici que cette piste fait partie de mes hypothèses depuis longtemps. Je crois en effet que la société n’aide en rien la démocratisation et l’émancipation sportive féminine.

    Existerait-il alors une solution? Tous les jeunes à qui j’ai posé cette question sont unanimes: la solution réside dans le support. D’abord, le support des amis, mais aussi des parents et de l’industrie. Les amis sont en effet le centre d’amarrage, la pierre angulaire selon eux. Anouk écrit : « Tout le monde est dans le parc pour les mêmes raisons: skier avec ses ami(e)s et s’amuser. » Tous les jeunes avec qui j’ai discuté et correspondu, qu’ils soient garçons ou filles, amateurs ou professionnels, l’ont confirmé. Annabelle mentionne entre autres que selon elle, « il ne manque rien dans les parcs à neige si tu es entourée d’un bon cercle d’amis.»

    Il y a aussi le support parental. Ce support peut sembler une évidence, mais il serait vraiment nécessaire. Quelques-uns, dont Laurence, m’en ont parlé : « Tout commence par le support parental, c’est aux parents en premier lieu de faire leur part en brisant la préconception de ce qu’une femme devrait être ». L’appui parental serait donc plus important qu’un simple apport financier…

    Selon plusieurs, l’industrie dans son ensemble aurait, elle aussi, son importance. Sans l’implication constante des acteurs de l’industrie, bien peu d’athlètes auraient la chance de progresser vers les niveaux supérieurs. À ce sujet, deux pros, Maude et Phillip, m’ont indiqué que « Les édits (vidéos) sont de bons moyens pour progresser, c’est comme ça que tu trouves des sponsors qui peuvent t’aider financièrement en te fournissant de l’équipement ou en payant pour tes compétitions », et que « […] sans le soutien de mes commanditaires, qui sont essentiels, je ne pourrais me produire sur la scène mondiale comme je le fais présentement ».

    Malheureusement, et je partage ici l’opinion d’Isabelle à ce sujet : « Le ski freestyle est un sport tellement privilégié et difficile d’accès, qu’il fait en sorte que c’est très rare que tous les éléments soient mis en place pour créer une freeskieuse, surtout si elle veut atteindre les plus hauts niveaux. » 

    Sans prétendre détenir la solution, j’ai tout de même la conviction que tous les acteurs cités doivent s’affairer dès maintenant à mettre en place des incitatifs qui permettront aux filles, jeunes et moins jeunes, d’y trouver leur compte dans les différents environnements de ski freestyle.

    Je souhaite, en terminant, que mes filles n’abandonnent pas complètement le ski freestyle, c’est tellement beau de les voir faire. Je dirais que ce sport, bien qu’il soit extrême, procure une gamme d’émotions qui s’apparente aux grâces des grands gymnastes. Que sa beauté selon moi, réside justement dans le fait que tous, peu importe le sexe, peuvent le pratiquer au même niveau et dans les mêmes environnements.

    J’aimerais remercier tous les freestylers et freeriders qui ont échangé avec moi, ce fut très intéressant et surtout, enrichissant. Merci spécial à Annabelle, Anouk, Isabelle, Laurence, Maude, Phillip et Vincent, vos commentaires et surtout vos réflexions étaient honnêtes et remplis de vérités. Vous êtes beaux et belles à lire. Bon ski freestyle à tous!

    Skimo: entre la course en sentier et le ski de poudreuse

    Cet hiver, ZoneSki vous propose une immersion dans le monde du «ski de montagne», autrement connu sous l’abréviation «Skimo», au travers quatre reportages visant à vous donner le goût de vous mettre à la pratique de ce sport. Le premier volet de cette immersion a pour objectif de vous aider à mieux comprendre le matériel spécifique et les caractéristiques qui le définissent.

    Le skimo (abréviation de l’anglais ski mountaineering) consiste à se déplacer en montagne, sur des terrains enneigés, sans utilisation d’aménagements spécifiques (remontées mécaniques ou parcours de zone damées). L’utilisation d’équipement adapté à la descente tout comme à la montée requiert certaines spécificités que nous allons aborder dans cet article.

    Un nouveau constat

    Terminée l’époque ou l’on opposait les styles et les pratiquants sous prétexte qu’ils n’utilisent pas le même matériel! La tendance est, à l’inverse, au rassemblement plutôt qu’à a division, car le point commun qui relie tout ces amateurs est le lieu de pratique : la montagne.

    Grâce à ce changement de mentalité d’une part, mais également à l’innovation technologique d’autre part, les marques ont amélioré leurs gammes de produits en allant tirer les forces d’un modèle dédié à une discipline pour améliorer le matériel de l’autre. Et ces innovations se retrouvent autant  pour des skis que des bottes, en passant par les fixations.

    Comme en témoigne ces deux ambassadeurs du ski, Kilian Jornet multiple champion de monde de ski-alpinisme, skyrunning et vainqueur des ultra-trail les plus prestigieux et Enak Gavaggio aussi connu sous le nom de «Rancho» dans la web série qu’il réalise de puis quelques hivers, « ces innovations améliorent la pratique des experts, mais surtout le quotidien de Monsieur et Madame tout le monde », ce qui constitue grande avancée.

    S’équiper adéquatement

    Après la visualisation de cette vidéo, vous l’aurez compris, il est important de s’équiper en fonction de la pratique que vous recherchez. L’un des premiers argument avancés pour expliquer le manque d’engouement pour le skimo est le coût élevé pour s’équiper au complet : bottes, fixations et skis spécifiques sont ainsi requis. Le prix du matériel est élevé, c’est un fait ; mais la dépense doit être placée dans le même contexte que lors de l’achat d’un fat bike, d’un vélo de montagne, des palettes de poudreuse… et même un kit de ski de fond complet (abonnement, cire, vêtements). Enfin, si l’on rapporte ce constat à la réalité des sportifs de plein air au Québec, on a tous une (ou plusieurs) armoire dédiée aux équipements de sport, par saison et selon les envies !

    Vous l’aurez compris, faire le grand saut pour le ski-alpinisme a un coût. Bien sûr, vous pouvez toujours utiliser votre matériel habituel de ski de poudreuse, mais comme nous le décrit Jeff Rivest, ancien patrouilleur au Massif et représentant des vente au Québec pour la marque Dynafit, « les amateurs de skimo sont des athlètes qui se cherchent un sport complémentaire en hiver ; ils aiment s’impliquer et performer, et donc souhaitent rivaliser avec le haut du tableau. Il n’y a ainsi pas de secret : des skis dédiés à la descente en poudreuse ne rivaliseront jamais en terme de vitesse et fatigue pour son propriétaires avec des skis profilés pour la montée ».

    Sans matériel adapté, vous risquez ainsi de laisser beaucoup d’énergie et de temps lors de la montée, et par conséquent, de descente également. Lors d’un prochain article, je vous  proposerai d’ailleurs un test comparatif pour appuyer ces propos, en utilisant des skis de poudreuse et des skimos sur un même tracé chronométré.

    Les limites du marché

    Pour affiner votre décision, gardez en tête que l’argument de choix pour s’équiper est le poids : « tant que c’est léger, c’est bon » ! Des bottes avec un grand angle, des fixations légères et des skis très courts, autour de 161cm (longueur règlementaire pour faire des courses). Malheureusement, on n’accède pas encore à une gamme étendue de matériel, et les revendeurs dans la province se font encore rares.

    Pour Arnaud Côté-Boisvert, jeune espoir québécois de la discipline (21 ans), « les marques sont encore frileuses et n’osent pas s’implanter sur le marché américain, ce qui se fait ressentir par un manque de diversité au niveau de l’offre ». Certes les poids lourds de l’équipement comme Dynafit, Salomon en encore Blizzard proposent leurs modèles « tête de gondole », mais le pratiquant confirmé qui souhaite accéder à du matériel plus spécifique ou tout simplement avoir plus de choix devra s’orienter vers l’achat de produits importés en provenance d’Europe.

    Il faut bien le reconnaître, s’équiper pour pratiquer le ski-alpinisme n’est pas si simple car cela représente un enjeu important au niveau financier, mais également au niveau des points de ventes peu nombreux car le marché est encore à ses balbutiement et est loin d’avoir atteint une quelconque maturité. Cependant, les marques démontrent une véritable volonté de démocratiser les pratiques de ski hors des stations et travaillent à développer leurs différentes gammes d’équipement pour favoriser l’augmentation du nombre de pratiquants.

    Je vous donne rendez-vous pour le prochain article orienté autour de l’entrainement en skimo, mais d’ici là, je vous conseille d’aller faire un tour dans votre boutique préférée pour regarder le matériel qui y est offert!

    Maximise: unique en Amérique du nord, 100% freestyle!

    ZoneSki est récemment allé visiter le centre d’entraînement Maximise, à Ste-Agathe-Des-Monts, dans les Laurentides. Toute l’équipe était en plein cœur des préparatifs pré-saison. Fondé par l’ex pro-rider Max Hénault, cette école de slopestyle unique offre la possibilité aux jeunes planchistes et skieurs de développer leur technique et leurs manœuvres dans un environnement sécuritaire, motivant et conçu spécialement pour eux. Voici le compte-rendu de la visite de ZoneSki.com.

    Un vieux rêve qui devient réalité

    Tout a débuté avec l’achat d’un rope-tow, que Maxime Hénault a aquis d’une connaissance, lorsqu’il faisait des compétitions et des spectacles aux États-Unis. Il l’a ensuite entreposé durant quelques années, avant d’acheter le terrain situé à Ste-Agathe-des-Monts. Il s’agissait en fait de l’ancien Mont Castor, qui n’était plus exploité depuis plusieurs années et sur lequel la nature avait repris ses droits.

    Il s’en est suivi un travail de défrichage pour voir l’état du terrain et les possibilités d’aménagement. La première installation du centre fut le trampoline et la plate-forme entourant celle-ci. Ensuite, le terrain fut préparé pour l’hiver, suivant avec la section des rails, entièrement conçus et fabriqués par l’équipe de Maximise. Une fois cette section mise en place, le rope-tow a été mis en fonction. On devait vérifier  s’il était en mesure de fonctionner durant plusieurs heures sans arrêt. Les tests se sont avéré concluants et le défrichage a pu continuer.

    Plus l’équipe défrichait, plus les membres y voyaient des possibilités. Mais pour vraiment mettre en œuvre la section des sauts, les créateurs de Maximise ont dû acquérir d’autres terrains, et même acheter une rue qui passait par là! Les installations sont permanentes, c’est-à-dire qu’il y a une structure en bois pour la forme des sauts et celle-ci est recouverte de neige naturelle en hiver. Les zones d’atterrissage sont formées à même le terrain et non avec de la neige.

    Année après année, le centre Maximise ne cesse d’améliorer ses installations, que ce soit en faisant l’acquisition de nouveaux terrains ou en construisant de nouvelles structures ou des bâtiments. Cet année, un nouveau chalet d’accueil est en construction, ainsi qu’un garage pour entreposer le matériel d’entretien.

    Conception unique, entretien hors du commun!

    Le parcours du centre est simple mais très efficace: on y retrouve deux gros sauts respectivement de 40 et 60 pieds; un downbox, trois downrails de 16, 23 et 33 pieds de longueur, ainsi qu’un kinkrail de 42 pieds. Finalement, il y a un wallride ainsi qu’un coin avec des petits modules pour les débutants. Le tout est complété par le fameux rope-tow, qui permet aux athlètes d’exécuter plusieurs séquences en peu de temps. En parallèle des installations d’hiver, on retrouve deux trampolines, un pour pratiquer les manœuvres aériennes et l’autre, pour pratiquer le manœuvres de jib, avec un rail juste au dessus du trampoline. On peut pratiquer le tout avec une planche spéciale pour ne pas endommager la toile. En complément aux trampolines, on retrouve aussi un écran  de télévision et une caméra gopro branchée dessus. De cette façon, les athlètes à l’entraînement sont en mesure de visualiser instantanément quelles sont leurs bonnes manœuvres et les points à améliorer. Ces trampolines sont disponibles seulement en été. Lors de notre visite pré-saison, Max nous a fait une petite démonstration sur le trampoline. Il faut dire que le gars n’a rien perdu de son talent!

    Pour arriver à un parcours tel qu’on le retrouve aujourd’hui, il faut beaucoup de temps et d’essais, et tout autant (sinon plus) d’erreurs! Hénault, qui partait seul avec son idée, n’avait pas de plan précis quand est venu le temps d’aménager le terrain pour la première fois. Tel que mentionné plus haut, l’acquisition des terrains ne s’est pas fait d’un seul souffle, Max a donc du procéder graduellement, une année à la fois. Chaque été, un important travail d’excavation et de défrichage qui a été exécuté dans le but de rendre le centre toujours plus alléchant et intéressant. Cela permet également d’ouvrir le centre avec un minimum de neige, de rajouter de nouveaux modules chaque année et d’améliorer les sauts et les atterrissages de ceux-ci.

    D’ailleurs, lors de notre visite, nous avons été à même de constater qu’aucun canon à neige n’était utilisé pour aider à enneiger le parc plus rapidement. On a vite posé la question à Max.. La réponse était bien simple: “Si vous allez rider dans l’ouest, les landings sont toujours mous, car il n’y pas de neige artificielle. Au Québec, c’est toujours comme sur du béton à cause de la neige artificielle.”

    Ici, l’entretien est primordial. On accepte très peu d’utilisateurs à la fois pour garder le terrain en excellent état toute la journée. D’ailleurs, on ne retrouve pas de dameuses traditionnelles, comme dans les centres de ski.  Toute la machinerie pour travailler le terrain est conçue pour le centre d’entraînement. « On fabrique nos propres mini-dameuses, qui sont en constante évolution, qu’on accroche à un puissant 4 roue avec chenilles et pelle !». Le centre possède également une motoneige et utilise des souffleuses puissantes pour être en mesure de redistribuer la neige comme il se doit. Il est également très important de souligner le travail de Pépé, le shaper, et son simple râteau, sans qui la finition des sauts et des rails ne serait pas ce qu’elle est à tous les jours. Le centre ouvre d’ailleurs ses portes en fin d’avant-midi, et non tôt le matin, pour laisser le temps à l’équipe d’entretien de faire son travail et de s’assurer que les atterrissages et les formes des modules sont toujours impeccables.

    À l’essai cet hiver et unique en Amérique : un méga coussin gonflable!

    Lors de notre visite, nous avons pu constater, dans une section bien définie du parc, une toile noire qui recouvrait le sol sur une distance d’environ 170 pieds. On pouvait très bien y distinguer la forme d’une aire de départ, suivi d’un plat et d’une aire d’atterrissage. Max nous a expliqué qu’il s’agissait d’un projet très ambitieux d’installer un méga coussin gonflable, précédé d’une rampe de lancement en plastique. Le tout s’ajoutera bien entendu à l’offre de modules déjà existants. Le but est évidemment de pratiquer de grosses manœuvres en toute sécurité, été comme hiver. Ce genre de coussin est également accessible à toutes les personnes qui désirent s’éclater sans risques, puisque les blessures surviennent très rarement sur ce type d’installation. Ça sera certainement à surveiller lors de votre visite au centre!

    Des athlètes de renom

    La liste d’athlètes professionnels s’entraînant au centre Maximise est longue. Seb Toots, Max Parrot, Laurie Blouin, Julia Marino et Max Eberhardt, pour ne nommer que ceux-là, viennent régulièrement y faire un tour. L’hiver, pour pratiquer les manœuvres qui leur permettront de gagner les plus grandes compétition du monde, mais aussi l’été, sur le trampoline. C’est une belle occasion pour eux de s’entraîner dans un environnement très stimulant.

    Forfaits et cours offerts

    Le centre d’entraînement Maximise est ouvert été comme hiver, de midi à 17h, pour un entraînement personnalisé avec Max Hénault lui-même. En été, il est possible de venir s’entraîner sur le trampoline, soit pour une séance libre à 25$ de l’heure ou en entraînement avec Max Hénault au coût de 125$ de l’heure. Il évaluera ainsi vos sauts et vous aidera à développer votre technique en plus de vous filmer lors de l’exécution de vos prouesses.

    L’hiver, plusieurs forfaits s’offre à vous, tous les forfaits (sauf la location du site) incluent un entraînement sur l’installation de votre choix. Il est possible de choisir un entraînement dans les heures d’ouverture au coût de 50$/heure ou 200$ pour cinq heures par jour. Il y a aussi une formule en privé, en dehors des heures d’ouverture, pour 200$/heure.

    Durant les séances en groupe, Max fera l’évaluation de vos performances et vous donnera quelques conseils pour améliorer votre technique au cours de l’heure d’entraînement. Le centre propose également des forfaits pour plusieurs jours, variant de 10 jours à 25 jours, les prix varieront entre 1 700$ et 3 800$.

    Il n’est pas possible de venir profiter des installations sans entraînement, le tout dans le but de conserver des conditions idéales pour les athlètes lors de leur passage. Cependant, il est possible d’en faire la location en dehors des heures d’ouverture au coût de 200$ par heure pour un groupe de 10 personnes maximum. Il s’agit de séances libres et aucun entraînement n’est offert durant cette période. Dans le futur, il sera également possible d’acheter des séances libre lorsque le coussin gonflable sera en fonction mais nous n’avons pas les détails des coûts reliés à son usage.

    Pour plus d’informations et pour réserver votre séance d’entraînement, vous pouvez visiter le site internet du centre au http://imaximise.com/. Vous pouvez également les suivre sur Facebook. Finalement, voici une superbe vidéo réalisé par l’équipe de Maximise:

    Ski alpin en Suisse: Le canton de Schwyz, pays des lacs

    Grâce à Internet, il devient de plus en plus facile ces jours-ci de trouver des destinations intéressantes qui sont un peu méconnues du grand public, mais l’inverse est aussi vrai – on est obligé de fouiller l’univers électronique consciencieusement et de voyager encore plus loin pour trouver des endroits qui n’ont pas été découverts par les masses. Toutefois, on arrive de temps en temps à tomber sur sur une région invitante qui échappe aux radars des touristes du ski et qui est aisément accessible, même pour les gens en provenance de l’outre-mer. Le canton suisse de Schwyz, à peine une heure de route au sud de l’aéroport de Zurich, est un de ces lieux.

    En organisant ce voyage, je me suis rendu compte que ce serait ma première visite de ski exclusivement en Suisse. Pour préciser, j’avais skié dans ce beau pays plusieurs fois auparavant mais toujours depuis une station sur la frontière française ou autrichienne (Portes du Soleil, Ischgl, Gargellen/Madrisa). Les prix élevés en Suisse m’avaient toujours effrayé, pourtant, puisque le taux de change était devenu plus avantageux (presque 1:1 avec le USD l’hiver dernier), même les simples mortels comme moi pouvaient se le permettre!

    Lorsque j’ai raconté à mes amis de ski où je comptais voyager, plusieurs d’entre eux m’ont posé des variations de la même question:

    « La Suisse?! Quelle région de renommée mondialeas-tu l’intention de visiter? Zermatt? » – Non!
    « Verbier? » – Non!
    « Grindelwald, Saas-Fee, Davos? » – Non!
    « St. Moritz, Laax, Andermatt? » – Non, non, et non!

    Bien sûr, j’aime visiter les domaines de ski bien connus (comme ceux lors de ma virée à travers la région de Haute-Savoie, texte publié y a deux mois), mais c’est également intéressant de découvrir des endroits qui pour une raison ou une autre sont, disons, clandestins. Et voilà, en consultant un site internet de ski germanophone, j’ai trouvé de nombreux rapports appétissantsà propos d’un canton dont je n’avais jamais entendu parler: le Schwyz.

    Même si la région n’offre pas le terrain le plus exigeant, la plus importante quantité de neige, ou les domaines de ski les plus étendus, j’ai été impressionné par les beaux paysages tachetés de lacs fabuleux, la proximité de Zurich (moins d’une heure de route), les stations super décontractées (souvent très “old-school” desservies par beaucoup de vieux téléskis), et surtout le fait que très peu de touristes étrangers sont au courant! Même les skieurs du coin m’ont dit que ça ne valait pas la peine d’y aller – ce qui m’a convaincu que j’étais sur la bonne voie!

    Après avoir atterri au milieu de la matinée à Zurich pendant des averses de neige, il ne fallait conduire que 50 minutes au sud de l’aéroport pour arriver à mon premier arrêt, Hochstuckli, une toute petite station familiale qui offre une super vue sur trois lacs différents. Pas surprenant qu’ils y aient installé la première télécabine rotative du monde. Les paysages ce jour-là ont malheureusement fait défaut à cause de la tempête de neige.

    De toute façon, on ne pouvait pas se plaindre des conditions: un powder day par excellence ainsi que des pistes sans grande foule (à noter que nous skieurs du nord-est de l’Amérique ne sont surtout pas ennuyés de skier dans de conditions défavorables alors que la plupart des européens préfèrent attendre le retour du soleil). Heureusement que la montagne supérieure était desservie par deux téléskis, ce qui m’a permis de continuer même avec un vent houleux. Il va sans dire qu’il y a pire que de traverser l’Atlantique et de se vautrer dans la poudreuse jusqu’aux genoux dès l’arrivée!

    Le jour suivant a bien commencé avec un ciel dégagé et 30cm de poudreuse par terre à une station logée sur un plateau à 1000m au-dessus du super beau Lac Lucerne: Klewenalp. Encore un endroit fréquenté presque exclusivement par les familles du coin et ignoré par les visiteurs de l’étranger. Offrant des pistes aménagées en bas dans la forêt complété par des grandes étendues de terrain au-dessus de la limite des arbres, j’ai vite trouvé mon petit coin de paradis: le secteur Chälenegg que l’on peut paisiblement traverser en quelques minutes sans bousculadeavant d’arriver aux immenses champs de neige non-tracés.

    En somme, une journée de rêve: aucune frénésie pour skier la poudreuse, des vues à couper le souffle, et très peu de monde, même le dimanche après une bordée de neige. En fin d’après-midi en rentrant à mon hôtel, j’ai fait une pause sublime directement au bord du lac – imaginez un peu le Memphrémagog entouré de tous côtés par des grandes montagnes jusqu’au rivage: hallucinant!

    Franchement, je ne m’attendais pas grand-chose à la troisième station familiale que j’ai visité en autant de jours, Stoos, avec seulement 35km de pistes. Elle m’a tout de même enchanté par ses longues descentes sur des pistes vallonnées aussi bien que par son hors-piste vaste où je me régalais dans les restes de la tempête d’il y a deux jours.

    J’étais également ravi de pouvoir prendre un vieux funiculaire datant de 1933 pour arriver à mi-montagne, d’où commence le terrain skiable. D’ici un an ils ont l’intention d’ouvrir un remplacement de pointe qui aidera à disperser les foules de fins de semaine. Comme toutes les autres stations dans cette région, j’ai eu l’occasion, au sommet, d’admirer le panorama époustouflant qui consiste en des montagnes impressionnantes et des lacs magnifiques dignes des cartes postales.

    Enfin, il était temps de skier le grand mystère du canton Schwyz, le domaine de Mythen. Jusqu’à il y a un an, je ne savais qu’il existait, comme toutes les autres stations lors de ce séjour. Pourtant, il mérite d’être plus connu pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que les nombreux secteurs, la plupart d’entre eux classés intermédiaire, sont desservis majoritairement par des vieux téléskis: 11 au total! Cet arrangement permet à la neige de rester fraîche plus longtemps et entraîne une ambiance confortablement old-school, familiale, et décontractée. Bien sûr, si on skie rigoureusement toute la journée sans s’asseoir dans une chaise pour récupérer un petit peu, on risque de sentir ses jambes au milieu de l’après-midi, mais cela en vaut la peine!

    Finalement, le domaine est axé autour de deux pics ravissants, les éponymes grand et petit Mythen, qui sont visibles de partout et qui servent de marqueurs si jamais on s’égare. J’y ai vécu deux jours plus que différents. Le premier, on avait prévu un petit saupoudrage de 6-8cm, mais le système météorologique a déversé des tas de neige toute la journée et on a fini avec 35cm! Quel bonheur d’avoir une très grande station bourrée de poudreuse à ma disposition et personne avec qui partager (comme indiqué plus haut, la majorité d’Euros n’aiment pas skier pendant les fortes tempêtes!). Le deuxième jour, j’ai profité du grand ensoleillement pour “voyager” d’un côté du domaine à l’autre, ce qui a exigé la plupart de la journée.

    Bien que Rigi soit petite en tant que station (les gens du coin en parlent d’une manière blasée “bof, pas extraordinairement excitante en soi”), elle était certainement une des expériences la plus unique de ski que j’ai jamais vécu. Tout d’abord, c’était une occasion de suivre les pas de mon compatriote, l’écrivain célèbre Mark Twain, qui l’a montée en 1880. Deuxièmement, c’est super cool car la seule façon d’arriver au sommet, c’est de prendre un chemin de fer à crémaillère, une nouvelle expérience pour moi. 40 minutes plus tard, skieurs, randonneurs, raquetteurs, et ceux qui séjournent à l’hôtel en haut descendent du train, bouleversés par les vues imprenables des quatre lacs en bas sous un ciel bleu.

    La beauté des environs me rappelait un conte de fées. Pas étonnant que le slogan de l’endroit soit “Königin der Berge” (Reine des Montagnes). Étant quelqu’un qui s’intéresse depuis toujours aux trains de même qu’au ski, j’étais fasciné de regarder comment toute la journée on traverse ou glisse juste à coté des rails. Bien que la station ne contienne que 15km de pistes intermédiaires – on peut plus ou moins tout explorer dans une demi-journée – le décor majestueux de Rigi sera gravée dans ma mémoire comme les autres stations ce voyage.

    En conclusion, sortir des sentiers battus et faire de super découvertes, c’est possible, même au pays des grands noms du ski!

    Vous voulez aller skier Zermatt? Voici 9 conseils pour vous!

    Nous sommes les seuls skieurs dans la piste Ventina. Photo prise le 8 novembre 2016.

    Cette série de conseils fait suite au texte des 8 raisons pour aller skier à Zermatt en pré-saison!

    TRANSPORT

    1. Payer son billet d’avion avec des miles aériens Aéroplan

    Un billet en classe économique, entre Ottawa et Genève coûte généralement plus de 1000$. Utiliser 60 000 points Aéroplan pour payer ce même billet s’avère donc une bonne aubaine! Il vous reste à payer les taxes, mais attention, celles-ci peuvent être plus élevées si vous voyagez avec Air Canada que si vous utilisez les mêmes points Aéroplan pour voyager avec un partenaire du groupe Star Alliance, tel que United Airlines.

    2. Avec le Swiss Transfer Ticket, les enfants de 16 ans et moins voyagent gratuitement à bord des trains suisses

    Une fois arrivé à Genève, le meilleur moyen de poursuivre votre voyage vers Zermatt, c’est le train. Les chemins de fer fédéraux suisses offrent le Swiss Transfer Ticket qui est la meilleure et la plus avantageuse solution pour un bref séjour, comme par exemple une semaine de ski dans une seule localité. Il permet aux touristes étrangers d’effectuer le trajet aller-retour en train depuis l’aéroport (Zurich ou Genève) jusqu’à leur destination de vacances. Avec ce type de billet, pour chaque adulte payant, un enfant de moins de 16 ans voyage gratuitement. Prévoyez acheter le Swiss Transfer Ticket à l’avance sur internet, car ce billet n’est pas disponible une fois sur place en Suisse.

    HÉBERGEMENT

    3. Loger dans l’un des deux hôtels Best Western de Zermatt et régler la facture avec des points Best Western Rewards ou Aéroplan

    Si vous cumulez des points hôteliers des grandes chaînes nord-américaines, sachez qu’à Zermatt on ne retrouve que la chaîne hôtelière Best Western. Il y a deux hôtels sous la bannière Best Western : l’Hôtel Butterfly Best Western et le Alpen Resort Hotel Best Western Plus. Pour obtenir une nuit gratuite à l’un ou l’autre de ces deux hôtels, vous devrez échanger 36 000 points Best Western Rewards. Si vous cumulez des points Aéroplan, une autre option est d’échanger ces points contre des cartes-cadeaux Best Western que vous pourrez utiliser une fois sur place pour régler en tout ou en partie, la facture de votre chambre.

    4. Réserver une chambre d’hôtel pour 1 personne

    Si vous voyagez seul, assurez-vous de bien faire vos recherches sur les sites de réservation d’hôtel (Expedia, Orbitz, etc.) en spécifiant « 1 adulte » dans le formulaire de recherche. Cela peut paraitre banal, mais c’est que contrairement à l’Amérique du Nord, la plupart des hôtels en Suisse offrent aussi quelques chambres avec un lit simple pour environ la moitié du prix d’une chambre standard pour 2 personnes. Le Best Western Plus Alpen Resort Hotel est l’un de ces hôtels offrant des chambres avec un lit simple pour la moitié du prix d’une chambre double.

    5. Réserver un hôtel un peu moins luxueux qu’habituellement

    Par exemple, en réservant un hôtel 2-étoiles plutôt qu’un 3-étoiles ou un 3-étoiles plutôt qu’un 4-étoiles, vous ferez des économies substantielles tout en ne sacrifiant ni le confort, ni la propreté de la chambre. Dans d’autres parties du monde, ce conseil ne s’appliquerait pas, mais en Suisse, il n’y a pas de quoi s’inquiéter.

    RESTAURATION ET NOURRITURE

    6. Prendre un repas au restaurant McDonald’s de Zermatt

    C’est incontestable, le restaurant le moins cher à Zermatt est le McDonald’s, seule chaîne de restaurants présente dans le village. En novembre 2016, le prix d’un hamburger était de 2,50 CHF (Francs suisses) et le prix d’un trio McBacon 9,10 CHF. Pour mettre ces prix en perspective, sachez qu’un club sandwich servi sans accompagnement ni boisson au Brown Cow Pub vous coûtera 18,00 CHF alors qu’une lasagne à la bolognese servie sans accompagnement ni boisson au restaurant GramPi’s vous coûtera 25,00 CHF.

    7. Faire quelques achats à l’épicerie Migros ou COOP

    Un des meilleurs achats que vous pouvez faire à l’une ou l’autre des deux épiceries de Zermatt est le chocolat. Une tablette de 100 g de chocolat suisse de marque maison se vend aussi peu que 50 centimes. C’est moins cher que l’équivalent au Canada et surtout de meilleure qualité. Profitez-en aussi pour vous procurer la boisson sucrée et légèrement gazeuse de marque Rivella. Elle est inconnue des consommateurs nord-américains et se distingue de toutes les autres par son ingrédient de base: le sérum de lait, tiré du petit-lait. Faites le test, c’est très bon. Le Rivella jouit d’une grande faveur dans la population suisse, qui s’explique sans doute par l’importance essentielle des vaches et du lait dans la culture de ce pays.

    SUR LES PISTES

    8. S’arrêter manger sur le côté italien des pentes

    De façon générale, il vous en coûtera moins cher luncher du côté italien que du côté suisse. Un arrêt s’impose donc au restaurant Rifugio Guide del Cervino, situé juste au sommet des pistes du versant italien. C’est un tout petit restaurant sur deux étages, avec service aux tables au premier étage et « commande au comptoir » au deuxième étage. C’est là que vous trouverez de bons sandwichs italiens à prix raisonnables (compte tenu du fait que vous êtes à 3 480 mètres d’altitude!) et une variété de boissons San Pellegrino.

    9. Skier avec un sac à dos

    La question ici n’est pas de se donner un « petit look » mais bien de profiter du côté pratique qu’il procure. Skier constamment au dessus de 3 000 mètres d’altitude demande assurément plus d’effort physique que sur les montagnes du Québec. Emportez une petite bouteille d’eau et une collation pour vous permettre de faire durer votre expérience sur les pistes, sans vous épuiser et sans vous déshydrater. Idéal aussi pour transporter votre caméra pour immortaliser ces moments magiques dans un décor enchanteur.

    Au final, un voyage de ski DIY à Zermatt, combien ça coûte?

    La plupart des trucs mentionnés ci-haut ont été mis à profit lors de la planification d’un voyage de ski à Zermatt en novembre 2016. Le but était de rendre ce voyage de ski relativement abordable, malgré notre présence dans une station et dans un pays où le coût de la vie est assez élevé. Tout a été réservé « à la carte », soi-même. Pas d’agence de voyage et pas de forfait tout-inclus.

    La totalité des dépenses a été réglée avec une carte de crédit, ce qui a grandement facilité la préparation du bilan des dépenses, présenté ci-dessous. Toutes les dépenses sont exprimées en dollars canadiens, selon le taux de change qui était en vigueur en novembre 2016, au moment du voyage.

    Voici le bilan des dépenses pour 2 personnes.

    Transport aérien:

    Un adulte et un enfant de 13 ans ont pris part à ce voyage qui a été effectué avec un départ de l’aéroport d’Ottawa le 5 novembre 2016 et avec un retour le 11 novembre 2016. Afin de maximiser les économies, les deux billets d’avion ont été payés avec des points Aéroplan, soit 60 000 points par personne pour l’obtention de billets en classe économique.

    Billets d’avion pour 2 personnes, entre Ottawa et Genève : 0$ (120 000 points Aéroplan) + 88$ (taxes) = 88$

    (Valeur des points Aéroplan utilisés : 1 400$/billet X 2 billets = 2 800$)

    Frais de bagages : 0$

    Transport ferroviaire:

    Billets de train aller-retour (« Swiss Transfer Ticket »), 2e classe, entre l’aéroport de Genève et Zermatt pour 1 adulte et 1 enfant (gratuit) : 200,12$

    Hôtels :

    Toujours dans le but de maximiser les économies, notons que quatre des cinq nuits à l’hôtel ont été payées avec des points Best Western Rewards au taux de 36 000 points par nuit.

    4 nuits à l’hôtel  Best Western Alpen Resort de Zermatt, chambre standard pour 2 personnes : 0$ (144 000 points Best Western Rewards) + 25,45$ (taxes) = 25,45$

    (Valeur des points Best Western Rewards utilisés : 272,70$/nuit X 4 nuits = 1 116,25$)

    1 nuit au Nash Airport Hôtel de Genève, chambre standard pour 2 personnes : 165,72$

    Billets de ski et location de skis :

    Plutôt que d’apporter nos skis en Europe, nous avons choisi de n’apporter que nos bottes et de louer des skis sur place, dans une boutique directement au pied du téléphérique.

    Billet de ski de 4 jours (adulte) : 317,07$
    Billet de ski de 4 jours (enfant) : 158,55$
    Location de ski « premium » pour 4 jours pour 1 adulte : 177,75$
    Location de ski « économie » pour 4 jours pour 1 adulte (enfant) : 134,20$

    Restaurants :

    Brown Cow Pub, Grampi’s, Rifugio Guide Valtournenche, McDonald’s, etc. : 412,49$

    Épiceries :

    Migros et COOP : 14,68$

    TOTAL DES DÉPENSES PAYÉES, POUR 2 PERSONNES : 1 694,03$
    VALEUR TOTALE ESTIMÉE DU VOYAGE, POUR 2 PERSONNES : 5 610,28$ (si les points Aéroplan et les points Best Westerns Rewards n’avaient pas été utilisés.)

    Alors, ça vous donne envie de ramasser des points? Commencez dès maintenant, vous serez peut-être prêt l’automne prochain, qui sait!

    8 bonnes raisons de skier à Zermatt en automne

    Situé dans les Alpes suisses, à quatre heures de train de Genève, la station de Zermatt offre le domaine skiable le plus élevé d’Europe, et aussi l’un des plus vastes grâce à une connexion en altitude sur le domaine skiable de Cervinia (Italie). Bien qu’il soit possible de skier toute l’année à Zermatt, voici huit bonnes raisons d’y attaquer les pistes en automne, plus particulièrement entre la mi-octobre et la troisième semaine de novembre.

    1. Commencer sa saison de ski d’avance, en attendant la neige au Québec

    Comme les « bosseurs » de l’équipe canadienne de ski acrobatique qui s’y rendent à chaque automne afin de peaufiner leur entraînement, Zermatt est la destination idéale si vous voulez amorcer votre saison de ski avec quelques semaines d’avance sur l’hiver québécois.

    Photo prise le 8 novembre 2016.

    Témoignant de leur récent passage à Zermatt, les sœurs Dufour-Lapointe ont laissé quelques photos autographiées sur le mur du petit restaurant à Testa Grigia, là même où toute l’équipe canadienne a l’habitude de luncher.

    2. Profiter de prix réduits

    À l’automne, les tarifs réduits du ski d’été continuent de s’appliquer sur les billets de ski. Voici un petit tableau comparatif des tarifs pour un billet de ski de 4 jours consécutifs:

    Côté hébergement, en vous logeant à Zermatt pendant l’automne (basse saison), vous profitez évidemment de meilleurs tarifs que si vous y logiez en été ou en hiver (hautes saisons). De plus, puisque les chambres des hôtels ne sont pas toutes occupées, vous maximiserez vos chances d’obtenir un surclassement tout à fait gratuitement.

    3. Éviter les foules dans le village

    À l’automne, c’est très tranquille dans le village piétonnier de Zermatt… et d’autant plus si vous y êtes pendant la semaine. Ne soyez pas surpris d’être les seuls dans la salle à manger d’un restaurant pour le souper, et évidemment, aucune réservation n’est nécessaire pour vous garantir une table à l’heure de votre choix.

    Souper tranquille au restaurant Grampis à Zermatt. Photo prise le 10 novembre 2016.

    4. Skier sur des pistes désertes et profiter d’une attente nulle aux remontées mécaniques

    Les pistes sont longues et larges, les paysages sont grandioses, bref, vous n’avez jamais cette sensation d’étouffement causée par la congestion de skieurs sur des pistes trop petites.

    Contrairement à la saison hivernale lorsque les skieurs doivent systématiquement attendre le prochain téléphérique pour remonter, en skiant à l’automne c’est le téléphérique qui attend les skieurs. Ne soyez pas surpris de compter moins de 10 personnes dans la cabine d’un téléphérique qui peut en transporter normalement 120 en haute saison.

    Le téléphérique Laghi Cime Bianche est prêt à remonter avec seulement quelques skieurs à son bord. 8 novembre 2016.

    5. Profiter d’un domaine skiable plus grand que celui du ski d’été

    En altitude, les premières chutes de neige apparaissent habituellement dès la mi-octobre à Zermatt. Dès lors, le domaine skiable commence à s’agrandir. Le Furggsatel, ce télésiège à bulles de 6 places, s’ajoute en automne au nombre de remontées mécaniques en opération sur le glacier et donne accès à un parc à neige et deux larges pistes supplémentaires d’environ 400 mètres de dénivelé chacune.

    Le Furggsatel donne accès à de larges pistes qui sont le plus souvent désertes. Photo prise le 8 novembre 2016.

    Avec le mercure qui chute en automne, le système d’enneigement mécanique permet rapidement au domaine skiable de prendre de l’expansion à la verticale. Les skieurs peuvent maintenant dévaler les pistes jusqu’à Trockener Steg, point névralgique situé à une élévation de 2939 mètres.

    6. Obtenir un billet international pour le même prix

    Un billet de ski en automne à Zermatt donne également accès aux téléphériques du côté italien du domaine skiable. Dès le début novembre, il n’est pas rare de pouvoir skier le tronçon supérieur (environ 700 mètres de dénivelé) de la piste Ventina jusqu’à la station aval du téléphérique Laghi Cime Bianche à 2812 mètres d’altitude.

    Nous sommes les seuls skieurs dans la piste Ventina. Photo prise le 8 novembre 2016.

    Si le coeur vous en dit, une fois arrivé à Laghi Cime Bianche, poursuivez votre descente en téléphérique jusque dans le petit village italien de Cervinia pour y découvrir ses boutiques et ses restaurants.

    7. Profiter en même temps de conditions hivernales en montagne et de températures automnales dans le village

    Sans êtres glaciales, les températures hivernales sur les pistes en altitude sont idéales et très confortables pour skier. De la pluie dans le village signifie presqu’assurément une tempête de neige sur les pistes en altitude. Il peut y avoir parfois 10 degrés Celsius de différence entre la température du village et la température de la partie supérieure du domaine skiable.

    8. Prendre la chance d’obtenir de l’équipement neuf à la boutique de location

    À cette période de l’année, les derniers modèles de skis sont maintenant disponibles aux différentes boutiques de location de la station. Informez-vous au moment de louer votre équipement de marque préférée, s’il est possible de mettre la main sur du matériel neuf.

    Depuis mon retour, ce n’est maintenant plus le « début de la saison » à Zermatt… mais si vos skis grattent à votre porte pour sortir à l’automne prochain et que vous pouvez vous payer le billet d’avion, dirigez-vous vers Zermatt sans hésiter! D’ailleurs… je vous ai concocté une liste de conseils pour avoir un voyage pas cher!

    Histoires de patrouille: Changement de voie

    PHOTO GENEVIÈVE LARIVIÈRE

    Ce récit s’ajoute à la collection de la série « Histoires de patrouille ». Ces histoires, rédigées ou racontées par des patrouilleurs de partout au Québec, qu’ils soient retraités ou encore actifs, ont pour but d’humaniser le titre qui fait souvent frémir les skieurs et planchistes en station. Être patrouilleur, c’est bien plus que porter un uniforme, une radio et une trousse de premiers soins… c’est une histoire de dévouement, de passion pour le ski, l’entraide, l’esprit d’équipe et le don de soi. Nous espérons qu’à travers ces récits, votre perception de ceux qui sillonnent les pistes pour assurer la sécurité des skieurs changera pour le mieux!

    Patrouilleur: Philippe Rivest
    Stations: Ski Chantecler, Mont Olympia, Mont Gabriel, Mont Blanc (et bien d’autres!)
    Années d’activité: 1985-…

    Lentement, très lentement, la voiture d’Ahmed s’écarte de la voie gauche sur l’autoroute. Épuisé par son quart de travail comme gardien de sécurité, il a hâte de rentrer chez lui. Heureusement, l’air frais de 3h00 du matin l’aide d’ailleurs à rester concentré sur la route. Quelques kilomètres derrière lui, deux patrouilleurs de ski roulent dans un camion chargé de matériel de premiers soins en direction du Mont Tremblant, se rendant à une formation en prévision de l’hiver.

    Les rares voitures présentes sur l’autoroute filent un bon 120km/h. Mais contrairement aux rues de Montréal, l’autoroute n’offre aucun nid de poule qui aurait pu brasser un conducteur pour le tenir en état de vigilance… La voiture d’Ahmed continue donc lentement sa sortie vers l’accotement gauche de l’autoroute sans qu’il n’aie de chance de s’éveiller avant d’entrer brusquement en collision avec le viaduc central au kilomètre 28 de l’autoroute.

    Quelques voitures proches, dont les conducteurs et passagers sont témoins de l’impact, se rangent immédiatement à proximité. C’est dans ce décor étrangement tranquille que Hans arrête de me parler et qu’instinctivement, je ralentis le camion pour le stopper dans l’accotement près de l’accident. Rien de bien spécial à première vue comme ça, mais on développe ce réflexe de patrouilleur d’approfondir ce qui n’apparaît pas normal, histoire d’avoir le cœur net.

    En marchant vers le viaduc, une scène irréelle se dessine graduellement. Gravement blessé et semi conscient, Ahmed est coincé à l’intérieur de son véhicule. Figés par la situation, trois ou quatre badauds, souvent surnommés « chevreuils» dans le jargon des intervenants d’urgence, observent Ahmed, très passivement. En l’absence des traditionnels gyrophares et fusées routières, la circulation frôlait le site d’accident à pleine vitesse, rendant la situation ironique, comme si nous étions dans une bulle pour vivre le drame qui se déroulait devant nos yeux. Le haut du corps épargné grâce au coussin gonflable, Ahmed n’en avait pas moins subi des blessures graves au niveau du bassin et des jambes.

    Immédiatement, des réflexes si souvent répétés nous sont revenus: y a-t-il d’autres dangers, comme des fuites d’essence ou de la fumée quelque part? Les voies respiratoires d’Ahmed sont-elles dégagées, et respire-t-il par lui-même? Et le pouls? Qu’en est-il du pouls?

    La cinétique de l’accident, l’étrange position des jambes dans la voiture et l’état de conscience précaire d’Ahmed faisait craindre au pire. Dans nos protocoles de patrouilleur, il fallait procéder à la stabilisation des problèmes qui pouvaient être « stabilisés », et le transport le plus rapide possible vers l’hôpital étaient les seules choses à faire.

    Hans a pris charge des lieux presqu’instantanément, alors que j’ai regagné le camion pour y prendre le matériel de premiers soins et certains équipements requis d’ici l’arrivée des secours avancés. À mon retour, Ahmed n’était plus seul : Hans était déjà entré dans l’habitacle, lui stabilisait la tête avec ses deux mains, et lui parlait.

    Ahmed venait de vivre ses trois plus longues minutes de solitude, alors que personne n’avait osé le toucher, prendre contact ou le rassurer. Hans à ce niveau, fut l’expert. Il lui parlait de tout et de rien, un discours peut-être un peu décousu pour quelqu’un de non-initié, mais très à propos pour un secouriste.

    Il faut savoir que pour le secouriste, parler avec la victime signifie garder un contact, ce qui nous donne, à chaque réponse, un signe que le cerveau fonctionne toujours, qu’il est probablement alerte et que les informations à connaître sont disponibles. Pour le secouriste, c’est la confirmation que la victime respire, qu’elle a un pouls, et qu’elle peut vous transmettre ses changements d’état si jamais ils surviennent.

    Pour la victime, le dialogue avec le secouriste est l’ultime main tendue, la confirmation de toutes les secondes qu’elle n’est plus seule et que quelqu’un veille encore sur elle. C’est la toute première étape de la longue réhabilitation qui débute. Ahmed se souviendra longtemps de l’intervention et des paroles d’Hans.

    Comme nous tentons toujours de l’enseigner aux patrouilleurs de ski, les contacts verbaux et visuels avec les victimes sont importants. La communication humaine, les yeux dans les yeux, constitue 85% du message par rapport aux seules paroles prononcées.

    Plusieurs longues minutes se sont donc écoulées avant que les paramédics et pompiers de Mirabel n’arrivent en renfort. Enfin, Ahmed pourrait passer à la deuxième étape de son long cheminement vers le rétablissement. L’utilisation des pinces de désincarcération ont donné suffisamment d’espace pour que Hans et les paramédics puissent immobiliser le conducteur malchanceux sur une planche dorsale pour l’extraire de la carcasse de sa voiture.

    Vous l’aurez deviné par cette chronique: la formation de patrouilleur de ski apporte un important bagage de connaissances qui permettent de sauver des vies. Partout sur les pistes, mais également sur l’autoroute à 3h00 du matin… ou en pleine fête de famille!

    Visage du ski: Philippe Rivest

    C’est bien connu, les patrouilleurs viennent de différents milieux. Ce qui les unit est l’esprit de collaboration, le don de soi et… l’amour du ski. Il n’est donc pas étonnant qu’une équipe de patrouille compte parmi ses rangs des enseignants, des mécaniciens, des policiers, des chauffeurs d’autobus, des comptables, des médecins, des photographes, informaticiens, des actuaires, des étudiants… d’une équipe qui parait à première vue hétéroclite, on dresse alors un portrait homogène: des skieurs passionnés, qui ont à coeur la sécurité, la prévention et les premiers soins, pour d’autres skieurs. Le portrait suivant est un parfait exemple de cet homogénéité hétéroclite: Philippe Rivest, fondateur de l’Institut National de Secourisme du Québec, est également avocat, skieur, patrouilleur… c’était donc tout naturel qu’il figure dans la série des Visages du ski!

    Les débuts classiques

    Philippe a commencé à skier vers l’âge de quatre ans. Initié par sa famille, il a souvenir d’avoir dévalé la Côte des Hirondelles, en compagnie de sa fratrie et du paternel. Les Rivest étant également adeptes du ski de fond, tout l’hiver se passe dehors à glisser ensemble. Les innombrables descentes sont ancrées dans sa mémoire et le plaisir qu’il voit dans chaque skieur lorsqu’il est en station le rassure: voilà quelque chose d’intemporel!

    Pour Philippe, le ski est synonyme de chaleur et de contact humain. Étant un sport sans genre, sans âge et sans nombre prédéterminé, c’est l’activité parfaite pour réunir des générations et favoriser le dialogue… ne serait-ce que le temps d’une remontée en télésiège! L’avocat se permet même une réflexion plus large: « Paradoxalement, le ski et le froid sont les derniers refuges des contacts humains. Impossible de ne pas engager une conversation, si légère soit-elle, alors que deux êtres sont dans l’attente d’une descente, dans la quiétude de l’hiver ». Pas étonnant que Philippe tente par tous les moyens de rassembler les patrouilleurs!

    La piqure de la patrouille

    Philippe Rivest a commencé à patrouiller à 17 ans, alors que ses amis du CÉGEP étaient tous skieurs et membres d’une équipe de patrouille. Interpellé par l’esprit d’équipe, il a donné sa candidature… c’était le début d’une longue carrière!

    Durant près de 25 ans, Philippe patrouille sous les couleurs de l’OPCS (l’Organisation de la Patrouille Canadienne de Ski). Son implication bénévole suit son parcours académique alors qu’il cumule les cours en actuariat, en relations industrielles et en droit, il s’intéresse davantage aux tâches administratives et s’éloigne un peu des pentes de ski, à son grand regret. En parallèle, le patrouilleur réfléchit et se questionne: la formation de l’OPCS est-elle adaptée au Québec? Les besoins des patrouilleurs ont-ils changé? Le monde des premiers soins évolue rapidement, comment faire pour assurer une meilleure formation aux premiers répondants de la glisse? De toutes ces questions est née une réponse: l’INSQ était fondé!

    Les premières années de l’INSQ

    Initialement, l’Institut n’offrait qu’une seule fin de semaine de formation, au Massif de Charlevoix (auparavant Massif de la Petite-Rivière-St-François). Une occasion en or pour Philippe Rivest de revenir au ski: terminées les tâches administratives et le bénévolat de bureau, il n’y a rien comme le grand air! Mais la popularité de l’INSQ a rapidement éloigné son fondateur des pistes de ski… Depuis sa fondation en 2008, l’organisme a pris tant d’expansion qu’il est responsable de la formation et de la certification de plus de 1000 patrouilleurs dans 30 stations de ski à travers la province! Victime du succès de son entreprise, Philippe passe à nouveau plus d’heures derrière son bureau qu’en ski…

    Ce n’est cependant qu’un mince regret pour lui car une de ses plus grandes fiertés est d’avoir démocratisé l’accès au statut de patrouilleur. Il a tenu à doter l’Institut qu’il a fondé d’une structure souple qui enlève les barrières et irritants qu’il a lui-même identifiés comme des arguments répulsifs à l’envoi d’une candidature par une potentielle recrue… et si tout ça était à refaire, malgré les longues heures de travail et les courtes nuit de sommeil, il le referait sans hésiter!

    L’évolution humaine en marche

    Le monde des premiers soins est régi par plusieurs principes, règles et lois, au même titre que le monde du ski alpin. Philippe Rivest les connait mieux que quiconque et est aux premières loges pour constater que faire cohabiter ces deux univers en laissant tout de même place au jugement humain relève du défi! Dans les trois dernières décennies, plusieurs incidents ont mené à un resserrement des normes et lois régissant la pratique des sports en milieu alpin, l’exploitation d’une station de ski et les responsabilités d’une équipe de premiers soins spécialisée en sports de glisse. Philippe a vu une perte de vitesse dans le recrutement et l’expansion des équipes de patrouille au début des années 2000 et pointe d’ailleurs du doigt toute cette rigidité, qui rend la tâche des patrouilleurs plus lourde et moins agréable… n’oublions pas qu’il s’agit essentiellement de bénévoles! Malgré les avantages que procure l’implication (par exemple, un abonnement de saison), plusieurs patrouilleurs quittent les rangs des équipes à cause du cadre trop strict imposé et préfèrent conserver un statut de skieur-client.

    Alors que les certifications de ses équipes sont en cours ici et là près des stations de ski, Philippe est tout de même optimiste: l’avènement des accros aux technologies et autres « iPatentes » a provoqué un mouvement inverse, qui se manifeste par un regain des candidatures au sein des différentes équipes de patrouille. Ce que les recrues recherchent d’une implication au sein d’une équipe: le contact humain. Preuve que l’humain a un besoin viscéral de socialiser, et collaborer… Philippe ajoute: « Au cours de la dernière année, jamais autant de candidats à la patrouille ne m’ont souligné vouloir « aider » et remettre à autrui ce qu’ils ont reçu. C’est une excellente prise de conscience, et j’ai l’impression que l’individualisme devra céder sa place à une forme de collaboration plus adaptée à l’humain! »

    Cette phrase aurait fait une excellente conclusion au portrait de Philippe car elle résume la personne qu’il est: un humain ouvert sur les autres, sensible à l’évolution, aux besoins et aux contraintes, conscient de sa responsabilité individuelle au sein d’une collectivité qu’il a contribué à créer et à faire évoluer. Et au-delà de cette implication dans le monde du ski, Philippe Rivest semble doté d’une capacité à étirer le temps pour arriver à faire tout ce que sa carrière lui demande: exercer le droit au sein de son cabinet (Rivest, Tremblay, Tétreault), présider le Club L’Espoir Jeunesse, siéger au sein du conseil d’administration du C.H.O.C… si vous le croisez sur les pistes, un paquet de piquets en bambou dans les bras, vous avez de la chance!

    Philippe, au nom de tous les patrouilleurs, futures recrues, blessés et rescapés, nous te levons notre casque et te disons merci!

    Chouchou du Québec: Sugarbush (Vermont)

    Lorsque que l’on pense à la Nouvelle-Angleterre, il nous vient en tête les grandes maisons victoriennes, les lacs Champlain et Placid, ses villages pittoresques aux accents des campagnes anglaises, la crème glacée inventée par les célèbres Ben and Jerry, Stephen King et surtout les majestueuses montagnes dont certaines nous offrent des terrains skiables d’une qualité exceptionnelle. Pourquoi aimons-nous traverser la frontière pour aller skier chez nos voisins de la Nouvelle Angleterre? Tout d’abord pour l’immensité du terrain skiable: les dénivelés skiables tels que celui de Whiteface ou encore l’étendue de certains domaines skiables tels que Killington s’apparentent à ceux que nous retrouvons dans les Rocheuses. À cela il faut ajouter les quantités de neige abondantes qui caractérisent généralement leurs hivers. La combinaison de l’altitude du terrain ainsi que la trajectoire des systèmes place la Nouvelle-Angleterre au cœur des meilleures tempêtes.

    Il faut également considérer l’offre d’hébergement, de repas et d’activités après le ski qui se sont développées de façon importante depuis les cinq dernières années. La station de Jay Peak illustre bien ce changement. Enfin, la proximité des stations chez nos voisins du sud est un incitatif attrayant d’autant plus qu’il est possible d’explorer une station de ski en s’y rendant  de différentes façons (en voiture ou en groupe avec voyage organisé d’un jour). Ajoutez-y l’accueil des « locaux » et des ski bums rencontrés dans les remontées mécaniques et vous aurez tous les ingrédients d’une recette gagnante pour expliquer notre amour du ski en Nouvelle-Angleterre!

    Plusieurs Québécois vivent un coup de foudre dès leur première visite à Sugarbush. Il est difficile ici de faire des liens de ressemblances avec d’autres stations! Avec ses six versants et ses deux montagnes distinctes reliées par une remontée quadruple de plus de trois kilomètres de type « Peak to Peak » qui nous transporte au mont Ellen, Sugarbush est incomparable!

    Située au cœur de la chaîne des Montagnes Vertes à environ 225 kilomètres au sud de Montréal, la station culmine avec le mont Ellen à 1 244 mètres, offrant un dénivelé skiable de 792 mètres. La neige y est abondante! Le domaine est vaste et il est facile de tracer toute la journée. L’attente n’est jamais longue dans l’une des nombreuses remontées. Lorsqu’il fait beau, les plus belles photos se font à partir du sommet Lincoln où vous verrez à la fois à gauche le lac Champlain s’étendre jusqu’au Québec, les Adirondacks, devant nos yeux le mont Mansfield jusqu’à la station Owl’s Head tout au fond, puis à droite, c’est le mont Washington qui attirera notre attention. Il y a tellement de terrain à couvrir que deux jours ne seront pas de trop! Le mont Ellen à lui seul équivaut à la grandeur d’une station de moyenne taille de la Nouvelle-Angleterre. Ses pistes uniques, ses sous-bois vastes, ses inclinaisons et la beauté des paysages caractérisent bien la station.

    Les journées étant plus courtes durant la saison hivernale, il faut se retrouver dès l’ouverture du côté du sommet de North Lynx. C’est le meilleur endroit pour voir le soleil briller au-dessus du sommet Gadd et le paysage devient tout simplement féérique lorsqu’une couche de nuage s’immisce entre nous et le bas de la montagne. Un moment magique!

    La station offre des pistes telles que la Murphy’s Glade ou le bas de la Sleeper où de grands arbres ont été conservés. Cela donne une descente unique. L’offre de pistes laissées à l’état naturel est grande à Sugarbush. La piste Paradise du côté du sommet de Lincoln ainsi que la majorité des pistes du sommet de North Lynx vous offriront une expérience de glisse dans des conditions d’enneigement naturel. Le défi est intense, mais combien satisfaisant! Aux amateurs de pistes bien pentues, il faut aller du côté du Mont Ellen dans la FIS et Exterminator! Papillons dans l’estomac garantis! Le sommet de Lincoln n’est pas en reste avec ses pistes Ripcord et Organgrinder. Vous sentirez vos cuisses chauffer au bas de ses deux pistes!

    Tout comme à Smuggler’s Notch, les sous-bois occupent une grande partie du domaine skiable et il y en a pour tous les goûts. On apprécie surtout les grandes étendues boisées laissées presqu’à l’état naturel afin de nous permettre de vivre une expérience unique. La qualité des sous-bois est largement reconnue à Sugarbush par les skieurs et planchistes qui fréquentent la station.

    Les skieurs intermédiaires et débutants y passeront également de bons moments. Les pistes intermédiaires sont bien représentées. Les descentes dans la Jester ou la Rim Run du côté du mont Ellen demeurent des classiques !

    La station s’est développée au bas des pistes au cours des dernières années. L’architecture proposée en matière d’hébergement se distingue également des autres stations. Un bâtiment digne d’une ferme fait office d’hôtel dès l’arrivée. L’aménagement nous rappelle les fermes et granges du Vermont et ses riches couleurs rouges, ça vaut le coup d’œil !

    En matière de restauration et d’hébergement, plusieurs possibilités s’offrent à nous. La station est située à proximité des villages de Waitsfield, Waterbury et de Stowe. Le Sugarbush Inn, un hôtel de la station non loin de cette dernière vous permettra de découvrir un endroit architectural qui a du vécu et plein de charme. À Waitsfield, la Pizza au four à bois est à l’honneur au Pizza in the Valley. L’endroit offre également une sélection de bières locales le tout dans un décor familial et réconfortant! Waterbury, situé à près de 20 kilomètres au nord nous apparaîtra sur le chemin du retour. Ce village sympathique a vu accroître le nombre de restos pub de qualité au courant des dernières années. Parmi ceux-ci le Prohibition Pig que vous reconnaitrez en voyant sa grande enseigne sur la vitre de l’endroit. Reconnu pour sa cuisine barbecue créative, ses charcuteries, viandes fumées, ses recettes uniques, ses plats végétariens ainsi que son grand choix de bières locales dont celles brassées sur place et ses cocktails authentiques dans une ambiance pub décontractée attirent de nombreux passants sur la route du retour.

    Vous avez envie d’une crème glacée et il n’est pas trop tard ? Un détour au musée Ben and Jerry vous plongera dans l’histoire fabuleuse de ses deux fondateurs. Il est possible de visiter l’usine et en sortant de faire un arrêt au comptoir où toutes les saveurs de cette crème glacée légendaire seront disponibles!

    Chouchou du Québec: Killington (Vermont)

    Lorsque que l’on pense à la Nouvelle-Angleterre, il nous vient en tête les grandes maisons victoriennes, les lacs Champlain et Placid, ses villages pittoresques aux accents des campagnes anglaises, la crème glacée inventée par les célèbres Ben and Jerry, Stephen King et surtout les majestueuses montagnes dont certaines nous offrent des terrains skiables d’une qualité exceptionnelle. Pourquoi aimons-nous traverser la frontière pour aller skier chez nos voisins de la Nouvelle Angleterre? Tout d’abord pour l’immensité du terrain skiable: les dénivelés skiables tels que celui de Whiteface ou encore l’étendue de certains domaines skiables tels que Killington s’apparentent à ceux que nous retrouvons dans les Rocheuses. À cela il faut ajouter les quantités de neige abondantes qui caractérisent généralement leurs hivers. La combinaison de l’altitude du terrain ainsi que la trajectoire des systèmes place la Nouvelle-Angleterre au cœur des meilleures tempêtes.

    Il faut également considérer l’offre d’hébergement, de repas et d’activités après le ski qui se sont développées de façon importante depuis les cinq dernières années. La station de Jay Peak illustre bien ce changement. Enfin, la proximité des stations chez nos voisins du sud est un incitatif attrayant d’autant plus qu’il est possible d’explorer une station de ski en s’y rendant  de différentes façons (en voiture ou en groupe avec voyage organisé d’un jour). Ajoutez-y l’accueil des « locaux » et des ski bums rencontrés dans les remontées mécaniques et vous aurez tous les ingrédients d’une recette gagnante pour expliquer notre amour du ski en Nouvelle-Angleterre!

    Première station à ouvrir sa saison et dernière à fermer en Nouvelle-Angleterre (parfois battue par Sugarloaf au Maine), Killington sait s’y prendre en matière de fabrication de neige. Elle est donc un lieu de rendez-vous pour les skieurs et planchistes québécois qui ont hâte de débuter leur saison et qui tardent à vouloir la terminer !

    Située à un peu plus de 300 kilomètres de Montréal, la station un peu plus au sud par rapport à ses consœurs propose 155 pistes totalisant près 125 kilomètres répartis sur 6 sommets dont celui de Killington à 1 293 mètres! Son dénivelé de 947 mètres est impressionnant. La station s’est dotée de 22 remontées dont 2 télécabines. L’attente aux chaises reste en général minime. Il est impossible de tout visiter le domaine en une seule journée! Le terrain est immense: 1 509 âcres de terrain à skier! La carte des pistes est de mise en tout temps, spécialement dans la dernière heure avant la fermeture. La qualité de l’entretien des pistes est remarquable. Le système d’enneigement mécanique est l’un des plus performants parmi les stations situées chez nos voisins du sud. La qualité de la neige qu’on y fabrique est surprenante. La station peut donc assurer sa destinée lorsque les accumulations de neige se font plus rares.

    Pour profiter pleinement de notre visite, il est préférable de s’attarder à un secteur à la fois. Cela nous permettra pleinement de maximiser nos descentes tout en découvrant le versant choisi. Chacun y trouvera sa piste ou son sous-bois! Plusieurs parcs à neige sont aménagés sur les différents versants dont une piste demi-lune impressionnante. Tout comme à Whiteface Mountain, la station a mis un soin attentionné à mettre sur pied des parcs à neige de qualité.

    Les skieurs et planchistes intermédiaires retrouveront plusieurs pistes à se mettre sous la dent du côté des versants voisins de Snowdon et Ramshead ainsi qu’autour du versant Skye plus au centre du domaine skiable. La piste Great Northern est un classique! Amorçant sa descente à partir du sommet Killington, elle poursuit sa route en direction du sommet de Snowdon. Les prises de vues valent le coup d’œil ! La descente offre une multitude de possibilités en traversant pas moins de 14 pistes! Les pistes Skyeburst et Skyelark du secteur Skye valent le détour. De plus, les deux pistes permettent chacune de rejoindre les deux versants incontournables de la montagne : le versant Bear dans le cas de la piste Skyeburst et le versant de Killington dans le bas de la piste Skyelark. Une piste intermédiaire originale: la Juggernault et ses 7.8 kilomètres de glisse permet d’être en symbiose avec la nature car le seul bruit que notre oreille perçoit est celui de la neige qui crépite tel un feu de bois sous nos skis. Une balade tranquille assurée!

    Les pistes les plus relevées incluant des inclinaisons de plus de 40 degrés pour certaines se retrouvent autour des sommets Bear et Killington. Les pistes telles que l’Outer Limits, Double Dipper, la Cascade sous la télécabine, l’ovation ainsi que la Royal Flush vous procureront des sensations fortes! Plusieurs sous-bois de tous les calibres se retrouvent un peu partout sur le domaine, cependant, un nouveau secteur a fait son apparition en 2014: le Stash! En fait, l’expérience de glisse se fait directement dans un boisé de conifères passablement serrés. Tout est laissé à l’état naturel. Les sous-bois experts se retrouvent principalement sur le versant Killington. Leurs noms évocateurs tels qu’Anarchy ou Big Dipper font naître rapidement les papillons dans l’estomac à la vue de l’imposant dénivelé de ces secteurs réservés aux plus expérimentés. Pour les débutants, le secteur de Snowshed est particulièrement bien aménagé avec quelques pistes dont la Snowshed Slope qui doit faire près de 150 mètres de largeur! Le secteur de Sunrise est composé uniquement de 3 pistes débutantes chevauchant le condo-village du même nom.

    Le village de Killington bat au rythme de sa montagne. En plus de l’offre de restauration et d’hôtellerie que l’on retrouve au pied de la station, on y retrouve quelques hôtels sympathiques ainsi que des restaurants où l’ambiance permet de terminer la journée en beauté! Le McGrath’s Irish Pub et son ambiance festive fournie par des groupes de musique certains weekend offre une cuisine mettant en vedette notamment la cuisine irlandaise. Bien entendu, la bière Guinness est à l’honneur!

    L’offre d’hébergement est intéressante tout comme les prix notamment en dehors de la période des fêtes ainsi que des congés fériés américains. Près d’une dizaine d’hôtels se retrouvent à proximité de la station.

    ×